BAG
DICTIONNAIIIE
BAL
8aiut«Gollianly où U eut cienx chevaux tués sous lui, et fut blessé nu visage. La paix élant faite avec les Turcs, il se retira à Tabbaye de Fulde, où il prit Thabit de Saint- Benoit, avec le nom de Bemard-Guttave. Il y fut coadjiiteur do deux abbés; et enflu abbé lui-même de cette célèbre abbaye. Le Pape Clément X le fit cardinal le 24- août 1671. Cette Eminence mourut le 26 décembre 1677, âgée de 46 ans, h Hammelbourg, d'où son corps fut porté eu son abbaye de Fnide.
BADE-DOCRLACH(GusTAVB, marquis de), Allemand, abbé de Fulde, cr<^é cardinal du titre de Sainto-Susanne en 1672 parle Pape Clément X, mourut en 1677.
BADIA (Thomas), de Modène, fut d*abord religieux de l'ordre deSaint-Dominitpie, où il enseigna la théologie. — U devint ensuite maître du sacré palais, et fut, en 1542, nommé cardinal parle Pape Paul 111. H mourut, en 1547, dans sa 64* année. Il a écrit un livre de questions physiques et métaphysiques, un Traité tur l'âme^ un Commentaire de la Providence divine. On conserve ses manuscrits daTiS la bibliothèque des Dominicains de Florence. (Foy. Saussat, De script. eccle$,9 p. 75;— KcnARD, lom. Il, p. 132.) • BADOIKO (Jean), patriarche de Venise, sa patrie, créé en 1706, par le Pape Clément XI, cardinal du titre de Saint-Marc, évêque de Brescia, mourut en 1714.
BAGNl (Jeam-Fbaikçois), de la famille des comtes de Florence, na(|uil en juillet 1565. — Après avoir achevé ses études, il alla à la cour de Home, où il se fit aimer du Pape Clément Vlll. Il suivit en France le cardinal Aldobrandini, qui allait, en qualitéde légat, pour y féliciter le roi Henri IV sur son mariage avec Marie de Médicis. Le Pontife, satisfait de sa conduite, lui confia divers emplois. Paul V le fit vice-légat d'Avignon ; depuis il fut deux fois nonce, sous Grégoire XV, et sous Urbain VIII. Le premier renvoya, comme nonce, en Flandre ; et Urbain, en France, après quoi il lui donna, en 1627, le chapea 1 du cardinal. Il avait alors Tévéehé de Cervia, qu*il échangea contre celui de Rieti. Ce prélat protégeait les gens de lettres, qui le (layèrent de retour. Il en avait plusieurs dans sa maison, et, entre autres, (labriel Naudé, qui fut son bibliothécaire. Il mourut le 24 juillet 1641. {Voy. Thom4ssiN, Élog. illustr, viror. ; — Gassendi, Viia /^eireic.;— SiBi, Memorie recondite ;— Batlb, Dictionn, critiq.)
BAGNI (Nicolas), frère du précédent, était général des troupes pontificales dans la Valteline, en 1624; mais ayant quitté l'épée, pour embrasser Tétat ecclésiastique, il fut nonce en France, sous le pontificat d'Innocent X, et pendant les deux premières années de celui d*Alexandre VU, qui, en 1657, lui donna le chapeau de cardinal.- Il mourut à Rome le 23 août 1663, Agé de 80 ans. Il cultivait avec passion les éludes physiques; et Descartes, ({u 'estimait beaucoup le cardinal Jean-Frauçois Bagni, alla trouver Nicolas, pendant qu'il était dans la Valte-
Une, afin de sVntreteniravec lui. (Foy Bail- LET, Vie de Descartes,)
BALDESCHI .(Frédéric), dit le cardinal Colonne f archevêque de Césarée, né h Pérou<!e. Après avoir été assesseur du Saint- Office, il fut nommé rardinal-prètre par le Pape Clément X, le 13 juin 1673, divulgué le 16 décembre 1674, du titre de Saint- Marcel. Il mourut h Rome, préfet de la congréi^alion du Concile, le 4 octobre 1691, âgé de 66 ans, et fut inhumé en l'église de Saint- André dell Fratte.
