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déjh de se conformer è la doctrine de Pereira, qui encourageait les évoques è profiter de toutes les circonstances favorables pour reprendre la juridiction primitive qu*il prétendait avoir été usurpée par la cour de Rome. Pacr^ obtint du prince qu'aucune innovation ne fût tentée. Aussitôt après, il écrivit h l'archevêque de la ville de Sienne» où Pie VI avait été transporté; il le priait de manifester au Saint-Père les sentiments de sa profonde douleur h l'occasion de l'attentat dont il avait été l'objet, et de demander à Sa Sainteté deux brefs» l'un pour la reine, contenant le récit de ce qui s*élait passé à Rome, et l'autre pour lui-même» contenant des pouvoirs extraordinaires pour ôter aux évêques tout prétexte de toucher aux réserves pontificales. L'exercice de la juridiction du nonce ne fut jamais entravé, parce qu'il en usa avec modération.
L'année suivante, le 2iSh septembre, il eut h remplir un devoir bien douloureux, celui d'annoncer au prince régent la mort du grand Pontife Pie VI. Le 23 février 1801, élevé au cardinalat, il en reçut, h Quéluz, dans la chapelle de la cour^ les insignes que lui avait apportés son neveu, Tibère Pacca, ablégat apostolique. Obligé d'attendre l'arrivée de son successeur, il resta à Lisbonne iusqu'en mai 1802. Le cardinal prêta un bâtiment ragusien. Comme il se disposait h monter à bord, on vint l'avertir que depuis Quelques jours le golfe de Cadix était infeste par des forbans. Ses préparatifs étaient faits: il s'arma de courage et s'i'mbarqua. Le ^ mai, il descendait h Gibraltar. « Dès que j'eus débarqué, j'allai rendre visite au duc de Kent, tils du roi d'Angleterre et gouverneur de Gibraltar, auprès duquel je trouvai le prince Auguste, son frère, qui venait d'arriver d'Angleterre. Ces deux princes me comblèrent d'attentions et d'égards. Sur le désir que je leur manifestai de visiter la forteresse, ils m'invitèrent à déjeuner et à dîner pour le lendemain • chez le général commandant de place, et me dirent qu'ils mettraient à ma disposition des officiers pourm'accompagncr partout où je désirerais aller. Gibraltar tst une petite ville qui occupe une étroite lisière entre la mer et la montagne de son nom. Elle n'a qu'une seule ei longue rue qui offre partout des boutiques remplies de marchandises anglaises Ïiron introduit en Espagne par contrebande, a forteresse est située sur le vaste plateau du mont, le Calpe des anciens, oui est tout en roche vive, à l'épreuve des bombes et des mines, et par là même inexpugnable.... Je me rendis chez le commandant delà place, où je trouvai le prince Auguste et deux généraux qui voulurent m'accompagner par-* tout. Avant de commençai û^y:TS tournée, UD de ces généraux mit sous mes veux le plan de la citadelle. Gibraltar était défendu au moyen âge par un chAteau que les Maures 7 avaient construit. Les Anglais y ont ajouté plusieurs autres fortitications, dont quelques-unes sont remarquables |>ar leur luxe, et d'autres par les corridors en galeries
pratiquées dans le roc, avec des embrasures pour les canons et les mortiers. D'autres fortifications s'avancent sur la partie extérieure de la montagne. Après avoir visita ces galeries et ces fortifications, nous nous dirigeâmes vers le sommet de la montagne, par un soleil ardent d'Afrique, sans rencontrer un seul arbre à l'ombre duquel on pût respirer quelques instants... De retour ft Gibraltar, nous nous rendîmes chez le commandant, où se trouvaient le duc de Kent, l'amiral Keit et plusieurs généraux. On nous servit un dîner somptueux. Les deux princes n'attendirent pas que je prisse congé pour me dire qu'ils avaient été invités pour le lendemain chez le commandant espagnol de Saint-Roch, et qu'ils voulaient me mener avec eux. J'acceptai l'invitation, persuadé que ma visite ne serait pas désagréable au g(^néral espagnol. Le camp de Saint-Roch se compose de plusieurs forts construits dans l'Andalousie, à quelques milles de Gibraltar: l'Espagne y tient une forte garnison pour surveiller les Anglais et protéger le territoire espagnol en temps de guerre. Le lendemain, j'allai de bonne heure è l'église catholique de Gibraltar, qui était tenue avec décence et que le gouvernement anglais faisait res^ pecter. Je passai ensuite chez le commandant, où par Tordre des deux princes m'attendait une calèche attelée de quatre superbe chevaux pour me conduire à Sainlnoch. Je montai eu voiture avec deux prêtres de ma suite et mon neveu Tibère Pacca ; les deux princes, l'amiral et quelques généraux anglais nous accompagnèrent h cheval. C'était un curieux spectacle de voir un cardinal escorté par des princes protestants qui paraissaient lui faire la cour. Comme nous approchions de Saint-Roch , un fort espagnol fit entendre une salve d*honneur h laquelle répondit la forteresse de Gibraltar. Au bruit longtemps répété du canon, à l'aspect de l'appareil militaire de mon'escorte, je crus me trouver sur un champ de bataille. A notre arrivée, les deux princes furent reçus avec tous les honneurs dus è leur rang; ils me présentèrent au commandant qui me combla de politesse et d'honneurs. Je m'enpressai d'aller faire ma visite à l'église paroissiale, et je m'entretins quelques temps avec le clergé et quelques personnes du peuple.... Je me levai de table, tout étourdi par le bruit des canons et les cris des convives. Quelque temps après je remontai dans la voiture qui m'avait amené, et je retournai à Gibraltar accompagné de la même escorte. »
Le k juin il mit 5 la voile, relâcha, le lendemain, sur la côte de Grenade h Alméria, où il fut Tobjet des mômes ovations, et où il séjourna jusqu'au ik. Le 1*' juillet, il. entrait dans le port de Civita-Vecchia. — Depuis 1806 surtout. Napoléon faisait peser surleSainl-Siégeune tyrannie inqualifiable. Tantôt il enjoignait è Pie VU de chasser do ses Etals les Sardes, les Anglais, les Russes, les Suédois; tantôt il faisait' occuper militairement des provinces. Les Etats de !'£)<! iso
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étaient épuisés de réquisitions, de conlributions de toute sorte. Enfin, le 2 février 1808, vers huit heures du matin, l*arniée $ française entra dans Rome, désarma la garde pontificale, occupa le château Saint-Ange, el, tandis que le Pape et le Sacré Collège célébraient dans la chapelle du Quirinal la fête de la Purification, un corps de cavalerie etd*infantorie fut posté sur la place du palais
Eontifical, et dix nièces d'artillerie furent raquées en face aes fenêtres de l'appartement du Pape. On espérait qu'à la vue de cet ap^iareil le Pape et les cardinaux auraient fini par se soumettre aux conditions de l'empereur. La cérémonie continua dans la plus grande tranquillité, et les cardinaux se retirèrent sans manifester la moindre émotion. Les cardinaux Consalvi, Casoni, Joseph Doriaet Gabrielli avaient été obligés dequitter le ministère. Pacca avait pris la résolution de ne jamais l'accepter, lorsqu'il y fut appelé le 18 juin. La position était trop périlleuse alors pour qu il pût hésiter : il monta le dernier à la brèche et y resta jusqu'à la fin de la lutte. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, le Quirinal fut emporté d*assaut par les troupes françaises. « Les assaillants, à coups de hache, jettent è bas les portes de l'appartement, et sont déjà arrivés à la porte de la cFiambre oilnousétions avec le Saint-Père. Nousdonnons l'ordre de rouvrir, pour éviter de plus grands désordres. De son siège, le Pape s'avance au-devant de la table, presque au milieu de la chambre; le cardinal Despuig, et moi, nous nous plaçons aux deux côtés de Sa Sainteté, l'un a droite, l'autre à gauche; les prélats el les employés nous font aile. Alors la porte s'ouvre, et le premier qui se présente est le général Radet, le directeur de l'expédition ; après lui paraissent quelques officiers, la plupart de la gendarmerie, et deux ou trois traîtres romains qui avaient guidé les soldais dans VettCB" Ipde....
« Enfin Radet, la figure pâle el la voix trem« blante, dit au Pape : Qu'il a une mission pénible, mais qu'ayant fait serment de fidélité et d'obéissance à l'empereur, il ne peut se dispenser d'exécuter son ordre ; qu'en conséquence, au nom de l'empereur, il doit lui intimer de renoncer à la souveraineté temporelle de Rome et de l'Etat, et que, si Sa Sainteté le refuse, il a ordre de la conduire au général Mioltis, qui lui indiquerait le lieu do sa destination. Le Pape, sans se iroul)ler, d'un ton ferme et plein de dignité, lui répond à peu près en ces termes : « Si « vous avez cru devoir exécuter de tels ordres
• de l'empereur, à cause de votre serment do « fidélité et d'obéissance, jugez de quelle ma- « nière nous devons, nous, soutenir les droits « du Saint-Siège, auquel nous sommes lié par « tant de serments INous ne pouvons ni cé-
• der, ni abandonner ce qui n est pas à nous. « Le domaine temporel appartient à l'Eglise,
• et nous n'en sommes que l'administrateur. « L'empereur pourra nous mettre en pièces, « mais il n'obtiendra jamais cela de nous. « Après tout ce que nous arioos fait oour lui.
« nous ne devions pas nous attendre à ce Irai* « lement. — Saint-Père , » reprit le général Ra<iet, «je sais ({ue l'empereur tous a « beaucoup d'obligations. — Plus aue voos « ne savez, » repartit le Pape ; et il ajouta : « Devons-nous partir seul? — Votre Sain- « télé,» répondit Radet, «peut conduire avec « elle son ministre , le cardinal Pacca. • — « Quels ordres me donne le Saint- Père, » dis-je alors? « Aurai -je l'honneur de Tac- « compagner ?» Le Pape m'ayant répondu affirmativement , je demandai la permission d'entrer dans la pièce, et là, en présence de deux officiers de gendarmerie qui feignaient de regarder l'appartement, je revêtis mes habits de cardinal, croyant accompagner Sa Sainteté au palais Doria, chez le général Miollis... A mon retour dans la chambre du Pape, je trouvai qu'on l'avait déjà fait partir. Je rejoignis Sa Sainteté. Alors Tun et l'autre, entourés de gendarmes, de suiets rebelles, marchant difiicilement sur les débris du siège, nous descendîmes les escaliers. Arrivés à la principale porte de Monte-Gavallo, nous trouvâmes une voiture qui nous attendait, et des troupes rangées en nataillef destinées à appuyer celte expédition. Le Saint-Père s'arrêta pour bénir la ville de Rome ; puis on le fit monter le premier dans la voilure, dont les persiennes du côté destiné au Pape étaient clouées; je montai ensuite, et un g<;ndarme ferma à clef les deox portières. Radet s'assit sur le siège et donna Tordre du départ. » (Mém. du card. Pacea, passim.)On partit d^Romeèqualrebeuresdu matin. A Monlerosi, quelques femmes ayant reconnu le Saint-Père, et s'éteint écriées : « Ils nous enlèvent lu Sainl-Père 1 » Radet craignit une émeute, el pria Sa Sainteté de faire baisser les stores de la voiture, ce k quoi Pie VII obtempéra de bonne grâce. Des gendarmes escortaient l'a voiture, le sabre au poing. Après avoir couru en poste dixneuf hfiures, les voyageurs s'arrêtèrent k onze heures de la nuit dans une mauvaise auberge de village. Pacca , en habit de cardinal, en mozzelia et en roccheito, aida la servante à faire le lit de Sa Sainteté et à préparer la table pour le souper, qui fut extrêmement frugal. 11 n'avait rien perdu de la sérénité de son esprit, et parvenait encore quelquefois à égayer le malheureux Pontife.
Les deux illustres prisonniers, après avoir été séparés, puis réunis, furent encore une fois séparés à Grenoble. Des gendarmes conduisirent le cardinal Pacca à Fenestrelle, forteresse précédemoieul occupée par des galériens piémontais, et transformée alors en prison d'Etat. Elle est située sur un des points les plus élevés de la chaîne alpine qui sépare le Piémont du Dauphiné, et elle a donné une espèce de célébrité au pauvre village qu'elle abrite. Un hiver de Sibérie v règne pendant plusieurs mois, et sur quelques points des montagnes roisines la neige est éternelle.
