‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 73 sur 350 · CHA · texte numérisé non relu

CHA

DICTIONiNAlRK

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1550. — (Voy. Ducn^5B, Hist. de Boura., Lit ;

— DE Tnou, I. ni ; — Justkl, Hiit. de la Tour d'A uvergne ; — A ubert, Hiit. des cardinaux.)

CHAMPAGNE (Guillaume de) ou de BLOIS9 dit aux blanches mains^ fut arche- ▼ôque de Sens, puis de Reims, nommé car* dinal en 1180, par le Pape Alexandre 111, légat dans les Gaules el en Allemagne, ré-

f;ent du royaume et principal ministre sous e roi Philippe-Auguste. — Il était le quatrième tils de Thibaut, dit le Grande comte de Champagne, qui Tavait destiné dès son enfance à TEglise, comme on le voit par les lettres de saint Bernard, et frère d'Alix de Champagne, mère de Philippe- Auguste.

Aussi, lorsque ce prince entreprit le voyage de la Terre-Sainte, il laissa sa mère Alix et son oncle Guillaume régents de ses Etats ; ce dernier mourut à Lnon en 1202. Pierre de Blois lui adresse deux lettres, la 28* el la 122*. Etienne de Tournai, abbé de Sainte- Geneviève, puis évêque de Tournai, lui en écrivit vingt-cinq sur divers sujets importants. Comestor lui dédia son Histoire seo* lastique: el Gautier, célèbre poëtedu temps, son Atexandriade, — (Foy. Pierre de Celles, ). 1, epist. 5; — Guillaume Lebreton, in Philip,: — RiGORD, in Vila Philippi Longi ;

— SiiKT Bernard, epist. 2; — Jean de Sa- LiSBURT, epist. 287;— Roger de HoyeDEn;

— Vinceiil de Bbauvais; — Bzovius; — Spondb; — CiACONius; — Sainte-Marthe;

— AuTEViL, Hist, des ministres d'Etat )

CHANAC (Bertrand de), que quelquesuns ont confondu à tort avec Bertrand de Cosnac, autre cardinal ; ils étaient en effet Dés en Limousin Tun et raulre> mais celui dont il est ici question était archevêque de Bourges, patriarche de Jérusalem et administrateur de l'évèchédu Puy. •— Dès 13U il était clerc do la chambre*^ du Pape dénient VI; en 1350 il devint archidiacre d*Agde; en 1374^, archevêque de Bourges; en 1382, patriarche de Jérusalem, et, en 1383, administrateur de Tévêché du Puy^

au*il n*occupa que peu de temps. Créé carinal par Clément VH, en 1385, il mourut le 20 mai 140^, à Ayignon, ot il est inhumé dans l'église des Dominicains.— ( Voy, Bosquet, inFi7a Cre^. X/; — Zurita, I. x,c. 15;

— Frison, Gallia purpurata; — Saintb- Marthe, Gallia Christiana; — Aubery, Uist, des cardinaux; — Victorel; — OiNuphre;

— Ughelli ;— Baluse, Vitœ PaparumAieniensium,)

CHANAC (Guillaume de), originaire du Limousin, mais né à Paris, était petit-neveu de Guillaume, patriarche d'Alexandrie, et neveu de Fouques, mort évêque de Paris, le 25 juillet 13^9. — Placé dans Tabbaye de Saint-Martial àl*Agede 7 ans, il se fit recevoir docteur en droit canonique et deyinl prieur de Long-Pont et de Vézelay, abbé de Saint-Florent deSaumuren 135i» et évêque de Chartres en 1368. En 1371 il fut transféré à l'évêché de Monde, dans le Gévaudan, et, la même année, créé cardinal par le Pape Grégoire XL II mourut è Avignon le 30 dé-

cembre 1391. — {Voy. Onuphrr ; — Ciacik Nius ; — Frison, Gali. purp.: — Aubbrt, Hist. des card.; — Baluse, Yita Pap.Aven.)

