‹ Dictionnaire des concilesChapitre 118 sur 263 · POI · texte numérisé non relu

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* POITIERS (C. de) l’an 1074, ro présence du cardinal Geraud , légat ; on y agita la matière de l'eucharistie, et les esprits furent tellement échauffés contre Berenger , quisoutenoitson herésie , qu’il pensa y être tué.

POITIERS (l’an 1078), par le légat Hugues , evêque de Die. llytrouva plusieurs obstacles à ses desseins, comme il paroit par le compte qu il rend de ce concile au pape Grégoire Vil. 11 se plaint que le roi de France , Henri 1 , avoit défendu au comte de Poitiers de souffrir que ce concile se tînt dans ses états, et que l’archevêque de Tours, qu’il appelle l’opprobre de l'Eglise , et l’évêque de Rennes s’etoient presque rendus maîtres de tout leconcile;quei’assemblec avoit etc troublée

par les serviteurs de ces évêques qui yètoient entres à main armée. On attribue ace concile dix canons, et quelques-uns croient que c'est le même que relui de iog5. Tom. X.

CoOc. p. 360- /'/•

POITIERS ( C.de ) l’an 1095.

On y fit dix canons, dont le premier defend aux évêques de recevoir les investitures des. rois . ou des autres laïques , sons peine d’excommunication et d’interdit des églises.

POITIERS (C. de) l’an 1100,18 novembre , par deux légats , assistés d’environ quatre-vingts prélats, soit évêques ou abbés , entre autres d’Yves de Chartres. ÎNorgnnd, évêque d’Autnn , accusé de simonie, v fut condamné à rendre l’etole et l'anneau pastoral ; mais sciant retiré et n’ayant pas voulu obéir à.ce jugement , il fut déposé de 1 épiscopat et du sacerdoce , et on excommunia tous ceux qui lui obeiroient comme évêque ; mais il persista dans son refus d’acquiescer à ce jugement, et garda l’etoleet l’annean.

Mais l’affaire la plus importante qu’on y traita, fut celle de Philippe, 1 roi de France , qui avoit épousé

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Bertrade. Les légats, maigre les Sens , on tint les églises fermées. I)e représentations d’un grand nombre quoi la lïine Bertradc fut si irritée, d'cvêques , et celles de Guillaume qu’elle envoya rompre la poite d’une IX, duc d’Aquitaine, prononcèrent eglise et y lit dire la messe par un une excommunication contre Phi- de ses chapelains- E11 ce concile ou lippe et Bertrade : ce qui occasions lit seize canons, dont le premier tm grand tumulte, elles légats cou- porte, qu’il n’y aura que les evêrurenl risque d'être tues. Cepen- ques , qui donneront la tonsure aux dant cette excommunication fit en clercs , et les abbes aux moines, et ce temps-là une telle impression sur qu’on n’exigera pour cette fonction les esprits , que pendant le séjour ni ciseaux ni serviettes. Tom. X. que Philippe et Bertrade firent à Conc. p. 720.

OuiERCl (C.de)sur-Oise, Ca- pour remédier aux maux de l’Eglise r/^arr/uc, l'an 849-Gothescalc y fut et de l’etat. lpid. /-. 24b. condamne par llincmar et douze QU1ERC). (G. de) 1 an 008. évêques, à être fouetté et renferme Dans ce concile, les evêques des proà Hautvilliers, où il écrivit deux viuces de Reimset de Rouen ecrivi-

Frofessions de foi, dans le sens de rent une grande lettre de reproche écrit qu’il avoit donné au concile au roi Louis, de ce qu il venoit en de Mayence en 848- G» écrivit alors France, y étant invite parles seipour et contre Gothescalc. T. VI 11. gneurs mécontents du gouverneront. p. 5G. ment du roi Charles. Nous avons

