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Pape Jean XXII, prôlre-cnrJiiiôl du lilre do Suii)iEiJiiè>)e, mourut en 1335.
RAYMOND ALBERT, de Barcelone, général de J'orJro de la Merci, vingt-neuvième et dernier cardinal créé par Jean XXII, Pape de 1316 h 1334, mourut en U30.
RAYMOND DE TOLOSE, tils du comte do Moniforl, Français, religieux de Tordre do la Merci, septième et dernier c«ïnlini.I créé par Benoît XII, Pape de 1334 à 1342, mourut en 1327.
RAYNADD, des comtes deMarse, abbé du Mont-Cassin, créé en 1140 par le Pape Innocent II, prêtre-cardinal du litre de Saint- Marcellin, mourut en 1165.
RAYNAUD DE l,A PORTE, Français, arrbevôque de Bourges, créé en 1320, par le Pape Jean XXII, nrôlre-cardinal du titre des SS. Nérée et Acbillée, puis évoque d'Ostiei luourut en 13â5.
RAYNAUD PISSICELLI, Napolitain, arrbevôque de Naples, créé en 1456 par Cajixte III, prêtre-cardinal du titre de Sain'.e Cécile, mourut en 1458. t
RAYNERIUS (Thierry), évoque de Riétî, créé en 1298, par le Pape Boniface YlUt prûlre-cardinai du titre de Sainle-Croii de Jérusalem, puis évêque de Palestrine, mou* lut en 1306.
; RA YNICO, de Pavie, nommé en 1173, pa^ ' le Pape Alexandre III, diacre-cardinal du lilre oe Saint-George in VelabrOy puis prêtre» du titre de Saint Jean et de Sainl-Paul, fut' légat en Lombard ie.
RAYNIER, de Bourgogne, fut fait diacrecardinal du litre de Sainte-Marie la Neuvo par Calixte II, Pape de 1119 à 1124.
RAYNIER lut, en 1138, créé par le Pape Itinocent II prêtre-cardiual du titre de Sainte- Prisque.
RAYNIER fut nommé, en 1144, prêtrecardinal du titre de Saini-Elienne m Cœlio monte par le Pape Célestin II.
RAYNIER, créé en 1178, par le Pape Alexandre III» diacre-cardinal du titre do bainl-Adrion, mourut en 1182.
RAYNIER, dit le Petit, ïni créé cardinal en 1185, par le Pape Luce III.
REBIBA (SciPiON), né en 1504 a Saint- Marc, bourg situé dans les montagnes près de Mc'ssine, eu Sicile, étudia à PalernAOt où il fut pourvu d'une chapelle. — Venu à Rome, il entra dans la maison du cardinal Caraiïe, qui, ayant ceint la tiare sous le nom de Paul IV, le nomma à Tévêché de Motula ilans la Pouille, le 6t gouverneur de Rome, (*t cardinal en 1555. L'année suivante ce Pontife renvoya chargé d'une mission auprès de Philippe U, qui Tenait démonter sur le trône d'Espagne, à son retour se servit de ses conseils et le nomma à l'archevôcbé de Fisp. Après la mort de Paul IV. Pie IV le fit arrêter sous prétexte qu'il avait eu part aux secrets des Caraffe, et il ne le mit en liberté qu'après Tavoir dépouillé de l archevêché de Pise, pour lequel il lui Qonna en échange l'évêclié de Tropéa, dans la Calabre, et le titre de patriarche de Gons*« tiDtiDople que le cardinal remit è son neveu
Prosper Rcbiba. Le cardinal Rubîba, après avoir encore été inquisiteur de la foi sous Pie V, et évêque de Sabine sous Grégoire XIII, mourut en 1577, dans sa 73* année.
RECANATI (JosTE) , nô à Camenno en 1789. Capucin, a été fait cardinal en 1853 par Pie IX.
RENAULD DE CHARTRES, 73* archevêque de Reims, assista au concile de Constance, fut le premier ambassadeur envoyé en signe d'obédience, au Pape Martin V, par Charles VII. — Il sacra ce monarque, en 1420, fut nommé cardinal par le Pape Eugène IV, en 1438, et chancelier de France eu 1439. II mourut en 1444.
REGNAULT, de Chartres , Français, archevêque de Reims et chancelier de France, créé en 1439, par le PapeEugène IV, prêtre- '!ar(Iinal du titre de Sninl-Eiienne m Cœlio monte^ mourut en 1445. C est probablement le même que le précédent.
