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fAulriche [163^ et années suivantes]^ il attaqua cette puissance dans toutes ses possessions è la fois, dirigea des armées en Alsace » dans les Pays-Bas, en Italie et en Catalogne, obtint partout des succès, et prépara la suprématie de la France» qu'assurèrent, après sa mort, les traités de Westphaiie [16iik8] et des Pyrénées [1659]. Mais ce qui coûta le plus de peine à Richelieu, ce furent ses huttes contro les grands. 11 eut è déjouer mille cabales, et compta parmi ses principaux adversaires la reine mère, Marie de MédiciS) jalonse de Tascendant qu'il Bvaît pris sur le roi ; la reine régnante, Anne d'Autriche ; le frère du roi , Gaston d'Orléans ; le duc de Bouillon, le comte de Soissons, tous les favoris du roi, et bien d'autres. Ne pouvant réussir auprès de Louis XIII, les grands cherchèrent un appui chez l'étranger, et excitèrent plusieurs révoltes. Toujours instruit de leurs com-

Elots, le cardinal sut les faire tous échouer. \n 1631, il exila à Bruxelles la reine mère, la veuve de Henri IV, qui alla mourir è Cologne, pauvre et délaissée; plusieurs fois il réduisit à la soumission Gaston d^Orléans qui avait été jusau'à prendre les armes; il flt périr sur l'écnafaud le duo de Montmorency, qui avait trempé dans la révolte du prince, livra au comte de Soissons [16H] la bataille delà Marfie, où ce seigneur trouva Ja mort; et fit trancher la tête, en 16^2, à Cinq-Mars, favori du roi et au jeune de Tbou, accusés de traiter avec l'Espagne. C'est lui qui suscita les Catalans et les Por^ tugais à secouer le joug de la domination espagnole; mais les oerniers seulement, après la révolution de 161^0, conservèrent leur indépendance sous les princes de Bragunce. 11 ne demeura pas non plus étrangei aux commencements de la révolution d'Angleterre , ne pensant pas qu'elle dût avoir pour Charles I" une fin si tragique. Pendant que Richelieu poursuivit la guerre contre les Espagnols, il tomba malade è Narbonne. De \h il se fit conduire à Tarascon où, se sentant fort mal, il fit son testament. Il dirigeait toujours les affaires. Le roi, quoique malade lui-même, alla le voir, puis se rendit à Lyon. Le cardinal l'y sui« vît, couché dans une espèce de chambre que portaient dix-huit de ses gardes, marchant tôle nue. Une brèche était pratiquée aux murailles des villes, pour livrer passage à celte machine, quand la dimet'sion des portes s'y refusait.

Le roi ayant quitté Lyon, Richelieu voulut y rester pour diriger lu procédure commencée contre Cinq-Mars et de Thou, exciter la sévérité des juges et n'en partir qu'après Jeur supplice. Eu môme temps que leurs tètes tombaient, Perpignan ouvrait ses portes aux Français, et Richelieu commençait ainsi une lettre adressée au roi : « Sire» vos ennemis sont morts, et vos armes sont dans Perpignan. » 11 fut transporté è Paris à Tétat

de eadarre, mais l*énergie lui restait encore. Sentant sa fin approcher, il articula d'une voix ferme ses adieux au roi, ajoutant qu'il était heureux de laisser le royaume au eoin^ ble de la gloire. Il recommanda Mazarin et les autres ministres, envisageant la mort sTec calme et sérénité. On prétend qu'à ceux qui lui demandaient s'il pardonnait à ses ennemis, il répondit : « Je n'ai d'ennemis que ceux de l'Etat» » Quand on lui apporta le viatique, qu'il avait demandé : a Voilh mon Seigneur et mon Dieu, s'écria-t-tl; je pro* teste devant lui que, dans tout ce que j'ai entrepris, je n'ai jamais eu en vue que le bien de la religion et de l'Etat. » Plusieurs des assistants étaient édifiés de cette piété tranquille; Louis XIII, qui allait le suivra dans la tombe, dit seulement :« Voilà un gr^nd politique de moins. »

