‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 8 sur 350 · ALO · texte numérisé non relu

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Après la mort de Clément XiV, au conclave rie lT75,il se montra hostile au parti de la France, que représentait M. de Bemis, revêtu du double caractère de cardinal et d'ambassadeur de France auprès du Sainl- Siége. Dans une altercation qu'avait Albani avec ce dernier, ôtant sa barrette et la montrant au cardinal français, il lui dit d'une voix accentuée : « Eminence, ce n'est pas une courtisane qui m'a placé cette barrette sur la tète;» faisant allusion è Mme de Pompadour, à laquelle de Bernis devait son élévation. Lorsque éclata la révolution française, le [cardinal Albani se déclara un des adversaires les plus ardents du nouveau ré« gime. 11 fit donner k Joseph Albani, son neveu, depuis cardinal, différentes missions

3ui avaient pour but de chercher h susciter es embarras au gouvernement français. Le It) février 1796, le général Berthier s'emparait de Rome^ renversait le gouvernement pontifical, et faisait proclamer la République. Une des premières mesures du Directoire fut d'ordonner qu'on mit le séquestre sur tontes les propriétés de la maison Albani, dont les opinions étaient bien connues^ Le séquestre enveloppa tous les membres de la famille, et la célèbre villa d'Albanf^ où étaient accumulés tant de chefs d'œuvre en tout genre, fut dépouillée de ses richesses. Après révacuation de Tllalie par les Français, Albani fut un des cardinaux qui, au conclave de Venise, en 1800, travaillèrent le plus activement pour faire élire Pie VU. Ce prélat, homme d'esprit, de manières distinguées, quoiqtie ardent dans ses i)pinions, ne ^e montra jamais persécuteur; il aimait à rendre service, et on le vil souvent obliger ses adversaires politiques.il mourut en 1809, évéque d'Ostie.

ALBANI (Joseph), neveu du précédent, naquit à Rome en 1750. — Préférant les plaisirs h l'élude, il abandonna dans sa jeunesse la théologie et la politique, afin oe se livrer è son goût pour la musique, et surtout pour le violon, où il excellait. Nommé à l'intendance de VÀnnone^ il s'enrichit dans ces fonctions. Il fut ensuite appelé à la nonciature de Vienne, qu'il refusa. Souvent ou l'entendit se plaindre d'avoir manqué sa vocation; il disait être né pour être compositeur de musique, plutôt que prince de TBgMse. Suivant quelques-uns, il aurait <;herché ainsi h donner le change sur son ambition, comptant sur la faveur et la puissance de sa famille; mais Pie VI, qui ne s'arrêtait pas à ces considérations, le laissa longtemps sans emploi. Devenu enfin auditeur de la chambre.apostolique, il commença h inQuer dans les affaires^ et è manifester son hostilité contre la France. En 1795,11 fui envoyé dans l'Italie septentrionale pour en exciter les différents Etats à se liguer contre la France. Mais les événements se multipliaient h cette époque, et Albani, envoyé en 1796 à Vienne, comme chargé d'affaires du Saint* Siège, séjourna dans cette capitale jusqu^au commencement du xix* siècle. En 1801, il lut élevé au cardinalat par Pie VU ; en iSU, il

fut secrétaire des brefs et légal èBoIogne, en* fin commissaire apostolique des quatre Légations. On lui a reproché quelques actes de rigueur. Il mourut dans un âgeavancé, en 1834.

ALBERGATMNiGOLàs), naquit è Bologne en 1375. — Après avoir étudié le droit, il entra dans l'ordre des Chartreux, chez lesquels il fut prieur k Florence. Elevé, en Ul7, à l'évèché de Bologne, il réconcilia ses diocésains avec le pape Martin V. En 1422, il fut envoyé, comme nonce, en France, et il s'acquitta si bien de cette mission^ qu'il en fut récompensé, en 1426, par la dignité de cardinal, qu*on le força d'accepter. En 1431, le Pape Martin Vie nomma légaten forme, et Eugène IV lui donna or« dre d'aller présider le Qoncile de BAle. Mais les Pères, rassemblés en cette ville, no l'ayant pas voulu reconnaître, il se retira auprès du Pontife» qui Iu4 donna encore la légation de France, et qui, depuis, Femmêna au concile qu'il avait convoqué è Ferrare, où le cardinal déploya son savoir contre les Grecs. Il fut encore légat en Allemagne, et, è son retour, fut nommé grand pénitentier de l'Eglise. 11 mourut peu après à Sienno, le 9 mai 1443. Il avait eu, parmi les gens do sa maison, Thomas de Sarzane et Enén Sylvius, qui, l'un et l'autre, devaientèlre Paprs un jour. Ce prélat était laborieux et employait ses loisirs à écrire des sermons ou h dicter des lettres. Il rétablît et embellit son éelise et son palais épiscopal, qu'il ornnd une bibliothèque. Dans le Pontifical do Bologne, que le cardinal Paleotti publia' dans le xvi* siècle, et qui est intitulé: Archiepiicopale Bononientef Albergati e>l mis entre les bienheureux titulaires de cettB église. {Voy. Sigoîiius, en sa Vie; — Ciaco- Nius, en sa Vie;— PLixlîtE;— S. Antoni?!; — DoRLAND, I. ruChron Carth.; — Bossius, r. 22, De vir, illutlr. ord. Carth.; — Pbtrbius, in Bibl. Car/A.;— Aubert, Hiit. det card.; — Baillet, Viet des eaintt du mois de mai, Voy. surtout rou\rage intitulé : Idea perfecti prœsuliSf invita beati Nie. Albergati^ a Lud, Donio d'Attichy^ episcopo OEduensi.)

En 1745, on imprimait è Rome, in-fol.»

un recueil considérable de pièces pour ser^ vir h l'histoire de N. Albergati, pour la canonisation duquel Benoit XIV a donné un bref qui est k la tète de ce recueil. Voici le titre du recueil : Bomanorum pontificum^ regum ateue illustrium virorum testimonia de beato N, Albergato eardinali Sanctœ-Cru" cts, et episcopo Bononiensi ; jussu et auspi^ dis Benedicti XIV px^ntificis maximi nunc primum collecta^ et in sex classes distributa. Pramittititr ejusdem vita scripta a Jacobo Zeno episcopo FeHrensi^ ad fdem eodieuin Vaticani recognUa^ notisque iilusirata : «/mdio et labore Constantini Buggieri.

ALBERGATI LU DO VISIO (Nicolas), Bolonais, arcnevéque de Bologne , créé en 1645, par Innocent X, prètre-cardinal du litre de Saint-Augustin, puis de Sainte* Marie des Anges, de Sainte-Marfe au delà du Tibrei et de Saiut-Laureiit in Lncinu^

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DES CARDIiNAUX.

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éf^que d*Ostie, doyen du sacré collège,

ALBERGHINI (Joseph), né i Bologne en 1TT0, fut fait cardinal en 183^, par Grégoire XVI. 11 mourut en iWt.

ALB£R1C, moine el diacre du Mont-Cn.ssin,

Suis cardinal» florissait vers l'an 1057. — «ans un synode tenu à Rome* vers 1059, SOQS Grégoire V1I« .contre Bérenger, il fut chargé de porter la parole* contre cet hérétique» et il écrivit contre lui, dans fespace d*une semaine, un Traité $ur le corps de JéêUi^Chriii. Pierre Diacre, dans les nommes illustres duHont-Cassin, cite ces autres ouvrages d'Albéric : Lib. dictaminum et sa" Imiaiionum ; Hymni in S. Nicotaum ; De mU' iiea dialogue ; De virginitate S. Mariœ ; Contra Henrie, imper, de electione A. poittifleU; Hymni de Pascha^ de Aêcemionef de cruee, dédie judicii^ depanis infernif de gaudio paradisi^ de Àssumpt, B. Mariœ, de S. Paulo^ de S. ApoUinare; Passio S. Afo'desit et S.Cmsarei, Vita S. Dominici abbalii, S. Sekmtaslicœf, et Ùomilia in eamdem; De die mariis : De mùnaekis : Deattronomia; De dia* leeiieot et quantité de lettres. Marus dit que tous les ouvrages manuscritsd'Albéricsoot, k Florence, dans la bibliothèque desFrères Mineurs de la Sainte-Croix. La Yie de saint Dominique est dans le deuxième volume du mois de janvier, p. kk% du recueil de Rolland, qui confond Albéric, cardinal, avec un autre Aib^^rie, moine du Mont-Cassin, qui vivait vers 1123, et qui a composé un livre de révélations. (Yoy. Petr. Diacon., De vir. Uluâtr. CaiMinens.^U.)

ALBERIC, né au diocèse deBeauvais, prit fhabit de religieux k Clunj, devint prieur de Saint-Martin des Champs, à Paris, et, ▼ers 1121^, abbé de Vézelay, près d*Avallon en Bourgogne. — Le Papa Innocent II le créa cardinal-évèque d*Ostie en 1138, et renvoya, comme légat, en Angleterre, où Alliéric assembla un concile à Londres le 13 décembre de la même année 1138. A son retour, il fut encore légat en Sicile, puis en Orient. Le Pape Eugène III Tenvoya avec le même titre en France contre Tbérétiqne Henri. Albéric mourut en 11^7.