BALUB (Jean la), né en 1421 , était 61s d'un meunier de Verdun , ou , selon d'autres, d'un tailleur d'habits de Poitiers. — Après avoir achevé ses études, il s'attacha è Jouvenel des Ursins , évèque de Poitiers » puis \i Jean de Beauveau, évéque d'Angers, qui le fil son grand vicaire , et lui conféra un eanonicat dans son église. Depuis t Charles de Melun , seigneur de NantouillAt , favori de Louis XI, présenta b ce prince la Balue , qui , souple , actif et entreprenant , eut bientôt capté les bonnes grâces d'un prince , qui , pour nous servir de l'expression d'un de s^s historiens, n'aimait à s'entourer que de petites gens, Louis XI le Rt son auuiônier, et lui donna les abliayesde Fécamp, du Bec et de Saint-Ouen de Rouen. Il lui confia, en outre, la charge d'intendant lies finances, et, en 1465, le nomma h TéfA* ché d*Evreux, qu'il quitta, en 1467, pour celui d*Angers , après avoir intenté contre Jean de Beauveau , son bienfaiteur, plusieurs accusations qui furent reconnues calomnieuses. Charles de Melun ne fut pas mieux traité; car c'est par les intrigues de la Balue que Louis XI lui fit , en 1(689 trancher la tôle aux Andelys. Dès 146^, le roi avait envoyé h Rome Adam Fumée, mattre des requêtes, afin de demander pour la Balue le chapeau de cardinal. Paul II l'accorda avec empressement, en reconnaissance de la grande part qu'avait prise celuici à la révocation de la pragmatioue-sanction, tant souhaitée par la cour de Rome. Cette nouvelle diguiié augmenta la faveur de ia Balue, qui , pendant plusieurs annéest eut toute Tautorilé d'un premier ministre. Il avait tant d'inclination pour la guerre » qu'il assistait à la revue des troupes , al payait lui-même les soldats qu'on avait levés contre la ligue, appelée par les mécontents ligue du bien public^ et par les autres, ligue du mal public. Celle conduite du cardinal irritait la noblesse; et le comte de Dammartin demanda au roi qu'il voulût bien lui permettre d^aller réglementer le clergé , et remplir les fonctions épiscopales, puisque ce prélat faisail les siennes. Après une assez longue faveur, le roi, soupçonnant déjh la fidélité du cardinal , éclata contre lui après l'entrevue de Péronne, où le duc de Bourgogne , Ciiarles le Téméraire , retint nrisunnier Louis XL Ce prince reprochait a la Balue de l'avoir poussé à cette démarche. Le cardinal, mécontent d^avoir nerdu la confiance du roi, entretint des intclli^eeces avec ses ennemis , par Tintermédiaire
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fl*un domestique de Tévèqne de Verdun , qui fut surpris «vec les lettres qu*îl portail. Louis XI voulait qu*OD lui ftt son procès ; mais le Pape s*j opposa, alléguant qu^uu cardinal ne pouvait être jugé que par Tautorité ecelésiastiquo. Le roi le fit arrôter, et enfermert dil-on , dans une cage de fer, où il resta onze ans, malgré toutes les instances do Pape en sa faveur. Enfin , en li79 , le cardinal Julien de la Rovère , légat en France» obtînt son élargifsenienl. La Balue
Carlit pour Rome, où, retrouvant toute son abileté, il acquit beaucoup de crédit et de riches bénéfices. En 1^8S, Siite IV l'envoya légil a iatere en France, où il voulut remplir aes fonctions avant que d'avoir fait agréer ses lettres au roi , et de les avoir f»résentées au parlement, pour qu'il s'assurât qu'il n'y avait rien de contraire aux droits de la couronne , et aux libertés de l'Eglise de France. Charles VIII en fut si otTensé, qu'il lui défendit de pord-r les insignes de sa lotion. Néanmoins, cette diOiculté fut levée; mais le légat retourna promptement h Rome, ayant appris la mort de Sixte IV. qui loi avait donné Tévèché d'Albano. Le Pape Innocent VIII le nomma évoque de Préneste, et légat de la Marche d'Ancône. Enfin il mourut septuagénaire en 1^91. Son corps fut apporté à Rome, et déposé en l'église de 8aÎDte-Praxèdei où se voit son épitaphe.
Le cardinal la Balue est un des nombreux cardinaux-ministres qui , à des litres , et avec des talents bien divers, jouèrent dans rhistoire de leur temps un rôle considérable : Béatoun , en Eoosse; Wolscy, en Angleterre; l'austère Ximenès, Granvelle et le tarbulent Albéroni , en Espagne; lo vertueux d'Amboise, l'inflexible Richelieu et le souple Mazarin en France, pour ne point parler de Dubois et de Fleury. Et comme il nVst question ici que de ministres séculiers, nous n'avons pas à mentionner tant d« cardinaux célèbres qui onl pris une grande part aux affaires de l'Eglise, ou ont été chargés de négociations importantes.
