‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 244 sur 350 · IT · texte numérisé non relu

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P^rme, réTérendaire dans Tune et dans l'autre signature et prélat domestique ila Pape, fut nommé, en mars 1700. vicaire général du Saint-Siège* vice-légat d'Avignon et surintendant des armes de cet Etal. — De retour à Rome en 1703, il fut appelé è la nonciature de Florence avec le titre d'archevêque d*£phèse. Nommé nonce en Po« logne en 1705, assesseur du Saint-Odice, Tannée suivante, il fut, en 1707, déclaré Battre de chambrn du Pape Clémoni XI, qui lui conféra, en 1709, l'archevêché dTrbin et la pourpre sacrée. Le cardinal Vital, nommé léff^l de Bologne, en 1713, fut enlevé, par une courte maladie, dans son archevêché dUrbin, le 17 décembre 171&, dans la cinquième année de son cardinalat.

VlTELLESCHI(JBAif). Voici son éloge par le P. Alby [164^]:

« Quoique la plus commune des causes extérieures qui travaillent à la fortune d^un favori, soit la disgrâce et la ruine d*un autre : étant toujours vrai que les démolitions de la fortune ne demeurent jamais inutiles; mais que comme d'une moiière d^jà toute trouvée, elle en bâtit le bonheur d'une nou* ▼elle créature de sa faveur, qu'elle fait toute ' de ses mains. Toutefois on ne peut nier que le principal modèle de la fortune oe se forme en l'homme même, en qui elle rencontre des qualités secrètes, mais avenantes à se

Koduire en un beau jour; et une certaine dnslrie à s'inciter soi-même et à se développer de misère, qui rend è plusieurs la fortune visible è leurs desseins, quoiqu'elle aoit aveugle; et abordable à l>;urs poursuites, quoiqu'elle roule toujours.

«Et je fais sans difficulté passer en ce rang le renommé cardinal Vitelleschi, qui ayant été porté au plus haut comble d'honneur et de puissance oit la fortune pouvait élever un homme de sa sorte, ne dut jamais ses avancements sinon à sa vertu particulière et à la force de son génie qui le mirent aux bonnes grâces de la fortune presque aussitôt Qu'il les eut méritées, eî lui obtinrent ses laveurs à mesure qu'il lui donna aes services, quoiqu'elle lui fltenûn éprouver que ses rebuts suivent ses courtoisies ; et que si la jouissance de ses biens peut être parfaite, elle n'est pas constante.

« Il naquit à Gornète, en Toscane, d'une famille noble en laquelle il trouva des exemples d'honneur «lu'il surpassa par ses actions. Depuis il rut appliqué è l'exercice des lettres et è l'étude des sciences qui forment Tentendement, qui donnèrent quel(|ue façon h la rudesse de son naturel brusque et impétueux, sans pouvoir vaincre son âpreté an dompter ses saillies : ce qui fut cause qu'il ne remporta de ce premier emploi de son esprit, qu'une médiocre suffisance; quoiqu'il ne manquât poiRt d'ailleurs d'un juge* ment net, d'une mémoire féconde et d'une merveilleuse facilité è expliquer ses conceptions. Cer tes son âme parut comme égarée et étrangère dans celte douce occupation des études ; sa nature pleine de feu le tirant ipiyours à ractioni e| subjuguant puissam*

ment son esprit à la loi de ses incUua-« lions.

« Il 5^6 trouva lié par je ne sais quelle rencontre è la suite d'un »meux tyranneau d'Italie nommé Tarlaille, qui, pour avoir plus d^esprit et de courage que de conscience, s'était emparé de quelques places importantes du pays, se faisant justice de la violence, loi de la force, et gloire d'étouffer par la tyrannie, la liberté des (leufiles, qu'il avait subjugués par les armes. Vitelleschi lui servit un temps de secrétaire, et (ce qui était plus de son humeur) le suitit aux exercices de la milice et aux expéditions des armes, faisant par inclination l'apprenlîs* sage d'un métier, duquel il devait un jour imr nécessité faire la profession. Mais la luneste issue de Tartaille à qui le Pape Martin V fit couper la tête, ayant étourdi le f premier dessein de ce jeune courtisan de la ortune, qu'il avait iioursuivie avec plus d'ardeur que de considération : il se résolut de la chercher dans la cour de Rome ; et pour prendre mieux celte ombre extravagante et fuyante devant ses pas, se jeter en terre, et pratiquer toutes les actions les plus soumises qu'il pourrait en cette cour de cérémonie, pour acquérir quelque faveur auprès du Saint-Père. Do quoi il vint h bout assez heureusement, s'étant en peu de temps coulé dans l'honneur de sa connaissance et de son estime, et reçu de lui en présent nn office de protonolaire apostolique, comme unerédule et une arrhe d'autres plus amples dignités que sa bonne fortune lui préparait.

