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Yêque Cbnrles Dcsmarais; Gt| dès lors, Bissy fui un personnage important dans rÊgliso et dans i*Elat. C'est à lui que sont adreJKsées les deux Leilres de Fénelon à un évéque^ insérées dans les dernières éditions des Œuvres de Tarchevèque de Cambrai.

Son Mandement du 16 avril 1710, contre les institutions théologiques du P. Juénin^ fit quelque bruit. Juenin et ses partisans ré« pondirent au prélat, qui proscrivit leur défense dans une nouvelle Instruction pastorale de 1715. El cependant le cardinal de Noailles, dans un mandement, avait déclaré que ces inslilnlions tliéologiques avaient été approuvées par des docteurs éclairés et zélés pour la bonne doctrine^ enseignées dans quel" queS'Uns des séminaires de son diocèse^ et dans quelques autres séminaires par ordre des évéfiues. Le 29 mai 1715, Tévêque de Mf'auxi sur la présentation du roi, fut créé par Clément XI, dans sa dixième promotion, cardinal-prêtre du litre de Saint-Quirice et de Sainle-Julitte. La mort de Louis XIV, qui eut lieu la même année, diminua le crédit du préLit, mais ne ralentit pas son zèle. On le vit toujours un des premiers dans toutes les affaires relatives à FEglise, et il eut plus d'un démêlé avec le parlement. Commandeur des ordres du roi des 172&, le cardinal du Bissy fit trois fois le voyage de Rome pour prendre partant conclaves où furent élus Innocent XIII, Benoit Xlll et Clément XIV, en 1721, 1724 et 1730. Pourvu des abbayes de Noaillé, de Trois-FontaÎDes, de Suint-Germain des Prés, il mourut dans cette dernière, le 26 juillet 1737, âgé de plus de 80 ans. Le cardinal de Bissy n'était pas seulement un prélat exemf)laire : ses écrits, son zèle persévérant contre les nouveautés, son courage h les comt>atlre, même lors-

Ju'elies étaient puissamment favorisées, oivenl la faire compter au nombre des préiats qui ont marqué de la manière la plus honorable dans ]*£glise de France au commencement du xviii* siècle. Il faisait un noble emploi do ses revenus. En 1735, il donna à la fabrique de Sainl-Sulpice une somme de cent seize mille livres pour entretenir les écoles des frères, et fonder des distributions de secours pour les pauvres. Son testament, cité dans \BGallia Christiana^ honora son zèle et sa charité. On y voit ce qu'il avait fait pour sa cathédrale, pour son séminaire, pour rétablissement des Laza* ristes de Crécy, destiné aux missions diocésaines, et pour l'instruction de la jeunesse. Ce testament contient un grand nombre de legs pour l'amélioration du sort des vicaires de son diocèse^ pour les hôpitaux, pour les écoles de campagne, pour des retraites ecclésiastiques, pour les Olles charitables qui instruisaient la jeunesse.» {Bio^ graphie universelle de Mighaud.) Le cardinal de Bissy était de la même famille que Pontus de Tbiard de fiissy, qui, après s'être démis, en faveur de Cyrus de Tbiard son neveu , de l'évêché du ChAlon-sur-Saâno

(t4) llciiiisUclic d'Ovide.

qu'il avait gouverné vingt ans, mouru t en 1605 dans sa 85* année. Quelques jours avant sa mort il s'était fait Tépitaphe suivante :

Non teneor longa diilciqae cnpidine vîlx ;

S^i vixil cui non vila pudenita fuii.

Nec Tamae illustris me tangil gloria : forsan

Per genium vivent sat inea scripla suum. Nilqiie mororqiio sini mea membra tegendasepulchro:

llsec propria hsredis sit pîa curamei.

Sed ciipio m landem mens Clirislo iniiixa leveiur

Peccaii duro pondère, ad asira vehar.

Je ne délire point une vie longue ni éovce : a vécu atsez, qui n^a point à rougir de sa rie. L'amour de la gloire ne me touche pas ; peut iire cependant mes écriti mériteront-iU de vivre. Peu ni importe quel séputere recouvrira mes restes ; ce soin regarde mon héritier. Ce que je déshe c^est que mon àme^avet Vaide du Christ, purifiée de ses transgressions, «Vuvole dans le ciel

Etienne Pasquier lui en consacra une autre, conçue en ces termes :

llelliio jiivenis versii qui liisil amores, Inde mathemalici» arlibus emicuil,

Inde eiiam satictis excetluii ordine libris.

Hospes, nil m i ru m est : Omiif a Pontus eral (21)^

Celui qui^ dans sa jeûneuse , chanta des vers légers devint un mathématicien et un théolomen émineni. Quoi d'étonnant ? Ponlus élaîl tout.

THIBAULT, Français, abbé de Clnny, nommé, en 1180, par le Pape Alexandre DI,

yrêtre-cardinal du litre de Sainte-Croix de érusatem^ puis évêque d'Ortie, raouput en 1188.

THIBAULT DE CECCANO, Italien, abbé de Fosse-Neuve, ordre de CIleaux, fui le septième et dernier cardinal créé par Grégoire X, Pape de 1271 à 1276.

