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martyre du saint apôlre, dont Tépiscopat avait, dans ces contrées, précédé le sien de 1700 ans. La vue des reliques sacrées, exposées aux regards, sous un baldaquin magnifique, les milliers d'assistants qui se pressaient dans Tancienne cathédrale de Saint- Pierre et déjà électrisés par le chaut des saints cantiques, la musique militaire et la majesté d*un cortège dont il est impossible d'exprimer Téclat, tout se réunissait pour donner à i*oratcur Taccent le plus pénétrant et le plus solennel.

Le cardinal Villecourt n a point été étranger à la nomination de Mgr Pallu-du-Parc 3ui a succédé sur le siège de Blois à Mgr es Essarts. Eu 1853, le concile de la province de Bordeaux s'étant tenu à la Rochelle, Mgr Villecourt en a fait le discours de clôture, qui a été imprimé en latin tel ou'il Tarait traduit lui-môme. Vers la Gn de 1855, il se rendit à Rome pour exposer au Saint- Père l'état de son diocèse. Pie IX Ta con* traint de demeurer dans la Ville sainte, où il Ta retenu en qualité de cardinal de la France. Sa nomination evSt du 17 décembre 1855. Trois jours a}>rès, MgrVillecJurt a re-

{fu du Saint-Père le chapeau et l'anneau avec e titre decardinal-prôtre de Saint-Pancrace. Le gouvernement français a accueilli cette nomination avec bienveillance; et, par ses ordres, l'hôtel de l'ambassade a fait les frais de la réception du nouveau cardinal. Le cardinal Villecourt est membre de quatre congrégations : des Rites, du concile de Trente, des Ëvèques et des Réguliers, et de l'Index.

£n 18i^9, le prélat a publié un ouvrage intitulé : la France tt le Pape^ par un ancien vicaire- général^ dédié aux évéques de France. Cette production a excité l'intérêt de l'univers catholique. Puis : Nouveaurécit deTap* parilion de la Saleite. II est également auteur d'une inlroduclion placée en tète de la Défense des sept sacrements^ traduite par H. Potier, et d'une traduction latine du syriaque des deux EpUres aux Vierges de saint Clément, Pape; et c'est celte traduction que nous avons reproduite en regard du texte dans notre tome 1" de la Pairologie gréco- latine. Mais l'ouvrage principal de Son Ëminence le cardinal Villecourt est sans contredit le volume in-quarto publié aux Ateliers catholiques de Monlrouge, en 1856, et contenant ses œuvres oratoires. Elles sont divisées en onze parties. La première contient des discours sur l'histoire ecclésiastique ; la seconde, un cours d'instruction pour le Carême; la troisième et la quatrième, un cours d'instructions sur les péchés capitaux et sur les Commandements de Dieu; la cinquième , une Retraite ecclésiastique ; la sixième, des discours sur les saints mystères ; la septième, des sermons et des allocutions pour les fêtes des saints ; la huitième, des éloges et des oraisons funèbres; la neuvième est intitulée, Mariana, ou discours sur la sainte Vierge; la dixième, Monio/ta, ou discours à des religieuses; la onzième partie contient dirçrses allocutions,

et principalement pour une tournée épiscopale. Le prélat a adopté pour ses instructions un genre nouveau qui les rend trèsintéressantes et utiles aux ecclésiastiques.

VILLEMUR (Ponce de), Français, évêque de Pamiers, créé en 1350 par Clément VI, cardinal du titre de Saint-Sixte, mourut en

