XXIV DISCOURS
personnes qui fèroient cette objection doivent réfléchir que leur critique retombe pareillement sur tous les abrégés d'histoire, quels qu'ils soient, et quelqu'utiles qu'ils aient paru au public. Il y a même une grande différence entre ces sortes d’abrégés et le présent ouvrage : car ce n’est point ici l’abrégé d'une histoire que tout le monde a chez soi en grand. En effet les conciles ne font qu'une partie de l'histoire ecclésiastique : partie, à la vérité, la plus utile aux personnes consacrées à l'église , mais répandue cà et là dans un nombre très-considérable de volumes, et noyée pour ainsi dire parmi une infinité de faits : de inanière qu'à vouloir se faire un plan des conciles et les placer en ordre dans sou esprit , il y a de quoi donner de l'exercice à la mémoire la plus heureuse. Or, pour s'épargner cette peine , ceux qui veulent étudier sérieusement certaines parties de l'histoire, qu'ils préfèrent à d’autres, et y être, comme on dit, rompus, n’ont garde de se contenter de lire : ils prennent la plume, ils démembrent le corps de leur histoire : ils en détachent ce qui fait l'objet de leurs recherches , et ils en forment un tont pour s’en servir au besoin : c'est le moyen de mettre à profit les lectures sérieuses : et c’est à peu près ce que nous avons exécuté dans cet abrégé. Considéré dans ce point de vue, il ne pourra qu'être utile à toutes les personnes qui ont négligé de prendre celte peine dont nous venons de [parler, qui sont bien aises de reprendre leurs idées sur les conciles , d’avoir un répertoire sous la main , propre à leur indiquer d'un coup d’œil le temps d'un concile, la matière qui y a été traitée, les points de foi qui y ont été discutés , et les hérésies qu'il a condamnées.
Quand cet ouvrage ne seroit utile qu’à ces sortes de personnes , qui sont ordinairement le plus grand nombre, nous ne regarderions point notre travail connue inutile, quelqu'imparfait qu'il pût être.
Ou trouvera peut-être mauvais qu’au lieu de réduire cet abrégé dans la forme d’uu dictionnaire, on ne l'ait pas mis dans l'oidre naturel, qui étoit de rapporter les conciles selon l'ordre des temps ; mais nous avons été obligés de céder en cela au goût du public, à qui cette forme plaît davantage; et d’ailleurs on doit convenir qu'elle est d’une grande commodité quand on veut trouver sur-lechamp un point d’histoire que l'on avoit oublié, ou sur lequel on hésite, ou dont on conteste avec quelqu’un.
Il semblera peut-être à quelques personnes qu’un ouvrage de cette nature auroil été bien mieux s’il eût été exécuté en in-4-.0 C'est de quoi nous ne pouvons disconvenir, mais c'est encore le
PRELIMINAIRE. xxv
goût pablie , si bien connu des libraires , qu'il l'a emporté. Il en a résulté un inconvénient qui nous a fait quelque peine et que nous u'avons pu parer ; c'est qu’en exécutant cet ouvrage dans un format tel que celui-ci , on a été obligé de rassembler toutes les citations à la fin de chaque concile, tandis qu'elles auroient dû régner en marge, et répondre aux endroits pour lesquels elles éloient mises et dont elles justifioient la vérité, comme la copie le portoit; ce qui ne seroit pas arrivé s’il eût été exécuté in-4-° Mais nous espérons que ce défaut ne nuira pas à l’ouvrage en lui-même ; sur tout si les personnes équitables daignent faire attention qu'on a sacrifié une chose qui est, à la vérité, du devoir d’un auteur, à la satisfaction d’un ouvrage de cette étendue, dans un format qui fût portatif.
Il ne nie reste, en finissant cet Avant-Propos , que de prier Dieu de vouloir bénir mes intentions et de rendre cet ouvrage utile à ceux qui sont consacrés à son service, comme aussi de me pardonner les fautes que j’aurois pu faire en parlant des matières de la religion, qui demandoient sans doute plus d'exactitude que je n’en ai apportée, et en y mêlant des expressions et des choses qui ne viennent que de mes propres ténèbres. Qwzcumquoc dixi de tuo , agnoscant et tui : si qua de meo, tu ignosce et tui
1 S. Aug. 1. i5. de Trir. e. ult.
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A.FRIQUE (Concile d’) Africanum, l an 200 ou environ. H fut assemble par Agrippin, evêque de Carthage:
tous les évoqués d’Afrique et deNumidie s’y trouvèrent. On y décida qu’il ne falloit plus recevoir sans baptême ceux qui Favoient reçu Lors de l'Eglise, contre ce qui s’etoit pratique jusque-là en Afrique. Till.
