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lui. Enfin ils ontrèréril en Franco, el , ayflDt
i)dS5é Lyon, ils joignirent le cardinal Charles ^araffo, qui revenait de sa légation. Ils s'en)* barquèrent tous ensemble sur la flotte française, et s'en retournèrent è Rome.
Cependant, on entreprit dans cette villo de faire ]e procès h Marc-Antoine Colonne, fils d^Ascagne, sur ce qu*il ourdissait des cabales contre le Pape, et tenait chez lui des conciliiîbules secrets. Il fut cité, et comme il refusa de comparaître, on le déclara criminel d'Elal, et on lui ôla les villes qu'il possédait dans les Euils f)0ntificdux. Ce fut un sujet de guerre entre le Pape el Tempereur. L'empereur croyait qu'il était important pour le bien de ses affaires, de ne f>os laisser accabler Colonne. Le Pa|>e trouvait étrange qu'on voulût l'empêcher d'user Jo ses droits. Commcndon arriva, è Rome au commencement de ce différend :à peine eut" il trois j[ours pour se délasser des fatigues de son voyage. 11 fut obligé d'aller chez tous les princes d'Italie» pourles retenir dans le devoir, cl pour empêcher que l'empereur, par son autorité et par ses promesses, n'en aitir&lquelqu'unèson parti, ils paraissaient tous fort attachés aux intérêts du Saint-Siège. Hercule, duc do Ferrare, s'était ligué avec eux» et faisait de grands ravages sur toutes les terres que l'empereur avait dans son voisinage.
Le Pape» qui désirait vivement engager les Vénitiens dans son parti» tant h cause des secours qu'il pouvait espérer de cette république, que pour la consistauce qu'elle pouvaildonncr a son parti dans l'Italie» eut si bonne opinion de Commendon, qu'il lui confia celle néeociation, et l'envoya, en qualité de nonce» a Venise : ce uni n'était encore arrivé è aucun citoyen oe Venise, qu'à Pierre Bembo» dccuis cardinal» qui passait pour le premier nomme de son siècle, et que Léon X choisit pour aliter traiter avec cette république, en pareille circonstance. Cette mission fut glorieuse pour Commendon» et lui acquit beaucoup de réputation dans Tesprlldes Vénitiens. Ils le voyaient avec plaisir è côté du chef du s^nut, et au-dessus (le tous les autres sénateurs , |)our négocier avec eux les plus grandes affaires qui fussent alors. Il arriva qu'Antoine Trivulce, évê(|ue de Toulon» d'une illustre famille milanaise» el qui remplissait les fonctions de nonce apostolique à Venise, fut fait cardinal vers ce temps-là. Commendon lui donna solennellement là barrette, que Sa Sainteté venait de lui envoyer; et» lorsqu'il lui mil sur la tôle les marques de sa dignité» en présence du doge et de tout !c séuat, plusieurs s*écrièrent dans l'assemblée : t Souvenez-vous» Trivulce» de rendre un jour le môme office h Commendon. » Chacun lui souhaitait, lui prédisait les honneurs dont il était digne.
Il demeura dans cette ville jusqu'à la fin du différend, et prononça dans le sénat des harangues éloquentes, où il se plaignit de l'iniustice du parti contraire, des outrages et des attentats commis contre la personne sacrée du SouverainPontife ; du danger où
se trouvait rEt^lisa de Rome; do l'avidité des Espagnols, qui voulaient se rendre maîtres de toute l'Italie» et qui ne tâchaient d*abattre la puissance des Papes» que pour ruiner ensuite plus impunément tout le reste. Quoique cette république aimfll le repos, qu'elle craignit tous les mouvementé et tous les désordres de la guerre ; quoique le sénat ne fût point résolu à ' s'attacher aa parti d'un Pape accablé de vieillesse, contre un prince qui pouvait encore régner longtemps, et qui disposait de forces important tes, il voyait néanmoins avec inquiétude que la puissance du Pape allait être abattuep et querelle des Espagnols grandissait cb»« que jour en Italie.
