‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 233 sur 350 · DICTIONNAIRE TOM · texte numérisé non relu

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cantons I rotcsinnls. Renouvelant l'ancienne discipline de l'Rglise, touchant les litres des cardinaux, il prêchait tous les dimanche!i dans l'église de Saint Martin aux Monts, qui était son titre, et il se faisait une gloire d*j appren<lre aux plus pauvres la religion. Son zèle s'étendit jusqu'à tâcher d'amener uno réforme générale dans la ville de Rome, tant h l'éj^ard du cérémonial que pour les vêtements des femmes des dilférontes classes, dont il voulait proscrire l'immodestie cl lo luxe franchissant certaines bornes. Dans ce but il présenta un m;^moire au Pape, qui Qt assembler auprès de lui un certain nomliro de cardinaux, et ordonna h ceux de la dcinière promotion de se rendre aussi à ce conseil pour y donner leur avis. Rome ne jonit pas longtemps des exemples de ce noble prince de l'Eglise, de ses soins apostoliques^ des profusions de sa charité. Une mort trop prompte Tenlov^i de ce monde lo 1*' j»invier 1713, dans sa 6i* année. Il ne laissa pas de biens, et légua, par fon testament, ses meubles, son carrosse et ses chevaux au colléj^e de la Propagande. Il avait écrit au duc de Palmn, son neveu, pour le prier do donner quelque gratification h ses domestiques.

Modeste jusqu'au tombeau, il avait demandé h être inhumé sanst)om[)e dans le cimetière public : ce vœu ne lut-point exaucé. On lui éri{?ea nu sépulcre de marbre dans son église. Nous ne ferons point ici rénurnération de tous les ouvrages du savant cardinal ; on la trouve dans sa vie, (pii parut h Rome en 1803, dans lo VIII* volume de ses Olîuvres, et dans Moréri. La publication de ces Oliuvres, recueillies par le P. Vezzosi, a commencé h Rome en 1747; elles se composent de 2 vol. in-fc*. Voici les titres des principaux écrits du cardinal : I. Codices sacramenlorum nongentit annû vç/U5(iore5,Rome, 1680, in-V; cet ouvrage est dédié à la reiiio Christine de Suède; II. Psalterium juxia duplicem edilionem Jiomanam et Gallicamun^ cumcanticis.hymnario et orathnali^ ibid., 1683, in-4'; ïll. Psalterium cum canticis versibus prisco more distinctum^ argumeniis et orationibus velastis^ novaque Ulterad explicatione brevissima dilucidaîum ; ibid., 1697, in-i" ; i V. Antiqui libri Missarum H. E etc. ; ibid., 1696, in-4-. V. Indiculus inrtitutionum (heologicarum velerum Palrum ; ibid . , 1701, in-&*; VI. Institnliones theologicœ an-tiquorum Patrum^ ouœaperto sermone exponunt breviter theologiam^ sive theoreficam sivepracticam; ibid., 3 vol. in-8\l"/09-10-12. Le 1" vol. contient les PrescriplUns de Tertullien, V Avertissement de Vincent de Lérins et deux discours de saint Grégoire de Nazianze, Tun, sur la modération qu'il faut garder dans les discussions de théologie; Tautre est le premier discours théoloj^ique. Le 2* vol. renterme les trois livres de saint Cyprien à Quirinus^ les Ascétiques de saint Basile, ses Discours sur le jugement de Dieu^ sur la trai$ foi, et sa Morale. Le 8* vol. contient VAncorat de saint Kpipbaue, l'abrégé que ce docteur a fait lui-même de VAncorat, et sa profesaion de foi. On a en-

fins

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DES CÂRDINADX.

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eore de ce rardinal* Uni en latin qu'en italien, des Dissertations sur des points de critique» sur des usages liturgiques, sur des questions d*anliquiiés, des livres ascétiques, imprimés ou manuscrits. L*abbé Tito-Livio» référendaire de la congrégation de Tlndex, prononça Toraison funèbre du saint cardinal, dont on ne peut mieux finir la notice qu'en rapportant l'éloge que fit de lui Clément Xi dans le consistoire qui suivit son dé<^s. « Je sens, » dit le Saint-Père, « je sens plus que les autres pertes, celle que je viens ae faire du très-illustre et très-pieux cardi<!> nal TomiMsi : je regrette vivement que nous perdions sitôt ee modèle de la sainteté, cet exemplaire de l'ancienne discipline, qui la retraçait par sa conduite et par ses écrits. » La congrégation des Ri tes ajantreçu diverses informations de grâces obtenues par Tintercession du pieux cardinal, ordonna par décret de mai Vîik qu1l en serait plus amplement informé, et que cependant on lui donnerait le titre de vénérable. Après de nouvelles enquêtes, un décret du 1" janvier 1761 déclara constant que le cardinal avait pratiqué les vertus à un degré héroïque. Un autre décret du 28 mars 1803 constata deux miracles opérés par les prières du pieux prélat. Enfin Pie VU, par décret du 5 iuin suivant, décida, conformément à Tavis unanime de tous les membres de la congrégation des Rites, que Ton pouvait procéder à la béatification du cardinal.

