‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 75 sur 350 · DICTIONS AIRS · texte numérisé non relu

DICTIONS AIRS

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senCait \ tevèllr ronvenahlomm t. c'était pour ne pas défilairo aux C«liioli<juK8 qui auraient eraînt d'élre accusés par les pro testants (le laisser leur ëvô<|ue manquer du nécessaire. La dignité épiscopale dont il était revêtu n*alléraiten rien l'aimable simplicité de son caractère, ni sa vie de dévouement et de charité. Evêque comme missionnaire, il continuait les plu« pénibles fonction! de son ministère, confessant, catéchiaant» visitant les pauvres et les malades i ne craignant pas d'aller , en toutes saisons, à toutes les heures du jour et de la nuit, porter au loin ses aumônes et ses consolatiens. Quelques traits, qu'on lit dans sa vie» font voir h quel degré a* héroïsme il portait les venus évangéliques* Cn jour, un pauvre marin, près de partir pour un voyage de long cours, lui recommanda sa femme, qu*il laissait seule et sans appui. L'évoque en prit soin comme de sa propre sœur, et cette pauvre femme étant tombée malade, il se fit son infirmier , et lui rendit Jusqu*aux ser- Tices les plus humiliants. Au bout do plusieurs mois, le marin , de retour , trouva en rentrant choz lui l'évèque de Boston qui montait chargé de bois à la chambre de la pauvre malade, pour lui faire du feu et préparer des remèdes. Frappé d*admiration h la vue de tant de charité, le marin tombe aux pieds de Tévèque, les arrose de ses larmes, et ne sait comment manifester sa reconnaissance. Cheverus le relève , l'embrasse, calme son émotion, et le rassure sur la maladie de sa femme. Vers le même temps • en dehors de la ville de Boston , gisait, dans sa cabane, sur un grabat, un pauvre nègre infirme , couvert de plaies et sans ressources. L'évoque le découvre , se fait son infirmier, va tous les soirs, k la chute du jour, panser ses plaies, faire son lit, et pourvoir è tous ses besoins. Cette lionne œuvre eût été ignorée , sans la curiosité de sa servante , qui , ayant remarqué, tous les matins, son habit couvert de duvet et de poussière, voulut savoir quelle en pouvait être la cause. Elle suit donc de loin son maître , et le voit entrer dans la cabane du

Piuvre nègre; alors elle s'approche, regarde travers les planches mal jointes , et quel est son étonnement de voir son charitable maître allumer du feu, prendre dans 8e$ bras le malade gisant sur le lit de douleur, rétendre doucement près du brasier, panser ses plaies, lui donner i manger, remuer sa couche pour la lui rendre plus douce, puis le reporter sur son lit, le couvrir, l'embrasser, en lui souhaitant une heureuse nuit, comme ferait la mère la plus tendre pour un enfant chéri I

La plupart des parents voulaient, au baptême, que leurs enfants reçussent le nom de Jean, parce que' c'était celui de H. de Gbeverus. Un jour le prélat, faisant les fonctions de curé, demanda, suivant l'usage, au rarrain et t la marraine, quel nom ils voulaient donner h l'enfant. « Jean Cheverus évèqae, » répondirent -îU sérieusement. -- « Pauvre enfant y » repartit M. de Cheverus,

« Dieu le prcservojamais'de le devenir l » Un certain protestant (M. Slewart) raconte ce trait comme carncléristique de M. df» Cheverus : « Il y avait' à Boston, dans la rue TTaier^ une pauvre Catholique , affligée d'une maladie chronique qui la rendait incapable de tout travail. M. de Cheverus, qui la visitait exactement et pourvoyait à tous ses besoins, lui avait envoyé du bois de chauffage Cour Thiver, très-rigoureux à Boston. Ce ois était depuis plusieurs jours h la porto de la malade, sans utilité pour elle, tant qu'il n'était pas scié et prêt à mettre au feu, lorsqu'un matin, longtemps avant le jour, (un voisin discerne le bruit d'une scie dans la rue : étonné d'entendre travailler à cette heure insolite, il se lève, sort de sa maison et s'approche de la porte de la pauvre femme pour voir qui était à l'ouvrage do si grand malin. C'était l'évoque de la ville 1 Surpris, et en môme temps affligé de voir le prélat s'abaisser- au travail d'un homme de peine t il veut prendre la scie et couper le bois laimôme. « Non, » répliqua l'évoque, « laisses- « moi faire ; ce bois est resté Ici plusieurs «jours; j'espérais que quelque homme de « cœur le scierait par pitié pour cette pauvre ftfemme;on n'en a rien lait; j'ai donc dd « m'en charger moi-même, afin qu'on ne pût « point dire qu'il ne s'était pas trouvé, dans « tout mon troupeau, un seul homme pour « faire un acte d'humanité envers une sœur « souffrante, et j'ai dû le faire la nuit , parce cqu*il n'eût pas été bienséant pour mon ca« « ractère d'aller en plein jour a travers les a rues, mon chevalet et maseiesur les épau« des. »L'év4que continue son travail; Thom* me insiste pour le remplacer. « Allons,» dit le prélat, « prenant le ton de la plaisanterie, «comme pour adoucir Tamertumedes repro- «ches qu'il venait de faire entendre, allons, «retirez-vous, jen'ai jamais payé pour qu'on «se mît entre mon ouvragée! moi. » El malgré toutes les instances de son interlocuteur, il poursuivit jusqu'à ce que tout le bois fût scié; puis, remettant sonchevalet et sa scie sur 8k:s épaules , il s'en retourna chez lui avant rheui^oùlacirculations'établitdansiesrops, M. de Cheverus racontait à M. de Dassance que réloge qui Tavail le plus vivement tou* ché pendant son séjour à Boston, 'fut le trait d'une femme protestante qui vint chez lui

{)Our lui faire part des peines de son cœnr, \ était absent; et ayant aperçu sur le bureau un volume de lord Byron, elle attacha une épingle à ce passage du Giaour : « At>-' soudre.ies péchés des nommes, exempt toimôme de crimes et de soucis, telle a étél*oo* cunation de ta vie^ depuis le berceau jusqu à la vieillesse. » — « Je commis un petit péché d'orgueil,» disait-il en riant, « et je dus m'en confesser. » Telle était l'estime inspirée par M. de Cheverus, que l'affection et le respect des protestants lui étaient acquis comme ceux des Catholiques. Les premiersi désirèrent quelquefois renlen.1re prêcher dans leurs temples; ce qu'il fit, non dans la ville de sa résidence, mais dans presque toutes les autres de la Nouvelle* Angleterre.