Commendon tâchait d*éniouvoir ces espriti politiques, en leur représentant que»s'iM ne se liguaient pour le salut de lltalie et pour l'honneur du chef de TE^Iise; s'ils nedéfeu-' daient en commun la cause commune contre une nation étrangère, qui avait des forcée pour avancer ses prétentions » et qui allait assujettir tous leurs voisins, le Pape, qui ne pouvait soutenir le poids d'une guerre îm-* prévue» serait bientôt accablé ; et que, s'il était une fois vaincu par un ennemi insotenl et dominateur, il serait honteux aux Vénitiens de n'avoir pas écouté le Souverain Pun^ tifo, qui recherchait leur alliance ; qu'une telle conduite répugnait à la piété et à la sagesse du sénat; que d'ailleurs elle pouvait amener leur ruine.
Telles étaient les raisons que, dans cette célèbre assemblée, il faisait valoir avec gra* vite et avec énergie; il les répétait à ses parents et à ses amis , dans les conversa-» lions particulières qu'il avait avec eux. Les Vénitiens les goûtaient» mais ils ne |)0u«* valent se résoudre à entreprendre unegucrre dont rissue était fort incertaine. Ils s'arrêtèrent à l'avis qui leur parut le plus sûr et le plus honnête, ils s'offrirent d'être h^s médiateurs de la paix, el ils envoyèrent François Froment, secrétaire de la républîtfue* au duc d'Âlbe, qui commandait pour l'eni» pereur en Italie, avec ordre de le conjurer d'arrêter ses armes, el de ne point attaquer le Souverain Pontife; de lui représenter qu'il s'atlirerait la haine de toute la Chré^ lienlé, etqu*il ferait une action très-éloîgnée de la piété de l'empereur et du roi son fils, s'il continuait en leur nom une guerre si odieuse; qu'il y avait des voies d'accom* modemenl plus utiles et plus honnêtes; qu'il se trouverait des amis communs, qui prendraient volontiers le soin de terminer oe différend, ils écrivirent presque en mêmes termes au roi d^Espagne. On pouvait bien juger que, si les prières étaient inutiles» ils pourraient bientôt passer aux menaces; et qu'après avoir offert leur médiation» ils n'étaient pas éloignés de déclarer la guerre, tant ils étaient alarmés, dans la crainte que Commendon leur avait inspirée» que le Pape étant accablé, ils ne fussent obligés de soutenir tout IVtfort de ces superbes vainqueurs.
Mais le cardinal Charles Curaffe ayanl appris que l'armée française venait de passer
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les A^pes ft»Oé Jt? Te^péninre de la rictoire, aalant qa'îl r«iir»ît è\é Je la licioiro ntèiiew alU pnniplement i Tenise, pressa le sénnl de prendre les armes, Je réprimer 1*orgnei1 d^one na'îon enrahissante, de p'^ursoÎTre des ennrrois mmmms, el de les chasser de foule n^aîi'*. Il assorail qiic de belles troupes d*mfaiilerie et de cavalerie arrireraieni an premier jour; rjoela plus brarp jeunesse de France avaii dt^jà pnssé les Alpes; que Je Pape, animé d*une juste colère, faisait de grands préparatifs de guerre ; que le duc de Ferrare s*afançait, qu'il pourait seul occaper les ennemis du c^té du Pu; que la rictoîre était dans leurs mains, et que grands seraient les a? anlages des vainqueurs ; qu^ils prissent donc les armes comme les autres, et qu'ils ne laissassent pas échapper une si belle occasion d*egrauiir leur république.
Ces paroles étaient bien présomptueuses.
Les Vénitiens, qui avaient appréhendé pour eux-mêmes le danger où ils voyaient que le fape s*était jelé, commencèrent à être un pen plus en repos. Cps belles troupes , et telle jeunesse invincible de France, qu'on -leur avait tant vanléos, les rassurèrent. Us rendirent ï ce cardinal tous les honneurs imaginables; el, après lui avoir donné de belles espérances, ils demeurèrent dans une grande tranquillité, dès qu'il fut parti.
" Le cardinal Caraffo reconnut qu'il avait fait une grande faule d'exagérer les forces de la France, et d'Aler aux Vénitiens cette crainte qu'on leur avait inspirée avec tant de soin, et qui pouvait seule les porter à prendre les armes. Mais il couvrit malicieu" sement son imprudence, el fit entendre que c'était la faute de Commendon qu'il n*aimait point, à cause du peu de ressemblance qu'il y avait dans leur vie et dans leurs actionj. Commendon n'avait jamais voulu se lier avec lui, qnoi<pril pn eût été recherché , et n'avait jamais pu s*nccommoder d*un esprit dépravé, qui avait forlitié ses méchantes inclinations par une longue habitude de crimes. Il aima mieux honorer en lui sa dignité, que do s*atlaHier à sa personne, el il fui témoigna toujours du respect, sans jamais vouloir lui faire la cour.