THOMAS, Milanais, chanoine régulier, fut, en 1138, dans la quatrième promotion do Pape Innocent IV, créé prêtre-cardinal du litre de Saint*Vital.

THOMAS DE CAPOUE, ains nommé du lieu de sa naissance, fut élevé au cardinalat en 1212, par le Pape Innocent III dans la septième promotion que ût ce Pontife Légal en Lombardie, et employé dans des uégociaiions importantes, il donna partout des preuves de sa capacité. Charitable |)Our les pauvres, qu'il assistait avec libéralité, il mourut h Anagni le 22 août 12i3. On a de lui des hymnes en l'honneur de la Vierge, et d'autres pour la fête de Saint-François d'Aa* sise.

THOMAS fut créé prêtre-cardinal du titre de Sainle-Ball>ine par Honoré III, Pape de 1216 à 1227, et qui créa treize cardinaux.

THOMAS D'OCRA, de TAhruzze, religieux Célestin, nommé, en 129i, par le Papç Célestin V, prêtre-cardinal du titre de Sainte- Cécile, mourut en 1300.

THOMAS DE CLAUSE, Français, créé, en 1382, par l'antipape Clément VU, prêtrocardinal du titre de Sainte-Sabine, mourut

THOMAS AMAN ATI, de Pisioie, archevêque de Naples, créé, en 1385, par i'anti-

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DES CÂRDINAUl.

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pape Clément VII, prètre-cardinni du tUre de Sainte-Prolède* mourut en 1396.

THOMAS, Dominicain anglais^ fut fait cardinal en 1385 par Urbain YI.

THOMAS ARMELINI, Anglais» évègue de Durbam, fait prêtre-cardinal* en lill, par le Pape Jean XXIII, mourut en 1^37.

THCN (GuiDOBALD de), Allemand, arch(v.

Tèque de Salizbourgy créé cardinal en 166T

6ar le Pape Alexandre VII, puis évoque de atisbonn^, mourut en 1668.

THURCY (Pierre de), né en Bourgogne et évôipie de Mnillezais en Poitou, fut créé cardinal en 1385 par Clément YII, séant à Avignon.— Cet antipape, qui avait confiance dans le cardinal, le donna pour conseiller à Louis d*Anjou, dit le Jeune ^ lorsque ce prince partit pour aller prendre possession du roj'aume de Naples, et il déclara le cardinal de Maillezais son légat en ces contrées, pour qu'il IravaillAl à détacher les peuples de Tobéissance au Pape Boniface IX, séant è Rome. Cette légation dura 2 à 3 ans. De retour h Avignon, Thurcy fit partie du conclave où fut élu Pierre de Lune, dit Benott XIII. Grégoire XII, voulant éteindre le sehisme, dépêcha des nonces vers Benott, qui les fit conférer avec le cardinal de Maillezais. Le résultat fut que les deux Pontifes s'aboucheraient h Savone en IMS. Benoit s'y rendit au temps fixé ; mais Grégoire n'y ayant point paru, les cardinaux de l'un et de l'autre parti convinrent do s'assembler en concile h Pise, où se réuniraient les deux collèges. Le cardinal de Tbupcy fut un des premiers à proposer ce remède contre le schisme, et h donner sa voix dans le concile pour l'élection d'Alexandre Y. Ce nouveau Pontife l'envoya aussitôt comice légat en France, pour essayer la levée de quelques décimes. Il fit une entrée solennelle à Paris en janvier li^lO. Mais l'université s'opposa aux intentions du légat*, et le conseil, faisant droit sur l'opposition, défendit aux officiers royaux des frontières de laisser dorénavant entrer dans te royaume des légats chargés de telles missions. Le cardinal se relira, et arriva assez tôt à Rome pour assister aux funérailles d*Alexandro Y, et à réiection de Jean XXllI, proclamée lu 17 mai l^fO. Il mourut peu après.

TIBËUI^François), né à Rieli en 1775 fut fait cardinal en 1831 par Grégoire XYI. Il mourut en 1839

TIBURTIUS, créé, en 1180, diacre-cardinal, par le Pape Alexandre III , fut légat auprès de l'empereur d'Orient.

TOLÈDE (Jeàt^Alvarès de], né, le 11 juillet US8, de Frédéric de Tolède, duc d'Albe, marquis de Coria, chevalier de la Toison d'or, et disabelle de Zunii^a, fille d'Alvarès, duc de Béjar, fut successivement religieux de l'ordre de Saint-Dominique, évèque deCordoue et do Burgos. — Revêtu de la pourpre romaine, en 1538, par le Pape Paul m, if mourut le 15 septembre 1537.

TOLÈDE OROPESA (Ferdin aimd de), né, en 1520, de la même famille que le précéftent, fut élevé au cardinalat eu 1578 par le

Pape Grégoire XIII, dignité qu'il refusa pour se retirer chez les Jésuites.

