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fous les princos d*Allemagfie , pour les înTiler à so trouver au concile, et pour observer s'il y aurait quelque espérance de guérir des esprits gangrenés par la ronia^'on de tant d*hérésies naissantes.
Pour une mission si imporlante. il* fallait un homme intelligent et d'une fidélilééprouvée, profond dans la doctrine de rEglise, et capable de soutenir avec éloquence Ta cause de la religion. Plusieurs s'offrirent; plu- ^ieurs firent agir des personnes puissantes, afin d'obtenir celte dépulation. Nul n'était plus digne de cette mission de confiance que Commendon : il avait l'esprit éclairé et insinuant, une connaissance profonde des lettres divines et humaines; sa vie était irréprochable; il avait toujours été plus grave et plus réglé au*aucun autre. Aussi le Pape déclara qu'il I avait choisi pour celte ambassade; et, l'ayant fait appeler, il lui donna ses lettres de créance, avec ses instructions, pt lui commanda d'aller trouver l'empereur Ferdinand, de lui exposer l'objet de son voyage, et de suivre les conseils que lui don* ijeVnit ce prince, pour ménager des esprits difficiles et prévenus de leurs erreurs. Commendon fit partir une partie de ses
{ens, avec ordre de l'aller attendre è Vienne. I les suivit lui-même peu de temps après, passa par la ville de Trente, et se rendit i la cour do l'empereur le 1" janvier 1561.
Auprès de l'empereur étaient deux nonces apostoliques, Stanislas Hosius, Polonais, évêque de Warroie, qui y résidait, et Zacharie Delpinn, Vénitien, évoque de Phare, qui y avait été envoyé depuis peu pour les affaires de Hongrie, et qui avait ordre de passer chez les électeurs et chez tous les princes des bords du Rhin, pour les inviter au concite, pendant que Commendon pousserait plus avant en Allemagne, au delà du Wéser et de l'Elbe.
Ces trois prélats conférèrent ensemble de ce qu'ils avaient è faire, et le lendemain fu* renl conduits au palais de fempereur. Commendon fut reçu avec honneur par le prince, è qui il remit les lettres autographes que lui envoyait le Pape ; puis il exposa avec autant de gr&ce(|ue d'éloquence les internions de Sa Sainteté. Voici la substance de ce discours: it Pour arrêter les désordres qu*ameuait tous les jours de plus en plus l'hérésie, le Pape Pie IV, après avoir imploré l'assistance du Ciel, et demandé les avis de tous les princes chrétiens, et notamment de Sa Majesté Impériale , avait enfin résolu de rouvrir le concile généra) de Trente, afin (|ue les erreurs qui partageaient l*£urope en tant de sectes fussent dissipées, que la pAix de l'Eglise fût affermie, que la foi et la discipline des Chrétiens fussent ramenées à leur ancienne pureté, et que ceux qui s'attacheraient avec opiniâtreté à leurs opinions condamnées, fussent distingués des véritables fidèles. Sa Sainteté avait déjà convié, par ses brefs apostoliques, toutes les puissances de la chrétienté, en général ; mais, par une grâce extraordinaire, par une ioclinatioQ narticulière qu'elle avait pour TAl-
lemagno. elle avait bien voulu y envoyer l'évoque de Phare, et lui, pour exhorter toua les princes, toutes les villes libres et tout l'empire, h concourir è la célébration du concile et à l'accommodement des affaires de la chrétienté ; qu'afin que les choses se fissent avec plus de facilité, et que tout le monde pût agir sans aucune défiance. Sa Sainteté entendait que chacun pût venir, en toute sûreté, se présentera cette assemblé», soit qu'il eût des plaintes à élever, soit qu'il eût des doutes à proposer; elle priait l'empereur de surpasser les autres princes en zèle, autant qu'il les surpassait en dignité; d'envoyer au plus tôt des ambassadeurs, qui pussent assister à Touvorlure du concile, et de seconder par ses soins, par son autorité et par ses conseils, les bonnes intentions da Pontife. »
L'empereur loua fort le pieux dessein du Saint-Pèro. Il prolesta qu'il serait toujours dans Tobéissanee et dans le respect qu'il devait au Sain(*Siége, et qu'il rendrait, dans l'occasion présente, tous les bon< offices qu'on pouvait espérer de lui. Il avertit ensuite les nonces que les princes protestants d'Allemagne avaient été déjà informés de la résolution qu'avait prise Sa Sainteté, decotv- Yoquer le concile ; qu'ils avaient résolu de s'assembler eux-mêmes, pour conférer ensemble de leurs affaires, et qu'ils devaient se rendre, le 14 janvier, àNaûmbourg, ville de Misnie, sur la Saale. 11 conseilla aux denx prélats d'aller trouver ces princes assemblés; de les exhorter tous en général, et de reconnaître ce qu'il y avait à espérer de chacun en particulier; de se souvenir surtout 3uMI fallait agir avec douceur et avec pnience, de peur d'aigrir, par une sévérité indiscrète, des esprits qui n'étaient déjà que trop révoltés. Il leur assura qu'il enverrait, dans les occasions, des gens capables do les servir: et il fut d'avis qu'ils partissent surle-champ, parce que le temps approchait, et que la conférence de Naiimbourg serait terminée en peu de jours ; qu'ils vissent, en passant, le prince Ferdinand, son fils^ qui était à Prague, et qui leur donnerait des nouvelles certaines, sur lesquelles ils pourraient se régler.
Commendon n*approuvait pas ce voyage ; il prévoyait qu*il serait difficile d'anorder ces princes et de traiter avec eux en particulier pendant qu'ils seraient assemblés. Il savait que le seul moyen de les réduire était do les désunir, et qu'il était impossible de les diviser dans une occasion où ils se liguaient eux*môu)cs ponr des intérêts com« muns, où ils n'auraient tous qu'une volonté, qu'un pouvoir, et où les plus emportés auraient sans doute le plus de crédit. Néanmoins, comme ses collègues étaient d'avis de suivre les conseils do l'empereur, selon l'ordre qu'ils en avaient regu du Pape, ils partiront do Vienne dès le lendemain.
Jlsarrivèrentà Prague le septième jour, et» de là passant par les furets de la Bohème, au milieu des neiges et des glaces, ils sa rendirent à Nâ&mbourg cinq jpurs après, par ono
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MrisoD Irès-rnde. Les princes, qui y étaient d^à assemblés, n*envoyèren( point Aii-ilevaiiidVui, ift ne leur renlirent aucun devoir derjTili(é, d*ami:ié, ni d*hospilalité. Les nontp% passèrentdeux jour< h reccnnailre Tétat dts choses; après quoi ils furent d'avis que Delphin verrait en particulier le comte palalÎBau Rhin* et Commendon, leducdeSaie*
3 ni tenaient le le premier rang, en qualité 'électeurs du Saint-Empire. Ils envoyèrent IfHir demander audienco; mais les deux princes répondirent : t Qu'étant assemblés pour des intérêts communs^ils nf* pouvaient rien résoudre en particulier; qu*i!s soumettraient la question h leur assemblée* et feraieol savoir^ ces Messieurs cequ\)n y aurait arrêté» » Cependant ils furent d'avis de leur donner une audience publique, et de n'avoir aucune communication particulière arec des ambassadeurs qui venaient de la part de leurs adversaires.
Celte résolution prise, ils envoyèrent .es principaui de leurs amis, avec une compa^ gnie des gardes du duc de Saxe, pour conduire les nonces dans le lieu do l'assemblée. Les deux prélats délibérèrent quelv^ue temps s'ils accepteraient cette audience publique; mais, craignant de n'être pas reçus des autres princes d'Allemagne» s*ils avaient négligé l'occasion de traiter avec ceux-ci, lis jugèrent convenable de ne pas refuser ce qu'on leur offrait. Ils montèrent dans un carrosse qu'on leur avait préparé. Les Allemands, qui étaient venus pour le conduire, marchaiont devant, à pied ; ce qui est une marque d'honneur. Lorsqu*iIs furent introduits dans l'assemblée, tous les princes se levèrent, mais ils ne leur présentèrent pas la main. Rendre cette civilité est, parmi aux, un témoignage d'amitié ; la refuser, une marque de mépris.