« La forteresse est divisée en deux forts oui communiquent entre eux par un esca-
DICTIONNAIRlfi
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lier qui a plus d'un miliier de degrés. Sur la cime de la montagne on voit le fort des Valléei, et plus bas» yeri le filiale, le furt Saini'CharUi , occur)é par la garnison et les
Erisonniers... Le roi Charles-Emmanuel (it Ilir la forteresse de Fenestrelle pour fer* mer aui Français rentrée de ritalie dans cette partie du Piémont : la nature et l'art ont contribué h la rendre inexpugnable. Une partie est assise sur le roc , et l'autre est défendue par des bastions habilement disposés... Après un pont-levis se présente feutrée du fort, semblable h celle d*nne caverne obscure. Je trouvai, sur la petite place qui précède Phabitation, le major Jamas»è la tête de quelques soldats de la garnison ; tous les prisonniers étaient consignés dans leurs chambres. J'entrai ensuite dans un corridor bas, obscur, è droite duquel je vis une suite de chambres fermées au verrou ; la dernière était ouverte : elle m'était destinée. Lorsque jV fus l^ntréy le commandant m'annonça d un air grave qu'il avait reçu les ordres les plus rigoureux h mon égard ; il me déclara qu'il m'était défendu de communiquer avec qui que ce fût, et que, par conséquent, ie ne pourrais f)araltre sur la petite place du fort oit les prisonniers avaient la liberté de se promener. Il Mouta qu'il m'était expressément défendu de rien écrire , et que mes lettres ne me seraient remises qu'après avoir été décachetées et lues, soit è Turin, soit à Fenestrelle. Comme Je lui fis l'observation qu'il me suffisait en ce moment d'écrire è ma famille une courte lettre qu'il pourrait lire lui-môme, il me répondit qu'il ne pouvait me le permettre... Lorsque je me vis seul, je courus aux fenêtres pour savoir si Je pourrais au moins reposer mes yeux sur quelque site agréable ; d'un autre côté je ne vis devant moi qu'une muraille et un escalier Intérieur de la citadelle; de l'autre je n'aperçus que la cime de l'Alberjean, encore couverte de neige en grande partie. Mon appartement était au niveau même du sol ; la voûte était lézardée et affaissée par suite du dernier tremblement de terre; les murailles étaient d'une malpropreté qui soulevait le cœur, ie ne puis en dire davantage, parce qu'il faudrait me servir de termes trop dégoûtants. Le plancher sale et h moitié pourri était le repaire des rats, ie ne trouvai dans l'appartement d'autres meubles que ceux que j'avais loués; ils consistaient en un lit, quelques mauvaises chaises et une petite table qui paraissait avoir servi è un cordonnier. Tout ce queje voyais autour de moi, tout ce que je venais d'entendre me jetèrent dans le trouble, ie recourus aussitôt aux consolations de notre sainte religion : je me jetai è genoux, je priai avec ferveur, et la paix revint dans mon Ame... On croira peut-être 9ue je regarde mes trois ans et demi de captivité comme la période la plus douloureuse de ma vie; il n'en est rien cependant. L'Ame et le corps éprouvèrent sans doute des souffrances : la privation de la liberté, dont l'homme ne connaît tout le prix que quand il u'en jouit plus; la
séparation complète de toute société humaine, des parents, des amis, de tout ca qu'on a de plus cher au monde; l'incertitude de l'avenir qui, dans la solitude de la prison, se présente toujours à Tespril sous les couleurs les plus sombres; l'aspect horrible d'un pays presque toujours enseveli sous la neige, l'Afireté du climat, la privation de toutes les commodités de la vie et surtout du choix des aliments nécessaires h un tempérament délicat et affaitili ; ce sont le des maux réels. Mais je puis dire aussi qu'ils sont compensés par des biens inestimables, ce calme de l'esprit qu'on trouve si rarement dans le tourbillon du monde et jamais au milieu des dignités et des honneurs ; la pensée consolante que je souffrais pour une sainte cause, et ce témoignage approbateur de la conscience, qu'il est si rare d'éprouver dans le cours de la vie. Lo Seigneur permit que ma santé se fortifiât dans ma détention et qu'elle fût accompagnée d*une humeur toujours égale. » (/frid.)
•L'étoile de Napoléon avait pâli. La campagne de 1812 en Russie avait détruit son arm<^e ; l'Espagne moissonnait ses soldats. Le 25 janvier 1813, il arracha au malheureux Pie VU le concordat de Fontainebleau. Ce Pontife obtint, non sans peine , la déli» vrance de Pacca, que l'empereur n^gardait comme l'auteur de la fameuse bulle d'oxcommunicalion lancée contre lui le 10 juin 1809. Le grand homme ne cessait de répéter : Pacca t$t mon ffiNfmt. Le 30 janvier 1813, arriva è Fenestrelle l'ordre do mettre en liberté le cardinal; il fit les préparatifs du voyage qu'il allait entreprendre au cœur de l'hiver, et, le 5 février, partit pour Fontainebleau.
• Le jour de ma sortie de Fenestrelle, jour des plus mémorables de ma vie, fut accompagné de circonstances si extraordinaires pour moi, de changements de scène si subits et si agréables, qu'aujourd'hui môme je ne puis en parler sans une vive éiiiotioM. Le ciel était brumeux ; tout ce que l'œil
f>ouvait apercevoir était chargé de neige, et es chemins étaient pavés d'une glace si épaisse et si dure qu'il fallut, pour frayer passage à la voiture , envoyer des paysans pour la rompre à coups de hache ; trois heures après, j'entrai dans la délicieuse vallée de Pi^nerol, et le soleil devint si brillant, le ciel SI pnr et si sorein, que j'eus une de ces belles journées d'hiver si communes sors le doux ei beau climat de Nnfilcs. Si ce changement ûq' icène me fut bien agréable, le changement politique et moral des circonstances relatives h ma personne me causa la plus profonde impression et me fit couler de douces larmes, ie venais du m'arracher avec douleur aux bras de mes com|»agnons d'infortune, qui me suivirent, les larmes aux yeux, jusqu'à la porte de la forteresse, lorsaue tout à coup j'entendis sonner en branle les cloches du village; le curé s'avançait en môme temps au-devant de moi à la t^te de ses paroissiens, qui attendirent ma bénédictiou a genoux. IJu peu plus loin
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DES CAKDINAUX.
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je rencoDirai les magisirats, qui Tenaient me féliciter de ma délivrance; tous ro*aocompagrièrent jiisqirà la voilure» en me donnant des marques touchantes de leur affection et de leur respect. C'était la môwe réception sur toute la route, au passage des ditrérentes paroisses , tandis que toutes les cloches faisaient entendre h la fois leurs sons retentissants» au sein de ces étroites et profondes vallées. A quelque distance de Pignerol, une députation du chapitre de la cathédrale vint au-devant de moi pour me complimenter et lu'aiinoncer la part que tous les chanoines prenaient i révénemont heureux de ma délivrance. Une foule d'ha* bitants se pressaient sur mon passage hors de la ville* et, à mr>n entrée, les clocTies furent mises en branle. Les rues et les fenêtres étaient remplies de personnes de toutes les classes, qui me témoignaient par leurs gestes la joie qu'elles ressentaient. Sur la place |»rinci|iale, un spectacle plus attendrissant encore vint frapper mes regards. Le étaient réunis tous ceux des ecclésiastiques de l'Etat romaia, eiilés h Pignerolou aux environs « pour avoir refusé te serment de Gdélité exigé fiar le gouverne* mentfrançais. Aussitôt qu'ils m*aperQurent, ce ne fut qu'un cri d'acclamatinn et d'applaudissement, et lorsque je descendis de voilure, tous se pressèrent autour de moi. Les uns me baisaient Tanneauet les vêtements, d'autres pleuraient; quelques-uns frappaient des mains : tous voulaient me parler, tous voulaient me féliciter. La vue de tant de confesseurs de la foi, dont les visfiges pâles, les habits usés annonçaient Tétat de misère et de |»auvrcté où ils étaient réduits, me remplirent d'une si profonde émotion, que je ne pus leur répondre que par des larmes et des sanglots, embrassant les uns, serrant la main des autres, et m'eflorçant de leur témoigner ma vive sensibilité et ma reconnaissanee...
« De retour à Thôlel, je voulus connaître le nom et la patrie de tous les ecclésiastiques exilés. Je leur adressai À tous quelques paroles de consolation; je tis Téloge de leur courage et de leur constance, en leur assurant que, si la divine Providence ramenait le Saint-Père h Rome, et rendait au Saint- Siège sef domaines temporels, leurs mérites et leur cooJuile édilianle ne resteraient pas sans récompense. Dieu sait avec quelle bonne foi je leur fis ces (iromesses , et combien j'étais convaincu qu'elles seraient acconi|»liesl Qui aurait pu prévoir alors que les souverains légitimes, en remontant sur le trône, glisseraient prévaloir dans leurs conseils cet esprit d'excessive bienveillance envers les serviteurs du gouvernement usur- [laleur, et que ceux-ci usurperaient encore les récompenses dues à la tidélilé?... Fasso le Ciel que nous ne soyons pas à la veille de nouvelles secousses, de nouvelles révolutions! » {Ibid.)
Après avoir passé par Rivoli et par.Suze, il arriva h Thospice du mont Cenis,' où il fut reçu avec la plus grande cordiolité, et
PiCTIONN Di:S ClROI?lit'X.
traita d'une manière splendide. Le ISfévrier il |irit la poste k Chamhéry, et le 13 arriva ^ à Lyon. H en parcourut les rues en voiture» y remaniua de beaux éditices, entre autref rhôtel de ville, quelques beaux ponts sur la Saône et sur le Rhône, des quais trèsagréab'es. Après un coup d'œil rapide, la vi'te lui parut plus belle et plus régulièrement bâtie que Paris. Le cardinal Fescli était parti quelques jours auparavant pour Paris. Le cardinal Pacca apprit que cet archevêque était bien vu dans son diocèse ; mais on ajoutait qu'à la nouvelle ofGciella du concordat de Fontainebleau il n'avait manifesté aucune joie, et s*élail contenté de dire que VEgliieataU dû faire de grands sacrifices. Le 18 février au matin, le prisonnier de Fenestrelle était à Fontainebleau. « Ne trouvant personne à qui je pusse m'adresser pour demander audience, j'envoyai mon camérier qui revint bientôt avec un des domestiques restés au service du Pape. Cet Italien m'engagea h me présenter avec mes habits de voyage, parce que le Pa|»e mu recevrait sur-li!-cham|). Dans l'antichambre, le cardinal Doria vint au-devant de moi, m'embrassa les larnies aux yeux, et me témoigna la joie qtie lui causait ma délivrance. Dans les autres salles,je renconirai.quelaues |)rélats français ; et comme j'entrais dans l'appartement du Pape, je trouvai le Saint-Pèru debout, faisant même quelques pas pour venir au-devantde moi. Quelle fut mon afldictiori de le voir courbé, pâle, amaigri, les yeux enfoncés, presque éteints et immobiles 1 II m'embrassa et me dit : « Je ne vous atten- « dais pas sitôt. » Je lui répondis que j'avaia pressé mon arrivée pour avoir la consolation de me jeter à ses pieds, et de lui témoigner mou admiration pour le courage avec lequel il avait soulfert une si longue captivité. Il me répondit avec l'accent de la plus profonde douleur : « Et cependant nous « avons Oui t»ar nous rouler dans la fange... « Ces cardinaux m'ont traîné di^vant ce bu- « reau et m'ont fait signer...» Je retournai auprès du Saint-Père, et le trouvai dans un état déplorable et inquiétant pour ses jours. Les cardinaux di Pietro, GaLirielli et Litta, les premiers arrivés h Fontainebleau, lui avaient fait sentir la gravité de la faute dans laquelle on l'avait entraîné par surprise; il en avait conçu une juste horreur, et il ne ^louvait mesurer la hauteurde la gloire d'où on l'avait préci|)ité par des conseils pusillanimes, sans tomber dans la |»lus profonde mélauroiie. Dans Tépanchement de sa douleur, il me dit « Qu'il ne pouvait chasser de « son es|)rit cette pensée cruelle^ qu*il p.l^^ail « les nuits sans dormir; que, le jour, il pre- « naît à |)eine la nourriture nécessaire pour « ne pas défaillir, qu'il était obsédé de la « crainte de perdre la raison et de tinir comme «Clément XIV.» Je mis tout en œuvre t>our le consoler; je le suppliai de se calmer, de considérer que de tous les maux qui pouvaient affliger l'Ëglise, le plus funeste lui serait d'être privée de son Chef sut)rèmer J*ajoutai que bientôt il se verrait entouré de
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tous les cardinaux qui étaient en francct • dont quelques-uns lui avaient donné des preuves non équivoques de leur zëlo pour les intérêts du Saint-Siège, et de leur dévouement pour sa personne sacrée; qu'il pouvait mettre en eux toute sa conliance» 4|u*aidé de leurs conseils il pourrait remédier aii*iBBl qui avait été fait. Ces paroles parurent 'le raniiner; sa physionomie se rasséréfia,et m'interromiiant:* Vous croyiez,» me dil-ilt ■ qu'on peut y remédier?— Oui, irès-saint Père, » repris-je; « h i^resque tous mauit ^and on le veut bit^n, il y a remède.i Il me dit de me préftarer au voyage de Paris pour Aire présenté à Tempereur etè Timpévatricc. Je cfaerchai è éluder ce voyagea dt^sagréablo pour moi; mais le Pape ajoutai « Puisque tous les cardinaux y vont, votre absence serait remarquée; on .y verrait un man(}uo de Tes[»ect à ces souverains. — Eh 44ien, très-saiutPère, » repris-je, t je boirai .encore cette dernière lie du calice d*amerkime. »
Le 90 février, je partis pour Paris. Le 22, j*iillai demander au comte Bigot de Préamenou, ministre des cultes, une audience à la cour. Je devais Aire présenté le lendemain. Rendu aux Tuileries è Tbeure assignée, je fus conduit dans uii vaste apitariement où se trouvMentdéjà des ministres, des généraux^ qui étaieiH venus pour assister au Uver de l<mpereur. Je tenais les yeux fixés sur Ja porte et le cœur me battait. Tout è coup j*-entends annoncer : L'empereur I Je le vois paraître vôtu d*un uniCoruie fort simple. Il s'avance au nHlieu-d4i salon, et, après avoir IKOmené ses regards sur tous les individus présents, il se dirige vers moL Le ministre des cultes nomme te cardinal Pacca. «Le car- Uinsl Pacca I » rofiète l'empereur d'un air sérieux. Faisant un pas de plus vers moi, et so.rassérénant avec de bonnes manières:
4iPacca,» ice dit-il, « vous avez passé quelque temps dans la forteresse ?—Troisanset demi. Sire,» lui répondis-^je. Alors il inclina la tôte: «'Vousavt.^,»iijouta-t-il,c écrit la bulle d'excommunication ? » Comme jegardais le silunce, autant par convenance, que pour ne pas provoquer quelque furieuse mvective, il dit : « Mais aujour<d'hulil faut oublier le (lassé :» allusion h l'article X du concordat du Fontainebleau, dans lequel l'empereur promettait de rendre ses bonnes grÂces au\ cardinaux, évêqucs, prélats et laïques qui avaient encouru son indignation. 11 parcourut le cercle, adressant h chacun quelques paroles. J'avoue que je n'aurais pas cru en être quitte è si bon marché. Mais MapoJéon, qui voulaii alors obtenir l'exécution du concordat, me supposait une grande influence ^ur l'usprit
du Pape.» (/&4</.j
Cecondordal lut enfîn-révequé [mr Pie VH, sur le conseil de quelques cardinaux cou* rageux et notamment de Paccfl. Le Pontife écrivit lui-môme do sa main tremblante l'acte de révocation, qui, le 2fc mars, fut envoyé à rem|»ereur. Ce jirince prit habilement le jiarti de garder le silence sur cet acteim- -tortanti comnii* s'il eût été non aveuu, et
fit déclarer exécutoire dans tout Tempire le f>rélendii concordat de Fontainebleau. En voici la teneur :
c S. M. l'empereur et roi, et Sa Sainteté, voulant mettre un terme aux différends qui se sont élevés entre eux et pourvoir aux difficultés survenues en plusieurs affaires de l'Eglise, sont convenus des articles suivants, comme devant servir de base à un ai rangement définitif.