TOLET (Jean), religieux anglais de l'ordre de Clteaux, créé cardinal, en 12^J^, par le Pape Innocent lY, fut envoyé par ce Pontife auprès de Henri III, roi d'Angleterre, afin de travailler, de concert avec le prince, à la réformation des mœurs du clergé anglais.—Le cardinal Tolet, nommé, en 1261, évoque de Porto par Urbain lY, était instruit pour le temps où il vivait. On a de lui des élégies , des satires , quelques écrits théologiques, philosophiques et historiques, et plusieurs harangues. Le Pape Clément lY était mort en 1268. Les cardinaux n'ayant pu, après une vacance du Sainl-Siége de . plus de deux ans, s'accorder sur le choix d'un successeur, on dit que Tolet les rallia en leur conseillant de faire rompre le toit du conclave pour faciliter la descente du Saint-Esprit. Il voulait par là leur donner à entendre qu'il fallait mettre fin à leurs brigues, afin d'arriver h une solution. Le cardinal Tolet mourut le 13 juillet 127^. Il avait fondé deux monastères de religieuses de son ordre.

TOLET, cardinal du titre de Saint-Laurent iu Licinia/ 69* archevêque de Besancon.

TOLET (François), l'un des plus savant.<« théologiens de son temps, naquit à Cordoue en 1532, et étudia dans l'université do Salamanque, où il fut professeur public de philosophie dès l'âge de 15 ans. — Dominique Soto, qui avait été le sien l'appelait ordinairement le Prodige d'esprit. .Entré dans la société des Jésuites, il fut envoyé à Rome, où il enseigna avec éclat la philo« Sophie et la théologie. Le Pape Pie Y le choisit pour son prédicateur, emploi hono« rable qu'il exerça aussi sous les pontificats de Grégoire XIII, de SixteY etd*Urbain YII. Grégoire XIY, Innocent IX et Clément YIII lui confièrent également des missions importantes, tant dans la ville de Rome qu'ailleurs. Il eut aussi la charge de théologien ordinaire. Ces emplois ne l'attachaient pas tellement qu'il ne pût se réserver quelques loisirs pour composer ses savants commentaires sur plusieurs livres de l'Ecriture, sur saint Jean, sur douze chapitres de saint Luc, etc. ; la somme des cas de conscience ou l'instruction des prêtres en huit livres ; des commentaires sur Aristote, et d'autres traités, (irégoire XIII, dans un bref qu'il lui adressait en 158^, le taisait juge et censeur doses propres ouvrages; marque éclatante de l'estime que faisaient les Souverains Pontifes du savoir et du mérite de Tolet. C'est seulement en 1593 que le Pape Clé* ment VIll l'éleva à la dignité de cardinal. Plein de droiture et d'équité, Tolet n*avait jamais cessé de mettre tout en œuvre f)our réconcilier avec le Saint-Siège le roi Henri le Grand. Car quoique le roi d'Espagne, son souverain* n'oubliât rien pour entraver les desseins du roi Henri lY, et les voeux des catholiques de France, le cardinal ne se laissa point ébranler^ et fut mAme celui qui tra-

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Tailla avec le plus d'ardeur h coite r<^conciliatîon, comme on le voit pnr les lettres de d'Ossat et de Duperron, depuis cardinaux, lesquels négociaient alors h Rome celle imporlnnte affaire. Le roi Henri le Grand chercha les occasions de témoigner la reconnaissance qu'il conservait pour le cardinal Tolel. Lorsqu'il eut reçu la nouvelle do la mort de ce modeste et illuslre prince de l'Eglise, il lui fit célébrer un service solennel h PariSy et h Rouen. Le cardinal Tolet .avait cessé de vivre en juin 1S96| dans la 64* année de son Age.

Voici son éloge historique par leP.Alby:

« Comme ii nest point d'nonneur plus fivili et qui tienne plus de l'infamie que celui qui fait ou qui montre le vice, aussi n*en est-il point de plus noble et de plus glorieux que celui qui suit et qui couronne la verlu. Quoi qu'à parler avec les sages elle n'ait point de couronne plus belle que celle qui se fait de ses branches, ni de guirlande plus précieuse que colle que Ton amasse de ses fleurs; que s'il arrive jamais à la vertu de s^abaisser à porter la queue et de devenir suivante et courlisanne de rhonneur, c'est pour lors, qu'elle cesse d'ôlre vertu etqu^elle trouve le mépris qu'elle n'allendait pas dans rfaonneur qu'elle poursuivait.

« Et c'est aussi en quoi a paru de tout temps la vertu de la plupart de ces grands hommes qui ont été appelés aui dignités de rSglisc ou du siècle ; qui se sont montrés d'autant plusdignesdes honneurs qu'ils ont acquis et enchéris par leurs mérites, qu'ils les ont estimés moins dignes de leurs recherches et au-dessous de leur ambition. Entre lesquels personne ne pourra refuser justement une place au cardinal Tolet, qui, ayant été employé pour sa rare Tertu et pour son éminenle capacité par six granis Ponlifes en de très -importantes charges, après avoir longtemps persisté dans un généreux mépris des nonneurs et lutté contre les bonnes volontés des Papes, desquels il avait été l'espace de vingt-cinq ans comme domestique; il fut enfin contraint d'accepter la dignité de cardinal à laquelle il apporta plus de mérite, et lui rendit plus d'éclat par sa doctrine et par sa bonne vie qu'elle ne lui conféra d*ornement et d'honneur.