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Il f'arquillAÎi de celte fonction délicale ovcc tant de convenance et de charité, qu'il savait contenter ses auditeurs de toutes les corn- Diunions. Un journal protestant , rendant conripte d*un sermon prêché par le prélat dans une église presbytérienne» s'eipr^mait en ces termes : « II est certain que les discours de M. de Cheverus sont très-propres à détrnire les préjugés qui prévalent contre les Catholiques.... La modération, raiïeclion même avec laquelle il parle des hommes d'une croyance étrangère à la sienne, fait un contraste frappant avec le langage furieux et colère qui déshonore quelquefois les chai<* rrs protestantes. » Un passage tiré d'un discours qu*il prononça sur I adoration do la croix, fait voir comment il s'attachait aux preuves qui parlent aux cœurs. Après avoir développé les principes catholiques sur le cafte des images, il dit : t Suj^posez qu'un komme généreux, vous voyant près de succomber sous le fer d*un ennemi, se jette entre vous et Tassassin, et par sa mort vous sauve la vie. Un peintre , frappé de ce trait d'héroïsme, tire le portrait de cet homme généreux , et vous le présente baigné dans son sang et tout couvert de plaies; que faites-vous alors? Vous vous jetez dessus avec amour et reconnaissance, vous y collez vos lèvres, vous Tarrosezde vos larmes, et votre cœurn*a pas à votre gré dos sentiments assez vifs. Mes frères, voilà tout le dogme calholl-

Îue de l'adoration de la croix ; ce n'est pas ici l'esprit k discuter, c'est au. cœur h sentir tout ce que doit lui inspirer l'image de son Dieu mort pour lui sauver la vie. • Ces paroles émurent tout Tauditoire; et le prédicaleur ayant pris le crucifix, on vit les prolestants venir baiser, avec respect et attendrissement, le signe de notre rédemption. Ce que M. de Cheverus avait surtout à cœur d'établir vis è-vis des protestants, d'après lesquels chacun de nous peut interpréter à pon gré tes Livres saints, c'était le besoin, la nécessité d'une autorité enseignante et infaillible pour fixer la foi du savant, comme de l'ignorant. Les discours qu'il leur adressait sur ce sujet, amenai(mt toujours t>n heureux résultat. « Tous les jours, leur dilait-il, je lis comme vous rEcriturc sainte ; {e la lis avec réfiexion et prière, en invoquant r£spril«!Saint,et cependant presque à chaque page je suis arrêté par des choses que

I'e ne comprends pas... J'ai donc besoin de 'autorité de l'Eglise pour m'en indiquer le aens et fixer ma foi a cet égard. » Ces instructions pleines de sens ne manquaient pas de faire réiléchir les ministres protestants. Divisés entre eux sur plusieurs points, et refusant de se soumettre à la raison les uns des autres, ils disaient quelquefois : « Si je me soumettais i quelque autorité humainr*, l'embrasserais la religion do Tévèque Cho verus; au moins celle-là a une autorité imposante. » M. de Cheverus ne se cuntenlail |)as de combattre dans la chaire .les erreurs des protestants, et de chercher h Its ramener |iar une discussion (mbliquc; il avait cLCore avec eux des coulérencus oarticuliè-

res, où, plein de calme et de sang f^*oîd, il opposait à leurs emportements la puissance de la raison, h leurs injures une parole douce et convaincante, et quelquefois la plaisanterie la plus fine. La pressi*, souvent l'écho du mensonge, devint sous sa phiutt la dispensatrice de la vérité. Un jouV il défendit, avec esprit, les indulgences et le culte des reliques, et prouva que l'esnrit de l'Eglise n'est ni persécuteur ni intolérant. Un Américain, passionné pour l'antiquité» et qui avait voyagé en Italie, s'était permis de plaisanter sur le culte des reliaues , dans deux lettres adressées è VAnlhologie men^ iuelle. Cheverus répond dans le m^me journ: 1; il fait appel, en ces termes, aux propres sentiments du voyageur : « Le poète fran*

Sais Delille, voyageant en Grèce, écrivait 'Athènes à une dame de Paris : « Ayant aperçu unefontnine de marbre dans la basse* cour d'une maison particulière, je m'en ap« proche, et recoimaissant à la belle sculpture que c'était un reste d'un ancien et magni-^ nque tombeau, je me prosternai , je baisai le marbre à plusieurs reprises, et dans l'en* thousiasme de mon adoration, j'en vins k briser le seau d'un domestique qui avait eu l'irrévérence de venir y puiser de l'eau. La première fois que j*e'drai à Athènes, les plus petites pierres détachées d'ang^nnes ruines étaient choses sacrées h mes yeux, et je remplis toutes mes poches de petits morceaux de marbre que je pouvais trouver, m Telle était la vénération de l'abbé Delille pour l'antiquité païenne; et vous-même»