QUIERC1. ( G de ) l'an 853. appris, disent-ils , que dans les dio- Quelques évêques et quelques abbes ceses où vous passez, on commet des souscrivirent quatre articles com- cruautés, des abominations qui surposes par Hincmar, contre la doc- passent celles des païens, et nous en trine de Gothescale. Ibid. voyons une partie; vous prétendez

QU1ERCI ( C. de ) l’an 857, venir pour corriger les abus, tourfevricr. Charles le Chauve y as- nez plutôt vos armes contre les sembla les évêques et les seigneurs , païens, etc. p. 654-

RàTISBONNE ( Ç. de ) en Ra- On décida dans ce concile que les viere, Ratisboneme , l’an 792. On y corevêques 11e feroient point les condamna Félix d’Urgel, convaincu fonctions épiscopales, n étant que d’erreur, et on l’envoya a Rome vers prêtres, et que toutes celles qu ils le pape Adrien , en presence duquel avoient faitesscroient déclarées nulil ton fessa et abjura son heresie dans les : on y défendit aussi de fane de l’eglise de Saint-Pierre; puis il re- nouveaux corevêques; cependant , tourna chez luiàLrgel. H soute- les corevêques 11 outeesse entierenoit, comme Elipand , que Jésus- ment que vers le milieu du dixième Christ homme , n’etoit fiis que par siècle. D. 31adoption. D. M. RAVENNEfC. de) Ravcnnattnse,

RAT1SB0NNE(C de)l'an8o3. l'an 874, par le pape Jean Vlll,

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à la tête de soixante-dix évêques :

on y termina un différend entre Ursus , duc de Venise , et Pierre , patriarche de Grade. Tom. IX.

conc-p. ia35.

RAVENNE ( C. de ) l’an 877 , sa juillet. Le pape et quarante-neuf évêques tinrent ce concile pour remédier aux désordres de l’Eglise et de l’etat ; ils firent XIX canons. Le premier porte que le métropolitain enverra à Rome, dans les trois mois après sa consécration , pour exposer sa foi et demander le pallium ; et jusque-là il n’exercera aucune fonction. L’evêque élu sera consacré dans trois mois , sous peine d’excommunication. 16. p. 3oo.

RAVENNE ( C. de) l'an 898, par le pape Jean IX , en présence de l’empereur Lambert : ou y relut les articles du concile de Rome , et on y approuva douze articles.

RAVENNE ( C. de ) l’an 967 , avril. L’empereur Olton prenait au pape la ville et le territoire de Ravenne. Hérolde, archevêque de Salsbourg y fut déposé , et 1 acte de sa déposition fut souscrit le 25 avril ar cinquante-sept évêques, le pape eau Xlll compris. L’empereur souscrivit après le pape , et les evêques ensuite. On y erigea aussi Magoebourg en archevêché. Tom. IX.

conc. p. 074-

RAVENNE ( C. de ) l’an 968.

Plusieurs évêques d’Italie et de Germanie y souscrivirent un échangé entre l'église d'Haiberstad et celle de Magdebourg, D. M.

RAVENNE. ( C. de) l’an 998 , premier mai. Gerbert, qui en etoit archevêque , y lit trois canons, avec huitsuffragantsde sa métropole. Id-

RAVENNE. (C. de) l'an toi4, 3o avril, par le nouvel archevêque Arnoul. On y exposa que , pendant la vacance du siégé de Ravenne , qui avoit duré onze ans, on avoit fait (les ordinations illicites, et des dédicaces irrégulières : il fut dit que tous ceux quiavoient été ainsi ordonnés , de-

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meureroient suspens, jusqu’à une discussion plus exacte, etque toutes les églises et oratoires, consacrés pur Adalbcrt, à qui l'empereur avoit donne l’evêché d’Aricie, seroient interdits et la bénédiction déclarée nulle. Tom. IX. conc. p. 833.

RAVENNE. (C. de) l’an 1128.

Le pape Honorius y déposa les patriarches d’Aquilee et de Venise, ou de Grade, pour avoir été favorables aux schismatiques. Pagi.