ALBERONI (Jules), (Ils d'un jardinier, naquit en iWk dans un village du duché de Parme. — La rapidité de sa fortune devait exciter Tenvie, et donner carrière à rimaginatioude quelques biographes. Nous tâcheront seulement d'être vrai. Il était chanoine de Parme, lorsqu*en 1702 il accompagna le comte de Roncoveri, que le duc de Parme^vait choisi pour son agent auprès du duc de Vendôme, qui commandait les troupes françaises en Lombardie. C'est dans cette occasion qo^l fut connu de ce prince, qui le goûta si bien, qu*il lui accorda toute sa confiance. La faveur dont il jouissait auprès du duc de Vendôme engagea le duc de Parme h Taecréditer en qualité de son agent aaprès du général, A la place de Roncoveri. Il exerça ces fonctions jusqu'en 1706, que Vendôoieffit rappelé dltaiie pour aller pren* Irm ie commandement de fermée en Flan-

dre. Il suivit en France ce prince qui lui obtint une pension de Louis XIV. Depuis le duc de Vendôme étant passé, en 1709, en Espagne, pour aller se mettre h la tète des armées de France et d'Espagne, il l'y accompagna , et fut cbarçé par le duc de parcourir plusieurs provinces de la Péninsule, pour étudier la disposition des esprits, et pour raffermir ceux des Espagnols qui pouvaient chanceler dans leur fldélité. Il s'acquitta de cette mission délicate k lu satisfaction du duc , qui le produisit k la cour de Madrid , en le cnargeant de divers messages, qui le firent connaître du roi Philippe V. Le duc de Vendôme, qui mourut dans $qs bras en 1712, lu laissa dépositaire de ses dernières volontés. Il partit donc pour la France, et y rendit compte au roi de Tétat où le duc de Vendôme avait laissé les affaires. Pendant qu*il étaU encore i Paris, le duc de Parme ie nomma son envoyé extraordinaire à la cour d*Espagne, ou il retourna en 1713. La princesse des Ursins, cette intrigante célèbre, gouvernait alors le faible Philippe V et l'Espagne. Mais Albéroni s'insinua si bien dans les bonnes grâces du roi, qu*il conçut le hardi projet de négocier son mariage avec Elisabeth Farnèse, héritière de Parme, pensant bien qu'appuyé par la nouvelle reine, qui lui devrait une si belle couronne, il lui serait facile de supplanter la favorite, et de gouverner l'Espagne k sa place. Ses mesures furent si bien prises, que la princesse des Crsins, elle-même, n'apprit qu avec toute l'Espagne un mariage qui allait la précipiter. Albéroni n*eut pas de peine k exciter la jalousie de la nouvelle reine contre la favorite, qu'il fit exiler, et exiler avec une brutalité inouïe. Il devint dès lors l'homme nécessaire du roi et de la reine. Cette princesse faisait solliciter pour lui k Rome un chapeau de cardinal, et ses vives instances furent enfin écoutées. Clément XI le créa cardinal en 1717. Il fit de lui un magnifique éloge en cette occasion, et avoua que c'était à son zèle que le Saint-Siège devait d'avoir terminé le différend survenu entre les cours de Rome et de Madrid, au sujet des privilèges de la nonciature ; le secours de douzo vaisseaux envoyés par l'Espagne aux Vénitiens contre les Turcs, et plusieurs autres importants services rendus à l'Eglise, étaient également son ouvrage. La nouvelle de sa promotion étant arrivée k Madrid, le roi catholiquo le fit grand d'Espagne, et le' déclara premier ministre. Il lut ensuite nommé évêauo de Malaga, puis archevêque de Séville. Cependant Albéroni entreprenait de rendre h l'Espagne son ancien éclat. Doué d'une activité infatigable, de grands talents administratifs, il réformait les abus, rétablissait l'autorité du roi, organisait l'armée espagnole sur le pied de Tarmée française» faisait construire des vaisseaux, travailler aux places de guerre et aux ports, dont les ouvriers étaient exactement payés. Occufté des plans les plus vastes» il voulait fairr

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entrer TEspagne dans une ire de régénération, et ne tendait h rien moins que de reconquérir tentes les anciennes possessions espagnoles. S*é(Hd tant, par tous les moyens, h donner le change aux puissances de l'Europe sur Tobjet de ses armements, il tenta d*abord, par des négociations secrètes avec les princes dMtalie, à détruire, dans celle contrée, la puissance de la maison d'Autriche ; mais, traversé par le duc d'Orléans, qui gouvernait alors la France pendant la minorité de Louis XV, et qui lui-même était gouverné par Dubois qu'avait gagné TAngleterre, il vit la France s'unir à cette

(»uis.sance contre l'Espagne. La triple at^ ianee sourdement préparée entre I Angleterre, la France et la Hollande, ne le détourna pas de son but. Il se contenta de couvrir Mes projets d'un voile impénétrable, et de chercner les moyens de se venger. Bientôt il lève le masque, attaque les Impériaux, leur enlève la Sardaigne, fait une ^descente en Sicile. Mais la flotte espagnole est attaquée et détruite dans la Méditer^ ranée par une escadre anglaise. Albéroni n'est pas abattu par ce désastre : il n'en travaille qu'avec plus d'ardeur è de nouveaux armements de terre et de mer, sans s*effrayer d'avoir à lutter seul contre trois des grandes puissances de l'Europe. Ses plans, concertés avec son secret accoutumé, tendent dès lors à opposer coalition à coalition, et à unir l'Espagne avec la Suède, la Russie et la Turquie, il travaillait à rapprocher Charles Xll et Pierre le Grand; il envovail le prince Ragotski pour exciter un soulèvement en Hongrie avec l'aide des Turcs. Enûn, Cellamare et ses complices qui, en France, voulaient arrêter le duc d'Orléans, et déférer la régence au roi d'Espagne , n'attendaient plus qu'un signal d'Albéroni, lorsque le secret du complot fut révélé au régent. Celui-ci s'unit dès lors plus intimement encore avec l'Angleterre, et déclara la guerre h l'Espagne, en exposant, dans un manifeste adressé à l'Europe, les intrigues d'Albéroni. Le cardinal ne s'émut point de ces attaijues personnelles, comme il ne l'avait point été de la mort inopinée de Charles Xll, laquelle lui avait fait perdre l'espérance d'une utile diversion. Déterminé h poursuivre la lutte, il brava \à quadruple af/tance, car l'empereur y avait accédé; et il suivit avec résolution le projet de détrôner Georges 1*', de rétablir les Stuarts en Angleterre, et d*exciter en France la guerre civile. Cependant une armée française envahissait 1 Espagne. Philippe V était abattu par tant de revers. Albéroni fit des propositions de paix. Son renvoi était la première condition imposée par les belligérants. Le régent parvint i faire gasner la reine qui, voulant enfin prendre quelque ascendant sur Tespril du roi, sacrifia sun ministre. Le 5 décembre 1719, il reçut par UQ secrétaire d'Etat un décret, écrit de la main du roi, décret qui lui faisait défense de paraître au palais, ou ailleurs, devant Leurs Majestés, avec ordre de sortir de Ma-

drid sous huit jours, et des terres de la domination espagnole avant trois semainaa. Le roi ajoutait qu'il avait pris celte résolotion pour lever tout obstacle k la paix. Livré, par Tingralitude de ses maîtres et par la politique, à la haine que lui avaient vouée les principales puissances de TEurope, Albéroni ne savait où aller reposer sa tète. Rome même, le refuge ordinaire des grandeurs déchues , n'était pas pour lui un asile assuré. Le cardinal obéit è l'ordre

au'il avait reçu, et partit de Madrid le 12 écewbre pour se retirer en Italie par la voie de la France. Toutefois fa cour d*Espagiie fil prier celle de France de vouloir bien accorder des passe-ports au cardinal, et de lut en procurer aussi de la part des alliés de la France; ce qui .lui fut accordé. Lo chevalier de Marcien fut même chargé d'aller le recevoir sur la frontière, et de l'accompagner dans son passage par la France. Il arriva l<! 9 janvier 1720, au soir, à Montpellier, d'où il partit le lendemain pour continuer sa route jusqu'à Antibes, où il s'embarqua pour se rendre h Sestri di Levante, dans le territoire de Gènes ; il avait résolu d'y fixer son séjour. Le 2V février le doge de Uènes recevait du Pape une lettre où il était prié de s'assurer de la personne d'Albéroni. Ce dernier fut bientôt gardé à vue, avec défense de parler ou d'écrire h personne. On publia alors qu'il allait être conduit au cbflteau Saint-Ange, pour y être jugé sur les prétendues intelligences qu'on l'accusait d'avoir entretenues avec les Turcs. Déjà l'ambassadeur impérial à Rome, s*élant rendu è l'audience du Pape en 1717, pour se plaindre de l'invasion de la Sardaigne, avait accusé le cardinal d'avoir négocié une alliance avec la Porte-Oitomane. Toutefois le grand conseil de la république de Gènes, s'étant assemblé pour délibérer sur la détention d'Albéroni, improuva la conduite du doge, alléguant qu'elle était contraire è la bonne foi et aux lois de l'hospilaiité,

Euisque ce cardinal était venu h Sestri di evante sur une galère de la république, qu1l avait demandée, et qui lut avait été envoyée. Il fut donc mis en liberté. Après la mort de Clément XI, le cardinal Albéroni, è qui les cardinaux écrivirent une lettre d'invitation de se trouver au conclave, st» rendit è Rome. Il y fit son entrée le 7 avril 1721, au soir, au milieu d*uH concours pro* digieux de peuple, qui était sorti hors de la ville pour le voir, et le lendemain il entni au conclave où fut élu Innocent XIU. Le nouveau Pape désigna plusieurs cardinaux

f^our examiner TaGaire d'Albéroni, et pour ui faire son procès, s'il y avait lieu ; mais, après un long examen, les cardinaux commissaires le condamnèrent a demeurer dans un couvent pendant quatre années, que le Pape réduisit è une seule. 11 n'avait été trouvé coupable que de Quelques irrégularités. Il se retira chez les Jésuites de Rome. Enfin, dans un cotisistoire secret du 20 décembre 1723, le Pape déclara qu'après examen de l'affaire du cardinal Albéroni»