Les nonces leur remirent des lettres du Pape et des copies du bref de la convocation du concile. Après qu'ils eurent pris leurs places, Delphin expliqua ce qui était eontenu dans le bref apostolique et s'étendit sur les bonnes intentions de Sa Sainteté, sur le pieux dessein qu*elleavail de remédier h tous les désordres qu'avait amenés le changement de religion ou le ren versement de la discipline de rÈglise dans toute la chrétienté.
Après ce discours, Coinmendon prit la parole et représenta h l'assemblée : « Que le temps était favoral#le pour la célébration du eo?icile, puisque la paix venait d*êlre conclue entre la France et l'Espcigne ; que Dieu avait donné à son Eglise un Souverain Pontife oui mettait tous ses soins et toutes s^s peiksécs à rétablir le culte divin et h remettre la religion dans sa pureté ; que si, par la négligence des prélats, il s'était glissé dans les cérémonies publiques quelmies abus qui fussent contraires h la dignité de la foi chrétienne, il était dans In ré;»()lution iJe les abolir; que, pour ce qui concernait les relAchemenls et les dérèglements des mœurs» il firétendait les corriger et les ramener aux formes de la discipline ancienne; que tous les Chrétiens devaient se
réjouir de la célébration d'un concile qui rétablirait la foi et la piété des siècles passés \ que ceux mômes qui se trouvaient en«> gagés dans les opinions nouvelles, soit par leur propre erreur, soit par la persuasion de quelques dortenrs qui abusaient des saintes Ecritures,devaieDt en être satisfaits •
Il leur dit ensnileque le salut des hornir es dépend de la foi ; que celte foi ne peut ê're véritable, si elle n'est une; qu'elle ne doit pas être réglée par les passions et par le^ c^iprtces de quelques particuliers, mais par le consentement universel de l'Eglise, fondé sur la révélation des Eirritures, et que la vérité ne peut être mieux recherchée m mieux expliquée que dans une assemblée générale composée des hommes les plus savantStdes plus saints personnages, qui n'entreprendraient rien qu'après avoir imploré le secours du Ciel par des prières et par des sacrifices et qui n'agiraient que d'après leur conscience el par les mouvements intérieurs du Saint E*<pril ; qu'il ne fallait point diflférerles remèdes, puisque les maux étaient pressants ; que les affaires prenaient un cours dangereux depuis que les auteurs de nouveautés se donnaient la liiierté de dépraver et d'expliquer selon leur sens les instructions et les préceptes do l'Evangile, et que, s'insinuantdans les esprits des peuples grossiers, ils se soutenaient par la faveur et par la force de la mult tude ; que, par ce moyon, ils ébranlaient les fondements de la religion, et qu'affaiblissant ainsi l'autorité des lois et dos coutumes do l'Eglise, ils donnaient lieu h des désordres dont ils avaient déjà de fâcheuses expériences; que la religion n'étant pas une invention des hommes, mais une institution de Dieu même, on ne pouvait y toucher, en rien retrancher, y rien accommoder h son sens parti(Milier, sans se rendre coupable devant Dieu du plus grand de tous les crimes, »ans tond)f*r dans l'aveuglement, dansl'impiiUéel dans la révolte; que, s'il était permis h chacun d'interpréter les Livres sacrés h sa manière, il y aurait autant de sentiments différents (|ue de personnes.
11 leur rapporta des exemples des premiers siècles et leur représenta que les saints qui nous ont eus 'igné les vérités qu'ils avaient apprises de Dieu même, et qui ont répandu b*ur sang pour les confirmer, étaient si éloignés de cet orgueil que, dans les controverses qui s'élevèrent parmi les Chrétiens dans Ali»xandrie, au sujet des lois de Moïsi', saint Paul et saint Bariïabé n'osèrent rien déterminer, mais gulls allèrent à Jérusalem soumettre le uitlérond dans le concile des Apôtres, et qu'ils s'arrêtèrent è leurs dérisions; que de \h venait la foi solide et nnil'orme des Chrétiens, tandis que celle i]es autres était toujours faible et toujours Changeante; que le culte de la Divinité, fondé sur des principes d'une immuable sainteté, se forlillait par la longueur des siècles; mais que les inventions des hommes, qui ne plaisent que par leur nouveauté et qui ne s'établissent que par ea<-
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prire, ie dissipent avec lo It^mps; qu'on avait vu natire des hérésies qui, après avoir d*aboni ébloui tes peuples, avaient cofome vieilli liés Ipur naissance; qu'on voyait tous les jours des esprits inquiets qui tâchaient de renouveler les anciennes ou dVn forger de nouvelles; que, dans cet eicès de licence, il était impossible de donner des bornes à la témérité et è l'orgueil de l'esprit humain, qui ne craignait point de se plonger dans tes abtmes de l'impiété, et qu'on pouvait croire que ceux qui allaient d erreur en erreur et qui s'altachaiont è toutes les nouveautés, après avoir souvent changé de religion en peu de temps, n*en auraient aucune; qu'il fallait donc mettre fin à ces divisions et empêcher que cette contagion ne se répandit et ne s'attachât à toutes tes parties de la Chrétienté; qu'ils étaient donc priés d'en- Yojer leurs ambassadeurs pour proposer leurs doutes et les raisons qu'il avaient de se séparer de nous.
Les Allemands écoutèrent ce discours avec a^sez d'attention, mais ils n'en furent pas touchés. Ils s'étaient assemblés pour s'occuper de leurs intérêts plutôt que do ceux de la religion, et leur dessein n'était pas de chercher les moyens de rendre la paix h l'Eglise, mais de pourvoir à leur sûreté en renouvelant leurs alliance<«t dans la crainte qu'ils avaient que les princes catholiques ne se liguassent contre eux pour les obliger h obéir aux décrets du concile, à rendre les biens qu'ils avaient usurpés sur les églises, et à se remettre sous l'obéissance du Saint- Siège.
Pendant que les nonces parlaient, quelques-uns des Allemands qui assistaient à net e audience recueillirent toutes leurs paro!es et écrivirent avec application les deux dis^'oiirs. Les princes ne répondirent alors autre chose sinon qu'ils délibéreraient entre eux sur les propositions qu'on venait de leur faire. Alors les deux prélats se retirèrent avec la même suite et le même équi- Kage qu'ils étaient venus. Environ une (Mire a|)rès on vit arriver des hommes choisis parmi les conseillers des |)rinccs. Introduits, ils rendirent aux nonces les lettres que le Pape avait écrites h leurs maîtres et leur parlèrent en ces termes :
t Nos princes ne se sont pas aperçus, lorsque vous leur avez rendu ces lettres, que révê(|ue de Uoroo les appelait ses enfants. Comme ils no le reconnaissent pas pour leur père, ils ont résolu de ne recevoir ni cette qualité qu'il leur donne, ni ces lettres qu'il leur envoie. » Commendon leur répondit que le Pape les traitait comme il avait jiccoutumédo traiter l'empereur même et tous les autres princes chrétiens. A peine eurent-ils entendus la réponse qu'il» laissèrent les lettres et se retirèrent. Les nonces jugèrent bien que leur ambassade était iriu- .llle, puisqu'on ne voulait pas recevoir leurs lettres de créance; mais parce qu'on avait gardé Sea copies du bref de la convocation du eoDtïle, ils résolurent d'attendre encor«
q^rolfpies jours quelle serait l'issue de celle affaire.