REISACH (Charles), ne h Rolh en 1800, ex-archevêque de Municli, a été fait cardinal en 1855. Son Eminence réside à Rome. REMOLINI (François), né h Lérida, en Catalogne, de parents obscurs, ar^avaiiça'è la ?^ur de Rome. — Auditeur de Rote, il fut pourvu de l'archevêché do Sorrento, au /oyaume de Naples, nuis de celui de Paierme. Ce prélat fut ^aussi un des commis* «aires chargés d'instruire le procès de Savonarole. Le célèbre Dominicain, nommé en 1488 prieur du couvent de Saint-Marc à Florence, avait tonné dans la chaire contre les désordres dos grands et des princes de l'Eglise et appelé h la liberté le peuple asservi par les Médicis. Profilant de rarrivée en Italie de Charles VIII, les Florentins secouèrent le joug, et Savonarolc, devenu l'idole du peuple, fut le véritable chef de la nouvelle république [1494]. Mais poursuivi et anaîhéraatisé par le Pape Alexandre VI, par les partisans des Médicis el par les moines des ordres rivaux; privé d'ailleurs de l'appui de Charles VIII, forcé de retourner en France, il se vit accusé de toutes sortes de rnéfaits, fut conduit rn prison par ordre des administrateurs de Florence, appliqué à la queflion, condamné comme hérétique, et périt sur le bûcher en 1498. Remoiini fut récompensé par la pourpre que lui décerna en 1503 Alexandre VI. Gouverneur do Nantes sous le pontiticat de Jules II, ce cardinal fit encore partie du conclave où fut éiu LéonX» en 1513, et mourut le 5 février 1518.
REPINDON ou REPINGTON (Philippb), Anglais, élait chanoine régulier h Leicester, lorsqu'il fui élevé h la dignité d*abbé, puis de docteur et de chancelier do Tuniversité d Oifôrd. Il servit utilement lEglise contre hs partisans de Wiclef, et fut récompensé par révôché de Lincoln en 1405. el par le cardinalat quo le Pape Grégoire Xl( lui conféra en 1408. On ignore Tépoque précise de sa mort.
REZZONiCO (Charles), Vénitien, fut créé cardinal on 1737 par Clément XII, Pape de 1730 à 1740, el qui nomma lrcntc-fiu«itrQ cardinaux.
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DES CARDINAIX.
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REZZONICO (Charles), Vénilien aussi, né en 172i, évoque de Porto et camerlingue, fut créé cnrdinal en 1758 par Clément XIII; il mourut en 1799.
REZZONICO (Jean-Baptiste), Vénitien, né en 171^0, fut fait cardinal en 1770 par Clément XiV; il mourut en 1783.
HIÂRIO (Pierre), né h SavoncsdansTEtat de Gènes, alla trouvr dès Tâge de douze ans, à Sienne le P. François de la Rovère, son oncle maternel, qui enseignait la théologie aux religieux de Saint-François, doul il portait Thabil. — Riario a.yanl été reçu dans le môme ordre, étudia è Venise, h Padoue, h Bologne, à Sienne, à Pérouse et à Ferrareet fut professeur h Venise, puis provincial de la province de Rome. Son oncle, après son exaltation sous le nom de Sixte IV, le nomma cardinal en IMl, patriarche de Conslantinople, et lui conféra en divers temps les archevêchés de Séville el de Florence avec d*autres bénédces considérables. Il égala la magnificence ôes rois nans son train, dans sa dépense, dans les fêtes qu'il donnait. Sixte IV, qui raimail à l'excès, le nomma en U7a légal de TOmbrie, puis de toute riialie. Le cardinal ne jouit pas longtemps de ces grandeurs, il mourut à Rome dans les sonliments les plus chrétiens, le 3 janvier K7i^, avant d'avoir accompli sa 29*
RIARIO eu GALEOTTO (Raphaël), naquit le 3 mai U51, è Savone, de Violentina Riario sœur du cardinal Pierre Riario.— Le Pape jixle IV le substitua à ce dernier, dont il lu lit porter le nom, et le revêtit de la pori' »re romaine en décembre 1477. Il lui t-mf a en divers lemps les évèchésd'Imola, t'A T» guier, d'Ossana et de Cuença,el môme les a hevôchés de Cosenza, de Salerne el révèi é de Trente avec les abbayes du Mont-Cassin el de Cave. Il fut encore en fa« veur sous le ponlificaldlnnnocenl VIII; mais
sous relui d'Alexandre VI celte faveur tomba complétement.Comraeîl avait beaucoup contribué h Téleclion do ce dernier, il espérait que ses services fixeraient la prospérité de ses cousins, fils de JérAme Riario, son oncle. Il se (rompn, car Alexaniire VI les déoouilla Jes principautés de Forli cl d'iraola, et ût nx^ine arrêter la princesse Catherine, leur mère. Le c.irninai se vit contraint de cherfher un asile on France où il avait l'évêché d»» Tréguier. Depuis il fil partie des conclaves où furent élus Pie III, Jules II el Léon X. Sous ce dernier pontificat, impliqué dans la conjuration du cardinal Petrucci contre la vie do Léon X, il fut arrêté el enfermé au château Saint-Ange. Le Pontife, auquel il fit Taveu de son crime, lui pardonna généreusement. Riario se retira à Naples où il mourut le 7 juillet 1521.
