‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 79 sur 350 · COE · texte numérisé non relu

COE

COL

%Alê consennleur de la hbené et de la dignité de CEgliie^ qui, de raveu unanime de$ Romains , ne dm qu^aux belles lettrée la pourpre sacrée , qui ne eesêa d'être le protecteur des savants^ regardant le pouvoir de faire le bien comme le fruit le plut précieux de la puissance^ le collège de Viterbe de ia Société de Jésus, son héritier testamentaire ^ a élevé ce monument.

CQBCl ( PoMPONi )y Romain, ér 6que de Citla (li CastetlOy fait cardinal» en 15tô, par Paul m» mourut en 1543.

CGESI. Yoy. — Frédéhig.

COETÏVI (Alain de), né en Rrelagne, le 8 novembre ii07yd*Alain III du nom« sei-

Î;neur de Coeli? i, et de Catherin edu Châlel« ùl, en 1438, uommé é?èque de DoU après Jean de Bruc, et, en 1445, transféré à Tévêché de Cornouailles, aujourd'hui Quimper. —Depuis, il reprit l'administration de son premier'^vêcbé, après la mort de Raoul de la Moussaie. Alain de Coelivi était déjà éïéque d*Af ignon, et le Pape Nicolas V I avait élevé au cardinalat, le 20 décembre 1448. C'était un homme très-instruit dans les affaires ecclésiastiques et séculières,

fénéreux, droit, incapable de flatterie. On appelait le cardinal d*Avignon. C'est lui qui s*opposa au dessein qu'avaient les cardinaux d'élever Bessarion à la papauté^ après la mort de Nicolas Y. Sa raison était que l'Eglise latine présentait assez de sujets dignes de la tiare, sans qu'on fût obligé d'en chercher un qui sortait de l'Eglise grecque, comme si le mérite personnel de l'illustre cardinal n'était pas un titre suffisant. Coetivi poussa un jour la liberté de la parole au point de reprocher, en plein consistoire, à Paul II, d'être vain, méprisant, dissimulé, ajoutant que, pendant plus de vingt ans, il avait comprime ses mauvaises inclinations, aGn de travailler è surprendre les suffrages du Sacré Collége.En 1456, Calixle III l'avait envoyé en France avec le caractère de léi;at. Pie II remploya aussi dans les plus grandes affaires, et touiours le cardinal d'Avignon se montra à la hauteur des fonctions 3ui lui furent confiées. Sous le pontificat de ixlelV, il opta Tévôché de Sabine, et mourut è Rome, le 22 juillet 1474, dans la 67' année de son âge. Il est inhumé dans l'église de Sainte-Praiède où se voit son épitaphe. Bienfaiteur do TEçiise d'Avignon, il avait aussi fait reconstruire le palais épiscopnl. (Yoy. Gobelin, pseudonyme de Pie II, Comment.Pii 11^ 1. ii ; — Jacques de PàviK, Comment., I. Il, et epist. 310; Frisox, Gallia purpurata ; Aubert, Hiât, de» card, ;

— Saixtb - MABTH^f Çallia Christiana; — NouGuiBR, HuL d'Avignon; - Gqdefroy; — BHrIrand d*Argentré; — Augustin Dupas;

— CiACOMius; — Qnupprk; — le P. Ansel* UfL^Hisl. généalogiq. et chronologiq, ^e la maison ée France et des grands officiers de la couronne, 1694, 2 vol. ln-*folio.)

COETQUEN (Philippe i>e). Français, évoque de Léon, puis archevêque de Tours, orée prêtre-cardinal, en 1440, par l'antipape Féli^ V, mourut en 1441.

