‹ Dictionnaire des concilesChapitre 130 sur 263 · RUF · texte numérisé non relu

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superstition deceuxqui,dans la vue de quelque gain , donnent des noms particuliers à des images de la sainte Vierge, comme de Nôtre- Dame de recouvrance , de consolation , de grâce , etc. , parce que cés noms donnent lieu de croire qu’il y a plus de vertu dans une image que dans une autre. Tom. XlIf. C.p. i3o5.

ROUEN (C. de) l’an i58i,* avril , par le cardinal de Rourbon , archevêque de cette ville, assiste des évêques de sa province. On y dressa douze chapitres, qui sont un abrégé de tout ce qui regarde le dogme et la discipline. On commença par une profession de foi , sur les articles du symbole, l’authenticité de l’Ecriture sainte , les sept sacrements, le culte des saints , les indulgences , etc.

a.° On traite de ce qui regarde le service divin , des sacrements , des devoirs des évêques et des chanoines, des saints ordres; des provisions des bénéfices, de la visite des églises, des devoirs des curés, des ordres religieux , de la juridiction écclésiastique. On renouvela les statuts , touchant le gouvernement des séminaires et des écoles, etc.

Tom. XV. C. p. 822 rt stq

RUFFEC en Poitou ( C. de ) Raffiacense, l’an 1258 , 21 août, par Gérard de Malemort, archevêque de Bordeaux. On y publia un réglement de dix articles , qui regardent principalement les intérêts temporels del’Eglise. On y excommunia tous ceux qui font des confédérations pour restreindre la juridiction ecclésiastique , et empêcher que les ecclesiastiques ne plaident en cour d’Eglise . sinon en très-peu de cas.

Ib.p. 773.

RUFFEC ( C. de ) l’an i3a7,par Arnaud de Chanteloup, archevêque de Bordeaux. On y publia deux canons. Le premier ordonne que l’on cesse l’office divin dans les lieux où les juges laïques, qui auront pris des clercs, refuseront de les délivrer, en étant admonestés. Le second per-

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met aux clercs de postuler dans les I et les personnes ecclésiastiques, tribunaux séculiers, pour les églises [ Tom. XI. C. p. 1773

S.AINTF.S (C. de)/îon/onr/Mr, l’an SA LTZROU RG ( C. de) l'an

5(»2.()nydéposa Kmerius,qui avoit 1274. , par l'archevêque de cette été placé sur le siégé de Saintes, par ville, légat du saint Siégé, et ses suf- Clotaire premier , sans l'avis des fragants. On y ordonna que les coumétropolitains , et on mita sa place stitutions des conciles de Lyon se- Héraclius : ce queCharibert, fils de roient publiées dans la province de Clotaire premier, trouva fort mau- Saltzbourg, et ensemble celle du vais : il punit les évêques de ce con- concile de la même province , tenu cile, et maintint Emerius. Ortg. IF. à Vienne en 12(17. On y lit ensuite Ilisl. c. 26. vingt-quatre articles de reglement.

SAINTES ( C. de ) 1282. 11 a le Idem.

nom de Synode. Geoffroy de Saint- SALTZBOURG ( C. de) l’an Brice, qui en étoit évêque , s’y plai- 1281, par l'archevêque Frédéric, gnit que , dans son diocese , on en- légat du saint Siège , avec sept de ses terroit les excommunies dans les suffragants. On y fit une coustitu- ' cimetières, on si proche, qu’on ne tion dedix-sept articles : la plupart, pouvoit distinguer leurs sépultures touchant les réguliers, pour rep ride celles des fidèles. La multitude mer divers abus. C’etoit , enlr’audc ces excommunications donnoit très, que les moines de saint Benoît lieu àcesabus. Tom.Xl.C.p. 1181. ne portoient point l'habit de leur SALAM1NE ( C. de ) en Cypre, ordre; qu'ils etoient vagabonds , et ■ Salamiiuum , l’an 4-02 , tenu par saint ne tenoient point les chapitres tous Epiphane , évêque de cette ville , et les trois ans, suivant la constipar les évêques de Cypre. II y fit tution du pape Grégoire IX; que condamner la lecture des livres d’O- quelques religieuses mangeoient rigene,dont il s'etoit déclaré l'en- dans leurs chambres particulières, netni irréconciliable, comme aussi et que les abbesses ne mangeoient de tous ceux qui le defendoient. Il point au réfectoire. Tom. AI- C. écrivit à saint Chrysostùme et à p. ii5i.