RIARIO (Alexandre), Bolonais, patriircho d'Alexandrie, créé en 1578, par Pie V, prêtre-cardinal du titre do Sainte-Marie in Ara cœii, mourut tx\ 1585.
RIARIO SFORZA (Thomas) élail le dernier cardinal de la création du Pape Pie Vil.
Homme de bien , d'une droiture qui n'a j..« mais (lér'.hi, d'une expérience consommée, il a été grandement regretté. — Il avait çou* verné, sous le Pape Léon XII, la province de Forli, avec une graude sagesse. Plus tard, on retrouva ces mêmes qualités dans le gouvernement des provinces de Pisaro et Urbi* no, que Grégoire XVI lui avait confiées.
Pour lui donner une récompense éclatante deses services, le même Pontife le nomma camerlingue de l'Eglise romaine, cl arcbichancelier de l'université. En celte qualité, il prépara tout pour le conclave qui eut lieu après la mort de Grégoire XVI; il prit les rênes du gouvernement, et fit frapper la monnaie à ses armes, ainsi qu'il est dans le droit du camerlingue.^ Etant deveni» le premier cardinal-diacre, ce fut lui qui annonça au peu))le l'éleclioii de Sa Sainteté Pie IX, au balcon du Quirinah
Les obsèques du cardinal Riario ont eu lieu dans la basilique des Douze Apôtres. Le Pape s'y est rendu, el a donné lui-même l'absoute. C*est une dernière preuve de bienveillance et d'égards qu'il s'est pîu à donner è la mémoire d un cardinal compté au nombre des plus grands ornements du Sacré Collège.
RIARIO SFORZA (Sixte), né à Naples en 1810, archevêque de Naples, fut fait cardinal en iSïù par Grégoire XVI. Son Eminence vil encore.
RICCI (Jean), né 5 Montepulciano, obligé par les mauvais traitements d'une bellemère à quitter son pays, se rendit h Rome, où il fut domestique du mattre-d'hôtel du cardinal del Monle. — Son adresse el ses services le firent parvenir lui môme à l'emploi de tnatlre-d'hôlel de ce cardinal, qui le donna au cardinal Farnèse, neveu de Paul III. Envoyé plusieurs fols en France el dans les Pays-Bas pour des affaires assez importantes qu'il négocia heureusement, il prit, à son retour, Thabit ecclésiastique. Paul IH le fit clerc de la chambre el l'envoya différentes fois en Espagne el en Portugal. Le cardinal del Monte ayant ceint la tiare sous le nom de Jules III» conféra à Ricci l'archevêché de Siponte et la pourpre sacrée en novembre 1551. C'est à sa considération que le Pape Pie VI érigea l'église de Montepulciano en cathédrale el qu'il en donna l'évêché à Spinello Bencio. Le cardinal Ricci succéda à ce premier évoque et fonda dans la suite un collège pour ses compatriotes, à Pise, dont il était alors archevêque. Après la morl de saint Pie V, il réunit un bon nombre do voix pour la papauté et mourut à Rome le 3 mai 157^, âgé d'environ 77 ans. Son corps fut inhumé à Sainl-Pierre du Monl-d'Or, où Ton voit son épilaphe.