CHARLES r% cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, de Narbonne, évêque de TonI, de Metz, de Verdun, de ThSrouane, de Luçon et de Valence; abbé de 9aint--De*nis, df) Fécamp, de Clunv, de Marrooutier, etc., naçiuit à Joinville le 17 février 1525. — Il était fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise, et d'Antoinette de Bour* bon; et frère de François, duc de Guise, et de Louii^ cardinal. Le roi François i", lo nomma archevêque do Reims h Tâge de quinze ans. Henri IL qu*il sacra en 15V7, avait beaucoup de déférence pour ses consoils.II renvoya è Rome auprès du Pape Paul IIL qui venait de donner le chapeau au jeune cardinal. Charles, à son retour, se déclara ou vertement contre les cal viulstes,elenKageA le roi h sévir contre les sectaires. En 1SÎ59, il conclut au nom de ce prince, la paix fie Cambrai, et, après sa mort, il sacra François Il d*abord , puis Charles IX » Tuo et l'autre fils de Henri IL Sous le règne de Charles IX, il assista, en 1561, au colloque de Poissy, où il réfula les blasphèmes de Théodore de Bèze contre la réalité du corfis de Notre-Seigneur dans TEucharistie. Des contemporains disent qu'il avait ménagé cette assemblée, pour y faire briller son éloquence. Il se trouva ensuite au concile de Trente, passa à Rome pour y conférer d'affaires importantes avec le Souverain Ponllfe Pie IV, et retourna h Trente pour assistera la conclusion de ce concile. A son retour en France, il célébra un concile provincial à Reims, en 156i, et en 1572, Gl partie du conclave qui élut Grégoire XII. Il fut en* suite envoyé en Espagne par Charles IX. On voit encore des monuments de sa piété et de sa muniticence dans les académies, qu'il fonda, ou renouvela, et dans les séminaires qu*il établit. Après avoir rempli lès fonctions les plus importantes du royaume» dont il gouverna aussi les flnances, en quelité de ministre d*E(at, il mourut, le 96 décembre 15711^, comme il était parti pour aller saluer Henri III, qui revenait de Pologne, pour prendre possession du trône laissé vacant par la mort de son frère. Son corps fut porté à Reims, où il fut intiumé» et où on lui éleva un superbe mausolée, sur lequel se voit cette épitaphe faite par lui-même:

Carolus S. E. R. presbytcr, cardinalis de Lollinringia, archiepiscopusdui Reiiiensis.priinus par Frunci:c, saiicue Sedis aposlolicae legsiu** iialus, de morte el resurreciione cogttans, vi« veiis sibi postiit, aniio 1573, ponlilicalus sut aiiiio 55 : viiil aiinos 49, iiieiiscs 10, dies 8, Luras 4; obiil 311001474 vu caleud. jau. liequiescal in pace. Amcu.

Ego crodidi qnîa lu es Cjiristus Filius l>ei vlvl»

qui [in hune niundum venisli. Exspecio donec

ventai immulalio niea.

Charles, prêtre de la sainte Eglise romaine^ car" dinal de Lorraine, archetêquê, due de Rems , ' premier pair de France, légat-Hé du Saint-^iégê

K5 cutrcui 1,

^ •"'«5 ^m, ér *f t 11 M«:, r*: # *7 n;i..'. /"ri rr» m*"!*** f-rt ./Ci»^.rf. #"aj r« Air»

rrfrf. CiACo^Tf*: — PrrB&vcLLimïrs: — — H larion dcC']«tb; — Datil'a ; — Saititc-