TONTI (Michbl-At^ob), de Rimini, archevêque de Nazareth, créé en 1608 par le Pape Paul V, prêtre-cardinal du titre de Saint- Barthélemi en Tlle, puis de Saint-Pierre es Liens, évêque de Géséna, mourut en 1622.

TORNAQUINCE. — Voy. Pierre.

TORQUEMADA (Jean de), plus connu sous son nom latinisé de Jtirrecr«ma<a, a été confondu à tort avec le trop célèbre inquisiteur Thomas de Torquemaaa, son concitoyen, son compatriote, et Dominicain, comme lui. — Le grand inquisiteur, pendant les seize années de son ministère, prononça une foule de condamnations diverses, et fit brûler un grand nombre de victimes ; Jean de Turrecreinata ne condamna et ne fit mourir personne. Né, en 1388, d'une famille illustre en Espagne, il entra, dès l'ftge de 15 ans, dans l'ordre des Dominicains, ou frères

Erêcheurs. Les talents qu'il manifesta de onne heure le firent remarquer, et le P. Louis de Valladolid Pammena avec lui en 1517 au concile de Constance. Après la clôture de celte assemblée, il fut envoyé par ses supérieurs è Paris otl, en 1^23, il fiit reçu le premier au doctorat, et où il enseigna avec éclat la théologie. A son retour en Espagne, il parut avec tant de distinction qu'on le fit successivement prieur des maisons de son ordre h Valladolid et h Tolède. La capacité uu'il déploya dans ces emplois le mit en évidence. En 1431 Eugène IV Rappela à Rome, l'investit de la dignité de maître du sacré palais, et, peu après, l'envoya en qualité de sou théologien, au concile de 91!e« Torquema4a s'y distingua par

son éloquence, par son savoir; le Saint-Si-ége n'eut jamais un défenseur plus zélé. Il ot>tinl la condamnation des erreurs de Wiclef et de Jean Huss, qui conservaient encore des partisans, et repoussa victorieusement les attaques des hérétiques contre les dogmes de l'Eglise. L'irritation des Pères du concile contre Eugène IV était alors h son comble; tous les efforts de TorquemadA avaient été impuissants à la calmer. Cesi alors qu'il fut envoyé parle Pontife, enqua« lité de nonce en Allemagne, afin de s'opposer, de concert avec le cardinal Santa Croce, aux entreprises des prélats du concile qui travaillaient à détacher ce pays de l'obédience d*Eugène. Non-seulement il réussit, mais il détermina les princes et les évêques è se réunir au nouveau concile indiqué par Eugène à Ferrare, et transféré è Florence. Torquemada y assista aussi ; Il j soutint sa réputation, et fut un des commissaires nommés pour dresser le décret d'union entre les deux Eglises grecque et latine. C'est dans ce concile qu'il se lia d'une étroite amitié avec le célèbre Bessarion. Député par le Saint- Père auprès du roi de France, Charles VU, pour rengager à faire la paix avec les Anglais, il apprit è Angers qu'Eugène IV Tavait promu au cardinalat le 18 décembre U39. L'année suivanle, il se rendit à l'assemblée des prélats de France à Bourges, et, s'il ne put faire abandonner entièrement le concile de BAIe, il obtint que, du moins, on demeurerait attaché à Eugène, que le concile de Bâle venait de déposer. Ce cardinal eut ensuite diverses prélatures en Espagne. 11 faisait de ses revenus le plus noble usage. Le roi d'Aragon, Jean II, lui témoignait la plus grande considération. La mort d*Eugène IV ne diminua en rien le créd'it dont jouissait Torquemada à la cour de Rome. Nommé par Calixte 111 évêque d'Albano, il fut transféré par Pie II sur le siéçe de Sabine. C'est à ses conseils que le dernier Pontife dut le succès de l'assemblée de Mantoue, d*où tous les autres cardinaux lui conseillaient de se retirer, parce qu'à son arrivée il avait trouvé peu d'ambassadeurs des princes chrétiens. Ce grand théologien, cet illustre prince del'E* glise, mourut à Rome le 86 septembre 1^68, Agé de 80 ans. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages, dont vingt-sept sont imprimés et quatorze manuscrits; on peut en voir le catalogue dans la Bibliolheca hispan. d'Antonio, et dans les Seriptores ordinis Prœdi^ catorum du P. Quclif. Voici les titres de quelques-uns : I. Expositio brevis et utilU super totum Psalterium, Rome, U70 in-4*; IL Tractatus de aqua benedicta^ ibid. H75, in-&*; 111. Quœstiones spiritualis convivii delicias prœferentes super evangeliis tain dû temporequam de sanctis^ ibid, 14T7, in-fol.; Nuremberg, 1478, in-fol.; IV. Commentarii in decretum Gratianif Lyon, 1519, in-fol. 6 vol.; Venise, 1578, 4 vol. in-fol. ; Rome, 1727; sollicité, par le Pape Nicolas V, à travailler sur le décret de Gratien, Torquemadfl^ avait d'abord fait un commentaire sur le traité fie €onsecratione, qu'il acheva malgré

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