‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 192 sur 350 · PERI · texte numérisé non relu

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cAoïBne suppléant de H. de la Roche-A jmon» que aea occupationa et ses inflrmltéa empéceaient de remplir assidAroent lea fonctions de président auxquelles il afait été Domoié*

M. de la Roche-Aymon , qui arait été fait cardinal en iT71 « étant mort le 97 octobre 1777, son coadjuteur lui succéda de droit ; il se démit deses abbayes, et reçuten échange celle de Safnt-Quentin-en-risle, au diocèse de Noyon. Il assista aux assemblées du clergé de 1780 et de iTBS. Sa bonté, sa douceur, ses manières affectueuses et préTenantes» fui afaient concilié les cœurs tant dans son dioràse gue dans le clergé en général.

Chargé, aune grande administration , car rardhevéché de Reims comptait aiors sept eent quaranic-six cures ou annexes, il ne se reposait pas entièrement sur ses grands vicaires du soin de ses affaires at s*occu|:ait de feiUer sur le clergé comme sur les fidèles. Affligé de Toirson séminaire négligé sous la direction d'une congrégation un peu déchue en quelques maisons de la régularité primilife, il sollicita pendant plusieurs années M. Emery, supérieur général de Saint-Sulpice. de hil donner des prêtres de sa compagnie; eaais cet arrangement ayant éprouvé des obstacles, rarcbevéquo prit pour les aplanir une ?oie plus prompte. Il commença psr renvoyer les chanoines réguliers, et cette opération faite il écrivit h M. Bmery que son séminaire était sans supérieurs, et réclamait son secours. M. Emery ne put lui refuser alors de prendre soin d une maison abandonnée, et lui envoya un de ses plus estimables coopéra teu rs , M. de Picamilh, avec plusieurs directeurs.

M. de Talleyrand fut de la seconde assemblée des notables, en 1787, et fut élu député aux états généraux par le bailliage de Reims. Non - seulement il adhéra aux principales protestations du côté droit contre les décrets subversifs de TEglise et de la monarchie, ainsi qu'aux instructions pastorales des évèques de Boulogne et de Langres; il publia encore, en son seul nom, des écrits pour défendre les droits de son siège, et éclairer ses diocésains sur les innovations de rassemblée. Nous citerons dans ce genre sa Lettre auof élecieurs de la Marne , du 8 mars 1791, S6 pages in-8*; sa JUpQme du 12 mars àPhilbert, curédeSedan,élu évèque des Ardennes, qui lui avait écrit pour le prier de consentir è Texercice de sa juridiction, 10 pages tn-8*;une autre Réponse du 5 avril, à Oiot, curé de Vandresse, élu évêque de la Marne, 6 pages in-8*; une Ordonnance ^ du 4 avril, au sujet de Télection de Philbert, 8S pages in-8*, et une autre Ordonnance^ du 9 mai, à ToccasioD de Téleclion de Diot , 44 pages in-8*. Le premier et les deux derniers de ces écrits sont plus étendus, et développés avec soin, et ils font sentir Tirrégularité des mesures prises en vertu des décrets de Tassemblée.

H. Tarchevèque de Reims n'assista point aux dernières séances de rassemblée constituante» Tesprit qui y régnait et les troubles

du royaume rengagèrent h se retirer à Aixla-Chapelle, d*ou il envoya son adhésion aux dernières protestations du cèté droit. De li il se réunit, k Bruxelles, aux évoques* ses collègues, qui y résidèrent quelque temps , et il ^lassa en Allemagne, h raf>pro« che des armées françaises. Il habita plusieurs années à Brunswick, et il parait que c*est là qu'il se trourait lors de la demande des démissions en 1801. If. de Talleyrand ne crut pas «lors devoir déférer au désir du Souverain Pontife; il fit, le 12 décembre 1801, une réponse dilatoire pareille è celle de U. le cardinal de Honlmorenny et de MU. lea évèques de Limoges, de Séex, d^Aire, de Digne, d'Auxerre et de Boulogne. La lettre avait été dressée par le dernier de ces prélats, ainsi que celle écrite au Pape, le S6 mars 18(3, et qui fut signée aussi par Tarchei èque de Reims et cinq autres évèques, et adoptée ensuite par vingt-cinq autres prélats. Celle-ci exposait les raisons de tous ces é?èques pour différer leurs démissions^ et elle peut être regardée comme le germe des Biclamalione du 6 avril 1803; réclamations que M. de Talleyrand signa aussi; maia il s'abstint constamment do tout exercice de juridiotion.

