‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 184 sur 350 · PIC · texte numérisé non relu

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des princesses royales» nos Irès^ehères filles en Jésus-Chrîsty vos nobles tantes, .Marie- Adéla'ide et Victoire-Marie, et celui de notre vénérable frère le cardinal de Bernis» qui» è la Yue de ces témoignages unanimes d'intérêt» n*ont pu retenir leurs larmes. Mais ai nous vous disons que rien n*a égalé la consolation qu*a éprouvée noire cœur» vous le croirez facilement» vous qui connaissez si bien notre constante affection pour vou.^» et la grande part que» dans ces temps déplorables» nous avons prise à votre douleur etk vos angoisses...»

A cette lettre étaient jointes des lettres des tantes du roi pour Louis XVI, leur ne- Teu , et pour la reine Marie-Antoinetle. Mais le malheureui prince» bientôt arrête ft Va rennes» fut réintégré dans la prison d'où il ne sortit que nour monter à l'échafaud le Si janvier en 1793. Gustave III, roi de Suède, devjiit venir passer la saison des eaux à Aiilo-Chapelleen 1792. Pendant le séjour de ce prince h Rome, Pie VI s'était lié avec lui» et comme ce grand Pontife ne laissait échapper aucune occasion de faire le bien» dans toutes les parties du monde» il résolut d'envoyer Pacca à Aix-la-Chapelle » auprès de ce monarque» pour lui recommander les Catholiques de ses Etats. Il St donc expédier au nonce les lettres de créance el les instructions convenables. Mais cette mission eut le même sort que celle qui avait été donnée à Pacca auprès deLouis XVI ; car dans la nuit du 16 mars Gustave reçut à bout portant un coup de pistolet, au bal masqué de la cour» et quatorze jours anrès il mourait des suites de sa blessure. A rapproche des arn.'ées françaises» les trois archevêques-électeurs abandonnèrent leurs résidences pour se retirer dans les parties de leurs États plus avancées en Allemagne. Pacca faisait lui-même ses préparatifs pour passer sur la rive droite du Ruin» toujours dans le ressort de sa nonciature» lorsque quelques ecclésiastiques vinrent le prier de ne pas les abandonner» mais de rester pour les encourager et affermir le clersé sans ces circonstances difficiles. Il céda a leurs, instances pour montrer son affection pour le clergé et le bon peuple de Cologne, et aussi parce que l'électeur, dans une Lettre pastorale, avait dit que les évêques seuls sont les vrais et légitimes pasteurs de leurs auailles» et non point un nonce, ad guem nonperiinet di ovioui. {Joan. x» 13.) Et cependant au premier bruit de l'invasion frariçaise» les archevêques-électeurs et les autres dignitaires n'avaient eu rien de plus pressé que de s'enfuir. Toutefois le nonce ayant demandé au Saint-Père l'autorisation de résider à Cologne» même dans le cas où elle serait occupée par les Français» la cour de Rome» considérant que la présence du nonce à Cologne» à Tarrivée des Français, l'exposait k des insultes» et la représentation pontiQcale à un attentat» fut d avis c|uela prudence exigeait que le nonce se retirât devant Tusurpation française. Le 21 janvier 1794» le Douce de Cologne fut nommé à la noncia-

ture de Portugal.II séjourna encore quelques mois è Cologne pour y attendre son successeur, Mgr délia Genga, depuis Léon Xil» et l'installer dans sa nonciature. Mais il attendit en vain. Les Français approchaient; le corps d'armée » commandé par Jourdan , entrait è Aix-la-Chapelle le 2i septembre.