AFRIQUE (Conc. d’) l’an a5i sur les tombes dans la persécution , àl’occasioiiduschismedeFelicissime, de Novat et de Novatien. Les seules lumières que nous ayons de ce concile, nous viennent des lettres de saintCyprien. Felicissime etoit prêtre de Carthage; il avoit ele convaincu de plusieurs crimes, et, craignant d’être puni par saint Cyprien qui etoit alors dans sa retraite à cause de la persécution, il commença le schisme dans cette eglise. 11 s opposa à la commisison , remplie de charité, que saint Cyprien avoit donnée à deux evêques et à deux prêtres de distribuer, de sa part, de l’argent aux chrétiens qui etoient pauvres, et d’assisterceux qui pouvoient faire quelque métier : il déclara qu’il ne communiqueroit point avec ceux qui voudraient obéir à saitrt Cyprien , et demeurer dans sa communion, et il s'efforça de séparer une partie du troupeau d’avec son pasteur. Quelque temps apres , Novat et cinq prêtres de Carthage se joignirent à Felicissime, dont ils avoieut fomenté le schisme , et abandonnèrent la communion de
saintCyprien : mais comme Nos at craignit d'être déposé du sacerdoce, à cause de ses crimes , qui ne le uieriloicut que trop , pour prévenir sa sentence , il résolut d’aller à Rome.
Voulant brouiller toutes choses , il s'efforça d’attirer dans son parti les tombes, en leur promettant la paix :
et avant de partir, il établit diacre Felicissime sans la permission de saint Cyprien. Ainsi Novat forma d’aborden Afrique le schisme de Felicissime. Celui-ci faisoitprofession de recevoir les tombés, en les exemptant des rigueurs de la pénitence. Saint Cyprien compare Novat à une nue»
qui portoit partout la foudre et la tempête. Vers le même temps, Novalien avoitexcitc un pareil schisme à Rome. Son ambition en fut l'origine; il avoit conçu le désir, oppose à l’esprit de l’Eglise, d’être eleve au pontificat. Mais , malgré ses brigues , saint Corneille ayant été élu , le dépit porta Novatien dans le schisme
Si il commença par son ordination égitime : il y joignit bientôt l’herésie.
Pour couvrir son ambition d’un prétexté plausible , il accusa saint Corneille de violer la discipline de l'Eglise par un excès d’indulgence pour ceux qui avoieut abandonne la foidurant la persécution de Dcce : il lesexcluoit pour jamais de la réconciliation , voulaut seulement qu’on les exhortât à la penitence ; il osa soutenir que l’Eglise n’avoil pas le pouvoir de remettre les pèches mor-
a A FR
tels : bientôt apres il dit que les tombes n’avoient plus à esperer de salut , quelque pénitence qu'ils fissent , quand même ils souffriraient le martyre : il ajoutoit que l’on partii. ipoit auxerimes de tous ceux avec qui nn comniuniquoit ; que toute 1 Eglise etoit corrompue par la communion qu’elle accordoit aux peckeurs : il écrivit à toutes les églises jour trouver des partisans de son erreur : il envoya aussi de tous les côtes des lettres pleines d'imposture et de calomnies écrites au nom de quelques confesseurs de Rome, qu'il avoit attires à son parti.
Saint Corneille ne voulut pas prendre moins de peiue pour la vérité, que Novatien en prenoit
Îiour l’heresie, et il écrivit à tous es evêques. Le fruit de ses lettres fut la tenue de divers conciles , et particulièrement de celui dont il est ici question. Ce fut donc à l’occasion de ces divers schismes, et pour les apaiser , que saint Cyprien , qui étoit sorti de sa retraite , convoqua les evêques d’Afrique : les prêtres et les diacres furent admis dans ce concile. D’abord, afin d’ôter tout •pretexle aux esprits foibles, qui avoient pu ajouter foi aux calomnies que le parti de Novatien répandoit contre saint Corneille , les Peres du concile résolurent qu’on demanderoit le témoignage de leurs frères qui avoient assisté à son ordination, et qu’on enverroit des députés à Rome pour apprendre au vrai ce qui s’etoit passe ; mais cela n’empêchoit pas que saint Cyprien ne reconnût l'election deCorneillepour légitime. Les députes de Novatien, étant arrivés à Carthage , demandèrent que les evêques examinassent les accusations contre le pape saint Corneille ; mais les Pères du concile répondirent qu’ils ne souflriroient pas que la réputation de leur confrère Corneille fût attaquée, après qu’il avoit été élu et ordouné par tant de suffrages , et qu’un évêque
ayant été une fois établi prie jugement des evêques, c’ctoit un crime d’en ordonner un autre pour le même siégé. Et le concile en écrivit à saint Corneille une lettre synodale.