Voici son éloge par le P. Alby (16^4) :
« Les caresses de la fortune sont des nuées d*antomne qui (otA une aube toute peinte de beautés , et qui se rompent le soir en oragvs : aes faveurs sont des fêtes mobiles qai promettentdes miracles à ses dévots, sans que Ton puisse s'assurer que de ses changements, qui sont souvent plus à souhaiter que ne le serait la constance do ses prospérités. De quoi le cardinal de Balue a laissé uo exemple mémorable au monde, ayant lait de sa vie, tissue d'aventures. Je bien et de mal, le contredit de co philosophe, niattra des mœurs^ ^e Ut biens de la prospérité êont êomkaiiables , et ce%uc de Vadtersité mi^ racM/eHâr; puisque les extrêmes faveurs qu'il reçut de la fortune ayantcomme forcé la na-* lore pour lo faire grand par miracle, ses disgrâces depuis le firent sage par raison, et lo disposèrent à uue bonne fin, qui est l'un des plus grauds biens qu'on puisse souhaiter.
■ il naquit à Verdun d un père pauvre et déoQé de commodités, meunier de son mé-
0IGT10SI3I. DES CiaDINlUX.
lier, et fut élevé, les premières années de son Age, sous le toit du moulin , pour apprendre h bonne heure du tournoiement de sa roue, celui de la fortune. Son génie, qui le sollicitait à sortir de cette obscurité, et è passer du moulin * où la naissance l'avait logé, è récole, où la fortune lui préparait le premier dogré de son élévation , l'attacha à une dure manière de vivro,et à de vilsservices qui rendirent ses avancements d'autant plus précieux., qu'ils furent en quelque partie redevables à sa vertu.
« Comme les soudains profits qu'il ftt aux études lui adoucirent ses incommodités, la pauvreté qui adine raer?eilleusoment l'esprit, lui ouvrit un moyen pour les soulager. Il se coula dans la famille et dans l'estime do l'évèque de Poitiers , de qui il éprouva les libéralités, avant môme que de les avoir méritées , n'ayant au commeneement été connu de lui que par sa compassion qu*ii lui lit du sn misère. Mais l'appui de cette faveur lui ayant manqué plutôt qu'il n'eût voulu , il pratiqua accortement celle de son successeur, et se rendit si agréable è lui, que non-seulement il le tint en sa compa* gnie, étant allé ambassadeur pour le roi en la cour de Rome, mais il se servit encore de lui aux affaires de l'ambassade, et recon* nut dans les emplois qu'il lui donna , qu'il avait un fonds d'habileté pour la négociation, qui, étant cultivé, serait de grand sor« vice, s'il pouvait être aussi sage pour le conseil, qu'il serait fort et adroit pour Texécution.
« Quelque réputation qu'il rapporta du voyage de Rome, lui tint lieu de recomman* dation et de mérite au|)rès du roi Louis Xf, qui le jugea propre è lo servir d'instrument à ses desseins , quand il aurait été élevé h la science des affaires, et qu'il serait dans les emplois mnitre do son action. Et luimême, comme il apportait du dessein et do Tartifice en tout co qu'il faisait , ot qu'il no manquait pas do grAce pour agir, ni do complaisance pour s'insinuer dans l'esprit des personnes, sut si bien se saisir do la bienveillance du roi , qu'outre plusieurs bons bénéfices quMl obtint do sa grAce, il eut l'honneur d'être son aumônier et son confesseur, et d'avoir on même temps le secret de sa conscience et de son conseil.
« Il semblait, h vrai dire, monteraux honneurs, non pied à pied et par degrés, qui est lo train ordinaire do la vertu, mais A bonds et h sauts, comme font ceux qui sont poussés de la fortune. Chaque jour lui apportait quelque notable avantage, et lui était messager de quelque nouvelle faveur de son (naître. Et il lui arriva, qu'étant déjÀ gros de fumée et de vent, il se rendit affamé d'or, se figurant n'avoir pas assez pour taillerdu grand, selon la portée de sa vanité, et pouvoir tout autant qu'il avait de prétention. Tellement qu'il sut si bien saisir l'espritdu roi de l'opinion de sa fidélité, qu'il le choisit entre plusieurs grands hommes de son Etat, l>our amasser, conserver et régler les finances; c'est-à-dire pour défendre les Etats^
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