d’autres, pomlesengager à le faire SALTZBOURG ( C. de) l’an condamner dans leurs conciles. Mais 1 291 , sur les moyens de secourir la saint Chrysostôme crut devoir exa- Terre-Sainte. On y conseilla au pape minermùrementcctteaffaire. Aussi d’unir ensemble les templiers, les les enuemis de ce sainlevêque ajou- hospitaliers et les chevaliers teutotoient son prétendu origenisme, aux niques.

accusations qu’ils intentoient contre SALTZBOURG ( C. de) l'an lui. Soir. I. / I. c. 10. p. 3i4- Sozom. i3io. Il y eut deux conciles en cette /. VIII. c. 14. p. 775. ville et la même annee. Le premier ,

SALTZBOURG ( C. de) Salin- pour regler les paiements de la de- Lurgcnse , l'an 807. On y décida, selon cime que le pape avoit demandée les canons, que les dîmes doivent pour deux ans. Le second , pour çxêtre partagées en quatre portions, pliqucrquelques statuts des conciles Lapremiereàl’cvêque : la deuxieme precedents. On y lut la bulle de Cléaux clercs : la troisième aux pau- ment V , qui modère celle de lkmivres ; la quatrième à la fabrique des face Vil 1 : Clericis I.aico*. L’arcbeéglises. 1). M. . vêque Conrad y présida , assisté de

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deux évêques et de six députes. T.

XL C. p. i5i4,

SALTZROURG ( C. de ) l’an i386 , par l’archevêque Pelgrin, assisté de trois évêques et des députés des autres évêques de la province ; et de quelques autres prélats. On y publia dix-sep t canons, et entre autres, ceux-ci : defense d'absoudre des cas réservés , sous peine de suspense. Dans le doute , on doit recourir au supérieur pour savoir si on en doit absoudre. Dans la célébration de l’office divin , les clercs se conformeront à l’usage de l’église cathédrale, etc. Tom. AI. Conc. p.

SALTZBOCRG ( C. de ) l’an 1420, par Eberbard, archevêque de cette ville, pourle rétablissement de la discipline, presque anéantie durant le schisme On y confirma plusieurs anciens statuts, et on en fit trente-quatre nouveaux. Voici les lus importants. C’est une erreur 'enseigner qu’un prêtre ou curé, qui est en péché mortel, ne peut absoudre ni consacrer Ceux qui ne sont pas nés de légitimé mariage .ne pourront être admis aux ordres sacrés. On ne prononcera pas légèrement une sentence d’interdit. Ce concile renouvelle les canons touchant la modestie que les ecclésiastiques doivent garder dans leurs habits. Les clercs, avantquede prendre

Sossession d’un bénéfice , jureront evant l’évêque , qu’ils n’ont point commis de simoniepour l’avoir. Les atrons et les collateurs des bénéces n’en retiendront rien , sous quelque prétexte, que ce soit. Les curés auront soin d’apprendre à leurs paroissiens la forme du baptême. On publiera trois fois l’annee, dans les cathedraleset collégiales, les décrets du concile de Constance contre les simoniaques.

Dans ce même concile , on fit un grand nombre de statuts touchant la discipline. Voici les plus remarquables. Les clercs ne doivent point se

trouverdans les cabarets, ni manger chez les laïques , ni aller à la chasse, ni jouer à aucun jeu de hasard: il leur est défendu d’avoir chez eux des femmes suspectes d’incontinence.

Les sacrements doivent être administres gratuitement , et on ne doit rien exiger pour les sépultures. On doit interdire l’entrée des églises aux adultères et aux pécheurs scandaleux. Les mariages clandestins sont sévèrement défendus. On doit refuser la communion aux femmes vêtues d’une matière immodeste.

Tom. XII. Conc. p. 3o8.