RICCI (Michel-Ange), né à Rome en 1619. cultiva les mathématiques avec un grand succès. Son traité Demaximis el mtntmtien est une preuve. Il s'attacha ensuite è la théologie avec la même ardeur. Après avoir passé par différents emplois, avoir été longtemps secrétaire de la congrégation des la*
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(Inlgences et des reliques, consuUeur du Saint-Oilice, il fut» en 1681, i^levé à In dignité de cardinal parle Pape innocent XI; il mourut le 12 raai 1682, âgé de 64 ans. il avait mérité les éloges de plusieurs hommes célèbres, de Gassendi» de Slusius, du cardinal Pallavicini, de Fabretti, etc. On aune lettre de ce savant cardinal dans le tome V' du recueil intitulé : Lettere memorabili.
RICCI (François)» Romain» gouverneur de Rome» fut fait cardinal par le Pape Benoît XIV.
RICHARD» fils de Richard,^ vicomte de Milhaud» et de Rixinde» Glle de Bérangcrl» vicomte de Narbonne» embrassa Télat monastique dans l'abbaye de Saint- Victor de Marseille» à Texemple de Bernard, son frère» qui en devint abbé, et à qui il succéda immédiatement en 1079. — Richard eut une grande pari aux faveurs de Grégoire VII» dont il lut chéri pour ses belles qualilés. C'est ce Pontife, ou, selon la Nouvelle GauU chrétienne^ Alexandre II, son prédécesseur» qui le fit cardinal à cause de son mérite, quoiqu'il fût jeune encore. En 1078, envoyé en Espagne comme légat par Grégoire Vil, il V tint un concile à Bnrgos, dans lequel» h la prière d'Alphonse, roi de Castille» et de la reine Constance, on abrogea les anciens rits et offices gothiques pour leur substituer les rils et offices romains. Richard ne jouit pas de la même faveur sous Victor 111, successeur de Grégoire VU. Ce Pontife, offensé de ce que Richard prenait le parti de Hugues, archevêque de Lyon, contre lequel il avait do juste sujets de plainte» l'excommunia dans un concile qu il tint à Bénévent en 1087. Mais Victor III étant mort quelques mois après ce concile» Richard, rentré en grâce avec le Saint-Siège» lui resta constamment attaché depuis. £n 1106» il fut élu» d*une voix unanime» pour remplacer Bertrand, archevêque de Narbonne» déposé de son siège. Pascal II confirma cette élection peu de temps avant d'entreprendre son voyage en France, où il arriva sur la fin de 1106. Richard occupa Tarchevéché de Narbonne plus de 14 ans, et mourut le 15 février 1121. 11 avait eu de grands démêlés avec Aimeri II» vicomte de Narbonne» dont les gt'ns lui tirent subir d'indignes traitements. Ou en voit le détail dans une relation apologétique qu'il écrivit pour en instruire la postérité. Elle est imprimée dans TAppendicedu VI* vol. de la Gaule chrétienne ^ et parmi les pièces justificatives de VHistoire du Languedoc^ de D. Vaisselle.
R CUARD» abbé du Mont-Cassin, créé» en 1252, par le Pape Innocent IV, prêtre-cardinal du titre de Saint -Cyriaque» mourut eu 1263.
RICHELIEU (AaMAND-JEAN du Plbssis, duc de) naquit le 5 septembre 1585, à Paris» suivant les uns» et» suivant les autres, au château de Richelieu» en Poitou» de François du Plessis» capitaine des gardes de Henri IV, et de Suzanne de la Porte. —A cinq ans il perdit son père. Ses études aui collèges de Navarre et de Lisieux furent brillantes.