VINCENT-LAURO, né h Tropea, villf de la Calabre ultérieure, et élevé dans la maison desCaraiïa, ducs de Nocera, étudia à Naples et à Padoue. Après avoir étudié les langues anciennes, il fit de grands progrès danfi la philosophie et dans la médecine. — Entré dans la maison de Patil Parisio, cardinal do Cosenz8,il s'unit d'amitié avec Hugues Ruoneompagno qui, parvenu au pontificat sous le nom de Grégoire XIII, le fit cardinal en 1583. Avant d'être élevé è cette dignité, Vincent s'était attaché au cardinal de Tournon, qui lui avait donné de riches bénéfices en Auvergne. Après la mort de ce cardinal, François de Lorraine, duc de Guise, introduisit Lauro dans la maison d'Antoine, roi de Navarre, afin qu'il empêchât la reine sa femme, et leur entourage, de porter ce prince à embrasser le parti des calvinistes. Ce prince étant mort sept mois après, Lauro s*en retourna h Rome avec le cardinal de Ferrare, qui était alors légat en France. Comme il avait demeuré longtemps à la cour de Rome, et que les grandes connaissances

au'ij avait acquises dans la médecine lui onnaient un accès familier auprès des grands, il fut employé en diverses ambassades, dont la plus considérablo. fut celle de Pologne, où il fut envoyé par Grégoire XIII pendant le règne de Sigismond. Il y demeura après la mort de ce prince; il était encore en Pologne lorsque Henri de France, duc d*Anjou, fut choisi pour succéder à Sigismond, et lorsqu'Ëtienne Balhori fut placé sur le trône que venait d'abandonner Henri III. On dit que Lauro était parvenu précé* demment à introduire è la cour de Jean III, roi de Suède, Antoine Possevin, savant Jésuite, très-propre aux négociations les plus importantes, lequel ramena Sigismond à la religion de ses ancêtres, ce qui lui permit de régner sur la Pologne. Enfin Lauro, devenu cardinal, attirait sur lui les vœux do tout le monde, et il était considéré comme le chef futur de l'Eglise. On prenait pour augure de sa grandeur un accident extra* ordinaire qui lui était arrivé; car au premier voyage qu'il fit à Rome, étant encore fort jeune, il assista au spectacle que l'on avait coutume de donner au public la veille de Saint-Pierre et de Saint-Paul ; et s'élant trouvé par hasard sur le passage d'un taureau, il fut enlevé en l'air par les cornes de cet animal furieux sans en recevoir aucun mal. Pendant les conclaves de Sixte V, dTrbain VII, de Grégoire XIV, d'Inno^ cent IX et de Clément VIII, il fut regardé comme un sujet digne du pontificat, et n'eut d'autre reproche à essuyer que celui de l'attachement qu'il avait eu autrefois pour le roi de Navarre. La faction d'Bspagoe se

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couvre de cette raison, pour rendre suspect au Sacré-CoUége ce pieux elsarantcardinali DOD qu'elle Id cr&t partisan de la France, mais parce qu'elle savait qu*il ne serait pas favorable aux Espagnols. Enfin il mourut à Rome en 1592, après avoir donné tous ses biens, qui étaient considérables, à ThApital d'as malades. Son corps fut inhumé sans

f^ompe dans réalise de Saint-Clément, dont 1 portait le titre, et sur son tombeau on plaça une épitaphe modeste, comme il Tavail ordonne.