COINTEREL (Matthieu), fils d*i>n mardchal-ft'rrant de Mérannes« en Anjou, naquit en 1519. — 11 fit ses premières études h An* gers, chrz un de ses oncles maternels, qui était chanoine. Pondant son séjour dans cette ville, ayant fait rencontre d'un prince étranger, qui examinait avec curiosité les clochers de la cathédrale, dédiée è saint Mau* rice, il s'approcha de lui, lui fit considérer la hardiesse de Tarchilecture, et l'entretint des antiquités de )a ville; ce qTii plut tant à ce seigneur, qu'il proposa au |pune homme de faire avec lui le voyage de ]*ltalie. Cointerol accepta cette proposition; mais, arrivé h Venise, il tomba dangereusement malade. Le médecin qui le traita, nommé Buoncompagnoni le prit, après sa guérison, pour précepteur de ses enfants , et le fit 4*.onn8!tre à Hugues Buoncompngnoni, son frère, professeur de droit h Btdoffne, qui, depuis fat Pape sous le nom de Grégoire XIII. Hugues plaça Cointerel chez André de Boni, un de ses collègues qui, ayant été appelé peu de temps après è Rome par Paul III, y mena avec lui Cointerel. Buoncompagnoni les y joignit, dès que Boni eut été fait référendaire de Tune et de l'autre signature, et secrétaire des brefs. Ensuite Boni étant allé au concile de Trente, Cointerel eut ses emplois, et fut de plus, auditeur de la légation du cardinal de ^aint-Hi()polyte, en France, et du cardinal Aleiandrin, en Espagne. Buoncompagnoni étant devenu Pape, le lit dataire, puis cardi* nal en 1583.

Ce prélat qui, parti de si t>as commencements, n'avait dû qu'à lui-même, et hors des temps de troubles, une si grande élévation, devait être un homme peu ordinaire. Il fut, d'ailleurs, toujours estimé pour la pureté de ses mœurs, son savoir et sa libéralité. On a do lui un recueil, très-bien fait, des minutes des dispenses accordées par Grégoire XIII en des occasions importantes. Il mourut à Rome, le 28 novembre 1585, et fut enseveli dans la chapelle qu'il avait fait bâtir dans réglise de Saint-Louis. Le P. Raimond, Jésuite, a fait son oraison funèbre.

COLIGNY (Odbtdb), cardinal de ChAlil- Ion, archevêque de Toulouse, évèque eC comt<^ de Beauvais, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, de Fleury, de Perrière et des Vaut de Cernay, né è Châtillon-sur-Loing, le 10 juillet 1515, était fils de Gaspard de Coligny, maréchal de France, et de Louise de Montmorency. — Il fut élevé avec beaU-> coup de soin, il se fit remarquer par son esprit et son goût pour les belles-lettres. Le Pape Clément VU le revêtit de la pourpre romaine, en 1533, tors de son entrevue avee François I"è Marseille. Mais le jeune car» dinal se laissa entraîner par Tamiral et d'Andelot, ses frères putnés, pervertis par Calvin, et il s'enrôla avec eu i dans Tbérésie. Il rendit de grands services è ceux de son parti ; mais le Pape Pie IV le priva de la pourpre dans un consistoire secret. Cette mi*8ure ne le loucha point. Il épousa Elisabeth de Kanleville, è la sollication des hu- KueQOts, oui triooapbaieut d*avoir, pamif

GOL

ics cuatLXAi \.

CM

, us cftr.: r.si ma^i. L- nr V:*b""i.i

1571, en-py.* '•">* :«• s»:-' «ft e: ^f r!j. ùi-: Si TMïTe ré .rT.£, *'L Ifffti. -: - o:-. t -: ;

rtC du p*r#eTij*i>: i^ Pi-ls. T/ij. 5*»,^^x.t,

ttt Tbou: — rrTki.«i:iXAi.:ïs; — CiaDii^i5; — BC Boicxeb; — SAi^Ti.-liâ>LrHE: — ic F.

COLUIENTO "EATHArp » , issa i'usf f««

pies, après aT>lr ft!: dr li^fi^'r^ êiuJcs ei mtùir acquis uut cn'.^r 'r r>j:s*r>L f.&r «^n SBToir, fat laii hLif^ «iu ]kIi:«ii!-CBS>ii. 1. r ealqoe]qaescoiit«^*fivi:':.s s ir s>o èeciios. GniJobaiii, norr.nié » ^a ruA^ie ali^are (var remperear Loiin-ire 11. tou.uI faire* Taio:r vê nomioatiori : mst^ li sr dc^isuenllSS, et G>Kmenlo jOBit fa:>il*]-rLen: d'* l'&Lia.ie. Qiielqoe Um^^ s: ^è», IiiDirce".! Il le cVca rardiusl. Les rois de S c::' , Roger II et Guillaume I*^, avaienK rAThgèi'Abbare ei ies terres qoi en dépenda:eDt ; w^ws Guii'aumf, revenu à dv meilleurs sentin.eois, réuiiiii ce qui avait été détroit, remit îrs moines eu possession, et répara, piar dï'S présents co:iaidérable», le« «Jomniages quM arait causés. Louis VII, roi de France, donna aussi à ces reiigieuK des témoignages de sa munificence. Dans la suiti',Colimeni;o bâtil, dnns lecomlé de Penna, une petite ville qui fut appelée Sam-Marlmo neUt saline. Ce cardiual a écrit h Vie de eaini Sévère^ évèq'je, et quelques autres ouvrages. Il mourut k ISjuillet 1165. Pierre Diacre lui a dédié le iv* livre de son