Cependant les princes, après avoir renvoyé les lettres et examiné \vt bref du Pape, concertaient entre eux ce qu'ils avaient à répondre. Leurs avis étaient autant d'invectives. Ceux qui parlaient avec le plus d'emportement et de mépris contre la cour de Home, étaient les plus agréables h l'asfiemblée et passaient pour les plus zélés défenseurs de la liberté de l'Allemagne. Le duc de Wittemberg se faisait remarquer entre tous les antres, tant parce qu'il était naturellement fier et emporté, que parce qu'il avait usurpé plus de cent mille écus d'or de revenu sur des églises dont il avait chassé les Iiasteurs légitimes. Tous les autres avaient I peu près les mêmes intérêts. Mais ce duc, qui était d'autant plus animé contre les Catholiques (|u'il était plus riehedes dépouilles de l'Eglise, blâma hautement la hardiesse indiscrète du Pape d'avoir entrepris de les appeler au concile et de vouloir les se luire par des paroles et des espérances fialteuseSy jusqu'h ce qu'on pût par force ou par adresse les remettre encore sous le joug de leur ancienne servitude. C'est par son avis que les lettres du Pape furent renvoyées et que depuis on répondit aux nonces avec tant de fierté.
Depuis trois jours ils attendaient avec impatience qu'on les appelât dans l'assemblée pour leur donner quelque réponse, lorsqu'ils furent avertis que dix conseillers, accompagnés d'un grand nombre de protestants, demandaient à leur parler de fa part (les princes. Les principaux de ces députés étaient Misquitz et Grégoire Cracovius,con« fidents, l'un du comte palatin et l'autre du duc de Saxe. Ils furent tous introduits et reçus avec beaucoup de civilité et de témoignages d'amitié. Cracovius, qui savait plusieurs langues et qui ne manquait pas d'éloquence, porta la parole, et s adressant aux nonces : « Les princes d'Allemagne, » leur dit-il, « ne peuvent comprendre Tes raisons qu'a eues le Pape de leur envoyer des ambassadeurs. Les croit-il capables de changer de sentiments ? £spère-t-il pouvoir ébranler leur constance? Ignure-t-il quelle est la religion et la créance des Allemands? Il y a trente ans qu'ils en ont fait à Augsbourg une
Erofession publique adressée à l'empereur harlesV, écrite danslesformes et confirmée par des témoignages évideulsdesEcritures.Ce n'est pas sans de grandes raisons qu'ils se retirèrent alors di*. la juridiction et de la puissance des Papes qu'ils reconnaissaient auparavant, et comme ils se séparèi*ent avec justice de la communion de ces esprits ambitieux qui, au lieu d'avancer la gloire du nom de Jésus- Christ, no travaillent qu'à établir leur grandeur et leur puissance particulière, ils n'ont pas résolu présentement d'obéir è Pie IV, qui les invite au concile, parce qu'ils sont persuadés qu'il n'a nul droit de le faire. C'est une chose étrange qu'il veuille s'ériger on arbitre des controverses et des diOféreiuls de l'Eglise, lui qui est la source de
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toutes les divisions» el qu'il s'établisse luinième Juge de la Térité, lui qui l'attaque et qui la méprise plus cruellement que tous les autres.
« Qui ne sait que c'est la principale occupation des Papes d'armer les nations les unes contre hs autres et de jeter partout des semences de diTision pour augmenter leur puissance ou leurs revenus par les troubles des Etats et par la ruine des peupl*^? Quelles vic»lences et quelles cruautés n'exercenl-ils pas contre ceux qui passent de I adoration qu*on rend è leurs peraonnes'età leurs idoles à une solide pieté? Combien de superstitions ont-ils introduites parmi les Chrétiens? N'ont-ils pas répandu des ténèbres qui couvrent encore aujourd'hui les lumières de l'Evangile? Et ne souffrent-ils f as des erreurs plus grossières et plus criminelles que les païens n'en souffraient autrefois avant la naissance de Jésus-Christ ? Ce qui me parait encore plus horrible, c'est que vous donnez de beaux noms è de mauvaises choses; que vous couvrez l'impiété sous des apparences de vertu, et qu'étant vous-mêmes les corrupteurs des mœurs et de la religion, vous voulez passer pour les auteurs et pour les défenseurs des lois de l'E.^lise.
« Nous sommes assurés qu'il y a, dans toutes les notions, des gens d honneur, zélés pour la paix et pour le bien public, qui souhaitent avec passion qu*on retranche et qu'on abolisse ces vaines tromperies et ces impuretés qui rendent TEijIise difforme, et qu'on retalitisse cette discipline pure, véritable et conforme aux maximes évangéliqaes. Les Papes devraient avoir ce soin, eux qui prennent, depuis tant de siècles, des titres si orgueilleux dans la république ebrélienne el qui ont usurpé l'autorité sou« ▼erainesur les choses saintes. Mais il n*est que trop certain qu'ils ne s'attachent qu'à la passion déréglée qu'ils ont de dominer et
aa'ils songent plutôt h entasser des superslions qu% régler ce qui regarde le culte de Dieu.
c Au reste, vous avez tort de nous accuser d'être légers, de suivre tous les jours des opinions nouvelles, et de nous jeter aTeuglément dans des sectes qui se contredisent, puisque nous n'avons qu'une même ▼olônté, el que nous souscrivons tous à celte formule de foi, que nous avons dressée h Aogsbourg par ordre de Pempereur.
Mos princes vous déclarent qu'ils ne s'en écarteront point, et qu'ils ne souffriront jamais que le Pape leur donne la loi. Les Allemands ne relèvent que de l'empereur; c'est leur prince ; c'est leur chef; c*est l'arbitre de tous les différends qui s'élèvent dans la chrétienté; c'est è lui seul qu'appartient le droit d'assembler des conciles légitimes. Lorsque ses ambassad^.urs seront arrivés, nos princes s'expliqueront avec eux sur ce sujet. Mais ils sont résolus à n'avoir jamais aucune communication avec le Pape. Pour vous, Messieurs, parce qu'ils ont aporis «pie vous êtes sortis des plus illustras
familles de Venise, et que vous êtes illustres vous-mêmes par votre vertu et par votre sagesse, ils ont beaucoup d'estime et de respect pour vos personnes ; et vous en auriez reçu des mar(|uos publi(jues, si vous fussiez venus comme particuliers, et non comme ambassadeurs du Pape. » (Trad. de
FLéCHIBR.)
Les nonces, après avoir entendu ce discours, furent quelmie temps à délibérer; ils jugèrent è propos u y répondre. Alors Commendon prenant la parole: « Je loue,» leur dit-il, « la prudence de vos princes, de n'avoir pas voulu au'on nous rendit, en leur présence, une reoonse si désobligeante et si injurieuse. Mais quelle justice y a-t-il de parler avec tant d'aigreur et d'emportement contre ceux qui vous envoient des ambassadeurs jusque dans le fond de rAIIeinagno, pour vous témoigner l'affection qu'ils ont
Eour vous, et le soin qu'ils prennent du ien public? Je vois bien que vous tenez de vos docteurs cette injuste coutume, de combattre par des médisances ceux qui vous convainquent par vos raisons. Mais la vérité est invincible; les iniures et les calomnies, loin de l'opprimer, la font éclater davantage. Pour moi. Messieurs, je suis obligé de vous répondre, mais j'ai résolu de ne point vous imiter, afin que vous connaissiez que j'ai de l'avantage sur vous, nonseulement par la justice de la cause que je défends, mais encore par la modération que j'observerai dans mon discours.
