‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 214 sur 350 · HOH · texte numérisé non relu

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de délies » avant de partir pour son ambassade, il avait obtenu I autorisation d'emprunter six cent mille livres sur ses bénéfices. Sa maison étalait un faste royal; il était entouré de dix gentilshommes portant de !;rands noms, et d*autanl de pages de bonne nroille. Ce qui Pavait fait rappeler de Vienne» c'étaient ses galanteries, sa morgue k regard des ministres étrangers, ses dettes, son peu de respect pour la religion. On l'avait vu quitter Thabit de son état pour prendre un uniforme de chasse; et cehi avec si pou de retenue, qu'un jour de Fête-Dieu, lui et toute sa légation, en uniformes verts, coupèrent une procession qui gônait leur passage. Ses folles dépenses le mettant dans riropossibilité de payer ses gens, ceux-ci abusaient du privilège des franchises pour exercer la contrebande. Le gouvernement impérial, pour ne pas désobliger la cour de France, fut réduit à supprimer les franchises de tout le corps diplomatique ; ce qui rendit le prince Louis odieux aux antres ambassadeurs. Après son retour en 1774, tel était le crédit de cette famille , qu'il fut nommé grand aumônier de France, proviseur de sorbonne , administrateur de Thôpital des Quinze-^Vingts , dont il dissipa une partie des domaines , enfin cardinal , sur la présentation du roi de Pologne Poniatowski.

Dès 1779, il était prince * évêque de Strasbourg. Un seul de ses bénéOces , Tabbaye de Saint -Waast d'Arras, rapportait trois cents mille livres de rente. Crédule à l'excès, d'un esprit facile, il vivait entouré d*intrigants, dont il était la dupe. Le charlatan Cagliostro et l'aventurière la Motte, qui se faisait appeler la comtesse de la Motte* Valois, remplirent sa vie d'humiliations et d'amertumes. Affligé du mépris dont l'accablait la reine Marie-Antoinette , le cardinal désirait regagner les bonnes grâces de celte princesse. On lui ût croire qu'il y parviendrait eh achetant pour elle un magnifique collier de diamants que la reine a?ait précédemment refusé , comme étant d'un prix trop élevé. Il l'acheta et le remit è la femme la Motte, qui le persuada que le don avait été agréé par la reine. Mais, comme il était toujours sans argent , et qu'il ne put payer il l'époque convenue le prix du bijou , un million six cent mille livres, la mystification lut connue : cette triste affaire eut un grand retentissement ; le cardinal, arrêté dans ses babils pontificaux , aux yeux de toute la cour et malgré ses prières , fut conduit à la Bastille, et traduit devant le parlemeot. Absous par cette compagnie, que les intrigues avaient circonvenue, Rohan fut dé* ))Ouillé de tout ce qu'il tenait de la cour, exilé en son abbaye de la Cbaise-Dieu en Auvergne, 1786, d'où on lui permit de se rendre à l'abbaye de Marmoutier, près de Tours. Grâce à la bonté du roi, il put bientôt rentrer dans son diocèse , où il parut vivre d'une manière plus conforme k son étal. En 1789, il fut député du clerKé aux états généraux; mais il n'y siégea qa un instant, ' roftisa soQ assentiment a la coustitulioa

civile du clergé, et se retira dans la partie de son diocèse située sur In rive droite da Rhin. Le, comme prince de TRmpire, il faisait des levées d'hommes pour lutter contre la révolution, en même temps qu*il la com« battait comme éréque. Dans ses dernières années, il chercha à faire oublier les grandes fautes qu'il avait commises par légèreté et par défaut de caractère. Plus riche dans sa médiocrité qu'il ne l'avait été au sein de la pins grande opulence, il était la providence des émigrés et des prêtres qui recouraient k lui. Il avait appris l'économie et la frugalité, et se dévouait è ses diocésains allemands. Lors du concordat de 1801, il remit la démissioa qui lui était demandée, et mourut h Ettenheim le 16 février 1803. C'est à lui que la ville de Strasbourg doit le monument élevé è la gloire de Turenne. On peut consulter sur ce cardinal les Mémoiret de Vbbbé Georgel , qui avait été son grand vicaire et l'agent de toutes ses intrigues, ceux de fiezen val , de Mme Campan , la Biographie de Michaud , etc.