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il afait renJuanbr^f qui le ren?ojaî( absous; el ce bref Tut généralement applaudi. Rétabli dans ses dignités, Albéroni reparut de nouveau sur la scône politique. Nommé, en 1738, légat du Saint-Siège dans la Romagnetii 3* porta cette turbulence à laquelle il avait dû m fortune et ses malheurs. C'est pendant cette légation quMI conçut le dessein de réunir aux Etats j)ontificaux la petite républic|ae de Saint-Marin, qui y est cncla- Tée. Mais cette entreprise, commencée sous d^heureux auspices, ne réussit pas mieux que tous les projets gigantesques qui avaient occupé Albéroni pendant sa puissance ; cette entreprise faisait dire à Benoit XIV': c Albéroni ressemble à un gourmand qui, après avoir bien dîné, aurait envi*e d un morceau de pain bis. » En 1732, il voulut revoir le lieu de sa naissance, et y fonder un séminaire pour des écoliers sans fortune. L*infant duc dd Parme et la duchesse douairière lui firent un accueil gracieux, et le traitèrent avec distinction. Il mourut en 1752, i Tflge de quatre-vingt-sept ans, avec la réputation d*un ministre aussi ambitieux que Richelieu, aussi souple que Ifazarin; mais plus imprévoyant, moins habile et moins profond çue l'un ou l'autre. Toutefois, ajoute la Biographie Michaud, si Ton considère qu*en si peu de temps il rendit è la monarchie espagnole une partie de son ancienne splendeur; qu'au milieu des préoccupations de tant do vastes projets, son génie, qui s*étendit h tout, établit des règlements favorables à l'agriculture et au commerce ; qu'il mit tout en œuvre pour faire sortir les Espagnols de leur torpeur, pour leur inspirer I activité et l'amour du travail, tandis qu*il s'efforçait au dehors de rétablir leur ancienne réputation de bravoure; on conviendra qu'il fut un habile organisateur, et que, pour être \f\ac6 k e6té des Ximénès et des Richelieu, il ne lui manqua que le succès, qui justifie tout; et le succès est dans Tes mains de la Providence, plutôt que dans les combinaisons du génie. Les hommes ne sont que les insiraments aveugles de Dieu. Pour nous résumer, les uns ont exalté Albéroni outre mesure, d*autres n'ont vu en lui qu'un brouillon. (En 1719 parut une histoire d*AIbéroni, sous ce titre : Hiitoire du cardinal Albérom^ depuis «a naiuanee Juiqu'à 1719^ par J. Rousscx, traduite de VÉipagnol^ La^ Aoyc. — Le Te$tament po/t/tfu^ i>ublié sous. SCO non, après sa mort, est da Maubert de Gouverl.}

ALBERT, DB LovvAiK, frèpe de Uenri, due de Lorraine, fut élu évoque de Liégtv 60 1191.— Son élf^ction fut confirmée par le Papt.Céleslin III, malgré l'opposition de Baudouin, comte de Hainaut, et celle de Teoipeieur Henri VI. Albert, s'élant rendu è Rome, se présenta au Pape qui,, après avoir confirmé son élection, le fil cardinal eoll92, et écrivit, en faveur de ce prélnt,. k plusieurs princes de l'Europe. L'empereur avait nommé à Tévêché de Liège, Lotti«ir«a, prévit de l'Egljse de Bonn ;- et Al-

bert qui avait été ordonné prêtre, et sacré évèque au retour de Rome, se réfugia en France, espérant apaiser, par son absence, la colère de l'empereur. Mais Lothaire, du consentemeiït de ce prince, envoya à Reims trois Allemands qui ass3ssinèrent Albert, en le perçant de treiso coups d*épée, 1193.

ALBERT ir, fils de Jean, dit le Grand, électeur de Brandebourg et frère de Joachim, naquit en 1490, et très-jeune encore, fut fait chanoine de Mayence et de Trêves. — En 1513, il fut élu archevèaue de Magdebourg et administrateur. d*Halberstadt ; Tannée suivante il fut élu archevêque de Mayence par le chapitre, mais avec cette condition qu'il payerait de ses deniers les frais du paZ/mm, parce que la bourse du chapitre était épuisée, après avoir eu k supporter la même dépense trois fois en peu de temp). Léon X approuva cette nominalion,quoiquela réunion de deux archevêchés sur une même tête fAt sans exemple en Allemagne et contraire aux canons. Ce même Pape donna à Albert le droit d'accorder des indulgences. Le Dominicain Tetzel, qui fut chargé de ce soin, rencontra une vive opposition dans Luther. En vain Albert écrivit au fougueux réformateur pour tâcher de le gagner. La Réforme faisait des progrès en Allemagne, el les efforts du vertueux prélat, pour préserver son troupeau, n'eurent pas tout le succès qu'il désirait. Zélé défenseur du catholicisme, il se vil cependant obligé d'accorder aux habitants de MagdoBourg et d*Halberstadl le libre exercice de leur nouveau culte. Aimant la paix, il aurait voulu conserver dans le sein de l'Eglise ceux qui s'en séparaient. Le prélat s'acquittait consciencieusement de ses devoirs, il tenait à l'em* bellissement des églises, et répétait souvent: Domine^ dilexi deQûre^m domue tuœ, {Psal. XXV, 8.) Léon X lui avait fait donner le chapeau de cardinal, en 1518, par les cardinaux de Curce et Cajetan, légats en Allemagne. Albert était instruit el éloquent; il aimait les lettres et ceux qui les cultivaient. Ceux-ci ne furent point ingrats, et le payèrent de retour, notamment Erasme et Ulrich de autlen. En 1506 il avait fondé, avec son frère Joachim, Tuniversité de Francfort sur l'Oder,, et il avait dessein de fonder un pareil établissement à Ealle ; il en ayait obtenu,. 1531, des privilèges de élément VII; mais les troubles qui agitèrent alors TAIIemagne empôchèrenl l'exécution de ce projet. l\ est le premier des £ rinces allemands qui reçut et protégea les ésuiles, dont Ignace de Loyola venait de fonder l'institut. 11 mourut è Mayence, en 15ltô. — (Voy. Braudbpouro.)

ALBERT (Jeak), Polonais, archevêque do Cracovie , créé cardinal^ en 1632, par le Cape Urbain VIII, mourut en 163i.

ALBERTI (AuDOum), natif du Limousin, et neveu du Pape Innocent VI, qui occu. pail le lr6oe nontifieal en 1352, était sa., vaut dans Içs lettres, l'histoire ecclésiastique et daos la jurisorudence civile et ca-

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DICTIONNAIRfc

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noniqae. — Il fut élevé» en iSi9^ sur le siège épiscopal de TEglise de Paris» en ISSO sur celui d'Auxerre* et en 1352 sur celui de Magnelone» qui, depuis» a élé transféré i Montpellier. Le Pape Innocent Yl le nt cardinal» en 1353, et le mit en état de protéger les hommes de mérite» et surtout les gens de lettres» dont il aimait k s'entourer. Ce cardinal opta pour Tévôché d*Ostie» et, après la mort dînoocent VI, arrivée en septembre 1362» il sacra Urbain V, Su'oD Tenait d*élever sur le trône pootiGcal. ne survécut pas longtemps h son oncle»

i^aril mourut le 9 mai 1363. Il fut inhumé» comme loi» dans Téglise de la Chartreuse de Villeneuve lès Avignon» où il ordonna qu'on loi mit cette épitaphe: Lapide sub koe modicê jaeent omnia viicera aicti Ot" iien»U Audùini dum vivebam in vita mea, €e cardinal fit beaucoup de bien à la Chartreuse de Villeneuve» rondée par Innocent VI» et» si l'on en croit Victorel, c'est lui aussi qui fonda l'hôpital de la même ville d'Avignon» lequel se voit près de la pointe du pont du Rhône. En mourant» il Gt divers legs pieux» et fonda un anniversaire dans les Eglises de Paris et d'Auxerre. Ayant considéré que beaucoup de jeunes

Sens» nés avec beaucoup de dispositions» emeuraient inutiles à I Eglise et k l'Etat, faute de mojens pour étudier» il voulut contribuer à l'avancement des écoliers sans fortune. Pour cela il fonda» dans TUniversite de Toulouse» un collège auquel il laissa tous ses biens» et où Ton entretenait un certain nombre de jeunes gens étudiant les humanités, la philosophie et les arts libéraux; (Foy.BosQCBT, in ri/a /nnocen/. F/;— Catel» Mémoir. de Languedoc^ liv. ii; — Ciagoiiius; — ViCTORBL» \n Innocent, F/.'—Gariel, ^eepi- MCop.Magal.; — FRizoif,&a//.purp.;-'SAiiiTB- Marthb» g ait. Christ.; -^ AvBERj fHiit, dei cardinaux,)

ALBEBTl (ETiBiiifB|,né en Limousin,était petit-neveu du Pape innocent VI, qui prit grand soin de le faire élever dans la science et dans la piété» lui donna l'évèché de Carcassonne, et ensuite le créa cardinal-diacre» du titre de Sai»ite-Marie in Aauirofen 1361. Après la mort d*lnnocent vl» le Pape Urbain VUI, qui faisait grand cas du cardinal» remmena» 1367» en Italie. L'année d'après» il le Ht prêtre aux Qualre-Temps de septembre, et lui changea son titre de Sainte* Marie tiiilaftitro en celui de Saint-Laurent t» Lucina. Il mourut le S8 septembre 1369 « Viteibe où il fut inhumé dans l'église cathédrale. (Fotf. Onuphre, in Innocent. YI et Vrhano F;<-*Bosquet, in Vita innocent. Yl : ^ Frixon, Gall. purp.; — Saibite-Marthb » Gatl. Chritt. ; — AuBERY»flffl. descardinatuc.) ALBERTINI (Nicolas)» né, vers 1250»