« Ce fut néanmoins de la faveur du Pape Eugène IV, qui succéda à Martin, que ses promesses furent acquittées. Ce sage et courageux Pontife se trouvant enveloppé depuis son entrée au pootiflcat dans une extrémité d*épineuses et périlleuses affaires, voyant un concile assemblé à Bâie contre son autorité; une rébellion domestique conjurée contre sa personne ; Rome révoltée de son obéissance ; une partie de l'Italie mutinée contre sa conduite, tout TEtat de l'Eglise troublé et plein d'orage, et une tempête toute formée, qu'il ne pouvait conjurer ni par la crainte des censures, ni par le crédit de sa dignité : il se résolut en une occasion si funeste d'employer des remèdes violents pour arrêter d'extrêmes désordres ; et de dresser une puissante armée pour ranger de vive force les rebelles à leur devoir, avec dessein de les humilier à ses pieds, pour les reudre capables de ses bénédictions, ne voulant se servir de ses victoires, que pour se rendre père des vaincus, et changer enûn le nom do ses ennemis en celui de son peuple et de ses enfants.

« A laquelle entreprise il apporta tant do conduite et de courage, que sans interrompre la fonction zélée de sa charge, comme un ciel qui ne trouble point son cours pour les tonnerres et les tempêtes de l'air, il poursuivit sans trêve et sans répit les révoltés, par l'entremise des personnes qu'il choisit de cour et d'humeur à combattre fors^ueil

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DES CAtlDÎNAUX.

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obslîuéde la facUon ennemie. En quoi notre Vilelleschi rendit au Saint-Siège un service si considérable qu'il dompta par lo fer les rebelles armés et retrancnés dans les fortes places, cependant que le Pape domptai^ par les armes de lumière, la rébellion dans les esprits.

« Aussi fut-il infiniment cher è celui qui remployait* auprès duquel jl mérita luus les honneurs de la paii dans rËglise, avec tous les pouvoirs et les commandements de la guerre, ayant regu des bonnes volontés jet des libéralités du Pape, outre T'inlendance générale de ses armées et de tout le domain«f de l'Ëtat ecclésiastique, en qualité de son légat, les dignités d'évêque de Recanati, de patriarche d'Alexandrie» d'arche» vèque de Florence et les autres qui suivirenl bientôt après, qui lui ôtèrent tout sujet de jamais se plaindre d*avoir servi sans recom'^ pense et d*avoir mérité sans honneur.

« Depuis qu'il commença à mener l'armée de TEglise, il se porta si Aprement, et avec une contention de corps et d'esprit si infatigable h la poursuite des Ivrans révoltés» qu'il n'y eut point de difficulté qu'il ne surmontât, ni de résistance qu'il ne forçât pour faire obéir le sort des événements à tous ses desseins. H donna bataille à Antoine, comte de Pontedéra, qui occupait avec une puissante armée toute la campagne de Rome, jusqu'aux portes de la ville; le défit, le prit prisonnnier, et pour donner de la terreur aui autres, fit pendre tout nu à un arbre et exposa à la proie des loups» celui oui avait attenté h la plus haute nièce du patrimoine de l'Eglise, qui Pavait aépouillé de son héritage par des voies illicites et forcées, et en avait fait la proie de son infime rapine. Il usa de pareille rigueur contre Antome Pinsan qu'il fit ébrancher à un olivier'; contre Conrad Trincio, Jacques Vican Près* sat de Rome, et quelques autres qui s'étaient accommodés dans les désordres publics de plusieurs places, qu'il fit tous nasser par le fil de Tépée, abattant les plus nautes têtes qui avaient osé heurter la puissance et .es droits du Saint-Siège. Et sans s'arrêter en si beau chemin tout glorieux qu'il était de si beaux succès, il tourna ses armes contre les Malateste, les Savelle et les Colonne qui soutenaient toute la faction Gibelline, sa contraire et son ennemie, auxquels il 6ta une quantité de fortes places qu'ils tenaient; et après les avoir grandement atfaiblis et retranché leurs espérances, les réduisit enfin à la nécessité de se rendre et de s'humilier à ses pieds, s'ils vouhaient éviter la foudre qui était prête h tomber sur leurs tètes.