Monsieur, qui êtes un amateur de la bello littérature, un admirateur de la 5avante an«* tiquité , vous avez dû ressentir quelque chose du même enthousiasme en foulant sous vos pieds cette terre classique où Vir-« gilc et Horace ont fait entendre leurs chante mélodieux, où Cicéron prononçait sesbellea harangues, où Tite-Llve a écrit son Ilistoiru et en contemplant tous ces magnifiques restes de l'ancienne Rome. Hé quoi doncl n'y a-t-il qu'à l'égard des restes de l'antiaaiié religieuse et sacrée que toute espèce d'enthousiasme devra être improuvéo 7 On est saisi de respect pour un marbre antique, et on ne le sera pas pour les ossements dea fondateurs de la foi, ou pour ce qui a servi à leur usage!... »

Toutes ces manifestations portèrent leurs fruits. Un certain nombre de protestania ouvrirent les yeux et embrassèrent le catholicisme. Voici comment s'exprime h ce su« jet M. Snow, dans son BUtoire de Botton .* « Sous l'évèque Cheverus TËglise catholique de cette ville grandit en nombre et en considération. Des citoyens nés à Boston, et des étrangers établis parmi nous s'y agrégèrent et lui firent honneur par leurs vertus. » Témoignage consolant, que ne pouvaient infirmer Icsdéfeclious de quelques membres, honte pour la secte qui les recevait, et dout un ministre disait : « C'est le Pape qui sarcle son jardin et nous jette les mauvaises herbes. » Le 19 septembre 1818 fut un jour de grAQd deuil pour l'évoque de Boston ; il

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perdit ion Tënérable ami, Tabbé de Matf« gnon. Ses occupations furent accrues, sa santé gravement altérée. II ne pensait pas k quitter sa patrie adoptive; il comptait y

Boursuivresa Tiède sacrifice et d'abnégation, n vaste champ était ouvert k son zèle et k sa charité dans un pays oji la religiout abandonnée k eile-môme, vit de sa propre force, •ans soutien ni persécution du gouverne* ment qui ne s*en préoccupe en rien» et pour lequel elle est censée ne pas exister. Mais TE^Iise de France devait envier aux Etats- Unis un de ses enfants qui lui faisait tant d*honneur ; M. Hjde de Neuville, ambassadeur de France aui Etais-Unis, qui avait été témoin des travaux de H. de Cneverus et de son état de souffrance, avait engagé Louis XVUIk le rappeler et k le rendre k son pays natal. Le 13 janvier 1823, le prélat fut nommé àTévéché de Montauban, Quoique le grand aumônier, M. de Croy^ lui notifiât la volonté expresse du roi, il refusa d'abord, ËuppWêui Sa Majetté de lui pardonner de(air$ ce ffie, devant Dieu^ il croyait être ion devoir, I,eshabitantsde Boston et plus de deux cents protestants joignirent leurs instances et leurs réclamations, ne se doutant pas que le tableau qu'ils faisaient des vertus de l'évoque devenait un obstacle de plus au succès de leur demande. Le roi n'accepta pas le refus, et chargea son grand-aumftnier d insister pour un prompt retour en France. M. de Cheverus était alors fort souffrant ; la pi'rplexité, où il se trouvait, aggravait le mal. Les médecins déclaraient qui! était im«

Kosslble que sa santé supportât un second îver sous le ciel rigoureux de Boston. Ses parents le pressaient de revenir. Dans toutes ces circonstances réunies il crut recon* oattre la volonté de Dieu, et se détermina k s'arracher k sa chère ville de Boston. Avant de partir, voulant, selon ses expressions, exécuter ion testament^ il donna au diocèse l'église, la maison épiscopale et le couvent d(>s Ursulines, qui étaient sa propriété; sa bibliothèque, composée de livres choisis et objet de sa prédilection, fut laissée aux évéques ses successeurs; il distribua ti)ut le reste de ce qui lui appartenait k ses ecclésiastiques, k ses amis, aux indigents; il était venu pauvre k Boston, il voulut en partir pauvre. Enfin il quitta la ville au milieu des plus louchants (adieux : plus de quarante vgitures attendaient la sienne pour lui faire cortège ; elles l'accompagnèrent plusieurs lieues sur la route de New-York, où h s*embarqua le 1"^' octobre 1823. La navigation fut d'abord heureuse; mais, k l'entrée de fa Manche, le bâtiment, assailli par une tempête, fut obligé de s'échouer, a Saint- Germaio-des-Vaux, près du cap de la Bogue. Voici comment un passager rend compte de ce naufrage : « Les témoignages de respect dont il avait été entouré au moment de son départ de Boston, lui furent continués par les passagers dans la traversée. Du milieu de cet océan, sur lequel nous navi-

I[uions vers la France, chaque jour, k la ace du ciel| il appelait notre attention vers

