‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 197 sur 350 · IE · texte numérisé non relu

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Rustan, fut le 2^* et dernier cardinal créé par Clément V, Pape de 1306 h ISI^.

PIERRE LE TESSIER , Français, créé en 1320» par le Pape JeanXXIl, pretre-cardinal du titre de Saint-Etienne in Cœlio monle^ chancelier de TEglise, mourut en 1325.

PIERRE DE CORRERIA. — Voy. Nicolas.

PIERRE DE CHAPPES, Français, éfêque de Chartres , fait en 1327 , par le Pape Jean XXU, prêtre -cardinal du titre de Saint-Clément, mourut en 1336.

PIERRE DE MORTEMER, FrançBÎs, év6que d'Auxerre, créé dans la même promotion par le Pape Jean XXII » prêlre^cardinal du titre de Saint-Etienne in Cœlio monte f mourut en 1335.

PIERRE ROGER , Français , abbé de Fécamp, puis archevêque de Rouen, créé en 1337, par le Pape Benoit Xll, prêtre-cardinal du litre des Saints Nérée et Acbillée, fut Pape sous le nom de Clément YI.

PIERRE GYRIACI, Français, fait en 1342, |Mr le Pape Clément YI , prêlre-cardina) du titre deSaint-CbjsogODy puis légat en Italie, mourut en 1351.

PIERRE ROGER, Français, fait en 1348, par le Pape Clément YI, son oncle, diacrecardinal du titre de Sainte-Marie la Neuve ; fut Pape sous le nom de Grégoire XI.

PIERRE TORNAQUINCI, Florentin, créé •n 1362 par le Pape Urbain Y, prêtre-cardinal du titre de Saint-Marcel , mourut en

PIERRE DE CHINAC «Français, créé par le Pape Urbain Y, en 1368 , prêtre-cardinal du titre de Saint-Laurent in Damaio, mourut en 1370.

MERRE DE YERUCHE, Français, créé en 1371 par le Pape Grégoire XI , diacrecardinal du titre de Sainte-Marie in Via ialaf mourut en 1403.

PIERRE DR BERNIER, Français, nommé en 1375, par le Pape Grégoire XI , prêtre* cardinal du titre de Saint-Laureuttn£«ctito, mourut en 1394.

PIERRE DE LUNE, Espa^ol, fait en 1875, par Pape Grégoire XI, diacre-cardinal du titre de Sainte*Marie in Co$medin , fut antipape sons le nom de Benoit XIII.

PIERRE DE TARTARIS , Romain , abbé du Mont Cassin, dit le Cardinal de Riéti^ fut le 22* et dernier créé par Grégoire XI, Pape de 1370 è 1378; il mourut en 1395.

PIERRE, Espagnol, évêque de Plaisance, fut nommé, en 1378, prêtre-cardinal par Urbain YI, Pape de 1378 è 1389, et qui créa 56 cardinaux.

PIERRE DE SARUNAS, Français, archevêque d'Embrun , créé en 1378, par l'antipape Clément Yll , prêlre-cardinal du titre de Sainle-Marie au aelàduTibrei et évêque de Sabine, mourut 1390.

PIERRE DE BARRIÈRE, Français, évê-

2ue d*Autun, créé en 1378, par Tanlipape lémentYlI, prêtre- cardinal du titre de Saint-Marcellin et de Saint-Pierre, mourut on 1383.

PIERRE TOMACELLI, Napolitain créé par Urbain YI; eu^ 1381| diacre>cardinal du titre

de Saint Georges m Velabro^ puis prêtre dutiire deSainte-Anastasie, futPape sous le nom de Boniface IX.

PIERRE ROSEMBERG , Bohême , nommé par le Pape Urbain YI , en 1385 , prêtrecardinal ; n'accepta pas.

PIERRE DE LUXEMBOURG , né en 1369, était fils de Gui de Luxembourg , premier comte de Ligny, et de Mahaud de CnAlillon, comtesse de Saint-Paul. — Du côté de son père, il sortait d'une maison qui a donné quatre empereurs h l'Allemagne ; d'ailleurs cou5in, au 4* degré, deWenceslas, alors empereur, et roi de Bohême; dont le frère Sigismond, roi de Hongrie, parvint depuis jM'empire. Après avoir achevé ses études dans l'université de Paris, il fut pourvu d'un canonicat dans l'église cathédrale do cette ville, puis de la dignité d'archidiacre en l'église de Chartres. Il n*avait que quinze ans

Suand le Pape Clément YII , opposé à rbaiu YI , le fit évêque de Metz en 1384, persuadé que sa sagesse et sa vertu suppléeraient a sa grande jeunesse. Il le manda ensuite à Avignon, où il le créa cardinal en 1S86. Mais ce saint prélat mourut l'année suivante d'une maladie contractée par ses grandes austérités. Le Pape Clément YIII , successeur d'Adrien YI, le déclara bienheureui en 15^.