SARD1QUE ( célébré C. de ) ville de la Dace en lllyrie ,1’an 347 * le 22 mai. Ce concile fut accorde' par les deux empereurs Constant et Constance , à la prière de saint Athanase, persécute par les eusébiens,età 1 occasion de la violence qu’ils avoient commise à Alexandrie lors de l’intrusion de Grégoire. 11 s’v trouva des évêques de tous les cotes, d’Espagne, des Gaules (au nombre de trente-quatre ) , de J’Ftalie , de l’Afrique, de la Macédoine , de la Palestine , de la Cappadoce , du Pont ,de la Cilicie , de la Thebaïde, de la Syrie , de -la Thrace , de la Mésopotamie , etc. En un mot , il y en eut de plus de trente-cinq provinces , sans compter les Orientaux qui se retirèrent. On ne sait pas bien le nombre des évêques orthodoxes : quelques historiens en comptent jusqu'à trois cents. 11 est certain qu’il en eut un nombre considérable.

Le célbre Osius de Cordoue fut l’âme de ce concile , et il 7 fit paraître son zele pour la justice , dans la force avec laquelle il s’opposa aux ariens. On croit qu’il y présida. Les actes de ce concile font de lui un eloge magnifique. Les autres évêques les plus illustres étoient Pro— togène de Sardique, Protis de Milan, Sévère de Ravenne, Lucille de Véronne, Verissime de. Lyon , i Vincent de Capoue , Janvier de

Bénévent, Maximin de Trêves , F.uph ratas de Cologne , Gratus de Carthage, saint Athanase , Marcel d’Ancyre et Asclepas de Gaze. Le pape Jules, après s’être excusé au concile de ce qu’il n’y alloit pas, envoya à sa place deux prêtres et un diacre. Du côté des Orientaux , il y eut environ quatre-vingts évêques, presque tous eusehiens ou attachés a leur parti , les uns par passion , les aulres par crainte ou par ignorance.

Les principaux étoient, Théodore d’Hcracléc , Néroniade , Etienne d'Antioche, Acace de Césarée, Ursace de Singidon, Valens de Murse, Maris de Chalcédcine, etc.

Saint Athanase, Marcel d’Ancyre et Asclepas de Gaze, étoient à la tête de ceux qui venoient se plaindre des violences des eusehiens. Il y avoit quantité de personnes qui venoient porter pareillement les plaintes de leurs parents et de leurs amis, qui étoient en exil, ou à qui les eusehiens avoient fait perdre la vie. J^s députés de plusieurs églises venoientreprésenter les maux qu’ils avoientendurés. Les uns montraient les chaînes dont on les avoit chargés ; d’autres, les coups d’épées qu'ils avoient reçus : ceux-ci représentaient la faim qu’on leur avoit fait souffrir : ceux-là , les insultes d'une multitude de soldats , armés de massues, et les menaces des juges s’ils ne communiquoient avec les ariens. Et tous, en général , représentaient les églises brûlées , les vierges dépouillées, et autres semblables excès

Enfin il y en avoit qui venoient se plaindre des lettres que l’on avoit supposées. Théognis en avoit fait de ce genre pour irriter les empereurs contre saint Athanase : car telle étoit la noire méchanceté des eusébiens , que , quoiqu' ils fussent les auteurs de tous les maux, ils imputaient aux autres leurs propres excès. Ils avoient l’impudence de dire, que l'on voyoit arriver d’A-

lexandrie et de Constantinople à Sardique une multitude prodigieuse de scélérats , et d’hommes perdus, coupables d’homicides, de brigandages, de piileries, en un mot de tous lesdésordres imaginables ; qu’ils avoient rompu les autels , brûlé les églises , profané les mystères sacrés, et massacre les plus sages d’entre les prêtres.

Les eu sebiens, ayant donc bientôt compris que ce concile seroit un jugement purement ecclésiastique , où les solaats ni les comtes n auroient point de place, n’y vinrent qu’à regret, d’autant plus qu’ils apprirent que l’on y envoyoït de toutes parts des gens pour les accuser de tous leurs excès, avec les preuves en main.