le Créateur, dont les regards,^ disait-il, « na nous avaient pas abandonnés, quoique noua fussions sur les eaux. Une heureuse navigation nous avait favorisés, et bientôt nous allions toucher le sol de la patrie, quand tout k coup vint nous assaillir une des tempêtes les plus violentes qui aient jamais re* mué les profondeurs de la mer. Maîtrisé par le vent et par la fureur des flots, désemparé de son gouvernail et d'une partie de ses ma* nœuvres, notre navire fut jeté sur les récifa qui bordent la côte de fer du Calvados. La nuit approchait ; k chaque instant on entendait les flancs du navire heurter aveo violence contre les rochers ; l'eau se précis pitait de toutes parts dans la cale; le plaa grand trouble régnait parmi les passagerf» et avait déjk gagné l'éqaipage. Alors le pré« lat s'avance, et tous les yeux se tournant vers lui; son calme imposante commandé le silence : « Quand tous les moyens de salut,)i dit-il, «sont enlevés k l'homme, il lai reste encore le recours vers le Ciel ; adressons-lui donc nos prières, et recevez m bénédiction. » A ces mots, la confiance ot le calme renaissent, et du bord de l'abfmt monte vers le ciel la prière des naufragés | elle fut entendue. Vers dix heures du soir» un homme intrépide se montre sur la pointa des rochers près de nous : c'était le brava Neu, maire du village d'Auderville. Profitant du moment où la mer se relirait, grimpant de saillie en saillie, il venait i notre se« cours, suivi des habitants de son village. Nous n'avions que le temps de le suivrai car la mer allait remonter, et alors plu^ d'espoir de salut; nous abandonnâmes k U hâte le bâtiment qui se détruisait. Guidéi ensuite dans Tobscurilé k travers les ro* chers granitiques, et blessés continuellement par leurs pointes aiguës; épuisés da fatigue, k peine couverts de vêtements aa lambeaux et inondés de torrents de pluiea« nous parvînmes, avec desdiflficullés inouïes» au rivage où nous attendait la générensa hospitalité des villageois. » Le curé d'Auderville reçut le prélat et le capitaine dans son presbytère, Le lendemain, lourde la Toussaint, l'évoque officia k la grande Messe dans la petite église d'Auderville, et prêcha aux Vêpres. Ce n'est pas sans émotion qu'il se revit sur la terre natale, trente et un ana après Tavoirçiuittée.

Il se rendit k Cherbourg, de' Ik k Paria, puis k Mayenne. Pour se dérober aux empressements des habitants de cette ville, il n'y arriva qu'k 8 heures du soir ; mais toute la population vint au-devant de lui aveo' des flambeaux et au son des cloches, et il fut conduit triomphalement ju$iqu*k la mai* son de son frère. Il visita tous les membraa de sa famille, prêcha k Mayenne, k Laval, et laissa tous ceux qui le voyaient enchan« tés de ses aimables vertus , de son carac* tère noble et élevé. Après quelques difli« cultes suscitées par les évê(|ues d'Améri* que, qui avaient essayé de faire annuler sa nomination , en prétendant qu'il n'était plus Français, il regut ses bulles, al partit

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DES CARDINAUl.

pour son nouveau diocèse. De Moîssae, première TÎHe de ce diocèse» où la population le reçut arec enthousiasme, il se dirigea sur Montauban. Il y Ot son enlrëe le Û8 juillet 182i» au milieu des témoignages les

Iïlui éclatants de joie et Je respect. Le prëisC, le général, le clergé» une foule immense Tinrent è sa rencontre. Rendu h la cathédrale t après avoir béni la Providence et ravoir implorée pour le pasteur et le trou»

KD, il monla en chairet aoù il laissa tomles paroles les |)Ius aiïeclueuses et les plus palernelles. Faisant allusion au grand nombre do protestants que renfermaient cette viTle : « Il est, v dil-il, « une portion intéressante d*habitants de ce diocèse , qui , étrangers h notre communion , ne doivent pas Têtre è nos alTectious : pour eui aussi Je veux être un père, un ami : heureux, s*il ■i*était donné un jour de les réunir tous dans notre foi, comme nous devons les confondre dans notre charité 1 » Les autorités, les Catholiques, les protestants, rivalisèrent d*eaipressements et d'égards ; ce n'étaient pas de vaines formules de politesse; le cœur seul faisait les frais de ces démonstrations. Les ministres protestants vinrent le saluer. Chacun était frappé de la noble simplicité de ses manières et des grâces de son esprit. ll.de Cheverus, sachant a ue l'ignorance en matière de religion est la grande plaie de notre temps , voulut faire lui-même le prAne tous les dimanches à la Messe pa* Foissiale, où se pressaient autour de la chaire savants et ignorants , protestants et Calholiques. Informé qu'un maire est en querelle avec son curé , il va le trouver : t Monsieur,» lui.dit-il,<c j'ai un grand service è vous demander ; vous me trouverez peutêtre indiscret, mais je compte sur votre obligeance. » Le maire proteste de son em* pressementè servir le prélat. « Puisqu'il en est ainsi, » dit l'évèque ,.;en se jetant à son eou et en Teuibrassant, « le service que j'ai è TOUS demander, c'est d'aller porter ce baiser de paix à votre curé. » Le maire pro^ mit t tint parole , et la réconciliation fut dite. Un jour que tout le peuple était incliné, ou a genoux pour recevoir sa bénédiction, le prélat aperçut un seul des assistants qui se tenait tièrement debout, insultant ceux qui se prosternaient ainsi devant un homme. II court aussitôt à lui, l'embrasse avec affection, et lui serrant la main, lui dit d*une voix émue ; «t Au moins. Monsieur, si vous ne voulez pas vous déclarer pour une de mes ouailles, vous me permettrez de vous avoir pour ami. v Les bornes de cette notice ne nous permettent pas de citer d'autres traits semblables , qu'on

ÇBUt lire d'ailleurs dans sa Vie. £n 1825 le arn débordé envahit les deux principaux faulMOurgs de Montauban. A la première nouvelle du desastre, le prélat accourt sur les lieui, se porte partout où il y a danger, iait préparer des barques |>our porter secours à ceux qui sont près de périr. Il encourage les travailleurs par son exemple, encore plus que par $^s paroles» et tout le