« Art. 1" Sa Sainteté exercera le pontificat, en France et dans le royaume d'Italie, de la même manière et avec les mêmes formes que «^es prédécesseurs.
« Art. If. Les ambassadeurs, minisires, chargés d'affaires des puissances près Je Saint-Père, et les ambassadeurs, ministres ou chargés d'affaires que le Pape pourrait avoir près des puissances étrangères, jouiront des immunités et des privilèges dont jouissent les membres du co'ps diplomatique.
c Art. HL Les domaines que possédait io Saint-Père, et qui ne sont pas aliénés, seront exempts de toute espèce d'impôts-; ils seront administrés par ses agents ou chargés d'affaires. Ceux qui seraient aliénés seront remplacés jusqu'à la concurrence de deux millions de francs de revenu.
c Art. IV. Dans les six mois qui suivront la notification d'usage do ia nomination par l'empereur aux archevêchés et évêchés do l'empire et du ro.vaume d'Italie, le Pape donnera l'institution canonique, conformément au concordat et en vertu du p!>ésent induit; J'information préalable sera faite |)ar le métropolitain. Les six mois expirés sans que le Pape ait accordé l'institution, le métropolitain, et, h son défaut, l'évêque le plus ancien deJa province, procédera h l'institution de l'évêque nommé, de manière qu'un siège ne soit jamais vacant plus d'une année.
« Art. V. Le Pape nommera, sort en Fiance, soit dans le royaume d'halie, è dix évêchés qui seront ultérieurement désignés de concert.
« Art. VL Les six évèchéi suburbicaires seront rétablis; lisseront à la nominatitui du Pape. Les biens acluellemeni existant seront restitués, et il sera nris des mesures pour les biens vendus. A la mort des évoques d'Anagni et do Riéti, leurs diocèces seront réunis auxdits dix éiâchés conformément au concert qui aura lieu entre Sa Majesté et le Saint-Père.
« An. VIL A l'égard des évêques des Etals rouiains, absents dej leurs diocèses |»ar les circonstances, le Saint Père pourra exener en leur faveur son droit de donner des évêchés in parlibui. Il leur sera fait une pension égale au re^renu dont ils jouissaient, et ils pourront être replacés aux siégjt» vacants, soit de l'empire, soit du royaume dlialie.
« Art. VllL 8a Majesté et Sa Sainteté se concerteront en leui|is opportun sur la réduction à faire, s'il y a lieu, aux étêohés do la Tusiane et du pays de Gênes, ainsi que pour les évêehés è établir en Hollande et dans les déiKirlements auséatiques.
DKS CAROI9iAlIl.
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« Arl. IX. La propn^an(le9 ta pénilencerie, les archives seront Àjblies dans le liea du séjour du Sainl-Père«
c Art. X. Sa Majesté rend ses bonnes grâces aui cardinaux, érôques, prêtres, lait|ues 3 ui auront encouru sa disgrâce par suite es éTénemenis actuels.
« Art. XI. Le Saînt-Père se |>orle aux dispositions ci-dessus « par considération de l'étal actuel de I Eglise* et dans la conQance
Sue lui a inspirée Sa Majesté qu*e!le accorera sa puissante protection aux besoins si nombreux qu'a la religion dans les temps où nous vivons. •
Dès au*il eut envoyé h Tempereur la lettre où il rétractait toutes les concessions du 25 jnnvier. Pie Vil se sentit soulagé du fardeau qui t*oppre$sait jour et nuit. Un changement subit S(3 fit remarquer dans toute sa personne; il recouvra sa sérénité. Le gouvernement impérial ne m^nifi^sta sa mauvaise humeur que par quelques actes isoIé.«. De tous les cardinaux exilés, qui avaient recouvré la li« iiertéà la suite du traité du 25 janvier, di Pietro était le premier qui fût arrivé è Fontainebleau. Le Saint-Père, Payant consulté sur les articles qui lut avaient été arrachés, en reçut la réponse qu*ori devait attendre de ce vénérable cardinal. Dès lors il s'abandonna à son repentir et è sa douleur. La gouvernement en fut bientôt informé par ses espions, et, le 5 avril , dt Pietro fut appréhendé, la nuit, par un agent de |K)lice, qui te conduisit & Auxonne, où il resta en surveillance jusqu'à la chute de Na^iolcon. El même temps il était signifié aux cardi* naux Consaivi et Pacca de faire savoir au S«iint-Père que Tempcreur n*avait séparé de sa personne le cardinal di Pietro que parce que celui-ci s'était montré Vennemide CElat. 11 étsit également siguiGé h tous les cardinaux c que Tenipereur était irrité contre eux depuis leur arrivée à Fonlaineblehu ; que, s*ils voulaient demeurer en celte ville, ils devaient s'abstenir d*atfaires avec le Pape, n*écrire aucune lettre, soit en France, soit en lialie, se tenir dans rinaciior. la plus complète, et se bornera faire au Saint-Père les vÎMtes de pure convenance; que, s*ils agissaient autrement, ils compromettraient leur liberté.»
c Le colonel me demanda ensuite, dit Pacca, si je promettais de faire ce qirexigeait fempereur; je lui réfiondis que j agirais de manière à ne donner aucun motif de plainte ni de souj»yon à l'empereur, mais que je ne feraisjamaisld promesse que l'on exigeait, parce que le Pape pouvait me donner des ordres inconciliables avec cette promesse^ c Ainsi,» renrit le colonel, si le Pape vous ordonnait décrire, de parler d'affaires à quelqu'un, de publier (juelque écrit. Votre Kmiiieiice le ferait? — Oui, sans doute, «lui rOpondis-je,» parce aiie je lui ai iuré d'une manière solennelle tHéliié et obéissance.— Veuillez du moins écrire sur le papier, QJouta le colonel.» que je vous ai communiqué tes ordres de Sa Majesté. » Je pris aussitôt la plume et j'écrivi^sur le pa;^ier: « Vu, B. car-
dinal Paeca. » Le même jour, le colonel s'ao
Juitta de sa mission auprès des autres carinaux, et je sus que plusieurs de mes rollègties lui avaient f.iit m^me réponse. P.Tidant les derniers temps de notre séjour h Fontainebleau, le gouveroemeot français fit plusieurs tentatives pour renouer les négociations avec le Siint-Père. Un dece.« négociateurs fut M. de Beaum>nt, évé iue«le Plaisance, nommé à Tarchevèché de Bourges. Le 18 décembre 1813, dit-il, un ministre me fit appeler pour me proposer de me rendre h Fontainebleau, avec la commission verbale de m'informer si Sa Sainteté élail disposée è conclure un aecommudfiuent qui fit cesser les dilférends qui existaient enlre
elle et le gouvernement Je me rnudis à
Fontainebleau, et, le 19, je fis demander au» dieu :e ; Sa Sain été daigna me l'accorJersur* ie-champ. Après lui avoir offert mes vœui à Toceasion de la fôte de Noël, je lui témoi« gnai la douleur que j'éprouvais avec toulu rEglise de la voir éloignée de son Siège, de ses Etats, et l'ajoutai qu'il n'était pasim|>os« sible de lever les obstacles qui s'opposaieni è son retour. Le Saint-Père me répondit, avec sou alTnbilité ordiniire, qu'il avait examiné devant Dieu les motifs de sa coiiduitH, et que rien ne pourrait le faire changer de sentiment. Il ajouta qu'il avait défendu aux cardinaux de parler d'aucune affaire... Il« retour à Paris le 21, je rendis compte aiA ministre de l'issue de mon voyage et je n'/
iieusai plus..» Je me disposais h partir [>our iourges, lorsque le 18 janvier 181^ je reçiis une lettre du môme ministre qui m'invitait à me retidre auprès de lui. Afirès une asses longue conférence, il me remit un projet de tra'té et une lettre qui m'accréditait auprè<< de Sj Sainteté. Dans ce projet, on rendait au S.iinl Père ses Etats. (Ils irémient filus au pouvoir des Franç.iis.]..« Sa Sainteté me reçut avec sa bonté ordinaire et me dit qu'elle 110 pouvait se prètur à aucune négociation^ parce que la restitution de ses Etats étant un acte de justice ne pouviil être Tobjet d'un traité, et que d'ailleurs tout ce qu'il ferait hors de ses Etats semblerait l'eff t de la violence. Le Saint-Père ajouta qu*il ne demandait que de retournera Rouie le plus tôt possible,
au'il n'avait besoin de rieu , que la Prori* enco l'y reconduirait. Je nmdis compte au gouvernement de ma conférence avec S.i ainleté, et insistai beaucoup sur le désir u'elle témoignait de partir |)our Rouie, ^e 21, vers midi, je me rendis auprès dti Saint-Père. Je lui annonyai mou dé|)art jiour le lendemain ; je lui demandai sa bénédiction, et lui dis que j'e$i)érais que son départ aurait bientôt lieu aussi. Sa Sainte:é nie répondit que c'était \h son unique désir, ot termina |far ces fiaroles: « Assurez lemperenr que je ne suis pas son ennemi; la religion ne le permettrait pas. J'aime la Fi*anctt et je le prouverai quand je serai è Rome.»