Il se destinait à la carrière des armes, quand son frère atné Alphonse, nommé évêque de Luçon , se fit Chartreux. On persuada h Armand» alors âgé de 22 ans, de conserver ce siège dans la famille. Il accepta résolument » porta dans l'étude de la théologie l'ardeur qu'il mettait en toutes choses »el obtint du Pape Paul V dispense d'âge pour ce siège, dont il fut saeré évêque à Rome là 17 avril 1607. Le jeune pasleur s'occupa de la conversion des hérétiques» de l'inslructioci du clergé, de la réforme des abus. Ses prédications édifiaient son diocèse et la cour. Tout entier aux fonctions de son ministère» il fut nommé, en i6H, par le clergé du Poitou, aui derniers états généraux de la monarchie. C'est lui qui» le 23 février 1615» fut chargé de prononcer en présence du roi le discours de clôture de cette assemhlée.Cette harangue a été imprimée. Les flatteries qu'il y adresse à la reine mère, Marie de Médicis, furent récompensées par la charge degrand aumônier de cette princesse. Il se fit remarquer à la cour, sut plaire à la régente et au maréchal d'Ancre qui alors disposait de tout» mais dont le règne touchait à sa fin. En 1616, Marie de Médicis le fit nommer secrétaire d'Etat pour la guerre et l'intérieur, avec préséance sur les autres ministres. L'année suivante, il suivit à Blois la reine mère, alors en disgrâce, mais sons se brouiller avec Louis Xlll, et fut ensuite relégué à Avignon, où il s'occupa.de divers écrits théolo* giques. Chargé de négocier un accommodement entre la mère et le fils» il r.éussîl dans cette mission délicate» fit conclure les traités d'Angoulôme (1620) et d'Angers (1 V21), et reçut en récompense le cardinalat quille Pape Grégoire XV lui déféra en 1622. « CeU« pourpre» 9 disait-il à;la reine mère» « dont je suis redevable à Votre Majesté, me fera tou* jours souvenir du vœu solennel que j*ai fait de répandre mon sang pour votre service. » Mais le cardinal avait à servir des intérêts opposés, et la mère lut sacrifiée. Le faible Louis Xlll venait de perdre son favori» le duc de Luynes, emporté par une tièvre pourprée. Le fcrédit de la reine -mère se releva. Elle fut admise au conseil ; mais ce n*était rien pour elle» tant que l'entrée en serait refusée au cardinal. Le roi ressentait pour lui une répugnance invincible. « Je le connais mieux que vous, 9 madame» disait* il, « c'est un homme d'une ambition déme* surée. »
Enfin les obstacles furent surmontés, et Richelieu obtint l'entrée nu conseil» mais avec voix consultative seulement. Au corn* ble de ses vœux» il s'excusa sur sa faible santé, Se fit pri<T, et accepta sur l'ordre for» mel du roi. Quand il se sentit sufiisammeal ancré, il ne vit plus d'inconvénient à se démettre de l'évôché de Luçon, que précédemment toutes les instances du tout-puissant maréchal d'Ancre n'avaient pu lui arracher* Dès les premières séances, on comprit qu*on avait un maître. En 1624, il se fit nommer premier ministre. Le surintendant la Vieuvillei qui lui portait ombragp»f*it rontraiut
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DES GàROiNAUlL.
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de résigner» et enfermé au chflleao d*Ain* boise. Arriré au souverain pouYoirt il se proposa trois grandes enireprisest qui! ne perdit jamais de vae, et quil sut mettre à exécution : réduire h Timpuissance le parti calviniste en France, terrasser de sa main déferles grands, dont Torgueil et Tesprit factieux étaient une source incessante de troubles» abaisser la maison d'Autriche 9 dont la puissance était alors menaçante pour la France et pour TEurope. Portant ses pre* miers coups contre les protestants, il leur repritenl626,riledeRé; puis traita pour un moment avec eux, dédaignant les libelles qui rappelaient le Pontife des calvinistes^ le Cardinal de la Rothelle^ le Patriarche des athées, afin de terminer une afîaire restée pendante depuis le temps d'Henri IV. Il replace sous la domination d'un canton cal« riniste de la Suisse la Valteline, que lui disputait l'Espagne catholique. Cependant des orages s^amassaient contre le cardinal, rira'* bécile Gaston d*Orléans, poussé par des meneurs, ourdissait des trames. Les deux Vendôme, le maréchal d'Ornano sont emprisonnés. Ce dernier, en mourant en pri* son, échappa à l'échafaud. Le comfe de Chalais promet au frère du roi de le délirrer du cardinal;1iTré^ des commissaires, comme coupable d'avoir conspiré contre le roi, il lérit sur l'échafaud en 1626. Richelieu était )ien serri par ses espions; il avait en outre 'avantage d'avoir un confident sûr, un ami dévoué dans le P. Joseph» homme de bonne famille, qui» après avoir servi dans l'armée avec distinction, s'était fait Capucin en 1599. C'était un autre Jui-mème, qu'il chargeait des missions les plus délicates. Richelieu le soigna lui-même dans sa dernière maladie» 16^, et, en apprenant sa mort, s'écria : « J*ai perdu mon bras droit. • Il avait voulu lofaire nommer cardinal. En butte h tant d'attaques» le premier ministre feignit d'être dégoûté du pouvoir, et fit entendre qu'il voulait se retirer. On attache alors è sa personne une garde imposante» organisée comme celle du roi. Soixante mousquetaires veillaient chaque jour h son palais. Comme il parlait toujours de son désir de prendre sa retraite» le roi lui écrivit de sa propre main. « N'appréhendez pas les calomnies; on ne s'en saurait garantir h ma cour. Je connais bien les esprits; je vous ai. toujours averti de ceux (]ui vous portaient envie: et je ne connaîtrai jamais qu'aucun ait quelque pensée contre vous,quejene vous le dise.. .Assurez-vousque je ne vous abandonnerai jamais. La reine»
ma mère» vous en promet autant Assu-
re£-vous que je ne changerai jamais, et que, quiconque vous attaquera» vous m'aurez pour second. » En même temps» Gaston signait un humble aveu de ses fautes» et promettait d'être soumis.