ROHAN- CHABOT (Louis-FbançoiS'Ac- GUSTB, duc de), né è Paris le 29 février 1788, était fils d'Alexandre- Louis- AugU3le de Rohan-Chabot, maréchal de camp. Sa mère était une Montmorency. — Ses pnretits, contraints par la révolution à émigrer, seréfugièrent en Angleterre; mais ils revinrent en France sous le consulat, recouvré* rent une partie de leurs domaines, et se rallièrent au gouvernement impérial. Le jeune de Rohan, après avoir été attaché è la princesse Burghèse , sœur de Napoléon , fut successivement chambellan de la reine deNaples, femme du roi Murât, puis de Tempereur Napoléon. Dans cette cour militaire, où la religion était peu pratiquée, on ne le vit point , esclave de ce qu*on appelle le respect humain , chercher è dissimuler sa piété; il alla même, en 181S, è Fontainebleau, noury recevoir la béoédirtion du Pape Pie VU , alors prisonnier. Après la restauration en 1814, il entra dans la maisou du roi comme officier de mousquetaires, et quand ce corps fut dissous en 1815, il fut élevé au grade de colonel. Quand Napoléon revint de l'Ile d'Elbe, le prince de Léon (c'était le titre des aînés de sa famille, i^l il l'avait pris depuis la restauration) accompagna le duc d'Angoulême dans le midi de la France, pui^en Espagne. Pe retour è Paris, il perdit sorrpère en 1816, et lui succéda dans son titre de duc et pair. Une aflfreuse catastrophe lui avait enlevé une épouse chérie, Mlle de Serent , qui périt dans les flammes, le feu ayant pris à ses vêtements, comme elle se disposait è se rendre h un bal chez l'ambassadeur d'Autriche. Vaine* ment Louis XVIII voulut-il lui faire épouser une princesse de Saxe. La perte cruelle qui avait frappé ce jeune seigneur le poursui* vait partout; la religion seule pouvait le consoler. Il renonça au monde, entra au séminaire de Saint-Sulpice en 1819, et, troii ans après, reçut la prêtrise. Grand vicaire de Paris , archevêque d'Aucb ea 1828 1 dt

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Besançon en 1820, il fut en 1830' élevé h la dignité de cardinal par le Pape Pie VllL Lors de la rérolation de Juillet 1830, il était h Paris , où rappelaient les travaux de la Chambre des pairs; il fut maltraité par les sédilieui, et se réfuçia à Rome. En 1833, il accourut dans son diocèse, menacé de Tin-^ vasion du choléra ; il se prodigua, et atteint du fléau h Chénecej, près de Besancon , il y succomba le 8 février 1833, âgé de (5 ans. On a publié alors une Notice chronologique sur le cardinal deÂohan. Besançon, in-12 et in-18; et, plus tard , le panégjrigue de oe digne prélat , prononcé à la cathédrale de Besançon par Tabbé Marguerye.

ROLAND, Français, abbé de Bourç-Dieu , en Berri, nommé par le Pape LucellI, en 1185, dÎAcre-cardinal du titre de Sainteîiarie in Porticut fut ensuite évéque de Dol, en Bretagne, et légat en Angleterre.

ROLIN (Jeai«), fils de Nicolas Robin, chan* celier du duc de Bourgogne Philippe le Bon, fut archidiacre, puis évéque d*Autun , après ravoir été de Châlons-sur-Sa6ne. Nommé cardinal par Nicolas V, il fit de grandes libéralités è son église et au magnifique hôpital de Beaune , qu'avait fait bfttir son pèrp. Il mourut fort Agé» le 22 juin ll83.