Le cardinal termina sa glorieuse carrière dans son palais, h Paris, le k décembre 1642. Il était dans la 58' année de son âge et la 18* de son ministère. Ses funérailles furent célébrées avec la magnificence qu'il avait recherchée de son vivant. Le roi, qui était un de ses légataires, n*aceepta que deux unUio08« et le Paliiis-Cardinal (aujourd'hui Palais* Royal) que Richelieu avait fait construire* Il dépensait, chaaue année, plus de quatre millions; tout n'était pas pris sur l'Etat; il possédait un grand nombre de riches abbayes* celiesde Cluny, de Citeaux, de Prémoniré^ de Mont-Majour-lez-Arles, de Fleury,de Saint-Médard de Soissons, deSaint-Riquiert de CharouXfdela Chaise-Dieu, de Signi,etc« Si sa maison déployait un faste royal, il y régnait le plus grand ordre, auquel il ne d^ daignait pas de présider lui-même. On lui a re[;roché son alliance avec les princes protestants : chez lui, l'homme d*Ëlat, le pre* roier ministre effaçait le prince de l'Eglise* Il ne fit en cela quesnivreles traces de Fraoçois 1" et de Henri IV. Encore François V s'allia-t-il de |)lns avec les Turcs contre Charles-Quint, défenseur de. la religion

tholique, alors que ce petit-fils du roi Ferdinand avait sur les bras Me luthéranisme qui menaçait d'envahir toute l'Allema^^De. S'il répandit quelques gouttes d'un sang généreux, il en épargna des flots qui n'eussent pas manqué de couler sous un prince faible et irrésolu, entouré de seigneurs puissants et turbulents, qui se croyaient aussi maîtres que le roi, dans un temps où fermentaient encore les passions des guerres religieuses ; et on sait ce que ces guerres ont coûté à l'Allemagne et è la France sous les fils de Henri II. Il faut lui tenir compte des immenses diflicuUés qu'il eut h surmonter» et d'avoir préservé son pays de l'anarchie» Quant aux accusations portées contre ses mœurs, elles sont trop vagues pour qu'on doive sy arrêter, et il est permis de les repousser. Une des conditions de la grandeur est d'ôire j)lus exposé à la malveillance et à la calomnie (15). Ce qui est coustant, c*e9î

(15) M. W»lkenaer et M. Cousin surtout croleat ici à la culpabilité de Richelieu, II. de Carné, êm iariiiiet.«'4iuclàe kl» jusilAer.

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qi]*il montra toujours un ftrand zèle pour la religion, qu*il 8*attacha h en concilier les

i>ratiques avec ses occupations multipliées. I communiait chaque dimanche, et disait la Messe aut grandes fôtes. Ce ministre est incontestablement le plus grand qu*ait eu la France ; il eut des vues étendues, et en poursuivit Texéculion avec une persévérance, une fermeté inébranlables ; il affranchit entièrement le pouvoir royal, et il fut facile à Louis XIV de gouverner après lui. Montesquieu dit avecune grande justesse :« Richelieu fit jouer à son monarque le second rôle dans la monarchie, et le premier dans TEurope; il avilit leroi»mais il illustra le règne. » L*élernel honneur de Louis X111 est d'avoir su apprécier son ministre, de favoir soutenu contre tantd*attaques, et de Ta voir conservé. Il faut dire cependant que le grand homme se montra implacable, qu'il exerça des vengeances personnelles sous le prétexte des intérêts de TElat.

Quoique médiocrement lettré, il aimait Rt favorisait les lettres et ceux qui les cultivaient. En 1635, il fonda TAcadémie française. On lui doit des établissements utiles; il construisit le collège du Plessis, répara la Sorbonne et en rebâtit Téglise, agrandit l'imprimerie royale, fonda le Jardin du roi. On voit son niausolée dans Téglise de la Sorbonne. Le czar Pierre, en Tapercevant, embrassa, dit-on, sa statue en s'écriarit: «Grand homme, que n'es-lu vivant! Je t'aurais donné la moitié de mes Etats, pour apprendre de toi à gouverner l'autre.»