du Mont'Cassiu. ( Voj. Dictionnaire kielorique, édition de Hollande, 1740 )

COLLEMEZZO (Pieabb de), naquit, suivant les uns, en Champagne, suivant d*autres, è Coulomniers , en Brie; car son vrai nom est 6o/mien ou Columiers. — Après avoir été de la n>aison de Pai.dalphe, évéque de N'jrwich, en Angleterre, et ensuite prévôt de l'église de Saint-Omer, il prêcha la croisade contre les albigeois, et fut élu à Tarchevêche de Rouen, qu'il n*HCcepta que par obéissance, ayant déj^ refusé huit évôchés. Lu Pape InnOf ent IV^ rem|)loya en différentes négociations, et; en 12!^^, le fit cardinal, du titre d*Albane, d*où vient qu*il est nommé PelnMil/frafien^îfdanslabulled'IanocenllV, pour la déposition de Frédéric. Pierre ne fut pas favorable aui Dominicaius ni aui Gonieliers, qu*il avait soumisà la visite épiseopale ; aussi n'ont-ils pas manqué de dire cfue sa mort, arrivée en 1253, en était une

Sunition. Un degré sur lequel il montait s*arlissa, et il fut tué sur le coup. [Yoy, SaintbllAaTHB, GaUiaChrisiiana; — Frison, GaUia purpiiraXa;— AuBERT, Hist. det eard.)

COLLICOLA (Charles), né à Spolète, le 81 mai 1682, était en 1715, préfet de VAnnone h Rome, c'est-à-dire chargé de présider aux approvisionnements.— Depuis il fut clerc de la chambre apostolique, et chargé, le 13 janvier 1717 , d*eiercer par intérim remploi de secrétaire de la congrégation De propoganda fidtp qui venait de vaquer par la

.•••.T.: ::î s;, .s . rif-v-v c;." :-:î c-.vr^Ti^ f^n

Ci rj^r.; r.* P:.i^:: . z.- ^cn%:iShi'^ <»;'*•/* è

r".:i me vcsi l Fi^r-^?r P. „ j./oî-< . ,v.i

teij >*:;.i-Ar,cf. D^.j.s iic^r'^j, «ar •r-^r.r-

C'i'Z'i : : \l, .;a: ■ jî .:*>nr.a ,x^,ir :a ift<\\>*>,'ie f;"^:s, Je 3fT*r.erlTîl, a ,r*v^ J^" t*Vi5»>r,»v Cvucrr-.. J;- "a c^f^n*:^^e *;\vs;i^'' :;:e. ii.>'ii sî î-rii jO'ÇSfHKSK^n le 8 .i.i nnVî:o :v..v<, et *ians ^;je ît* :î fjil ni.^i 'ït.»i:i, e 19 .,.a: suiTji«ti« prr le Pape Lin.Hvnl \lll, e: <\>n:i!^U4\ eu ITik, j.ar le Pajv RrnMi \I11, \>.'!5 ,1e s«^i e\a taii'^n. Ce Poniife îr rroa .Ar.iinal d*» la saitite Eglise roma. ne, U* 9 u^«eniî^r«M7dft, n^is le re-serva a't^rs i« prUù^ et ne te d.^ c'^rà qje le 30 ami ITiS. :ui aS>i|E-ian( en même temps ure j^nsion de *"e:U ecu> d*.>% psr moi<, i preîidrt^ sur la chamlire aj^'^st»»* Ijque, jusqu*.^ ce qnM ta; iv^urvu do t>:^niS fi O'i. 1: rtçnt !,i l»arrolte I' m<>aio ji>u% et le ('ïi3}i'Aii le ï n.ai. Le Pa^v fit la fonction de lui ferm^T et ouvrir U tHiiuhe, lo 10 du n:ême mois, t-t lui assijsna ensuite !e tit(v di.^ronal de S.iime-M.irii* in por/iVu i\imp9^ telli, C'^ prélat mourut à Ro:ne, lo ldiH*i(>bro 17;?0, d'une innammauon do )V>umou, causée, dit-on, p«ir une indi^sostion ; il était dans la 49* année de$onAi;o,et la quatrième de son caniinalat, Lo ct^rps de cotte Knii» nence fut |Hirté le M au soir dans l'église des Carmes à Monto-Sa^ito, où, lo2l, furent célébrées ses obsèques, aprj^s losquollos il fut inhumé daiis la chapelle do Saint-Jae* ques, aïKMre, et do Saint-Franoois d*Assisei lieu do la sépulture de sa famillo,