Vaici Jes !'*.rr5 de quf!qn-"<-nn5 Jes ferils du cari:n«^ ie Lom:ne: I. Orotf<>« promwnc^ cm roVûnt dt Poifry Patt^ , 1561. io*\ 11* îTîs, 156r 'P k- . n. iJi. rmiyiM ff« r«t Ch^rln IX. à son ntrée m /j riUe de Rdstr . m 1561 R:'m<. ihùW DL Harafigue cv »v;>i <ff /a rrligion^ pro* nciÊcée m p^ésfnre *!u rr î : p! e se iro-iTedsns le« Commei*iatrf9 de Verit df la rrligion sous CkarUt /.Y. [nr Dt!nr!aco, m^.I. I5C3 : IV. Oralio hi'titn in roncilio Trid^nSino nXorembrii lc6^ dans lo reciicii inîiMilé : Cûmnlimm Trident inum orationff^ o(c. ,'L<^ufjîn, 1367. în-'o'. '• el d^ns l**s tnt(ruc:ions fur /« eoveUe de Trente , par Duîmiv ^dîl. de 165^, in-l*). DniiS les «Jcui recueils ^ifon «ie'ft de citer se trouvent aussi plusieurs Irltres, el d*a!ilrps pièces -Jn luônie cardinal* V. Lettre è M^* de Guise^ gn beUe-fœur^ fur le irépQê de feu $nn frère, excellent prince^ Françoi» de Lorraine^ duc de Cuise, etc. (Lyoru 1563\ VI. Harangue faite au roi au département du clergé de Fontainebleau le 38 MOI 1373 (Paris, 1^73). Vil. Sermon enseigmant par ^uel moyen nous deron$ prépnrer ttOf fofijtcifficff pour recevoir Jésus-Christ tenaniânous. Ce sermon a été imprimé d^ins lin lifre in-V, nj.inl pciur titre: (a cnvjonciion des lettres et des armes, etc. VIII. O ) ailrihae au cardinal la /f//re d'un seigneur du ptsys de Hainaut, envoyée à un sien voisin et ami (Anvers, 156i, iii-8*j. Celle lettre l'ut aitaquf^e par plusieurs écrits, entre autres, |Mir celui-ci : Réponse à la lettre de Charles de Vaudémoni , cardinal de Lorraine , jadis prince imaginaire de Jérusalem el de Naples^ due et comte par fantaisie d'Anjou et de Pro^ renée, et maintenant simple gentilhomme de Hainaut (1563, in-8'). Cette répofiso d*iin ■nonjme contient des particularités curieuses sur la généalogie des maisons de ChAlillon el de Lorraine, el sur les causes «riinmitié entre lamirnl do Culigny, et lo duc de Guise. IX. Des Mémoires latins sur la vie de Henri II, cités par le père Lcion^, mais restés manuscrits. X. Ordinal iones monasterii Cluniacensis^ editœ anno 155^ , a cardinale Lotharingio, abbale ^ manuscrit. On Irouvo l'énnuiération des autres manuscrits du cardinal do Lorraine dans les

éloge par Albt,

Eloges de quelques illustres Français, do Vébué Joly. — Voy. son éloge par A art. Lorraine.

CHAULES II de Lorraine, dit le Cardinal de Vaudeinont, élail lils d*e Nicol,'i.«, comte de Voudemont, cl du Jeanne de Savoie, sa

I« j;.--i #vA;-^ r* T- : . r:: * ,*f Vecviar», il

Jir > Pï;v g?

S« : : F<: r : :.•- H^r-: IIK son b^>au-fnfr#. I rr:^:: ^ ,"« ^.^:^rv 15c?7.

CHARLES m. rtir.v-v o^ I<>rTair^. ««s .?•! ^-.c iV\?- fs 11. rr: •:? r a;:,îé j* F-trx^ fi' e : î r\v: H:-^: r 11. --é <» i *a: >: 15T*, fjii êtt^:;ij* *:-^ Me:i. jiîv» !<* 5^n: Vjciiv «^i d«i G .rie. cN*roî' e :é Trx^^^s et d^ Mjr^no^« Le P^.>» S:ï?? V > rvv^iit d^ la j\>ur r« **n 1589: les Cuho îque.« de Sirasboun: relurent av:$5! jv^ur leur pr^îjl, lo^iuè 1^ !<:ihènen< eurent ni'^mni^ Jean-Ci oro»$ dii Brandebourg. Le P.%pe CUvnenI VIH lut donna le litre de l<^^at du ^ini-Sièjn^ dans les duchés de LorraMie el de Bar, el dans ï*»5 trois êvtVhês (Moli. Toul el Ver\iii>i>. I mourul lo 30 novembre 1607, dan« m 92*annôo. v^oy. pourl^s oanlinauide l.or» Mine* Civcoiiis; — PrriiivriL^iiiis ; —

Gallia Christ i*ina,)

CHATEMKR Brii5iRn\ né è M MUoeMier.