« Je iiarlis le 92, è sept heures do matiu; je rencontrai dans la ville deux voitures qui so dirigeaient vers le château, et je sus ensuite qu'elles étaient destinées tK>ur{o\ié«
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part du Saint-Père. » En effet, le 33 jan? ier 18l<^, on lit partir pour Rome Sa Sainteté. Le 26, arriva un ordre du gouvernemenl, en vertu duquel les seize cardinaux qui étaient à Foulainebleau devraient avoir quitté cette ▼ille dans quatre jours; il en partirait quatre chaque jour, ïi des heures différentes, et sous l'escorte d*un oflicier de gendarmerie qui leur ferait connattre le lieu de leur destination. Le 27, au matin, M. Lépine annonça au cardinal Pacca qu*ii était désigné pour raccompagner, et qu^il reviendrait h trois heures après-midi, henredu départ. A Quelque distance de Fontainebleau , M. Lépine remit au cardinal la k*ttre suivante :
« Paris 25 janvier MU. — M. le cardinal* je viens de recevoir des ordres concernant Votre Ëminence, en vertu desquels elle doit partir le plus \6X possible et dans le plus jitrict ioco^iito pour se rendre à^Uzès, département du tiard. La personne qui vous remettra cette lettre est M. Lépine^ officier de gendarmerie, qui a l'ordre de vous accompagner jusqu*ÀiJzès. Il lui a été recommandé deconoescendre aux désirs de Votre Emînence dans ce aui pourra «e concilier avec les ordres donnés. J'ai prévenu les autorités dUzès de votre arrivée, et je suis persuadé qu'elles s'empresseront de concourir h tout re qui pourra vous en rendre le séjour agréable. Je profite de cette occasion pour offrir à Votre Eminence Tassuranccdema très-haute considération. Signé le dus de Rovigo. »
Voici en quels termes te ministre de la police recommandait le cardinal au sous*préfet d*Czès : « Celui qui vous remettra cette lettre est M. Lépine, officier de gendarmerie, qui conduit le cardinal Pacca a vDzès, où il doit séjourner. Vcus^deveis le tenir sous la plus étroite âurveillance, et découvrir, au moyen des gens de service et de la maison qu'il habite, quelle est sa conduite, quels sont ses discoura, les personnes qu'il voit, auxquelles il écrit et dont il reçoit des lettres, pour m'informer de tout. Transmettez ces ordres au commissaire de police,safm qu'il s'y conforme, et dites-lui qu«, s'il ne remplit |ias son devoir, vous pourrez le faire destituer sur-le-champ. Ne laissez pas le cardinal oflicîér en puhlic; surveillez »a conduite avec vos prêtres, parce qu'elle peut ùtre très-dangereuse dans les circonstances actuelles. Tâchez de l'effrayer, «H dites-lui ouvertement que le moindre motifde nlainte contre sa conduite peut lui faire perdre entièrement sa liberté. »
Conduit h sa destination par des voies détournées, le cardinal passa f)ar Limogf*s, Brives, Cahors, Toulouse, ôsielnaudary, Narbonne, Montpellier et Nîmes, itinéraire suivi, en partie, par le Saint-Pôre quelques
I'ours auparavant, et le 10 février il arriva è Jzès. Sur sa route il avait souvent rencontré des trouf>ea revenant d'Espagne et de nombreux chariots attelés de bœufs et |>ortant des soldats fatigués. En entrant dans celle ville d.e six mille âmes , dont un tiers calviluste, il sentit son cœur se i taserr^^âi la vue
des rues étroites et obscures , des maisons grossières et mal bâties.
« Cependant, » dit-il, « les soixante et dix jours que j'ai passés h Uzès, ont été les plus sereins, les plus calmes (*t peut-être même les plus heureux de ma vin. Libre de toute charge, de toute affaire, j'avais partagé mes heures entre les exercices de la religion , la lecture, la promenade et quelques visites assez rares de politesse. Les Irabitanlsd'Czès, notamment les personnes de la noblisse et du clergé avec qui j'étais en relation, me faisaient oublier tout ce que ce séjour pouvait avoir de triste par lui-niAme. Je trouvai en elles les traces d'une excellente éducation et une politesse exquise. Les dimanches et les fêtes, j'assiîflais le malin et le soir aux Offices de la paroisse de Saint-Théodoret. Melgré mes instantes recommandations
3u*on me traitât sans distinction aucune, afin e ne pas donner au gouvernement ombie de prétexte pour me défendre l'entrée de Téglise, je ne [tus rien obtenir. J'avais choisi une des dernières places du chœur, et Ton se hâta d'y élever un petit baldaquin. A la Krand'Messeon me prést niait l'encens, et 1 on me rendait tous les honneurs d*usage. X.(*rsquej*allais envii;iiR,on usait envers moi de granffes cérémonies. Le maître de la maison venait me recevoir jusnue sur la rue, tandis aue la maltresse m attendait à genoux & I entrée des appartements pour recevoir ma bénédiction. Lorsque je sortais, tous s'agenouillaient pour être bénis. Les personnes qui venaient me faire visite me donnaient
les mêmes marques de respect Pendant
que je passais ainsi des jours tranquilles h Uzès, les alliés envahissaient la France du côté de l'Allemagne^ de la Suisse et de l'Espagne. Napoléon tenta un dernier effort pour réveiller l'énergie nationale et repousser l'invasion étrangère; mais on était fatigué de soti joug et des sacritices qu'il exigeait ; beaucoun d'ailleurs attendaient les alliés comme ues libérateurs. Les nouvelles pénétraient difficilement à Uzès, les préfets ayant soin de les tenir cacht^es. Cependant le 10 avril, la nouvelle se répandit ^ue les alliés étaient entrés & Paris. Quelques jours après, j*entends partout retentir les cris de Vive le roi! vive le cardinal!.. ., Pourrai-je jamais oublier le 22 avril, jour de mon départ d'Uzès? Après avoir célébré le saint sacrifice auquel assistèrent tout le clergé et les personnes les plus distinguées delà ville, je pris congé de mes respectables hôtes, et je partis è pied de mon logement pour satisfaire à l^mpressement que me témoignaient les habitants de nfaccompagner hors de la ville. Un clerc, portant la croix, marchait en tête; déjeunes filles, vêtues de blanc, venaient après, chantant des cantiques; suivaient les bannières des confréries. Les personnes no^ tables de la ville marchaient & leur suite, et quelques prêtres nous précédaient en récitant les prières pour les voyageurs.
J'avais à ma droite le curé, et & ma gauche le doyen de la cat4iédrale, prêtres vénérablesi é«ius à la vue de ce sj ectade. Le
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DES CARDiXAUX.
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ioii.cpréfet, le mnire et les membres du IribiuiAl nous suivnient en grand costume. Nous marchions entre deux baies formées par la garde nationale» et ta musique faisait entendrededélirieusessymphonîes. Enfin le cortège était fermé par une garde d*honneur il cheval* composée de qunrantej'eune» gen«. . I«a roule était couverte d*une foule immensi% composée de Catholiques et de protestfints. Quand nous fûmes arrivés dans une plaine» où la population s'était réunie, je fus prié de me tourner vers la vilTe et de la bénir. Comme j*élevais les mirins vers le ciel, tous tombèrent à genoux, et ftrent le si^ne de la croix avec des sentiments de piété qui se manifestifient sur leurs visages; tous a<lrpssèrent les vœux les filtis ardents au Ciel pour le supiiiier de me. protéger «ians mo» voyage. Je laisse k penser quelle devait être mon- émotion \ Hes larmes d'attendrissement couiftient sur mes joues, et .je ne pouvais témoigner que par des signes ma sensibilité et ma reconnais<iance. Les juges du tribumil^et les quaranfe jeunes gens achevai nraccompagnèreiit jusqu'aux confins du territoire d*Dzès. Au moment de fai séparation, mes regards furent plus élo(|uents que mes paroles, et je m^aclrominai vers Nîmes, absorbé dans une douce mélancolie. A mon entrée dans Nîmes, les habitants me saluaient respectueusement et criaient Vive le cardinal I... D'Ajt je continuai ma route vers Brignoles, oCl je passai la nuif» Vy trouvai Pexcellent cardinal Dugnani, qui y avait été exilé... Pendant qu'on re* l)iyait, un inconnu s'approcha de la voiture^ et dit & mes domestiques que Pauline Bonap.irtey princesse Bi^rghèse, qu4 habitait une maison de campagne fieu éloignée, désfrait voir les cardinaux.qui' passeraient. Je fis répondre queje ne connaissais pas la princesse Borghèse, et que je n-'en étais pas connu. J'aperçus bientôt une maisofi de campagne, flans une situation^ agréublei et environnée de troupes. Je pensai qu^ ce devrait être la demeure de Pauline Bonaparte. BéQécbissant alors à Tinfbrtune de cette princesse, qui était infirme, je ne voulus pas ajouter à son affliction par un acte de désobligeance. de dureté môme. Je descendis de. voilure^ et les soldats me laissèrent passer, le trouvai la princesse abattue, décharnée, d'une pâleur mortelle. Si une des dames de sa* couf ne me l'eût indiquée, je n'aurais pu croire que j'étais en présence de celte Pauline Bonaparte dont en avait tant vanté les charmes. Elle me fit un accueil gracieux, et me parla de la chute de son frère avec di)u4eur, mais avec beaucoup de jugement. Elle me dit qu'elle irait t>ientôt en Italie : qu'elle attendait une frégate que lui envoyait le roi Mucat, et qu'elle me priait do donner de ses nouvelles à sa- mère et à son oncle, le cardinal Fescb, que je trouverais Il Rome. Je le lui promis, lui adressai q4jelques paroles do consolation, et je pris congé.
« Etant à Rome, en 1816, la princesse me parla de cette visite comme d'une déinarclve
héroïiiihî do la part d'un(\ personne qui avait elé si maltraitée par l'empereur. Ello chercha toutes les occasions de me témoi-
(;ner sa reconnaissance. Le mè^ne jour Nsmpereur Napoléon arrivait en Provence, pour être conduit h l'Ile d'Elbe. De Canne.<, je m'avançai vers Nice, et après avoir pas<?é par le col de Tende, j'arrivai h Turin. Etant sans nouvelles du P8pe,.j^ariai è Milan, de ïk h Parme et à Ifedène. A Bologn» j'appris que le Paçe avait pris In roule de Rome, et Ih IS^^-mai je l'Atteignis è Sinigaglia : je m» réunis h sa suite, et l'accompagnai dans sa marche triomphale*. Il s'arrêta à Ancône, h Lorette.àMncerata, iTolentino à Fiilfgno.M Spolète, h Terni et h Nepi. Enfin le 24^, il fit son entrée soleiuielleh Rome, j'eus l'honneur de monter dans la voilure du Saint-Père et d'avoir part è son glorieux triomphe. »
Pendant cpe le cardinal Consaivi représentait le Samt-Siége au congrès de Vienne, le cardinal Pacca resta è Rome auprès de Pie Vil, qui s'abandonna aux sages conseils de son minisire. Un de leurs premiers actes est le rétablissement des Jésuites; et Tim et l'autre avaient été imlni«,.dès leur jeunesse, de préjugés conlrair*vs à la célèbre Société. En 18t5, le roi de Noples, Murât, réconcilié avec Napoléon,, conçtut la témé«> faire entreprise de eonquérir l'Italie. Il envoie demander h Pie VU la permission* de faire passer son armée par Rome. Le Saint«Père répond par un refus, alléguant, entre autres l)onnes raisons, qu'il ne peut sortir de la neutralité ; qu*a<sez d'autres passages sont ouverts au roi de Naples. H paraissait que les deux conquérants avaient formé le projet de s'emparer de la personne de Sa Sainteté et de son ministre pour faire- 5ervir h leurs desseins ces précieux otages». Malgré fe refus <lu P^pe, (m apprend bientôt aue le territoire pontifical est envahi par l'armée napolitaine qui marche sur Rome. D'après le conseil du cardinal Pacca,. la Pontife se retire è Gênes afin de laisser passer l'orage. Battu par les Autrichiens h Tolentino, tu 2 mai 1815, Murât perd en un instant son armée et son trône, et se réfugie en France. Le 7 juin. Pie '^\t. accoQ»pagné du fidèle cardinal, fait pour I» quatrième fois sa glorieuse entrée h Rome. Quand ce Pontife eut passé au repos des justes le 20 août 1823, le cardinal Pncca, après avoir été lecompagnon de son infortune et l'heureux témoin de ses triomphef^* fut obligé, en qualité de camerlingue d<> b sainte Eglise, de remplir un devoir bien douloureux, celui de |)rocéder h la réeogniiion du corps, de couvrir le visago d'un voile, et d'apposer,, de ses propres mains, sur la caisse funéraire, le sceau d»i ses armes de famille. Nommée par Léon XII prodataire du Saint-Siège, devenu évèque d'Ostie, doyen du Sacré Col léf;e, cet homme, éminent è tant de titres* était encore investi de différentes charges. Le 27avril I8V3, étant dans sa 87' année, il prononça, devnijl l'Académie romaine de la reliu'ion catlnn lique, le discours suivant SurTéial aeluei
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4 ri $nr les deslinia fntnret de CEglhe ca*
^ « (!>si arec nn Térilublo plnhîr« illniilres ncatléinicicns, que je me suis chargé dVm- Yrir, cette année, le cours de vos savantes iliftseriations. Je fuis heureux de venir tous féliciter des travaux lilti^raires que vous avez entrepris pour In di^feilsc do notre sainte religion catholique. Vous avez su unir la forc'e du raisonnement h la nchos.^o do rérudilion pour combattre pt détruire les arensations mensongères et odioui^e^ que riiérésie et le schisme ont multipliées contre les Souverains Pontifes, en représentant comme les tyrans et les oppresseurs des nations, ceux qui ont été les bienfaiteurs de riiuninnilé, les véritables autours de tant de tûenraisantes institution^^ chrétiennes et civiles, dont des étrangers ont osé s'attribuer Phonneur, comme si c'était leur pro;re ouvrage. Puissé-jo inspirer en même trmps h votre courage une nouvelle ardeur flans cette gtoriense cl utile entreprise I On no peut se le dissinujler : dans les diverses parties de IRurope, la religion cntho)i(]uo l'st attaquée ou k force ouverte, ou par une perfidie secrète et d'obscures machinai ions; mais du sein de ce ténébreux et eiïrayant horizon s'échappent quelq*«s ra3'on$ lumineux, présage consolant d'un avenir meilleur et plus heureux. J'essayerai donc, pour vous indiquer le but où doivent tendre vos travaux, ae vous retrncor les principales Vicissitudes de l'Kglise catholique dans ce sièt le, de vous dépeindre, avec la situation Actuelle do cette nème Kglise, celle dos sectes dissidentes, et de vous proposer lf>s conjectures que l'on peut former sur l'avenir, conjectures que m'inspirent et le long séjour quej*iii fait en diiïérenics contrées de l'Eurofte, et les nombreux rapports que j'ai eus avec des hommes, des savants, des ministres mêmes attachés aux diverses erreurs opf>osées h la foi catholique, et enfin IVxpérience recueillie dans un temps aussi fét*ond que le nôtre en grands événements. Ils se sont succédé si rapidenaent qu'en peu d'années nous pouvons nous flatter d'avoir ▼écu plus d'un siècle. Vous ne donnerez h c*es conjectures que le degré d'importance et de probabilité [que vous jugerez convenable ; pour moi je m'abdiquerai ces paroles du prophète Joël : « Sentore» veitri jomfita iomniabuni: ^Voi tieillards auront det êonget. (Joël, ii, 28.)