COLLOREDO vLRA!«i>Ro),né d.ins le Frioul, possession aulrichien-ie sur TAdriatiiiuo, d*uno ancienne famille originaire d*.\liemagne, était prêtre do TOratuiro de Saint- Philippe de Néri, quand il tut élevé au oardiUiilat, on 1G80, par lu Papo lunooont \l. Ce prélat, d*une grande érudition, entrotoliait une correspondaiire avec les prinoipnux savants, ses contoni|)orains. I>.ins lo I'' vo> lumedes OEutreepoithumei kU^s PP.Mahillon et Ruinart, on trouve dix ou douze <lo ses lettres, adressées pour la plupart au P. M.t* hiilon. Il mourut grand pénitencier do TK* glise, lo 11 janvier 1700. (Kf»]/. Ror^ii'Ar.io, Uisloire du fVioM/; •-- tiiui.ùu PiiioMAni, Seena d'huom, illutt,: — Ti i.nKNits, Iliitorin noflritemporis.)

COLLOIVKDO (Antoinr-Tukoiiork m], né h Vienne (Autriclio), en I7itl» anhi«vo<|iio d'Olmulz, tut fait rarditial un 1M)3 par Piu VIL U mourut en 1811.

COLONNE (Jean), Romain, est un do ceux qui ont le plus contribué h la graiidi'ur et A I élévation de cotte ancienne et illuatro l'amillo. — En 1210, il fut créé par lo Pape Honoré III, cardinal du litre do Siilnliv Praxède. Ensuite il fut déclaré légnt do l'armée chrétienne, envoyée daiiH lu Lovant, C'est cette môme aruiée qui| sous Jooiii rot

COL

COL

vW

de Jéiusaleoiy ot sous les autres princes froîsésy prît, le 5 novembre 1219, I<i ville de Daœiette après 22 mois de siège. Le lé-

Pat eut une grande part è ce succès, par ardeur arec laquelle il animait chefs et soldats. Ce cardinal , néanmoins, fut pris par les Sarrasins, cl condamné à être scié par le milieu du corps. Ceui-ci se préparaient à lui faire subir cet arrêt barbare, lorsque, surpris de son calme et de sa constance, et cédant à Tadmiration, ils le rendirent è la liberté. On dit qu'il rapporta avec lui h Rome la colonne contre laquelle notre SauTiMir avait été flagellé, et qu'il la plaga dans réglise de Sainle-Praxède, où elle .se TOit encore. Depuis, le Pape Grégoire IX lui donna le commandement de Tarmée qu'il avait mise en cam|)agne pour enlovcr le royaume de Naples h l'empereur Frédéric Il ; mais ce dessein se trouvant nlus didicile h exécuter qu'on ne l'avait pense, le cardinal CoUmne occupa l'armée à reprendre quelques places que les impériaux avaient surprises dans la Marche d*Ancône. 11 mourut peu de temps après, au commencement de février 1245. L'hôpital de Latran, qu'il avait fondé, est un mo'^ument de sa charité. (Fciy. Matthieu de Westin, ad annum i2W ; — Paul JovE, .Viia Pomp. Colonn.;-- OnuPHEB ; — CucoNivs ; — Victorelli ; —

AUBBHT ; — SpON DE.)