VIO f Thomas de) était surnommé Cajetân de la ville de Gaëte, au royaume de Napics, où il avait pris naissance le 20 février 1469. — Entré, à Tâge de 15 ans dans Tordre de Saint-Dominique , il fut reçu docteur en théologie eu 129i, n'ayant encore que ^ ans. Après avoir professé 'a théologie, avec éclat, è Brescia et h Pavie, il fat élu, en 150Q, procureur général de son ordre, et général en 1508. Il avait alors 39 ans. C'est dans cet emploi Qu'il rendit de signalés services au Pape Jules II, en faisant avorter le projet d'un concile, que voulaient tenir à Pise Tempereur Maximilien et le roi de France François I*', et en persuadant è ce Pontife d'en ouvrir un dans l'église de Latraii. A cette occasion il publia un livre, où it prouve qu'un concile général ne peut ôtre assemblé que par l'autorité du Pape. Léon X, pour le recompenser, l'éleva à la dignité de cardinal lel*' juillet 1517, et le 26 avril de l*année suivante, il le tit son lésai en Allemagne, où il assista, en 1519, à la diète, qui conféra à Charles-Quint la couronne impériale. Le principal objelde la mission du cardinal Cajetan était de travaillera rattacher Luther à rEglise romaine avant que ce fou« gueux novateur eût consommé sa séparation. Cajetan avait la science et les talents nécessaires pour remplir avec succès une pareille mission. Il y montra même, de l'aveu des Luthériens, une modération qui honore son caractère; mais il avait contre lui les puissances , dont les passions et les intérôlg étaient engagés dans la prétendue réforme. Sa qualité de Dominicain devait,' d'ailleurs, nuire au succès de la négociation dans une querelle qui tirait son origine de la rivalité de cet ordre avec celui des Augustins, auquel appartenait Luther. Léon X était bien loin de soupçonner les proportions qu'allait prendre cette affaire qu il appelait une querelle de moines. l>es disputes d'étiquette amenèrent d'autres obstacles. Cajetan rejeta la voie de discussion. Luther se refusa à toute rétractation, fis ae séparèrent sans avoir rien décidé. Cajetan nommé, le 13 avril 1519, évéque de Gaëte, fut encore envoyé, avec le titre do légat en Hongrie, d'où il revint l'année suivante. Fait prisonnier, en 1527, par les troupes de Cbacles-Quint, lorsqu'elles s'emparèrent de Rome et la saccadèrent, il fut obligé de se racheter au prix d une rançon de cinq mille écus romains, ce qui le contraignit à aller vivre économiquement dans son diocèse, afin de se procurer ce qui lui était nécessaire pour rembourser ceux

qui lui avaient avancé cette somme. Rap. pelé à Rome par le Pape Clément VU, il y mourut, la môme année que ce Pontife, \e 9 août 153&>, Agé de 66 ans et demi. Mal* gré une vie si occupée, ce cardinal trouvait moyen de donner chaaue jour quelques heures h l'étude; il s'en était fait un devoir, et c'est ce qui eiplique comment il a pu écrire tant d'ouvrages. Les principaux sont ; I. Commentaire» sur VEcriture tainie^ Lyon 1639,5 vol. in-fol. Ils sont précédés de sa Vie par Fouseca. « L*auteur s'y attache trop strictement au sens littéral, fait peu d'usage des saints Pères, s'y exprime avec beaucoup de liberté sur la Vulgate, et se per:i:et quelquefois des explications singulières. Comme il ne savait pas les langues originales, il se faisait rendre le texte mot k mol par des rabbins, qui l'ont quelquefois égaré. Sur le Nouveau Testament, il s'est trop attaché à la version et aux notés d'Brasme. L'ouvrage fut durement (Michauu, Bioffraphie univenelle^ art. de M. Tabaraud) attaqué par Catharin, et censuré par la faculte de théologie de Paris. Il opposa è la censure une apologie, où il s*expiioue $tif • certains endroits et se défend sur «rautres* Celte apologie n'empêcha pas qu'on ne fît des changements dans l'édition de 1639. C'est pour cela qu'on lui préfère les anoiennes, surtout celles qui sont antérieures au décret du concile de Trente sur la Vulgate. (On y trouve celui qui est intitulé : De/'auiorité du Pape.) IL Un Commen^atre fort eourt sur la Somme de iaint l'homas^ commentaire qui se trouve dans les éditions de celte Somme, Anvers 1577 ; Lyoa 15&1 ; Bergame . 1590, et avec quelques retranchements dans Tédition compièie de ses ouvrages, publiée è Rome en t57ftpar les ordres de Pie V. III. Opuscules, sur divers sujets, Lyon, 1582. Il y attaque les conciles cle Constance et de BAIe, soutienl le droit exclusif du Pape d'assembler les conciles généraux; sa supériorité sur ces grandes assemblées; son infaillibilité, etc. La faculté de Paris, k laquelle il fut déféré, le fit réfuter. IV. Commentaires sur la philosophie d'Aristote. V. Traetatus de comparatione Papœ et concilii^ Venise, 1531 et 1562. « Cajetan possédait une vaste lecture théologique. Il avait de la clarté el de la méthode ; mais il n*esl le plus souvent qu'un compilateur. Il avait divisé son Coinmeniaire sur te Nouveau Testament en 13 chapitres, auxquels il donnait le titre bizarre de Déjeuners du Nouveau Teslameni. Il a eu des partisans zélés et des censeurs sévèresdans les deux communions. ii(ffricfi») Mélanchthon eu fait un portrait peu flatteur. Chamier vante sa droiture, sa candeur et sa modération. Calharin, son confrère, le combat avec fureur, el Sixte de Sienne ne sait comment le louer. « C'était, » dit Bossuet, « un esprit ardent et impétueux , plus habile dans les subtilités de la dialectique, que profond dans l'antiquité ecclésiastique. » . Voici son éloge par le P. Alby [1641^] :