RAVENNE (C. de) l’an 126», tenu par l’ordre du pape Alexandre IV , et ce , pour prêter secours contre les Tartarcs. Mais ce pape mourut le 25 mai de cette annee , avant que de pouvoir tenir le concile qu'il n'avoit indiqué qu’au mois de juillet suivant. I). M.

RAVENNE (C- de) l’an 1386, 8 juillet , par Boniface de Lavagne , archevêque de cette ville , avec huit evêques, ses suffragants. Un y publia une constitution diviséeen neuf articles, dont le premier condamne un abus introduit par les laïques :

c’etoitque quand ils etoient faitschevaliers, ou qu’ils se marioient, ils faisoient venir des jongleurs et des bouffons pour les rejouissances de ces fêtes. Tom. XI.C.p- ia46.

RAVENNE (C. de) l’an i3u, par Rainald , archevêque de Ravenne , pour l’affaire des templiers.

11 s’y trouva huit évêques de la province et trois inquisiteurs, deux trères prêcheurs et un frère mineur.

On y lit comparoître sept templiers qui', sans paroître intimidés, nièrent constamment tous les crimes dont on les chargeoit. Le lendemain, on jugea qu’on devoit tenir pour innocents ceux qui avoient confessé par la crainte des tourments; mais il y en eut cinq qui firent la purgation canonique. En ce concile, 011 publia une constitution de trente-deux articles, dans la vue de renouveler les anciens canons mal observés. Le plus important regarde les violences exercées contre les évêques qui

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étaient emprisonnés, tues on chasses de leurs enlises , et dépouillés de leurs biens. On prononça, contre les auteurs de ces crimes, toutes les censures et les peines spirituelles, mais ce remède n’étoit pas suffisant.

Ton. XI. C.p. i533.

RAVENNF, ( C. de) l’an i3t4, par le ra?me archevêque, assisté ne six evêques et de quatre députés.

Ce concile fitun réglement en vingt articles. On y defend, entr'autres , d’ordonner évêque aucun etranger ni inconnu, n’ayant point de peuple soumis deçà la mer; de faire des ordinations ou d’autres fonctions pontificales dans leurs églises. Les inconnus etoient sans doute des évêques inpurliius, dont le nombre s'augmentait tous les jours. Quand lesévêques passeront dans leurs villes ou leurs diocèses, les curés feront sonner les cloches , afin que les peuples puissent venir recevoir labenediction à genoux, sous peine de cinq sous d'amende applicable aux pauvres.

Les chanoines ou religieux iront au-devant de l'évêque en chapes, avec l'eau bénite ,1’encensetla croix, en chantant jusqu’à la porte de l’église, et recevront sa bénédiction solennelle, prosternes devant l'autel. C’est la première fois, dit M. de Fleury, que l'on voit une ordonnance expresse pour faire rendre aux évêques ces honneurs extérieurs que le respect et l’affection des peuples attimient assez dans les premiers siècles. Le même concile dit encore , qu’aucuns religieux ou autres ne pourront s'exempter de la visite des ordinaires, sous prétexte de prescription. Les prêtres seront tenus de celebrer leur première messe dans trois mois , apres leu r ordination , et ensuite de la dire au moins uue fois l’an. T. XI. C.p. ifio L

REDINGUE (C. de) en Angleterre, Redingease, l’an 1279, 3° juillet, par l’archevêque deCantorbéri, légat du pape, et ses suffragants. On y renouvela les constitutions du con-

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cîle de Lalran , de l'an iai5 , et de celui de Londres en 12G8, contre la pluralité des bénéfices à charge d’âmes. On y fit encore un réglement pour les religieuses. Il leur est ordorné déchanter l’office sansenrien retrancher; et on leur prescrit la manière de faire ou rece voi r leurs visites, carces religieuses ne gardoient pas une clôture exacte. T. XI. C.