Ils virent bientôt qu’ils ne pqurroient soutenir ni leur doctrine, ni leur conduite, dans une assemblée où l’on craignoitDieu beaucoup plus que Constance. Dans letrouble, dont ils se virent agités , ils résolurent , dès ce moment , de n’y pas comparaître. A iosi , dès qu’ilsfurent arrivés à Sardique , ils se logèrent dans le palais , s y tinrent renfermés, et ne laissèrent la liberté à aucun d’entr’eux de venir au concile. Mais deux évêques , Macairc de Palestine et Astcre d’Arabie , sc dérobèrent à cette violence ; ils se rendirent à l'assemblée , ils découvrirent les mauvais desseins des eusebieus et les menaces qu'ils faisoient à ceux de leurs confrères qui étoient dans de bons sentiments.

Comme les Peres du concile avoient reçu saint Athanase et les autres accusés , les eusébiens , qui ne cherchoient qu’un pretextepour s'en retourner , prirent sujet de dire qu’ils ne pou voient communiquer avec le concile, à moins qu’on n exclûtsaint Athanase, Marcel d’Ancyre et plusieurs autres. Mais le concile rejeta ces propositions, et répondit qu’on ne pouvoit pas traiter comme coupables , des évêque*

déclarés innocents par an jugement authentique que le concile de Rome avoit rendu en leur faveur, et par le témoignage que quatre-vingts évêques d’Egypte avoient rendu à leur innocence ; que d’ailleurs les empereurs avoient permis au concile de disculer ,de nouveau , toutes les matières depuis leur origine, et examiner ce que les autres avoient déjà jiigé. Mais la vérité ne satisfit ps ceux qui aimoient le mensonge; les euscbiens crurent devoir aliéner qu’ils ne pouvoientse trouver

ansune assemblée où l’on admettoit des gens coupables de sacrilège et d’homicide , et de tout ce qu’il leur plaisoit d’imputer à leurs adversaires, et ils persistèrent plusieurs jours dans la demande qu’ils avoient faite.

Les Pères, de leur côté, les pressoient de se présenter, et de prouver leurs accusations, disant que c’etoit se condamner eux-mêmes que de se tenir caches. Saint Athanase leur faisoit faire les mêmes instances, et leur protestoit qu’il se justifieroit de tou tes leurs calomnies, mais toutes les propositions qu’on leur fit furent inutiles.

Cependant, pour colorer leur fuite de quelque prétexte , ils dirent que l’empereur leur avoit mandé qu’il venoit de remporter une victoire sur les Perses, et que cette raison les oblige de partir pour aller lui en témoigner leur joie. Le concile , bien loin d’approuver une raison si peu sérieuse , leur écrivit qu’ils eussent auparavant , à se défendre des crimes dont on les accusoit ; qu’autrement i| les en déclareroit coupables. Alors la frayeur les surprit , et , pendant la nuit , ils se retirèrent en diligence : leur fuite fortifia les preuves que l'on avoit de leur conduite irrégulière.

Le concile traita ensuite de ce qui regardoit la foi ; il déclara qu’il ne falloit plus agiter les mêmes questions, mais se contenter du

symbole de Nicée , pour ne donner aucun prétexte à de nouvelles formules. 2.0 On y admit saint Alhanase , et les autres accusés, à prouver leur innocence. 3.° La conduite des eusebiens fut mise dans tout son jour. On examina les plaintes formées de toutes parts contr’eux.

La plus importante etoit qu’ils com— muniquoient avec les ariens, condamnés au concile de ÎSicée. Arsène , vivant , et même que l'on croit avoir été présent à ce concile , fut une conviction manifeste de l’imposture de ceux qui disoient qu’Athanase lui avoit ôté la vie.

On fut également convaincu de la fausseté du calice rompu , par la déposition de diverses personnes venues d’Alexandrie, par le témoignage de quatre-vingts évêques d’Egyptedans leur lettre au pape Jules, par l'information même de la Maréote, puisque ceux qui avoient été chargés delà faire ne mériloient aucune creance , et qu’elle se combaltoit elle-même ; enfin par le refilé que les euscbiens eux-mêmes avoient fait de venirà Rome , y étant appelés par le pape. Les Pères du concile, frappés de tant d’impostures si grossières, confirmèrent saint Athanase dans la communion de l’Eglise , et le reçurent comme un innocent injustement persécuté :

ils déclarèrent, aussi innocents, quatre prêtres d'Alexandrie, bannis par les euscbiens, et contraints de s’enfuir pour éviter la mort.