« Il avait pris sa naissance en Espagne, en la ville de Cordoue, oi!i il reçut de ses parents, personnes d'honneur et de mérite, une Irès-bonneet très-soigneuse institution, dans laquelle il lit bientôt prendre des conjecture3 avantageuses de Téminent savoir qui le devait signaler entre les hommes de son temps. Son esprit, tout de feu et d'éclairs, poussa dans ses premières annéef des essais qui surpassaient son âge et aiançaient sur les enseignements de ses maîtres. Il fut envoyé è Salamanque, la pins célèbre université d'Espagne, pour y apprendre les bonnes lettres et la philosophie, où il rencontra pour maître le docteur Dominique Solo, qui, ravi des excellentes qualités de ton esprit, grand quasi jusqu'au prodige.

avait accouluroé de Tappeier le momtre d'esprit^ annonçant à tous sur la première et la plus tendre montre de la portée de son Ame, qu'il serait, un jour, comme il Pa été, l'un des génies des écoles et l'un des grands savants de son temps.

« Les preuves qu'il donna de son incomparable promptitude et vivacité sur les bancs de Tacadémie, le firent bientôt ju^er digne de monter en la chaire du maître, dont i! fut fait professeur public de la philosophie en cette môme Université en l'âge seule* ment de 23 ans, et s'acquitta de cet emploi avec tant de louange et d'applaudissement des savants, que sans se publier par hs marques communes du poil et du sourcil philosophique, il emporta par la vigueur extraordinaire de son esprit la réputation du plus subtil philosophe qui fût en Espagne; et il fut encore en l'eslime de l'un des [tlus solides professeurs de celte science pointilleuse; ayant acquis la perfection de la doctrine qui borne la suffisance d*un homme savant avant môme qu'il eût atteint la perfection de l'âge de Thomme.

« II commença cependant à se déplaire en Pexercico de sa profession ; se figurant que toute la gloire qni'il y pouvait recueillir n'était dans la vérité qu'une fleur de langue fort sujette à périr; et que dans tes pénibles travaux ouMI prenait pour Tinslruction d*autrui, il n était que comme la pondre au jour do fôle, qui pour réjouir les autres se consume elle-même ; clont il délibéra prudemment de porter plus haut les visées de son âme, et minuta quant et quant sa retraite de la chaire de philosophie et du monde dans quelque ordre religieux où il pût consacrer ses études par la sainteté de sa profession et faire des travaux de son esprit une marche à l'éternité. Ainsi, ayant éclairé de près la doctrine elles vertueux déportements des Pères de la Compagnie de Jésus qui étaient h Cordoue et à Salamanauo, et aperçu tes fi'uils signalés de leurs cnaritnbles emplois et de leur religieuse conversation, il entra dans la Compagnie b l'âge de 27 ans, cherchani la Nalisfaction de sa conscience' et la sûreté de son salut dans la fuite du monde, qu'il n*avait pu trouver dans la force de son esprit et dans dans les flalleux avantages de la science qu'il avait acquise.

c II était près d'achever son noviciat dans la maison de probalion de Simanque, quand le P. François de Borgia, qui de duc de Candie s'était fait religieux delà Compagnie et la gouvernait alors en Espagne avec autorité, avant bien mesuré cet esprit et reconnu ce qu il valait, tant en vertu qu'eu capacité, l'envoya à Rome pour y ôtre produit avec avantage. Il n'y fut pas vu qu'il f fut connu et aussitôt employé par ses supérieurs pour lire la philosophie au Collège romain, où l'on lui commit d'entrée trente jeunes religieux étudiants, qui étaient la fleur des esprils choisis de toutes les provinces, en Tespérance que l'on avait qu'ils ne feraient point d'avancements médiocres sous une Si exqnîse et si solide instruction*

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DES CàRBlNÂDX.

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« La scfence et la répulaCioDt qui font sou- Tent d'Os enflures dans KAme et la jettent hops de ses justes alignementSt ne firent Jnmaîs désordre dans la sienne. Il recevait foules les louanges et les applaudissements de ce grand théâtre comme des offrandes sacrées qu'il portait sur i'autel de Dieu ; et quoique les éminentes qualités de son esprit le relevassent beaucoup par-dessus ses collègues» sa douceur néanmoins et sa simplicité éloignée d'ostentation le rendaient familier et aimable è tout le monde. De la chaire de la philosophie il passa à celle de la théologie, qui exerça son esprit dans ces tiaules et divines matières; mais comme il fi*y avait rien de trop saint pour st grande vertu, aussi ne trouva-t il rien de trop difficile ou de trop profond pour se dérobera la force de son génie et la clarté des lumières de son âme. Tout Rome résonnait des louanges et de la recommandation de sa doctrine; plusieurs cardinaux, évoques et prélats l'allaient ouïr dans sa classe avec de grandes satisfactions, mais principalement quand il était extraordinairement appliqué h prêcher la parole de Dieu aux églises, car tout ce qui était de savants et de bons esprits dans celte capilalo du monde affluait a son auditoire, et dans les ravissements où lis étaient emportés, ils étaient contraints d*avouer que pour s'imaginer Quelque chose de plus profond en savoir il fallait s'imaginer Quelque chose de divin.