REDON (C. de) abbaye en Bictagne, au monastère de Saint-Sauveur, Rrdone/ue,\'»a 838. Nomenor, duc de Rrctagne , obligea quatre évêques bretons à renoncera leurs sièges, en mit d’autres en leur place, et crigea trois nouveaux évêchés, Dol, Saint Brien, T roguier, en donnant à Dol le nom de métropole , u’il aconservé, malgré Tours,pcuant 3oo ans. Les sept évêques furent sacrés à Dol , et Nomcnoi déclaré roi, qui étoitee qu’il s'etoit proposé, dans tous ces changements.

REIMS ( C. de) Renwnse, l'an 625, tenu par l'archevêque Sonnace, à la tête de quarante évêques.

On y fitvingt-cinq canons; donti'uu dit qu’on observera ceux du concile de Paris de l’an (ii4- Saint Arnoul de Metz et saint Cunibert de Cologne assistèrent à ce concile.

REIMS (C. de) l’an 8i3, la mimai, tenu par l'ordre de Charlemagne, pour rétablir la discipline ecclésiastique. L'archevêque Vulfaire y présida. On commença, suivant la coutume, par un jeûne de trois jours : ouy fit quarante-quatre canons. T. FI fl. Conc.p. 12 53 REIMS (C. de) l’an 9x3. Scnlfe de Reims, avec ses suffragants, ordonna à ceux qui s'etoient trouves à la bataille de Soissons, entre Robert et Charles, de faire pénitence pendant troiscarêmes, trois ans durant.

Tom. IX. C. p. 58 1 REIMS ou de saint BASEE (C. de) à trois lieues de Reims, l’an 991, ij juin , assemblé par l'ordre de Hugues Capet , contre Arnotil.

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archevêque de Reims et fils de Lo- !

thaire. Il avoit été soupçonné d'être d’intelligence avec son oncle Charles de Lorraine, qui s’etoit empare de la ville de Reims, et qui ensuite fut pris parHuguesCapet, et mis en prison à Orléans. Seguin , archevêque de Seos, présida au concile comme le plus ancien; et Arnoul, évêque d’Orléans, comme le plus savant evêque des Gaules, en fut le promoteur, et chargé de faire les propositions. Il exhorta les evêques à agir sans passion , mais avec liberté , et proposa le sujet du concile : il dit qu’il s’agissoit de savoirsi Arnoul de Reims ponvoit se purger du crime de lèze-majesté dont onlechargeoit.

On exposa ensuite les preuves contre lui. Maistrois hommesdistingués par leur science, savoir : Jean Scholastique (l’Auxerre , Ranulfe , abbe de Sens , et Abbon de Fleuri , parlèrent pour la defense d’Arnoul de Reims : i's produisirent la fausse lettre des evêques d’Afrique eu pape Daniase, pour montrer que toutes les grandes affaires de l'Eglise doivent êtreréservées au pape, surtout le jugement des evêques. Ils citèrent plusieurs extraits des fausses décrétales, et soutinrent que la cause d'Arnoul devoit être signifiée au pape ; que les accusations, les témoins et les juges , doivent être examinés en un grand concile.

On répondit à cela qu’Arnoul avoit été appelé au concile par lettres canoniques et par députés depuis plus d’un an , et on prouva que la cause avoit été portée au pape, par la lettre du roi Hugues à Jean XV.

Arnoul d'Orléans fit, en cette occasion, un discours remarquable, où il dît, entr’autres choses : «Nous j» < royons qu’il faut tou jou rs honorer » f Eglise de Rome à cause de saint » Pierre, etnous ne prétendons point » nous opposer aux décrets des pa- » pes , pourvu qu’ils ne soient point » contraires aux canons qui doivent » être éternellement en vigueurs

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» car nous devons bien prendre » garde que ni le silence du pape, ni » ses nouveaux décrets ne combat • » tent point les anciens canons. ...