« Ainsi la fin de ces premières entreprises ayant surpassé tout ce que le Pape pouvait désirer de prospérité et de bonheur en ^es armes, il le créa cardinal, étant à Ferrare, pour récompenser et reconnaître les heureux travaux dont il avait obligé l'Eglise. Pour laquelle promotion le peuple romain témoigna à la première nouvelle t-mt de réjouissance, qu^après le signal des cloches

du Capitole, les feux de joie en furent allu^ mes par tous les carrefours; la jeunesse romaine fit la nuit des courses à cheval ateo tlàmbeaux allumés et de jour des combats de Yarrièro et des montres de parade : tout le peuple poussant h cris élances d'heureuses acclamations au cardinal de Florencot comme au père du peuple et au libérateur de I Eglise oppressée. Et il se fit encore une pareille fôle dans Rome, quand, revenant victorieux du siège de la forte et ancienne ville de Palestine, qu'il fit abattre, et égaler au niveau des herbes, il fut reçu dans cette ville de triomphes, comme un ange descendu du ciel pour la délivrance de l'Italie s tout le sénat, la noblesse et le peuple lui étant allés à la rencontre jusqu'il l'arc de Saint-Vitte, d'où il fut conduit en belle pompe sous 'un dais de brocarts d'or, les chemius et les rues jonchés de rameauE d'olivier et de rinceaux de palmes, les roorailles par où il passait tapissées de drape d'or et de soie; le peuple le suivant au cœur^ des yeux, dos vœux# de la voix et des' pas, comme l'obiet et l'aimant de ses ravissements ; jusqu à ce qu'il fut descendu au palais qui lui était préparé k Saint-Laurent m Damaso^ où il reçut en présent du sénat dans une coupe d'or douze cents ducats avee les VŒUX les plus ardents que les chefs du peuple offrirent k ses pieds, conune à l'autel de leur meilleure fortune.

« Mais le plus illustre de tous les hoa* neurs qu'il reçut, fut lorsqu'il eut délivré de la famine la ville de Rome et le pays d'alent04ir, et essuyé par ses soins les misères et les larmes du pauTre peuple. Car le sénat et le peuple romain, pour témoigner les sentiments qu*il avait de cette obligation, lui fit dresser dans le Capitole une statue à cheval, de marbre, au pied de laquelle on lisait gravé le nom du cardinal» avec le titre auguste de iromême père^ dt" puis RomuluSf de la ville de Home, Ordonna de plus en plein conseil, que les habitants de la ville JeCornète qui avait donné naissance au cardinal, seraient désormais censés citoyens* romains et jouiraient de toutes les franchises, honneurs et privilèges, comme s'ils étaient originaires de leur ville. Et finalement que le jour de saint Louis, auquel ils avaient été délivrés du siège et de la violence de leur capital ennemi par les armes victorieuses du cardinal Vitelleschi, ils offriraient tous les ans à l'église du Capitole, nommée Ara cœU, un calice d'argent acheté des deniers du peuple romain, en mémoire et en reconnaissance éternelle de leur lil>érateur.

«Ces chatouillements excessifs de llionneur, et la faveur riante de tant de prospérités continues, firent que le cardinal Vitelleschi s'étant rendu trop susceptible des fumées de la vanité, devint altier et entreprenant, et porta ^moins d'honneur et de respect qu1l ne devait à sa fortune. Dont sans s'amuser h rendre sa gloire pleine et entière, qui consistait è achever d'éteindre tes restes mourants de la rébellion, il pratiqua une. ligue

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'afec René d'Anjou» contre Alpbonsev roi 'd*Aragoqj qui lui querellait la possession du royaume de Naples, à qui il dohna bien de I eiercice^ sans emporter sur lui autre avantage considérable que la proie de sa dépouille» qu'il enleva par un stratagème de guerre» que le Pape comdamna comme incivil et 'messéanl a sa condition. El if fut encore 'moins satisfait de la prise du prince de TareDte,et de quelques violences et su percher! es dont il usa en son endroit : comme encore 'd*une nouvelle ligne qu'il entreprit avec Picinin contre les Florentins, qui furent les brèches qu'il ût à sa réputation pour les ouvrir à sa ruine.