Yoici son éloge par le P. Alby [1644] : « S'il y a quelqu'un qui puisse naître heureux au monde, et, dès l'entrée qu'il fait dans la vie sortir en quelque façon des misères communes, ce n est pas à mon avis celui qui a été recueilli en sa naissance sur la [pourpre ou dans les bras de la fortune dorée en l'affluence de tous les biens, puisque l'on voit souvent que les enfants qui naissent avec le plus d'avantages de la fortune, sont moins pourvus de ceux de l'esprit, et font de l'abonaance des commodités que la nature leur a fait échoir en partage, la nourriture de leurs vices. Mais c'est sans doute plutôt celui qui , comme parle le divin Sage , a rencontré une bonne Ame , comme un terroir très-propre à porter les plantes célestes de toutes sortes de vertus ; et qui se trouve si avantageusement doué de bonnes inclinations naturelles, qu'on dirait que l'innocence est née avec lui , et qu'il tient des soins de la nature les vertus qu'on ne reçoit que des libéralités de la grêce. Ce qui a excellemment paru au B. cardinal Pierre de Luxembourg, pour avoir reçu des faveurs du Ciel, avec le présent d'une belle et riche nature des dispositions si propres à tous les eiercices de l'honnêteté, qu'il pouvait sembler à plusieurs n'avoir f>as plus tôt reçu l'usage des sentiments et de a vie, que de la vertu.

« Il était issu de la très-illustre et trèsancienne tige de Luxembourg, qui a fourni quantité de rois à la Hongrie et à la Bohême, une reine à la France, quatre empereurs à l'Occident; plus glorieuse pour avoir plié de ses branches en la personne de ce cardinal, une couronne d'honneur à la sainteté et à la vertu héroïque , que pour avoir en divers

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endroils ciu monde peuplé les sceptres de la rovsuté.

« Toute sa fie Tul pleine demerveilles» et il fut miraculeux en I^Ase môme» où Ton se contente» s'il promet à Tavenlr la yerlu qu'il ne peut pas encore montrer.Ce qui parut en un miracle que Dieu Qt en fareur de Tamour qu'il avait pour les pauvres, en TA^e seulement de huit ans; car, a jant été surpris par le comte de Luxembourg , son père i comme il portait secrètement dans le pan de «a robe, à ceux qui mendiaient k la porte , une pièce de chair cuite qu'il avait tirée de la marmite pour leur donner» et étant forcé de lui montrer sans délai ce qu'il portait ainsi caché , il fit voir cette chair» en plein hiver» par miracle» changée en belles roses» faisant conjecturer du printemps avancé de ces fleurs» combien abondante serait la eueillelte des fruits de la vertu» qu'il pro* duirait en un Age plus mûr.

« Quelque temps après» son père Penvoya k l'université de Paris pour l'j faire élever aux études des bonnes lettres» dans l'opinion qu'il avait que jamais la plume ne fit dés* lionneur k l'épée , voire qu'il est souvent advenu que là où l'épée se trouvait courte, la plume a fait la juste mesure d'une belle fortune. Le jeune homme y apprit cependant la piété avec les lettres » et s'v destina h bon escient k la suite de la dévotion » entreprenant au surplus de rigoureuses Apretés pour mater et captiver son tendre corps. En quoi il était pour commettre de grands excès » s'il n'eût été redressé par la sage conduite d'un grand serviteur de Dieu» nommé Philippe dellazières» qui» de chancelier du royaume de Chypre» ennuyé elllassé de la vie tumultueuse qu'il avait menée au monde» s'était lié aux lois d'une vie solitaire; il modéra par ses avis les excessives austérités où le portaient les premières ardeurs d*une Jeune dévotion qui avait beaucoup de feu et peu de lumière.

« Il était bien si fort adonné è tous les exercices de la piété» que ses parents entrèrent en appréhension qu'il ne prit le parti d'un cloître» ce qui n'était nullement de leur dessein» ni de leur goût : dont ils s'avisèrent de l'attacher k des bénéfices ecclésiastiques» le faisant soudainement pourvoir d'une chanoinie» qui se trouvait alors vacante» en l'Eglise cathédrale de Notre* Dame de Paris ; à quoi il s'accorda volontiers» et s'en estima grandement honoré, quelque petit que fût le bénéfice» eu égard au rang» que sa naissance lui avait acquis au monde» et aux biens qu'elle lui gardait dans les partages de sa maison. Hais lui ne regardait simplement qu'A l'honneur qu'il avait d'èlre député au service de Dieu et de ses autels» et de pouvoir en vertu de sa profession mettre a l'emploi ses dévotes volontés» et approprier k l'avenir ses actions» comme son état» au Maître et au Seigneur souverain de sa vie.

« La belle renommée de ses jpartus s*étant épandue jusqu'à Avignon» où le Pape schisroatique gui prit le nom do Glémeni VU,

s'était retiré. Urbain VI» légitime Pontife de l'Eglise demeurant dans Rome ; il fut pourvu du propre mouvement de Clément»

de Tévèché de Metz» nonobstant son bas Age» qui n'était alors que de quinze à seize ans. Hais on ne tient jamais compte de l'Age de la vertu» quand elle a prévenu le temps. Et il en donna une nouvelle preuve» en la courageuse résistance qu'il apporta k l'élection qui avait été faite de lui» dans les retranchements où il se tint de son inca-pacité et de ses faiblesses» jusqu'à souffrir un commandement» et une déclaration absolue de la volonté du roi» qui adhérait alors au parti de Clément. En suite de laquelle il plia craintivement les épaules sous une si pesante charge» et tAcha de s'en acquitter avec des soins et des Talignes qui surpassaient son Age et ses forces. Car, ayant ramassé quelques prêtres, des plus pieux et des plus Agés de son diocèse, il commença avec le suffragant qui lui avait été donné» de faire ses visites; épandant partout les semences delà piété» exterminant de tout son pouvoir la racine des vices, et des désordres publics» et emplissant des merveilles de ses braux'exemples les yeui et les cœurs de ses diocésains» qui» à voir les saintes ardeurs de son zèle» l'eussent tantôt pris pour quelque séraphin descendu du ciel parmi eux » si ces flammes charitables qui échauffaient les autres» ne l'eussent point consumé lui-même.