était profonJemoni verso d,ins l.i jurisprudence civile el canonique. — Fi\é k la cour deRomo, il v oierça longtemps les fnnclions d'auditeur du sacré palais, sous lo |H>nlil)eal do Grégoire X. Il fut ensuite chapelain du Pape, et archidiacre de Tôglise de Narbonne. Innocent V lo nomma, en !i70, a IVvèohé dWlhi, et Nii*olas V lo chargea dlnformer. dans le diocùso de Lodève« contre ceux qui avaient usurpé les biens erclé<iasliquo9« Philippe lo Bel le choisit pour Tenvover k Rome, atin do demander la canonisation du roi saint Louis: ce qu'il ohiinl. Il obtint aussi, en VÏÙX la sécularisation iU'^fi c!ia« noines de son église d*Albi, <^ui étaient de rordre de Saint-Auj^ustin, mais dont la oon* duite laissait beaucoup h désirer. Il lit un gr.md bien ^ cette Kgliso : néannM)ins, en 1306, il so tu transférer h colle du Puy, di« saut qu'il préférait Tlionorablo pauvreté do celle-ci aux grandes richesses do Tautre, Le Pape Jean XII lo créa cardinal en I3IA ; mais, comme il était déjh e\lrémeniont A^é, il no jouit pas lon^tetnpsdo cetto distinction; il mourut, en elTei. lo U août 1317 h Avi« gnon, où il fut en.neveli dans réalise catliédrfile. ( Voy. Fniso?(, Gallia purpurata: — RoBEUT etSAiNTB-MARTHK, (frf//ï(i Christiana;

— Ovion DR CiissKY, liv. in, //ïir.*^- Diienv, c. 19 : — Audery; — Ciacomius; — UuiiBi.i.i;

— Catrl. )

CHATRE (AiURRic dr i.a), diacre français^ fut créé, par lo Pape Caliito 11 on 1110, cardinal du titre do Sainto-Mario la Nuuvo. Il mourut on 1125.

CHKUUBINI (François), néh Monle-Bodio, dans la iMarcho d'AncAno, faisait parliu de la maison du cardinal Pamphile, quand cettu éminence fut élevée au pontitical, en i^kkt sous lo nom dlnnocenlX. — Chérubin! avait déjh rempli quelques lonctioiis occlé»iaillques. Son patron, devenu souverain» le Ht entrer dans le palais aposloliquc, le nonioie

ttftft

CIIE

DICTlONiNAIRE

eus

auditeur* puis releva au cardinalat, en octobre 16^7. Ce cardinal, peu remarquable sousle rapport du savoir, avait des aualitës précieuses. Il était d'une vie eiemplaire ;ii était simple et charilable. Il mourut le ai avril 1656.

CHKVERUSie)(Jean-Louîs-Anne-Madcleine Lefebyrede) naquit en 1768, à Mayenne, ville autrefois chef-lieu du bas Maine, aujourd'hui Tune des sous-préfectures du département do la Mayenne. — Sa famille^ étail fort ancienne dans la magistrature> et jouissait de l'estime et de la confiance publiques. Pour ne point parler do M. de Chevenis* Champollion, qui était maïeur de la ville, Jean-Marie Lefebvre de Cheverus» père de celui à qui ces lignes sont consacrées, avait le titre de juge général civil de Mayenne et de sa duché-pairie ; son second oncle, curé de la paroisse principale, fut sans doute le modèle que se plut à prendre, dès ses premières années, celui qui devait bientôt faire briller, en sa personne, toutes les vertus sacerdotales. Dès qu'il eut fait sa première communion, il renonça aux frivolilésde son âge; l'exercice de la charité, comme de la prière, devint un besoin de son cœur, et i'é* fat ecelésiastique eut pour lui un attrait irrésistible. Sa pieuse mère, sa confidente, heureuse de l'ouverture qu'il lui en fit, entretint, dans le cœur de son fils, des dispositions si consolantes pour elle; et, à l'âge de treize ans, il fut tonsuré, dans sa ville natale, par M. de Hercé, évêaue de Dol, avec son ami d'enfance, le jeuno de Cbapdeleine, mort trop jeune au séminaire de Saint-Sul-