a.° On examina la cause de Félicissime et des cinq prêtres qui l’avoient suivi : on les condamna et ou les excommunia. 3.° Comme les deu x sectes de Fél icissime , de Novat et de Novatien ruinoient la pénitence par les deux excès contraires , puisque le premier l'abolissoit, en admettant sans elle ceux qui etoient tombes dans le crime , et que le second la rejetoit absolument , on y discuta la question des tombés, et l’on statua que les libellatiques , qui avoient embrassé la penitence aussitôt après leur faute, seraient admis des lors à la communion ; que ceux qui auroientsacrifié seraient traités plus sévèrement , sans qu’on leur ôtât néanmoins l’esperauce du pardon, de peur que le desespoir ne les rendît pires ; qu’on les tiendrait long-temps dans la pénitence, afin u’ils tâchassent , par leurs larmes , 'obtenir la miséricorde de Dieu; qu’on examinerait les diverses circonstances, causa, wluntates, neassilatu, des fautes de chaque coupable, leurs intentions, leursengageinents, pour régler sur cela la duree de leur pénitence; que l'on traiterait avec plus d’indulgence ceux qui avoient résisté long- temps à la violence des tourments, et on jugea que trois ans de penitence suffisoient pour les faire admettre à la communion dans un an ou deux. Ou dressa plusieurs articles ou canons sur les divers cas qui se présentoient, et on en fit un écrit qu'on envoya à tous les évêques. Baronius croit que c’est ce qu'on a depuis appelé canons pénitentiaux. Le concile , pour empêcher qu’on n’accordât la paix à ceux qui ne feraient pas une véritable pénitence , fit cet arrêt non comme son sentiment particulier , mais comme
mie chose d’une obligation absolue :
ce qu’il témoigna par les menaces et les anathèmes qu’il y joignit : Concilia fréquenter ado, non consensione tantum nos trà , sed et comnunalione decrmmus , rtc.
A l’égard des evêques et des autres ministres de l'Eglise, qui auroient sacrifié, ou qui auroient témoigné
Ïiar des billets qu’ils l’avoicnt fait, es Peres du concile ordonnèrent qu’on pourroit 1rs admettre à la pénitence, mais qu’ils seroient absolument exclus au sacerdoce et des fonctions ecclésiastiques. Le concile ordonna qu’on accorderait la communion de l’Eglise à ceux qui , deuis leur chute , n’ayant point cessé e faire penitence, tomberaient en des maladies mortel les. Et si les conciles postérieurs ordonnèrent que l’on remettroitau nombre des pénitents, ceux qui auroient reçu la communion dans la maladie , il parait , selon l’opinion des plus habiles, que ces conciles parient des pécheurs qui ne demandoient la pénitence et la communion que dans la maladie même , et non de ceux qui etoient tombés malades aprèsavoirembrassé la pénitence. Novat et Eelicissime furent condamnés dans ce concile , qui dura fort long-temps. Crp.
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AFRIQUE (C. d ) l'an 349 sous Gratus, evêque de Carthage. On j fit treize canons sur la discipline.
Voyez Carthage.
AFRIQUE ( C. général d') tenu à Uippoue l’an 3g3 le 3 octobre.
Aurèle de Carthage y présida. Méale de Calame, primat de Numiie , et tous les autres primats des provinces d’Afrique y assistèrent.