Voici comment Richelieu est jugé par un de ses contemporains, le maréchal d'Estrées: • La charge de secrétaire d*Eiat de la guerre fut donnée à M. de Luçon, depuis cardinal de Richelieu, que la fortune conduisait par des chemins peu ordinaires à ceux de sa profession ; car bien que, dans les derniers siècles , les évoques eussent beaucoup de part dans les affaires, et particulièrement dans les négociations au dedans et au dehors du royaume, il était pourtant sans exemple d'en voir un dans la charge de secrétaire d'Etat, dont les principales fonctions regardaient les affaires de la guerre. Cependant, comme c'était un génie fort élevé, il sut habilement se servir des moyens que les occasions lui donnaient de monter au premier rang, et de parvenir à la grande puissance que Ton avait eu raison de prévoir à cause de ses grandes qualités. En effet, il ne fut pas longtemps dans cet emploi, sans être considéré comme un homme rare, d'un mérite extraordinaire, et aui donna bientôt de la jalousie au maréchal d'Ancre. La suite a fait connaître qu'on ne s'était pas trompé dans ces jugements, et qu'ayant entrepris deux choses qui n'avaient pas été jugées possibles par ceux qui l'avaient précédé dans le ministère, il a même surpassé toutes les espérances, ayant détruit si facilement la faction huguenote, et attaqué avec tant de hardiesse et de succès cette orgueilleuse puissance d'Espagne, qui donnait de la ter- ^wt h toute rÉurooe* et ne laissait aucune

espérance de pouvoir donner des bornes h ,, sa grandeur. « C'est le même maréchal d'Esr trées qui, commandant l'armée française k Trêves, et apprenant qu'un de ses lieutenants venait de recevoir de la cour des dépèches, quitta précipitamment ses troupes pour s'enfuir en Allemagne. Louis XIII, qui lui écrivit, eut toutes les peines du monde à le rassurer, et à le faire revenir : telle était la terreur répandue par le cardinal. Rien n'indique que ce dernier ait su mauvais gré au marécnal d'a?oireu si peur.

Jugements divers sur Bichelieu. — « Déjà, pour l'honneur de la France, était entré dans radministration des affaires un homme (Richelieu) plus grand par son esprit et par ses vertus, que par ses dignités et par sa fortune; toujours employé, et toujours au-dessus de ses emplois; capable de régler le présentée! de prévoir l'avenir; d'assurer les bons évéoe» ments, et de réparer les mauvais; vaste dans ses desseins, pénétrant dans ses conseils, juste dans ses choix, heureux dans ses entreprises, et, pour tout dire en peu de mots, rempli de ces dons excellents que Dieu fnit è certaines âmes qu'il a créées pour être maîtresses des autres, et pour faire mouvoir ces ressorts dont sa providence se sert pour élever ou pour abattre, selon ses décrets éternels, la fortune des rois et des royaumes. » (Fléghibr, Orais. funèbres.)

« Si l'on s'obstine à admirer Louis XI pour avoir abattu les grands vassaux et étendu les prérogatives de la royauté, je répondrai qu'il est un homme dont la gloire en ce genre a fait disparaître felle de Louis XI. Cet homme est Richelieu. En effet, l'orgueil des seigneurs féodaux ne fut pas tellement humilié parLouis XI, qu'il ne troublât long-' temps la France après lui. Richelieu seul affermit le trône sur les débris de l'anarchie féodale. Mais que sa marche est plus grande et plus imposante 1 Comme ses moyens sont plus hardis, ses ressources plus fécondes, et ses coups plus assurés! Il ne craint point d'annoncer sa vengeance avant de frapper ses victimes. Ses artifices mêmes ont quelque chose de grand qui suppose le courage. « D'ailleurs Richelieu, qu'un seul coup d'œil peut précipiter au fond des cachots où il plonge ses ennemis, nous intéresse comme un homme fort et courageux qui se livre è tous les dangers, et se confie à sa fortune. Sa vie est un coml)at perpétuel ; toutes les scènes en sont animées, et tous les tableaux en contraste. Il est forcé de combattre è la fois la puissance de ses nombreux ennemis et la faiblesse de son maître.: toujours près de sa chute en préparant celle des autres, il a besoin d'être courtisan même quand il est roi.— Ce mélange de souplesse et d'audace, ces dangers qu'il éprouve, et cette terreur qu'il inspire sans la ressentir, l'énergie de son âme qui résiste aux souffrances d'un corps usé par le travail et par les maladies» cette ambition qui ne trouve aucune gloire au-dessus ni au-dessous d'elle-même; tout dans Richelieu imprime l'étonnement, ou commande l'admiration. »(Db FoiiTA!fKs4