monde est sauvé. Son palais est transformé en hôpital; 300 victimes du fléau y sont reçues et réparties dans diverses salles ; il pourvoit h tous leurs besoins, et les sert de ses propres mains. Une pauvre femme reste è la porte de Tévèché et n'ose entrer pania qu*elle est protestante ; l'évèque l'apprend : « Venez, » lui dit-il, » nous sommes tous frères, surtout dans le malheur. » Charles X, instruit de la charité de M. de Cheverus et des sacrifices qu'il avait faits en cette cir* constance, lui envoya 5,000 francs; ils furent aussilAt distribués aux pauvres. M. d'Aviau du Bois de Sanzay , archevêque de Bordeaux, était mort en 1826, emportant fous les regrets d'un diocèse où son alTabi- .'lité, sa douceur, sa charité, étaient depuis bngtemps appréciées. Nul n'était plus digne de le remplacer que l'évèque de Montauban. Celui-ci employa toutes les influences, pour détourner le coup dont il 'était menacé. Ou répondit à ses réclamations en le nommant pair de France, et il dut rester archevêque de Bordeaux. Parti, la nuit, de Montauban , pour se dérober h des adieux qui eussent encore brisé son cœur, il arriva à Bordeaux le 14 décembre. « Nous Tavons vu au milieu de nous » écrivait un peo après sa mort un de ses grands vicaires, tel ()u'il avait été è Boston et à Montauban, inspirant l'amour par toutes les qualités qui gagnent les cœurs, commandant le respect par les vertus les plus éminentes. Dans sa conduite comme évèque, comme homme public, il a toujours été égal à lui-même, c'estè-dire , plein d'une haute sagesse, ne s*oecupant que de ses devoirs, et se conciliant par son lèle , sa prudence, sa douceur, sa charité, sa simplicité, une vénération et une confiance universelles. » Son arrivée à Bordeaux fut signalée par la même ovation qui l'avait accueilli è Montauban. On vovait revivre en lui 1^ vertus de M. d'Aviau. Sa parole affectueuse et paternelle, 9t$ ré« penses, pleines de grèce et d'esprit è' chacune des harangues, ses sermons , animés de tours vifs et neufs lui eurent bientôt gagné tous les cœurs. Plein de respect pour son prédécesseur, « il n*aspirait, » disait-il, « qu è le continuer. » 11 sut se multiplier, en poursuivre et en améliorer toutes les œuvres. \ Dans une circonstance grave, TarchevA^ que de Bordeaux parut divisé d'opinion avee ses collègues ; c'était au sujet des ordonnances du 16 juin 1828. On sait qu'il se tint h ce sujet des réunions d'évêques. M. de Cheverus, qui n'approuvait pas les ordonnances, ne l'ut cependant pas d'avis d'adopter le Mémoire présenté au roi parle cardinal de Clermont-Tonnerre, au nom de l'épiscopat. il parait qu'rl trouvait quelques expressions de ce Mémoire trop vives i*t trop fortes. Au milieu des troubles qui agitèrent la France, en 1830, sa réputation protégea son clergé dans les moments les plus fâcheux, et le diocèse n'éprouva ^point de ces secousses violentes qui, ailleurs, affligèrent TEgliso, et forcèrent des prélats ci

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des curés h s*é!oigner. Le nOYiVean goiircriiement eut d'abord l'idée de deiiiAnderaux prêtres en charge, comme aux fonctionnaires publics, le serment de fidélité. Dès le premier avis qu'en eut Tarchevèque de Bordeaux, il s*empressa d^écrire ^ un person- .nage pnîssant» lui fit sentir que celte mesure était également impolitic|uc et désastreuse, et qu'il s'ensuivrait une division semblable à ' celle des prêtres Jureurs et des prêtres insermentés de la première révolution. Sa lettre eut un heureux effi^t, et on ne songea f>lus à demander le serment. i» {Biogr.univ.ltfichaud apt. de M. Dassance.) Après la| révolution de 1830, la chambre des députés avait éliminé de la pairie ceux qui Tavaient reçue deChnrles X. Apprenant qu*ilétailfort question de lui rendre son titre de pair de France, et que des démarches actives étaient faites en sa faveur, l'archevêque do Bordeaux Jr coupa court en faisant insérer dans les ournaux la note suivante: « Sans approuver l'exclusion contre les pairs nommés par le roi Charles X, je. me rc^jjouis de me trouver hors de la carrière politique. J'ai pris la ferme résolution de ne pas y rentrer, et dn n'accepter aucune place, aucune fonction» Je désire rester au milieu de mon troupeau, et continuer è y exercer un ministère de chariti^, de paix et d'union. Je prêcherai la soumission au gouverncMiient ; j'en donnerai l'exemple, et nous ne cesserons, mon clergé et moi, de prier avec nos ouailles pour la prospérité de notre chère patrie. Je roe sens de plus en plus attaché aux habitants de Bordeaux ; je lés remercie de l'amitié qu'ils me témoignent. Le vœu de mon foeur est de vivre et de mourir au milieu d'eux, mais sans autre titre que celui d'un archevêque et d'un ami. » Il avait été trop heureux de perdre sa dignité de pair de France, qui rarrachait plusieurs mois chaque année à son troupeau. Ce titre, comme ceux de conseiller d'Ktat et de commandeur du' Saint-Esprit qu'il avait reçus peu après, l'avait fort peu touché. Quand la duchesse de Berrjr eut été enfermée dans la citadelle de Blaye, il sollicita la faveur d'aller lui porter les consolations de son ministère. «Je ne serais pas digne de votre estime» ditil un jour aux autorités de sn métropole,* si je^ vous cachais mes affeotions pour la famille déchue, et vous devriez me mépriser comme un ingrat, puisque Charli.*s X m'a comblé de ses bontés. » La plus parfaite intelligence no cessa de régner entre toutes les autorités cl lui; il n'y avait qu'une voix pour louer le saint prélat. Quand le choléra |>arul en France, il offrit son palais pour les malades, et, au-dessus de la porte d'entrée, on écrivit ces paroles: Maiton de mC" cours. Un bruit d'emjtoisonnement s'étant répandu parmi le peuple, l'autorité eut recours à I archevêque, qui publia une lettre 1>astora!e, monta en chaire, et fit tomber ces fruits absurdes. Le fiéau ne sévit sérieusement que dans le dépôt de mendicité. Les pauvres, témoins de la mort de leurs compagnons, se révoltèrent. Ou eut recours à