COLONNE (Jacques), archidiacre de léglise cathédrale de Pise, fut élevé au cardinalat, le 12 mars 1278, ()ar le Pape Nicolas 111. Par celle promotion, le Pontife voulut se rendre favorable la puissante maison de Colonne, afin d'y trouver un appui et une défense contre la maison des Ursins. Martin IV, Honoré IV et Nicolas IV, oui occupèrent successivement le Saint-Siège après Nicolas 111 , entourèrent toujours d une grande considération la famille des Colonne. Nicolas IV donna h Jacques l'arcbiprètré de Saintc-Marie-Majeure, et la

Îroteclion do l'ordre militaire de Saintacques. Ce Pontife mourut en 1292., Célestin V qui lui succéda étant mort en pri- 50n,en 1296, après avoir abdiqué le souverain

SontiOcat, la haine qu'on avait conçue contre oniface Vlll, successeur de Célestin, Gt croire que la mort de ce dernier n'avait pas été naturelle. On blâmait publiquement à Rome les procédés violents de Boniface

2u*on accusait de cruauté. Les soupçons talent injustes et les accusations exagérées. Bonitaee, par des raisoûs dictées j)ar la politique et la prudence, »yait fait enfermer dans une forteresse, le Pontife démissionnaire, de peur que, dans ces temps d'anarchie, ies séditieux ou des novateurs ne se lissent de ce vieillard, très-estimable sans doute et digne du plus grand intérêt, un drapeau pour agiter les populations, fomenter des troubles et susciter des embarras aux gouvernants. Mais le peuple n'écoute pas la voix de la raison; il ne suit que sa

J)assion. Les esprits s'agitaieiit donc contre )oniface qui, a tort ou à raison, se pernuadait que c*étaieat les Colonne qui ani-

maient le peuple contre lui, et qui répandaient des bruits injurieux h son cararlère ol h sa dignité. La famille des Caraffn, h hquelle il appartenait, avait toujours été en mauvaise intelligence et en rivalité avec celle des Colonne ; celle-ci avait toujours été ardente gibeline, tandis que les autres étaient des Guelfes acharnés. D'ailleurs les cardinaux Colonne s'étaient opposés à l'élection de Boniface et avaient refusé de venir lui présenter leurs hommages, bien qu'il les eût sommés de se rendre à Rome. Connaissant l'humeur altière et emportée de Boniface, pour s'y dérober ils se retirèrent à Népi, où commandait Jean Colonne, un de leurs parents. Cette conduite offensa vivement le Pontife, oui publia une croisade contre les Colonne. Il alla assiéger Népi, et la réduisit à une telle extrémité que, pour la sauver, le gouverneur n'eut d'autre parti è prendre que d'en faire sortir les cardinaux, ses parents. Ils se jetèrent dans Palestrine, où commandait alors Sciarra Colonne, un de leurs cousins, et ils y furent très-bien reçus. Le Pape, pour vaincre la révolte, alla Ini-méme assiéger Palestrine, d où les trois Colonne sortirent déguisés, pour se réfugier chez un de leurs amis à Pérouse. Le lendemain la ville' se rendit, et Boniface la flt détruire, do même que quelques autres, qui avaient ouvert leurs portes aux Colonne. Éusuite il lança contre eux les foudres ecclésiastiques. 11 priva Jacques et Pierre du cardinalat et de leurs bénéhces ; il retrancha Sciarra do la communion; et, non content de ces rigueurs , il mil leur tète à prix et alla jusqu'à excommunier ceux qui porteraient è l'avenir le nom et les armes des Colonne. Sciarra, fuyant cette persécution, fut pris sur mer, par des pirates, et mis à la chatne. Celle condition, toute misérable qu'elle était, lui parut nréférâble h celle où la haine du Pontife l'avaii jeté. Ceux qui l'avaient pris ayaul abordé è Marseille, le roi Philippe le Bel le fit délivrer, et, en 1303, l'envoya en Italie avec quelques troupes el Guillaume de Nogarel. Ils sur^ prirent Boniface à Anagni, où l'on dit que Sciarra Colonne lui donna un soufflet, ayant la main armée d'un gantelet. Cet outrage aurait eu lieu le 7 septembre ; et le Pontife, de retour à Rome, y mourut de désespoir, suivant quelques-uns, le 11 octobre suivant. Benoit XI, son successeur, rétablit les Colonne, qui jouirent d'un grand crédit sous le Pontificat de Clément V et de Jean XXII. Quant au cardinal Jacques Colonne, il était mort dès le U août 1318.