« Nous avons assez expliqué, en présence dos princes, mon collègue et moi, les inteu* tions du Pape Pie IV, et le dessein qu'il a, en invitant les Allemands au concile, il ne pense qu'au salut et au repos de la chrétienté et particulièrement de l'Allemagne» quoique tout vous soit suspect et que vous intorprétioz ses sentiments comme il vous plaît. Nos ancêtres ont reconnu qu'il n'^ a pas de remède plus salutaire pour guérir les plaies de l'Eglise que l'autorité d'un concile. On a révéré de tout temps la majesté et la sainteté de ces assemblées; et ceux mêmes qui, par leur erreur ou par leur crédulité, s'étaient séparés de l'Eglise, ont regardé leurs décisions comme des oracles et comme dos ordres venus du ciel. Combien de fois est-il arrivé que des pro-. vinces infectées du venin contagieux des hérésies, ont été remises «(ans ta saine doctrine ()ar les conciles? Y a-l-il quelqu'un qui soit assez présomptueux pour se croire plus sage que toute l'Eglise réunie, et qui ose s'opposer au consentsment de ceux que Dieu nous a donnés pour être les interprètes de ses vérités; à nui il a promis sa présence dans tous les siècles, et de qui il a souvent confirmé les décrets par des mi« raclos?
« Vous parlez du droit de convoquer les conciles comme d'une prétectîon imagi* naire. D'où vient que vous attribuez aux empereurs un (louvoir que Dieu et lea hommes ont donné aux Pontifes .romains»
depuis la naissance de l'Eglise i et que u'ac*
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ceptc pns Tempereiir Ferdioand môma h qui ▼c»us le (K^rérez? Ce prince osl trop ôclairé e\ trop relîçîeux, pour ignorer on pour usurper les droits du Souverain Pontiie. Il n*est pas nécessaire de vous les expliquer ici. Tout le montle sait le respect dont les plus grands empereurs ont toujours entouré le S«inl-Sîég<*.... Pour ce qtie vous dites, que ce serait nu Pape h réformer le siècle, et à rétablir la discipline, nous on sommes d'accord avec vous. Pie IV, dès les premiers jours de son pontincal, n*a-l-II pas entrepris de le faire î N'y Iravnille-t-il pas incessamment ? Il veut remédiera tous les désordres. Il exhorte tout le monde h contribuer è la paix de TE^Iise, Il veut régler et décider toutes choses p.ir l'autorité d*un concile. Vous avez lu le bref; vou5 avt-z pu avoir des nouvelles de Rome, si ce n'est que vous soyez résolus de tourner tout en mauvaise part, et que vous ne vous arrêtiez qu'aux choses qu'il faut corriger, sans vous înquié'er «le celles qui sont justes et louables. « Faut H que je réfH)nde h celte partie de voire harangue, où vous nous accusez de «iiperslilion, de relâchement, de ténè'ores répandues sur les vérités de l'Evangile? Il est aisé à juger que la haine de. la vériié et le plaisir de médire vous ont av(*ug1é$. Mous pourrions dire à la gloire de TEgiise romaine, qu'elle s*est rendue plus illustre que toutes les autres, par les soinn qu'elle a «us de porter plus loin la gloire du nom de Jésus -Christ, et la connaissance de son Evangile. Mais nous n'avons accoutumé do imus glorifier qu'en celui qui justifie las pécheurs , et qui récompense les justes. Vous pouvez pourtant apprendre, par toutes les histoires anciennes , que ces grands évoques, qui ont été si célèbres par leur piété et par leur doctrine, depuis le siècle des Apôtres, ont toujours eu recours à l'E-
{;1ise de Rome, dans les diflicuités de a religion , et se sont arrêtés i ses déeisicns. Je pourrais vous citer des rois de toutes les parties du monde, et des nations les plus éloignées, qui ont député è Rome pour se faire instruire de nos mystères. Je j>ourrais vous nommer un nombre presque infini de peuples que l'Eglise a retirés de Timpiété et des erreurs honteuses oi!l ils étaient plongés, pour les amener sous des lois plus pures, sous un culte plus saint. Il n'jr a presque aucune province qui ne lui doive le bonheur d'avoir reçu, ou d'avoir conservé la religion catholique.
«i Je ne m'arrêterai point aux autres; pourquoi vous chercher des exemples au loin? D'où avez vous tiré la connaissance de hi fui chrétienne? Qui sont ceux qui ont éié vos inattres? D où vous est venue la lumière de l'Evangile? Si tous êtes Chrétiens, si vous avez cessé d'être barbares, pouvez- Tous nier qu'après Dieu, vous n'en ayez l'obligation è rEglisc romaine ? C'est efle qui a jeté les premiers fondements de la piété, qui vous a instruits des m^tères, qui tons a donné les lois de la véritable adonlion» qui vous a honorés de la {{loirç et
de la majesté de l'empire. Par tant d^grf^r.^^ dont elle vous avait comblés, elle méritait d'être considérée par vous comme une bonne mère : et vous vous êtes révoltés contre ejte. Depuis que vous avez quitté cette règle de la vérité et de la foi, en quelles erreurs n*êtes-vons point tombés ?Quel$ égarements! Quelle confusion 1
« Vos princes, dites-vous, se plaignent de ce que nous avons osé dire gu^ rAllemagne est agitée d'une grande diversité de religions; et nous nous plaignons de ce aue vous osez le nier. T a-l-il rien de plus évident que ce désordre, cette confusion d'opinions différentes, qui vous partaient au sujet de 'a foi et des cérémonies ? Vous ne vous accordez que contre nous, et contre l'Eglise que vous avez abandonnée. Pour tout le reste, rien de plus éloigné^ de plus contraire. L'Allemagne n'est-elle pas pleine de livres qui se contredisent et se combattent? Luther, que vous tenez pour un autre saint Paul, Luther, qui a forgé celte belle formule de la foi d'Augsbourg, a-t-il été toujours de la même opinion? îTa-l-il pas fait de nouvelles professions de foi presqtie chaque année? Ceux qui l'ont suivi n'ontils pas changé ou interprété ses pensées selon leur caprice? Quelles disputes ne so sont pas élevées parmi vous , louchant co qu'il a cru? Qui est-ce qui approuve toutes jses opinions? Melanchton n'a-t il pas ses partisans? Œcolampade, les siens? Zuin^le ne fait-il- pas une secte à part? Et combien de gens s'attachent ft celle de Calvin ? Il y en a une infinité d'autres, qui ne sont d'accord ni avec Luther, ni entre eux. Il n'y a point de ville en Allemagne, point de bourg, point de famille où il n'y ait des différends sur ta religion. Les femmes disputent avec leurs maris, les enfants avec leurs pères. Chacun prétend avoir la véritable foi eirinlelligcnce des Ecritures; et, ce i]ui est plus déplorable, les plus ignorants, dans leurs entre* tiens, dans leurs repas, décident des points de la religion, et, pendant leurs divertissements, se mêlent défaire les réformateurs.
« Dans cette assemblée mêm^ où vous êtes, quel soin n'avez-vous pas eu de sauver les apparences, et de faire croire que vous êtes tous d'un même sentiment? Vous n'avez pu y parvenir. Rien d'étonnant: la vérité est une, et s'accorde toujours avec ellemême. L'erreur s'entretient par la désunion et par les désordres. Plus on s'écarte du port de l'Eglise, plus on est agité des flots des fausses opinions. Cette diversité, cetto inconstance de vos docteurs ne devrait-elle t»as vous rappeler h la vérité, qui est simple et qui ne saurait avoir plusieurs formes? Que ne suivez-vous l'exemple de saint Paul» écrit pour notre instruction? Cet apôtre était inspiré du Saint-Esprit : Dieu lui arait donné une sagesse toute céleste, pour l'empêcher de tomber dans l'erreur. Cependant, li eut ordre de Dieu même, dans' une affaire qui paraissait obscure, de s'adresser au concile des Apôtres, de peur qu'il n'eût couru en vain» comme saint Luc le rapporte.
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C'est I TOUS i examiner toutes ces choses. Le Pape» après s'être acquitté ouTers vous de 800 deYoir de père; après avoir suivi l'impulsion de son zèle, pour remettre dans la voie du salut ses enfants égarés, vous fera un jour à vous» et è toute rAMemagne, le même reproche que GU dans son Evangile^ J4su8-Christ h la ville de Jérusalem : « Combien de fois ai -je voulu rassembler tes enfants» comme la poule rassemble ses pous<iins sous ses ailes» et lu ne Tas pas voulu ! » (ibid.)