*> Si quelqu’un prétend que, selon >> Gelase, l’Eglise deRome juge tout •* le monde et n’est jugée de personne, >• qu’il mette à Rome un pape dont » le jugement ne puisse être reformé, ** encore lesevêquesd’Afriquel’ont- » ils jugé impossible, quand ils ont » dit : peut-on croire que Dieu fasse » connoître la vérité à un seul d’en- » tre nous , et qu’il la refuse à une » multituded’évêques assemblés en ** son nom. EnsuiteArnoulrapporta » plusieurs passages de saint Gré»

» goire pour montrer que ce saint >• pape approuvoit que les evêques •• coupables fussent jugés sur les » lieux, sans avoir recours au saint » Siège. C’etoit en effet l’ancien droit » qui avoit été troublé par les fausses » décrétales. 11 conclut que les cau- » ses évidentes doivent être termi- » nées par le concile de la province , >• et ajoute: Celui de Nicée ordonne >> de tenir un concile deux fois l’an- » nee, sans faire mention de l’auto- •> rite du pape. Au reste , pour ne » point disputer, ayons encore plus » de deférence pour l’Eglise de >* Rome , que n’en avoient les évê- » ques d’Afrique , et consnltoDS-la , » comme on en a fait en cette occa- >• sion. Si son jugement est juste » nous le recevrons en paix ; s’il ne » l’est pas , nous obéirons à l’apôtre » qui nous ordonne de ne pas ecou- » ter un ange même, contre l’Evan- » gile; que si Rome se tait, comme » elle fait à présent , nous consulte- » rons les lois. »

Ce discours contenoit, à lajvérité, des propositions excessives, dit M.

de Fleury, et qui sembloient tendre au mépris du saint Siège; mais il est juste d’expliquer favorablement les paroles d’un évêque vénérable par son àgeet par son savoir, etqui, bien loin de conseiller le schisme , avoit d’abord déclaré qu’il falloit respecter

r Eglise romaine : d'ailleurs , ajoute le même historien , tous les gens de bien ne pouvoient qu'être indignes des desordres affreux qui regnoient à Rome depuis un siecle , et cette indignation ne pou voit que diminuer le respect pour la personne des papes , et pour leurs constitutions.

Après qu’on eut entendu les raisons des uns et des antres, il fut convenu qu'Arnoul de Reims pouvoitêtre jugé, dans le concile. On le fit donc entrer , et on lui exposa avec douceur les bienfaits qu’il avoit reçusdu roi, et le mal qu’il lui avoit fait. Arnoulse défendit foiblement, disant qu'il se voyoil entre les mains de ses ennemis ; mais peu de temps après, il confessa son crime , et dit qu’il vouloit renoncer à l'episcopat, pour l’avoir exerce indignement.

Dans la deuxième session où les deux rois Hugues et Robert assistèrent , Arnoul d’Orléans exhorta Arnoul de Reims à se prosterner devant les rois , et à leur demander la vie, ce qu’il fit, et ce qui lui fut accordé. Ensuite il remit au roi l’anneau et le bâton pastoral , et rendit aux évêques les autres marques de sa dignité : il lut ensuite son acte de renonciation portant que , pour les péchés qu’il avoit confesses secrètement aux evêqurs, il se reconnoissoit indigne, de l’épiscopat, y renonçoit ,etconsentoitqu’un autre fût élu en sa place. Ce fut Gerbert, personnage célébré, qui, par son amour pour les lettres et la part qu’il avoit aux affaires de l’Eglise , mérita dans la suite d’être élu pape, sous le nom de Sylvestre 11.

Adalger, ayant avoué d’avoir ouvert les portes de Reims, et d'être entré hostilement dans l’église, accepta d’être déposé , et fut dépouillé des habits sacerdotaux dont on l’avoit revêtu, et onlui accorda la communion laïque. Gtrùrr. Fiisl Cône, lien,. Fl.