On examina ensuite la cause de Marcel d’Ancyre , accusé par les eusébiens : il se présenta au concile pour se justifier. Ses accusateurs renfennoient tous ses crimes dans son livre. Le concile , après en avoir fait l’examen , déclara qu'ayant In ce qui précédoit et ce qui suivoit les endroits que les euscbiens accusoient , il avoit trouvé que les accusateurs prenoient malicieusement, pour les sentiments de Marcel, ce qu’il ue disoit que comme par que9 -■

tion , et pour chercher la vérité, et que ses véritables sentiments étoient entièrement contraires aux hérésies qu’on lui imputoit. Ainsi il le déclara innocent , légitime et unique évêque d’Anryre.

On lit voir que Théognis avoit supposé de fausses lettres pour animer les empereurs contre saint Athanase Le concile ne crut pas devoir laisser sans punition des évêques qui calomnioient leurs frères, qui bannissoient et qui eniprisonnoient, quituoient, qui brûloicntles églises.

Il cassa les ordinations de Grégoire et de Basile , ordonna qu’on ne les regarderait ni comme evêques ni comme chrétiens. 11 déclara innocents ceux qu’ils avoient déposes , et usurpateurs ceux à qui ils avoient donne leurs églises ; déposa les principaux chefs des eusebiens , savoir :

A cace de Césarée , George de Laodicée , Ursace de Singidon , Valons de Morse, Théodore d’Héraclee ; ces trois derniers avoient été les rommissaires envoyés à la Maréole contre saint Athanase. Le concile les déclara anathématisés, privés de la communion des fidèles, et entièrement séparés de l’Eglise : il en fit de même à l’egard de Grégoire , usurpateur du siégé d’Alexandrie.

Le concile écrivit aux empereurs pou ries su pplier de mettre en lil -erté ceux qui gémissoient encore sous l’oppression ; de faire en sorte que les églises ne fussent plus infectces de la contagion des ariens. 11 écrivit aussi une lettre circulaire à tous les évêques de l’Eglise , par laquelle les Pères du concile les prient tous de s’unir à eux , et de souscrire à leur doctrine. Ils y appellent l’herésie arienne, l’hérésie d’Eusebc : ils y déclarent que ccn x qui étoient morts, par la persécution des eusebiens, avoient acquis la gloire du martyre.

Tel fut le vrai concile de Sardique.

Dans les actes de ce concile, il est dit qu’Osinis demanda un réglement pour empêcher les évêques

d’aller à la cour aussi souvent qu’ils y alloient, et d’importuner continuellement l’empereur par des requêtes non nécessaires, et qui regardent plutôt les grandeurs du monde que l’avantage de l’Eglise.

Nous avons vingt canons célébrés de ce concile, selon le texte grec, et vingt-un, selon le latin.

Les deux premiers regardent les évêques qui changeoienlil’eglise par ambition ou par avarice , comme il etoitaisë de le juger puisqu’on n’en trouvoit pas un seul qui eût passe' d’une plus grande église à une plus petite. Le concile veut qu’ils soient privés de la communion laïque, même à la mort. 11 y en a un qui permet à un évêque , condamné par un concile , d’appeler à Rome ; et au pape , de nommer de nouveaux juges s’il croit l’appel bien fondé.

Ces canons ont été écrits en latin, selon la préface de Denis le Petit.

Les plus habiles croient que le grec est une version et non l’original. Au reste , l’autorité de ces canons est regardée comme fort grande , parce qu'ils ont été reçus depuis, tant de 1 église latine que de l’eglise grecque

Quoique le concile qui les a faits n’ait pas clé mis au nombre des oecuméniques , il est constant qu'il a été convoqué pour représenter toute l’Eglise , selon l’intention des empereurs ; que ce qu’il j avoit alors déplus saints évêques s'y trouva réuni , et qu’il a été enfin reçu par toute l’Eglise. Tout cela , dit M.

de Tillemont, approche de bien près de l’autorité d'un concile oecumëriiue. Que si quelques personnes emandent pourquoi on ne donne point rang à celui-ci entre les conciles oecuméniques, puisque celui de Constantinople , qui ne devrait être que le IIIe, a toujours été compté pour IIe ; c’est parce que ce concile etoit regardé comme une suite et un abrégé de celui deNicée , que ses canons ont été cites comme étant du concile de Nicée , et qu’on

n’y a pas fait de nouvelle formule de foi. Athan. Apol. II. p. 754. Socr. II. c. 20. Sozom. III. c. II. Tom. II.