è Prato» en Toscane, entra jeune encore dans l'ordre de Saint-Dominique, et prit le bonnet de docteur dans rUniversité de Paris. -^ On le vit successivement professeur de théologie dans différentes chaires» provincial dans son pays» et procureur géuéral de *oa ordre. 11 exerçait cette dernière charge»

quand Boniface VIII lui donna, 1999» Tévéehé de Spolèle» avec l'emploi de vice-gérant dans la ville de Rome. Quelque temps après, envoyé par le même Pape, en qualité de fionce, auprès des rois de France et d'Angleterre, il sut gagner les bonnes grâces de l'un et de l'autre prince et rétablir entre eux la bonne intelligence. Le Pape Benoît XI» qui le connaissait particulièrement» le fit, en 1303, cardinal et évoque d'Ostie» puis son légat n tatere en Toscane» pour y apaiser les troubles. Mais, comme les Guelphes y étaient les maîtres alors, le cardinal» qui était d'une famille gitieiine» ne put se faire écouler ; il fut môme obligé de se retirer précipitamment h Pérouse» sur l'avis qu il reçut que sa vie était en danger» L'insuccès de cette légatior ne lui fit rien perdre de son crédit. C'est lui qui, après la mort de Benoit XI, concilia les esprits des cardinaux» dont les uns étaient attachés & la mémoire de Boniface VIII» et les autres gagnés au roi PhiJippe le Bel ; c'est lui qui» de concert airec ce |>rince, les porta k élire ClémeRt V. C'est lui ensuite qui tira adroitement ce Pontife des engagements qu'il avait pris avec te roi» sans choquer celui-ci. Il eut aussi beaucoup de part à l'élection de Jean XXII^ et il fut rame de ce Pontife, tant qu'il vécut, de même qu'il l'avait été de son prédécesseur. Les grandes affaires qui lui furent confiées par les Papes, ne lui firent point oublier les obligations qu'il avait k l'Ordre de Saint-Dominique ; il le combla de biens» fit rebâtir quelques-uns do ses couvents qui étaient en mauvais état; el il voulut être enterré dans celui d'Avignon. Il mourut le T'mars 1321. Avant sa mort» il avait fait distribuer tous ses effets aux pauvres» qui furent toujours ses enfants d'adoption. Il avait composé un Traité du paradis^ et un autre sur la manière de procéder à l'élection des Papes ; mais ils n'ont pas été imprimés, pas plus que les actes de ses légations» qui devaient être fort curieux. ( Foy .EcHARD» De scriptorib. ord. Prœdic.)

ALBEKTIS ou ALBERT, DE ALBERTLS né à Florence» et originaire d'Arezzo, fut d'abord chanoine dans l'église de Florence» puis nommé» par le Pape Eugène IV, évèque de Camerino dans la Marche d'AncÀne» enfin cardinal en 1439. — Eugène IV l'employa en diverses négociations importantes,, el l'envoya» en qualité de légat» dans le royaume de Naples, ou il mourut dans le monastère de Grotta-Ferruta, le 11 août 1U5. Une partie de son corps fut portée h Rome» et fut inhumée dans l'église de Saint-Jean de La* Iran. L'autre repose dans celle de Saintes- Croix de Florence» où les seigneurs Albertis lui ont élevé, en 1573, un nouveau tombeau. Mais ils se sont assurément trompés en lui attribuant» dans son épitaphe» rhonneur d'avoir commandé l'armée navale des princes chrétiens ligués contre les Turcs. (Koy. Blondus, Hiit.^ dec. 3, 1. ii; — Saint AxTONm, lit. 22, c. 10 ;— U6HELLi,/^a/. sacr.; — AtB£RT» Hist. des caidinaux.)

DES eARDlNÂGX.

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ALBI (BBmiimD d*), cardinal-nrètr^ du titre de Saînt-Cyriaque* né dans le diocèse de Pamîers en Languedoc» fut élevé sur le siège de Rbodex en 1336. — Il s'acquitta si exemplairement des devoirs de Tépiscopat que Benott XII le créa cardinal en 1337. Depuis il fut évéque de Porto après le cardinal de Comminges. Clément VI, successeur de Benoit, employa le cardinal d*Albi dans une négociation délicate. Pierre IV, roi d'Aragon, et Jacques, roi Je Majorque, se faisaient la guerre k outrance ; et tous les efforts pour les rapprocher, ou môme les amener k une trêve, avaient échoué. Le Pape chargea de ce soin le cardinal d'AIbi, et t'envoya en Espagne avec la qualité de légat apo9tolîque. 11 s'acquitta si bien de cette mission, qu'il fit accepter aux deux rois, en 131^7, une trftvè de six mois. Il mourut en ÎSSO. Il avait autant d'esprit que de savoir, et un talent si facile pour U poésie, qu*il composait 300 vers en moins d'une heure. C'est ce qu'atteste Pétrarque, qui était son ami. {Toy. Subite, in Annal, Arag.f 1. vu, c, 69^ ;— Onuphbb et Ciaconius, in Btned. XII ; — BosQCKT, in Yita Bened. XII, — Frizon, Gall, purp. ;i— AuBEav, £ft5r descard,; — Dghbl, liai, sacr. de episcop. Poriueni. ; — Saihtb-Màrthe, Gail, Christ. » De episcop, Muten.)

ALBINI (DoMNus), Milanais, chanoine régulier, crée par le Pape Luce II, en 1182, diacre-cardinal du tilre de Sainte-Marie la Neuve, puis prôtre du titre de Sainte-Croix de Jérusalem, évëque d'Albaoo, mourut en

ALBITRIO (Habio), Napolitain, archevêque de Néocésarée, nonce à Vienne^créé en 1675 par le Pape Clément X, cardinal du titre de Saint-Jean-Porte-Latine,, mourut en

ALBIZZI (François) né h Cesena, créé en 1652, par le Pape Innocent X, prêtre-cardinal du titre de Sainle-Marie m via Lata^ de Tivoli, mourut en 168&.

ALBORNQS (GikLES-ALVARÈs), est un des plus grands hommes que l'Kspagne ait produits. — U naquit à Cuenza, ville du royaume de Tol^e, de parents très-illustres: car son fière descendait des rois de Léon, et Thérèse de Luna, sa mère de ceux de Castille. Ses parents le firent étudier à Toulouse, où il Gt de grands progrès dans l'étude du droit cauon. Après avoir pris les ordres sacrée, il fut aumônier d'Alphonse XI, roi de Caslille, archidiacre de Calatrava, et enfin archevêque de Tolède. Albornos rendit d'émioents services à Alphonse dans les guerres qu'il eut è soutenir contre A Iboazen, le plus Ifuissant des rois maures; car non-seuJeinent il dégagea ce prince qui,, dans une bataille, s'était trouve enveloppé d*ennemis, mais encore il parvint,, par son zèle, à obtenir du Pape Clément VI et de Philippe de Yalois, roi de France, des sommes considécables, pour le siège d'Algésiras, ville sur le détroit de «Gibraltar, qui fut emportée après la défaite des infidèles. Après la mort tl Ali^honse, eu 1350, les persécutions de sou

successeur, Pierre le Cruel, contre AiDornos, obligèrent ce prélat à venir chercher un asile à la cour du Pape Clément Vl, qui était pour lors à Avignon. Ce Pontife le créa cardinal la même année. Innocent VI, son successeur, envoya le nouveau cardinal en Italie, en qualité. de légat et de général dans la guerre qu'il entreprenait contre les ennemis de l'Eslise et les uSlirpateurs du patrimoine de Saint-Pierre. Albornos s'acquitta si bien de sa mission, qu'il plaça toute l'Italie sous l'obéissance du Pape; il fit des lois qui, encore auiourd*hui, sont en vigueur dans la Marche d^Ancône. Il appela ensuite à Rome Urbain V, qui venait d'ôtre élevé sur le Saint-Siège; puis il se relira à Viterbe pour ne plus songer qu'aux choses de l'éternité. Il fonda par son testament le magnifique collège des Espagnols k Bologne, et mourut en 1367. Son corps fut porté à Assise, et déposé dans l'église de Saint-François, que ce cardinal avait fait réparer (car il avait tant de vénération pour ce saint, qu'il le croyait seuf suffisant pour confirmer la vérité de la relision de Jésus-Christ), et de là transporte à Tolède. Le Pape témoigna une vive douleur de sa mort; il accorda même des indulgences à ceux qui porteraient pendant quelque temps le brancard sur lequel on avait mis le corps de ce grand homme , fonction dont se chargèrent Henri, roi de Castille, et presque tous les grands seigneurs de sa cour. Lorsc|ue Albornos eut été créé cardinal, il avait quitté Farchevêché de Tolède, disant à ceux qui n'approuvaient pas sa démission , qu'il ne serait pas moins blâmable de garder une épouse qu'il ne pouvait pas servir, que l'était le roi don Pedre, de quitter Blanche de Bourbon, son épouse, pour suivre une mattresse. La sainte liberté avec laquelle il avait parlé à ce roi de ses amours , l'avait fait disgracier. On dit qu'un jour le Pape Urbain V demanda compte à Albornos des grandes sommes d'argent au'il lui avait fait tenir pour la conquête de I Italie. Le cardinal ayant fait apporter une grande quantité de clefs et de serrures : « Saint-Père, » dit-il^ « donnez-vous la peine de regarder dans la cour de votre palais, vous verrez à quoi j'ai employé votre argent. » Ensuite , voyant le Pape è lafenètre, «.J'ai dépensé, »ajouta-t-il, a les sommes dont il s'agitr à vous rendre maître de toutes les villes dont vous voyez les clefs et les serrures. » Le Pape l'eu)brassa , et le remercia des grands services qu'il avait rendus k l'Eglise, ijoy. l'Escaur en sa Vie; — Onophrb; — CiAcoMiis; — Brovius ; — Sponde ; — Acbert, Hi$t. den card.: -^ KonuQ f [Bibl. veê. et nov., verbo AlbornitiuB. Voy, l'ariide CARaL^.)