Lorsque Caraffe éiail h Venise, un senaleur do ses amis lui oifril un magnificpio festin, auquel assistèrent plusieurs dames de qualité de la ville. Après lu repas, il y eut bal. Ce cardinal , ayant plus d*égard è la coutume du pays qu*h la bienséance do sa profession, voulut y assister. Plusieurs ecclésiastiques qui Pavaient accompagné, étaient disposés, par complaisance, à se divertir aussi bien que lui. Commendon fut le seul qui eût le courage de le quitter. Il lui demanda la permission i\e se retirer, sous prétexte d«s quelques affaires; el, s'élanl aperçu que eelte retraite avait offensé le cardinal , et lui avait paru irn reproche secret de Taclion ' qa*il allait faire, il dit h quelques-uns de êe9 amis qu'il venait de faire une grande faule contre sa fortune ; mais que son honneur lui était plus cher que ses intérêts i cl
qu'il aimait mieux écouter son devoir que son ambition.
Caraffe, naturellement fier et emporte, ne parlait jamais du roi d'R<pa^^no el ties Rs|Vi* giols q Tavec des iavooiives et dos termes ou*ra;;oants. 11 y avait des tlatteurs qui s^emportnieni conùno lui, et qui étaient ancoutumes ^ l'imiter dans ses di^fauts pour l.ii plaire. CommenJori on u^iait avet^ plus de mo lératiim ; et •pidiqu'ii parlAl avec t>oau* coup de force, dans le sénat, pour les inlé* rèis de son prince, il était fort retenu dans les conversations i^arliculières, et no s*ex» primait sur Temporeur et sur le roi d*li$|iagn«» qu'avec beaucoup do respect, croyant qu'il était plus convenable d'adoucir les affaires par la prudence, que de los aigrir par des discours passionnas. CaratTo nVstimait pas celte p.)litique honnête : et, lorsqu'il fut à Home, il publia qnu Commendon s*élait acquitté très froidement de sa négociation, et qu'il était aisée croire qu'il avait des liaisons secrètes avec les Espagnols, puisqu'il les avait tant ménagés.
Le Pape, qui brûlait du désir de se venger des Espa^^nols, no trouva point de crime plus çrand. Lorsque le nonce revint i^ l\ome, et qu il se présenta nour lui baiser les pieds, il le reçut très-froidement, sans loi donner aucun témoignage do celle amitié qu*il avait toujours eue pour lui. Un accueil si triste fit conMnttre à Commendon que CarniTo et quelques aulres envieux t'avaient desservi auprès do Sa Sainteté. Il l'avait prévu , et il ne $*éiait pas mis en peine de rempèchcr. Aussi ne chcrcha-t-il pas les moyens de so justifier; il ne voulut pas même emplovor ses amis, pour effacer do Tcsorit du Papo les faus$».!s impressions qu'on lui avait données. 11 reçut celle disgrAoe, sans so plaindre, et souffrit rinjuslioe avec tranquillité. On ne toucha pourtant ni h son honneuri ni h sa dignité; on oui toujours dos égards pour lui; il demeura toujours dans lo palais, 01*1 il était entretenu comme auparavant. Toutes les entrées lui étaionl libres; on no lui refusait pas mAn)e (lui^hpiei appa* renées d*amitié. Il semblaii (pril s'était rutiré lui-même dos affaires, et lo cardinal Caraffe était bien aise de l'on avoir éloigné ; mais celui-ci no jugeait pas h propos do persécuter un homme do bien, entouré do Tostime générale.
Tous ceux que lo Papo avait élevés dami les charges et dans les conseils furent plus rigoureusement traités. Los uns Turout chassés du palais, les autres furent nrrélés el mis en |)rison; quchpios-uns funuil relégués en dos ftays éloig'iéH. Ciraffo, pour so rendre matlro des affaires, «ivail usurpé toute sa faveur, el ne souffrait auprès do Sa Sainteté que ceux qn*il avait avancés lui-rnémo. Sous des prétextes différents, il so défit du tous ceux qui avaient du crédit, et mit en leur place des créatures, r|ui ne so souciaient ni do leur réputation , ni du bien publiCt et qui ne s'attachaient pas à lui par honneur, mais |)ar iulérèt, el par une coupable uspé-
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rance de profiter, en leur pardculier, des iDfllheurs de l'Elat.