Cécilien et Théodore y parlèrent au nom des autres évêques. On vit, en cette occasion . quelle estime saint Augustin s’etoit déjà acquise. Quoi- j ue alors simple prêtre , il fit un | iscours devant cette célèbre assemblée sur la foi et le symbole , à la pollicitation des évêques , et il y
combattit expressément les manichéens : il ne nous reste qu’un fragment des actes de ce concile. On y régla que l’évêque de Carthage manderait tous les ans aux primats de chaque province en quel jour il faudrait faire la pàque 1 année suivante , afin que ceux-ci le fissent savoir a leurs sulfragants. On ordonna qu’on tiendrait ions les ans un concile de toute l’Afrique , tantêt à Carthage , tantôt dans quelque autre province , et cet usage s'observa jusqu’en l’an 4.07. On fit dans ce concile quaranle-un canons qui servirent de modèle aux conciles suivants. Conc. I. a. p. io65. C. ri t. 4- P ■ i63g. E. Cad. Afric. 1. a.
AFRIQUE (C. d’) tenu à Carthage l’an 3q7 le 28 août : c’est ce qu'on appelle le troisième de Carthage. L’“vêque Aurèle y présida à la tête de quarante-quatre evêques.
Ou y fit beaucoup d’ordonnances particulières en conséquence de diverses plaintes que quelques évêques y firent sur certains abus. V . Carthage. C. t. 2 .p. 1072. b. c.
AFRIQUE (C. d’) l’an 4oi le i3 septembre. On y traita de la manière la plus utile avec laquelle on devoit se conduire envers les donatistes. On résolut d'agir avec eux avec beaucoup de douceur, et de leur faire connoîtrc à tous, autant qn’il serait possiLle, le misérable état où ils etoient , dans l’espérance que Dieu leur ouvriroit les yeux et leur toucherait le cœur : que l’on recevrait les ecclésiastiques donatistes qui voudraient se reunir, dans les fonctions de leur ministère. Le concile fit ensuite quelques ordonnances pour la discipline. l.° On confirma celui de l'an 3go, qui avoit défendu l’usage du mariage aux evêques , prêtres et diacres, sous peine d'être déposés. Pour les autres ecclésiastiques, il est dit que chaque église suivra sa coutume. 2.* Defense aux évêques de changer le lieu de leuf
sicge et de s’en absenter pour longtemps. 3.° Que, quand il faudra tenir un concile general, tous les évêques de chaque province s’assembleront en deux ou trois classes , de chacune desquelles on choisira tour à tour des députes qui seront obligés de venir promptement au concile ou de faire insérer leurs excuses dans la lettre publique que la province écrira au concile. 4-" Que les ecclesiastiques, prives de la communion, et déposés pour quelque Crime, auraient un an pour poursuivre leur justification, et que s’ils ne le faisoient dans l’an, ils n’y seraient plus reçus. 5.° Si un évêque préféré à l'Eglise, ou des heritiers etrangers qui ne lui soient pas parents , ou même ses parents , s'ils sont hérétiques ou païens, il sera anathematisé apres sa mort : mais cela se doit entendre des biens dont le huitième canon du concile d’Mippone leur avoit permis de disposer ; c’est-à-dire , de ceux qu'on leur avoit donnes , et des biens patrimoniaux. 6." Que pour éviter les superstitions on n'admettra aucun autel ou chapelle sous le nom d'un martyr, qu'on ne soit assuré que son corps y est, on qu’il y a demeuré, ou qu’il y a souffert, et qu’on détruira les autels qu’on a eleves sur de prétendues révélations. On ne voit pas quels évêques composoient ce concile; mais on a lieu de conjecturer qu’ils étoient en grand nombre , et que saint Alype, saint Augustin et saint Evode en étoient.
G. lom. a. p. I0q3 , a b.
AFRIQUE (Ç. d’) tenu à Milève l’an 4oa le 27 août. Aurèle de Carthage s’y trouva, y ajant été invité, dit-il . par la puissance de la charité et de l’amour de ses frères , et Dieu ayant fortifie sa foiblessc. On y relut les canons d’Hippone et de Carthage , et les evêques les confirmèrent et les souscrivirent- Pour ôter toutes les difficultés qui nouvoienl naître touchant l'ordre ae la pro-
motion , on régla que tous ceux qui seraient faits evêques prendraient une lettre écriteou signeedela main de leur ordinateur, où lejouret le consulat de leur ordination seraient marques. C. t. 2. p. 1100. c. d
A FRIQUE ( C . d’ ) tenu à Carthage l’an 4o3 le 25 août. Saint Alype, saint Augustin et saint Posside s’y trouvèrent. On ignore quels furent les autres evêques. Ce concile fit sommer les donatistes d’entrer en conférence; mais ils refusèrent, avec une hauteur ridicule, de l’accepter, disant qu’ilsne pou voient entrer en conférence avec des pécheurs. Le concile se vit obligé de demander à l’empereur des lois contre les donatistes. C. I. 2. p. ioo4-
AFRIQUE (C. d’ ) tenu à Carthage l’an 4o5 le 2 3 août. On y ordonna qu’on écrirait aux gouverneurs des provinces pour les prier detravailler à l’union par toute l'Afrique, parce qu’elle ne Fëtoit encore que dans Carthage; et que l'on écrirait aussi à l’empereur pour le remercier au nom de toute l’Afrique, de l’expulsion des donatistes. C. I.