Le cardinal, après avoir fait ses préparatifs» voulut en finir avec les protestants en France. Kn 1628, il va attaquer la Rochelle» soute- Due par de grandes forces de terre et de mer; nouvel Alexandre» il ferme le port par un mêle gigantesque de près de seize cents
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mètres de longueur, et force cette ville à capituler. L'année suivante , après avoir assuré au duc de Nevers le duché de Man* toue» en forçant le Pas de Suze» il anéantit les restes du parti prolestant en Languedoc, où Ntmes» Castres» Uzès virent raser leurs fortifications.
Montauban tomba la dernière. Quand le consistoire de cette ville vint lui présenter ses hommages» il le reçut avec affabililé , l'avertissant toutefois qu'il l'accueillait, non pas comme un corps ecclésiastique» mais comme une réunion de gens de lettres ; il ajoutait qu*h ce litre» ils seraient toujours les bienvenus. La paix d'Alais était conclue; aux termes do Tédit de Nîmes» les protestants cessaient d*avoîr des places de sûreté; le libre exercice du culte leur était maintenu; mais ils n'avaient plus d'exis^ tence politique. Ainsi était abattu un parti qui troublait TEtat depuis 70 ans. En dé« cembré 1629, Richelieu» déclaré lieutenant général delà les monts» prend Pignerol» secourt une seconde fois Casai, assiégé par le marquis de Spinola » et s'empare des Etale du duc de Savoie. Il marchait à la tête dea troupes l'épée h la main. La cour était h LjTon, où le roi tomba malade. Sa mère, la reine Anne d'Autriche, tous les courtisans profitent de cette circonstance pour arracher au roi la promesse du renvoi de son ministre : il donne l'assurance qu'il le ren-* ▼erra après la fin de la guerre d'Italie, et après son retour à Paris. D'un autre côté» lea grands délibéraient sur les moyens à prendre pour se défaire du cardinal. Le maréchal de Harillac s'offrait pour Tassassineri le duc de Guise opinait pour l'exil, et le maréchal de Bassompierre, pour une prison perpétuelle. La cour était de retour à Paris. On regardait le cardinal comme un homme perdu; son palais était devenu désert; il devait aller coucher h Pontoise, pour se retirer au Havre» qu'il avait choisi pour le lieu de sa retraite. Le roi était parti à sa maison de chasse de Versailles, afin de se dérober aux adieux du ministre. Celui-ci vole à Versailles, et, par la force de ses raisons» reprend sur l'esprit du roi un ascendant qu'il ne perdra plus. Cette journée (11 novembre 1630} fut appelée la /ourn^a des dupes. Le garde des sceaux de Manllac est envoyé dans l'exil, où il mourut; son frère» le maréchal» est arrêté à la tête de ses troupes en Italie» et bientôt condamné à mort» comme coupable de concussion ; Bas« sompierre est enfermé à la Basiillo, pour n'en sortir qu'après la mort du cardinal.
Cependant celui-ci se préparait à com« battre l'Autriche. Prenant part dans ce but à la guerre do Trente ans» il s'unit au roi de Suède Gustave-Adolphe » qui était alors [16301 à la tête du parti protestant en Allemagne, le seconda de tout son pouvoir dans se» etforis contre l'Auti-icbe, et, quand ce prince eut éié îué à la bataillé de Lulzen en 1632» il solda les troupes de Bernard de Weimar, qui l'avait remplacé dans lecommaujemeot; puis, eombattant ouvertement
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