Égliêe d* Allemagne, — « Quand j'arrivai en Allemagne en 1786, on pouvait dire que les églises et le ciergé de ce pays étaient au comble des grandeurs humaines. Deux sièges archiépiscopaux étaient occupés l'un par un frère de l'empereur alors régnant, l'autre par le Fils d*un roi de Pologne, électeur dj9 Saxe* A la tôle de toutes les autres églises archiépiscopales étaient placés des prélats issus {\es plus anciennes et des plus illustres familles. De vastes portions du sol de rAlIeinagne, les plus belles et les plus fertiles, appartenaient au clergé avec un Hroit destJiiveraineté temporelle qui s*éten-
dait sur plusieurs millions de sujets. Grandes étaient aussi dans l'empire l'autorité et l'influence du clerg(^. Dans le collège électoral* sur huit électeurs, trois^ étaient ecclésîasiiques, les archevêques doMayence, de Trêves et de Cologne; le collège des princes était présidé par l'archevêque de Sahzbuurg, et tous les évêques, ainsi qu'un grand nombre d'abbés, apportaient leurs votes è la diète. Tant d'opulence, de splendeur et de puissance ont disparu devant la domination injuste et sacrilège du xviii* et du xi\* siècle, et le clergé d*Alleinagnc est aujourd'hui réduit h l'état de dépendance et de médiocrité où se trouve placé presque tout le reste du clergé catholique. Or, fautil voir ii'i un malheur pour l'Ej^lise? Je n'ose le dire. Je considère que les évêques» privés d'un domaine temporel c|ui pouvait être trè<:-utile au soutien de l'autorité ec* clésiaslique spiriluello, quand il était apphqué à cet objet, et dépouillés d'une partie de leurs richesses et de leur puissance, seront plus dociles ^ la voix du Pontife suprême, et qu'on n'en verra aucun marcher sur l(>s traces des superbes et ambitieux patriarches de Constaiitinople , ni prétendre à une indépenilanro presque schismatiqne. Maintenant aussi les populations catholiques de tous ces diocèses pourront contempler, dans les visites pastorales, le visage de leur propre évêque, et les brebis entendront au moins quelquefois la voix de leur pasteur. Dans la nomination des chanoines et des dignitaires des chafiîtres de cathédrale, on aura peut-être plus d'égard au mérite qu'h rilliisitration de la naissance; il ne sera plus nécessaire de secouer la poussière des archives pour établir, entre autres qu.'ililés des candidats, seize quartiers de nrd>lesse;et les titres ecclésiastiques n'étant plus, comme ils l'étaient, environnés d'opulence, on no verra plus ce qui s'est vu plus d'une fois, lorsque quelque haute dignité ou un riche bénéfice était vacant, des nobles, qui jusqu'alors n'avaient eu de poste que dans Tarmée, déposer tout k coup Hunifiirme et les décorations militaires pour se revêtir des insignes de chanoines, et orner d'une riche et brillante mitre épiscopale une lête qui, peu d'années auparavant, avait porté le casque. Les graves idées du sanctuaire ne dominaient pas toujours celles de la milice. On peut donc espérer de voir désormais un clergé moins riche, il est vrai, mais plus instruit et plus édifiant.
c Quant aux différentes sectes qui se trouvent en Allemagne, les obstacles qui s'opposaient au retour de leurs membres au calnolicismesont également affaiblis. Il y a des Etats, des gouvernements ipii se nomment encore protestants, et où le protestantisme n'existe plus. Ce qu'au xvi* siècle avaient prédit les apologistes d« la r»^ligion catholique, s'est pleinement accompli. Le principe du jugement privé triomphant, et chaque protestant pouvant s'attribuer le droit d'expliquer le sens des Ecrituresi peu
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h peu (lisparureot tous les dogmes qu'avait d*abonl conserTés la prétendue ttéforme, et il fallut tomber dans un pur déisme.
« Au commrnceinoiU de mon séjour h Cologn<% un jour que je m'entretenais arec un diplomate protestant, homme instruit et écrivain distingué, In conversation tomba 5ur les journaux sdenliOques qui se pubfinient alors en Allemagne. Ce diplomate ni*apprit que depuis quelques années paraissait h Berlin un recueil intitulé : £i* btiothique allemande universelle^ et qu'on y proposait diverses réformes en matière religieuse; ce qu*il entendait du protestantisme. Je voulus avoir les premiers volumes de ce recueil, et me m's h les lire. Or voici en peu de mots quelles étaient ces réform'^s théologiques : rinspiration des Livres saints, des divines Ecritures, était rejetée; on ne disait pas un mot des mysières, bien en* fendu parce qu'on ne les admettait plus ; il n'était pas question de ministère et de biérarchio ecclésiastique ; en un mot, dans leur prétendue religion évangélique, il n'y avait plus trace do l'Evangile. Dès ce temps, une l'-artie des ministres protestants, c'est-i^-dire la partie enseignante de la secte, était déjà tombée dans des erreurs semblables, et plusieurs des ministres portaient rincrédiilité jusqu'à se railler ouverlemenf des choses 4es plus saintes.
« Après la mort de Frédéric II, roi «le Prusse, plusieurs ministres protestants n'eurent pas honte, en administrant le baptême ani enfants, do substituer au nom adorable de l'auguste Trinité le nom de ce monarque incrédule qui venait de mourir. Depuis celle époque, les sociétés secrètes et les révolutions politiques ont porté les derniers coups aux idées religieuses, en sorte, comme je Tai dé> dit, que le protestantisme ne vit plus que de nom. Hais cet abimc affreux où sont tombées les sectes hétérodoxes offre^ à mon avi«, h un grand nombre do protestants, une heureuse facilité pour rentrer dans le sein do l'Eglise catholique. Le cœur de rhomme ne saurait se passer de religion, et quand son intelligence secoue le joug dos erreurs qu'elle avait reçues dès l'enfance et puisées dans les principes d'une faussi3 éducation, il lui devient facile de découvrir la lumière de la vérité. Les nombreuses conversions oui se font aujourd'hui de l'hérésie au catholicisme viennent à l'appui de mon opinion. »
Eglise de France, — « H.iis si l'on voit, en Allemagne, sortir du sein môme des ténébreuses doctrines de l'erreur dos rayons de lumière et d'espérance pour l'Eglise catholique, la France nous offre dans Tavenir un horizon plus consolant encore. Dès les premiers siècles du christianisme, les Eglises des Gaules se distinguèrent par leur attachement et leur dévouement filial à la Chaire do saint Pierre ; dès lors elles combattirent avec un zèle ardent toutes les hérésies naissantes. Pendant de longs siècles, on vit se perpétuer celte union étroite avec rRglise mère de Rome; et ces Eglises, ses &lles dé-
vouées par leur fidélité, inérirèi*ent une glorieuse) illustration;
« Aux jours malheureux* du xvi*' siècle, où s'échappèrent des portes de Tenfer, pour inontler l'Europe, les sectes de Luther, do Zwingle et de Calvin, la Sorbonne, à la têle de toutes les autres universités, se leva tout à coup pour défendre Ibs pures et antiqm s doctrines dé l'I^liso avec la Vivacité et l'ardeur qui carnctériseut Ta nation française.
« Tout le monde sait les généreux efforts des Eglises de Fran'co, au siècle suivant, pour combattre et renverser Thydre dii jansénisme ; mais, dans ce siècle aussi, et précisément dans Tannée 1682, de tristes nuages vinrent éclipser en partie l'antique splendeur et la gloire de ces Eglises. Cependant cette obscurité no fut pas longue, et se dissipa bientôt; une révolution terrible vint éclater dans ce royaume, apportant ses affreuses conséquences, et, entre autres, celle qui ne manque jamais, la persécution contre l'Egliso. Alors l'illustre clergé français comprit ce que relui des autres pays ni; comprend pas toujours, que le corps épiscopal et le clergé d'une nation, étroitement liés et attachés À la Chaire de saint Pierre, forment une phalange impénétrable h touteir les attaques de la fausse politique et de l'impiété philosophique liguées contre elles; if reprit son antique courage et son dévoue-* ment filial pour le Saint-Siégo, et depuis cette époque il s'est montré do nouveau, par ses œuvres, par ses écrits et par son zèla pour propager la foi, le fils le plus affectueux et le plus soumis do la sainte E^'iso romaine. Il est vrai que ce royaume compte en* core beaucoup d'ennemis de la religion, et
a lie ses Eglises no jouissent pas assurément 'uno tranquillité parfaite; mais pouvait-il en être autrement? Lorsque la mer a été soulevée violemment, l'agitation des flots ne cesse pas tout à coup avec la tempête, et ce n'est que lentement et par degrés que les^ eaux reprennent leur premier calme. La religion et l'Eglise se voient encore attaquées de tous côtés par une foule d'ennemis ; et, tandis que les partisans des doctrines irréligieuses de Voltaire et des autres philosophes du XVIII* siècle s'efforcent sans cessa de séduire toutes les classes, en répandant h vil prix des livres infectés d'un déisme sans pudeur, on voit aussi les sociétés bibliques semer avec profusion des textes qu'elles ont altérés et fa lsiliés,1 et les protestants s'armer d'une nouvelle* aiidace.
Pour ajouter encore à la confusion' et mi désordre, de nouveatrx ennemis- oni paru dans ce camp; ce sont les faiseurs di* religions nouvelles, avec leurs 9yf;tè.nes extravagants et sacrilèges, les saiiit-simoniens, les socii^listes, et le malheureux Châtel, proclamaleur d'urn) nouvelle Ëglise française. A ces attaques et à ces etforts do i enfer vinrent s'unir de coufiables écrivains, avec leurs romans impies et licencieux, et jms qu'aux poètes dramatiques eux-mêmes, qui obèrent uieltrc eu scène des forfaits atroces
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qui endorcisf^ont le cœur de Diommo, portel* en triomphe les Tiens les plus honteux, et reproduire impudemment sur le théâtre les sncrés mystères et \o?> plus augustes cérémonies de l'Eglise. Enfin, h cette multitude d*ennemisarhnrnés contre lui, le clergé yoii se joindre rUnivcrsilé, qui devrait être son alliée la plus fldèln.