rinfliiencQ de Tarchevêque, dont \n parole douce et puissante rétablit la paix. 11 obtint le même succès au fort du HA, où les détenus s'étaient soulevés. La sédition avait pris un tel caractère que, pour la réprimer, on allait êtra forcé de recourir aux moyens extrêmes. L'archevêque s'avance vers ces hommes égarés, leur parle avec douceur» les désarme et les fait rentrer dans le devoir. H. de Cheverus avait déjk eu une attaque d'apoplexie. Venant de perdre un de ses grands vicaires, il songea a le remplacer par M. l'ahbé Reorges, son neveu, tl n'y avait

au'une difficulté, c'était de déterminer Ce igné ecclésiastique à accepter. L'archevê^ que en vint pourtant à bout, et il lui dit : « Me voilh sur mon déclin, et je sais que la vieillesse se fait facilement illusion : plus les facultés s'atfaiblissent, plus on se dissimule son impuissance. On se croit toujours capable, lors même qu'il est évident qu'on ne l'est plus; et cependant tout souffre, tout languit, la relicion se perd. Je no veux point que mon diocèse éprouve ce malheur; io veux donner ma démissiot) et me retirer le jour même où je ne pourrai plus suffire aux devoirs de ma place. Ce jour, je ne le discernerai pas moi-même; mais en vousasso^ ciant h mon administration, je charge votre conscience du devoir de me le (faire connaître. Si vous ne me le disiez pas, vous serit!X resnonsable devant Dieu, de tout le mal que je ferai, faute d'avoir été averti.» Depuis longtemps il devait être élevé au cardinalat; l'occupation d'Ancône par les troupes françaises retarda sa promotion» Enfin, lé 1"^ février 1836, le Pape Grégoire XVI le déclara cardinal. Le princ'e de l'Eglise se rendit à Paris pour prêter au chefde'l'Elat In serment accoutumé. Louis-Philippe et M. Thiers, alors président du conseil, reçarent, le 9 mars, aux Tuileries, ce vénérable vieillard evec la distinction et les égards dus à tant de mérite et de vertu; ils lui remirent la l>arrette, accompagnée de leurs accolades. Le cardinal profita de l'occasioQ pour demander la mise eu liberté de M. de Peyronnet, son diocésain, et des autres ministres. Louis-Philippe donna de belles paroles, mais la délivrance n'eut lieu que beaucoup plus tard.

Profondément triste au milieu de ses honneurs, le cardinal de Cheverus, après avoir passé quelques jours à Mayence, retourna à Bordeaux, où il fut, comme partout, accueilli avec enthousiasme. Cédant aux instances de ses anciens diocésains, il alla aussi passer ({uelquos jours à Montauban, aa milieu des manifestations de joie des protestants comme des Catholiques. Après son re* tour, il entrc))ril une tournée pastorale, par nue chaleur excessive, et rentra à Bordeaux, exténué de fatigue. Néanmoins, pour satisfaire les fi«lèles, avides de le voir, il oUicia itontifir^lementà Té^lise de Saint-Martiau le fut la dernière fois. « Je me sens frappé h mort, » dit-il anrès l'office, je n'ai jamais tant souffert, otj ai cru mourir h l'autel. Ce qui n'est pas arrivé arrivera bientd! ; h |ieiue

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munie an fatle des honneurs J'o vais en desrendre et les échanger arec la tombe. » Le ISjuHJet, il ajouta un codicilo h son lestanienl, et se confessa avec une entière présence d'esprit. Le lendemain^ il fut frappé, comme d*un coup de foudre, d*une attaque d*apoplpxie et de paralysie, il perdit toute connaissance. Le 19 juillet 1836, il rendait ft Dieu sa belle flme, dans la 69* année de son Âge. M. Villecourt, évoque de la Rochelle , aujourd'hui cardinal , prononça son oraison funèbre, dont la modestie du prélat n*a pas permis l'impression. Le 17 avril 1837, M. Villeneuve, vice-président de la société de la morale chrétienne, lut I la séance publique de celle association, un éloge louchant du cardinal de Cheverus. On a la VU du cardinal de Cheveruê, archevêque de Bordeaux, 1 vol.in-8*. Cet ouvrage, publié sous le nom de M. Ruen-Dubourg, est de M. Hamon, grand vicaire et supérieur du séminaire de Bordeaux, lia eu le |)lus grand succès. Le 17 juin 1841, TAeadémie française a décerné un des prix Uonthjon k celte Vie du cardinal de Cheve^ ru9f sur le rapport de M. Villemain, secrétaire perpétuel, qui a payé un juste tribut d'éloges è cet ii.téressant ouvrage. La Bio" graphie univenelle Mickaud tome LXXI, consacre au saint cardinal une longue notice de M. Dassance. EnHnil a encore paru une Fie abrégée du cardinal de Cheveruif par Hé Egron, Lille, chez Lofort, 18b6.

CHIARAMONTI. — Voy. Pie VIL

CHIGI (Fabio), Siennois, a près avoir exercé diverses nonciatures sous Urbain VIII, cardinal en 1652, parvint au pontiHcat en 1655, sous le nom d'Alexandre VII, et mourut en

CHIGI (Flavio), Siennois, neveu du précédenlt prôlre-cardinal du titre de Sainte- Marie de Populo 9 archiprèlre de Saint-Jenn de Latran, légat de Ferrare, évoque de Porto et cardinal patron. — Il fut envoyé à Paris, avec le litre de légat a latere en 1659, }ï la suite des démêlés survenus entre Louis XIV et le Pape, k l'occasion de l'affaire du duc de Créqur, ambassadeur de France au|)rès du Saint-SiégH. Il eut le talent d'apaiser la colère de Louis XIV et de conclure la paix. Le roi lui témoigna sa satisfaction par le don d'une croix pastorale en diamants, du prix de 100,000 fr. Le cardinal, dont le désintéressement égalait la religion, donna ce précieux dépôt à la sainte maison de Loretle. Il mourut le 13 septembre 1693, dans sa 63' année.