« Je vis alors» »dit Pacca» «que je serais forcé de partir avant l'arrivée de mon successeur. Je nolisai un bateau» et je fis transporteras archives de la nonciature dans un village sur la rivedroite du fleuve; puis je 8s mes préparatifs de départ... Le k octobre» au matin» il me fallut dire un douloureux adieu è ma bonne ville de Cologne dont je conserve toujours le plus doux souvenir. Les deux ponts étaient encombrés par les hagages de Tarmée autrichienne» ce qui permettait difficillement aux autres voilures d'approcher et de s'ouvrir un passage. Tous les abords étaient obstrués de gens qui s*agitaient et se foulaient pour passer sur l'autre rive. Toute cette journée et toute la nuit suivante» j'eus sous les yeux un spectacle qui me déchira le cœur et me jeta dans la plus profonde tristesse. La roule de Francfort était encombrée des chariots et des bagages de l'armée autrichienne qui battait en retraite. Le nombre des fuyards était immense. C'étaient d'abord les émigrés français oui s'étaient réfugiés dans les Pays-Bas et dans les provinces de la rire

Sauche du Rhin; ensuite un grand nombro e familles nobles» flamandes ou allemandes qui» épouvantées par les excès commis en France contre la noblesse» fuyaient leur patrie pour ne pas s'y trouver k l'entrée des Français; enûn presque tous les ministres et les employés de divers gouvernements qui suivaient leurs princes. Et cependant tout ce jour-là et la nuit suivante» la pluio tombait à torrents et rendait les chemins impraticables. Mais ce c|ui excitait surtout en moi une profonde pitié» c'était de voir» sans aue je pusse leur venir en aide» de vénérables ecclésiastiques français» quelquesuns à cheveux blancs, portant leurs sacs de voyage sur leurs épaules» et des danies françaises» nobles et délicates» toutes baignées par la pluie» marcher tous péniblement dans une boue profonde» tous incertains où ils pourraient se diriger» et s'ils trouveraient quelque assistance dans un pays où la population était presque toute protestante. Je fus forcé de voyager avec mes propres chevaux» les postes ne pouvant servir les voyageurs. Quand la nuit arriva, je ne pus entrer dans aucune auberge. Force me fut do demeurer sous un déluge d'eau,

auidura une grande partie de la nuit» et 'attendre ainsi le jour pour me déterminer sur la direction que je prendrais. Dès qu'il fitjogr» je quittai la route postale» el me dirigeai vers un village où avait coutume de passer la saison de campagne le baron de Proff» que je ne connaissais pas. Arrivé à son habitation» j'y fus accueilli et traité avec toutes les démonstrations possibles de poétesse» de respect et d'affection. Je prulitai

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mB CARDINAUX.

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trois jours de cette hospitalité bienfeillante. De le je partis pour Grotlorf» grand palais de campagne, fief des comtes de Hatxfels. 11 me fallut passer tristement le mois d*octohre dans ce désert, presque séparé d(* tout commerce humain. Enfin arrivèrent h Grol» torf^e secrétaire et Tauditeur de Mgr deila Genga, et j*appris que ce prélat, à la nouTelle du progrès des Français et de la prise de Colo;;ne, s*étaiiarrété ÀAngsbourg. Je résolus de passer par cette Tille pour lui donner les renseignement que doit à son successeur tout ministre qui se retire.

« Le 4 novembre je quittai la solitude de Grottorf et en quatre jours, voyageant lentement avec mes chevaux, j'arrivai à Francfort où je passai trois jours. Doux jours après moi arrivait aussi h Francfort Vélecteur do Cologne, fugitif lui-môme. Il descendit au même hôtel et daigna gra« cieusement me faire visite*,. • De Francfort, je traversai la Franconie, puis j'entrai en âouabe et arrivai à Augsbourg. Mgr délia Genga me logea et me traita avec tous les témoignages d'amitié et d'estime. L'électeur de Trêves, qui avait quitté Cobleniz devant l'occupation française, avait fixé sa résidence è Augsbourg. Le 23 novembre tom« hait la fête de saint Clément, dont portait le nom Clément-Venceslas de Saxe, électeur du Trêves, prince-évêque d'Augshourg. Ce prince daigna m'inviter h dîner le jour de sa fête. Je voulus passer è Munich pour offrir mes hommages è l'électeur palatin, Charles-Théodore, qui me combla de tant de témoignages d'amitié et d'honneur, que son nom est resté gravé profondément dans mon cœur.... Le jour de mon départ de Munich, j'arrivai le soir même è un grand monastère de Bénédictins, appartenant alors h l'électoral de Bavière. L'excellent abbé et tous ses dignes religieux m'entourèrent de témoignages de respect. Ils me pressèrent de passer au milieu d'eux la journée suivante, pour visiter l'abbaye, ce que je fis avec plaisir. Je vis tous les paysans employés à labourer les terres du monastère et tous les gens de service se réunir au lieu ordinaire, pour prendre leur repas en commun avec leurs familles. Je voulus assister è cette réunion, et je pus remarquer quelle différence séparait les paysans des bons religieux de ceux des domaines laïques.