I « Ainsi de si beaui succès» et tant de peines heureuses, et d*honorables travaux du cardinal Vitelleschi, qui avaient rendu

{'usqu'alors l'envie muette» et ouvert toutes es bouches à ses louanges, se trouvant aucunement ternis par ces dernières actions, excitèrent quelques secrets ennemis de sa fortune à décrier sa vertu et sa fidélité au-

Eres du Saint-Père» et à représenter son amition à un tel point qu'elle ne manquerait pas de lui faire bientôt prendre dans tout le domaine de l'Eglise le titre de souverain» dont il exerçait déjà la puissance : joint à 06 que n'avant pas assez de vertu pour descendre de la grandeur oit sa bonne fortune Pavait élevé» il aurait assez de courage pour s'y maintenir par force : ayant d'ailleurs des

{lersônoes affldées dans toutes les places brtes de l'Etat ecclésiastique» qui iraient au branle de sa fortune» et suivraient les mouvements de la roue qui les avait élevés. «Ce fut le cardinal Louis Scarampt, homme accort et artificieux, qui, ayant commencé à prendre l'ascendant dans les conseils du Pape» l'abreuva de ces opinions, et suggéra le moyen de se saisir 'de sa personne, et de Tarrèter dans le chAteau Saint-Ange : dont les ordres secrets en furent donnés à Antoine Rido gouverneur de la place, qui rencontra l'occasion la plus favorable qu'il pouvait attendre pour taire réussir son dessein. Car le cardinal étant sur son départ de Rome» pour suivre le gros de son armée qui lirait en Toscane» après avoir visité le travail du superbe palais qu'il faisait bâtir à Comète ; ît tlt savoir au capitaine Rido, qu'il se trou- ▼&t à son passage devant le chAteau Saint- Ange» pour recevoir ses ordres touchant les munitions et autres subventions nécessaires pour la conservation de la place. Duquel avis le capitaine profita si accortement »

3 n'ayant laissé passer les quatre régiments d soldats qui aevaiont servir d'escorte au cardinal qui filèrent sur le pont Saint-Ange» il fit tout à propos ouvrir les portes du chAteau» comme le cardinal parut à l'entrée du pont» accompagné d'un peloton de ses plus affidés qui environnaient sa'persoune : et lui sortant et s'avançant de plusieurs pas k sa rencontre sans armes» et avec un visage ouvert pour lui 6ter toute sorte de défiance» Tattira seul dedans la porte du château sous ombre de lui tenir quelque discours secret» QÙ lia Toyant asser engagé» prit hardiment

son cheval par la bride, donna le signal, fit abattre la herce, et lui mit en tète un escadron de soldats attitrés qui sortirent de l'embuscade, comme des bétes farouches de leur guichet, le menaçant de leurs armes pour l'obliger h se remettre sur la foi et la courtoisie de leur capitaine. Mais le cardinal s'animant à la vengeance par le dépit do se voir traîtreusement surpris, ei montrant dans cet extrême désastre de sa fortune un courage de lion, piqua son cheval de furie, le coutelas tiré contre Rido» et se démcma quelque temps en homme de cœur parmi les nallebardes jusqu'à ce qu'ayant reçu une grande blessure à la tète, et deux autres au cou et au bras droit, il fut contraint de céder au nombre, et à la force des soldats, qui l'emportèrent ainsi tout sanglant sur un lit doré : où louché d'une douleur stupide, et refusant d'écouter la fade consolation dont Rido amusait son esprit (qu'il avait trop mérité les bonnes grAces du Pape pour les perdre jamais, ou manauer d'honneur et d'emploi auprès de lui, hors de la profession des armes qui lui était moins séante)» il se soutint quelque temps de son courage qui luttait contre son indignation» et éle^ vait son esprit contre les violences de la douleur; jusqu'à ce que se laissant enfin abattre dans les profonds sentiments de sa disgrAce et de son mal» il eipira sans effort entre les mains des soUlals ; laissant au monde un exemple mémorable des faiblesses et de la cruauté de la fortune» qui, après avoir quelque temps soutenu ses favoris dans l'état de la grandeur» où elle les a élevés» se lasse enfin de les porter» et laisse tomber leurs services dans l'oubli» leurs mérites dans le mépris, leurs corps dans le cercueil» et leur mémoire souvent dans l'infamie.