REIMS (C. de) l’an 104.9 - 3 octobre, le lendemain de la dédicacé

de Saint-Remi, par le pape Leon IX.

Il s’y trouva vingt evêques , près de cinquante abbés, et plusieurs autres ecclesiastiques. Dans la première session, on proposa le sujet du concile, savoir, les abus qui se pratiquaient dans les Gaules contre les canons, c’est-à-dire , la simonie , les fonctions ecclésiastiques , les églises usurpées ou vexeespar les laïques, les mariages incestueux , l’apostasie des moines et desclercs, les pillages et les détentions injustes des pauvres, les crimes abominables et quelques héresiesqui s’elevoient dans le pays.

Tous ces evêques se purgèrent du soupçon de simonie , a la réserve de quatre. Lesabhes en firent de même, mais quelques-uns n’osèrent rien répondre. On déposa un abbe de Routières , à cause d’incontinence.

Dans la deuxieme session , plusieurs confessèrent qu’ils étoient entrés par simonie. On excommunia les évêques qui, ayant été invités au concile , n’y ctoient point venus , et n’avoient point envoyé d’excuse par écrit. Ensuite on fit douze canons pour renouveler les décrets des Pères, méprisés depuis long-temps , et on condamna, sous peine d’anathème , plusieurs abusqui avoient cours dans l'église gallicane, comme la simonie, les promotions d'évêques sans élection du clergé et du peuple.

A la fin du concile , le pape donna une bulle qui ordonnoit de celebrer la fête de saint Remi le premier jour d’octobre.

REIMS (C. de) l’an 109a, par Renaud, archevêque de Reims assiste de six évêques de la province. On v examina le différend au sujet de la séparation de l’évêché d'Arras, d’avec celui de Cambrai. Les députes d'Arras , s’y trouvèrent, et convinrent que l’on devoit rétablir des évêques dans les villes qui en ont eu, et qui sont revennes à leur premier état , et que l’on doit en établir dans celles qui sont assez considérables. L'archidiacre de Cambrai sou-

tint que l’Eglise d’Arras ne dcvoit point avoir d’evêquc propre. Le concile renvoya la occision de cette affaire au pape, et ordonna aux parties d’aller à Rome plaider leur cause. Le pape décida qu'on devoit ordonner un cvêqueà Arras. Lambert , après avoir été clu à Arras, fut sacré à Rome par le pape. Tom.

REIMS (C. de) i an iog4, composé de trois archevêques et de huit chèques. Le roi Philippe espéroity faire approuver son mariage avec Bertradc , vu que Berthe , sa première femme etoit morte la même année. Yves de Chartres ne voulut point se trouver à ce concile , et en appela au pape ; disant qu’il ne lui auroit pas ete permis dédire la vérité impunément dans cette assemblée ; il ajouta ensuite ces paroles : que le roi fasse contre moi tout ce que Dieu lui permettra de faire ; qu’il m’enferme, qu’il m’éloigne, qu’il me proscrive ; j’ai résolu, avec la grâce de Dieu, de tout souffrir pour sa loi.

lb.p. 497,

REIMS C. de) l’an no5. On r élu t pour évêque de Cambrai, Odon, abbe de Saint-Martin de Tournay, qui fut sacré parManassèsdeReims.

REIMS (C. de) l’an iii5, 28 mars, par le légat Conon. Il y excommunia l'empereur Henri, et renvoya à Amiens l’évêque Godefroi, qui s'étoit retiré à la Chartreuse. Jd.

REIMS. (C. de) l'an 11 19, du 20 au 3o octobre , tenu par le pape Calixte 11 , assisté de quinze archevêques, de plus de deux cents évêques : car il en fit venir de toutes les provinces de l’occident : il y avoit environ autant d’abbés. Après la messe , le pape s'assit sur un trône élevé vis-à-vis de la porte de l’église. Les évêques et les cardinaux étoient an premier rang. Un cardinal diacre, debout auprès du pape , tenoit à la main le livre des canons pour les

lire quand il étoit nécessaire. Aprè* les litanies et les oraisons, le pape fit une espèce d'homelie en latin sur l’evangile, où il est dit que la barque, figure de l'Eglise, etoit agitée parles flots. Un cardinal fit ensuite un discours éloquent sur le devoir des pasteurs. L'evêque d’Ostie expliqua les divers sujets pour lesquels le concile etoit assemblé.