ALBORNOS (Gilles) , Espagnol , créé en 1627 par le Pape Urbain VÛl, prêtre-cardinal de Saint-Pierre au Mont a Or, archevêque de Tarenle, mourut e^ 16(^9.

ALBRET (Louis d'), fils de Charles tl, sire d'Albret, et d'Anne d'Armagnac, né en 1(^22, fut évèqtie de Cahors et d'Aire. * En 1461 , il fut nommé cardinal du titre de Saint*

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Pierre et de Sainl-Marcellint par le Pape Pie IL Savante! modeste, ce cardinal faisait les délices de Rome etduSacrë Collège. Il mourut dans cette ville le h s^^otembre iM5, et fut inhumé en l'église d*Ara-Cœli.où Ton voit son épitaphe. fFoy. Saints -Marthe, Hist. généalogique ae la maison de France , I. xxviii; — CfAcoNius, in Vit. Pont.; — Robert et Sainte-Marthe, Gall. Christ ; — AuBBRT , Hist. âescard. ; — Duohêne, Hist. des card.: — Frison. Gall, purp.)

ALBRET (Amanien d*}, était fils d'Alain, sire d*Albret, et de Françoise de Bretagne; frère de Jean, roi de Navarre , et de Charlotte, femme de César Borgia, duc de Valeniinoi5,fiIsdu Pape Alexandre VL— En vertu d*une des stipulations du traité qui fut fait pour ce mariage, Alexandre VI donna en 1498, ou 1500, le chapeau de cardinal k Amanien d*Aibret, qui alla en Italie; mais il se vit contraint d*eu sortir après Télection de Jules II, ennemi des partisans d'Alexandre. Il eut Tévêché de Pamiers, puis celui de Cominges« enfin celui de Pampelune, capitale de la Navarre, au sujet duquel Jules II le traversa encore. Il n*en fut paisible possesseur que sous le pontificat de Léon X, ut il mourut le S septembre 1520, à Casteljaloux en Bazedais, où il fut inhumé. (Foy. Frizon, GalL purp.;— Sainte-Marthe, Gall.

Chrift.:^' Aubery, Hist, des card.)

ALBUS DE ViTERBB, rclIgleux de Tordre de Clleaux» fut créé cardinal en 125f , par Innocent IV, Pape de 12(^ à 125Sh, et qui, pendant son règne, créa vingt-trois cardi**iiaux en trois promotions,

ALCIAT (François), né à Milan, parent et élève du célèbre jurisconsulte André Aidât, fut, comme lui, un des plus savants hommes dans le droit, qu'il enseigna h Pavie, dans la même chaire qu'André, et où il eut saint Charles Borromée pour disciple. — Ce cardinal le fit venir à Rome, où le Pape Pie IV, après lui avoir donné unévëché, t*employa en qualité de dalaire, et enfin le nomma cardinal en 1565. Le savant Muret , dans une des harangues qu'il composa sur Teicellence des sciences, aQIrme que les «ardinaux Alciat etSirlet étaient l'ornement du siècle, le soutien des lettres et le véritalile modèle de la vertu et de l'érudition. Le ( anlinal Alciat mourut à Rome en 1580, flgé de 58 ans, et fut enterré dans TEglIse des Chartreux, où l'on voit son portrait et son épitaphe. Il avait été prolecteur de leur ordre et de celui de SûntrFrançois. (Fojf. Jands Nicius Erythrœus, Pin.imag. i7/uiir., p. ii,c.47; — LemireJ

ALDOBRANDINI (Jean), Florentin, fut d'abord auditeur de Rote, puis évéque d'Irnoia, où son zèle et sa modénUioji lui gafcjnèrent tous les cœurs. — Le Pape Pie Y rhonora du chapeau de cardinal en 1570; pea après il le chargea, avec d'arutres car-i dinaux, de former une ligue contre les Turcs; il lui donna ensuite Toflice de grand pénitencier, et enfin la charge de préfet de la signature des brefs. Il mourut h Rome, ■ÉklSTSy et fut enterré à Sainte-Marie de la

Minerve, où l'on voit sa statue en marbre, avec sou éloge. {Voy. Cabrera;— Victorell*. — Petramkllaricjs ; — Ughelli; — Aubert, Hist. des cardinaux.)

ALDOBRANDINI (Hippolttb), frère du précédent. Yoy. Clément VllI.

ALDOBRANDINI (Cintio}« créé en 1593 , parle Pape Cléiuent VIII, son oncle, diacrecardinal du titre de Saint-Georges, puis de Saint-Pierre es Liens , mourut en 1610.

ALDOBRANDINI (Pierre), créé en 1S93, par Cfément VU! , son oncle, diacre-cardinal du titre de Saint-Nicolas inCarcere^ puis préfet do la signature de justice, camerlingue de la sainte Eglise, archevêque d«^ Ravenne, et évoque de Sabine, mourut en

ALDOBRANDINI (Stlvestrb), Romain, créé en 1603, par le Pape Clément VIII, prôtre-cardinnl du titre de Saint-Césaire, mourut en 1612.

ALDOBRANDINI (Hippoltte). Romain, créé en 1621, par le,Pape Grégoire XV, dîacre^icardinal du titre de Sainte-Marie la Neuve» mourut en 1638.

ALDOBRANDINI (Baccio), Florentin, fait en 1652, parle Pape Innocent X, prêtrecardinal du titre de Sainte Agnès, puis des Saints Néréeet Achillée« mourut en 1665^

ALDOBRANDINI (Alexandre), né à Flo« rence, en 167b, fut fait clerc de la chambre apostoliaue en mai 1706, déclaré nonce apos** lolique a Naples, le 1*' août 1707, et sacré archevêque de Rhodes par le cardinal Pjuliicci, le 20 novembre suivant, dans la Ba» silique de Saint-Jean de Latran. — Il exer-* çait la nonciature de Naples, lorsaue,1e 27 septembre 1712, il fut nommé à celle de Venise. Il fit son entrée publique dans cette ville le 5 mai 17111^, prit congé de la répuw blique le 16 septembre 1720, et partit de Venise le môme jour pour se rendre eu Espagne avec le même caractère. Il arriva h Madrid le 7 novembre de la même année, et eut le 9 suivant, à rEscurial,sa première audience particulière du roi et de la reine. Il n*eul sa première audience publique que le 8 no<« vembre 1721, et le 11 du même mois il fit, en qualité de lésât, la fonction de suppléer les cérémonies du baptême à Tinfante d*fis-* pagne. Le Pane Clément XII le créa et dé* Clara cardinal le 2 octobre 1730, et le nomma légat de Ferrare le 11 décembre suivant. Le 26 du même mois il reçut la barrette, à Seville, des mains du roi d*£spagne. Toutefois il ne partit de Séville que le 18 avril 1731, pour retourner à Rome, où il arriva le % juillet suivant. Il fit son entrée publique, par la porte du Peuple, le 15, et le 19 il re« eut le chapeau dans un consistoire public^ Le Pape fit la cérémonie de lui fermer la bouche, le 6 août, et le 3 septembre celte delà lui ouvrir^ il lui assigna eusuite le titre prest^jtérial des quatre saints couron-* nés , dont il prit bientôt possession solennelle. Il entra en même temps dans les congrégations des évêques et réguliers, de rimmunité, de la Propagande et de la Con* suite.

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DES CÂUD^NAUX.

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ALDROVANDI (Pompée), Bolonais, fut eréé cardiniil en 173^ , par Clément XII , Pape de 1790 k 17U) , et qui créa trentequatre cardiriauf .

ALÉANDRB (J6r£iibK naquit h la Hoitie, sur iea confins du Frioul et de Plslrie, en lUO. — On dit que sa famille descendait des comtes de Landri. Son pdre, qui était médecin, Télefa afec beaucoup de soin, et renvoya étudier à Venise et h Porto-Naone, ou, à Tâge de quinze ans, il enseigna les humanités et excita Tadmiratioo. Le Pape Alexandre VI, instruit de son mérite, Tenvoya en Hongrie en qualité de nonce; mais, dans le voyage, il tomba malade; il fot obligé de retourner à Venise, qo*il avait précédemment habitée , et , sa maladie s*étant prolongée , de renoncer à sa mission. Il continua de s'instruire et d*ins« truire les autres; et, k peine âgé de vingt-

Juatre ans, il était déjà regardé comme un es plus savants hommes de son temps. 11 joignait h la connaissance des langues savantes, de rhébreu, du cbaldéen et de Tarabe, celle des mathématiques et de la musique. Il se lia d'amitié avec Aide Hanuce et avec Erasme, qui s*était rendu h Venise noor faire imprimer ses Adagtê. Aléandre lui avait été très'-utile dans !a composition de cet ou? rage. Quoique, dans la suîtç, leur amitié se fût beaucoup refroidie, Erasme ne cessa point de rendre justice k ses grandes qualités et k son safoir. La réputation d*Aiéandre franchit les monts; Louis Xil rappela en France, en 1508, pour professer les belles-lettres dans lUniversité de Paris* Il y expliquait le matin les auteurs Krecs, et, le soir, Cicéron : ses succès y furent si éclatants, qu'il devint recteur de t*Doiversité,malgré les statuts qui excluaient les étrangers, La peste l'obligea de quitter celte capitale. Il alla enseigner k Orléans et i Blois. Etienne Poncher , évéque de Paris^ rayant attiré auprès de lui, le donna k Everard de la Mark , évoque et prince de Liège,