ROMA (Jules), né h Milan le 10 septembre 1584 , était fils de Camille Roma , patrice milanais, et de Catherine de Coire.— Après avoir étudié à Pavie et Pérouse, où il prit le bonnet de docteur, il fut, en 1607, admis comme avocat coosistorial sur la nomination qu*en firent les docteurs de Milan. En cette qualité il prononça , Tannée suivante , en plein consistoire, un discours pour la canonisation de saint Charles Borromée. Le Pape Paul V le nomma avocat de la famille Borghèse , référendaire de Tune et l'autre signature, puis successivement évoque de lési , d*Orviéto , de Camérino , de Pérouse , d'Ombrie , enfin le revêtit de ta pourpre le 11 janvier 1621. Grégoire XV lui donna les évêehés unis de Récanali et Lorette avec )a pension de cardinal pauvre. Il ^'appliqua dans Récanati à soulager les pauvres, a y faire célébrer le service divin avec décence, embellit sa cathédrale , soutint les communautés religieuses, et en fonda pour Teniretien et Téducation des filles indigentes. En 163^, transféré par Urbain YIll à Tivoli, il fit abattre l'église cathédrale , nour en bfttir une plus convenable, qu'il béniA le l*'février 164'1, la pourvut de beaux ornements, d'un beau jeu d'orgue, et y entretint une musique* Habile administrateur, il travailla au palais archiépiscopal , fit bfttir un séminaire, uù fut assuré l'entretien de seize clercs, et mena à bonne fin plusieurs affaires avantageuses à son évèché. 11 y entretint des missionnaires, et réforma son clergé encore plus par son iMemple que par ses ordonnances, et par la tenue régulière de ses synodes. Ses mœurs étaient irréprochables; il ne parlait aux femmes uue rarement , et debout dans une antichambre en présence de témoins. Tous J<*s jours il récitait è genoux sod bréviaire , rOiiice de la sainte Vierge et Je cbafielet; ne

manquait jamais de célébrer la Messe cha-

3ue matin , puis faisait une demi - heure *oraison mentale : aussi ne donnait-i! que rarement audience les matins. Il ne vivait que de légumes. Ne dépensant rien pour sa

Sersonne, il était très-libéral en aumAnes. ous ses revenus étaient dépensés, sans qu*il contractât aucune dette; les pauvres avaient ce qui restait à la fin de l'année. Ses frères , ses netreui , aucun de ses parents, n'eurent jamais rien de lui. Il leur laissa seulement ses meubles è sa mort, pour dé» dommager, dit-il dans son testament , sa

{amille des dépenses au'elle avait faites pour 'entretenir alors quils étaient douze frères* Ce digne et vénéraole prélat mourut ft Rome saintement, comme il avait vécu, l'an 1652, le jour et è l'heure oi!k il était venu au monde, le 16 septembre , à Tflge de 68 ans , étant alors doyen du Sacré Collège, et évèaue de Porto, c est-à-dire cardinal-évèque.

ROMAIN, diacre - cardinal du titre de Sainte-Luce , en 1159, fut le 22* et dernier cardinal créé par Adrien IV, Pape de IISÎ à 1159-

ROMAIN , fut créé, dans la 3' et dernière promotion , diacre-cardinal, puis prêtre du titre de Sainte- Anastasie, par Clément III f Pape de 1188 à 1191.

ROMAIN BONA VENTURA , Romain, créé par le Pape Innocent IH, en 1212, diacrecardinal du titre de Saint-Ange, puis évéque de Porto, légat en France et en Angleterre» fut aussi vicaire du Pape.

ROMO. •— Nous empruntons l rAmt ae la religion les détails suivants publiés à roc« . cation de la mort du cardinal Romo:

« Les craintes trop légitimes que faisait concevoir l'état de S.E. le cardinal archevêque de Séville, se sont réalisées. L'illustre prélat est mort le 11 janvier 1855 au palais ar<chiépiscopal de Ombrête.