La santé de H. le cardinal de Montmorency ne lui ayant, plus permis de remplir ses fonctions de grand aumônier, et ce prélat ayant quitté la cour de Louis XVHI pour revenir en Allemagne, le roi appela H. de Talleyrand auprès de lui à Uittau, et l'admit dans son conseil. L*arche?èque se trouvait dans cette ville lors de la mort de l'abbé Edgeworth, le SO mai 1807. Peu après il sortit de Russie, passa en Angleterre avec 8a Majesté lorsqu'elle fut forcée de s'y retirert et ne quitta pins le roi pendant le reste de son etil. Après la mort cle M, le cardinal de Montmorency, arrivée à Altona en 1808, lu roi lui donna M. de Talleyrand pour successeur dans la charge de grand aumônier,. et le décora lui-même du cordon bleu.

La vie du prélat, depuis son retour eu France, est plus connue. On sait que le roi lui rendit sa qualité de premier pair et le chargea de présenter les sujets pour les évècTiés et autres places ecclésiastiques. Bu 1816, Sa Majesté augmenta ses attributions, par une ordonnance du 13 avril , que nous avons rapportée; mais on fit en sorte que cette mesure fut ensuite révoquée. Le prélat donna sa démission de l'archevôche de Reims, et n'omit rien pour ramener la paix dans l'Eglise. Il provoqua et signa la lettre écrite au Pape le 8 novembre 1816, et qui facilita les arrangements préliminaires du eoo«^ cordât. Le 28 juillet 1817 il fut créé cardinal et institué pour le siège de Paris, le premier octobre suivant. Ses vertus et «on expérience contribuèrent autant que ses dignités à le placer à la tôte de ses collègues dana les démarches que fit à cette énoque le corps épiscopal pour les intérêts de llBglisa de France. M. le cardinal de Périgord montra, dans toutes les délibérations qui eurent lieu, cette sagesse, ce aeèle pour la religion».*

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celte jusfe rnesarc, qui méritaient des ré* siillats plus heureux, et qui les eussent obtenus, sans le nombre et la force des obstacles. On peut consulter pour les détails notre Précù sur les affaires ecclésiastiques ds France i (ornes XX, XXI et XXII de ce journal.

Des circonstances trop connues empêchèrent Son Eminence de prendre alors possession de son siège, et elle ne fut instaliée à Paris que dans rautomne de 1819. On sait quels ont été ses soins pendant le peu de temps qu'elle a administré le diocèse. Le chou du coadjuteur ({uVlle s*étnit associé, celui des grands vicaires qu'elle avait appelés auprès d'elle ïi l'archevêché, divers règlements pour le clergé, le rétablissement des retraites pastorales, la rédaction d*un nouveau bréviaire qui s'achève en ce moment, Teitension donnée à Tœuvre des petits séminaires , l'annonce d*une visite

Sénérale, font asseï voir la sagesse des vues u vénérable prélat et ce dont il eut été capable, si sos forces eussent répondu à son ièle$ son Age et ses infirmités l'empêchèrent souvent de se livrer aux soins extérieurs do ministère; mais au milieu de ses douleurs )l s'acquittait assidûment de ses exercices dé piété; i) puisait dans la prière le courage dont il avait besoin, et cachait sous un front serein ses souffrances et ses épreu- Yes.