« Il mettait peine que les églises fussent proprement ornées et bien servies : dont il Qt une liste des plus pauvres» aux répara«> tions desquelles il voulut que le tiers de son revenu fût employé ; Tautre tiers étant destiné aux personnes nécessiteuses da diocèse ; et le reste pour le maigre entretien de sa personne et de sa famille. Et comme il versait toutes les douceurs de son cœur sur le prochain» il gardait d'extrêmes ri-

S;ueurs oour soi-même ; chAtianl son corps 6rt sévèrement avec la discipline» particulièrement après ses confessions» pour satisfaire à la justice punissante de Dieu ; encore que d'ordinaire il portAt un rude cilice» qui meurlrisait tout son pauvre corps, avec un3 grosse ceinture de crin de cheval à nœuds» de laquelle il se serrait si fort» que de fois elle entrait dans la chair» et le sang en dé« coulait en abondance; chargeant ainsi son corps innocent des sanglantes livrées de la pénitence» et le punissant pour les crimes qu'il n'avait pas faits.

« Pendant le peu de temps qu'il séjourna en son évêché, il s'acquit singulièrement la bienveillance du ciel» les respects, et l'admiration de ses diocésains» la gloire et la réputation de sainteté partout.

r « Le Pape Clément tout glorieux du digne choix qu'il avait fait d'une personne si pleine de vrais et solides mérites» et désireux d'en orner sa cour» lui manda de le venir trouver en Avignon» où peu auparavantl'empereur Charles IV, de Luxembourg» son parent» lui avait rendu l'honneur de sà visite, et où il fut reçu de tous avec les

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DES CARDINAtX.

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lémoignages d^une joie publique, el spëcialeineni du Pape qui lui Bt toutes sortes de caresses el de bon accueil, le créant le ientlemain de son arrifée diacre «cardinal du titre de Saint-Georges au Voile d*or en présence des cardinaux de son parti, et des seigneurs de sa cour, qui concevaient tous de grandes espérances de ce jeune préiaf, et applaudissaient de cœur à sa promotion, comme autant, ou çlus due au mérite de sa Tertu, que de sa naissance.

« Il n*y avait que lui seul qui parût triste parmi les réjouissances publiques qui en furent faiies, craignant extrêmement gue réclat spécieux de cette dignité ne TaltirAt h quelque péril de la vertu et de la conscience. Donc il prescrivit dès lors de trèsrigoureuses règles h ses sens, et les arma à l*épreuve dos plus puissants appAts de la ranité» et des voluptés ses plus mortelles ennemies. Et sans mentir on peut dire de lui, que dans Taffluence des biens, et des commodités que la grandeur de sa condition lui pouvait fournir a souhait, il était comme un chien en la maison de son mattre, vivotant presque seulement avec du pain et de l'eau, et se couchant après sur le pavé couvert d*une simple natte de joncs, où il vaquait à Toraison la plus grande partie de la nuit; laissant son lit mollet, et de parade vide, encore que le lendemain il parût qu'il y eût couché; cachant par un saint artifice sa vertu h la connaissance des hommes, il avait Tapplaudissement du grand théâtre des anges.

« Il est bien vrai que toutes les vertus éclataient^ merveille dans la vie, et dans les déportemenls de ce bienheureux cardinal, qui en un Age si peu avancé paraissait à tous comme un original achevé de perfection : mais les traits les plus doux, comme les plus ravissants, étaient pris des exemples de sa charité bienfaisante envers les pauvres, pour lesquels il ne se contentait pas de satisfaire ou vœu c|uMI avait fait,«.de leur donner la tierce partie de ses revenus, mais en outre après avoir pourvu au petit ordinaire de sa table, et aux nécessites de sa famille, il voulait que le surplus leur fût secrètement distribué. Il épargnait encore pour eux sur la dépense de ses habits, n'ayant jamais qu'un vêtement de la plus simple éioGTe, qu'il portait toujours tant qu'il fût entièrement usé. Et il lui est quelquefois arrivé de se déguiser sous quelque vilet vieux manteau, au temps auquel il avait aperçu ses serviteurs le plus occupés, et de jeter de l'argent des fenêtres les plus hantées du logis, à ceux qui mendiaient par les rues; semant k prout dans le ciel, ce qu*il jetait libéralement dans les mains des pauvres.

« Et sa vertu n'avait point le front si tondre aux pointes de la vanité, qu'elle ne le durctt aux occasions, où elle devait iaue de ses actions, des exemples aux autres. \le qu'il craignait le plus, comme le faible de son cœur, qui est néanmoins l'essai de tous lés bons courages, c'est le plaisir qu'i!

avait h donner. Allant un jour par la ville, et quelques pauvres lui ayant demandé l'aumûne pour l'amour de Dieu , ce cœur fendre, piqué de cette parole comme d'un trait de (bu, chercha incontinent de quoi leur donner, mais ne trouvant rien sur soi, et son argentier à |qui il avait commandé de leur donner l'aumône, lui ayant répondu tout fAché qu'il n'j avait pas de quoi lui bailler à dtner, il tira sans s'émouvoir Panneau qu'il portait à son doist, et commanda à l'un de ses serviteurs de l'aller vendre et de lui en apporter l'argent. Mais cependant un autre de ses serviteurs lui bailla deux sous, qu'il distribua lui-même avec un plaisir et une affection qui témoignaient qu'il était prêt k lui donner de son sang s'ils lui en eussent demandé. Il était bien si grand aumônier, qu'il ne se trouva que vingt sous après sa mort, avec le seul habillement qu'il portait qui était déjà fort usé. Aussi était-ce run de ses désirs de mourir à l'exemple de son Sauveur, comme un nécessiteux, entre les bras de sa bien-aimée pauvreté, et du sein de la misère, faire le ht de son dernier repos.