« Toutefois, ce qui aurait peut-être épouiranté tout autre clergé n*effra ve pas le clergé fie France. Il ne cherche pas a se soustraire h la lutte; il oppose 5 tous ses adversaires lin courage et une résistance héroïques. Aussi, malgré les violentes attaques faites h la religion, TEglise, dans ce royaume, gagne du terrain, et les peuples y manifestent d'heureusps tendances h reprendre la foi antique de leurs pères. C*est donc avec raison que nous espérons de cet illustre clergé, non-seulement qu'il persévérera dans une entreprise si glorieusement commencée» mais que son zèle pour la défense de la religion* ira sans cesse croissant.
c Pour moi, il m^" semble qun le Seiu:neur, eiifln apaisé, destine aujourd'hui la France h être l'instrument de ses divines miséricordes. Il veut qu'elle répare elle-même les maux nombreux qu'elle a causés au monde, dans le siècle passé et au commencement de celui-ci, partant d'écrits impies et par celle propagande philosophique, dont lesapAtros allèrent semer au milieu des peu;»le5 les principes de la révolte contre tous les royaumes aussi bien que contre l*Egli$e. Et, en effet, c*est la France qui a conçu et exécuté la première le projet (fune association pour la Propagation de la foi^ destinée k seconder l'admirable institution de la Propagande de Home; c'est la France oui a replanté sur les côtes d'Afrique l'étendard triompha-il de la croix et donné naissance à une nouvelle Eglise africaine > c'est la France enfin qui, aous les auspices et la direction du Saint- Siégf*, travaille è dissiper les ténèbres de l'idolAtrie parmi les pauvres sauvages de rOcéanie, et è soutenir dans la Cochinchine et le Tongkin la religion persécutée de Jésus-Christ, avec un admirable zèle apostolique, des fatigues inouïes, et le sang glorieux des missionnaires qui sont sortis de son sein. Mais le cœur des bonsCatholiijues est douloureusement attristé de ce qui se passe aux d^ux extrémités do l'Europe. «
Eglise de Russie. — « Pour dépeindre l'état de la religion catholique <lans le Nord, et surtout en Russie et dans l'infortunée Pologne, je ne trouve d'autres f)aroles que celles des Souverains Pontifes,] quand ils préconii^enl en consistoire des sièges épiscopaux (\^8 pays ioGdèles : Sialui plorandus^ non describendui : ^ E\ài qu'on ne peut exprimer que par des larmes 1 » Je n'ose jeter un regard scrutateur dans l'avenir incertain réservé h ces peuples. Je sais seulement, comme l'enseignent, et les divines Ecritures et Thistoire du genre humain que, lorsque l'Eglise a épuisé toutes ses ressources, le Seigneur se lève pour juçer sa cause, et qu'on entend alors le bruit avant-coureur
de ces terribles châtiments dont îe Crel frappe les nations tout entières, sans épargner les têtes couronnées. Certes, nous en avons bien vu de nos jours quelques exemples 1 »
Eglise d'Espagne et de Portugal, — « A l'extrémité opposée de l'Europe se présentent h nos regards l'Espagne et le Portugal. Ces deux royaumes, si remarquables et si célèbres pendant bien des siècles par leur piété, |pur dévouement sincère et leur obéissance Qliale au Saint-Siège, eurent )e matheur, au milieu du dernier siècle, de voir monter sur le trône des princes estimables par leurs qualités personnelles, mais d*un caractère tel que pourraient le désirer aujourd'hui ces hommes qu'on appelle libéraux. Ils régnèrent, ils ne gouvernèrent pas. Ils abandonnèrent les rênes de leurs Etals à des ministres ambitieux et impies, l'un des plus terribles châtiments que Dieu« dans sa juste colère, inflige aux nations coupables, quand leurs crimes, selon l'expression du poêle :
De 8a miséricorde ont francM les Ifinitea.
En effet, le comte d'Aranda, en Espagne, et Sébastien Carvaglio, plus connu sous le nom de marquis de Pombal. en Portugal, excités, l'un par les philosophes do France où il avait été ambassadeur, l'autre par les jansénistes , et f»oussés l'un et l'autre par une haine profonde contre Rome cl le Siège apostolique, ne négligèrent aucun moyen de corrompre l'enseignement public, retirant, éloignant des chaires et des écoles les professeurs attachés aux saines doctrines, pour les remplacer par des hommes imbus des erreurs des Dupin, des Febrouius, des Pereira, et des divers auteurs animés du même espril. Ils s'etforcèrent de fermer l'entrée de ces royaumes à tout livre sincèrement catholique,* tandis qu*ils laissaient un libre passage aux ouvrages oCl étaient attaqués les droits sacrés et Tautorilé du Souverain Pontife, cl aux productions mêmes de l'impiété philosophique.
Sous les successeurs ne ces deux ministres, on continua ce coupable système ; et maintenant tous ces actes d'hostilité contre le Saint-Siège ont produit leurs déplorables effets. Ce qui se passe dans ces royaumes n'est que la douloureuse conséquence de cette œuvre de schisme. Quand je partis de Lisbonne, l'âme pleine de Iristes pensées et de funestes pressentiments, au moment où le vaisseau s éloignait du rivage, je jetai un dernier regard sur celle ville, et je pleurai sur elle. Mn\s ma douleur fut encore plus amère en Espagne. Etant monté au sommet élevé du monl Calpe, aujourd'hui Gibraltar, d'où l'œil saisit iintà partie considérable dos eûtes d'Afrique, je comparai la déplorable situation de ces contrées, asservies aux infidèles et aux pirates, avec celle de ce même pays aux premiers siècles de l'Eglise, lorsque sur ces rivages habiiaienl les Terlullie'n, les Gyprien, les Augustin, et qu'on y célébrait les conciles fameux de I Afrique. En ce moment, je ne sais comment mon esnrit
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DES CARDINiUX.
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se Iroura saisi de ceife Irisle pensée que, parmi tani de vicissitudes des choses htimsines d*ici*bas, de même que je déplorais olors la sort de ces malheureux ATricains ensevelis dans les ténèbres d'un nbsurde mahomélisme, peut-ôtre au.«si un jour, 1c elirislianisme renaissant en Afrique, quelque voyageur européen irait contempler du sommet opposé du mont Abila les côtes deTE»pagne et du Portugal, et sentirait dans son cœur une compassion semblable à celle que j^éprouvais alors pour Tinfidélité et Tapostasie de ces deux royaumes, auparavant catholiques. Je ne voulus voir dans cette pensée qu*un rêve poétique, et non un fatal pressentiment de Tavrnir, comme je Tai déjè dit dans la relation de mon voyage de LiM)onne en Italie.
« Mais, hélas! bientôt Télat déplorable des afTaires religieuses en Portugal et en Espagne me rappela ces tristes pressenti* meists, et je craignis que le jour fatal ne fût venu où la fni abandonnerait ces royaumes, jadis si catholiques et si fidèles. J*iii vu sur les côtes d'Afrique la vaillante nation fr.inçaise relever en triomphe Tétendard <le la croix, redresser tes autels, convertir des mosquées profanes en temples consacrés au Seigneur, et construire de nouvelles églises, tandis que sur les plages op|K>sées, on dépouillait en Espagne les saints autels et qu*on renver.«ait ou qu*on livrait aux flammes les édifices destinés au culte divin. Sur cette même terre d'Afrique, un respectal>le et saint pasteur, entouré de prêtres zélés, a été non-seulement accueilli par les acclamations et les cris d*allégresse des Catholiques, mais respecté, vénéré des infidèles, des Arabes et des Bédouins eux-mêmes; tandis qu'en face, dans la malheureuse Espagne, on citait à des tribunaux laïques tes fidèles pasteurs; on leur faisait subir des jugements iniques, i la suite desquels ils étaient jetés en prison, ou chassésl de leurs sièges. Le temple même du Seigneur a été souillé parle meurtre des ministres du sanctuaire, égorgés par de fanatiques ennemis de la religion catholique. Enfin Alger a regu comme des anges descendus du ciel les filles de saint Vincent de Paul, ces vénérables sœurs <fe la Charité qui, n'ayant pour armes que leur douceur, leur lionté, leur tendre sollicitude pour les malades, armes si victorieuses et si puisbanles, excitent Tadmiralion et l'enthousiasme des infidèles, ot les diS(»osent à recevoir les lumières de TEvangiie, è embrasser une religion qui insfûre et produit tant de vertus; pendant ce temps l'Espagne chassait de leurs asiles sacrés les vierges consacrées au Seigneur, et cherchait tous les moyens de les priver des ressources nécessaires au soutien de leur vie.
« Tout cela ne semblerait-il pas annoncer, comme je Kai dit, et faire craindre pour TEspagne que ce moment terrible ne .soit arrivé où Dieu, dans sa justice, veut porter ailleurs le flambeau <le la foi, et accomplir la fatale menace que le Sauveur faisait aux Juifs : Le royaume des eiew^ r^>M sera été
pour être donné à un autre peuple qui en produira Ira fruiit. (Matth. %xu kS.)
« Cependantcescraintestrop légitimes sont combattues par des esnérances consolantes •d'un avenir meilleur. Due grande partie d« cette valeureuse nation et de son clergé a conservé au fond du cœur la foi de ses an* rêtreset un attachement filial pour le Saint- Siège, comme sur les rivages de Babylone, les Israélites captifs conservaient leurs pen* sées et leurs cœurs pour leur chère Jérusalem. D'ailleurs, TEspagne compte dans le ciel de si nombreux intercesseurs que mes espérances ne sauraient être vaines. Il me semble voir au pied du trône du Tout Puissant l'ange tutélaire de ce royaume, envi* ronné de tous les saints qu'a enfantés la terre d*Espagne, de ces fondateurs et de ces réformateurs d*ordres qui, après avoir fait pendant leur vie tant (le bien dans l'Eglise par leur sainteté, continuent h en opérer encore par le tè'e 'de ieur sainte et nombreuse postérité, les Donrniqiie, l(*s Ignace, les Joseph Cazalanzo, les Jean de Dieu, les Pierre (fAIcantara, les Thérèse. Ali! mon cœur me dit que la voix , les ardentes prières de tant d'héroïques intercesseurs apaiseront la justice divine, et que le Sei-
f^neur abaissera sur TRspagne et le Portugal es regards de sa misériconle. Mais, en attendant que le jour do sa clémence se lève sur ces peuples, que notre soumission aux ordres de sa Providence soit inébranlable !
Eg^iee d'Angleterre. — « Je n'ai pu contemfder qu'avec douleur la situation de l'Eglise catholique dans ces deux rovaume!«, où elle était autrefois si florissante. CVst avec un sentiment bien dlGTérent que je vais considérer maintenant ce qui se passe dans un autre r>ays, où depuis plusieurs siècles elle gémissait sous la plus dure et la plus lyrannique persécution. Là on refusait aux infortunés Catboliquesjusqu'^ la consolation d'exercer librement leur culte; et non-seulement ce culte n'était pas toléré, mais il était proscrit sous les peines les plus sévèreset les plus cruelles. Aujourd'hui, par un merveilleux changement, on voit, dans ces mêmes régions, s^élever en Thonneur do Dieu de nouveaux temples et de magnifiques cathédrales; on voit construire des couvents et des monastères pour les religieux des deux sexes, et une bienveillante et généreuse hospitalité est offerte aux prêtres des nations étrangères que la persécution de leur patrie a frappés. On voit aisément que je veux parler de TAngluterro. Ces faits sont on ne |)eul plus consolants; cependant il ne faut pas se flatter^ comme le font quelques personnes, que la secte appelée anglicane soit déjà sur le point d'expirer. Il est bien vrai
3ue chaque jour elle perd du terrain, abanonnée comme elle l'est, et par d'innombrables sectateurs qui sont tombés dans une incrédulité complète, et par beaucoup d'autres qui, éclairés de la grAce divine, retournent au sein de leur mère l'Eglise catholique, qui n'a cessé de les aimer avec ten*
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(kosse; nunnnioins coltn E^i.^ anglicane esl un édifice qui, loiU délabré et tout chance* kint qu*il p^ratl, s'appuie sur deux, fermes soutiens : la puissance de Taristocralie et Topulence du clergé.