3 ai le fit son chancelier, et lui conféra la igoité de préfôt dans cette église. Ce même prélat rengagea k faire un voyage k Home, d'où le Pape Léon X, qui le retint k son service, l'envoya nonce en Allemagne, 1519, et, quoique absent, le fit bibliothécaire du Vatican , 1S20, après la mort de Zenebio Acciaioli. Aléandre parut dans sa nonciature avec éclat , soit par son rang de nonce, soit par son savoir et son éloquence, qui fui admirée dans la diète de Worms, où il parla trois heures de suite contre Luther. N*ayanl pu empAcher que Luther fût entendu dans cette diète, il refusa de discuter contre lui. H obtint que ses livres seraient brûlés, aa personne proscrite, et dressa même Tédil qui le condamnait. C*est alors qu'il se brouilla entièrement avec Erasme, qui soutenait de tout son pouvoir et de tous ses talents la Réforme qu'Aléandre attaquait de tous les siens. Après la mort de Léon X, il ae rendit en Espagne auprès d'Adrien d'Dtvecht , qui venait d'être élu k la place de Léon X ; il raccompagna en Ita-

lie, et reçut en récompense ane pension de 500 ducats. BientAt Clément VII lui donna l'archevêché de Brindes*, et le nomma son nonce auprès de François 1". Aléandre alla trouver le roi dans son camp, près de Pavie. La bataille se donna peu de jours après (24- février 1525) : il y accompagnait François r% en habits épiscopaux, se tenant toujours k cheval auprès de lui ; et, comme lui, il fut fait prisonnier: il fut remis en liberté le 2 mars , moyennant une rançon de 500 ducats. Après avoir fait \in voyage k La Moihe, dans le Frioul , et k Venise , il se rendit k Rome. Il y était quand cette ville fut saccagée par le parti urs Colonne et par les Impériaux, le 20 septembre 1526; ij se retira au château Saint -Ange avec le Pape, et vit, en quelque sorte , piller et brûler sa maison sous ses yeux. Clément Vil renvoya encore, 1531 , en Allemagne, où, dans les villes catholiques , il vit , avec douleur, les peuples disposée k se retirer de l'obéissance au Pape , afin de s'enrichir des biens de TEglise. Aléandre fit tout ce qu'il put, mais sans succès , pour empêcher Charles-Quint de faire une trêve avec les princes luthériens. Il se rendit ensuite k Venise, d'oà Paul III le rappela, 1536, pour l'honorer du chapeau de cardi* liai. Il fut encore nommé légat • pour présider au concile qui d^^v^it se tenir kVicence, mais qui n*eut point lieu ; puis envoyé en la même qualité en Allemagne, où il avait obtenu tant d'avantages sur les luthériens. De retour k Rome, il mettait la dernière main k son grand ouvrage contre les nouvelles doctrines, lorsqu il mourut, 15^2, âgé de soixante-deux ans, non par l'ignorance de son médecin, comme on l'a dit , mais parce qu'il avait ruiné sa santé pour avoir pris trop de remèdes dont il n'avait pas besoin. Il avait , en effet , des connaissances en médecine, et, en les appliquant trop sur sa personne, il abrégea sa vie. Paul Jove dit qu'il eut la faiblesse de témoi^^ner, en mourant, le regret de n'avoir pu atteindre rfl^e climatérique de soixante-trois ans. On a peine k le croire, quand on se rappelle son épitaphe, qu*il composa lui-même envers grecs, et dont voici le sens : Je meurs iam re^ grei^ parce que je cesserai (VHre témoin de bien des choses dont la vue était pour moi plu^ douloureuse que la mort. — Il laissa une riche bibliothèque, qu'il lésua au couvent do Sainte Marie dell' Orto, a Venise. Il avait écrit un grand nombre d'ouvrages, dont la plupart n ont pas vu le jour. Les seuls qui avaient été imprimés, sont : i*LexiconGrit* colatinum. Paris, 1512, in-fol., devenu très«> rare ; 2" Tabulœ sane utiles Grœearum mtisarum adyta compendio ingredi volentibus^ Argentorati, 1515, in-4% réimprimé depuis (ce n'est qu'un abrégé de la grammaire grecque de Cnrysoloras) ; 3* une pièce en vers latins élégiaques, intitulée : Ad Julium et Ifeœram^ et insérée dans le Recueil de Math. Toscanus, qui a pour litre : Carmina t'Huitrium poetarum Italorum. Elle atteste une grande facilité pour la poésie. Le traité 1^9

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eonrifio hnbeitdOf q\i*\\ ne put achever, et «loiil il n*8vail écrit que quatre livres, fut cependafnt utile après sa mort : on le consulta souvent avec fruit au concile de Trente. On conservait de lui, à la bibliothèque Vaticane, un autre manuscrit, que Mazzuchelli regarde comme ce qu*Aléandre a laissé de plus important. Il contient des lettres et d*autrcs écrits relatifs à ses nonciatures pour combattre Thérésie de Luther. Le mérite de ces lettres est suOSsammenl prouvé par l'usage que le cardinal Pallavicini en a fait dans son Histoire du concile de Trente. Les premiers livres sont, en grande partie, tirés de ces lettres et instructions que le cardinal a soin de citer en marge.

ALEOOSl (Fn^Nçois), connu sous le nom de Cardinal de Pavie^ naquit è Castel del Rio, dans la Romagne , où son aïeul Louis Aledosi avait possédé la seigneurie d'Imola. — Paul Jove ne (tarie pas avantageusement de ce prélat qui, préférant la fortune h l'honneur, ne se Qt point scrupule de la rechercher par des voies peu légitimes. Il s*était attaché au cardinal ue la Rovère qui, créé Pape sous le nom de iules 11, le pourvut de l*ofBce de trésorier général de 1* évéché de Pavie, et lui donna le chapeau de cardinal en 1505. Depuis, il remploya dans des affaires importantes, lui confia les légations de Viterbe et de Bologne , et plus tard la conduite des troupes destinées contre les Vénitiens. C*est alors qu'Aledosi se brouilla avec le duc d'Drbin , qui le tua en 1511, après la prise de Bologne par les Français.

ALEGR1N (Jbâii), cardinal et patriarche de Constantinople, était d*Abbeville et de la noble famille des Alegrins. —Reçu docteur k Paris, il fut d'abord professeur de théologie, puis doyen de la cathédrale d'Amiens. Nommé à rarrhevêché de*Besançon, il f renonça deux ans après, lorsque Grégoire IX le créa, en 1227 , cardinal-évèqne de Sabine. Ce Pontife ne permit point qu AlegriD se rendît à Constantinople, dont il avait été nommé patriarche par Honoré III ; il le retint auprès de sa personne, pour se servir de ses conseils. 11 fut léçat a latercp en Espagne et en Portugal , où il prêcha la croisade.avee succès. Depuis, il fut envoyé vers Frédéric II, et lit en sorte que cet em-

g ereur conclut un traité de paix avec le aint-Siége, et se soumit volontairement aux censures de l'Eglise , en cas de contravention k quelque article du traité. Frédéric, ayant depuis violé sa parole, fut excommunié par Alegrin, qui en avait reçu Tordre de Sa Sainteté. Alegrin mourut en 12io. On ne connaît de lui , comme écrivain , qu'un Commentaire sur les Psaumes de David^ d^s Expositions sur les épltres et les évangiles des dimanches , qui ont été imprimés h Paris en 1521; des Sermons et des Panégyriques, dans lesquels il cite une si grande quantité de passages de l'Ecriture sainte, qu*on se demande comment il a pu les recueillir tous. Ce prélat protégea de tout son pouvoir rinstitution des Corde*

liers , dont la première maison , en France^ fut étnbtie sous ses auspices h Besançon, et la seconde à Abbeville, en 1229. (Voy. Cîk* coNius ; — Onuphrius; — Vion ; — Robbiit« Gaule chrétienne: — Marrier, Bibl. deCluny ; — Frisouius, Gallia purpurata; le P. Ignacb, Hist. ecclés. d" Abbeville.)

ALEMAN (Louis), cardinal du titre de Sainte-Cécile et tirchevèque d^Arles, a mérité le nom de bienheureux. — Fils de Jean Aleman, sei;;neur d'Arbent, il vint au monde,|versl.lM,au château d'Arbent , dans le Bugey. Il fut d'abord chanoine et comte de l'église de Saint-Jean de Lyon, puis évèquu deMaguelane, et enfin archevêque d'Arles. En H», Martin V l'envoya à Sienne pour y faire agréer la translation du conetie de Piii-^ vie dans cette première villes et peu après il le nomma à la légation de Bologne, d'où il alla réformer la police de Forliet d'Imola dans la Romagne.^ Louis III, roi de Naples, conte de Provence, s'estima heureux de posséder dans ses Etats un prélat que I*Europe regardait avec respect, et, à st considération il confirma les privilèges que les ftrinces, ses prédécesseurs, avaient accordés ibéralement à la ville d'Arles. Le Pape, de soocftté, nomma Aleman cardinal en IVM et le fit camerlingue de l'Eglise. Après la mort de Martin V, pendant le concile de BAIe, le cardinal Aleman se brouilla avec le Pape Eugène IV, au sujet du concile que ce pontife transféra ailleurs, et que le cardinal fît continuer à BAIe. Eugène y fut déposé et remplacé, 1<^, par Amédéo VIII, duc de Savoie , qui prit le nom de Félix V. Eugène, de son cÀlé, excommunia Aleman qui présidait à cette assemblée, et le déclara déchu du cardinalat ainsi que de tous les emplois qu'il occupait dans l'Eglise. Mais après que Félix V eut renoncé, en iH9, h la papauté, en faveur de Nicolas V, légitime success3ur d'Eugène , le Pontife réintégra Aleman dans le cardinalat, et dans ses dignités, el l'envoya en qualité de légat, dans la basse Allemagne. Au retour de ce vovage, Aleman se retira dans son diocèse, où il s'occupa uniquement, do la réforme de son clergé, de I instruction et de l'édification de son troupeau. Il mourut à Salon en H50. Sa sainteté et ses miracles l'ont fait béatifier^ en 1527, par Clément VII.