£ice, h Paris. BientAt, distingué par M. de onssans, évèauedu Mans, a qui son père l'avait présente, le jeune tonsuré fut admis â profiter d'une bourse au collège de Louis le Grand, à Paris. tTn des plus célèbres avocats du barreau de Paris, qui faisait partie du conseil de Monsieur, depuis Louis XVIIl, fut afipelé, vers ce temps, à Mayenne ; il eut bientôt apprécié les rares qualités qui distinguaient le jeune de Cheverus. Pour rendre service h une famille recommandable, et en même temps pour faire connaître ce fils qui donnait de si belles esi^érances, il obtint pour lui un bénéfice de huit cents francs, à la nomination du prince. Ce titre entratna le dignitaire dans une contestation qu'il termina généreusement à ses dépens, quoique la justice fût de son c6té; et lorsqu'on demanda au jeune prieur pourquoi il s'était désisté de ses poursuites, il répondit noblement: a C'est qu'en gagnant ma causei j'aurais ruiné ma partie adverse. » Le juris^ consulte, qui ne connaissait que te droit, fut irrité de l'arrangement conclu. Quarante ans ajprès, il en gardait encore rancune à M. de Cheverus, et le bon cardinal se plaisait è raconter les reproches qui lui avaient été adressés h se sujet par le rival de Bonnières et de Target. Toutefois, pendant les débats, qui ne durèrent que trop longtemps, 1p prieur

satisfit aux obligations de son bénéfice, et fut très fidèle h réciter le petit OflSce de la sainte Vierge; c'était sa consolation» sa pré* paration au ministère de la prière publique, qui devait un jour lui être confié, et qui, entre ses mains, devait devenir un sujet d'édification si consolant pour l'humanité^

La promesse de l'évêque du Mans, auquel il avait été présenté de nouveau, ne tarda pas à se réaliser. Son protégé fit son entrée au collège de Louis le Grand, où malbeureu« sèment il ne trouva pas des leçons et des exemples de vertu. De mauvaises doctrines/ régnaient, et y remplaçaient les exercices de piété ; des désordres graves s'y multiplié* rent ; cet établissement , où avait pénétré la contagion qui minait la société d alors, ne donnait plus è l'Etat de bons citoyens» de vrais Chrétiens à l'Eglise ; mais la corrttptioii« répandue autour du jeune abbé, ne poutait l'atteindre. Toujours appliqué à ses uevoirs* pieux sans ostentation, comme sans faiblesse* il ne manquait m h la prière quotidienne, cette rosée rafraîchissante, ni à ses exercices religieux ; il communiait chaque dimanche» Du reste, bienveillant pour ses condiscîpleSf il savait $*er) faire aimer et respecter.

Pour se soutenir sur ce terrain glissant et difficile, il lui fallait un appui. L*abbé de Cheverus rencontra, dans la personne de M. l'abbé Auge, le plus précieux des direoleurs; il lui fallait plus ; un ami lui man-» guait, un confident de ses peines et de êeg joies. Il eut le bonheur de trouver cet autre ui-mème dans celui aue tout Paris a vénéré sous le double point cle vue des vertus et de réloquence de la chaire* Le jeune de Cbe- Terus et H. Legris-Duval, plus âgé que lui de trois ans, se lièrent dès lors d'une amitié chrétienne, qui ne les empêchait pas de se mêler anxieux de leurs condisciples, et môme à leurs plaisanteries, quand elles étaient innocentes» montranti dans cette sociabilité^ une sagesse, un tact, une maturité admisa* blés.

Mais si l'abbé de Cheverus savait captiver le cœur de tous ses camarades par la don* ceur et l'égalité de son caractère, il les surpassait par sa pénétration, son intelligencet ses progrès dans les lettres. En philosophie» on le vit quelquefois remplacer le professeur. Sa mémoire répondait h son applîuation ; aussi le prélat qui l'avait placé au collège, fier des triomphes de son protégé» répétait souvent, faisant allusion à sa taille peu élevée : «Mon petit abbé de Cheverus sera un jour le premier sujet de moudio* cèse.» Après qu'il eut, en mars 1786» soutenu la thèse d'usage, publiquement et de la manière la plus brillante, on le vil| méprisant la gloire humaine, abandonner le collège pour le séminaire, afin de répondre à sa vocation ecclésiastique. Sachant qu'un concours est ouvert pour une place an se* minaire de Saint-Magloire, tenu par d«*s OratorienS|il se metsur les rangs et emporte

(6) Ponr cette noiice nous avoiismis à eonirilni- cardinal dg CAevfmi, par. A, Egroo; UUe, 18:6, tfûOÉMepeiîiebriKhnr^ îiitilulée> l'if Mbrégétdu cbcz i-eforu

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DCg CÂRDI!IAUI.