« Le Pape Pie V, qui apporta au Siège souverain de PEglise la sainteté qu'il y prit en titre, bien informé des rares qualités de Tolet, le choisit pour être son prédicateur ordinaire, en laquelle charge il a continué l'espace de vingt -cinq ans sous le pontificat des successeurs de Pie, c'est è savoirde Grégoire Xllf, Sixte V, Urbain VII, Grégoire XIV, Innocent IX, Clément VIII, desquels il a été le théologal et le prédicateur ordî» paire et a toujours demeuré en leur palais pour être comme à leur main et leur servir d'un puissant organe à soutenir et à mouvoir la machine du gouvernement spirituel par les ressorts de ses conseils.

« Il fut, outre cela, employé par les Papes en plusieurs charges et offices de conscience, h Tinquisilion, à Ta péaitence et ailleurs; au ipaniement desquelles il rapporta tout ce qui était à espérer d*un docte et pieux théologien et (l'une personne parfaitemeul bien intentionnée et QJèle è Dieu et à Tl^glise. Çt il montra encore qu'il savait excellemment Tartde la négociation et la science des affaires aux eQ3|)lois qu'il eut hors de Rome» tant en Pologne, où il alla par le commandement du Pape ?ie V, eu compagnie du cardinal Commendon, légat de Sa Sainteté vers l'empereur Maximilien H, com'me en Flandre, où le Pape Grégoire XIII Tenvoya pour des aifaires importantes de la religion, et où par ses doctes coaférences et dans les combats d'esprit qu'il livra aux hérétiques les plus factieux de ce pays-là, il remporta tje glorieuses et immortelles dépouilles, Sutre autres, il entreprit une dispute à Lou-

vain avec le plus savant et (ont ensemble te plus acéré et le plus indomptable partisan de quelques nouvelles erreurs, qui, tout rempli de l'opinion de sa suffisance et chatouillé de la vanité de quelques pareils combats qu'il avait livrés avec quelque avantage, eut la hardiesse de mesurer ses armes avec celles de Tolet; mais il se trouva accueilli d'une si forte batterie de raisons et d'arguments, el si puissamment enlevé par la force de cet esprK non pareil, qu'il fut contraint de jeter a ses pieds les armes criminelles de son infidélité vaincue et d*avouer par un écrit qu'il signa de sa main et envoya au Pupe Grégoire, que la doctrine incomparable de Tolet Tavait acquis à la vérité catholique et qu'il n'appartenait qu'à lui de dissiper par les divines lumières de son esprit les fantômes d'erreur qui avaient assiégé son Ame.

« Or quoiqu'il lût employé dedans et dehors la ville de Rome en toutes sories de grandes et importantes, occupations pour l'honneur de l'Ej^lise et le bien de la religion, il attacha encore son esprit à la composition de plusieurs beaux livres, tant en philosophie comme en théologie ; et particulièrement il travailla sur diverses pièces de TEcriiure sainte qu'il a illustrées de ses riches, doctes et renommés comipentaires dans lesquels il a éternisé son nom et son esprit mille fois plus honorabJem.ent que n'ont jamais fait les plus excellents artisans dans les miracles de leurstravauxj et les grands monarques du monde dans leurs colonnes et leurs superbes obélisques.

£t je ne sais si jamais il a été donné un plus illustre et plus aulhentirfue témoignage au mérite de quelque écrivain que celui que le Pape Grégoire X,IIi rend à la savante plume de Tolet en un certain bref dépêché en sa faveur en l'année 15$&, par lequel il le fait lui-même le juge et le censeur de ses écrits ; attestant que sa doctrine est si irréprochable, sa prudence, sa fidélité et sa diligence si recommaudables, comme il dit l'avoir éprouvée et reconnue par un long et familier usage qu'il a eu de lui, l'ayant employé en de trèsrgraodes et importantes charges, qu*il n'est, nullement raisonnable que ses écrits soient, comme ceux du commun, soumis au jugement et à la censure d'autrui..

« Le Pape Sixte V, successeur de Grégoire, voulant honorer sa vertu et récoo)f)enser les travaux qu'il avait pris pour 'Bglise;, s'était une fois ré&olu à le faJrp cardinal; mais il se laissa enfin «aincre. en sa résolution, tant è la profonde aliénation que Tolet montra avoir de celte dignité si éloignée de sa profession» comme aux justes remontrances, du général de la Compagnie^ qui le pria instamment de n'ouvrir point è l'ambition qui pourrait naître en l'esprit des sujets plus considérables do rOrdre,uni porte que son saint et sage foar dateur Ignace avait désiré être éterp^llameot fermée ; faisant obliger tous les profit par un vœu exprès à n'aspirer jama

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aocaoe charge ou dignité dans l*Eglîse:

sachanl bien d'ailleurs, que tout ainsi que pour trop arracher les greffes d*un arbre on le rend enGn du tout abâtardi ; et que nour avoir trop dépeuplé tes compagnies religieuses de leurs meilleurs hommes, on les avait enfin désertées.; qu'il pourrait de même arriver è sa Compagnie, si cette dangereuse ouverture était faite de se voir dégarnie des meilleurs ouvriers qu*elle aurait élevés pour la manutention de TE-

f;lise et pour l'honneur de la religion. Il ne ut pas si aisé de détourner les bonnes volontés qu'eut le Pape Clément VIII pour Tolet; car quoiqu'on sût lui proposer au contraire, il le fit cardinal de puissance et d'autorité absolue, ornant ses mérites passés de la pourpre et la dignité qu'il lui conférait du nouveau mérite de son obéissance.