« Quoique les ingrédients de plusieurs qualités entrent en la composition de la,,

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DICTIONNAtRE

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Smndi'ur; si n'en faut-il au une eicfllenle 'esprit pour faire un granu homme, comme il ne faut qu'un vice remarquable en cette partie qui rail Thomme, pour le démettre de M condition. Ce qui a fait accroire, avec quelque raison, que les habitudes de l'esprit, et les vertus intellectuelles qui forment l'homme, et le tirent de la boue, sont comme la plus pure quintessence de l'homme, l'esprit de TAme, et les trarts les plus augustes qui tirent en l'homme l'image de la vraie grandeur.

« C'est aussi ce qui a toujours fait juger (pour ne parler ici des autres) le Irès-illus- Ire cardinal Cajetan digne de la plus haute estime, et comme l'on de ces grands noms qui composent ce magniflque collège d'honneur, et cette multitude de sages que TEcriture appelle la santé de la terre, et le

Jour éclairant du monde : ayant mérité par 'essai des éminentes habitudes de son espril, d'être appelé par emphase, le grand eêprit et le miracle dee esprile de son tempe.

« Il tira de sa naissance, la noblesse et la Tivacité de cette eicellente partie de son âme : et comme la nature sembla s'èiro essayée d'en faire un chef-d'œuvre de ses fa* ▼eurs, la grAce prit plaisir do travailler sur un ai beau fonds, et de relever son ouvrage sur de si nobles dispositions. Ses parents, auparavant qu'il vint au monde, apprirent les heureux destins nue les amours du ciel lui tenaient préparés; son père ayant été averti en songe qu'il aurait un fils nommé Jacques qui serait grand en l'Eglise de Dieu, et sa mère l'ayant aperçu entre les bras de saint !^homas d'Aquin qui lui donnait la première instruction des lettres et des bonnes mœurs, ot Tenlevait comme son favori dans le ciel. Ces songes ne furent point vaios. Le petit Jacques en son plus bas Age fit voir une agréable copie des mœurs, et de IVsprit du jeune saint Thomas : et ses premières années, qui ne sont qu'innocences aux autres, et qui ne montrent que les boutons, furent en lui exemplaires et pleines de fruits de Tcrlu.

« Les soudains avancements qu'il fit aux lettres furent un effet de la prompte vivacité et capacité de son esprit, a qui Tétude de cet art qui apprend è parler, et toutes ces connaissances qui forment Tentcndement des jeunes gens, semblèrent plutôt servir d'ébat et d'amusement, que d'occupaiion.

D'ailleurs l'honnêteté de ses mœurs, la piété, la modestie, et le reste de ces douces et aiinables vertus firent que ses parents furent recherchés de le donner en mariage h i*un de quelques partis assez avantageux qui se

{présenteraient pour leur fils : mais lui préérant ta sainteté du célibat à la chasteté du mariage, aima mieux engager ses dévotes volontés à Dieu par un vœu exprès, que de les captiver sous d'autres lois a une créature.