CDB

iTemblée la nomination. Dans ce séminaire* école de science et de rertu, les matlres et les élèyent conçurent» pour Tabbé de Che- ▼eras» estime, affeclion et tendresse ; mais sa modestie lui cachait son propre mérileet les caoses de l'attachement que lui mon* ; traient ^es supérieurs et ses é^aux. Jamais il n'oaMia ces années de travail, de paix et de piété. Que de fois il a répété ces paroles: ■ Années fortunées de mon séminaire, les pins belles de ma vie ! Temps heureux nù mes devoirs étaient si Taciles, mes jours si sereins, mon ftmo si Iranc^uille, et tout ce qui m'entourait si bon» si indulgent pour moi!»

I C'est dans cette maison qu'il se lia d*une étroite amitié avec un prêtre dont tout Paris a entendu les sermons si touchants, si pleins d^onetion» Tabbé Maccarthy ; toutefois il refosa d'appi^endre de la bouche de cet Irlandais réfugié la langue anglaise, alléguant que son temps serait plus utilement employé aux étuaes {\ui se rattachaient de plus près ao saint ministère. 11 ignornit alors que la Providence le destinait à évangéliser les Ca« fboliqnes de Boston, daus celte même langue anglaise» que les malheurs de sa patrie aitalent lui donner bientôt Toceasion de connaître. On le vit donc se livrer tout entier I l'élude des Livres saints» arrosant souvent de ses larmes les paçes sacrées de la Bible. L'histoire eeclésiaslique et les Pères de l'Eglise grecque» qu'il lisait dans leur langue, comme il lisait la Bible dans ridiftme des Hébreux» avec lequel il s'était familiarisé, étaient les délassements de cette vie si bien occupée; la théologie prenait la première place dans tous ses travaux. Lorsqu'ensuite il suivit»' selon la coutume, les cours de la Sorbonne » l'abbé de Cheverus s'efforça d'augmenter ses connaissances et de satisfaire ses mattres, assez éprouvés d'ailleurs dans ces temps diiQciles. S'il argumentait en 8orlK>nne ou dans les séminaires de Paris» il le faisait toujours avec grâce et talent, révélant les sujets arides de la théologie d'une diction élégante et d'un langage cicéronien» petit artiOce que, plus tard, dans son innocence et sa modestie, il se reprocha quelqueftiis. Fidèleh ceséminairede Saînt-Magloire dont les directeurs lui étaient si chers» il refusa de les abandonner pour entrer gratuitement au séminaire de Saint-Sulpice»où l'appelait avec instances un homme qui appréciait son mérite, le supérieur-général de cette maison» le savant et modeste M. Eraery» pour qui Napoléon lui-môme professait la plus grande estime.

En 1790» l'abbé de Cheverus» promu au diaconat» commençait sa seconde année de licence» lorsque révéque du Mans» ne perdant pas de vue ce sujet d'élite» et prévoyant les maux qui allaient fondre sur l'Eglibe» disperser les évoques et rendre les ordinations plus difficiles et plus rares» voulut l'appeler au sacerdoce avant l'âge» et obtint» à son insu, des dispenses; en les lui envoyant» il lui exprima le désir qu'il reçût la prô- Irisa dès la prochaine ordination. Quoique

h cette époque où les biens du clergé avalent été envahis et la constitution proclamée, il n'y eût h attendre en entrant dans le saint ministère que la persécution et la pauvreté, l'abbé de Cheverus n'hésita point; le 18 décembre 1790, il fit partie do la dernière ordination publique, faite è Paris, et il revint aussitôt dans sa ville natale, oik, la nuit de Noël il célébra sa premièn* Messe.

Comme son oncle, M. Lefebvre de Cheverus, curé de Mayenne, était infirme et pa« ralytiqne, celui-ci obtint aisément de son évoque la permission de prendre pour vicaire son neveu» qui fut en même temps nommé chanoine de la cathédrale. Dans cette double fonction, quoique âffé seulement do vingt-trois ans» l'abbé de Cheverus déploya le zèle et la fermeté de l'Age mûr; il commença dès lors à montrer le charitable dévouement, l'abnégation dontil donna depuis tant de preuves. Lorsque les temps furent devenus plus mauvais, et que le serment k la Constitution civile du clerffé lui eut été demandé, serment qu'il refusa ainsi que son vénérable parent, forcé de quitter le presbytère, et de le céder au curé intrus» il obéit en silence, mais ne cessa d'exercer les consolantes et pieuses fonctions de son mi« nistère. Contraint de renoncer à l'exercice