« S. E. M^r don Jude Joseph Romo y Gamboa, cardinal-prètre de la sainte l^lise romaine, chevalier grand-croix de l'ordre de Charles m et de 1 ordre dlsabelle la Ca« tholique, archevêque de Séville, etc., etc., était né èCanizaz, province de Guadatajanif diocèse de Tolède, le 7 février 1779. Etant chanoine de Siguenza, il fut nommé è l'archevêché des Canaries le 20 juillet 1831, Kréconisé le 20 janvier 183b, consacré h ladrid le 1*' mai de la même année. Transférée la métropole de Séville, le 10 septembre 1847, préconisé le 17 décembre, il fut créé cardinal dans le consistoire du 30 septembre

« Le Sacré Collège perd un do ses membres les plus éniinenis, et l'Espagne un de s^s plus savants et pieux prélats. Mgr Romo était un des défenseurs zélé des droits de l'Eglise. Les Catholiques de France ont gardé un profond souvenir de la sympathie avec laquelle Téloquent pontife s'associa à leurs luttes en faveur de la liberté ecclésiastique* Un de ses ouvrages a été traduit et publié par le comité électoral que présidait M* le comte de Montalembert, et il avait pruduil parmi nous une vive sensation. Nji lecieor»

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scsouviendronide plus que, dans an discours

Srononcé à rouverlure d*un de ses grands tablissemenls diocésains, lUluslre cardinal se montra l'un des plus fermes soutiens de la cause des saines traditions classiques et littéraires. »

Nous ajoutons ici la lettre publiée par le comité électoral, dont il vient d^étre parlé ; elle est adressée k M. Thiers.

« Monsieur,

« J'ai vu dans le jffercrfdo d*hîer,SUk juillet, /une des feuilles de ^'adrid les plus connues en France, rotre rapport sur le projet de loi concernant Tinstruction secondaire; entre autres assertions dont je n*ai pas è m*occuper, et que nilustre orateur, le comte do Monlalemhert, avait d*avance savamment et éloquemment réfutées, vous vous permettez défaire mention de TÉglise d'Espagne dans les termes suivants :

« L'Eglise française. Messieurs, a eu la gloire qu'aucune autre n'a partagée avec elle, de rester indépendante sans rompre avec l'Eglise romaine, sans l'ébranler, sans l'affaiblir.

c Tandis que l*Eglise d'Allemagne, tandis ç|ue l'Eglise d'Angleterre, pour devenir indépendantes, sont sorties de la grande « unité catholique, tandis que l'Eglise esc pagnole pour éviter cet inconvénient, est « tombée dans une dépendance servile et a « subi les horreurs de l'inquisition, TEglise « française, avec un grand esprit pour lé- « gislateur, Bossuet, avec un grand roi pour c souverain et pour appui, Louis XIV, cette c Eglise est restée membre de la grande « unité, et avec cela libre et affranchie de la €c honte sanguinairede l'inquisition. Tenons « donc pour sacrées , pour inviolables les « maximes sur lesquelles elle a fondé cette « orthodoxie indépendante et flère. N / auraît-il que cette raison, elle suffirait pour éloigner de nous les congrégations religieuses qui ne professent pas les quatre articles de fiossuet. 9 c Par ces paroles, vous attribuez gratuitement la servilité à l'Eglise espagnole, la liberté et l'indépendance è l'Eglise gallicane; dans ce jugement précipité, si je ne me trompe, vous avez commis une double mépriscy et vos paroles expriment précisément tout le contraire de la vérité, puisque la première de ces Eglises, celle d'Espagne, est toujours demeurée indépendante au pouvoir civil; indépendance qui, pour les Eglises, est la liberté môme; tandis que TEglise gallicane^ a subi ce joug du gouvernement, qui a pour vous tant d'attrait, mais qui, dans l'ordre spirituel, constitue la véritable servitude.

« Quant k la première partie de cette proposition» je me crois dispensé d'en apporter

ici les preuves ; je les ai données ailleurs (16). et jusqu'à ce que vous ou les vôtres les ayez détruites, je ne vous reconnais pas le droit de la contester.