« Ensuite de son vœu il rechercha d'entrer en l'ordre de Saint-Dominique, auquel il fat reçu eo TA^ de quioxe ans, et sur iealrepn$9 que tet pareots faisaient de

l'enlever par force , emmené h leur insu dans une barque de Cayète èi Naples, où U fit son noviciat de religion, durant loquol il surpassa par sa piété ses autres vertus , comme depuis étant passé aux études do la philosophie, il devança de beaucoup par la force de son esprit, tous ceux qui étaient entrés en même lice avec lui.

« De Naples il passa h Padouo et à Pavie où il consacra aux divines matières de la théologie les belles lumières de son esprit, et les connaissances qu'il avait déjà acquises ! et comme il n'y eut personne qui ap-. portAt à cet emploi de plus profondes pensées, et de plus hautes élévations d*âtne , Sue lui, aussi personne n'en rapporta plus e réputation de sudisance, qu'il fit paraître dans les occasions les plus importantes qui se présentèrent, et qui le firent juger digne do succéder aux chaires du grand Albert et de saint Thomas de qui il représentait les génies et la vertu du monde.

« Il passa maître en l'Age de vingt-deux ans è Ferrare, en présence du duc et du général de son ordre, où il ne montra pas tant un essai qu'une pompe et un triomphe de son savoir. Et il entra quand et quand par un mérite généralement reconnu dans la chaire de la philosophie, et puis dans celle de la théologie en l'université de Pavie, de laquelle il augmenta la réputation par celle de son incomparable esprit, et de sa rare suffisance, qui furent des biens presque aussi propres è cette noble académie, où ils parurent avec tant de gloire, qu'à la famille religieuse qui les avait produits.

« Rome, jalouse de ce trésor Je rechercha, et entre autres le cardinal Olivier Caraffe

gui était alors un des grands ornements du acré-Collégo et protecteur de l'ordre de Saint-Dominique, ayant appris du bruit commun, ce qu'il valait» employa son crédit pour l'y attirer, afin qu'un mérite si rare reçût sur le plus haut ihéAtre du monde, les justes applaudissements et les fruits légitimes de la reconnaissance publique. Là le savant Cajetan garantit bientôt la vérité de la réputation commune, et en marqua de nouvelles preuves dans la poudre des écoles de^ la. philosophie, et de la théologie, qu'on nomme seolaslique. D'où il passa à enseigner les saintes écritures de la nouvelle et ancienne alliance : faisant paraître dans la fidèle explication de ces sublimes vérités apportées du ciel, une doctrine subtile, mais solide, des beautés éclatantes, mais saintes, des lumières extrêmement vives, mais qui éclairaient l'esprit, et échautTaieDl le cœur en même temps de ceux qui Técoutaient.

« Le crédit et l'autorité qu'il s^cquil dans ces fonctions laborieuses le portèrent aux charges les plus éminentes de Tordre, qu'il posséda quelques années avec grande satisfaction de tous, et mérita enfin rboaneur de l'administration générale de sa religion qu'il exerça l'espace de dix ans* et eo laquelle il composa la plus belle dwhar monies qui forment un gouveniemeiil feer

DES CARDINAIX.

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reiix» accordant une rare prudence, aTeo une vertu exemplaire.

Ce fut environ ce temps-lè (]u*il obligea le Saim-Siége d*un signale service à l'occasion du concile de Pise, qui, pour ôtre appuyé de la faction de Temperenr Haximilien, et du roi Louis XII, était pour produire de grands et violents désordres en la chrétienté, si lé Pape Jules II, contre qui cet orage dangereux était élevé, ajant réprimé les fauteurs, et les promoteurs de cette assemblée par las censures ecclésiastiques, le docteur Cajetan n'eût guéri les esnrits faibles, et con« fondu les libertins, par les livres qu'il donne au public D$ la puinance du Pape^ dignes dé I estime de son esprit, et de Tintérét de l'Eglise qu*il défendait.