Eublic du culte» il transforma une des chamres de la maison paternelle en une chapelle, afin d'y célébrer la sainte Messe et d'y administrer les sacrements. Son oncle étant mort, M. de Goussans le nomma curé dA Mayenne» et bientôt l'investit des fonctions de vicaire général ; nomination gui cons^ terna un moment les révolutionnaires. Puis, voulant h tout prix lasser sa constance, et lui faire quitter la ville» les meneurs lui déclarèrent que le club avait arrêté que la maison de son père serait incendiée, s'il ne l'abandonnait le jour même. Cédant k la force, et h la voix de la prudence, le jeune curé se vit obligé d'abandonner la ville. Il se rendit h Laval, où les prêtres insermentés avaient reçu l'ordre de se réunir, pour y être mis en surveillance. Bientôt renfermé dans un ancien couvent, il en sortit h cause d'une légère indisposition; et rendu h ses parents qui habitaient cette ville, il leur ma« uifesta le désir de passer en Angleterre, les rassurant et les consolant par les paroles suivantes : « Si je puis mettre le pied sur la terre étrangère, soyez sans crainte ; quand on est fort et jeune comme je suis (malgré sa petite taille, il était robuste), on peut vivre partout, parce que partout on peut gagner sa vie eu travaillant, p 11 réalisa son projet. Déguisé en laïuuo, muni d'un passe-port» il part pour Paris ; mais reconnu» dénoncé aux comités de surveillance, il change d'asile, et vit pendant deux mois dans un hôtel obscur, ne sortant nresque jamais, et toujours entre la vie et la mort. Quand parait la loi du 26 août, qui condamne les prêtres non assermentés k la déportation» il est tenté d'en profiter ; il quitte son hôtel» où on l'avait reconnu» k la récitation de son bréviaire, est j)resque témoin du massacre

CIIE

DICTIONNAIRB

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des prôlres aux Cunues de la nie de Vaugîrard, se cache de nouveau chez son frère, étudiant en droit; et, enfin, muni de sou premier passe-port et d*un second comme prêtre insermenté, il arrive à Calais, et il y obtient la permission de passer en Angleterre.

Le jeune prélre est transplanté sur un sol étranger, où il ne connaît personne; la langue même du pays lui est tout h fait étranjçère, ai lesressources, qu*il apporte avec lui, sont bien modiques. Mais confiant en la Providence, il conserve sa sérénité et la paix du cœur. Quand on lui offre de le faire participer aux secours que le gouvernement anglais accorde aux émigrés, il les refuse en disaiil: « Le peu que je possède (il n*avait que trois cents francs) me suffira jusqu'à ce que je sache un peu la langue, et une fois que je la saurai, je pourrai gagner ma vie, ne fut-ce qu'en travaillant de mes mains.» Après un espace de trois mois, le réfugié, h force de travail et décourage, se vit en état de donner des leçons de français et de mathématiques dans une pension tenue par un ministre protestant qui , Payant surveillé de près |K)ur s'assurer de la pureté de ses mœurs, fui bientôt rempli d'admiration pour une vertu qui ne se démentait jamais. Dans celte maison l'abbé de Cheverus obtint un léger trailoment et tout ce qui était nécessaire à l'existence. 11 se perfectionna si rapidement itansia langue anglaise, qu'au bout d*un an il parvint h la parler correctement. Il avait un autre but: il désirait instruire ses nouveaui compatriotes dans leur propre idiome; et, muni de l'autorisation de M. de Douglas, ëvéque catholique de Londres, il réunit quelques familles catholiques du voisinage, el fit son début dans un sermon en anglais. Encouragé par les premiers succès qui couronnèrent ses efforts, il continua de prêcher et de catéchiser. Son auditoire s'élanl beau<r coup accru, il obtint une chapelle et un lo-> gement pour les ecclésiastiques qui s'asso* cîeraî^Dt è sa bonne œuvre ; il s'y logea luimême. Bientôt sa réputation se répandit. Un riche seigneur anglais, en ayant entendu