Après cette analyse» nous nous bornons à prendre dans la môme histoire le sommaire de» principaux faits du grand cardinal :
Commeudon visite presauo toute TAIIemagne.
IT est envoyé vers Tempereur Ferdinand par iea présidents du concile de Trente.
Il part comme nonce en Pologne.
Le nonce trouve la discipline de I^Eglise renversée dans la Pologne.
tl trouve les évoques de Pologne divisés entre leux. Il rejette les conseils artiQcieu& de quelques-uns,
Commendon fait chasser de Pologne Bernardin 'Okin. et quelques autres hérétiques.
Il rejette la proposition d*assembler un concile national. ^
Le roi et le sénat de Pologne reçoivent les décrets du concile de Trente.
Le nonce vinte toute la Pologne.
Voyage de Commendon en Russie.
Il conseille au roi de Pologne de peupler la Podoiie.
Le roi veut répudier la reine.
Les évoques s'assemblent. Commendon leur persuade de détourner le roi de son dessein.
Commendon tAche de convaincre le roi.
tl empêche le divorce.
Commendon est fait cardinal h la sollicita'* lion de saint Charles Burromée.
Il part (le Pologne» pour aller» comme légat, en Allemagne.
Il retourne & Rome.
Le cardinal Commendon est envoyé, pour la seconde fois» légat en Allemagne.
Le Pape lui donne la mission de réformer le clergé d'Allemagne.
Commendon travaille è faire conclure là ligue des princes chrétiens contre les Turcs.
Il est envoyé comme légat en Allemagne •t eo Pologne.
Il soutient la cause du grand-duc de Toaeane» contre les prétentions de Tempereur.
Il part de la cour de Tempereur pour aller en PoloKne comme légat.
Il lâche d engager le roi et les Polonais è entrer dans la ligue contre les Turcs.
Discours du cardinal Commendon au sénat d% Pologne.
Mort de Sisismond Auguste» dernier roi de la race de Jagellou.
Commendon dispose les esprits à élire un roi catholique.
Le légat engage deux seigneurs de Lithuanie h élire un fils de Tempereur.
Commendon instruit l'empereur de l'étal des affaires de Pologne.
Les hérétique.<< députent à Commendon pour l'engager h sortir du royaume.
Comment l'empereur ruina, par sa lenteur» toutes les prétentions dé son Uls.
Des prince^ qui prétendaient au trône.
La brigue du duc d'Anjou ost la plus considérable. Les hérétiques tâchent de troverser son élection.
Entreprise des hérétiques» qui se nommaient les confédérés.
Commendon arrive h Varsovie. Avis qu'on lui donne.
La diète se tient. Le duc d'Anjou élu roi de Pologne.
Commendon part de Pologne. Le roi y est longtemps attendu.
4rrivee du roi et son couronnement.
.. Fuite du roi.
Commendon retourne & Rome. Il est inquiété par le cardinal Farnèse. Le Pape Ta* bandonne à ses envieux.
Esprit et conduite du cardinal Commendon.
Sa fermeté contre les grands.
Sa coutume de ne jamais se justifier, lorsqu'on l'accusait injustement.
Son désintéressement.
Son extérieur, sa maladie, sa mort.
CONDOLMIERI. — Yoy. Eugénk IV.
r CONDOLMIERI (François), dli h Cardtrtnl de Veniie^ né en cette ville, camérier et archicbancelier de l'Eglise romaine, évëquu de Vérone et de Porto, patriarche de Cons» lantinople, était neveu du Pa;)e Eugène IV, qui l'admit dans le Sacré Collège le iOsep*^ tembre li^3i, et remploya dons diverses lé» gâtions. Ce prince de l'Eglise, après avoir Commandé une armée navale contre les Turcs, alla èConstantinople, où Barthélémy de Florence avait avec les Grecs des entretiens relatifs k la réunion des deux Eglises, réunion oui devait s'agiter peoaprèsaucon«> elle de Florence. Depuis, le cardinal de le AoqUetaiilade, archevêque de Besançon, étant mort, Eugène IV appela Condolmieri è cette dignité, â laauellt* le chapitre de Besançon avait aussi élevé J(>nn de Fuln. Le cardinal s'en démit en 1^37, et mourut k Rome le 5 septembre 1^53, peu après que Constantinople était tombée .au pouvoir de Mahomet 11 et des Turcs. — (Voy. Platinb ; — Omjpdre; — CiAGomus et GARiiiBKRt, in Eugcn. IV ; ^ S Antonio, tit. 82, c. 11, Prœl'at., et S 13; -- Blondus, decaci. 3, I. VI ; — Chifflet, Vesuntio, P. 11^ -— AcBBRT, Uiit. df f card. ;—Sainte-Martbb, Gallia Chriitiana.)
CONRAD, était frère d*Othon, comte de Wittelsbfich, de la maison de Bavière, et
S roche parent de ron)pereur Frédéric Bar^ erouêsf. — Il fut élevé à l'archevêché de Sallzbourg, et, eu 1160, è celui de Mayence» après la mort d*Arnoul de Selebofen. Frédéric, qui avait contribué i celte élection, espérait que, par reconuaissaoco, Genrad
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suivrait avGugl6inent lo parti âo TanUpape Oclavien, qu il faisait nommer Victor IV ; mais rarciievèqoe de Mayence» ayant refusé de reconnaître ch dernier, se vil exposé aux ressentiments de Tempereur, et fut contraint de quitter TAIlemagne. Il alla trouver le Pape Alexandre 111 h Tours, où ce pontife tenait alous un concile. Frédéric, instruit de cette fuite, plaça Christian de Buch, sur le siège de Mayence, en 1163, tandis que le Pontife faisait entrer Conrad dans le Sacré Collège. Christian mourut en 1183. Conrad retourna alors gouverner son diocèse. Depuis, s*élaiit croisé pour la guerre sainte, il fit le voyngc d'Orient, et sacra Léon , roi d'Arménie. Il mourut vers 1200, au retour (fune légation en Hongrie. On lui attribua une Chronique de Mayence, imprimée à Bflle, en 1569. C*est à tort, puis(|ue le Chronicon rerum Mogunlinarum va de 1140 h 1250, époque où était mort le cardinal. Celte Chro^ nique est (fun autre Conrad, connu sous te nom de Conradui episcopus. — {Voy, Tabbé dUrsperg, in Chron,; — Uohklli, Jtalia iacra; — Gaspard Bruschius, De ej^isc<>p. Germon.; — Baronius; — Canisius.) •
CONRAD, abbé de Cîteaux, était Allemand comme le précédent, et filsd'Kginon, comte de Furstemberg.— Il entra, comme religieux de Tordre de Cileaux,daiis l'abbaye de VIIlers,enBrabaut. S'y étant fait remarquer par sa piété et par son savoir, il mérita d'en être élu abbé. Suivant quelques-uns, avant de se cloîtrer, il aurait été duy^n de Saint- Lambert do Lié^e, et employé dans diverses affaires. En 12U, il fut élu abbé de Clairvaux, puis, en 1217, deCileaux, et enfin, en 1219, le Pape Honoré III le nomma cardinal, évéque de Porto. Deux ans après il l'envoya, avec le caractère de légat , en France, à l'occasion des troubles suscités par les Albig<'Ois. Le cardinal, a))rès avoir, en 1223, assisté aux funérailles du roi Philippe-Auguste, passa en Allemagne, où il Ot des informations contre les assassins de saint Angelbert, archevêque de Cologne, et où il publia, pour la réforme du clergé, des ordonnances qui nous ont été conservées dans le recueil des conciles, et dans les 4nfia/ff de Bzovius.Ce prélat, qui se trouvait è Rome en 1227, lorsque mourut Honoré III, repoussa énergiquement la liareque les cardinaux voulaient lui conférer. Grégoire IX, qui fut élevé è la papauté, renvoya, comme légat, en Orient; il mourut peu de temps après, le 1*' octobre de la même année 1227. Son corps fut rapporté à Clairvaux, où Ion voyait son tombeau en marbre, avec sou épitaphe en vers et en prose.