Le Pape Jules ayant été prérenu de la mort auparavant que d'elTecluer les bonnes volontés qu*il avait ()pur Cajetan en recon* naissance de ses services ou de son mérite, le Pape Léon X oui succéda h Jules au Siège, comme en Vestime de Cajetan, le nomma cardinal du titre de Baini-Sixte, comme celui gui était pour lors en TEglise en opinion d'une excellente probité, et d*une incomparable doctrine, mais lui seul se crut indigne de cet honneur que tout le monde déférait i sa vertu, et il augmenta j'estime qu'on avait de lui par le mépris qu'il témoigna de ces pompes de gloire»

« Cette nouvelle dignité lui servit de place d'honneur pour étaler avec plus d'éclat les biens de son âme, et les richesses incor^ ruptibles de son esprit. Et quoiqu'il arrive ordinairement que les hommes élevés aux plus hautes charges, sont esclaves de trois maîtres : de l'Etat ou du Souverain qui les a élevéi, de la réputation, et des affaires publiques : ce qui fait qu'il ne leur reste point de liberté, ni en leur personne, ni en leurs actions, ni en leurs heures particulières. Notre cardinal néanmoins se maintint tellement en la possession dea lé^times libertés de bm occupations ordinairesi qu'il voulut retenir avec l'habit de sou ordre qu'il ne quitta jamais, toutes les bonnes habitudes, auxquelles et la vie régulière et les longues éludes avaient accoutumé son esprit. Ce qui lui fournit le loisir d'inter^ prêter presque toute la sainte Ecriture qui aura toujours des ombres que les plus éclairés ne pourront percer, et d'acliever les doctes et subtils eommentairei qu'il nous a laissés sur la Somme théologique de saint Thomas d'Aquin, qui font une digne enchâssure au diamant d'une si exquise doctrine : sans parler de quantité d'autres ou* vrages, où il a rendu compte à la postérité du temps qu'il avait ménagé pour elle.

cil fut ensuite pourvu du Pape de l'archevêché de Panorme, et quelque temps après nommé par l'empereur Charles è i'évéché deCajète, à l'administration duquel ayant apporté un puissant courage avec de trèssincères et charitables intentions, il déclara une guerre sainte aux vices et à toutes les nécessités, et s'acquit en |>eu de temps l'estime des sages, l'amour des peuples, les

vœux et les prières de tous les affligés^ « Comme il travaillait ainsi soigneusement è cultiver son diocèse, il se présenta une occasion importante de le quitter pour servir au bien de toute l'Eglise, glorieuse pour lui, mais produite par une cause funeste à toute la chrétienté. Ce fut un grand remuement de religion et d'Etat, arrivé en Aile* roaçne è l'occasion des indulgences qui avaient été préchéesau duché de Saxe, qui furent le prétexte de l'apostasie de Luther, et la matière du schisme qui déchira l'Allemagne en d'horribles partialités, et passa le couteau de division jusqu'au cœur de l'empire. Le Pape Léon voulant promptement éteindre ce feu qui a failli a ravager les plus fleurissantes provinces de la chrétienté, y dépécha le cardinal Cajetan eu qualité de son légat, pour opposer les armes de sou esprit aux funestes nouveautés» et è la pesti lente doctrine de Luther; et travailler par son adresse, jointe à son autorité, i la salutaire réduction d'un nombre d'esprits, qui s'étaient séparés avec plus de légèreté, que de propos résolu, de la créance de l'Eglise.

« Le cardinal y alla, et dans les premières conférences quMI eut avec Luther è Augabourg,où il l'obligea de comparoir, non-seulement il vengea l'honneur de la vérité par la victoire de son capital adversaire, l'ayant convaincu d'avoir eu des sentiments erronés et d'avoir publié des propositions déji condamnées, comme il lui montra par les anciens conciles; mais encore il le disposa à une rétractation publique, pour être réconcilié avec la vérité qu'il avait outragée f^ar ses combats de plume et de voix, etavec 'Eglise qu'il avait trahie par sa révolte.