Louis le Gros y porta ses plaintes au sujet de la Normandie, queleroi d’Angleterre lui avoit envahie par violence , mais le concile n’en jugea point. Hildegarde , comtesse de Poitiers, suivie de ses femmes, étant entrée dans le concile', y porta sa plainte contre le comte Guillaume, duc d'Aquitaine, qui l’avoit abandonnée pour prendre à sa place la femme du vicomte de Châtellerault, et qui étoit plongé dans toutes sortes de vices, et jusqu'au point de faire gloire de ses débauchés. On reçut l’excuse des prélats d’Aquitaine , qui représentèrent que leur duc étoit malade , et qu’il n’avoit pu se rendre au concile , selon que le pape le lui avoit mandé. On lui donna un delai pour se présenter à la cour du pape, et reprendre sa femme légitime sous peine d'anathème.

L’archevêque dç Lyon se plaignit, au nom de l’évêque de Mâcon, des entreprises de l’abbé deCluny, contre lequel plusieurs autres moines etclercs formèrentde grandes plaintes. L’abbé de Cluny , défendit sa cause, etsoutintque toutes les plaintes n'etoient fondées que sur le soin qu’il avoit de conserver les biens et les privilèges de son monastère , et ditque le papesauroit bien défendre les biens qu’il avoit confiés aux abbés de Cluny. On examina cette affaire et on confirma les privilèges de ce monastère. Le concile fit cinq décrets, le premier contre les investitures des évêcbés et des abbayes , qui furent défendues sous peine d’anathème, et de la perte de la dignité ainsi reçue . I ,e troisième, contre les

usurpations des biens de l'Eglise. Le quatrième . contre ceux qui exigent quelque rétribution pour le baptême, les saintes huiles, la sépulture, la visite et l'onction des malades , le dernier est pour la continence des clercs. On y fit aussi un decret pour la trêve de Dieu : mais on n’jr put conclure la paix projetée entre le pape et l'empereur Henri. Ce prince, étant à Mouson où le pape sc transporta pendant la tenue du concile , ne voulut point execuler la promesse qu’il avoit faite avec serment de renoncer aux investitures.

A la derniere seance , les évêques et les abbes au nombre de quatre cent vingt-sept , ayant chacun un cierge à la main , se levèrent , et le pape excommunia solennellement plusieurs personnes dont on lut les noms, et dont les deux premiers étoient l’empereur et l'antipape Bourdin. Tom. X • conc. p. 8t»5.

REIMS (C. de) l’an n3», 18 octobre , tenu par le pape Innocent 11 , à la tête de treize archevêques , de deux cent soixante-trois evéques et d'un grand nombre d’abbes , de clercs et de moines Français , Allemands , Anglais et Espagnols. Le plus célébré des abltes etoit saint liernard , il parutavec éclat dans ce concile. L'electiondu pape Innocent y fut approuvée, et Pierre de Leon excommunié , s’il ne revenoit à résipiscence. On publia XVII canons de discipline , déjà publiés au concile de Clermont de l’année précédente , et le pape y sacra le roi, Louis le Jeune.

Le VL'de ces canons défend aux moines et aux chanoines réguliers d’étudier les lois civiles et la médecine pour gagner de l’argent, parce que l’avarice les engageoit à cette etude. Ce même concile défend les tournois , parce qu’on y mettoit en péril la vie des corps et des âmes , en voulant faire preuve de sa force et de son adresse, et il prononce anathème contre celui qui aura frappé

une personne consacrée à Dieu. T.

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