« Il n'était affamé que des fruits de la croix, où il avait tous ses goûts et toutes ses amours. Un jour, après s'être plonsé bien avant par méditation dans les plaies de son Sauveur cruciQé, et étant sorti de son hôtel pour aller k la messe , il apergut en l'air une grande lumière, et au milieu Jésus-Christ en croix, penchant son corps contre lui; tellement que tout extasié, les yeux du corps el de l'Ame tendus contre oe cher obiet de son cœur, il demeura au milieu de la rue sans parler quasi une demiheure, jusqu'à ce que, comme déiaillant en cet amoureux transport, on fut contraint de le retirer dans un hôpital qui se trouva tout proche, où il reprit ses forces et son oœur qui semblait 8*être envolé par ses yeux. La même chose lui arriva une autre fois, se promenant à l'entour d'unohAteau que le Pape faisait bAtir auprès d'Avignon : où ayant eu la même vision, il tomba à genoux au lieu où il se trouva qui était tout boueux, transporté plus d'un quart d'heure, et jetant une douce et éclairante lumière de son visage, qui traçait visiblement le rond de la couronne de gloire, que ses images ont portée depuis sur nos autels. Et ce qui augmenta la merveille, fut que lorsqu'il se releva de cette place sale et fangeuse, ses vêtements n'en furent non plus souillés quelles rayons de lumière qui jaillissaient de son corps en terre.

« Depuis qu'il eut pris connaissance des affaires de la chrétienté, il porta toujours un secret et sensible déplaisir en son Ame, de voir l'honneur et le droit de la cause de Dieu dédaignés des hommes ; et son Eglise non-seuh3ment travaillée de Toppression des Barbares, mais déchirée par le grand schisme qui était alors entretenu par les factions des princes chrétiens. Donc après beaucoup de pénitences, de jeûnes et de prières qu*il offrit à Dieu , pour être assiste eu Texecu-

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tiOD du dessein qu'il enlreprenail; il résolut de se traMporter devant rempereur, à qui il avait rhonneur d'appartenir, comme pro- 'cbe parent ; et de là passer avec son consen- 'teroent vers les rois de France et d'Angleterre, afin de faire assembler un concile Sénéral , comme l'unique remède pour écider ce grand différend» et de conjurer ces princes è se départir de leurs ambitionsy et è ne s'aider point à l'appétit de quelques menus intérêts, à dérhirer la robe et les entrailles de r£glise leur Mère. Il pria ensuite le Pqpe d'acquiescer et de se soumettre k ce concile» duquel il réussirait nu autre bien» qui est que» n'y ayant plus qu'un chef visible reconnu en l'Eglise» les

Eartis des potentats chrétiens unis ensemle» iraient choquer le Croissant turquois» 3ui avançait de jour k autre ses conquêtes ans la chrétienté» et le débouteraient de la saisie du premier patrimoine de l'Eglise» auquel dessein il voulait lui-même sacriQer sa vie et son sang : heureux» disait-il» s'il pouvait servir de ciment à réunir l'Eglise» et de prix à recouvrer la terre que son Sauveur avait sanctifiée et empourprée du sien 1 « Toute cette entreprise fut grandement louée et approuvée du Pa.pe» qui lui donna encore quelques avis pour mieux conduire à chef une si sainte œuvre. Mais son trépas» hélas! trop soudain, lui déroba la gloire de Inexécution. Dieu» néanmoins» oui alloue souvent les affections pour les effets, bénit ses saintes intentions» et les reconnut de même que si elles eussent été exécutées; lui donnant la récompense, et lui ôtant la peine qui devait suivre une affaire du poids etdeTimportance qu'était celle qu'il avait pr()jetée. Il n'était âgé que de dix-huit ans» et il ne s'était passé que dix mois depuis sa promotion au cardinalat» lorsqu'il fut accueilli d'une fièvre lente, et d'une extrême faiblesse, causée» ainsi que dirent] les médecins» des grandes abstinences, veilles et autres austérités rigoureuses qu'il avait pratiquées depuis l'âge de huit ans» et des autres exercices tendus de la dévotion qui» iaisant fleurir les vertus de son âme, avaient flétri les forces de son corps. Sur quoi les médecins lui ayant conseillé de changer d'air, et d'aller demeurer pour quelque temps delà le Rhône, à Villeneuve; il s'y transporta, bien joyeux de se tirer du grand jour è l'ombre» et d*échapper de la captivité de la ville et des cérémonies de la cour» qui lui étaient k grand fardeau et ennui; pour faire de sa tranquillité bienaimée» sa ville» sa cour» sa compagnie et sa pompe.