« Toutefois sa rétracuition ne fut qu'une confession masquée, qu'il Qt avec plus d'ëclnt et de cérémonie que de véritable sentiment. Car s'étant présenté derechef devant le légat, suivi d'un notaire, et de quatre conseillers de l'empereur, lui tenant un cartel è la main, qu'il lut tout haut, en la même façon que lait aux querelles d'épée celui qui tient l'honneur d*8utrui, et le rend k celui qu'il a offensé, il fll voira travers de quelque apparente soumission qu'il rendit è l'Eglise, la vanité de son esprit, et son obs-r tination qui est le dernier caractère de l'erreur. Ce qui fit ouvrir les yeux au légat, pour venger avec autorité et avec la menace des censures, celui qu'il ne pouvait retenir

Ëar amour dans le devoir de l'obéissance^ lais cet esprit présomptueux è qui ta folle ambition avait déià délié l'attache, et l'avait lancé contre l'Eff lise, après avoir obtenu de l'empereur des lettres de sévérité, et inter^ jeté un appel du légat qui fut affiché aux carrefours d'Augsbourg, s'enfuit secrète^ ment, et attira un nombre de partisans à 8% suite, et h l'amour de ses nouveautés.

«Le cardinal» depuis employa tout ce que peut l'esprit le plus adroit et le mieux in^ tentionito qui fût, k rappeler ces dévoyés dans le soin de l'élise; mais la moti sur-t Tenue de l'empereur MaiiîoUien confondant

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les troubles et les inlérôts de la religion, daos ceux de TËtat, rendit tous les soins et les travaux du légat inutiles ; et Thérésie profitant delà faiblesse du temps et des esprits, après avoir divisé la créance des peuples^ divisa si fort les esprits et les cœurs, qu'elle fit des Etats d'Allemagne une mer de tempêtes civiles, et un ampbitbéÂtre de fureur et de sang.

c Ces désordres obligèrent le cardinal-légat h se retirer d'Allemagne, où sa dignité trahissait la sûreté de sa personne, et a retourner au plus tôt h Rome, où quelque temps après le Pape Léon étant mort, et tout le conclave des cardinaux se trouvant divisé en d*étrnngos factions, sans avoir pu de longtemps s'accorder au choix d'un successeur, il arriva que le cardinal Cajetan saisi d'un soudain ravissement de Tesprit de Dieu qui voulait faire un coup de sa providence par-dessus toutes les pensées et les jugements des hommes, ayant nommé le cardinal Adrien pour lors absent en Navarre, et peu connu dnnsRome, attira les vœux et Jes consentements de tous les électeurs, au suffrage de sa recommandation comme à une TOix sortie de la bouche de Dieu ; et justifia autant par son élection le mérite moins reconnu d'Adrien, comme ce 'saint et sage Pontife justiGa depuis par son mérite l'élection de Cajetan.

« Adrien, ainsi promu au pontificaf, prit des soins très-ardents pour la conservation de la Hongrie, alors cruellement battue et Affligée des armes du Turc : et s'étant résolu par Tes sollicitations du cardinal Cajetan de s'aider à la sauver de la ruine qui la menaçait par tous les secours et les subventions qui seraient è son pouvoir, il envoya devers le roi Luuis, le même cardinal, avec de notables sommes de deniers, lui préparant en cette nouvelle négociation de nouvelles

I)eines, pour récompense de la charge qu'il ui avait procurée, et croyant bien qu'il n'ér tait pas moins aue lui appelé è une couronne, qu'il fallait porter piquante sur la terre, è qui la voulait porter brillante dans le cIeL