a AFRIQUE (C. d’ ) tenu à Carthage l'an 4t>7 1 le i5 iuillet. Les députés de toutes les provinces d’Afrique s’y trouvèrent. On y changea, d'un commun consentement, ce qui avoit été ordonné par le concile d’Hippone : savoir qu’on assemblerait tous les ans le concile général d'Afrique, parce que ces voyages étoient trop pénibles pour les évêques. On ordonna donc , que quand il arriverait quelque affaire qui regarderait toute l’Afrique, on écrirait à l’évêque de Carthage , qui convoquerait le concile , où l’on jugerait qu’il serait plus commode ; que les autres affaires seraient jugées chacune dans sa province; que s’il y avoit appel , l’appelant et l'appele nommeraient chacun des juges desquels il serait absolument ue-
fendu d'appeler. Pour empêcher les J évêques d'aller à la cour sans nécessite’, le concHc ordonne , que quand quelqu'un d'eux y ira, on le marquera dans la lettre formée qu’on lui donnera pour l’ Eglise romaine , et qu’à Rome on lui donnera une lettre formée pour la cour. Que si un évêque , apres avoir pris une lettre formée pour le voyage de Rome , sans dire qu'il a besoin d’aller à la cour, s’y eu va decette sorte, il sera séparé de la communion. On ne pourra ériger de nouveaux évêchés sans le consentement de l’évêque , dont on démembre le nouveau siège , de celui du primat et du concile entier de la province. On régla ce qni regardoit les donatistes convertis. Le concile députa à l'empereur , au nom de tontes les provinces d’Afrique, les évêques Vincent et Forlunatien, nommés pour défendre la cause de l’Eglise , daus la conférence avec les donatistes , et demander à l’empereur cinq avocats pour poursuivre , en qualité de défendeurs, toutes les affaires de l’Eglise. F . Carthage , an 417- C.t.
AFRIQUE (C. d’) tenu à Carthage l’an 4*8 1 le premier mai, composé de plus de deux cents evêues. On y décida neuf articles de octrine contre les pelagiens : ils furent dressés par saint Augustin , qui fut l'âmede ceconcile. Ces neuf articles ou canons sont venus jusqu ’p nous, et sont datés du premier mai 4,8. Les trois derniers décident absolument qu’on ne peut point dire qu’aucun homme soit sans péché, et cette vérité fut décidée solennellement, avec anathème à quiconque la combattroit. Outre ces huit canons , le plus ancien code de l’Eglise romaine en met un nouveau , et placé après le second , par lequel le concile condamne , avec anathème , ceux qui prétendent que les enfants morts sans baptême .jouissent d'une vie heureuse hors du royaume des
deux. Photius, qu’on ne peut douter avoir eu de bons manuscrits, dit M. de ’Lillemont , rcconnoît ce canon. Et ce qui fortifie cette preuve , c’est ce que dit saint Augustin, dans sa lettre a Roniface, que lesconciles et les papes avoient condamné l’erreur des pélagiens qui osoient attribuer aux enfants non baptisés, un lieu de salut et de repos hors du royaume des cieux. C. 1 ■ 2 .p. 1576 .
b. c. Conc. I. 2 .p. 1124. Etp. 1664.
b. c. Phot. Bibl. c. 53 .p. 4*- -dug- <*d Bon. I. 2. c. 12. p. 49a- I. d.