« Il se trouva néanmoins n'être pas beaucoup soulagé de ce changement d'air, le temps de son décès étant déjà venu à son période. De manière qu'il languit encore en ce lieu cinq mois, sa fièvre Te minant toujours» et tramant secrètement sa défaite. Il ne désista point pourtant jamais de dire tous les jours l'Office divin, et payer à Dieu ce tribut de louange ; que si parfois» les ardeurs de la fièvre lui attachaient la langue

en sorte gu'il ne pût prononcer les mots, il le faisait dire auprès de lui : pendant lequel temps sans parler de la bouche» il poussait mille sanglots et autant d'atfections amoureuses du cœur» suivies de deux ruisseaux continuels de larmes. Tous les derniers jours de sa maladie, il reçut le sacré viatique, prenant de ce mets divin uq avant-goût des éternelles délices du paradis» après lequel .il haletait d'un extrême déçir. Et deux fois le jour, au malin et au soir, il se réconciliait avec Dieu par la pénitence : fondant les restes de sa vie en larmes pour laver les petites imperfections de*son âme ; qui hors ae ces ressentiments gui l'entretenaieiîty agissait si peu par les fonctions des sens, qu'il semblait qu'elle ne Ht plus qu'assister a son corps. « Enfin» sentant que sa dernière heure ap-

f)rochait» et qu'elle allait tantôt sonner en 'horloge du ciel, il se voulut donner un peu de loisir de penser à ses amis» k ses serviteurs» et è la sépulture de son corps, destinant le reste pour penser à Dieu, et aa bienheureux séjour qui tenait son Ame en attente. Il fit donc son testament par lequel il ordonna qne son corps fût mis au cimetière public de Saint-Michel d'Avignon avec les corps des pauvres oui y étaient enterrés ; défendant par exprès d allumer au Jour de son enterrement plus de trois cierges» pour être mis deux è la tête, et un aux pieds, avec douze torches à l'en tour de son corps : et disposant du reste de ses biens» outre les droits qu'il pouvait prétendre dans sa maison, en faveur de ses serviteurs et des pauvres» qu'il voulait tenir par effet» comme il les avait toujours tenus par affection en qualité de ses frères.

: « Son testament achevé» il sentit en son âme un contentement incroyable de se voir dépouillé de toutes choses , et de pouvoir mourir tout nu è l'exemple de son bienaimé Sauveur: qui lui donna dès lors de grands et extraordinaires assauts d^amour, et lui fit la dernière semonce pour le ciel. Ce qu'ayant bien entendu après avoir demandé et reçu le dernier sacrement pour se fortifier aux approches de la mort ; demanda

f>ardon à ses serviteurs » qu*il obligea par 'importunité de ses prières à lui donner quelques coups de discipline l'un après 1 autre, cependant qu'il faisait à Dieu la confession de ses péchés et des scandales

3u'il disait leur avoir donnés; il commença e donner en proie ce peu qui lui restait ae vie aux flammes du divin amour, anticipant l'accès de sa mort par l'excès de ses élans amoureux qui arrachaient de vive force ce béni esprit de son corps. Enfin» comme Ton achevait de lui lire les passions de sainte Thècle et de sainte Agnès, ainsi qu'il Pavait denîandé, élevant ses yeux au ciel, il prononça distinctement, tenant son crucifix en main : Seigneur ^ je vous recommande mon âme: lesquelles paroles furent suivies de quelques doux et comme délicieux soupirs , après lesquels il ferma lesyeux;ct sa belle âme, quittant le monde»

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sVnToIa dsDS le séjour immortet des bien •'' heureux ; laissant le visage de son corpi serein» riant et luisant par merfeille. Soi heureux trépas arriva le 2 de juillet de Tan née 1387, et de son fige la dix-huitième qui vérifia au monde par une nouvelle ex« périence* aue les plus belles choses sont telles d*orainaire qui durent le moins.

« Le Pape, ayant appris son décès, prit la peine de passer le Rhône, et d*aller visiter son corps à Villeneuve , où flairant la douce odeur qui sortait de son corps, et vovant la beauté, et comme l'image de la félicité répandue sur son visage, protesta que Dien était admirable en ses saintSf mettant leur mort k un prix d'honneur , qui |>ourrait donner envie de mourir. Mais if arriva que comme le Pape arrêtait fixement la vue sur ce corps, transporté .des louanges et des félicités du défunt, il commença petit k petit à ouvrir les yeux, et è les tourner comme à dessein contre le Pape, qui se sentit couché en rame de ce regard, et plein de grandes appréhensions ne voulut repasser le Rhône ce jour-lk ; mais il se retira dans les Chartreux, où il passa toute la nuit en prièrest pour détourner Toraee duquel les éclairs des yeux du défunt semblaient Tavoir menacé.

« Le lendemain ce sacré corps ayant été transporté par le commandement du Pape en Avignon, la foule du peuple qui sortit k la rencontre fht si grande qu'il se passa deux jours avant qu*il pût arriver au lieu où il était destiné, h fut à rentrée de la vJHe mis reposer dans la chapelle d'un hôpital, d*où tous les pauvres qui se vinrent jeter è ses pieds, furent miraculeusement guéris. Ce qui échauffa tellement la dévotion du peuple, et des malades qu*on portait, ou qui accouraient de toutes parts, et qui se retiraient visiblement guéris, qu'il ne put encore être enterré le jour suivant: de sorte que l'on fut contnaint de tenir de fortes gardes autour du logis où il reposait, avec résolution de prévenir la populace, pour i'enterrer avant le jour venu. Mais on ne put point surprendre la ferveur du peuple, qui veilla la nuit dans le cimetière où le c^rps était destiné; et qui faillit le lendemain, nonobstant le nombre des soldats que le Pape y avait envoyés, è faire quelque scandale sur le sacré corps ; après avoir partagé en un million de pièces le drap murtiiaire, les coussins et le cercueil dt^ bois dans l<|quel il avait été porté; chacun croyant d*attacher le bonheur à sa personne avec les moindres reliques de celui que la dévotion publique, et suffrage du ciel mettaient déjà au rang des bienheureux.

