‹ Dictionnaire des concilesChapitre 42 sur 263 · CAL S · texte numérisé non relu

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mour qu’ ils avoient fait paroître pour la fo> au faux concile d’Epbèse : tels etoient Dioscorc d’Alexandrie , Maxime d’Antioche, Ju vénal de Jérusalem , Thalassius de Ce'sarée et tous les principaux évêques de l’Orient. Et à l'egard d’Anatole de Constantinople, comme il avoit été ordonné par Dioscore,on pouvoit craindre qu’il ne le favorisât. D’ailleurs Marcien et Pulchcrie, parla haute idée qu’ils avoient de saint Léon , vouloicnt que tout s’y fit par son autorité. Till. Theod. L i. p.

Les officiers de l’empereur dévoient proposer les matières, formerles avis et les conclure, après que les evêques auraient donné leurs suffrages; ce qui fut ainsi réglé.

1" Session. Toutes choses ainsi réglées, le concile s’assembla le 8 octobre dans l’église de sainte. Euphémie. Les officiers de l’empereur prirent séance au milieu ; a leur gauche , ou , selon notre manière de parler, du côte de l’épître , etoient les légats du pape Anatole , de Constantinople , les evêques d’Antioche, de Cesarce en Cappadoce et les a u très des diocèses de 1 (frient, du Pont , de l’Asie et de la Thrace. A la gaucheetoient Dioscore, Ju vénal , Thalassius de Cesarée , et les autres evê-

3ues de l’Egypte , de la Palestine , el’Illyrie, qui avoient été, la plupart , du faux concile d’Ephèse.

Lorsqu’on eut pris séance , les légats du pape s’etant levés, demandèrent qu’on fit sortir Dioscore , ou qu'ils sortiraient eux-mêmes. Lesofficiers leur demain} èrent de quoi on l’accusoit. Ils répondirent que c’étoità cause de la conduite qu’il avoit tenue à Ephèse. Les officiers ordonnèrentà Dioscore de quitter son rang, et de s’asseoir au milieu en qualité d’accusé. Sur la demande d’Eusèbe de Dorylee, on lut la requête qu’il avoit présentée à l’empereur contre Dioscore.

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Par cette requête , F.usèhe demandoil justicç des maux que Dios- COre avoit faits à lui et à saint Flavien : il lui reprochoit d’avoir favorisé en tout Eutichès; d'avoiremploye la violence la plus marquée et les moyens les plus iniques pour procurer l’absolution d’Eutichès. Il demandoit en même temps qu’on lût au concile les actes du faux concile d’Ephèse, par lesquels il espéroit montrer l'injustice de Dioscore , qui avoit déposé saint Flavien et lui. On lut les actes , en commençant par la lettre de Théodose; et comme il y etoit parlé de Théodoret d’une maniéré injurieuse, les officiers, suivant l’ordre de l'empereur , le firent entrer , pour tenir sa place au concile ; mais les Egyptiens poussèrent de grands cris, disant ue c’etoit renverser la foi , et ils cmanderent q u’ il demeu rât en qu alité d’accusateur.

La lecture des actes fut quelquefois interrompue, tantôt par les uns, tantôt par les autres, mais les Orientaux firent de grandes plaintes des violences qu’ils avoient souffertesde la part de Dioscore. Celuici prétendit que le concile d’Ephèse avoit approuvé tout ce qu’il avoit fait, sur quoi les Orientaux s’écrièrent : On nous a forcés , on nous a frappés, on nous a menacés d’exil ; des soldats nous ont repousses avec leurs epees : nous avons souscrit unpapier blanc , on nous a retenus jusqu’au soir enfermés dans l’église. Et sur ce que les magistrats, après avoir éclairci toute l’affaire du brigandage d’Ephèse, dirent :

pourquoi avez-vous souscrit à la déposition de Flavien ? ils s’écrièrent :

nous avons tous failli.

Eusèbe se plaignit de ce qn’ctant accusateur d’Eutichès, on n’avoit point voulu qu’il entrât au concile.

Ensuite on lut les actes du concile de Constantinople , qui étoient insérés-dansceux du faux concile d’Ephèse. On lut la seconde lettre de

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saint Cyrille à Nestor Lus, et celle, qu’il avoit écrite aux Orientaux, et tous Iesévêques s’écrièrent, que c’étoit la leur foi et leur doctrine. Et comme saint Flavien avoit approuvé ces deux lettres dans son concile de Constantinople , les légats et Maxime d’Antioche, Eustathe de Uérythe dirent qu'ils trouvoient la croyance de Flavien conforme aux règles de la foi et aux lettres de saint Cyrille. Les Orientaux déclarèrent d’une commune soix que le martyr Flavien avoit fort bien expliqué la foidel'Eglise. En même temps les évêques de Palestine passeront du côte droit au côte gauche , ou etoient les Orientaux , témoignant qu’ils abandonnoient le parti des Egyptiens , et à la fin Dioscore ne se trouva avoir pour lui qu’environ douze évêques

Cest ainsi que l’innocence de saint Flavien fut reconnue : ce qui emportoit la condamnation du faux concile d’Ephèse. Aussi tous les evêques,qui avoient eu part à ce qui s’y étoit fait, ne cherchèrent point à sc défendre : mais quohne tout le monde se déclarât poursaint Flavien , Dioscore ne rabattit rien de sa fierté , et parla avec une hauteur surprenante, disant qu’ifn’é-r toit attaché ni à Entichés, ni à personne , mais à la foi catholique et apostolique ; qu’il 11e regardoit- pas les hommes, mais Dieu seul.