« L'éclat de cette éminente dignité, quel* que lustre d'autorité qu'il appnratt à ses vertus, ne le tit point paraître plus grand devant ses yeux. Il demeura toujours en sa première humilité et retint toutes les bonnes nabitudes auiquelles la vie régulière et l'amour de la croix avaient formé ses mœurs. Il s'était déjà accoutumé depuis qu'il logeait au palais des Papes i de grandes et sévères abstinences, ne se nourrissant presque que d'herbes et de légumes; quoiqu'il montrât un vigoureux embonpoint, pareil k un esprit célrste qui ne vit que de lumières et d'ardeurs. Et il continua cette même sobriété tout le temps qu'il fut cardinal, vivant comme celui qui n'avait de commerce avec les parties grossières de la chair et du sens qu'autant que la seule nécessité l'y pouvait attacher. II jeûnait tous .es samedis de Tannée, au pain et à t*eau, en l'honneur de la glorieuse Vierge, Mère de Dieu, è laquelle il avait une dévotion fort particulière: et jeûnait encore un carême tout entier à son honneur, qu'il commençait quarante jours devant la fête et solennité de sa triomphante Assomption dans le ciel x et ne laissait, quelque temps qu'il fit, chaud, froid ou pluvieux, d'aller è pied chaque samedi, du palais du Vatican où il était logé, dire la Messe è l'église de . Sajnle-Marie Majeure qui est au mont Esquilin, quoiqu'il y eut plus d'une dei'nilieue de chemin. Mais il trouvait toutes ces peines douces qui étaient employées è honorer la Mère de son esprit et la tutrice de son salut.

Il avait bien le moj^en, comme confesseur, conseiller de conscience et principal confident du Pape Clément, d'accroître ses revenus par le nombre des bénéfices ecclésiastiques ; et il lui en fut souvent offert de fort considérables par ce Pontife qui l'estimait et l'aimait granuement. Mais lui aussi, ayant le pouvoir de soutenir sa dignité, plus par son mérite que par cette pompeuse dispen« aation, et par ce superbe usage des ricnes- $es de l'Eglise; et d'ailleurs ne craignant

Eoint de disette où il avait Dieu pour héri- 1^61 refusa constammeol tous fes bénéfices

que le Pape lui voulut donner, et se contenta d'une simple pension pour vivre honnêtement et dans la bienséance de sa condition ; tout persuadé qu'il était, qu'en la balance du vrai honneur, une vertu pèse plus qu'un nombre de mitres.

« Aux assemblées du sacré consistoire des cardinaux, et partout où il fut recherché de son avis et de son conseil, il y apporta tou« jours de bonnes et de sincères intentions, un esprit fort et un cœur parfaitement épuré pour se lier du tout aux intérêts de l'Eglise et de la religion. Ce qu'il fit voir tant aux affaires d'Allemagne et de Hongrie qui se traitèrent durant son cardinalat, comme

f principalement en celles de France et de 'absolution de Henri le Grand, de très-beureuse mémoire; laquelle il sollicita, achemina et avança avec tant de courage, nonobstant les puissantes oppositions et les contradictions d*Espagne, qu'il sembla que tout h succès et la gloire lui en fussent dus. Et certes, comme témoigne de lui l'éminentissime cardinal Duperron qui né^ gociait alors celte affaire en la cour de Rome, outre qu'il renonça en cette occasion en faveur de la France à toutes considérations humaines pour embrasser l'équité et la justice de la cause du roi, qu'il ferma les yeux à l'obligation naturelle qu'il pouvait avoir envers son prince, sa patrie et ses parents, qu'il foula aux pieds toutes sortes de menaces, de promesses et de tentations : il prit encore tant de peine et de corps et d'esprit pour cette négociation, qu'on s'é* tonna qu'il n'eût succombé sous le faix; combattant tantôt par écrits, tantôt par conférences ceux qui étaient contraires, remuant et animant ceux qui étaient slupides ; et en somme, portant cette affaire avec un tel zèle et une telle fermeté que le roi n'eût su espérer tant de preuves, pour ne dire point tarit de chefs-d'œuvre et do miracles, du plus affectionné de ses serviteurs. C'est ainsi que parle ce grand cardinal : ajoutant au roi dans la lettre qu'il lui en écrit, qu'il devait compter enire ses bonnes fortunes de voir que ses vertus , nonobstant de si grands obstacles, eussent fait une telle impression en l'esprit du cardinal Tolet et au'il eût ajouté à ses autres conquêtes celle 'une âme, non-seulement ornée de tant de de savoir et de piété que l'envie même n'ysaurait trouver è calomnier; mais même si généreuse et si héroïque qu'elle ne savait rien craindre que du reproche de sa conscience, ni espérer que du mérite de sa vertu.