« Quant à la seconde, c'fîst-à*dire quant au fait des servitudes de l'Eglise Kallicane, je vous renvoie aui témoignages crArnaud, de Leibnitz, de Fénelon, deFleury dans ses opuscules, du célèbre comte de Maistre* et» pour n'en pas citer un grand nombre d'autres, du savant Surter avant sa conversion. Loin de considérer le gallicanisme comme une source de liberté et d'indépendance, nous le signalons au fond comme un instrument de despotisme et comme la cause radicale de l'humiliation honteuse où se trouvait l'B-

8 lise de France avant la révolution (ITl. uelque opinion que vous vous soyez formée de vous-même, je pense que les éminents écrivains dont je viens d'énumérer les noms vous imposeront quelque respect; ne vous étonnez donc pas qu'appuyé sur ces fortes autorités, je prétende dresser un nouvel acte d'accusation conlrecette Eglise qu'on appelle gallicane, et que je nomme avec plus d6 raison, ministérielle, la distinguant, comme il est Juste de le faire, de l'antique et cé« lèbre Eglise de France, avec laquelle les organes de votre gouvernement voudraient la confondre.

«J'aidéjà remplj cedevoir (18) et jeréunirat les parties éparses de mon travail pour le pu* blier comme un hommage à la sainte Eglise et pour l'opposer aux fausses maximes répandues par les ennemis de la vérité. Mais il ne faut pas que, jusqu'au jour où paraîtra ce livre, les prélats espagnols puissent pas* ser pour indifférents aux injurieuses accu* sations que vous portez contre l'Eglise de saint Léandre, de saint Isidore, de saint Fulgence, de saint lldephonso et de tant d*aulres hommes illustres qui l'ont gardée et qui la gardent toujours exempte de souillure, Gdèle, inébranlable ; c'est pourquoi le vous adresse, comme une protestation, la conclusion de ce traité sur l'Eglise ministérielle dite gallicane. Ce fragment vous suffira pour vous donner une idée du progrès que, sur cet article, les saines doctrines ont fait parmi nous en ces derniers temps. Voici cette conclusion :

« Je me carderai bien de contester la < science et le génie de Bossuet, mais, dî- « rai-je avec TApôlre [Galat. i, 8), lors môme « qu'un ange du ciel, au lieu de cet admi- « rabie évéque, viendrait me parler contra « la doctrine catholique, je lui feroierais « mes oreilles.

« L'Eglise ne se laisse pas surprendre par « le génie. La science de Bossuet était « grande, mais nous entrevoyons les limites « où elle s'arrêtait. La science de Tostat

(f6) Danslelivreimlialé: De Vindépendanet comtaniê de rEgliu d^Etpaane,

(t7) Comme M. Tlilers pourrait 8*étonner de trouver Arnaud el Fleuiy en si bonne compagnie. Il est lioo de le prévenir que ces deux oracles du gai* Iteanisma se sont vus en mainte occasion forcés de

convenir que les libertés gallicanes étaient, poar riLgIise (le France, de vériubles st^rvitudes.

(18) D.ins les numéros de la Revuê de rEepëgM et de Véiranger, ties 15 janvier, 13 février» StfJttiN, 51 aoai, 31 octobre, 15 et 30 novembre 1843, Il Cl 29 février, 30 mars et 30 iuin et aoùl tfii.

DEâ CÂRDl^iAUX.

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Iui-m6ine(19) n'était pasiircoiDruensurable. « Il en fnt une qui dépassa rima^^inalion même, et dont aucua savant de I Europe moderne ne pourrait déterminer les limites» celle do l'étonnant Orig^ène, appelé par Tantiquilé télé de diamant, proôij^e d'érudition, et l'un des plus beaux esprits qui aient illustré la'religion. Profond dans tous les genres de connaissances, versé dans tous les dialectes de l'idiome grec, de l'hébreu, du chaldéen et de toutes les langues orientales, il avait l'avantage d'avoir lu lesOEuvres volumineuses des philosophes grecsde toutesles écoles, Œuvres maintenant perdues et dont il nous reste à peine les nom5;il était également instruit de tout ce que renfermaient les livres égyptiens et persans.