Conc. p. 71 5. Marca. Cons. I. VI. c.

SARR AGOSSE (C. de ) tW- Augiutanum . l’an 38o, tenu par les évêques d’Aquitaine contre les priscillianistes , qui formoient une secte des erreurs des gnostiques, des manichéens et des sabelliens. Cette hérésie eut, pour auteur, un nommé Marc, né à Memphis en Egypte, grand magicien et disciple des manichéens. Les dogmes des priscillianistes étoient un mélangé de toute sorte d’impuretés, et des erreurs les plus grossières et les plus sales , mais particulièrement de celles des manichéens et des gnostiques. Ils suivoientles sabelliens sur la Trinité, enseignant que le Père , le Fils et le Saint-Esprit n’étoient qu’une seule personne : ils vouloicnt , avec Paul de Samosate et Photin , que Jésus- Christ n’eût point été avant que d’être né de la Vierge. Comme Mardon et Manichée, ils ne vouloient pas qu’il eût pris véritablement une nature humaine, et ils étoient ennemis de la croix et de la résurrection. Ils disoient que le diable étoit sorti du chaos et des ténèbres éternelles, et qu’il ne tenoit son origine de personne; qu’il étoit le principe du mal; qu’il étoit le maître des tonnerres , des foudres , des tempêtes ; que les âmes étoient de la nature divine : iis supposoient qu’elles avoient péché dans le ciel, qu’a cause de cela , elles étoient tombées su r la terre entre les mains de divers princes et de diverses puissances de l’air, qui les avoient renfermées dans des corps. Ces princes étoient le démou même : ils leurattribuoient la formation de l’homme : de là tient qu’ils abhorroient l’usage du mariage : ils défendoient de manger de la chair des animaux, comme d’une chose impure , et ne vouloient pas croire la résurrection de la chair.

Il seroit trop long de rapporter toutes les rêveries qu’ils avoient imaginées.

Leur extérieur étoit modeste, mais, an fond , leurs mœurs étoient très-corrompues. Saint Augustin appelle Priscillien un impie, et condamné pour des hérésies et des crimes horribles. Leu rs mystères n’étoient pas moins infâmes que ceux des manichéens, qui passoient tout ce que l’on pourroit s’imaginer : mais plus leur secte étoit honteuse, plus ils avoient soin de se cacher.

Priscillien, qui a donné le nom à cette secte, étoit d’une illustre naissance et avoit de grands biens : il étoit d’nn génie vif et éloquent : il avoit beaucoup de facilité à s'expliquer et à disputer , mais il étoit extrêmement vain , et la connoissance qu’il avoit des sciences humaines lui avoit fort enflé le cœur. S’étantlaissé surprendre à la doctrine de Marc et d’Elpidc, il y en- attira beaucoup d’autres par ses discours artificieux et par ses caresses, mais les femmes surtout, grossissoient le nombre de ses disciples. Bientôt toutes les parties de l’Espagne se trouvèrent infectées de cette détestable hérésie.

Ce fut vers l’an 379 que cette secte se forma et prit le nom de son auteur. Quelques évêques s’y laissèrent emporter, et entre autres Instance et Salvien. Idace, évêque de Mérida en Lusitanie, entreprit la cause de l’Eglise , avec un grand zèle, mais manquant de prudence, et poussant Instance et les autres sans modération, il aigrit plutôt le mal qu’il ne l’arrêta. Enfin , après plusieurs disputes entre Idace et les priscillianistes , les évêques d’Aquitaine s’étant assembles avec ceux d’Espagne l’an 358, l’affaire des priscillianistes fut portée en ce concile. On ignore le détail de ce qui s’y passa; mais on sait que ces hérétiques n’osèrent se présenter au jugement desévêques; malgré -cela, leur

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