Commendon se trouTant alors sans emploi, Toulût profiter d*un loisir qu'il n'avait osé se promettre. Il reprit avec joie ses éludes interrompues depuis longtemps, et se remit sur un grand ourraçe qu'il avait autrefois Goromencé» Dn droUi de VEmpire ro« main transféré en Allemùgne; De la pui$$ance det Papes^ et De Vautoriié des eonciiei. Pour •fêla, il était continuellement dans la bibliothèque Yaticane. Il parcourait ces vieux manuscrits h demi rongés par le temps ; il fouillait jusque dans la plus obscure anti-
3uité. Enfin, après avoir passé plus d'un an ans ces travaux , il demanda, en 1559, i Sa Sainteté la permission de se retirera Venise, résolu è passer de le è Zanlbo et à Céplialo* nie, deux lies dont il était évêque. Mais lorsqu'il attendait la saison favorable pour s'embarquer, mourut Paul IV, âgé de 83 ans. Ce n*est pourtant pas son âge qui Taccabla ; e'est le chagrin et la douleur qu'il eut d'avoir été trop longtemps h connaître et h punir les crimes du cardinal Caraffe et de ses autres neveux.
Le cardinal Caraffe avait deux frères, Jean, duc de Palliano, et Antoine, marquis de Montibel. L'un et l'autre avaient usurpé ces titres, et en jouissaient injustement. Ils avaient chacun leurs vices particuliers, mais ils s'étaient tous rendus également insup* portables j^ar leur avarice et par leur orgueil. Us vivaient entre eux sans amitié et sans intelligence, et ne s'accordaient que pour obséder les oreilles de leur oncle, et pour empêcher qu'il ne fût averti de leurs dérèglements. Pour lors ils se souvenaient qu'ils étaient frères, et ils s'entendaient tous, parce qu'ils craignaient tous également. Ils ^e composaient lorsqu'ils étaient devant le Pape, et paraissaient pleins dinuocence et de probité. Lorsqu'ils revenaient dans le niot.de, c'était h qui ferait le plus d'injustices. Le Pape, trompé par cette fausse honnêteté, leur abandonnait le gouvernement, et les laissait abuser impunément de son autorité et de l< ur fortune. Il s'appliquait à faire des ordonnances, pour corriger les abus qui s'étaient glissés dans l'Eglise. Il réformait les mœurs des étrangers, et il ne voyait pas les désordres de sa famille. Les vices de ses neveux , avec ses vertus austères, le rendaient odieux.
Enfin les choses allèrent si loin, qu'il se trouva un homme de bien, touché de voir qu'un Pape, rempli d'ailleurs de grandes qualités et des meilleures intentions, à qui on ne pouvait reprocher qu'un peu irop d'aigreur contre ceux qui résistaient i ses ▼olonlés, et une humeur naturellement brusque et violente, fàt décrié parmi les gens de bien, sans qu'il y eût de sa propre faute. Ce fidèle serviteur, quel qu'il fût , car l'histoire n'a pas dit son nom, se jeta aux pieds de Sa Sainteté ; et, après lui avoir demandé pardon de ne l'avoir pas plus tôt avertie des rhoses qu'il avait è lui dire, il lui découvrit iûi//e Jà rie/ loule la conduite et tous les
crimes des trois frères ; et, loi révélant toute la honte de sa maison, lui fit connaître combien tous les gens d'honneur en étaient scandalisés, et combien son pontificat en était souillé.