On fit , dans ce même concile , dix autres canons qui regardent les donatistes. Onordonna que, dans les endroits où il y avoiteu des catholiques et des donatistes, qui avoient reconnu divers évêchés , les donatistes, en quelque temps qu'ils eussent été convertis , dependroient de l'évêché que les anciens catholiques du lieu avoient reconnu. Que si l’évêque donatiste s’étoit converti, les paroisses ainsi mêlées , où les donatistes dependroient de lui, et les cathotiques de l’évêque d’une autre ville, seroient partagées également entre l’un et l’autre, le plus ancien partageant et l’autre choisissant. Ce même concile ordonna, par un autre canon remarquable, que si les prêtres et les autres clercs inférieurs se plaignent du jugement de leur évêque, ils pourront être jugés par les évêques voisins agréés du leur, et appeler d’eux au primat, ou au concile d’Afrique ; mais que s'ils prétendent appeler outre mer, personne dans l’Afrique ne communiquera avec eux. 11 permet encore de voiler et consacrer une vierge avant a5 ans, lorsque sa chasteté se trouve en danger par la puissance de ceux qui la demauderoient en mariage, ou qu'eHe demande cette grâce étantendangerde mort, pourvu que ceux dont elle dépend la demandent avec elle. Comme le»
évêques de ce concile altendoient ce que le pape Zozime feroit au suiet
des pelagiens, les principaux d’énti'euxdeineurèrent à Carthage, el y formèrent long-temps comme un concile general. An reste le pape Zoziine , ayant reconnu qu’il s’étoit laisse surprendre par les pelagiens, donna sa sentence par laquelle il confirma les décrets du concile d’Afrique, et, conformément au jugement du pape Innocent son prédécesseur , if condamna de nouveau Pelage et Celestius , les réduisit au rang des pénitents, s’ils abjuraient leurs erreu rs ; sinon il les retrauclioit absolument de la communion de l’Egl ise. Il écrivit encore une fort grande lettre à toutes les églises du monde , et tous les evêques catholiques y souscrivirent. L’empereur Honorius fit uneordonnance contre les pelagiens , et appuya de son autorité la décision de l'Eglise. Conc.
. a. p. m8. Ibid. p. iot>4- b. Ibid, p. i i3a. a. b.
AFR 1QLJE ( C. d’) tenu à Carthage l’an 4 *0 *e 2 3 mai, dans la basilique de Fauste , et convoqué par Aurèle, évêque de Carthage, assiste du primat de Numidie, et de Faustin , légat du pape. Les députés des diverses provinces d’Afrique, c’est-à-dire, des deux Numidies, de la Byzacene, de la Mauritanie, delà Césarienne, de la Tripolitaine et les évêques de la Proconsnlaire , s’y trouvèrent : ce qui faisoitdeux cent dix-sept évêques. Saint Aurèle y présida. Le légat du pape, qui etoit évêque , fut placé après les deux présidents : à la suite des évênuesetoient les deux légats, prêtres :
les diacres étoient debout. Saint Augustin y assista. Dans la première séance, on lut l’instruction du pape à ses légats , et le premier canon qu’il produisoitpourmontrer que tous les évêques peuvent appeler au pape. Saint Alype représenta ue , comme il ne se trouvoit point ans les exemplaires grecs qu’ils avoient du concile de Nicée, il falloit qu’Aurèle envoyât à Constan-
tihople où étoit l’original dit concile pour qu'on en fît venir une copie authentique. Cependant il fut dit, pour ne pas offenser le légat du pape , que l’on se contenteroit d’en écrire à Zozime , et que néanmoins on observeroit ces canons, a." On Int celui <pii regardoit les appellations, et saint Augustin promit qu'on l’observeroit jusqu’à ce qu’on eût des exemplaires plus assuresduconcile de Nicee. 3.° On lut le symbole de Nicée avec les vingt canons ordinaires , et divers réglements faits dans les conciles d'Afrique tenus sous Aurèle. 4-° On traita de l'affaire d’Apiarius : c’éloit un prêtre de Sicqnedans la Mauritanie. Après s'être rendu coupable de diverses fautes , il avoit été déposé et excommunie par son évêque ( Urbain); il avoit appelé de lui au pape , quoique cela fût défendu par plusieurs conciles d'Afrique, et que le concile de Nicée eut ordonné que les affaires des ecclésiastiques se termineroient dans leur province, ne lenr accordant point d autre appel.
Néanmoins le pape Zozime , selon Baronius , reçut l’appel d’Apiarius , et le rétablit dans sa communion.
Les évêques d’Afrique ne voulurent point convenir de la prétention du pape sur les appellations des évêquesà Rome; ce qui causa de grandes contestations, qui donnèrent sans doute lieu à un concile , mais dont il ne nous reste aucun monument.