Quelques-uns lui attribuent un Traité dei erreursdei a/6i^foif.— (Toy-HENRiQUEZ, 1. 1, Fasc; — MkfiMQVEZ,Menolog ; — Jongeli?!, inpurpur. S. Bern,; — CiSSARius; — Guillaume DE PriLAURENS ; — BiGORD ; — Arnoul WioM ; Charles db Visch; — Aubery; — Saihtb-Marthe.)
CONSALVI (Hercolb) naquit en 1757 à Toscanclla, ville des Etats de l^Ej^lise, au nord de Civita Veccbia. Son goût pour les
lettres et pour la musique no lui fit pas négliger la théologie et la jurisprudence, études qui conduisent ani hautes fonctions ecclésiastiques. — Il était auditeur de rote, en 1798, alors qu'une armée française, commandée par Berthier, s'approchait de Rome. Il fut alors chargé de surveiller, dans cette ' ville , les partisans des Français. Quand Berthier eut occupé Rome, les adversaires politiques de Consalvi le firent arrêter, puis exiler. Le eardinal Chiaramonti le prit pour secrétaire; et peu après son exaltation sur le Saint-Siège, sous le nom de Pie Vil, en 1800, il conféra la pourpre h Consalvi qu*il nomma secrétaire d*Etat, c'est-Mire premier ministre. En 1802, le concordat ayant été conclu entre le premier consul et le cardinal Caprara, représentant le Souverain Pontife, le cardinal Consalvi fut envoyé à Paris pour ratifiertous les arrangements. Ces deux princes de TEglise furent également fêtés nartout. On admirait leur esprit, leurs manières nobles et distinî^uées, leurs qualités à la fois solides et brillantes. En 1806 le cardinal Consalvi rtisigna ses fonctions de secrétaire d*Etat, et eut pour successeur le cardinal Casoni-de-Sarzane. A la chute de Napoléon I", Pie VII, étant retourné de Fontainebleau h Rome, chargea Consalvi de le représenter au congrès de Vienne, et d'y revendiquer de TAutrichc la possession des Marches et des Légations. Elles furent restituées au Saint-Siège. En 1816, le même cardinal contresigna le Motu proprio^ en vertu duquel le Souverain Pontife accordait une nouvelle constitution aux Etats de 1*E« glise. Depuis il dirigea, en ministre supérieur, les affaires spirituelles et les affaires temporelles do la cour de Rome. L*homme de génie qui avait visité avec tant de fruit Paris, Londres, Vienne, n'ignorait pas quels étaient les changements demandés, exigés par le cours des événements. S*ir connais* sait les intérêts de TEurope, il connaissait aussi ceux des Etats romains, et il s'attacha è y faire refleurir l'agriculture, les arts et le commerce. Il fit élever, réparer des arcs« creuser des canaux, continuer les embellissements commencés à Rome par les Français de 1809 è 18U. Pie VII, qui savait Tapprécier, pouvait se reposersur lui des soins de TadministratioM. Ferme, plein de droiture, infatigable, le cardinal Consalvi avait toutes les qualités qui font les grands hommes d*Etat, et il ne lui a manqué peut-être
3u*un plus grand théâtre pour s'élever au* essus de Richelieu, auquel il était supérieur sous plus d'un rapport. Habile négociateur, il n'échoua que contre Napoléon; au congrès de Vienne, en 1815, il sut obtenir jusqu'au droit, pour les nonces, de précéder, dans les cérémonies, tous les ambassadeurs, même protestants ou schismatiques, et de haranguer les souverains au nom du corps diplomatique. « Croirait-on,» dit M.Artaud, « qu'un des amis les plus tendres de Consalvi fût le roi d'Angleterre, Georges IV 7 II l'avait connu à Londres; ils ^'écrivaient souvent sur le tou de la familiarité, et de la plus
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sincère ami lié. Lorsque Lawrence fut envoyé & Rouie pour y faire le r>ortrail du Pape Pje TU, il arait Tordre spécial de rapporter aussi le portrait du cardinal Consalvi. La délicatesse du roi voulut même un jour être agréable i celui-ci; et, en effet, elle alla jusqu'à donner à ce prince Tidée de faire fabriquer, dans les Indes, une étoffe de couleur pourpre de la plus grande magnificence, et de renvoyer h son ami. Cette étoffe, peutêtre la plus belle qu*on eût vue en Italie depuis les anciens Romains, est apportée secrètement chez le cardinal. Un valet de chambre empressé fait incontinent tailler les habits, et, le jour de la première cérémonie, on en revêt le cardinal qui, naturellement préoccupé, y apporte peu d'attention. Mais lorsque Son Eminence parait au nnlieo de ses collègues, un murmure d'applau* dissements et d*Âdmiralion se fait entendre. Od Tentoure, Téclat comme surnaturel de celte pourpre était tel que le cardinal, mécontent de son valet de chambre et de luimême, sorte l'instant, pour aller prendre ses babils ordinaires. 11 ne voulut phis reparaître avec ceux qui avaient tant blessé sa modestie, et que son caractère de politesse, son bon sens et son esprit juste lui défendaient de reprendre jamais. » (Biographie Michaud,) Une maladie, causée par Texcès du travail, le conduisit au tombeau, après d'atroces souffrances, le 2h janvier 1824.
Le cardinal Consalvi eut une grande part h réiection de Pie Vil, comme h tous les actes de son gouvcrnemenl. Nous ne pouvons donc mieux compléter cette notice quVn traçant, d'après M. Artaud, une esauisse du pontificat ae Pie VU. D'ailleurs rhistoire de ce pontificat est réellement celle de tous les cardinaux de cette époque, piiisqu*ils furent, comme le SaiutPère, transportés en France.