Le saint vieillard tomba des nues. Après avoir reconnu la vérité de ce qu'on lui avait dit, il fut abtmé de douleur. Il ne savait comment punir ces coupables : la honte et la colère confondaient toutes ses pensées. Sur-le-champ il fit dire à tous ses parents qu'il leur dérendait d'entrer dans son palais, et de se présenter jamais devant lui ; et» comme il était déjà fort tard, il fit avertir les cardinaux de se trouver le lendemain au consistoire. Aussitôt qu'ils furent assemblés, il leur adressa son discours, et commença par des plaintes et des reproches qu'il leur fit d'une manière grave et touchante, de ce qu'ils ne l'avaient pas averti de plusieurs choses qui s'étaient passées contre le bien public, et contre sa propre réputation. Puis il leur dit qu'il pouvait bien pardonnera des étrangers « puisqu'il avait été assez malheureux, pour être cruellement trahi par ses propres parents. Là, il s'emporta avec véhémence contre leurs désordres, et priva le cardinal Caraffe de sa légation de Bologne, de tous ses honneurs et de toutes ses charges ; il ôta è Jean le commandement de l'armée, et la charge de général des galères de l'Eglise; il priva Antoine de la garde du Vatican, et leur commanda, è eux et à tous ses autres parents ou alliés, excepté le cardinal Alphonse, fils d'Antoine, jeune homme d'une conduite exemplaire, de sortir de la ville ce jour même. Il assigna h chacun le lieu de son exil, menaçant de faire punir rigoureusement tous ceux qui leur donneraient quelque assistance. Il ajouta qu'ils méritaient de plus grands cbtr timents, et qu'il réservait h son suceesseui la gloire d'infliger k ces criminels les snpplices qui leur étaient dus.
Après avoir donné un libre cours i son indignation, il s'arrêta. Il avait de l'énergie et de l'éloquence, le regard effroyable,, lorsqu'il était une fois échauffé. Aussi sou visage, ses yeux, sa voix épouvantèrent tellement l'assemblée, que les cardinaux qui, par leurs gestes, semblaient vouloir t'apaiser et lui demander grAce pour ces misembles, n'osèrent entreprendre de parler en leur faveur. Enfin le cardinal Ranuce Farnèse, jeune homme recommandable par sa douceur, voulut lui représenter respectueusement que Sa Sainteté ne les trouverait E eut-être pas si coupables si elle avait la outé de les entendre; qu'elle pouvait leur accorder la liberté de se justifier, ou pour le moins d'implorer sa cléfueoce, et différer un peu leur condamnation. Mais le Pajte l'interrompit en lui répondant : « Si Paul III, votre aïeul, eût puni avec la même sévérité les crimes de Pierre-Louis, votre père, les habitants de Plaisance ne l'auraient pas déchiré, et ne l'auraient pas jeté par les fenêtres, comme ils liront. » Après cela, personne n'eut le courage de parler.
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DBS CAKDIXAUX.
Le cardinal Caraffe, et los autres, reçurenl Tordre «ft» sorMr cfe la riJle; on leur lit en««»nilre qno, sll pouvait'j aroîr pour enx quel pif! P5p(«rat)C8 de pardon, ce n*élait q:)*«n obéîssnnl prompteraenl. Ceux qui leur faisaienlordinarremcnl la cour, ces flatteurs, ces faux amis qui sacrifient les devoirs de Famitié et de Thonneur à leurs intérêts et h leur fortune, les abandonnèrent à leur malheur. Commendon, qui n'était pas encore parti de Rome, et qui n*avait eu aucun commerce avec eux , au temps de leurs prosp«»rttéSy leur rendit , dans leur disgrâce, toute sorte de bons oflices, particulièrement au cardinal, qui rendit des témoignages publics de la probité de Commendon. Car, comme le cardinal Vitelli le consolait ati sortir du palais, et lui donnait quelque espérance d'une meilleure fortune, Caraffe se tourna vers Commendon qui les suivait, et l'embrassant :« Pourquoi, v dit-il, « ne souffririons-nous pas patiemment notre disf;râce? Cet homme de bien n'a-t-il pas souf- 3rt généreusement la sienne? Si nous eussions suivi ses conseils, nous aurions évité tes éeueils où nous avons fait naufrage ; et nous n'aurions pas mérité la confusion qui nous couvre, n
Le cardinal se retira i San-Marino ; les autres en divers endroits, selon les ordres qu*ils avaient reçus. Le Pape cassa plusieurs ordonnances qu ils avaient portées, chassa tous ceux qu'ils avaient avancés dans les charges publiques ; déchargea le peuple de tous les impôts et de tous les tributs qu*ils avaient exigés sans son ordre. Bien que ces mesures fussent avantageuses au public, elles n*étaient pas agréables. On estimait qu'elles venaient plutôt d*un esprit de colère contre ses parents, que d'un mouvement de tendresse pour le peuple. Chacun était bien aise de vuir punir des hommes qui avaient abusé de leur pouvoir; mais chacun jugeait aussi ce qu'il avait è crain<lre d'un Pontife qui ne pardonnait pas môme k ses proches.