« Dans sa soif de savoir, il s'était initié aux mystères des mages, et, dictant à six secrétaires, il répandait à Qots les fruits de sa science. Origene était d'ailleurs fils d'un iLartyr( il eut des philosophes, des saints, des martyrs pour disciples, et son apologie a été écrite par l'un d eux, saint Grégoire le Thaumaturge.

« Eh bien 1 ce grand génie qui en finit avec les sophistes de son temps, on pourrait ajouter avec les encyclopédistes modernes, puisque ceux-ci n'ont l'ait que reproduire les arguments de Celse, profondément et brillamment réfutés par Origène; ce grand hoinmp,dis-ie,qui,noncontenld'avoircomnienté tous les livres de la Bible,imagina 1 8 Hexnples» l'un des monuments les plus précieux de la science des Ecritures: ce môme homme devint alors, selon saint Augustin, le promoteur principal des erreurs de TOrient, l'instrument le plus dangereux de la propagation des hérésies. A la vue de ce déplorable exemple de la fragilité humaine, on no doit pas trouver étrange que je me permette de dépeindre Bossuet, malgré tout son génie, comme l'instrument aveugle du despotisme de Louis XIV, et de voir, dans les doctrines auxquelles il prêta l'appui de son infiuence, la principale cause de l'abaissement de 1 Ej^Hsede France. Oui, ce fut malheureusement fiossuet qui, pliant le genou devant cet impérieux monarque, tratoa l'Eglise gallicane à sa ruine et qui, en la livrant à la discrétion du gouvernement temporel, lui fit la plus terrible blessure qu'eût pu désirer un ennemi acharné et formidable. Bossuet, quoi

(19) Alphonse Testât, docteur de Saltmanque, eiisuiie évéque d*Âviia, parut avec éclat au concile de B&le, et mourut en 15^, à 40 aos, laissant une prodigieuse quantité d*ouvrages.

(20) Le mot est de Voltaire.

(il) Bossuet était mort quelques années avant le bref de Clément XI, auquel fait allusion Mgr i'évéque des Canaries ; mais, avant de fermer les yeux, il apprit quelles conséquences le gallicanisme den magistrats prétendait tircrUu gallicanisme des évèques* Le cbaucelier de Poutchartrain voulut le soumettre, lui Bossuet, à l'examen, à Tapprobation des ikéolo-. giens de l'État pour sesécriu, poorses Instructions liastorales, ses Mandemcnu, pour les décrets, or-

qu'en disent ses apologistes, timide par caractère, n'eut jamais une résolution ferme de s'opposer au gouvernemeni ; il w mit plutôt du côté de la cour, et appuya de son autorité les prétentions, les nouveau* tés funestes des nommes de l'Etat.

« Sous prétette de la protection particulière donnée à l'Eglise par la couronne , protection singi^lièrement exagérée d'ailleurs, les rois de France s'approprièrent le droit &e convoquer les assemblées da clergé, de fixer les limites de l'autorité pontifioali^, de faire enregistrer les bulles au parlement, den appeler au futur concile général, de revoir les procès des tribunaux ecclésiastiques, de conférer des bénéfices sans l'intervention de l'ordinairet d*entrepfendre des réformes ecclésiastiques sans l'autorité du Saint-Siège. Bn vain l'Eglise do Hongrie, celle d*Espasne et quelques autres non moins respectables, signalèrent le scandale de ces funestes opinions; en vain les protestants se réjouirent, et l'Angleterre se flatta que lo moment était venu oh l'Eglise de France allait se séparer du centre de l'unité; en vain les écrivains impies, se moquant de l'Eglise, disaient que le roi pourrait en France substituer à volonté le Coran k l'B* vangile (20); sourds h la clameur universelle et prosternés devant l'idole du trône, les gallicans s'obstinaient et propageaient de plus en plus, au sein des populations chrétiennes, leurs maximes destructives de l'indépendance de la puissance spirituelle. Une voix plus auguste et pleine d'autorité résonne è leurs oreilles; (élément XI avertit Louis XIV que les nouveautés de 1682 feront plus de mal au pouvoir royal qu'au Saint-Siège; cela même ne leur ouvre pas les yeux (21). Les prétentions de la cour deviennent chaque jour plus exorbitantes; enfin les parlements exercent violemment leur tyrannie. C'était sans doute un avertissement de Dieu pour secouer de leur léthargie les Catholiques fauteurs du gallicanisme; mais rien ne peut ni les éclairer ni leur rendre l'énergie chrétienne, avenglés qu'ils sont par l'érlat que jette sur leur doctrine le nom de I'évéque de Meaux. Quelle honte pour sa gloire 1 «Au lieu de se mettre à la tête de l'Eglise, comme le demandaient sa haute position et l'élévation de son talent, au lieu d*employer son éloquence enchanteresse et l'é-

