‹ Dictionnaire des cardinauxChapitre 94 sur 350 · VIII **^ A UBERT · texte numérisé non relu

VIII **^ A UBERT

DÎEPENBROCK. Nous empruntons h VAmi de la religion les détails suivants, publiés à J'oceasion de la mort du cardinal Diepenbrock :

« Les journaux Trançais ont déjà donné la nouvelle de -la mort du prince-évèque de Breslau» baron de Biepenbrock. L'illustre cardinal a enûn succombé (en 1853) è cette longue et cruelle maladie, dont les phases diverses ont tant préoccupé TAIlemagne entière, FAIIemagne protestante aussi bien que TAllemagne catholique. Depuis plus de six mois, ses fidèles diocésains faisaient monter vers le Ciel leurs prières les plus ardentes, dans l'espoir d'en obtenir une gu^rison que les ressources de l'art étaient devenues impuissantes è procurer. Mais tels n'étaient point les desseins de Dieu. Après avoir été l'ornement et le soutien de l'Eglise militante, Mgr de Diepenbrock dev^iit aller occuper dans l'Eglise triomphante le trône glorieux promis aux dignes successeurs des apûtres. Consummalus brevi explevit tem* poramuUa. (5ap.iv, 13.) Jamais celte parole n'a trouvé meilleure application. L'éminent prélat n'avait que cinquanle*ciuq ans, et ce n'est que depuis«1845 qu'il avait pris rang dans I épiscopat allemand ; mais quelle carrière remplie et féconde I Nous u entrerons aujourd'hui dans aucun détail, parce que nous espérons des renseignements encore plus précis et plus complets que ceux dont nous disposons. Cependant, l'unanimité des regrets qu'expriment les organes de tous les partis et de toutes les opinions, en Allemagne, donnera déjà une idée suffisante du mérite hors ligne de l'illustra défunt et des services distingués qu'il a rendus à l'Eglise et è sa patrie , pendant sa courte apparition sur le siège princier de Breslau. Après avoir reconnu I estime universelle dont jouissait Mgr de Diepenbrock, le correspondant de la Gazelle iTÀugsbourg ajoute avec raison : « La portée de cet événement sur notre si- « tuation religieuse et politique est incalcula- « ble. » De son côté, le principal organe de l'opinion protestante en Prusse , la Kreuz" xiîtung^ dit dans le même sens : « La mort « prématurée du noble prélat n'est pas seu- «Jement un sujet de regrets pour la Prusse c catholique, celte perte est une perte com- « muoe pour toute la patrie. » Voilà, certes, d'excellentes oraisons funèbres.

c Le baron Melchior de Diepenbrock était né le 9 janvier 1798, à Bocholt, près Munster; sa famille. Tune des plus vieilles de cette vieille terre de Wéstphalie , a fourni de tout temps des hommes d'élite à TEglisf^ è rarmée et aux carrières politiques. Après avoir servi lui-même dans l'armée , dans laquelle il fut un brillant officier de cavalerie, le baron Melchior de Diepenbrock voulut se 'consacrer au service des autels. Il 6t ses études théoiogiques è Munich. Il ne tarda pas h être reaiarqué et occupa une position élevée dans le diocèse de Ralisbonne. Le 21 avril lUi, il fut promu à l'évêché do

Breslau , et le 30 septembre 18S0, Sa Sainteté le Pape Pie IX, voulant dignement honorer les mérites qu'il s'était acquis, le r^ vêtit de la pourpre romaine. »

DIETRICHSTËIN (François, prince de), fils d*Adam , prince de Dielrichstein , et de Marguerite de Cardone, qui descendait des anciens rois d'Espagne , naquit en 1570, à Madrid, où son père était ambassadeur de l'empereur. — Sa famille était originaire de la Carinthie, possession de la maison d'Autriche. Après avoir étudié la philosophie à Prague, et la théologie à Rome, dans le collège des Allemands , il fut fait chanoine d'Olmutz et camérier du Pape Clément VIII, qui se servit de lui, comme d'un interprète, pour s'entretenir avec l'archiduchesse» Marguerite, fiancée h Philippe II, roi d'Espagne, lorsque cr prince l'épousa h Ferrare , en 1598. Quand il fut de retour en Allemagne , il devint , la même année, prévôt de réglise de Leitomérilz, et, peu de temps après, évêque d'Olmulz; il reçut en même temps la dignité de prince et celle de comte de la ahapelle de Bohême. Le Pape le fit cardinal-prêtre du titre de Saint-Sylvestre in campolfarlio, qu'il changea dans la suite en celui de la Sainte-Vierge trane Tiberim, l^n 1599, il fut envoyé è Milan, de la part du Souverain Ponlife, pour complimenter l'archiduc et rinfante, son épouse. Le cardinal y reçut une morlitication. II prétendait aux honneurs du dais, lorsau'il entrerait dans cette ville, possession ae l'empereur; mais sa prétention ne fut pas accueillie. Le prince de l'Eglise fit son entrée à Milan, le 16 juillet, ayant l'archiduc h sa droite et le connétable à sa gauche. Le lendemain , il offrit la cape et l'épée à Albert, et la rose bénite à larchiduchesse. L'empereur le déclara pro« lecteur de sqs royaumes et Etats héréditairps. Il contribua à aplanir les différends survenus entre l'empereur Rodolphe et le roi Matthias; et, en 1608, il mit, au nom de l'empereur, la couronne de Hongrie sur la tête de Matthias. Depuis , il fut employé en diverses nonciatures ; trois fois il fut légat a latere : en 1600 , au mariage de l'archiduc Ferdinand avec Marie-Anne, duchesse de Bavière; en 1611, à celui du roi Matthias avec l'arcliiduchesse Anne; et, en 1631 , h celui de Ferdinand II avec Tinfanle Marie i il fut choisi pour bénir ces trois mariages.. Il couronna rois de Bohême les empereurs. Mallhias et Ferdinand, baptisa, en 1633,. Tarchiduc Ferdinand; et, enl63fc, l'archiduchesse Marie-Anne. Quatre fois il fut di« recteur d'Autriche , et il accompagna l'impératrice Marie, lorsqu'elle alla s'aboucher à Passau avec l'infant don Ferdinand , son frère. Sous l'empereur Rodolphe II, il fut directeur du conseil privé, et soug ses deux successeurs, conseiller privé. Il St partie des trois conclaves d'où sortirent les Pon« tifes Léon XI, Paul V et Grégoire XV. En 16iO, nommé gouverneur de la Moravie, oui se révoltait, il fut fait prisonnier par les rebelles qui, à la vérité, le relâchèrent bientôt après, mais en le dépouillant de ses

DICTlONNAmE

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