Pour comprendre la frayeur que cet exemple de sévérité jeta «tans les esprits, il suffit de savoir que \a femme du duc de Polinia'i, nièce du Pape, étant arrivée h Rome en ce même temps» sans être informée de ce qui s'y était passé, il ne se trouva personne qui osAl la recevoir dans sa maison. Bile se présenta à la porte de tous les princes et do tous les seigneurs qu'elle croyait de ses amis^ ils n'osèrent pas môme la reconnattre. Et|e descendit aux hôtelleries publiques; on refusa partout de la loger, chacun craignant d'offenser lé Pape irrité. Elle fut obligée de faire le tour de la ville avec tout son équipage, dans une mauvaise saison, par unu pluiu battante ; et, après avoir été comme le jouet de tout le peuple de Rome, elle fut reçue dans une chaumière écartée, par un homme qur ignorait encore la disgrâce des Caraffe et l'indignation du Pape. Le lendemain, dès mie le jour eut paru, elle- prit le chemin de Nantes. Ce qui confirme encore la terreur qui s'était répandue dans Rome, c'est (yi« le cardinal CaraU'e étant atteint d'une
fièvre violente; causée par Je chagrin , et ayant envoyé quérir des médecins, aucun ne fut assez hardi pour se rendi'e ftscs prières ; on n'osa oas même prier Sa Sainteté dlnterventr.-
On ne doit point ici passer sous si lence la fin malheureuse de ces frères; elle peut servir d'exemple des révolutions humaines, et montrer qu'il n'y a rien de si faible que ceux qui s'appuient sur leur fortune et qui se fient aux choses du monde, sans élever leur esprit vers le ctel. Nés d'une famille riche et puissante, ils furent bientôt ruinés pnr le malheur des partis où ils s*élaient engagés, ils demeurèrent longtemps en exil, dans une grande détresse, au poinf que Charles fut obligé de porter les armes pour avoir de quoi subsister. Ils étaient depuis montés d un tel degré de puissance, qu'ils osèrent espérer et entreprendre de ae rendre maîtres du royaume de Naples; \hfurent même, pendant quatre ans, les arbitres de toutes les affaires de l'Eglise. Enfin ils furent chassés ignominieusement par leur oncle, qui les tint dans les lieux de leur exil, pendant le reste de sa vie. Pie IV, qui lui succéda, fit arrêter et condamner le cardinal et le duc de Palliano; itis périrent de 1» main du bourreau. — Paul IV étant morir Commendon, qui ne pensait plus è passer en Grèce, retourna è Rome, dans le desseio de remettre son évêché entre les mains du nouveau Pape. Ses parents Pavaient retenu en Italie; et, pour le détourner de son voyage de Zante, ils lui avaient représenté qu'il aurait peine è vivre dans cette tie déserte et stérile, éloigné de tous ses amis, avec quelques misérables Grecs, gens sans honneur et h peine civilisés. Ne pouvant donc aller 2b son évêché, il résolut de le quitter. Cependant le S:iinl-Siége ayant été vacant quatre mois entiers, Jean-Ange de Médicis, Milanais, fut élu Pape, et se nomma Pie IV. Il eut une estime particulière pour Commendon. Il lui permit de se choisir un successeur, ajoutant obligeamment qu'il n'était pas convenable qu'un homme si capable de rendre des services importants h l'Eglise, tûl éloigné de la cour de Rome : en effet,, il lui commanda d'y demeurer. Ce Pontife,, vovant qu'une partie de la chrétienté était infectée des erreurs nouvelles; que l'Mlemagne s^était séparée do la communion de l'Eglise; que te mal' croissait de jourenjtHir; qu'il était de son devoir de chercher les remèdes nécessaires et d*arrèler de tels désordres, prit cette grande et louoble résolution d'assembler un concile général. Il fit donc publier ses brefs apostoliques ; il en envoya dans toutes les provinces, et il assigna Ib concile dans les formes accoutumées, pour être tenu on la ville de Trente» Paul Ht et Jules 111, ses prédécesseurs, avaient déjà choisi |>our le même objet cette ville, parce qu'elle est située sur la-^fronttère d'Allemagne, et qu'ils avaient voulu pourvoir è la commodité de ceux pour qui principalement se devait tenir cette assemblée. Sa Sainteté résolut d^envoyer un nonce^