CHIGI (Sigismond), Siennois, neveu, comme le précédent, du Pape Alexandre VU, grand-prieur de Rome, légat de Ferrare, fut créé, en 1667, par Clément IX, diacre-cardinal du litre de Sainte-Marie tu Dominica^ et mourut le 30 avril 1678. (Key. Baylb, Die tionnaire eriêique. )

CHIGI (Flavio), Romain, auditeur de chamiire, né le 8 septembre 1711, lut nommé carainal par le Pape Benoit XIV le 26 uo« f cmbre 1753.

CHOI3l!;UL-BEAUPRÉ(A!fT0lNB-CLÉRADIUS

VKjp né k Angers en 1700, archevêque de

Besançon, fut fait cardinal par Clément XIII en 1761. Il mourut en 177<^.

CHOLET (Jean), fds d'Oudart, seignenr de Noinlel, en Beauvoisis, s'éleva par sein seul mérite. N'étant encore que chanoine de Beanvais. il se fit tellement considérer, que le Pape Martin II le fit cardinal le SK3 mars 1281. Il mourut le 13 août 1293, et fut in-> humé dans l'église de Sjint-Lucien h Beauvais, où l'on voyait sa statue d'argent; maii on la vendit pour rebâtir l'église qui arait été brûlée par. les Ang'ais. C'est ce même cardinal qui a fon<lé h Paris le collège qui portait son nom. ( Voy. (iuillaumo dr NANoiif De gettii PhiL; Louvbt, Mém. de Beauv.; — Frisok, Gatlia purp.; — Aubbrt, ^itl. de§ tard. )

CHRYSOGON, Françaifi, ami de saint Bernard, fut nommé, en 1134, par le Pape Innocent II, diacre-cardinal du titre de Sainte* Marie in Porticu^ puis prêtre du titre de Saint e-PrnxAde.

ClACCUI (Louis), né à Pesaro en 1788, firt fait cardinal par Grégoire XVI en 1838. Sun Ëminence vil encore aujourd'hui. *

CIBO(Marti?i), Génois, fait cardinaNprétre du litre de Saint-Etienne in Cmlio monle par le Pape Innocent II, en 1130, fut ensuite lé* gai en Danemark.

CIBO (Gli), Génois, fut, en IIU, créé»

par le Pape Luce II, prétre-cardinal du tilre de Sainte Pudentiane.

CIBO (Léonard), Génois, fut créé, en IMS^ par le Pape Bonil'ace IK, diacre«cardinal du tilre de SainlCôme et de Saint-Damien.

CIBO (Ange), Génois, fut nommé diacrescardinal du litre de Saint-Marlin-aux-Monta par Boniface IX, Pape, de 1389 h 1M)4 et qui créa 10 caniiiinni en irois nromotions.

CIBO (Jean-Baptiste), d une des maisons les plus nobles et les plus anciennes de riiaiie, né en 1M2, vécul assez longtemps ^ Naplcs à la cour d'Alphonse et de Ferdinand d*Aragon. — Venu h Rome , il reçut de Paul III, l'évi^ché de Savone. Siite IV lui conféra celui de Melphe, et le créa cardinal en 1473, Il fui élu PH|)e sous le nom d'Innocent VIII le 29 août 1&84, el.mourut le 25 juillet 1^92, âgé de 60 ans.

CIBO (Laurent). Ois de Maurice Cibo, frère du Pape Innocent VIII. — Maurice, président de TElat ecclésiastique, charge sup* primée depuis, et gouverneur de Spolète, aima une de ses parentes, Perrette» Cibo, et en eut Laurent, qui fui archevêque de Béné* vent, et châtelain du chÂleau Saint-Ange. Le Pape Innocent VIII le fil cardinal en mara H89; el comme le vice de sa naissance pouvait le faire eiclure du Sacré Collège, on assura que Maurice Cibo é|)ousa en secret Perrette mère de Laurent. Ce cardinal, qui jouit d'une grande faveur sous le pontificat de son oncle, fut persécuté par Alexandre Vt, qui alla jusqu'à le menacer de lui retirer le chapeau de cardinal. Il mourut le 22 décembre 1503. (Voy. Volterrân, Anthr.^ lib. xxii; -« Onuphre: -^ CiACONius; — Vigtorrlu ; — Cabrera.)

ClbO vI:1N0CE^T), archevêque do Messine*

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DICTlOàNNAlRE

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de Turin» dn Gênes, était pelit-fils d*Innocenl Vin. — Le Pape Léon X, qui était son oncle maternel» Télevaè la pourpre romaine, en 1513, lui rendant le chapeau qu'il avait lui-même reçu d'Innocent VIU. Si Léon X contrit)ua beaucoup h rehausser la grandeur des Médicis, Innocent Gibo travailla depuis à la maintenir. Lorsque le duc Alexandre de Médicis eut été assassiné en 1537, c*est lai qui gouverna l'Etat de Florence, et qui le conserva i Côme, flls de Jean de Médicis. II admiijistra sagement les légations de Bologne, de Pdrme et de Plaisance. Enfin il mérita l'amitié de Tempereur Charles V,

