‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 19 sur 350 · DAL · texte numérisé non relu

DAL

seo

pouralferniir son trône, ol pour élcnilre le rond el la gloire de sa couronne, qui sont les eiïets des richesses et du trésor royal.

« Il est vrai néanmoins que s*appliquant deitrement à ménager les finances au profit du prince, il fut soupçonné d'y avoir pincé couvorlemeul, et de s'élre laissé corrompre h Tavarice. Ce qui n'affaiblit point sa faveur auprès du roi qui, pour récompenser ses soins, el pour le niellre è couvert des traits de l'envie, résolut de Pavancer aux dignités ecclésiastiques : dont il le nomma 5 révéclié d'Evreux, puis h relui d'Angers, le faisant monter (comme disaient ses haineux) à Thonnour par le degré d'un déshonneur; et d'un loup en faisant un pasteur.

« Ce fut quasi au même temps que le Pape envoya un nonce en France pour la révocation de la sanction pragmatique, instituée au concile de Bâte, reçue et autorisée en l'assemblée générale des Etats et de rEj^lise Î;âllicane de Bourges, sous Charles VU, soennellement publiée au parlement de Paris» et observée durant vingt-cinq ans par tout le royaume. Auquel dessein l'évèque d'Angers apporta des soins si particuliers pour le faire réussir au gré de Sa Sainteté, qu'il désirait obliger à cette occasion^ qu'après avoir gagné l'esprit du roi, il entra en la cour du parlement pour y faire publier et obtenir l'enregistrementde la bulle du Pape. Ce qu'il eût emporté, tant par le pouvoir de l'autorité royale qu'il faisait v&loir, comme par la vigueur de ses remontrances, si le procureur du roi ne s'y lût vivement opposé, contre qui il lâcha des paroles aigres et menaçantes, qui témoignèrent qu'il présumait plus de sa laveur que.de son droit ; et qui rendireht après tout ses poursuites si vaines, que l'afTaire qu'il avait entreprise nonobstant le consentement que le roi donna è l'abrogation, ne s'acheva que sous le roi François I", au concordat qu'il fil h Boulogne avec le Pape Léon X, où le roi s'assura le pouvoir de nommer'aux bénéfices, et lePape le droit de recevoir les annales.

« Le défaut où tomba l'évèque d'Angers en cette rencontre, salistit l'envie de ceux qui regardaient de mauvais œil une si puissante laveur, et qui l'eussent voulu charger (i« la servitude que l'on impose aux édifices de ne se point élever plus haut. Mais cela même irrita son courage è chercher les moyens do pousser plus avant sa fortune, ei de ménager les vents propices de la fa* veur royale autant qu'ils dureraient. Dont il lit tant, que le roi entreprit par ses ambassadeurs qui étaient h Rome, de lui obtenir le chapeau <ie. cardinal de Sa Sainteté. En quoi il apparut bien que la fortune commence souvent toute seule la grandeur d'un homme, qu'elle a peine d'achever sans l'aide de la vertu.

«Car le Pape Paul II, qui tenait alors le Siège, instruit par le bruit commun des roœursetdesdéporlementsde l'évèque d*An- VUsrSf demeura constant en son refus, jusqu'à ce que le roi eût député devers lui cxlraor- •dinairemcnt. avec des instructions plus fa^

vorables, et avec, ses prières si pressantes* qu'il lui fil enfin quitter le parti delà raison pour prendre celui de ses désirs, et accorder ^ l*importunilé de la passion, ce qui n'était dû qu'à l'équité delà demande.

« Cette pourpre haussa son courage avec son crédit; et comme il élait désireux d'exceNor plutôt par autorité que par mérite, il sembla mépriser plus licencieusement sea devoirs, lorsqu'il se vit placé en un lien si émineni, et porté malgré l'envie h la plus haute dignité qu'il pouvait espérer dansl'Bglise. Cependant le roi l'honora depuis de ses ambassades les plus importantes, et de la communication de ses entreprises les plus secrètes, è l'exécution desquelles il servit d'autant plus utilement, et avec une jalousie d'autant plus ardente, qu'il faisait de l'ouvrage de son conseil une œuvre de ses mains, et qu'il était d*humeurk forcer le succès d*une affaire; et, comme le serpent, è porter tout le corps où il pouvait passer la tête. '

« 11 eut toute sa vie l'humeur et les pensées guerrières, mais principalement depuis qu'il fut cardinal. On le vitei'j la guerre, qui fut dite du bien public^ aller à cheval de nuil et de jour pour voir les corps-de-garde et tenir les soldats en leur devoir. On sait même qu'il impélra du roi la commission d'aller faire les montres des gens de guerre au Pré aux Clercs è Paris, où il assista vêtu de couleurs extraordinaires à sa profession, el monté sur une mule. Ce qui olFonsa tellement tous les seigneurs de la cour, que le comte de Dammartin demanda au roi en échange de lui bailler la commission pour aller régler le clergé d'Angers , et faire le métier d'un prélat, puisqu un prélat faisait le sien.

c il se mêla encore bien avant de la guerre des Liégois, et des intrigues du frère du roi avec les ducs de Bourgogne et de Bretagne, qui furent les causes prochaines de sa disgiâce. Car le roi contre les avis du cardinal s'étant réconcilié avec son frère, moyennant le don qu'il lui fit du duché de Guyenne, au lieu de Brie et de Champagne, le cardinal è qui cet accord déplaisait en ce qu'il appréhendait de voir dans l'union des princes décliner sa grandt>ur, voulant allonger le trouble, et faire durer la confusion aulaol

2 u'il pourrait, afin de subsister en crédit, crivit au duc de Guyenne que la permutation qu'on lui avait proposée , et è laquelle il s'était accordé, ne tendait qu'à le trooiper, réioignant par ce moyen de ses nmis et de ses alliés. El par d'autres messag^'rs au duc Charles de Bourgogne, que la (laix intervenue rnlro les deux frères ne visait au'à le surprendre; dont il lui donnait avis d arnif^r promptement, et d'attaquer le premier s'il ne voulait être mis aux termes de se'défendre avec d'anger de tout perdre. Toutes lesquelles lettres avec autres instructions ayant été surprises f)ar la vigilance du roi, qui était devenu depuis (jueique temps ombrageux sur les menées du cardinal, aprjès être entré en indignation contre une si nuire déloyauté capable d'attirer sur elle lesives*

SOI

BâL

BAL

Page 1