Le 3 juillet 1800 Pie Vil rentra i Rome, qu'avaient quittée les Français et les partisans du dernier gouvernement, et il y fut accueilli avec transport. Nnpoléon, conquérant de l'Egypte et vainqueur h Marengo, était alors matlre absolu en France, sous le litre de premier consul. Désirant renouer avec Is Saiot-Siége, il avait envoyé à Rome le plénipotentiaire Cacault, homme droit, cafiable et rempli des meilleures intentions. Celui-ci avaitordred'exigcrque le concordat fût signé en trois jours, si non de demander sas passe-ports. Il était difficile de faire on trois jours un concordat, sur lequel rien u* était préparé ; le ministre fiançais proposa d'envoyer à Paris Consalvi ; pour lui, suivant ses instructions, il se retira h Florence» laissant è Home son secrétaire. Consalvi fut bien accueilli à Paris ;on s'entendit de part 'et d'autre, et le concordat, signé d'abord, làt ratifié è Rome et à Paris les 15 août et 8 septembre 1801. Le cardinal Caprara fut nammé légat a laUre pour le rétablissement du culte en France, et la publication du concordat eut lieu le jour de Pâques ( 18 avril 1802). Mais elle fut suivie de la pu« liUGati(»n d'articles organiques non concer-
tés avec In légal, qui prolesta vivement. Cependant le premier consul Taisait rendre au Saint-Sié.^e les provinces de Bénevenl et de Pontecorvo, toujours occupées parle roi de Naples, dans les Etats duquel elles sont enclavées. Il déclarait que, la grande maîtrise de Malte étant vacante par la déinission du baron de Hompesch, c'était au Souverain Pontife à nommer un successeur, et qu'il était prêt, lui, premier consul, à accepter la médiation du Saint-Siège entre la France et la Sardaigne. £n échange de ces bons proréfiés, il demandait cinq chapeaux de cardinal, en attendant une autre faveur qui devait être sollicitée bientôt. Le cardinal Fesch ne tarda pas h aller remplacer comme ambassadeur à Rome riionnètc Cacault, qui se relira emportant l'estime et les regrets de la cour pontificale, et la diplomatie se mit en campagne pour la grande afTiire du sacre. Taileyrand épuisa toutes ses ressources :<f 11 est des mesures, » écrivait-il à Caprara, t que la sagesse indique et que les circonstances commandent. » Quelque éloignoment qu'eût Pie Vil à entreprendre ce douloureux voyage, il comprit qu'il était néressaire. et se résigna. Le 2 novembre 180&, après avoir donné pleins pouvoirs ai| cardinal Consalvi pour le remplacer eu son absence, il partit accompagné de six cardinaux, et arriva à Fontainebleau )o 25. Le 2 décembre eut lieu à N(^r6-Dame la cérémonie du sacre. Le Pontife séjourna è Paris plus longtemps au'i) n'aurait voulu; il lui fut entin permis»cle reprendre le chemin de ses Etats. Sa traversée de la France ne fut qu'une longue ovation. La bonne inlelligence entre les deux souverains ne pouvait pas être de longue durée. Lors de la reprise des hostilités contre l'Autriche, la Russie cl Nuples, Napoléon fit occuper militairement Ancône. Aux plaintes de Pie VU il répondit qu'il avait pris celte mesure comme tlls atné de l'Eglise, comme protecteur du Saint-Siège, a Si Sa Siiinteté est souveraine de Rome, » ajoutait-il, « moi j*en suis l'empereur, v 11 exigea ensuite qu'on expulsât des Etats ponliticaux les Sardes, les Russes, les Anglais, les Suédois. La modération, la noble fermeté du Saint-Père éclatent dans ce bref adres<^é à Napoléon : «.... Votre Majesté veut que nous chassions de nos Etats tous les Russes, Anglais, Suédois, Sardes, et que nous fermions nos ports aux bâtiments de ces nations : elle veut que nous abandonnions notre position pacifique, et que nous «aitrions avec ces puissances en étal de guerre ouverte. Que Votre Majesté nous permette de lui répondre que, non pas è cause de nos intérêts temporels, mais a cause des devoirs essentiels, inséparables de notre caractère, nous nous trouvons dans l'impossibilité d'adhérer à celie demande. Veuillez bien la cousidérersous tous les rapports qui nous regardent, et juv;ez vous-même s'il est de votre rcligion,de votre grandeur, de votre buuianilé, de nouscoutraiuare à de telles mesures. Nous, viiaire de ce Verbe éternel t qui n'ohl pas le Dieu de la dissea-
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DICTIONXAIRK
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f sion, mais lo Dieu (iota concorde ; qui e^t tf venu au monde pour en chasser les inimitf tit^s, et pour<^vangé!iser lapaix,tantà ceux «qui sont ('Joignes i^u'À ceu x qui sont roisins» [ce sont les expressions de TApôlre), pouvons^nous fiévier de l*eoseignement de notre divin Maître? Cofkiment contredire la mission à laquelle nous avons éié destiné? Ce n'est pas notre volonté, c'est celle dû Dieu, dont nous occupons la place sur ta terre, qui nous prescrit le devoir de la paix envers tous, sans dislinetion de Catholiques et d'hérétiques, de voisins ou d'éloignés^ de ceux dont nous attendons le bien, de ceux dont nous attendons le mal..,. Voire Majesté établit qu'elle est Vempereur de Rome; nous répondons avec la franchise apostolique que Ih Souverain Pontife est tel, depuis un si ^rand nombre de siècles, qu*aucun prince régnant ne possède une puissance aussi an^ tienne; que le Pontife devenu encore sou« terain de Rome ne reconnaît et n*a jamais reconnu dans ses Etats une puissance supérieure è la sienne; qu'aucun empereur n'a Aucun droit sur Rome. Vous êtes inimenséttient grand; mais vous avez été sacré, couronné empereur des Franç.iis, et non de Rome. Il n'existe pas d'empereur h Rome^ il n'en peut pas exister» si on ne dépouille le ?^ouverain Pontife du domaine absolu et de l'empire qu'il exerce seul è Rome.. ..4 9 Les événements se succédaient vite alors. Naplea est envahie |iar une armée française^ t^esch rappelé et remplacé par Alqnier, notifie, avant son départ^ ri ConsalvM'avénement de Joseph au trônode Naples. Lo nouveau roi.sollicitait à Paris l'autorisation de s'emparer ûiis provin« ces pontificales de Bénévent etde Pontecorvoé L'empereur les accorda en toute propriété à deux de ses serviteurs, la priMuière a TuU lojrand, la seconde k Bernadotte.
C'est alors que Pie VII d.t à Alquier : « Nous voyons dans les lettres de Sa Majos^ té qu'on ne nous regardera plus comme sou* terain si nous n'accédons h un sySlè^ne fé*^ dératif en Italie, et si noua ne consentons k être compris dans l'enclave de l'empire. On inculpé h tort le cardinal Cousalvi. Il parait qd*on croit à Paris que nous avons la fai-^ blesse denous laisser diriger parsa volonté^ et que nous ne suivons que ses inspirations. Nous donnerons au cardinal Cousalvi un successeur, et notre opinion ne variera pas. » Gonsaivi fut remplacé par le cardinal Cflsuni. Pie VII disait encore au même ambassadeur ; « Sa .Majesté peut, quand elle le voudra, exécuter ses menaces, et nous enlever ce que nous possédons , nous sommes résigné à tout, et prêt à nous re«lirer dans un couvent, ou dans les catacombes de Rome, h l'exemple des premiers successeurs de saint Pierre. » Napoléon employait tous les moyens pour vaincre ce qu'il appelait l'obstination du Saint-Pèrâ; il ne dédaignait même |)as les voies détour» nées. Dans une dépèche adressée au viceroi d'Italie, chargé de la transmettre è Pie Vil, il disait au prince Eugène : « Mon lils, ^ai vu qu« le Pape tne meuace. Sa Saiuîeté
croirait-elle que les droits du trône sont moins sacrés aux yeux do Dieu que ceux de la tiare? Il y avait des rois avant qu'il y eût des Papes.... Ils veulent me dénoncer è la chrétienté : côlto ridii ule penséo ne peut appartenir qu'à uneprofonde ignorance du siècle où noussomnes. Le Pape qni se porterait h une telle démarche, casserait d'être Pape è mes yeux.... Je sépaiera s mon peuple de toute communication avec Rome, et j'établir/iis une telle po^tce qu*on ne verrait plus circuler ces piô<*es mystérieuses...* Q;ie veut faire Pie VU en me dénonçant h la chrétienté? Mettre mon trône en interdit, m'excommunier I ... Le Pape actuel s'est donné la peine de venir è mon couronnement è Paris; j'ai reconnu à cette démarche un saint prélat; mais il voulait que je lui rendisse les légations : je n'ai pu, ni voulu le faire.... Pourquoi le Paf»e est-il sur la terre plus que Jésus-Christ? Peut-être le temps n*est pas loiut ou je ne reconnaîtrai le Pa|»e que comme évèque de
Rome Je ne craindrai pas de réunir les
Eglises gallicane, italienne, allemande, polonaise, dans un concile, pour faire mes alTaircs sans Pape....i^ Entin il donna l'ordre h ses troupes d'occuper Rome, et, le 2 février 1808, le général Miollis on prit pos*^ session ; le cardinal Diiria, pro-sccrétaire d'Etat, est renvoyé de Rome et remplacé par le cardinal Gabrielli, qui bientôt après cède sa place au cirdinal Pacca. Les violences se succédaient s Pie VII se détermine enfin h faire aflicher la bulle d'excommunication du 10 juin 1809, ouvrage du barnabite Fontana, depuis cardinM. Bientôt le pontife est enlevé par le général Radet, qui le conduite la Chartreuse de Florence. Là« il est séparé du cardinal Pacca, qui avait été enlevé de Rome dans la même voilure, « Le voyage du Pontife jusqu'à Alexandrie dura sept jours, du 9 ou 15 juillet. C^était t'oflicier Mariotti qui commandait l'escorte d*Alexandrie-. Pie VU fut entraîné jusqu'à Grenoble, où il revit le cardinal Pacca : enQn on donna l'ordre de ramener le Pape ea Italie^ et de le conduire à Savone. Là, il fut reçu dans la maison du chef de la famille Santon, et il y |)assa quatre jours; le ciii* quième l'évêque reçut ordre de sortir de son palais, pour que les appartements fussent à la disposition du Pape. On n'assigna au Saint-Père pour son usage qu'une chambre et une petite antichambre; du reste, on le laissa inviter qui il voulut à une table somptueuse. » IBiographie universelU.) Cel>enaant Napoléon, vainqueur de la cinquième coalition, était combattu de différentes {.censées. Il tit appaler le respectable Emery, supérieur de Saini-Sulpice, afin de le consulter sur les moyens à prendre pour sortir de $es embarras avec le Saint-Siégo. Pendant Tentrelien, on annonce les rois do Bavière, de Wurtemberg et de Hollande, briguant l'honneur d'une audience. « Qu'ils atlendont » , dit l'empereur, et il ajouta : « Restez^ M. Emery. » L'entretien fut long; mais Napoléon ne décida rieu. En accordant
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DCS CARDINAUX.