Voici son éloge par le P. Alby (16(4) : « Le vrai et solide honneur qui fait sa base de la vertu, n*est pas comme le faux et l'imaginaire, qui ne se soutient que de l'opinion. En ce que celui-ci paraît mieux de loin que de près h ceux qui le cherchent, el la possession qu'il donne par Texpérience, est toujours moindre que les appai'ences dont il nattait les désirs : voire h regard, de l'estime des autres, il se déteint dans le grand jour où il se produit ; et, à mesure que la vérité s'avance avec le temps, e^lo en efface la montre et en découvre le vice; attirant souvent de grands blâmes h ceux pour qui toutes les bouches s'étaient ouvertes eu bénédictions. Mais Phonnenr qtii se tire de la vertu, non-seulement a plus de

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térité Mde réalité qae de montre» et donne plus de satisfaction an succès qi»*li n'en promettait h l*abord : voire encore si la malignité ou l'enoui l'avaient terni de quelque ombrage, il s'en décharge et s'éclaircit arec le temps, et paraît enfin comme un beau aoléil offusqué du- brouillard en son orient, qui s'élefant peu è peu, le fait tomber sous ses pas et crotl en lumière jusqu'à ce qu'il possède toute la majesté a( la pompe de ses rajons.

« Ce que je dis k Toccasion du B. cardinal Louis Aleman, de qui la rare et excellente probité fut obscurcie pour un temps, lors principalement qu*il fut disgracié de la cour de Rome, et que son zèle brûla d'une flamme moins nette contre le chef "de TE-

ilise, lui acquit un blâme si noir, qu'il le I juger indiçne de la pourf)re. Mais le temps ayant fait reconnaître, que s'il avait failli, c'avait été de bonne foi, et si son entendement préoccupé l'avait détourné, sa volonté était demeurée dans sa droiture : sa vertu ensuite et son mérite reprirent la place d'honneur qu'ils avaient auparavant tenue, et dans l'Eglise, et dans l'estime du monde; et comme un astre échappé de l'éclipse, il releva et accrut Téclat de sa belle vie sur le fond des ombres qui l'avaient ot]«curcie, et reçut des louanges de toutes les bouches, voire de celle de qui Tapproba* tîon passe en oracle de vérité.

c II tira sa naissance de la noble et illustre famille des Aleman qui a longuement fleuri en honneur dans la province du Dauphiné où elle avait sa tige, et d'où elle se provigna aus provinces de Bourgogne, de Guyenne et de Languedoc. Ses parents, suivant ses instincts, tous portés dès son tendre âge k la piété, le dédièrent au tabernacle et aux autels du Dieu des armées : et pour le rendre plus digne des fonctions du sacré ministère, prirent des soins fort particuliers k bien façonner ses mœurs et son esprit de bonnes habitudes, sachant bien que les plus beaux naturels, s'ils ne sont doeroent cultivés, demeurent en friche, et ne produisant que par nature, sont sujets à germer le vice, et k jeter moins de fieurs que d*épines.

€ Le travail et la méditation (]ui furent les plus chers exercices de sa vie, lui acquirent tout ce qui pouvait manquer k la nature et k la bonne institution ; et la haute réputation où il parvint de*bonne heure, fut le fruit de s^s laborieuses études qui communiquèrent la sagesse, non pas la présomption, et le Grent juger digne de toutes sortes de grands et d'honorables emplois dans TEglise, où il ne pouvait faillir de réussir, y apportant la science et la vertu qui sont les plus dignes promoteurs de iHionneur.

c II avait déjk donné des preuves de l'une etderautre, tant aux degrés qu'il prit de JÊ théologie et du droit, comme en la pratique de sa vie, et eu sa conversation toute pure et aogélique, quand il fut reçu au nombre des chanoioes et comtes de la très-

célèbre Eglise de Lyon. D*ot il fut tiré non moins par la réputation de ses belles qua* lités, que par le crédit de son oncle maternel, François, cardinal de Couxi, lors légat d'Avignon, k la charge de lévè^hé de Maguelone, qui est maintenant celle de Montpellier, où il entra jeune il'années, mais consommé de sagesse , At où, déployant discrètement et d'une fdçon généreuse son zèle, il donna tant de satisfaction de sa conduite publique et de sa vie privée qu'il en fit esf^érer davantage ; faisant les moins clairvoyants prophètes des honneurs que le ciel préparait k une si rare vertu.

« En effet, il fut appelé peu de temps après k l'administration de Tarchevèché d'Arles, et en la même année ori\é de la pourpre cardinale par le Pape Martin V qui lui conféra deson mouvement cette dignité, commo k celui qui paraissait pour lors dans l'Eglise avec un singulier éclat de sainteté et de doctrine*, et qui avait mérité l'estime et ra|>probalion commune du monde, autant par ses bonnes mœurs que par ses beaux écrits, qui, par quelque secret malheur, ou en haine, comme l'on croit, du schisme duquel il fut pour un temps partisan, nous ont été enviés et dérobés k la connaissance de la postérité.

«Cependant le cardinal d'Arles (ainsi lo nommait-on) ménageant fidèlement le crédit que- sa nouvelle dignité lui avait acauis, et brûlant d'une ardeur que le devoir de sa charge et Tamour de la justice lui avaient inspirée, entreprit courageusement de remettre en vigueur les droits et les franchises octroyées par la libéralité des rois et des empereurs k la priaiace d'Arles, que la mollesse de ses devanciers avaient laissé affaiblir. Sur quoi ayant obtenu une très-ample et favorable patente de Louis III d*Anjou, roi de Naples et de Sicile, et comte de Provence, et après encore du roi René son successeur, il rendit son ancien lustre k son Eglise, et dans l'observation et la manutention de ses privilèges, fll revivre le nom et la gloire de ceux qui les avaient donnés, tirant par dévotion des perles de leurs couronnes, pour les attacher k la tiare de TKglise.

« Arles se tenait heureux et glorieux sous la sainte et précieuse conduite de ce grand prélat: quand le souverain Pontife jugea k propos pour le bien de Tétatde l'Eglise de l'appeler en Italie, et de lui confier la charge de la légation de Boulo^^ne; aûn qu'une vertu si illustre et qui tenait de la gloire du soleil de pouvoir éclairer un monde, ne fût que pour les yeux d'une province.

« Depuis les grandes nécessités de TE-

flise avant obligé le Pape de recommencer Bâié le concile général, que la pesta avait empêché d'être tenu k Pavie, et les troubles dltalie avait fait cesser k Sienne, il y envoya notre cardinal (de qui il avait éprouvi la fidélité, et estimait beaucoup la suffisance ) , avec le cardinal Julian Cœsarin qu'il avait nommé avec son légat, et k qui il l'avait associé, non moins pour accroître

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la majesiéde ce concile, que pour y servir de prinrifiat organe au bon succès qu'il en espérail. Mais le Pape Martin ayanl ache? é le cours de sa fie sur le point que le concile commençait, son successeur Eusène IV en autorisa la tenue jusqu'à ce que I asseinb\éti lui étant devenue suspecte k raison de quelques intrigues que Ton y conduisait, il en retira le cardinal Ciesarin son légat, et trans(>orta le concile i Ferrare, et depuis k Florence, sous un prétexte fort spécieux, d'y attirer pour la commodité les prélats de i*E^lise grecaue, qui montraient de grandes inclinations a se soumettre au souverain chef de TEglise romaine, etk se lier en tout d*union et d'intelligence avec elle, afin qu'un même soleil éclairât des rayons de son autorité l'orient comme l'occident.

« Et ce fut en cette rencontrq que la vertu de notre cardinal, qui s'était partout jusqu'alors montrée droite et égale en la sage conduite de ses actions, commeuça, comme l'on crut, k plover k quelque sentiment moins réglé, et k faire des nœuds comme les roseaux. Car quantité de princes et uo grand nombre d'évéques assemblés k BAle sous le cardinal d'Arles, qui restait comme le chef et la première intelligence de cette assemblée, s'ofTensant que le Pape Eugène contre le décret du concile de Constance (sur lequel on n'avait point encore pris tous les éclaircissements nécessaires) romptl ou transférât k son gré un concile général, ou'il avait lui-même autorisé de son aveu , dépu* tèrent devers lui, pour Tobliger k s'y rendre en personneavec les cardinaux ses adhérents, et en favoriser la continuation. De quoi ayant été refusés, et le Pape Eugène persistant k décréditer et k condamner cette assemblée, comme abandonnée de sa conduite et détachée de sa direction ; le cardinal d'Arles, qui était l'homme du monde le plus exact et le plus tenant de l'observation de la discipline et des ordres de l'Eglise, saisi d'une fausse opinion k laquelle il adhérait de bonne foi, que le Pape Eugène errait notablement en sa conduite, et abusait île son autorité, délibéra avec les autres prélats de le déposer, et d'élire un nouveau chef au concile qu'il réputait être légitime, qui fut Amédée de Savoie, nommé depuis son élection Félix V, qui fut le basilic couronné (dit saint Antonin) que BAle enfanta, et qui, par un malheureux schisme, attenta de partager le rond du dii dème de l'Eglise.

c Cette élection donna autant de scandale qoe de trouble k l'Eglise romaine durant neuf ans que le schisme dura, qui cout»a la liaison des membres et ùu cheit divisa les peuples et les Etats en factions, souleva l'insolence contre la piété, et attira le courroux du Pape sur notre cardinal, comme l'auteur et le principal instrument de ces funestes effets : dont il le déclara ensuite privé de l'honneur de la pourpre, qu'il avait noircie du blâme de sa rébellion contre le souverain chef de l'Eglise, de qui il la tenait.