Ïu'il reçut deux fois à Massa, et celle du roi rançois 1*% qui lui donna les abbayes de Saint-Victor de Marseille et de Saint-Ouen. Il n'eut pas également k se louer de tous les souverains. Le Pape Paul III lui témoigna quelque ressentiment de ce que ayant promis Julia Yarana, sa nièce, au duc q'Urbin, il avait refusé de manquer h sa parole en l'accordant à Octavio Farnèse, petit-fils dû Pontife. Le cardinal Cibo eut une grande part h l'élection de Jules III, et mourut le 13 avril 1550, Agé de 58 ans ; il fut inhumé à Rome dans l'église de Sainte-Marie de la Minerve, entre les Papes Léon X et Clément VII. — (yoy. Bbmbo, in Epiit.; — Paul JovBt I* xivi ; — Ughelli, Ualia iacra; — Gabbbra: — Onumrb; — Aubbrt.) CIBO (Alderah), fils de CharUt^ prince de Massa, né en 1613, fut revêtu de la pourpre romaine par le Pape Innocent X| en 1645. *- Il avait été majordome du sacré palais anosloliquev et il fut, dans la suite, légat d Drbin, de laRomagne et de Ferrare. De retour h Rome, il se trouva è l'élection d'Aleiandre VII, qui lui donna l'évèché de Jesi. Il se trouva encore h celles de Clément IX et d'Innocent XI; ce dernier le uomma ministre d'Etat. Il concourut depuis aux élections d'Alexandre VIII et dlnnoeentxn, et mourut doyen du Sacré Collège le SI juillet 1700, dans la 88* année de son ftge et deson cardinalat la cinquante-sixième. Sur la famille Cibo consultez : Dialogo délia nobilUa délia famiglia Cibo; — Pob- CBAccBi, Genealog. délia famig. Cibo ; — ViALORDA, Vie d'Innocent Y III ; — lb La* BODRBUR, Voyage de la reine de Pologne: — Dgbblli, Italia eaera: — Saihtb-Martob, Gallia Chriii.^ de episc. Manil ; — Justi- MiANi et SopBAiii, Script, delta Ligur.; — Pbiobato, Scena d*kuom. illustr. d ItaL; — AuBBBT, Hiit. de$ card.; — De Thou, iJûl., 1. m; — Paul Jovb; — Capbaba; — Imhoff, dans ses Vingt famillei d'Italie.

CIBO (Camillb), né h Massa de Carrera, domaine de sa maison, le 25 avril 1681, et. second Gis de Charles Cibo , duc de Massa, prince de Carrera, et de Thérèse Pam- HIe, ajant pris le parti de la prélature romaine, fut, le 1*' août 1707, déclaré clerc de la chambre aposloHque et ensuite président des vivres. Devenu l'atné de sn maison en novembre 1715, par la mort du prince de Massa, son .frère atné, et engagé déj<^ Uaiis 1m' ordres sacrés; il céda ses droits

sur les Etats de sa maison h Aldéran Cibo, son frère puîné, différent du cardinal qui précède, se réservant seulement dessus une modi(]ue pension. — Le 28 janvier 1T18, il fut fait auditeur général de la chambre apostolique, et, le 8 février suivant, nommé patriarche de Constanlinople.Cetitreajantété proposé pour lui, dans un consistoire, le 11 du môme mois, il fut sacré le 15 suivant, dans réglisede Sainte-Marie du Peuple, k Rome, par le cardinal Paulucci. Le grandmallre lui envoya la croix de son ordre, qu*il reçut des mains du receveur d«* la rel'gion k Rome, le 19 août 1721. Mais ayant pri5,aotis le pontificat dlnnocent XllI, la résolution de se retirer des affaires du gouvernement, pour ne penser qu'à son salut, il se démit, en novembre de la môme année 1721, de sa charge d'auditeur général de la chambre. Il conçut môme le dessein d'aller passer le resta de ses jours dans l'ermitage de Spolète. C'est dans cette vue qu'en mai 1723, il vendit tous ses équipages et la plus grande partie de ses meubles. Cependant il reparut k la cour romaine dès le commencement da pontificat de Benoit XllI qui, le 10 juillet 1795, le déclara majordome du sacré palais apostolique. Il en reçut la nouvelle k CasteN Gandolfe. par un exprès que lui dépêcha la cardinal Pamfile, son oncle. S'étant rendu k Rome, il prit, le ik septembre suivant, pos« session de la charge (le prémicier de la vénérable archiconfrérie des saints anges gar« diens, et, le 29 novembre de la môme année, de sa nouvelle charge de majordome. Benoit XllI le créa cardinal de la sainte Eglise romaine, le 23 mars 1729, et lui donna le chapeau, avec le cérémonial accoutumé, après quoi il lui assigna le titre de Saini-Etieune ifi monte CœliOf dont il prit possession solennelle le 8 avril. Il prit aussi solennellement possession de la place de protecteur de l'église de Saint-Venant, et de la natioa de Camerin, le 15 mai de la môme année. Après Texaltation de Clément XII, il fut en« core déclaré protecteur du collège Clémentin k Rome, et de l'université de Ferrare, aa lieu du cardinal Pamfile, et prit possession de,' ces places les 23 et 30 juillet 1730. Le môme jour 30, la secrétairerie d'Etat lui flt connaître que le Souverain Pontife lui araft conféré le grand-prieuré de Rome, de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, vacant par la mort du cardinal Pamfile. Il prit possession de l'église prieuriale de Sainte-Mnrie sur le mont Aventin, le 19 février 1731. Il avait laissé son premier titre le 8 janvier précédent, pour prendre celui de Sainte-Marie du Peuple. Le Pape, en lui donnant le grand prieuré de Homo, de huit mille écus de revenu, lavait chargé d'une pension) de deux mille écus, en faveur d'un commandeur de Malte. Il sollicita la suppression de cette pension ; mais, n'ayant pu l'obtenir, il remit ce bénéfice entre les mains du Pontife, en juin de la môme année 1731 . En novembre suivant, on répandit à Rome, en forme de lettre, un imprimé, venant de Gônes, dans lequel on déduisait les prétendues raiaouf

DES CARDI?i.\GX.

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