« Ensuite la dévotion croissant,. il se Ql un nombre infini de prodiges et de guérisons miraculeuses sur son tombeau, que Dieu voulut rendre glorieux au monde, comme il Tavait choisi par humilité parmi les pauvres. Ce qui se vérifie par le registre qui est gardé aux Célestius d*Avignon en trois grands volumes scellés autbentiquement, et recueillis par autorité apostolique, auxquels il se retrouve de calcul arrêté d^ux mille

^quatre cent soixante et seize miracles, ;entre lesquels il y a quarante morts ressus* cités , et ce seulement les deux premières années après son décès; sans parler d'autres six registres, qui contiennent plus de trois mille miracles, depuis les deux années déjà mentionnées ; et sans compter ceux qui se f sont faits depuis, et qui se font tous les Jours» dont le nombre monte presque à Tinfinl.

« C'est ce qui lui a acquis communément partout la réputation de grand faiseur de miracles, et de grand saint ; car, encore q[ue ce^ ne sont pas les miracles qui font les saints, ce sont néanmoins les saints et les grands saints qui font les grands miracUs : et c'est aussi ce qui émut depuis le Pape Clément VII de Médicis en l'année 1527, à le déclarer bienheureux par une bulle expresse qu'il en expédia, permettant que ses

fût procédé à la complète canonisation. Do . quoi ayant été fait de grandes instances aux Pères du concile de BAIe, à la requête de l'empereur, du roi de France, et d'autres princes, l'effet de la canonisation pour quel-, ques accidents, et fiour quelque secret de la providence divine, en a été toujours em«

Eêché. Mais, depuiaque le ciel a parlé si aul pour lui, et attesté sa sainteté, par tant et de si grands prodiges , tant que les hommes parleront, ils l'appelleront saint, et son nom sera glorieux ea l'estime du monde.

TOMBEAD DU CARMlfM. DE LUXBtfBOlJte.

Hoccolhiir temple, legitiir simal anret virtus Clara Liiceroborgi soboies, iiiUdlssima ineroes Urbis, et niius henos, mortaH corpore çœlum Transfertnr meriiis Peinis inler niimîua numen» Annîs millenissepcliiur, sicque trecenlis Hissepteoijunges ociogiiiU superaddes; Et qiiinta Jiili ; florens vlrlatibus allia Assidue popalo veiieratur quolibet anno.

« J'ai écrit plus au long la Vie de ce cardinal, comme encore le P. Bourrez, Célestin, Aubert Mirée, et Molan. l'ont écrite en abrégé. »

' PIERRE SERRA, Espagnol, evéque oe Catane, créé, en 1307, par l'antipape Benoit Xm» diacre-cardinal du titre de Saint-Ange, mourut en 140b.

PIERRE PHlLARGI. de Crète, en Grèce, créé cardinal, par le Pape innocent VII, en 1305, fut Pape sous le nom d'Alexandre V.

PIERRE STOPHANESCI, Romain, fait, en H05, par le Pape innocent VII, diacre-cardinal du titre de Saint-Ange, puis de Saint- Côme et de Saint-Damien, et légat à Naples, mourut en 1(17;

PIERRE fut nommé, en IMO, par l'antipape Benoit XIII, prètre-cardinaL >

PIERRE SARUIENTO, Espagnol, archevêque de Compostelle, créé, en 1S38, par le Pape Paul HI, prètre-cardinal du titre des Douze-Apôtres, mourut en IMO»

PIETUQ (Michel pi) est un des cardinaux

PIK

DICTIONMIRE

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qui se slgoalèrent le plus par leur courage pendant les persécutions dirigées contre Pie VH. — Né le 18 janvier 17^7, il était fils d'un riche négociant d'Albano, près de Rome. Il fit ses premières éludes au séminaire de sa fille natale, et les termina à Borne avec une grande distinction. Son mérite le mit bientôt en rapports avec les principaux personnages de la cour de Rome. Nommé évêque d'Isaure m ^artibus^ puis consulteur de rinquisition, il demeura k Rome en qualité de délégué dePieVI, quand, en 1798, ce Pontife fut arraché k sa capitale pour aller mourir è Valence. Dans celte position diffleile, le délégué Ot preuve de eourage et de prudence. Après I exaltation de Pie VU en 1800, investi du patriarchat de Jérusalem, il eut la plus grande part au concordai conclu, en loOl, avec la France, et, Tannée suivante, fut récompensé par la pourpre. En 1804, il était un des sept car* dinaux qui accompagnèrent Pie VD è Paris pour la cérémonie du sacre. Peu d*années après, quand vinrent les mauvais jours, il était le conseiller et le consolateur du Pontife. C'est lui qui fut chargé de revoir la bulle d'excommunication dirigée principalement contre l'empereur Napoléon, ouvrage du P. Fonlana, mais que le gouvernement impérial s'obstina à attribuer aux cardinaux Pacca et di Pietro, qui furent traités en conséquence. Après que les cardinaux ro* mains eurent été appelés h Paris, di Pietro fut du nombre de ceux qui s'abstinrent de paraître au mariage religieux de Napoléon Avec Marie-Louise, et auquel tous avaient été invités. Celte abstention le fit reléguer h Sémur, dans le département de la Côled*Or. En 1813, des négociations s'entamèrent entre le gouvernement impérial et Pie ,Y1I. Les cardinaux rendus à la liberté, s'empressèrent d'aller h Fontainebleau relrourTer lePonlifs. Di Pietro fut un de ceux qui l'engaeèrent le plus vivement h rétracter racteau25 janvier. Le cardinal di Pietro eonserva l'estime, l'amitié et la confiance de Pie VU jùs(]u'au jour de sa mort, arrivée en 1821. Il était Agé de7^ ans, et sous-dojen du Sacré Collège. « On s'accordait è pleurer un homme rempli de talents, de modestie, de résignation^ de courage.... On ne pour vait s'empêcher d'honorer cet homme toujours grave qui ne cédait jamais è un mou- "vement irréaéchi,dontla tèleforteet l'esprit invariable firent, pendant tant d'années, un des conseils les plus éclairés du Saint- Siège.... Quelques personnes, voyant di Pietro grave, timide, ne parlant jamais, cherchaient s'il y avait de l'esprit sous cette enveloppe épaisse : elles avaient tort; ce cardinal était doué d'un esprit fin et délicat. Cependant il faut dire aue sa prudence le rendait réservé à l'excès , ailleurs que devant le Pape et Consalvi. Dn jour, à l'ambassade de France, on le conduisait à travers les autres convives à une place très-honorable, et il disait : « J'irai oà Ton « voudra, et même là si l'on veut. » (11 montrait les couverts du bas de la table. }— {Bio-