« Cette négociation n'ayant pas eu le succès espéré par la faute de l'évèque de Varadie qui était le principal mobile des actions et du conseil du roi, et qui flt hAter la bataille contre le Turc, en laquelle toute l'armée chrétienne fut. taillée ou rompue, et Je roi même se sauvant à* la fuite noyé dans un marais, le cardinal soutint comme il

Eut et appuya de son courage les restes ranlants de l'Etat, et quoiqu'il eût appris le trépas avancé d'A<lrien, si ne crut-il pas devoir abandonner de sa présence, et de ses soins ce pauvre royaume affligé, quelques peines ou périls qu il y eut pour lui auparavant la création du nouveau Pontife qui fut Clément Vil, de qui il reçut l'exprès commandement de réunir à Rome, ou il fit en son entrée triompher la vertu, dans la pauvreté de son équipage, et où il ne rapporta d'une si laborieuse administration, que la gloire d*BvoirserviconrageusemeDtlepubiic>

sans intérêt particulier, comme uu soloil qui n'infecte sa pureté d'aucune eontagion terrestre pour tant de voyages qu'il fait sur la terre.

« A près son retour, il servit quelque temps le Pape de conseil, et d'instrument principal dans l'action de son gouvernement, qu'il vit en peu de temps réduit à de piteuses extrémités : et dont les premières sérénités se rompirent en un funeste et cruel orage, qui exposa la première ville du monde aa sac, et aux brigandages d'une nation étrangère : les temples et les autels aux profanations sacrilèges, les trésors sacrés au pillage : les évèques et les cardinaux à la ran^ çon, et le chef môme de l'Eglise aux indignités scandaleuses d'un siège, et à la hoD«^ teuse captivité d'une prison

« Ce fut encore alors que la fureur et le ravage du vainqueur insolent se répandant hors de Rome, allèrent chercher le cardinal Cajetan dans la retraite où il avait cru de tirer son esprit è l'écart du tumulte, el d'ouvrir son cœur aux consolations du ciel, puisque celles de la terre étaient mêlées de tant d'amertumes* Auquel temps il fut merveille comment il se soutint avec une joie et un courage extraordinaires, sous le fait des incommodités qui accompagnèrent, oa qui suivirent sa captivité. Il se racheta avec cinq mille écus d'argent de la vexation des luthériens ;-etdans Tes misères qui l'assiégeaient de toutes parts, il tr(Tuva de quoi assister de conseil, de' consolation, et de» effets de sa charité, un grand nombre de misérables, comme dans les troubles funestes, et confus de la guerre, il trouva du repos et du loisir pour faire des livres, vivant tranquille et assuré dans le tumulte des armes, ainsi qu'un Alcyon au milieu de la mer, et sur l'agitation des vagues.

« Certes, h celte occasion, il a laissé des marques précieuses à la postérité des plus pures lumières de son esprit, et du feu le plus sacré de'son cœur. Et comme l'on voii encore que la mer s'enfle davantage et élève plus violemment son flux aux lieux oii elle est plus serrée : aussi sembla-t-il que l'esprit du cardinal Cajetan pressé dans le détroit de ses dernières années, déploya ses opérations avec plus d'abondance de doctrine, et avec de plus hautes élévations de discours. Ce fut en ce temps que le Pape Clément l'ayant consulté sur le mariage de Henri VIII d'Angleterre avec Catherine, infante d'Espagne , mariée en premières noces à Arlhus, prince de Galles, frère aîné de Henri, il assura l'esprit du Pape h prononcer pour la validité. Et en toute autre rencontre sa suflisance passa en telle estime, que sa doctrine servait de règle, sa plume de flambeau, sa voix d'oracle, et sou silence même de censure.

« Son cœur tout apprivoisé avec les pensées de sa mort, regut des messagers secrets du ciel pour se préparer à faire heureusement le passage de cette vie à l'autre. 11 8 redit sa fin prochaine h ses plus familiers. It comme l'on dit que la cigogne a Thaleine

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