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« Je considère le cardinal comme un des littérateurs les plus renommés de cette épo* que, avec un jugement que la passion ne fait pencher m d'un côté ni d*un autre, et je le vois des mêmes yeui dont la postérité le Terra. Lorsque, dans deux cents ans, ceux qui viendront après nous liront en notre histoire que le cardinal de Richelieu a démoli la Rochelle et abattu Thérésie, et que par un seul traité, comme par un coup de rets. Il a pris trente è quarante de ces villes pour une fois; lorsqu'ils apprendront que, du temps de son ministère, les Anglais ont été battus et chassés, Pignerol conquis, Casai secouru, toute la Lorraine réunie à celte couronne , la plus grande partie de l'Alsace mise sous notre pouvoir, les Espagnols défaits à Viellanni et è Avein,et qu ils verront que, tant qu'il a présidé h nos affaires, la France n'a pas eu un voisin sur lequel elle n'ait gagné des places ou des batailles, s'ils ont quelques gouttes de sang français dans les veines, et quelque amour pour la gloire de leur pays^ pourront-ils lire ces choses sans s'affectionner à lui; et, à votre avis , l'aimeraient-ils ou Testimeraient-ils moins, à cause que de son temps les rentes de l'hôtel de ville se sont payées un peu plus tard, on que l'on aura mis quelques nouveaux officiers dans la chambre des comptes?» (VoiTLRE, Letlres.)

« La reine et quelques particuliers qui avaient senti les rudes effets des cruelles maximes de ce minisire, avaient sujet d'avoir de la haine contre lui. Mais, outre qu'il était aimé de ses amis, parce qu'il les considérait beaucoup, l'envie cerîainementétait la seule qui pût avoir part h la haine publique, puisque en effet il ne la méritait pas; et malgré ses défauts et la raisonnable aversion de In reine, on doit dire de lui qu'il a été le premier homme de son temps, et que les siècles passés n'ont rien pour le surpasser. Il avait la maxime des illustres tyrans, il réglait ses desseins , ses pensées et ses résolutions sur la raison d'Ëtat et sur le bien public, qu'il ne considérait qu'autant que ce même bien public augmentait l'autorité du roi et ses trésors. La vie et la mort iies hommes ne le touchaient que selon les intérêts de sa grandeur et de sa fortune, dont il croyait que celle de TEtat dépendait entièrement. Sous ce prétexte de conserver l'un par l'autre, il ne faisait pas difficulté de sacrifier toutes choses pour sa conservation particulière, et, quoiqu'il ait écrit la Vie du Chrétien^ il était néanmoins bien éloigné des maximes évangéliques. Ses ennemis se sont mal trouvés de ce qu'il ne les a pas suivies, et la France en a beaucoup proUté, pareille en cela à ces enfants In^ureux qui jouissent ici-bas d'une bonne fortune, où leurs |)èrcs ont travaillé, en se procurant peut-être à eux-mêmes un malheur éternel. Ce n'est pas que je veuille faire un mauvais jugemonide ce grand homme ; il Uni avouer qu'il a reculé les bornes de la France, et, par la paix de la Rochelle, diminué les forces de I hé* résie» qui ne laissaieut pas d'être encore

considérables dans toutes les provinces où les restes des guerres passées les faisaient subsister. Sa grande attention à découvrir les cabales qui se faisaient dans la cour, et sa diligence h les étouffer dans le commencement, lui a fait maintenir le royaume. C'est enfln le premier favori qui a eu le courage d'abaisser la puissance des princes et det granils, si dommageable à celle de nos roiSf et qui, peut-être dans le désir de gouverner seul, a toujours détruit ce qui entravait Tau* torité royale, et perdu ceux qui pouvaient réloigner de la faveur par leurs mauvais offices. (M*' DE MoTTBviLLB, Mémoires.)

« Richelieu avait d*un trop ferme courage attaqué et comprimé des intérêts et des passions hostiles au bien public, humilié et forcé au silence des vanités envieuses, pour que, lui mort, il n'y etlt pas contre sa mémoire une furieuse réaction. Ce fut alors un incroyable débordement de haine et d'in* jures sur son tonibeau. Une foule de gène de lettres prodiguèrent sous toutes les formes l'insulte k celui qui, plus qu'aucun des