graphie unirerselle ; art. di Pietro par M. Artaud.)

Nous croyons qu'on lira avec* plaisir les ngnes suivantes, extraites par le cardinal Pacca^ des Mémoires pour servir à Vhistoire ecclésiastiaue pendant le xyiii* siècle. On y trouvera des détails sur beaucoup de cardiRaux de l'époque de l'empire, particulièrement sur ceux qui eurent le courage de résister aux séductions du (pouvoir temporel. Ce complément de renseignements sur les cardinaux fidèles de cette époque ne peut être mieux placé qu'à la suite de la Vie du cardinal di Pietro qui fut toujours à leur tôte.

« 11 ne convenait pas que les cardinaux échappassent è la persécution suscitée contre leur chef. Nous avons vu que la plupart avaient été forcés de quitter Rome. Ceux qui y restaient encore, lors de l'enlèvement de Pie VU, en furent successivement éloignés. Lors de la première invasion de Rome, en 1798, on avait fait la faute de laisser les cardinaux se disperser, et on leur avait ainsi ménagé la possibilité de se réunir à Venise après la mort de Pie VL Le nouveau persécuteur de l'Eglise crut être plus adroit et plus avisé en rassemblant tous les cardinaux sous ses yeux. Il les fit tous venir à Paris, afin d'en être plus aisément maître et de n'avoir point à redouter leur conduite dans un cas de vacance du Saint-Siège. On ne laissa en Italie que ceux à qui leur Âge ou leurs infirmités rendaient une si longue route impossible. Le cardinal AntoneTli » doyen du Sacré-Collège, qui, l'année précédente , avait été enlevé de Rome et envoyé h Spolète, fut transféré è Sinigaglia et mourut dans cet exil. Le cardinal Casoni n'obtint de rester è Rome que parce qu'il était malade. On crut faire une faveur au cardinal Carafa, infirme et octogénaire, en lui permettant de demeurer à Tolentino. Le cardinal Braschi ne fut laissé à Césène que parce qu'il était tourmenté de la goutte. Le cardinal Délia Porta tomba malade à Florence, en venant en France , et il y mourut depuis. Le cardinal Crivelli fut envoyé à Milan, et le cardinal Carandini è Modène. Les cardinaux Caracciolo et Ferrao, Napolitains, échappèrent à la dénortaiion, le premier par son état de maladie , le second en acceptant une place d'aumônier du nouveau roi ae Naples. Le cardinal Locatelli, évoque de Spolète , acheta sa tranquillité par quelques complaisances qu'excusent ses infirmités habituelles, qui avaient affaibli son moral non moins que son physique. Tous les autres cardinaux italiens furent amenés en France, et le perturbateur de l'Eglise semblait prendre plaisir à les donner en spectacle a Paris , et è les forcer de paraître à sa cour. Il s'amusait è les apostropher public^uement, et à leur reprocher soit la conduite du Pape, soit la leur propre. Il les plaisantait contre l'excommunication lancée contre lui, et ne négligea aucune occasion de les mortifier.

« Son mariage (de Napoléon) vint lui offrir

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liai

nn prétexte ponr aggraver leur sort. Il fit casser son mariage arec sa première femme et en contracta un second avec la princesse d^Autricbe. Jusque-là un usage constant et fondé sur des raisons très-solides avait réservé aux Papes le jugement de ces sortes ^ d'affaires» quand elles regardent des souverains. On avait cru qu'il y avait trop d'inconvénients & ce qu'un prince pût abuser de son autorité sur ses sujets» pour en extorquer des sentences favorables à ses désirs» et on avait réservé ces causes majeures à une autorité supérieure et indépendante. Celte règle avait toujours été obser- Tée dans l'Eglise, et notre histoire en offrait plus d'un exemple. Plusieurs cardinaux re-