«Tant qu*il sera permisaux grands soigneurs do ce pays de distribuer h leurs frères, h leurs enfants» b leurs neveux, les opulents rerenus des menses épiscopales e( des riches bénéfices qui s'élôvent annuellement à six millions délivres 8terling,ou ceutcinmianle millions de francs, c*cst en vain qu on se flattera de voir disparaître cette sente. Mais, si le Seigneur continue à bénir le zèle et les travaux de notre clergé en Angleterre, on verra bientôt les pasteurs protestants abandonnés do la plus grande partie de leur troupeau. Il y a peu de temps que le curé protestant «runo paroisse d*lrlande n*avait plus d'autres paroissiens que sa femmo, ses enfants et sa servanip. Au reste, ce fait,qu(3 les anglicans appellent défection, que nous nommons conversion, forcera le gouvernement à faire de sérieuses réfiexions. Dans d*autrcs lpmp<!, on aurait pu craindre qu'il ne servît qu'à rendre la persécution plus violente; mais clans rétat actuel de TEurope, on ne peut attendre que des résultats favorables à la cau^e des Catholiques. »
EjlUe de Belgique, — « I/Angleterre nous offre donc d(*s consolations au milieu dos douleurs de TE^lise; mais nos consolations et noti'e joie s'accroissent encore lorsque nous considérons I Eglise en Rolgique. J*ai vu dans le cours de ma vie quatre dynasties différentes régner successivement, dons cet industrieux et intéressant pays. Les trois premières, rivales et souvent même opi^osées par les intérêts politique^ et commerciaux # s'accorJèrent et se ressemblèrent parfaitement en une seule chose, dans leur application à c^mtrarier, à tourmenter par des innovations reliuieusos ce bon peuple, si franchement catholique. Ces trois premières dynasties ayant été chassées ou par la força des armes étrangères ou par le soulèvement et la résistance des peuples, la divine Providence v.'Milut enfin accorder la paix i ces l>ons Catholiques, et elle exécuta son dessein par un coup merveilleux de sa toute-puissance, par un de ces moyens que les vues étroites delà sagesse humaine trouveraient contraire au but proposé, moyeu trèsunergiquement exprimé par les Portugais dans ce dicton ingénient, « Deoi e$ ereve direilo sobre uma regra estorta: Dieu écrit droit sur une ligne courbe. » En effet, le Seigneur, pour procurer la paix aux Catholiques, appela la quatrième dynastie. Il éleva sur le trône un nouveau prince, étranger de nation, né el élevé dans le protestantisme, et attaché à la secte de Luther. Qui n'eût pensé que les ennemis de la religion trouveraient en lui un appui? Eh bien, ce prineo digne d*étre proposé pour modèle à ceux môme qui ont eu le bonheor de naître dans le sein de la véritable E^liso. a compris parfaitement la vérité et la justesse des paroles célèbres du f(ra*id Osiusy évéïjuo le Cordoue^ h l'empe-
reur Constance : « Tibi Pem impertum com^ miiitf .fio6iJ qnœ tunl Ecclesiœ credidit : Dieu lous a donné l'empire; mais c*est h nous qu'il à confié les intérêts de son Eglise. » Quand le nouveau roi des Relgf>s prit possession du trône, les paroles qu'il adressa an clergé do Belgique exprimaient la mémo pensée» et il a tenu fidèlement sa promesse ; car, pour donner è son peuple une garantie et une assuram^e complète de l'attachement de la dynastie nouvelle h la religion catholique, il voulut que ses enfants fussent baptisés et élevés dans notre sainte et auguste religion, i
Eglise d'Italie. — «Mais pourrai-je oublier notre chère Italie, nui devait sans cesse se
Crésenler la première à m.i pensée? Cette elle et riche contrée de TEurope, Tune des plus privilégiées, Tune des plus favorisées des dons do la nature/ possède un doux et bienfaisant climat, un ciel presque toujours serein, un sol fertile qui sait récompenser
f;énércusement les sueurs du cultivateur aborietix; elle a produit des peuples intelligents et capables de grantlescboses, comme le prouvent assez dans les temps reculés les anciens Romains, et dans les siècles modernes les Souverains Pontifes, issus pour la plupart de notre nation. Oui, les Papes ont fait de bien grandes choses, non-seulement dans le gouvernement de rEglise,mais aussi en faveur d(>s intérêts temporels du monde et «le la société civile par leur bienfaisante influence et leur sage autorité.
« C'est ce que vous avez prouvé d'une manière savante, illustres académiciens, dans le cours des années précédentes. Mais nue sont ces faveurs du ciel en comf»araisond un bienfait beaucoup plus grand, celui d'avoir reçu de l'Orient au sein dfe l'Italie, dans notre heureuse villedeRome,la chaire de vérité, lo tribunal suprêmedel'E^^lise.en un motleSîége de (Saint Pierre et de ses successeurs? C*est TE^iise de Home, coite bonne et tendre Mère,
3ui a toujours nourri et ne cesse de nourrir a lait le plus pur des doctrines célestes toutes les Églises de Tllalie ; u*est elle qui a combattu et qui combat encore chaque jour pour éloigner de son sein le venin infernal de l'hérésie et du schisme. Depuis ces siècles ai^ciens où Ton vit d*abord les empereurs de Constantinople, ensuite les rois des (loths, protéger et soutenir l'arianisme, l'Eglise roiiiaine a toujours su empêcher les sectes hérétioues de s'établir dans ce pays; et au XVI* siècle en particulier, quand du fond des enfers tant d'hérésies fondirent sur le Nord et s'efforcèrent de pénétrer en Italie et d y prendre racine, c'est Rome qui éloigna de nous le fléau terrible de ces guerres de religion qui inondèrent de sang I Allemagne pendant trente années, et pendant près do quarante la France d'abord, et ensuite l'Angleterre, la B.ih ême et la Hongrie.
« Cependant nousavons aussi eu le malheur de voir |iénétrer en Italie, dans le xvii* siècle, une secte hypocrite, née en Flandre qui, pour cacher plus sûrement sa marche et se9 iéuébrcux projets, désavoue sa propre ezis-
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fonce. Quoique proscrite el rmppéc (le.<« Ana* ihèmes du Saint*Siégey elle trouve un facile arcès« un acciipH bienveillanl dans quelques cloîtres, dont elle méditait d<^jà perfidement la destruction, et dans les universités, où des enfants dénaturés de Tltalie, indignes d'en porter le nom, et ingrats envers IcCiel ctses nombreux bienfaits, embrassèrent les erreurs de cette secte et osèrent la défendre* De celte double source d'instruction publique se répandirent et se propagèrent rapidement paniii les hommes politiques, les magistrats, elau sein des tribunaux civils, ces principes de défiance, de jalousie et de haine pour lo Saint-Sié^o qui, sous le règne môme de princes dont la conduite privée et publique est chréiienne, et dont Its intentions sont pures et religieuses, réduit TEgliseà la triste servitude d*Agar, elle qui, dans les choses sacrées, dcvr.iit ôlro libre et roiue indépendante. Un des plus illustres évoques du xvii* siècle, dans un discours prononcé devant un des plus puissants monarques, Pimmorlel Rossuet. parlante Louis XIV, disait:* Sainto
• autorité de TEgliso, frein nécessaire de la « licence et unique appui de la discipline,
• qu*es-tu maintenant devenue ? Al>an- « donnée par les uns, usurpée par les autres, « ou elle est entièrement abolie, ou elle est « dans des mains étrangères. Hais il fau- « drait un trop long discours pour exposer
• ici toutes ces plaies. • (Sermon pour te dimanche du Rameaux ^ serm. 3, il* partie.) Ainsi parlait Rossuet, mais depuis son temps jusqu'au nôtre, les plaies faites à l'Eglise dans notre chère p.ilrie, aussi bien qu'en d'autres pays, ne sont pas cicatrisées ; elles saignent abondamment. Mais espérons, dirai* je avec Tillustre Rossuet, que le temps pourra éclairer les bons princes, et è la fin les désabuser. Peut-être le Ciel a-t-il réservé cette ère do consolation et de bonheur au glorieux Pontife qui gouverne aujourd hui 1 Eglise, pour récompenser celte fermeté sacenlutale, ce courage apostolique avec lesquels il a su faire retentir des hauteurs du Vatican, en présence des grandes puissances de l'Europe, la voix solennelle de Pierre, cette voix que les ennemis de la religion feignent de ne pas craindre, et qu'ils re<iouteiit pourtant, cette voix qui éoranlc encore aujourd'hui le monde, et qui peut toujours, sinon arrêter en un instant tous les maux, du moins consoler et fortifier les justes, et préparer aux hommes égarés la voie oui les ramènera dans le sein compatissant de leur Mèrel
« Ne soyez pas étonnés, mes bien-nimés col'ègues, et vous tous, illustres auditeurs, si j'ai parlé avec liberté et franchise. Pensez qu'un nomme courbé sous le |K>ids de 87 annéos, et déjà proche du tombeau où il va bientôt descendre, est ordinairement sourd aux conseils pusillanimes de la prudence humaine. » (Tiré du journal l'Unicen.)
L'année suivante, lo 19 avril 18i&, ce grand cardinal, cette puissante inlelligHnce s'éteignit dans le sein de Dieu. — Pour de plus grands détails Voy, les Œuvres complètes du cardinal Ptcca. traduites et publiées
par M. Quejras, Paris, 1816, 2 vol. în-8*, chez Sagnier et Rray. L,i précédente nol'co en e*il en partie extraite.
PACHKCO DE MONTALVAN f Pierre), d'une noble famille caslillano , se uévoua dn bonne heure au service des autels, et fut pourvu de l'évéshé de Ciudad-Rodrigo, puis de colui de Pampeluno. — Il eut dan^ la suite ceux de Jaën, de Siguença et d'AIbano, après que, è la recommandation de l'empereur Charles V, il eut été revêtu de la pourpre, en 15&3, par le Pape Paul IIL Ce cardinal alla h Rome sous lo pontifical de Jules III, et il contribun beaucoup à assurer lo repos de Tltalio. Investi du gouvernement du royaume de Naples, il rassura les esprits des peuples et particulièrement do la noblesse, qu'on y menaçait de Tinquisilion. Il sut aussi apaiser les différends qui avaient armé lo Pape Paul IV contre Philippe II, roi d'Espagne; et il ncf^uit une si grande réputation de piété, qu'il fut question de l'élever sur le trône pontifical, après la mort du même Paul IV. Le cardinal P.ichero mourut peu après h Rome, le h février 1560. Son corps fut porté à Mon*a!van en Espagne, où il avait fait des présents considéraldes au monastè e de Sainte-Claire, fondé par don Jean Pacheco, son frère.
PACHECO DE CERALRO (François), né à Casiel Ro Irigo, était fils de Jiniu Pacheco, gen!ilhomuie do mérite et de réputation. — Il fut employé par l'empereur Charles V el par Philippe II, roi d'Espagne, fils de ce princo, en diverses négociations, dont il s*acquitta avec habileté. Une des plus importantes missions qu'il eût reçues fut celle de rétablir la paix entre le Pape Paul IV et Philippe IL qu'il alla trouver en Angleterre, lors de son mariage, eu 1551, avec la reine Marie T*. C'est h la demande de ce princo que Pacheco fut revêtu de la pourpre par le Pape Pie IV en 1561. Depuis, protecteur dos affaires d'Espagne h Rome et archevêque do Rurgos,;il travailla h cimenter la Ugue qui se forma contre les Turcs, sous le pontific'it de Pie V. Il mourut à Rurgos, le 23 août
PALËOLOGUE (Td&odore), fils de Gui!laume VIL marquis de Montferrat, et d Elisabeth de Milan, fut créé cardinal en lU^ par le Pape Paul 11.^ En se mettant à table, il se coupa avec un couteau mis par hasard sur lo dos, et la blessure, quoique légère, s'enfiamma au point qu'elle amena sa mort leSl janvier U8I.
PALEOTA (Gabriel), tils d'Alexandro Paleota, petit*fils do Vincent, et neveu d'Annibal et de Camille, célèbres jurisconsultes, na(|uit è Rologno le k octobre 152^. — Il étudia avec le plus grand succès les lettres et la jurisprudence, fut chanoine h Roiogne, professeur en droit canoiiique et en droit civil, puis auditeur de Rote sous Paul IV. Pie IV l'envoya au concile de Trente, oà Paleota parut avec tant d'éclat, que ce Pontife 1.0 revêtit de la pourpre <>n 1565. Saint Pie V lui donna l'évêché de Roiogne, qie Grégoire XIII érigea bientôt après en églisf
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DICTIONNAIIUS
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métropolitffino. Ge cardinal remplit exemplaîremenl les devoirs de IVpîscopal. Ses principaux ouvrages 5onl : De bovo sent' chiUs; Archiepitcopale Bononieme: Deima^ ginibus tacriê et profaniez e(c. Saint Charles ëiait ami particQiier de ce cardinal; lelhipe Sixle y l'honorait d'une confiance intime. Paleota eut plus de (renie voix au conclave aiisemblé pour donner un successeur à ce Pontife. Clément VIII, qui avait été son disciple en droit, se faisait un plaisir de témoigner sa reconnaissance h ce noble prélat qui mourut k Rome le 23 juillet 1597, âgé de 7$ ans.