luissanls du monde,avait compris et rehaussé a valeurdo Thomine de lettres, etavaitconiblé de ses dons les poètes. Plus de deux cents pièces de vers nous sont parvenues, où le caractère, les mœurs, la vie privée du cardinal étaient voués ft l'infamie. L'Académie française lui resta Gdèle. Quant au peu- )le qui méconnaît si facilement ceux qui 'ont vraiment servi, il prit |)laisir pendant quelque temps è poursuivre de ses clameurs le nom du grand homme.... De nos jours quelques voix chagrines s'élèvent encore pour protester contre une admiration de deux siècles, et remettre en question ce grand nom de Richelieu. « Cet homme, » disent-elles, « façonna son pays au plus dur « despotisme, et il masqua du voile de i'intéc rêt public les passions d'une ûme vindica- « tive et cruelle.vFaire un crime à Richelieu de sa dictature, c'est ne lui tenir compte ni des temps ni des situations, Richelieu n'était

ftas le citoyen d'une république, mais bien e ministre d'une monarchie absolue. En gouvernant d'une main vigoureuse et qui brisait toute résistance, il ne faussait {)as les lois fijudamentalesdu pays; il les raffermissait au contraire. Sans doute Tidée ne lut vint pas de donner au pejple la liberté ; le peuple n'y aspirait pas encore , et il R*en aurait su que faire; mais plus qu'aucun homme d*£iat avant et depuis son époque* il voulut l'égalité danslobéissance, l'égalité devant le souverain. A aucun prix, il ne toléra qu'au-dessus du niveau commun, il v eût des gentilshommes et des grands seigneurs libres d*agiter le pays et de ruiner h leur fantaisie la puiss.ince et la fortune publiques. Mettre dans TFlat l'unité de pouvoir è la place de l'anarchie féodale, et taire passer dans les mœurs, au lieu de l'impunité firivilégiée de quelques-uns, la soumission de tous h la loi, ce n'était pas certes fonder le despotisme ; c'était l'oeuvre d'un beau génie et d un grand citoyen, c'était préparer Favénementdu droit national dont la liberté

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Oit inséparable; c*éUit (levant une ddrno. cratie au berceau» déblayer courageusement les voies de Tavenir.

«Qu'on aille au fond des choses, et Ton verra que Richelieu ne fut pas cruel par instincti mais inflexible par raison d*État. Ce cœur impitoyable qu*on lui reproche ne lui venait pas d*un certain goût du sang, mais de sa rigueur ineiorable de grand justicier. Sa mémoire n'est tachée d'aucun meurtre commandé par les misères de l'ambition.

Même dans l'horreur des ffuerres civiles il se montre pour les vaincus» humains et quelquefois clément. Dans ses plus grandes sé-^ vérités que voit-on dominer? L'idée d'un devoir public» le besoin d*intimider des hommes d'audace et de révolte» et d'affermir l'autorité; en un mot, comme il ledit luimême» avec une si noble simplicité» à son lit demort : « Le bien de l'Etat. 9 Voilà pour les grands traits de son caractère. On peut relever sans doute» dans celte vie si pleine, ai tourmentée» des faiblesses» des mouvements de colère et de haine ; sans doute il j eut narfois de terribles passions mises en jeu cnez cet homme» condamné h ne poursuivre ses grands desseins qu'à travers les menaces, les outrages» les complots. Avonsnous le droit de nous en étonner beaucoup? Il appartenait à rhumanité.Mais, malgré cet alliage, Richelieu n'en reste pas moins un des types de génie et de vigueur politiques dont l'humanité s'honore le plus. Et la France» fière de son unité» de sa force compacte» de son esprit national; la France prête pour toutes les conquêtes de rintelligcnne et de la liberté» n'oubliera jamois que Richelieu a été» dans ce gigantesque travail» l'ouvrier de la première heure, j»—- (H. CoaNx» Vie de tiichelieu.)

On a de Richelieu les écrits suivants : l. Harangue prononcée en la salle du pelii Bourbon^ le 23 février 1615, à la clôture des états tenus à Paris» Paris, 1615, in-8';IL Ordonnances synodales d'Armand-Jean du Piessis» évoque de Luçon, citées dans le catalogue de la bibliolli6|ue deColbert» 3* partie» n* 12,806; IIL Les principaux points delà foi calhoUque défendus contre récrit adressé au roi parles k minisires de Charenton^ Poitiers» 1617» in.8% et 1629, in4'; Rouen, 1630, 1n-8% et Paris» 1642, in-fol.; IV. Eœ^ trait d'une lettre au maréchal d'Ancre^ rapporté par le Grain, dans sa Décade de Louis Xlll, liv. x% année 1617 ; V. Instruction du Chrétien, Poitiers, 1621» in-8°; cette exposition nette et précise de la doctrine catholique a eu plus de vingt-quatre éditions» et a de plus été traduite en plusieurs langues; Vl. Lettre de M. le cardinal de Richelieu à M. de Balzac, du k février 162i» à la tôte du 1" vol. des Lettres diverses de Balzac; VII. Lettre du même à Varchevêque de Rouen, avec la Réponse de rarchevéque, Paris» 1624» in-S'' et in-k*'; VIIL Harangue faite à rassemblée des états de Bretagne en 1626, dans le Tré" sor des harangues, Paris» in-4* ; IX.. Defensio Romani Pontificis ; Controverses du cardinal d$ Richelieu^ dit Jacob, dans sa Bibliotheca