§ ardèrent donc comme une atteinte aux roils du Saint-Siège» que TofOcialilé de Paris eût osé prononcer seule dans une affaire de cette importance» et ils s'abstinrent d'assister i la cérémonie du mariage contracté par Bonaparte avec une archiduchesse d*Autriche. Treize cardinaux n'y parurent point. C'étaient les cardinaux Mattel, Pignatelli » Délia Somaglia» Litia » Brancadoro, Gabrielli, Scotti» di Pietro,Ruffo (Louis)» Saluzzo, GalefB» Opizzoni et Consalvi. Le cardinal Despuigh n'y parut pas non plus; il était malade. Le cardinal Dugnani prétexta quelque incommodité. Le cardinal Erskine donna le même motif pour se dispenser d'assister au mariage ecclésiastique; il s'était trouvé au mariage civil. Les autres cardinaux parurent aux deux cérémonies. Mais Tempereur fut moins satisfait de leur présence qu'irrité de ne pas les y voir tous. 11 conjectura le motif de leur absence et en fut blessé au vif. Ils ue tardèrent pas à eu porter la peine. Les treize que nous avons nommés eurent ordre de quitter l'habit de cardinal» et de ne plus paraître qu'en noir. De là la distinciion des cardinaux noirs et des cardinaux rouges. On retrancha aux premiers la pension qu'on leur avait d'abord accordée» pour les dédommager de leurs biens et de leurs bénéfices dont on s'était emparé.

« Les treize cardinaux » avertis de l'indignation de Napoléon, voulurent aussitôt justifier leur conduite en lui faisant présenter la déclaration suivante :

« Les cardinaux soussignés » frappés de « l'indignation de Votre Majesté Impériale et « Royale » et déclarés» par l'organe de son . « ministre» coupables de rébellion» pour « n'avoir pas assisté à la cérémonie reli- « gieuse de son mariage » se hâtent de re- « pocsser une inculpation qii'Ws ont en hor- « reur» en déposant au pied du trône la « déclaration franche et sincère de leurs « sentiments. Ils protestent donc qu*il n'y a « jamais eu entre eux ni intrigue» ni coaii- « lion» ni complot d'aucune sorte : que leur « opinion a été le résultat de quelque com- « municaiion confidentielle» ou » pour ainsi « dire» l'effet du hasard» et qu'ils n'ont « jamais eu les intentions que leur prèle le € ministre de Sa Majesté ; s'ils n'ont pas * assisté è la susdite cérémonie i c'est uni-

« quament parce que le Pape n'était pas « intervenu dans la rupture du premier « mariag[e. Ils déclarent» au neste» qu'ils « n'ont jamais entendu s'ériger en juges» « ni répandre des doutes sur la validité de « la rupture du premier mariage» ni sur « celle du second» ni sur la légitime suc;- « cession au trône des enfants qui en nat- « tront.

. « Enfin » ils supplient Votre Majesté d'a- « gréer cette humble et sincère déclaration» « unie aux sentiments du profond respect « et de cette soumission et obéissance qu'ils « ont l'honneur de professer pour elle, i « Paris» 6 avril 1810. »

« Ces humbles et respectueuses représentations ne produisirent aucun effet » et les treize cardinaux furent dispersés dans différentes villes des provinces. »

PIETRO (Camille m), né à Rome» le 19 janvier 1806» créé et réservé in petto ^ dans le consistoire secret du 19 décembre 1853» a été proclamé cardinal-prètre dans le consistoire secret» tenu par Sa Sainteié Pie IX» au Vatican» le 16 juin 18S6. — Il était précédenvment archevêque de Béryte et nonce apostolique en Portugal.

PIGHINI (SÉBASTIEN)» né à Reggîo» était un habile jurisconsulte nui s*attacha à la cour de Rome. Chanoine aoCapoue d*abord[9 puis nommé par Paul m auditeur de Rote» il fut peu après évêque de Férentina, ensuite d'Alifa, et envoyé par le môme Pontife» en aualité do nonce, auprès de l'empereur Chafles-Quint. — Plus tard archevêque de Siponte» il fut nommé par Jules ni pour être un des présidents è la première réouverture du concile de Trente. II y satisGt ce Pontife qui l'éleva à la dignité de cardinal en 1551» et lui donna d'autres emplois» dont il ne jouit pas longtemps» étant mort le 1" décembre 1553» dans la 5!^* année de son âge.

PIGNATELLI (Etienne)» de Pérouse, nommé en 1621 par Paul V» cardinal du titre de Sainte-Marie in Fia» mourut en 1622.

PIGNATELLI (Antoine)» Napolitain» archevêque de Larisse» nonce en Pologne et à Vienne» évêque de Pecca et de Faëoza, maître de la chambre du Pape Innocent X qui le créa prêtre-cardinal en 1681» légat de Bologne» archevêque de Naples» fut Pape sous le nom d'Innocent XII.

r PIGNATELLI (François), Napolitain» nonce en Pologne, archevêque ae Naples, créé cardinal en 1703 par Clément XI» Pape de 170a è 1721 et qui créa soixante-dix cardinaux» fut évêque de Sabine» puis de Porto etdoyea du Sacre-Col lége.

PIGNATELLI(FR4NCOis-MAEiE),NApoli(ain»

né en 1741k» fut fait cardinal par Pi^ VI en 17M. Il mourut en 1815.

PIGNATELLI DI BELMONTE (Dominique), né à Naples en 1730»Tbéatin, archevê.]ue do Palerme» fut fait cardinal par Pie Vil en 1802. Il mourut en 1803.

PIGNATELLI (PBRmNAND-MAAiE} né à Naples en 1770y| Théatin» archevêque de Pa-

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