« Et outre l'affection générale qu'il con-

ffut pour toutes les affaires de France dans a véritable opinion qu'il prit , que les avantages et les intérêts de la souveraineté spirituelle de l'église étaient liés avec ceux de cette couronne, il eut encore toujours en haute estime les belles et incomparables qualités du roi Henri le Grand; ce qui le fit opiner au consistoire, que si l'on voulait faire une ligue de guerre contre les Tnres e et les H «bométans I ((u'il n'y avait prince oî

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roi en la chrétienté qui mf'Titât en être le chef et le conducteur que lui , tant pour être le premier chrétien et le Gis aîné do TEglise, que pour être le plus vaillant et le plus redouté prince du inonde, cl pour avoir surpassé tous les ca|)ilaines de son temps , autant en la vertu militaire qu*en la gloire des armes.

« Ce bon cardinal vivait dans une heureuse vieillesse, appuyant de ses sages conseils les pieuses et les généreuses volontés du Pape Clément, et en tout prêtant romme les mains h ce grand Pontife pour opérer les merveilles de son gouvernement , quand la mort inespérée è tous, sinon h lui, vint ravir soudainement un grand prélat à TEglise, un sage conseiller au Saint-Père, un appui à la piété, un exemplaire à la vertu, une lumière a la TFJigion , un ornement singulier au monde. Il était sorti un jour de la Notre- Dame d*a(»ût, de grand malin , du Vatican , où il logeait , et s*en était allé à pied selon sa coutume en un temps si chaud , et tout vieux et repl<*l quMI était, ^ Saintc-Majour, et y avait célébré la sainte Messe» tout ému et suant comme il était arrivé. Depuis lequel excès il ne se porta jamais bien, encore que huit jours après il semblât être guéri ; mais lui étant survenu une ûèvre assez violente , il en fut aussitôt abattu , et emporté au septième accès , avec le regret do tous les gens de bien qui recueillaient les fruits d*une vie si précieuse, et à qui il partageait ses charités, ses conseils, sa doctrine et ses exemples.

c II fît de tout le temps, quoique court, de sa maladie un abrégé des dévots exercices qu*il avait pratiqués en sa vie secrète, par lesquels il se préptira dignement h bien mourir, éclairant dans les ténèbres de la mort le chemin du Ciel oCt son esprit allait par les lumières de ses vertus. Il reçut avec une. grande dévotion les sacrements de TE* glise , donna sa bibliothèque au Collège Uornain , ordonna des récompenses è ses serviteurs domestiques, à chacun selon son mérite; et outre douze lampes d'argent et quantité d'ornements qu'il laissa à l'église de Sainte-Marie Majour, il Gt héritier l'autel de la Vierge, h laquelle il avait toujours eu une forte dévotion , du reste de ses biens, fondant autant de messes qu'il se pourrait, selon la portée des moyens qu'il laissait, qui seraient célébrées chaque jour h Thonneur de la Sa in te- Vierge, et pour l'aide des âuies des trépassés. Comme il se sentit atteint du coup de la mort, il Gt prier le Pape , qui logeait lors h Monle-Cavallo , de lui envoyer sa sainte bénédici ion. Mais le Pape, en témoignage du grand état qu'il faisait de lui , la lui alla donner en personne , s'entretint avec lui environ demi-heure, le consola , et pleura avec de tendres sentiments, et enGn prenant congé de lui, le baisa au front, et l'embrassa de grande affection , lui laissant des arrhes du gracieux et glorieux accueil ciue son ftme devait bientôt recevoir au Ciel.

« Dn peu devant que mourir, comme

quelqu'un de ceux qui l'assistaient lui eut sngg<»ré ces paroles du glorieux Saint-Martin : Seigneur^ si je suis encore nécessaire à votre peuple^ je ne refuse point le travail. Il ré« pondit que cela ne lui convenait pas. Et comme un autre avait avancé ce mot de l'Apôtro [Philipp, I, 23) : Je désire être déliée et être avec Jésus-Chrisl, Voilà, dit-il , qui est pour moi, et depuis il reJit souvent ces douces paroles, jusqu'à tant qu'il congédia son esprit entre les mains et dans le sein de son Sauveur. On tient quM reçut h sa mort des grâces fort singulières de la Mère de Miséricorde, de laquelle il avait été si affectionné serviteur. Il décéda trois ann après avoir été honoré de la pourpre , le 14 de septembre de Tannée 1596, âgé de Ik ans moins vingt jours. Il fut enterré suivant sa dernière volonté en Péglise de Saint-Marie la Grande, auprès du seuil de la porte, où le Pape lui Gt faire de très-somptueuses obsèques , qui furent fréquentées d'un concours inestimable de peuple. Le roi Henri le Grand , qui , selon sa magnanimité accoutumée, ne voulait rien devoir h personne, ayant appris le trépas de ce cardinal qui avait si courageusement défendu son droit et porté ses inté* rets h Rome, honora sa mémoire en France d'un service solennel , qu'il commanda loi être fait de magniGcence royale aux églises cathédrales de Notre-Dame de Paris et de Rouen. De quoi le Pape Clément reçut une

Î grande satisfaction, et en loua la générosité, a bonté, et la piété du rot très-chrétien, non moins grand è reconnaître les bons oflices qui lui avaient été rendus , qu'à pardonner les injures qu'il avait reçues.