PALLAVICINI (Antoiwe), évêque de Tîntîmille et de Pampelune, naquit h Gènes en 1441. Elevé dans le commerce, k la manière des nobles génois, il suivit assez longtemps ses frères» qui faisaient des affaires en Espagne. — Se sentant peu de goût pour ce genre d'* vie, il alla, en 1470, k Rome, oft le cardinal Jean-Rapti^e Cibo le prit dans samaison, et lui procura une charge de secrétaire dt'S lettres aposiotiquo.«. Cet emploi le fit connaître au Pape Sixte IT, qui godta son esprit, et lui donna Tévèché de yintimille, aujourd*hni dans les Etats sardes. Pallavi« cini se disposait è partir pour aller résider dans son diocèse* quand Sixte IV mourut le 13 août 1484. Le cardinal Cibo rengagea alors à différer son départ jusqu'après Téleclion; et, pour le déterminer plus sûrement, il le fit nommer entre les prélats choisis d ordinaire pour la garde du conclave qui ne fut pas long. Cibo y fut élevé au trône pontifical le dimanche S9 dn même mois d'août, et prit le nom dlnnooent VIII. Ce fut un grand sujet de joie pour Pallavicini. Le nouveau Ponlife le retint è Rome, lui donna une charge de datairo, qu'il exerça avec autant de prudence mie d*in!égrit<^, et le nomma cardinal en 1489. Alexandre VI, successeur d'Innocent, eut aussi la plus grande considération pour ce cardinal, auquel il procura plusieurs évèchés, et dont il estimait surtout la fermeté et le courage. Lorsque le roi Charles VIII entra à Rome le 28 décembre 1494, ce Poniife, qui s'était relire dans le château Saint-Ançe, ordonna au cardinal Pallavicini de recevoir ce prince et de traiter avec lui ; ce qu'il fit avec succès. Quand le monarque partit de Naples le 20 mai de l'année suivante 1495, le Pape qui l'avait trop offensé pour oser l'attendre, sortit de Rome et se retira h Orviéto, laissant encore au cardinal Pallavicini le soin de négocier avec le roi, qui rendit généreusement toutes les places do TElat ecclésiastique qu'il tenait. Ce Pontife mourut le 17 août 1503; el, dans le conclave qui suivit, le cardinal Pallavicini fut un de ceux qu'on proposa d'abord, et il eut un certain nombre de voix. Des ennemis secrets tâchèrent de le décrier par une épigramme .«atirique, è laquelle répondirent les amis de Pallavicini. Pie m fut élu ; Jules II lui succé<la bientôt après. Ce dernier employa le cardiual Pallavicini dans toutes tes affaires importantes et l'envoya, en qualité de légat» k Savone,
où eut lieu l'entrevue du roi Louis XII et de Ferdinand le Catholique. Ces princes j conclurent, comme le désirait le Pontife, une ligue contre les Vénitiens. Le légat pressa son retour pour rendre compte lui-même dii succès de sa négociation ; mais, en arrivant k Rome k la fin d'août, il fut pris d'une ma* ladie qui l'emporta le Ift septembre 1507, Sgé de 69 ans. Ses os, ensevelis dans l'église du Vatican, furent transportés, en 1596, dans celle do Sainte-Marie du Peuple, par les soins de Jean-Baptiste et de B^ibilam PnI- Rnvirini, sps polits neveux.
PALLAVICINI (Jean-Baptiste), né k Gj^nes, et neveu du précédent, était évéque de Cavaillon. L'évêché de cette viMe,. aujourd'hui dans le départenn^nt de Taucluse, a été supprimé dans la révolution. — Fait cardinal, en 1517, par le Pape Léon X, il fut emjdojé par ce Pontife, et sous Adrien VI et Clément Vil. Il mourut jeune k Fàbrica, où il était allé pour changpr d'air, le 14 août ii^k. Ce cardinal avait fait diverses fondations de pié^.
PALLAVICINI (Sporza), né k Rome, Te 20 novembre 1607, était filsdu marquis Alexandre Pallavicini et de Françoise Sforze. Après avoir fait les plus brillantes études, il voulut, quoirjue l'utné de sa maison, se consacrer a Bleu dani l'état ecclésiastiaue, quelques efforts que fit sa famille pour fe détour-^ ner de ce desfeii». Sa piété,, sa régularité le firent UentAt admettre dans les eongrégatiens chargées de maintenir k Rome l^rdre public; il fut de celles del Baon governo^ ieW immunilà eeeUiiaslicn , et de plusieurs autres. Le seul déleftsement qti'il se permit était la culture d^s lettres; et la célèbre académie des ffumoristesy qui l'avait apfielé dans son sein, lui déféra souvent Thonneur de la prési»lence. Le Pape Urbain VIII le nomma successivement gouverneur de Jési,. d*Or?iéto et de Camérino. Le jeune prélat avait devant lui la perspective des premières dignités de l'Eglise, mais Tambition était toin de son cœur, et tous les avantages qur s'otTraient k Im ne purent l'empêcher de
Quitter le monde pour entrer dans la Société es Jésuites, où il fut reçu le 29 jjiin I638v En sortant du noviciat, il enseigna la philo-^ Sophie, puis la théologie. Les talents et les vertus du P. Pallavicini lui méritèrent l'estime du Pape Innocent X, qui le chargea de Teiamen de plusieurs attaires délicates ; el le P;ipe Alexandre Vil le promue aU' cardinalat rn 1657. Ce Pontife était ancien ainr de Pallavicini. Celui-ci lui avait rendu drs services lorsque Alexandre VII, n'étant en* core que Fabio Chigi, vint k Rome. Il l'avfril reçu dans l'académie des Humoristes, et avait mèn»e contribué k sa fortune temporelle ; en reconnaissance de ces bons ofiices,. Chigi lui adressa des vers qui ont été imprimés dans son livre intitulé : Philomaihi MH$œ Juvenileê. Quand Pallavicini entra dans le Sacré Colley, il était déjk examinateur des évèques; il fut ensuite de presque IfMites les congrégations. Sa promotion au cardinalat ne lui lit rien changer dans sa
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manière cit» vivre; il continua de tivre en cénnbile et f^n saint, jusqu*à sn mort^arriTée le 5 juin 1667. 11 n'avait pas 60 an$. L'ouvrage le plus connu du cardinal Pallavicini est son Iftoria del eoncUio di Trente^ Horoe, I6S6, 2 vol. in-fol., et 166fc» 3 vol. ïuk: Il l'avait écrite pour l'opposer è celle de Fra- Paolo. Celle HUloire est justf»ment estimée. C*est contre cet ouvrage que Vabtié Lenoir, théologal de Séez.a dirigé, en 1676, le petit écrit intitulé : Let nouvelle$ lumièreê poli-' Haute pour le gouvememeni de VEglite^ ou l'Evangile nouveau du cardinal Pallavicini^ révélé par lui dans son Histoire du concile de Trente. VHistoire du concile de Trente^ par le cardinal» a été traduite en latin par \t P.GIallini, Jésuite de Paierme, et imprimée 2k Anvers 1672. 3 vol. xw-k*. Vigneul Marville» dans ses Mélanges^ dit que Talibé Godon, chanoine de Rouen, Tavait aussi traduite en français, mais qu'il ne voulut pas la publier, parce que celte histoire it'est pas dans le goût français. Asontino Maria Taja et Ri« naldo Lucarini, évèquede Piève,ont publié, chacun de leur côté, un rerueil d'extraits de VHistoire de Pallavicini. L'Histoire du concile de Trente^ traduite on français pour la première fois sur Toriginal italien réédité par la Propagande en 1833, a été publiée par M. Tabbé MJgne, avec des notes et éclair* cissements du P. Zacharia. Paris, ISikfc, 3 voK în*fc*. On a encore de lui une défense de son Institut, Yindicationes societatis Jesu^ Rome, 16k9, in-th*; 'art de la perfertiou chrétienne, Arte délia perfexion chrisliana^ Venise, \n'\2;Trattato dello stile et dfldialogo. Ce petit livre, dit Vieneui Marville, Ibid. « mériterait bien d être traduit eu notre langue. Il y a de fort bonnes remarques qui auraient très-utiles k ceux qui, se mêlant d'écrire, doivent se former le bty le suivant les sujets qu'ils veulent traiter, etc.; • enQu on a encore de lui d^uutres ouvrages, tant ascétiques que littéraires, une tragédie, des lettres, etc.
PALLAVICINI (Laz^rb), Génois, fut fait cardinal par Clément IX en 1669. Il mourut en 1680.
PALLAVICINI (Obizzo), Génois, archevêque d'Ëjihè^e, lonce à Uologue et en Po* iogne, iait cardinal et évêque d*Osimo par Innocent XI en 1685, mourut en 1700.
PALLAVICINI (HoRATio), Parmesan, gou- -vcrneur de Rome, fait cardinal par Innocent Xll en 1706, mourut en 1739.
PALLOTTA (Guillaume), née Macerataen 1727, fut fait car Jinal par Pie VI, en 1777. 11 mourut en 1795.
PALLAVICINI. —Foy. Owzio.
PALLOTTA (Antoinb), né à Ferrare en 1770 fut fait cardinal en 1823 par Pie VU. Il mourut en 183^.
PALMERIOrANi>Ri-HAiTHiBD),Napolitain, archevêque de Matera dans la Basilicate, créé en 1527, nar le Pape Clément VII, prêtre-» cardinal du litre de Saint-Clément, puis évêque de Siirno, Lucéra, etc., mourut en 1537.
PALOTTA (J eau-Baptiste), né è Caldérola, dans la Marche de Romei archcvêt^ue
de Thessaloniqop, nonce è Vienne, créé, en 1629, cardinal par le Pape Urbain VIII, fut depuis évèque de Frascati etd'Alhano, gou* verneur de Rome, où il mourut Ie2fc janvier 1658, en f^h 74." année.
PALOTTI (Jbat« rEvangéliste), Itnlii^n, archevêque de Cozenz a, créé en 1587, par le Pape Si\i3 V, prêt regard inal du titre de Saint-Matthieu, puis de Saint-Laurent in £ucifia,évêque de Porto, mourut en 1620.
PALTINERI (Sihêon) fut créé cardinal en 1185 par Luce Ul, Pape de 1181 è 1185, et qui, pendant son pontificat, créa seize cardinaux en deux promotions.
PALTINERI (Simon), de Padoue, créé, en 1261, par le Pape Urtiain IV, prêtre-cardinal du titre de Saint-Sylvestre et de Saint-Marlin, lé(^at en Onibrie, h Pise, en Toscane, h Veniso et en Lombardie, mourut en 1276.
PALC (Louis DE la], d'une des premières familles de la Bresse, était fils d^Aimé de la Pain, seigneur de Varambon, etc., et d'Alii de Courgenon. — Après avoir pris Thabitde Sainl-Benott à Tournus, il fut élu abbé d*Amboiirnai, puis de Tournus. C'est en cKte dernière qualité q\ï'\\ assista au concile de Constance on Ht7, et qu'il fut garde du conclave, où Martin V reçut Fa tiare. Député de nouveau au concile de Sionne en H23, il se trouva encore à celui de Bêle, où il fui nommé évêque de Lausanne en 1432» à l'exclusion de Jean Prangin. Amédée VIII, due de Savoie, protégeait ce dernier. Le procureur 'Je ce prince, nommé Jean Cham* pion, voyant qu'on n'avait aucun égard aui sollicitations de son maître, appela au Papa de la sentence^du concile. Ce procé lé déplut extrêmement è BAIe, où Chanifiion fut arrêté prisonnier. Quelaue temps après les Pères du concile envoyèrent Louis de la Palu auprès d'Eugène IV, puis en Grèce, pour tenter d'9 réunir l'Eglise grecque avec la latine. Amédée VIII, ayant été élu Pape à Bâie, le fit cardinal en lUO. Nicolas V, h qui Tanlipape Amédée, dit Félix, c^da la |)a;>auié eu 1H9, confirma dans ceite dignité le cardinal de la Palu, le fit son légat, et ne ccs^a de lui donner des marques de son estime. Ci prélat, que loue dans ses écrits JSneas Sylvins, depuis Pie II, mourut h Rome le 22 septembre 1451.
PALUZZO - PALUZZI - ALBERTONI , dit Altieri^ par adoption du Pape Clément X, dont il devint le premier ministre, créé cardinal, en 1664, par le Pape Alexandre Vil, archevêque de Rnvenne, légat d'Avignon, hk la Romagiie et d'Urbin en 1670, sous-doye i du Sacré Collège, fut enlevé par une mort subite le 29 juin 1693.
PAMPHILE (Jérômk), Roma n, nommé,en 1604, par le Pape Clément VIII, piêire-cardinal du titre de Saint-Biaise, mourut en 1610.
PAMPHILE (Camille), neveu dlunocentX, et fait par lui cardinal en 1644, se démit eu 1647, et mourut en 1666,
PAMPHILE (BenoIt), petit-neveu du Pape Innocent X et tils de Camille Pampliile, qui remit son chapeau <le cardinal pour éffouser Olympe Aldotirnudin, princesse de IVoisano,