donnances, censures, statuts de son autorité épiscupale. Je u'y coiiseiilirai jamais 1 s*ccria Bossuel {Lettre au cardinal de NoaUle») ; c'est une injure à tous les évéques, qiron veut mettre par là sous le joug. Mais il fallut toute rénergie du granJ bomme, tout son crédit, le cardinal de Moailles, Mme de Mainteiion, deux audiences que Bossuet obtint coup sur coup de Louis XIV, deux Mémoires qu*il lui adressa pour faire renoncer TElatà son entreprise, et il n'y avait aucune exagération dans ces donloureui^» paroles : i 11 semble à présent que ce soil une des atTaires les plus importantes que de noua humilier. > [Lettrt de Hossuct au cardinai de Naaines.)

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« nergie de son zèle k retenir Louis XlV, il « consacra (ouïe son influence h obtenir la « fdireur du monarque» k obscurcir la lut mière de la yôrite» à faire résistance à la « suprême autorité du Saint-Siège ; il laissa « enfin TEglise dépouillée du bouclier sacré, c soumise à la suzeraineté du trAne» et, ce c qui pis est» des parlements. Triste desti« c née I Bossuet était le géant que Dieu en m France avait suscité pour préserver TE- « glise d'un si grand péril; et cet éminent ff prélat» désertant les rangs Gdèles de la li« « berlé» nous alégué» k nous faibles pyg- « mées sansriuroières» sans éloquence^ sans « protection au milieu des tempêtes de la K révolution » au milieu des attentats polic tiques» la rude tâche de lulter contre un « monde acharné, qui a fait de l*Eglise sa « proie» et que nous ne pourrions vaincre, si « la foi f comme l'enseigne TEvangéliste , « n*étail au-dessus de toute puissauce huc maine. »

« Daignez, Monsieur le député» rece- Toir avec bienveillance cette manifestation d*un évéque espagnol, et Texpression de TafTection sincère avec laquelle il vous Toffre.

« Madrid, 25 juillet 18U.

« L*év6que des Canaries. *

RONDININI (Pacl-Emilb)» Romain, créé en 1643, par le Pape Urbain VIII, diacrecardinal du titre de Sninie-Marie in AquirOf puis de Sainte-Marie in Coimtdin^ prêtre da titre de Saint -Eusèbe, évêque d'Assise t ir.ourut en 1668.

KOSARIO (ViiiGiLio), évêque d'Ischia, né k Epolète en U99, s*avança la cour de Rome où Paul IV le tit cardinal en 1557. — Confident de ce Pontife, il se vit exposé par sa faveur à la haine du peuple, qui lui attribuait tous les actes de ce Pontiie. Ce prélat mourut le 23 mai 1559, k Tâge de 60 ans » sutfoqué par son sang, après s^ètre rompu une veine dans la poitrine.

ROSCO (Georgrs), Allemand, évêque de Trente, fut nommé prêtre-cardloal en 1411, par le Pape Jean XXII.

ROSETTI (Chables), Ois du comte Alexandre Roseiti , et de Marguerite d'Este-Tossana , naquit en 1615 k Ferrare. — Archevêque de Tarse m pariibui^ et successive* ment évêque de Capoue, d'Albe, de Frascati» nonce apostolique en Angleterre auprès de la reine Henriette de France, épouse de Charles I*', puis k Cologne, où il assista aui derniers moments de Marie de Médicis, mourant dans Texil et dans le dénûment, il fut revêtu de la pourpre , en 1643 , par Urbain Vlll, oui le nomma ensuite évêque de Faênza, et légat a latere pour assister aux délibérations qui amenèrent le traité de Westphalie en 1648. il mourut, le 22 novembre 1681 , en son évêché de Faëiiza , sous-doyeu du Sacré Collège, et Agé de 70 ans.