Krter, vint lui demander pour son fils des (ons de géométrie et d'algèbre. Satisfait de l'instruction et des soins prodigués h son enfant, il fit au maître les offres les plus séduisantes, afin de se l'attacher complète^ meut. Ce fut en vain ; M. de Cheverus déclina une position qu'il trouvait trop mon* daine, et indigne d un ministre de Jésus- Christ. « J'aurais eu une vie trop délicate, a*t-il dit depuis, je n'aurais eu que des jouissances; ce n'était pas la vie d'un l»rèlre. » Des dispositions si apostoliques le conduisirent à penser qu'il serait plus utile chez les peuples prives de la lumière de l'Evangile, qu'en Angleterre, et à Londres surtout, où se trouvaient tant de urètres. Qitand on lui proposa la direction d un collège près de s'ouvrir à Cayenne, il ne crut pas non plus devoir accepter ; son zèle sen* tait le besoin d'un champ plus vaste que l'enceinte d*UD pensiotmaU L expédition de Qui-

beron eut lieu sur ces entrefaites; il aurait bien voulu y accompagner révè(iue de DnI, dont il était grand vicaire ; mais le bon vieil* lard, qui succomt>a dans cette entrepiis» malheureuse, s'y opposa fortement. Echiappé à la mort qui l'eût frappé sur les plages de la Bretagne, M. de Cheverus sentit se ré^ vcillerdans son âme ces inspirations ardentes qui l'appelaient sur un autre hémisphère^ Aussi, quand l'abbé de Matignon, qu'il avaH connu à la Sorbonne, lui annonça qu'il se trouvait seul à Boston, au milieu d'une io'ile dn sectes diiïéronies, les instances de son ancien condisciple l'émurent vivement* (^t, après avoir mûrement réfléchi devant Dieu, et pris conseil de personnes dignes de sa confiance, il se décida à partir pour iee Etals-Unis, non sans avoir obtenu l'assenli-* ment de son évèque, qui ne put retenir soq jeune ami. Comme il voulait qu*aucun in-« térôt humain ne le préoccupât dans sa noun velle carrière, il fit, en bonne forme , une renonciation à ses biens de famille en faveur de ses frères ; puis libre et dégagé de tous liens, il partit, après avoir fiait ses adieus aux lidèles désolés de sa petite église, et à ses amis, dont un, son ancien professeur eu Sorbonuo, lui disait : « Ah! mon ami,étaii-^ ce pour évangéliser les sauvages que voua faisiez à Paris do si savantes dissertations?» Après avoir suivi régulièrement les lois de l'Eglise pendant la traversée, et s'être concU lié |la bienveillance et Testime des passagers» il arriva heureusement le 3 octobre 1*196 li Boston, où M. de Matignon le reçut comme un ange envoyé du ciel. Il fut bientôt investi par M. do Carroll, évèque de Baltimore, de tous les pouvoirs nécessaires è son minis-i tèro. Pour triompher des difilcultés qui s'offraient à ces deux prêtres pleins d'ardeur dans rexercice d'une mission où ils auraient k évangéliser une population si nombreuset pour détruire les préjugés qui régnaient contre les ministres de la religion catholique, ils pensèrent qu'il n'j^ avait pas de meilleur moyen que la charité dans lespro* cédéS| la douceur dans les paroles et l'exemple d'une vie apostolique : ils les mireqt eu pratique, et le succès couronna leurs efforts^ au point que les journaux prolestants furei:t les premiers k publier le récit de leurs lointaines et courageuses pérégrinations, el de^ vinrent les chaleureux apologistes de ces missionnaires. « Le plus jeune de ces hommes apostoliques (M. de Cheverus) prenait souvent son bâton, el commençait aa journée avant le lever de l'aurore, pour aller confesser quelques pauvres catholic^ues dont l'âme soupirait après cette dernière consolation de la religion qu'il professaiL » (Magasin ment%$el de Boilon.) Cependant la naine des protestants ne s'apaisa point su premier abord devant tant |de Tenus. Pour faire tomber d'injustes préventions, il faUut du temps ; ce n'est qu'au bout d'un an (|u*un iudividu de la religion réformée lui tint e% langage empreint de franchise : « Monsieur» voilà douze mois que je vous étudie, qus j*épie toutes vos démarches ; le ne croysia

CHB

DE& CARDlIfÀUX.

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