COLONNE. (Pierre), neveu du précédent dont il partagea en grande partie les vicissitudes de fortune, était marié, quand Nico- 1ns IV le revêtit de la pourpre romaine en 1288. -* Sa femme, de son côté, prenait le vc^ile de religion el faisait vœu de chasteté. Dans ces temps difficiles, les Souverains Pontifes cherchaient un appui dans les familles puissantes dont ils faisaient entrer Îuelques membres dans le Sacré Collège.

>e cardinal Pierre mourut en 1326, à àii-

COL

DES CAlUMKAïa.

COL

gDoa où résidaienK alors les Papes; son corps fut porté h Rome et inhiimô dans réglisedeSainte-lIarie-Majeure où Ton voit SOD épitaphe.

(Sor Jacques et Pierre Colonne Toy, Vil- LARiy lÎT. V1I9 c. 51^ et seq, ; — Blondcs, dec. 9f 1. IX ; — Rainaldi ; — Spottde ; -^

ClACOHICS ; — ACBEAT. )

- COLONNE (Jeam), Rnraain, créé, en 1327, inrle Pape Jean XXII, Jiacre-cardioal du litre de Saint-Ange, mourut en 1348.

I COLONNK (Agafet), évèque de Lisbonne, eréé en 1378, prètre-cardinal du litre de Sainte-Prisque par Uriiaiii VU légat en Toscane, en Lomhardie et è VenisCf mourut le 11 octobre 1380.

COLONNE (ETiK!«!fE), créé par le Pape Urbain YI dans la promotion de 1378* diacre-cardinal du titre de Sainl-Eustaclie, mourut en 1379.

COLONNE (Oton), créé cardinal en 1405, puis élu Pape sous le nom de Martin V en 1417, mduriil le 21 février 1431.

COLONNE (Pbosper), créé par le Pape Martin UI, dit V, son oncle, diacre-cardinal du titrede Saint-Gt^orges in VelabrOf en iM9 ou 1426, mourut le 24 mai 1463.

COLONNE (Jean), créé, en 1480, par le Pape Siite IV, diacre-cardinal du titre de Sainle^Marie m Aquiro^ évéquo Je Riôli dans l*E(ai ecclésiastique, était polil-nefeu du Pape Martin V, fils d'Antoine, prince de Salerne et frère des habiles eapitiiines Fabricius et Prosper Colonne. Quelque temps après sa promotion au cardinalat. Sixte IV ayant pris les armes contre Feniinand, roi de Napies, Ht arrêter le cardinal Jean comme partisan secret de ce prince; et il aurait couru risque delà ▼ie, si le traité de paii qui fut alors conclu, ne lui eût offert le moyen de sortir du château Saint-Ange où il était détenu depuis plus d'un an. — Sous le pontificat d'Alexandre VI, les Colonne so déclarèrent pour le roi cfe France, Charles VIII, qui passait en Italie h la tête d'une armée, afin de faire f aloir, les armes h la mnin, sur le royaume dKNaplcs, les droits qu'il tenait de la niaison d'Aojou. Ce royaume était alors occupé par les princes de la maison d*Aragon. Pour se dérober aux ressentiments du Pape, le cardinal sortit de Rome ; il se trou- Tait avec Gill)erl, comte de Montpensier, à la prise do Gaëte où il tâcha d'adoucir la fureur de la soldatesuue pendant les désordresdo pillage.Son frère Prosper ayant ensuite almndonhé le parti des Français, Jean Colonne se retira en Sicile et n'en revint qu'en 1503, après la mort d'Aleiandre VL II Qt partie desconclafos d*où sortirent les Papes Pie III et Jules II. Ce dernier lui donna toute sa conûance, l'investit des premières chnr-

8 es et affecta de l'élever autant qu'Alexanre VI avait cherché h l'abaisser. Le cardi* nal Jean Colonne mourut à Rome, le 26 t^eplembre 1508, âgé de 51 ans, et fut enseveli dans l'église des Douze-Apôtres où ou lit son épitaphe. (Voy. GuicHAnoiif , Uist.y liv. viu et suiv.: — Paul Jovk, 1. m ;

— Philippe de Cominbs v — Raphaël VoLATBBEA?ics. Commcniarii Vrbani ; ; — Oncphee;— CiACOJiius; — Spoudb; — Aobk-

Page 1