ROSPIGLIOSI (JcLVs), né h Pistoie, archevêque du Tarse, créé en 1657 nar le Pape Alexandre VD , orétre-cardinal du titre de

Sainl-Siite , fut Pape sous le nom de Clé« ment IX.

ROSPIGLIOSI (Jacques) , né h Pistoie le 29 décembre 16^, fut élevé au cardinalat par le Pape Clément IX, son oncle paternel, en 1667. — Légat d'Avignon et de Ferrare, puis archiprètre de Sainte-Marie-Majeiire , et préfet de la signature de grâce, il mourut à Rome le 2 février 16811^, Agé de 55 ans.

ROSPIGLIOSI (Félix), neveu «lu précédent, nommé cardinal par le Papo Clémenl X on 1673, archiprêlre de Sainto-Marie-Majeure, mourut le 9 mai 1688. êgé de ^5 ans*

ROSSEL ou ROSËL (Nicolas) , né à Majorque en 13(S^, entra dans Tordre de Saint- Doiiiiniqjue, fut profes<%eur en théologie , provincial d*Ara»:on , puis inquisiteur géné^ rai de la foi. ~ Promu au cardinalat par Innocent VI, en 1356, il servit utilement le Saint-Siège, et mourut dans Tlle de Major*

Sue le 28 mars 1362. On a de lui rhistoire es premiers Papes, et un traité des qnaire sortes de juridiction exercées par TEglise sur le royaume de Naples. Ces p'èces soril conservées manuscrites dans la bibliothèque du Vatican, et ailleurs.

ROSSI (Louis), né h Florence, en iVJk, de Lionello Rossi , et d*une sœur naturelle de Laurent d^; Médicis, fait cardinal par Léon X en 1517, se donna la mort Tan 1519, en vou* lant se f^uérir de la goutte.

ROSSI (Ferdinand Maris de) , né k Rome en 1696, fut fait ment Xlll.

cardinal en 1759 par Clé-

ROVÈRE (François la) , né le 22 juillet 1414, cardinal en 1464, Pape sens le nom de Siit« IV en 1471 , mourut en 1484. — Yoy.

SUTB IV.

ROVÈRE (loLiEN la), né en 1453, fait car^ dinal, en 1471, par Sixte IV, son oncle. Pape sous le nom de Jules II en 1503, mourut eo 1513. — Voy. JoLES II.

ROVERE ou ROUVERE, en latin Ruvertui $t i^oôoreuf (Christophe de la), archevêque de Tarentaise, d*unn ancienne famille de Turin, créé cardinal , en 1477, par le Pape Sixte IV, qui avait pris le nom de cette fa« mille , mourut le 1" février 1479, dans sa quarante-quatrième année.

ROVÈBÉ (Jérôme). — Yoyi Basso.

ROVÈRE (Dominique de la), frère de Christophe, lait aussi cardinal par Siite IV en 1478, et archevêque de Turin, mourui eo

ROVERE (Clément de la), de Savonet neveu du Pape Sixte IV, évêque de Mende , créé en 1503 par le Pape Jules II, prêtrecardinal du titre de S.iint-Clémentt puis du titre des Douze-Apôtres, mourut en 1504.

ROVÈRE (Galiot-Frangiotti de la) , évé* que de Lucques , fait en 1503 , par le Pape Jules n , son oncle , prètre-cardînal du titre de 8aint-Pierre-ès-Liens , puis évêqoe de Padoue, de Crémone , archevêque de Bénivent, mourut en 1508.

ROVÈRE (LÉONARD DE la), de Sarooei neveu du Pape Siste IV, évêque d'Agen^ créé, en 1505, par le Pape Jules II» pielit-

ROV

DES CARDÎNAUK.

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