L'extérieur de ces derniers offrait l'aspect d'une vie de souffrances et de misères, tandis que ceux de l'abbaye, bien vêtus, bien nourris, avaient bonne mine et portaient sur leur visage un air de contentement, prouve certaine de leur bien-être.... M*arrachant à la douce hospitalité du couvent de Benedict* (^furfn,je continuai mon voyage vers Tltalie, et je traversai les Alpes en décembre 179i, année dont l'hiver est compté [)our un des nlusrigoureux. Je séjournai un jour et demi à Trente, dont le prince-évêque, le comte de Thun, me fil l'accueil le plus cordial....

« £n passant de l'Allemagne en Italie, je voulus visiter Venise , et prendre sur les lieux uue idée de cette réi^ublique jadis

si célèbre, mais qui déjà alors, affaissée el décrépite, penchait vers sa ruine. De Vonisa je m'embarquai pour Ravenne ; et de le continuant mon voyage par terre j'arrivai à Rome dans les premiers jours de janvier 1795. Je demandai aussitôt audience pour baiser les pieds de Pie Vl el le remercier des bienfaits qu'il avait versés sur moi h pleines mains. Ce grand Pape qui, i tant de vertus éclatantes qu'il avait portées sur le trône, joignait un cœur plein de reconnaissance pour les services rendus, me combla des témoignages de la plus paternelle affection. »

Le 10 mai suivant, Pacca s'embarquait è Livourne, sur un petit bâtiment ragusien. pour aller prendre possession de sa nonciature de Portugal. Quatorze jours d'une navigation heureuse le portèrent en vue de Lisbonne. Le 21^ mai,- « nous entrâmes de bonne heure dans la rade, » dit-il encore dans ses Mémoire$y « et nous vîmes tout à coup se dérouler devant nous, comme par enchantement, un des plus magnifiques tableaux qu'on puisse contempler. D'un côté s'offrait à nos regards la'ville de Lisbonne qui, des bords du Tage; ou plutôt de la baie où se jette ce fleuve, s'élève en amphithéâtre sur le penchant d'une colline; situation ravissante qu'on peut comparer à celles de Constantinople et de Naples, les deux plus célèbres du monde. Du côté opposé, dans un éloignement d'environ auatre milles, on apercevait la forteresse d'Aluiada el plusieurs villages disséminés sur les revers pittoresques de plusieurs collines couvertes de vignobles. Lorsque le capitaine eut jeté Tancre, j'envoyai annoncer mon arrivée au cardinal Bellisomi, mon prédécesseur, et je le priai de faire auprès de la cour les démarches nécessaires pour ma réception. La cour habitait alors le château Je Quéluz à sept milles de la capitale, ce qui m'obligea de rester trente-six heures h bord. Le lendemain matin, la galiote royale vint me prendre, et comme j'approchais de la plage, la forteresse de Bélem, qui commande le port, fit entendre une salve d'artillerie. Une voiture attelée de hui4 chevaux m'attendait sur le rivage. Quelques jours après, je fut admis à présenter mes lettres de créance. »

Dans cette seconde nonciature, il se montra tel qu'il avait toujours été, prudeni et capable, fit tout ce qu'il était possible de faire, il mérita l'estime et la confiance du prince du Brésil, don Jean, régent au novi de sa mère, Marie 1'*, tombée en démence* En mars 1798, un courrier extraordinaire, envoyé par l'ambassadeur de Portugal à Madrid, api>orta la nouvelle de l'occupation de Rome par les Français et de la proclamation de la république, tes événements, la captivité de Pie VI, l'exil et la dispersion des membres du Sacré Collège, avaient dissous les congrégations et les tribunaux ecclésiastiques de Rome. Le ministère portugais et quelques évêques, prévoyant l'iiupossibilHé du recours au chef deJ'Kgliseï parlaient

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