« Son trépas arriva le onzième du mois d'avril de I année! IHO. Après lequel son corps fut porté à réglise de Notre-Dame de la Minerve, et là, exposé au peuple sans les ornements de sa digniié, la tôle» les mains» les pieds et les iambes nues, comme en spectacle public cfe«la vanité et de l'inconstance du monde. Et comme c'est l'erreur de la plupart des hommes» de crier toujours contre les malheureux » n'étant point de disgrAce» dont les grands qui la souO'rent ne soient coupables en l'opinion du vulgaire» il se trouva peu de personnes qui n'entreprissent de faire le procès aux excès de sa vie» et de le juger digne d'une telle mort. Quoiqu'il ne manquât pas encore d'esprits mieux raisonnants qui» mettant dans la balance le juste prix de tant de services passés» les jugèrent plutôt avoir mérité un meilleur et plus heureux destin.

Cependant sou corps fut retiré de la vue du peuple» et accordé aux parents du défunt pour être enterré avec honneur à Cornèle. Et depuis son mérite rencontrant plus de faveur dans les jugements de la postérité» a été couronné de la main de la justice» et relevé de magnifiques louanges par les Papes Sixte IV» Jules 11 » Léon X»^

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Clément VU, Paul 111, qui serviront de monument éternel à sa mémoire.

TOMBCAD DU CARDINAL VITELLESCOI.

ReTerencTissîmo domino Jo^iini de Viiellensibns de

Corneio patriarrhae Alexandriiio cardinali

Floreiiiino Bartlioloiuxiiii episco-

pusCoriietaiiusin poste-

rilalis inenioriam.

Qiiando ego pro palrîa, pro mojeslaie repressi PoiUiiif is, furias bcllonim, bosiesqiie siibegi ficclesî«e, noslris quae floruil aucta sub ariiiia Resiitui res eûluxas, urbes(|ue« decusque: Invidil sors airn luiîii, magis xmiila virttis, Imiiieritain siatuens non aequo mnnere nioriem. Obiil XI April MCDXL.

{Voy. Paul JoYB , — Jules Roscio ;

PlATINA; — GAftIMBERT.)

VITELLIUS, religieux, puis abhé, créd en 116^, par le Pape Alexandre III, diacre^ cardinal du litre de Saint-Serge el de Saintfiacche, mourut en 117^.

Vn ELOCCI (VtTELLi) , Italien, évoque de Cttla^di-Castello, nommé, en 1557, par le Pape Paul IV, diacre-cardinal du litre de Saint-Serge et de Saint-Bacche , puis do Sainte-Marie in Porticu^ de Sainte -Marie in Via lata^ et évoque d'imola, mourut en

VITER , se trouve mentionné, comme cardinal hongrois, vivant vers 1^12, dans le récit de la consécration de la nouvelle cathédrale de Gran (en 1856). D*apiè$ ce récit, le tombeau du cardinal Viter, surnommé Pater Patriœ serait encore à Gran. Toutefois nous devons avertir que nous n'avons pas trouvé le nom de Viter dans les grands ouvrages d'érudition relatifs aux cardinaux.