TOUBEiLi; DU Cardinal tolet.

Francisco Tolelo Cordubensi S. R. E. presb.

card. sumino tbeologo, verbi Dei priedicatori

cximiojn rébus mngiiis agendis consilio,ecpru-

denti^i singulari: qui ob excellHiitem virliiiem,

ei mérita praeclara, Clemenlis Ylll, Pont. Mai.

judicio, priniusinsocietaiem Jesu amplissiuiam

dignilalem intuliu

^ixit annos lxxiii, iiienscs xi, dies x.

Obiil an. MDXCVI. die xiv sept.

Sancla Dei Génitrice bsRrede instiiula presby-

teris qui ad ejus altareMissas célèbrent censuia

perpeluum attribni jussfU Benedicins Jiislinianus, etPeirus Àldobrandintit Cardliiafles executores testamentarii Collegx opilmo, et capituluin, et canonici bujus basilicx, viro aniplissiino, et oplinie de se merito

posuerunt.

« Jean-Antoine Petramfliarius, Michei Vasquez, Antoine Sandère, Hilarion de Coste et quelques autres ont écrit VEloge de ce cardinal. Les cardinaux d'Ossat et du Perron, en divers endroits de leurs EpttreSf en font honorable mention. »

TOLOMEI (Jban-Baptiste), jésuite, né h Pisloie le k décembre 1653, fut revêtu de la pourpre sacrée par le Pape Clément Xi , le 18 mai 1712. — Il refusa d'abord cette distinction; mais le Saint-Père lui ayant envoyé un canJiual pour le déterminer h se soumettre à sa voloiilé, il prit le parti d'obéir. Il succédait au saint cardinal de Toor*

lOM

non. Membre des congrégations du Saint- Ollice f du Concile , des Indulgences et Sainti^s-Retiques, de l'Examen des évêques, des Tilres , de l'Index et de In Visite apostolique, après avoir rempli les fonctions de camerlingue dans les conclaves tenus en 1721 ot 172fc , lors de Téloclion des Papes Innocent Xlll et Benoit Xlll , il mourut h Rome h In suite d'une Kmgue maladie, le 18 janvier 172G, dans la 73* année de son flprei et la H* de» son cardinalat.

TOMACFLLI (Albéric) • Napolitain, fut créé en 1125, par le Pape Honorius 11, prè« Ire-rnrdinal du titre do Saint-Jean et de Sainl-P.ini.

TOMMASl (Joseph-Marie), né h Alic^le m Sciie, le ik septembre 1G49, était fils do Jules Tommnsio, ou Ton^masi, duc de Palma, prince de Lampcdosa. — Dès Tâge le plus tendre, il sefilaça sous la firoleclion de la sainte ViiTgo, cl i^ril, dans la plupart de ses ouvrages, k^ nom de Josepli-Mariacarus. Il tâcha diroilerles vertus de celle qu*il avait prise pour se |)rolectrice, et fit vœu de chasteté. Quoique Tafné d'une illustre maison, il céda son droit de primogénilnre à. un frère puîné, et, suivant l'exemple d'un oncle et de

auatro sœurs ()ui avaient quille le monde, renonça h tous les avantages que lui offraient la naissance et la fortune. Eniréchez les Tlséaiins de Pa^erme, il prononça ses vœux le 25 mars 1666. Presque toujours en prière, il se faisait remarquer en outre par une rare modestie, par des mortifications rigoureuses, malgré la délicatesse de son tempérament, par un détachement complet des choses du monde. Ses prières, ses austérités ne l'empêchaient pas de se livrera l'étude, et il ne brilla pas moins par sa science que par sa piété. La philosophie, la théologie, la lit'lérature païenne, les antiquités ecclésiastiques et la liturgie l'occupèrent tour à tour. Il étudia le grec, Thébreu, le syriaque, le chaldéen, Tanibe, l'éthiopien. Ses recherches dans les bibliothèques et dans les couvents de Home le conduisirent h des découvertes importantes sur cette partie de la science ecclésiastique, qui règle l'office divin. Malgré son ap|)lica(ion h l'élude et son amour de la vie conlempUtive, il occupa divers emplois danssonordre, et fut attaché par les pontifes à plusieurs congrégntions. Telle était sa réputation de sainteté que Clément XI, aussitôt après son élection, voulut le consulter f^our savoir s'il accepterait le trône f)Onlitîcdi. Clément XI, dans sa septième promotion, en 1712, l'éleva au cardinalat. Cette éclatante dignité, objet des vœux de tant d'autres, n'éblouit pas le modeste religieux

3ui portait ses vues plus haut. Il refusa; et fallut un ordre formel du Pape pour le contraindre à accepter. Il conserva sous la

Eourprela simplicité, la fiugalité «lu cloilro. a légère augmentation de ses revenus pro« (ita aux pauvres, dont sa maison devint i'aêile : en six mois il leur distribua quatre mille écus d'or, et en envoya cinq cents aux catholiques suisses pour les aider dans la guerre qu'ils soutenaient alors oonire les

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