« Mais cette âme haute et dédaigneuse de feus les reproches, excej té de celui de la

4H>nscience, ne laissa pas de suivre sa pointe, et de faire agir aux occasions sa vertu selon 1.1 règle qu'il dictait k ses mouvements. Il s'en alla légat devers Tempereur Frédéric, pour tirer l'Allemagne de la neutralité où elle se tenait avec d'antres peuples, au parti de Félix; soutint le faix de toutes les grandes affaires ; appuya le schisme du poids de son autorité ; le colora de la réputation de sa vertu; et si la cause k laquelle il prétait tant de faveurs n'eût été abandonnée de Dieu, et plus injuste que n'étaient ses intetf* lions, il était pour faire triompher l'impoelure de la vérité.

« Mais Dieu qui intéressait les soins et la réputation de sa providence k tirer sa chère épouse de l'oppression, et ses bons serriteurs de l'abus où ils s'étaient laissé couler, éclaira soudainement d'un beau jour et d'une inespérée sérénité l'Eglise, et tit qu'k la nouvelle élection du Pape Nicolas Y, qui succéda k Eugène, tous ceux qui avaient porté la main a déchirer le voile du sanctuaire, et k rompre l'union des fidèleSt Ire- Taillèrent fidèlement k les réunir tous sous un chef légitime. Mais entre tous, notre cardinal y contribua avec tant d'ardeur de Tolonté, tant de soins, de voyages et desollicitations envers les pr nces et les sup[>dls du parti intéressé, que l'on peut dire avec vérité que ce fut principalement par son moyen que le royaume de l'Eglise, dont le malheur du schisme et la factitm des princes ou des peuples avaient fait trois pièces* fut réduit sous l'unique et la souveraine autorité de Nicolas, qui lui redonna aussitôt l'honneur de la pourpre, et la qualité dont son devancier l'avait privé, et reconnut son mérite et ses peines avec de si particulières faveurs, qu'il Qt accroire au monde que le cardinal d'Arles était seul capable de faire la balance de l'Etat et du repos de l'élise, et que, s'il avait pu faillir sans malice, il avait su se corriger par vertu, et faire estimer ses fautes heureuses.

« Depuis, il ne se peut dire combien sa vie parut belle, déchargée des ombrages qui en avaient terni l'estime et l'éclat , et combien lui-même, piqué d'une sainte jalousie de l'honneur de son ministère, s'appliqua courageusement tant aux functions publique»

de sa charget comme aux actions delà vertu

ririvée, dani un degré de perfection si excelent, qu'il ne paraissait pas moins sans exemple que sans défaut. Ce fut aussi ce qui Tubligea k se retirer du grand jour du monde et de la hantise des cours k son Eglise d'Ailes, où il tit voir dans tous les louables exercices, et dans les glorieux emplois de sa vie, que sa vertu avait tout chez elle, et n'allait point aux emprunts, sans avoir besoin des faveurs de la fortune, qui pouvaient faire plus briller son mérite, mais non plus peser sa vertu.

< Ce fut en même temps que, versant ses pieuses libéralités dans son diocèse, il ré^ |)ara plus somptueusement la moitié du bâtiment de son église d'Arles, la décora et enrichit de beaux présents, orna et augmeuta

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DES CARDINADl.

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denooveaai édifiées le palais de son éféché, H son châleeo de Salon. Mats il dressait en* core dans le ciel un bâtiment plus précieux etpiosdonibledeYertuStlequelayantdéjèété élefé jusqu'à son cmnble par les conlinuols ei laborieux exercices de ses bonnes œu- ▼res, il plut k Dieu de retirer son àme de la maison de terre qu'elle babîtail* pour la mettre en possession de ce f)alais d'astres et de félicité qu'elle avait traraillé et étoffé de ses belles actions. Il était au château de SaloUt quand il reçut Theureuse assignation de son départ du mondOt pour lequel il voubii-s'aller préparer dans le couvent de Saint- François qui ent à Salon» et passer les précieux restes de sê vie dans ce lieu d*oraison et de pénitence » d'où pou après son âroe fut élevée au ciel» pour j jouir sans On de la bienheureuse vue, et des joies de Dieu, qu*il avait servi fidèlement en terre.

€ La nouvelle de son heureux trépas nui arriva le 16 de septembre de l'année U50» ayant été portée comme en éclair par loute la Provence, elle attira des vingt- trois villes de 'cette noble province un nombre inestimable de prêtres, de religieux et de peuple» qui assistèrent au célèbre.convoi de son sacré corps* depuis Salon iusques en Arles, où il fut porté, et honorablement inhumé k la corne droite du maltre-autel de l'église ; et d'où, comme une lampe de baume qui éviipore de plus douces fumées éteinte que vive, il commença k répandre pariout de si divinisa et ravissantes odeurs de sà sainteté, qu*elles convièrent la dévotion des peuples de tous les lieux circonvoisins» h venir cnercher à son sépulcre les secours favorables (>t les remèdes de Ions leurs maux. El ensuite Dieu, qui est jaloux de Thonneur doses saints, voulant elTacer par son témoignage les jugements moins avdntag<>ux qui avaient été faits au préjudice de sa vertu, opéra un si grand nombre de prodiges et de guérisons miraculeuses sur les muets, les sourds, les aveugles, les boiteux et les morts, qui étaient am>orlés, ou abordaient à son tombeau, qu il ne fut personne oui n'avouAt baotement le grand crédit qu il possédait auprès de Dieu par les mérites de sa sainleté. Ce fut aussi ce qui obligea le Pape Ciémeot Vil, après les procédures authentiques faites^ et les preuves reçues, de le déclarer bienheureux par une bulle qu'il en expédia, ei de permettre que son saint et chaste corps fftt relevé et exposé i la vénération des tidèles, attendant les derniers honneurs de la •canonisation. Dont encore ensuite lui ont été dressés des chapelles et des autels à AriM, et an monastère de Haute-Comte en Safoie, qui avait souvent durant sa vie servi de chère retraite k ses dévotions , où Dieu rendra dans tous les siècles honorable la mémoire d'une vertu, que le monde voit moins souvent que les miracles. »

TOMiCAO DO CAIPIHAL ALBMÂM.

ObiiU Bunl bunuDi teoul pendeDlia Blo, Ëltttbllo casu qutt vâiuere ruunt.

Vmée êicmi Dea ptaeuit aima miUeno qmaUr ceniern»

cnmfuitÊ^iet deM^ Imet ttf uxlm iMram&^aiK éeâmm, Bcnœ mémorim^ Rêu. in Ckriêlo pMier et DomîjfM Ludoneut Mcroê. Rom. Erd. Tk, S. Cœciliœ prœ$b. eatd. Arelaiênm vmigfirittr aimrNpalmt, $acrœ huju$ bu$ilicœ adminiêtrëior hene merUui et pnncepê. rtlm lëudëkUh ei eom9erêaiî0Mi$ komeuœ^nd maju» «ocufaifl frîéiiMi, dévoie eu rhm umivenm enrmg^ et cûikolice ia^eutkê. Oroie pro €0, ut eJMs anima

BequieÊcat in pace.

André Viclorel a couché en abrégé la Vie et les vertus de ce cardinal. Pierre Saxi en a écrit plus amplement dans \ HUioire dès primats de VEqliêt d'Arles. Vencrus, Lnurens Valembourh, Jean Chenu, et plusieurs autres en font honorablement menlion.

(Voy. Plus il, Cosmog. c. h% e» m Comment ; Onuph^b;— CiACONius;— AuBERTet DccnftNK, —Hiside8card.:—FsLi^0fi,GalLpurp ; -Saxi, Pont. Arei ;— Bravios et Spondb, in ilnnn/.;— DU Saussai, in Jl/arr. (irn//.;— Sivrr in Arch. Arei.: — Sainte Marthe, Gafl. Christ.: — GuicHBNoif, Hist. de*ffresse et deBugey^ part, m, p. 4; —Satidbrr;— Chenu; — Baillbt, Vies des saints, )

ALENCON (Philippe), était fils de Charirs romte d*Alençon,qui lut tué, le 26 aoAt 13i6, k la bataille deCrécy, et qui était pèie du roi Philippe de Valois.— A l'exemple do son frère atné Charles, comte d'Alençon, Philippe abandonna tout pour servir Dieu dans l'état ecclésiastique. Sa naissance et son mérite relevèrent sur le siéçe de Beau* vais en 1356, et, en 1359, sur celui de Rouen. £n 13711^, il fut nommé administrateur de l'archevêché d'Auch. Le roi Charles V lui avait demandé pour un de ses clercs, une prébende, ({ui était à la nomination du prélat; celui-ci, n'en croyant pas digne le sujet qui lui était recommandé, refusa et encourut le déplaisir du roi. Le firince s'anais» m''* anmoins dans la suite. Le Pape Grégoire IX nomma Philippe patriarche de Jérusalem puisd'Aouilée; et Urbain VIII lui donna, en 1378, le chapeau de cardinal, puis l'évéché de Sabine. Ce Poiitife le fit son vicaire général dans les terres de l'Etat ecclésias* tique; mais depuis, craignant que le cardinal d'Alençon ne pi tt le parti de Clément Vil, pendant le schisme, il lui ôta sa charge de vicaire général. Bonlface IX le rétablit en ses dignités, et le créa évèque d*Oslie. Philippe, qui avait cédé l'archeVèché de Rouen à Pierre le Juge, mourut en odeur de sainteté, à Rome, le 15 août 1397, et fut inhumé dans l'église de Sainte-Marie au delà le Tibre, (Voy. Onuphrb et CiAConius in Fila Pontif.; — l^HEL., //a/, sacra;— Sainte-Martre, i«v« XXI, Hist. général, et lom. 1" Galt. Christ ; — Sponde A.C. 1377; — DucHBSNB,et Acjbeey , Hist. dff eard. ; — Fbison, Gailia purpur.;

— le P. Anselme.)

ALEXANDRE 111 (Roland Ranugi), né i Sienne, fut ;rabord tbanoine de Pise, puis appelé à Rome par le Pape Eugène, qui le combla de distinctions, et te lit chancelier,

— c C*élait, dit Fleury, un homme éloquent et versé dans les choses divines

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