VITRI (Jacques de ) est ainsi nommé du lieu de sa naissance (Vilri-sur-Seine), bien que d'autres le fassent naître à Argenteuil, où il fut curé. — Il étudiait la théologie, lorsque, entendant parlerd'une sainte femme nommée Marie, qui s'était retirée dans le monastère d*Oignies, au diocèse de Liège , il alla trouver cette digne religieuse queson abnégation et ses vertus avaient rendue célèbre. Le spectacle d'une si grande sainte le confirma dans sa résolution de se consacrer è Dieu. Il devint chanoine régulier d'Oignies, puis curé d'Argenteuil. Après s'être signalé par son zèle pour la prédication, il suivit les croisés dans la Terre-Sainte, où il vécut longtemps, et où il fut évéque de Ptolémaïs ou Acre. Quand il fut de retour en France, le Pape Innocent III l'envoya, révolu du caractère do légat, en Belgique et en Allemagne, pour y prêcher la croisade conire les Albigeois. Sa mission terminée, il se démit de ses charges entre les mains du Pape Honorius III, et, cédant à son goût pour la vie contemplative, il alla se renferm(.T dans le monastère d'Oignies. Le cardinal Hugues d*Oslie ayant succédé au Pape Honorius en 1227, sous le nom de Grégoire IX, appela auprès de lui Jacques deVitri, son ancien ami, et dans sa seconde promotion, en 1228, le nomma cardinal-évêijue de Frascali. Pendant la durée de son pontificat, il ne créa uue quinze cardinaux. 11 '*etiQt

toujours auprès de lui, à Rome, son ami, qui y mourut en ViKk. Ses restes furent transportés nu monastère d'Oignies, comme il l'avait demandé par son testament, afin de reposer auprès do la pieuse femme à laquelle il avait voué une si profonde vénéralion. Jacques de Vilri est moins connu par les événements de sa vie que par ses écrits. On a de lui un Recueil de lettres adreêsées à différentes personnes y des Sermons sur Us évangiles el les épUres qui se disent à la sainte Messe pendant Tannée ^ les Ftes de plusieurs saintes femmes du diocèse deLiége^ parmi lesquelles Marie d'0i$2;nie$, appelée aussi do Wilbrouck et de Nivelles. Celle dernière Vie se trouve dans Surius, sous le 23 Juin. Elle a été traduite en français par Arnauld d'Andiily, dans son recueil des saints illustres. Les Sermons do Vitri ont été imprimés à Anvers en 1575. Son ouvrage le plus curieux et le plus recherché est VHistoire orientale e\. VHistoire occidentale : \\ écrivit la première à Ptolémaïs, la seconde après son retour en Europe. De curieux détails sur les productions naturelles de l'Asie, sur les habitants, sur les opérations militaires des croisés, surtout sur le siège die Damietle, et une description exacte de Ta Terre-Sainte^ font de VHistoire orientale une lecture intéressante. Elle est divisée en trois livres, dont les deux premiers ont été imprimés à Douai, 1597, in-8°. La préface omise dans cette édition, se trouve dans les Antiquœ lectiones de Canisius, tome IV de l'édition in-fol., pag. 27. Le l"el le 8* livre sont imprimés dans le recueil de Bongars, intitulé : Gesta Dei per Francos. Dom Martène a donnédepuis le second dans son Thésaurus anecdotorum^ t. III, pag. 268. Il dilTère un peu de celui qui est dans tes anciennes éditions. « VHistoire orientale offre plutôt un tableau moral et stniistique de la Terre- Sainte sous les princes chrétiens qu'une histoire proprement dite de la première croisade. Au milieu d'une foule d'erreurs de physique, on remarque un passage trèscurieux qui constate que l'aiguille aimantée, dont on ne fait remonter la découverte qu'au XIV* siècle, passait déjh, au commencement du xnr, pour êlre nécessaire aux navigateurs. Plusieurs détails géQgraphiques méritent aussi d'être remarqués. En 1597, Fr. Morchus avait publié à Douai le 1*' livre de VHistoire orientale^ et il a compris dans le même volume VHistoire occidentale. Ce dernier ouvrage n'est que l'histoire de l'Eglise du temps de Jacques de Vitri , époque do Tinstitution d'un grand nombre d'ordres religieux... Le cardinal de Vitri, tout en devenant historien , reste encore prédicateur, comme par l'habitude des premières années de sa vie. Il s'emporte avec véhémence contre la corruption des mœurs, el les reproches (pi'il adresse au clergé ne sont pas ceux auxçjuels il a donné Texpression la moins énergique. Il voyait avec une sorte de douleur apostolique Taccroissem^nt des richesses de l'Eslise, auquel il oppose la lettre et l'esprit ofe lEvangile. li fait de fr^

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