Un point douloureux qui s'était formé sor sa joue depuis plusieurs années ayant dégénéré en abcès, a fait des progrès fâcheux, et il s!'y est joint en dernier lieu un catarrhe très-grave. Dès le commencement de la maladie. Son Eminence demanda les sacrements, et les reçut avec les témoignages les plus vifs de foi et de piété. Les mêmes sentiments ont animé le vénérable vieillard pendant tout le cours de sa maladie. U aimait k s'entretenir des choses du ciel ; il se faisait lire des psaumes et des prières; il lioiinait l'exemple du calme et de. la résifnatiop. Sa bonté et son affabilité ne se sont point démenties. 11 recevait de l'air le pli|S Affectueux les évêques et les ecclésiastiques qui venaient le visiter. Ses derniers moments ont été consolés par une marque auguste d'intérêt et d*affeciion. Les princes sont venus visiter l'ancien compagnon de leur exil, celui qui avai( donné au roi tant de témoignages dé dévouement et de ûdélité, et leur entrevue a été de part et d'autre aussi touchante que possible. Sa Majesté, depuis le commencement de la maladie, en- ▼oyatl trois fois par jour s'informer de l'état de Son Eminence.

Le bulletin du vendredi ne faisait gue trop connaître l'extrémité où M. le cardinal était réduit. Dans la nuit, l'agonie commença : Mgr l'archevêque de Trojanople, qui a donné constamment i M. le cardinal les plus tendres soins, commença les prières' i\en agonisants, il fut assisté dans ce pieux ministère par MM. les al»bés Desjardins et Porderies , archidiacres, lis étaient tous en '^ièrea quand 3on Eminence rendit le der«|

nier soupir, à cinq heures ving^t minutes'du matin. Les neveux de M. le cardinal enton<raient aussi son lit. Dès le matin le bourdon de la métropole annonça cette nouvelle dans la capitale. Le roi, en ayant été informé, a fait dire dans ses appartements une Messe des morts. Après la Messe, Sa Majesté s'est entretenue avec les évêques présents sur la porte que l'on venait de faire : Nous y perdons tous^ a dit Sa Majesté ; VEqliseperd tin de ses plus vertueux pontifes , la société un modèle^ et mai un ami.

Nous ne pouvons mieux terminer cette notice que par le Mandement que Mgr Hyacinthe-Louis de Quélen, nouvel archevêque de Paris, a publié le même jour pour annoncer ce triste événement au diocèse.

^i Le prélat s'exprime ainsi :

-^ « C'est pour vous faire entendre les accents de la douleur que nous vous parlons pour la première fois, N. T. C. F. Depuis lonçtemps des inGnnités continuelles, un sensible affaiblissement, de cruelles souffrances, nous avaient avertis de nous préparer h un sacritice dont la consommation déchire notre Ame comme s'il avait été imprévu ; quelque inespérée que dût être la conservalion d'un père si tendre pour nous, d'un pasteur si plein de zèle et de sollicitude, d'un pontife si précieux à l'Eglise de France et è ce diocèse, nous osions encore l'attendre de la miséricorde divine. Le Seigneur a vu couler nos larmes, il sait quelle a été la ferveur de nos prières, mais son adorable Providence a voulu nous l'enlever dans le moment même où il nous semblait le plus nécessaire ; elle a voulu l'exiger de nous, cette séparation que nous eussions retardée, s'il eût été possible, aux dépens de nos années.

« Notre vénérable archevêque n'est p us t ou plutêt, N. T. C. F, il vient d'achever les saints travaux de la foi ; s'il n'est plus au milieu de nous, une vie passée dans l'exercice des vertus chrétiennes, dans la sainteté des fonctions pastorales, dans les épreuves et la résignation ; une mort non moins admirable par la patience et la piété qui l'ont accompagnée, nous font espérer qu'en le retirant de dessus la terre qu'il avait édifiée par ses exemples, le juste JuKe l'aura placé oans la r^igfton dtsvivants^ doùil sera encore utile à son peuple.

) « Oui, N. T. C. F., et ces pensées consolantes ne sont pas seulement dans notre cœur, elles se trouveront dans le cœur de tous ceux qui l'ont connu : nous pouvons lui appliquer avec une sainte confiance ce bel éloge de l'Esprit-Saint, en parlant de Moïse : // fut aimé de Dieu et des nommes^ et sa mémoire sera à jamais en bénédiction. Le SiMgneur lui a donné une gloire semblable à celle des patriarches; il lui a fait surmonter^ par la force de sa vertu^ et par ronction de sa parole, les efforts des ennemis de VEgli" se; il ra élevé en honneur devant les rois; enfin il ra choisi entre tous pour le sanc^ tiker par iexercice d'une foi inébranlable, d une fidélité sans tache , et d'une inaltérable

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