pontificia, p. 168 ; X, Lettre du cardinal de Richelieu à la reine mère, en 1631, dans le recueil de du Châtelet, intitulé : Recueil de diverses pièces pour servir à rhistoire, etc., Paris, 1635, in-fol., et 1635 et 16i3, in-4«; XL Relation fidèle de tout ce qui s'est passé en Italie ran 1630, entre les armées Je France, et celles de Cempereur, du roi d'Espagne et du duc de Savoie, Paris, 1631» in-8*; Paris» 1669 et 1682,2 vol. in-12; Xll. Relation de ce qui s'est passé pendant le séjour du roi à Dijon, et depuis qu'il en est parti jusqu'au S avril 1631, et'*., 1631, in S'^tit in-4*;XI!I. Remontrance à Monsieur par un Français de qualité, 1631, in-»*; XIV. Relation du siège et de la reddition d^Arras, Paris» 16^0» in-8* ; XV. Europe, comédie héroïque et allégorique»

etc, Paris, 16W, in-fc» et in-12; XVI. Perfection du Chrétien, Paris, 1646, in-4*, 1663, in-8*; cet ouvrage» traduit en latin» 1651, Paris, donna lieu à des rapprochements entre les maximes et la conduite de l'auteur ; XVIL Journal d' Armand-Jean du Plessis, cardinal de Richelieu, ou il a fait durant le grand orage delà cour, es années 1630eM631» tiré des Mémoires écrits de sa main, avec d'autres piè* ces remarquables concernant les affaires de son temps, 16V9» in-8*, souvent réimprimé; la meilleure édition est celle d'Amsterdam» 1664» 2 vol. in-12; XVIII. Discours au tiers* état en 1614, dans rassemblée générale des états tenus à Paris en 1614, p. 136, Paris» 1650, in-4'';. XIX. Mémoires du cardinal de Richelieu, contenant ce qui s*est passé à la cour pendant son administration, avec plu^ sieurs procès criminels, Goude, 1650» in-12; XX. Méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l'Eglise, Paris» J6S1» in-fol.» excellent ou* vrage» plusieurs fois réimprimé, et attribué à tort à Richelieu ; XXI. Lettre du cardinal de Richelieu à Guillaume Hugues, archevêque d'Embrun, du 19 février 1635, dans lus Mémoires de Déti^oant; XXII. Conseil ducar^ dinalde Richelieu à Louis XIII, pour le bien de son Etat, ilans les Sentiments illustres de quelques grands hommes d'Etat, p. 1; et Ua^ rangue du cardinal de Richelieu, p. 35; XXllI. Lettre du cardinal de Richelieu, oà ron a joint les Mémoires et instructions secrètes de ce ministre pour les ambassadeurs de France en diverses cours, avec quelques relU" lions curieuses servant f éclaircissements aux» dites lettres et Mémoires, Paris, 1696» 2 vol in-12; XXIV. Lettre du même cardinal au P. Joseph, dans la Vie de ce dernier, par l'abbé Richard» Paris» 1702 et 1704; XXV. Epistola cardinalis Richelii ad Barlœum, du Sojanvier 1642» dans les Clarorum virorum epxstolœ, publiées par Colomics, Londres» 1687» in-12, et Hambourg, 1709» in-4*.

XXVI. Autres Lettres du môme» dans les Ambassades et négociations, de H. le comte d'Estrades, Amsterdam, 1718» 2 vol. in-M;

XXVII. Testament volitique d'Armand du Plissis, cardinal de Richelieu, pair et grand amiral de France ^ etc. Amsterdam, 1687, 1688» 1689, 1691» 169G» 1708, 1709» etc. L'é« ditioQ la plus complète est celle de Fou«^

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