Et comme les évêques africains s'étoient plaints que Zozime , en recevant Àpiarius, violoit les règles de la discipline ecclésiastique , ils furent fort surpris lorsqu’ils eurent entendu le légat Faustin , que le pape avoit envoyé en Afrique pour cette affaire, de voir que Zozime attribuoit au concile de Nicée ces canons. Ils soutinrent que les canons, allégués sous le nom de Nicee, pour justifier la prétention de Zozime, ne se trouvoient dans aucun exemplaire grec ni latin. En filet
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c’étoient des canons du .aux concile de Sardique , que les donatisles avoient substitues à la place du véritable. Ces mêmes évêques vouloient bien que les clercs pussent se plaindre du jugement de leurs évêques au primat et au concile de la province, mais non aux évêques des provinces voisines. Au reste saint Cyrille fit délivrer au prêtre Innocent, députe du concile de Carthage, la copie fidèle du concile de ÎSicee , tirée de l’original, qui étoitgardée dans les archivés de son église. Dans la seconde seance on fit six canons touchant les accusations des clercs.
C’est le dernier concile dont il nous ■ reste des actes dans la collection des conciles. Tvm. 2. Conc. p. i58gr/p.
j6o3. Bar. 4>9- § 60. Conc. t. 2. p.
Io4« cl 1 149-
AFRIQUE (C. d') tenu l'an 426 à l’occasion du même Apiarius.
Après avoir été rétabli par le concile précédent, et, étant retombe dans des crimes énormes , qui le firent priver de la communion et chasser de Tahraca . ville dans la Proconsulaire d’Afrique , il se réfugia à Rome. Le pape Celestin ; ayant ajouté foi à tout ce qu’il lui
Îilut d'imaginer pour se justifier , e rétablit dans la communion : il y joignit une lettre pour les évêques d'Afrique Celte conduite du pape donna lien à ces evêquesde s’assembler de toute l’Afrique à Carthage , «t d’v tenirun concile universel. De tous ceux qui s’y trouvèrent on n’a les noms que de quinze, entre lesquels on voit Aurèle de Carthage, Scrvus-Dei, qui étoit confesseur, Fortunatien, etc.
Apiarius se présenta au concile avec Faustin, qui y parut plutôt son protecteur que son juge : il voulut même exiger d’eux qu’ils reçussent Apiarius dansleurcommunion. Les Peres crurent devoir auparavant examiner sa conduite criminelle, dont il chercha à se justifier par ses artifices ordinaires; mais Dieu per-
mit , pour tirer les évêques d’un examen dont leur piété souilroit beaucoup , qu’Apiarius ne pût résister aux remords de sa conscience, et qu’il avouât , malgré lui , les crimes dont on l’accusoit. Les Pères ne purent s'empêcher de rougir, en entendant l’aveu de tant d’infamies, nrfandœ turpiludincï. Faustin céda à l’évidence de la vérité , et le coupable fut retranché du corps de l’Eglise. Comme les Pères ou concile avoient eu réponse de l'Orient , et avoient appris que les canons , cités par Zozime, n'etoient pointdu concile de Nicée , ils écrivirent au pape Celestin une lettre, dans laquelle, après s’être plaints de ce qu’il avoit absous Apiarius, ils le prient de n’écouter plus si facilement à l’avenir ceux qui viendroient d’Afrique; de vouloir bien ne plus recevoir à la communion ceux qu’ils en auroient séparés, lui représenlantqu’il ne le peut faire sans violer le concile de Nicée, qui veut que res sortes d’affairessoieiil terminéesdans leurs
firovinces ; de sorte qu'on ne peut es porter autre part sans une définition particulière de l’Eglise :
qu’on peut espérer aussi raisonnablement la grâce et la lumière du Saint-Esprit pour plusieurs évêques assemblés librement dans chaque province , que pour un en particulier; et qu’il est plus naturel de juger les affaires où elles sont nées, et où l’on trouve des Instructions et des témoins, que de les transporter au-delà desmers. Enfin ils sup-
filient le pape de ne plus envoyer des égats pour faire exécuter ses jugements , pour ne pas introduire , disent-ils , le faste du siècle dans l'Eglise de Jésus-Christ , qui doit présenter la lumière delà simplicité et la splendeur de l’humilité a tous ceux qui ne cherchent que Dieu.
On prétend que l’églised’ Afrique se maintint dans la possession de juger les prêtres définitivement et sans appel, jusqu’à saint Grégoirc-le-