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lapàix^ rAiilrîchi', il lui avail enlevé les praTÎnces iriyriennes, et avait stipulé son mariage avec Tarchidnehesse Marie-Louise, fille de rempereur François. Après des potyirparlers avec les cardinaux romains et IVançais, qui tous avaient été appelés i Paris, Te mariage y (ut céh'^bré le 3 avril 1810. C^ cardinaux, au nombre de vingt-six, assistèrent à la cérémonie du mariage civil, ft Saint-Cloud, le l'%ivril; treize ne paru-» rent point ^ ta cérémonie religieuse, au Louvre; ils furent disgraciés, et exilés dans différentes villes autour de Paris. La vio* ience ne cessait pas d*étre exercée contre le prisonnier de Savone. Il lui était iiiteniit de communiquer avec aucune Eglise de IVmpire, avec aucun sujet deTempereur; on lui écrivait qu*il n*était plus Torgane de l*E^lise catholique; on le menaçait de la déposition. Comme il continuait de refuser les bulles aux évéques nommés. Napoléon imagina de convoc|uer un comité ecclésiastique pour chercher les moyens de suppléer k rjnstltution canonique. Ce comité, composé des cardinaux Fesch, Mnury, Caselli, de Tarchevéquede Malines, des évéques de Nantes, d*Evreux, de Trêves, de Verceil, de l'abbé Emery et du P. Fontana, se réunit
(ilusieurs fois; diverses propositions furent ailes, mais sans résultat. Une séance extraordinaire, à laquelle furent appelés les personnageji importants de Tempire se tint en mars 1811, sous la présidence de Tempe-* reur lui-même. Emery en eut tous les honneurs; mais aucune résolution n'y fut prise, pas plus que dans le concile qui s'ouvrit quelques mois après. Sur ces entrefaites mourut Emery, le seul homme peut-être que Napoléon eutourAl vraiment de son estime et de son respect. On négociait toujours avec Savone. Des prélats y furent plusieurs fois envoyés; ils parvinrent h arracher des concessions; mais ce n'était pas assez, et le 9 juin on lui signifia de se
|)réparerà venir en Franco. « Il tomba maade au mont Cenis, et il y reçut le viatique; on voulut qu'il continuât -le voyage. Pendant tout ce trajet, il ne sortit pas de voiture, et, quand il dut prendre delà nour^ riture, on la lui (Kirta dans le carrosse, qu*on enfiTinait h clef dans les remises de la poste des villes les moins peupleras : sans paraître se souvenir qu'on infligeait de si cruels traitcmenls à un vieillard, sujet, comme nous tous, aux infirmités humaines. Le Pontife entra, le 20 juin au matin, à Fontainebleau, sans savoir où il était. Pie VII, accablé par une Gèvre continue, était arrivé diguiti; on lui permit enfin de reprendre les habits de sa dignité. •{Ibid.) Survinrent les désastres de Russie ; le grand homme, abandonné de la Providence, était revenu à Paris.
Il attendit le commencement de l'année 1813, pour avoir un prétexte d'envoyer comidimenter le Pontife. Des rapports s'établirent ;on convint de reprendre les négociations. La postérité ne pourra pas croire .qu'on évèque français, l'évêque de Nantes
DiCTIO!!!!. DBS CARDINAUX.
Du voisin, osa présenter au Saint- Père le« propositions suivantes : 1* le Pape et les futurs Pontifes, avant d'être élevés au pontificat, devant promettre de ne rien ordonner, de ne rien exécuter qui soit contraire aux quatres articles gallicans ; 2* le Pape et ses successeurs n'auront à l'avenir que le tiers des nominations dans le Sacré Collège, la nomination des deux autres tiers appartenant aux princes catholiques ; 3* le Pape, parun bref public, désapprouvera et condamnera la conduite des cardinaux qui n'ont |:ias voulu assister à la cérémonie religieuse du mariage de Napoléon avec larchiduchesse Marie-Louise. Dans ce cas, l'empereur leur rendra ses bonnes grâces, et leur permettra de se réunir' au Saint-Père, pourvu qu'ils acceptent et qu'ils signent ledit bref pontifical; i** enfin seront,excliis de ce pardon les cardinaux di Pietro et Pacca, auxquels il ne sera jamais permis de so rapprocher du Pape.» Et celte étrange pièce, avec ses mesquineries, était présentée au nom de Napoléon; qu'étaient donc devenues les grandes idées du grand homme? Ella reçut l'accueil qu'elle méritait, et fut re* poussée avec mépris. Les négociations n'é* talent pas rompues; l'empereur et l'impératrice allaient è Fontainebleau, entouraient l'illustre prisonnier d'attentions et d'égards ; on cherchait à le vaincre par les bons procédés, comme s'il lui eût été possible de transiger avec ses devoirs. Enfin des cardinaux et des prélats, les uns séduits par le prestige d'un grand nom, les autres mus parla crainte ou d'autres considérations humaines, entreprennent de circonvenir le Pontife. Ils profitent d'un moment où il était accablé par la maladie pour lui arracher sa signature. Ils guidèrent sa main tremblante au bas d'un écrit dont il ignorait le contenu, et que l'empereur pré* sent signa aussitôt lui-même. C'était le 25 janvier. Pour en arriver là, ils n'avaient épargné ni les promesses, ni les prières, ni les supplications. Pour prix de leur complaisance, les auteurs de cet aitenlat reçurent des présents. Ces liommes dévoués étaient les cardinaux J. Doria, Dugnani, Ruiïo, de Bayane, les évêqties de Trêves et d'Evreux, et le prélat Bortazzoli. Ce prétendu concordai portait, entre autres clauses, que le Pontife abandonnait la souveraineté de Rome dont il n*avait que l'administration, comu)e souverain élu; qu'il résiderait en France ou en Italie, au gré de rempereur; que faute par lui d'avoir donné l'institution canonique aux évéques dans les six mois, il y serait procédé par le métropolitain, etc. Les cardinaux exilés4 ou incarcérés, ayant été mis en liberté, se rendirent auprès de Pie VU-; c'est alors qu'éclata son désespoir. Laissons parler le cardinal Pacca : « Entré dans la chambre oji était le Pape, je trouvai qu'il avait fait
Suelques pas pour venir è ma rencontre, e fus singulièrement étonné de le voir si pâle, si courbé, maigre, avec les yeux enfoncés, et comme immobile ; il m embrassa
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DICTIONNAIRR