2.0 O11 lut l’endroit du faux concile d’Ephèse, où Eustathe de Jïe— rytbe avoit dit qu’il 11e faut point croire deux natures en Jesus- Christ , mais une seule nature incarnée. Tout le concile s’écria que ces paroles n’étoient dignes que d’Eulichès et de Dioscore. 3.° On lut la confession d’Eutichès, approuvée par Dioscore et- son concile ; qu’ily avoit deux.natures avant l'union , et une seule après l’union .

Aussitôttous les Peres prononcèrent anatheme à ces paroles : et lorsqu’on eut lu la sentence qu'il avoit pro-.

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noncée contre Flavien , on lui prononça anathème à lui-inême, et tous demandèrent que Dioscore, Juvënalde Jérusalem, Thalassiusde Césaree , Eusebe d’Àncyre, Eustathe deBerythe, Basile de Seleucie, qui presidoient au brigandage d’Ephèse , fussent déposés de la dignité épiscopale.

On ne lut ce jour-là que la pre mière séance du faux concile d’Ephèse , et on remit au lendemain à examincrce qui regardoit le dogme.

11e Session , le io octobre. Les officiers et les evêques se rendirent dans i'eglise. Il paroît que Dioscore, Juvenal, Thalassius, Eusèbe et Basile ne s'y trouvèrent point. On croit qu’ils en avoient eu ordre ; en eflet, on voit , par la réponse à Dioscore , qu’on lui averit donné des gardes.

Les officiers de l’empereur , apres avoir exposé ce qui setoit tait dans la première seance , prièrent les évêques de vouloir décider ce qui regardoit la foi , afin de faire eonnoître la vérité à ceux qui s’en étoient écartes ; mais ils repondirent que les Peres avoient laissé des expositions de foi qu’il faut suivre ; que s’il y avoit quelque chose à éclaircir sur l’hérésie d’Eutichès, le pape saint Léon l’avoit fait suffisamment dans la lettre à laquelle ils avoient tons souscrit , et ils persistèrent à dire qu’il ne falloit point faire de nouvelles decisions sur le dogme.

Cependant on examina la doctrine , on lut les symboles de ÎSicée et de Constantinople. On lut la lettre de saint Leon à Flavien , où la doctrine sur l'incarnation étoit développée avec beaucoup de solidité. En voici les principaux traits.

« La nature divine et la nature hu- » maine, dit ce grand pape, demeu- » rant chacune en son entier, ont » été unies en une seule personne , » afin que le même médiateur pût » mourir , étant d’ailleurs immortel » et impassible... Une nature n’est

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» point altérée par l’autre. Le même » qui est vrai Dieu est vrai hom- » me... Le Verbe et la chair gardent » les opérations qui leur sont pro- » près. L’Ecriture prouve egale- » ment la vérité des deux natures.

» Il est Dieu , puisqu'il est dit : au >* commencement étoit le Verbe , et » le Verbe etoit Dieu : il est homme, >• puisqu’il est dit le Verbe a été fait » chair, et il a habité parmi nous.

» Comme homme, il est tenté par « lé démon ; comme Dieu il est servi » par les anges... Comme homme, il » pleure Lazare mort ; comme Dieu •> il le ressuscite. Comme homme, il » est attaché à la croix ; comme » Dieu il fait trembler en mourant » toute la nature : c’est à cause de » l'unité de personne , que nous di- » sons que le Fils de l’homme fst >* descendu du ciel, et que le Fils de » Dieu a été crucifié et enseveli, » quoiqu'il ne l’ait été que dans la » nature humaine. » Tous les evêques approuvèrent la doctrine de ce saint pape, et ils s’écrièrent : c’est la foi de nos pères : nous croyons tous ainsi : anathème à qui ne le croit pas. On lut les passages des Pères , cités par saint Leon.

a.0 Les évêques d’illyrie et de Palestine demandèrent avec instance qu'on pardonnât aux chefs du faux concile d’Ephèse , et nommément à Dioscore. Les Orientaux ne dirent rien sur les autres, mais pour Dioscore , ils demandèrent son exil , le traitant même d’heretique.

IIIe Session, i3 octobre. Les magistrats 11’y assistèrent point; sans doute, dit M. de Tillemont, afin qu’on n’eût aucun pretexle de dire

Sue les évêques n’etoient pas libres ans le jugement qu'ils alloient rendre sur Dioscore ; et il paroit que l'empereur le jugea à propos, s agissant de crimes canoniques qui ne demandoient point la presenceaes officiers ni des laïques. On ne voit point non plus que les évêques d’Egypte, ni aucun des chefs du

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faux concile d’Ephcse y aient assisté.

i .• Les légats représentèrent que le pape les ayant envoyés piesider en son uom,c'e(oit a eux à examiner ce qui se rcnrcnlreroit. On lut la requête d’Eusebe , adresser au. concile. il demaiidoil que Dioscore, ayant ete convaincu de plusieurs crimes , par la lecture du faux concile d'Epliese , le concile analhematisât ses dogmes impies ; qu'il le punit comme il le meritoit ; qu'il confirmât la véritable doctrine, et cassât tout ce qui avoit ete fait dans cette assemblée : il demanda que Dioscore fût appelé pour être présent et pour lui repondre; ce qui fut fait : mais il refusa de venirsous de faux prétextes : savoir, qu'il ctoit prêt d'aller au concile, si les officiers de l’empereur, qui legardoient , le vouloient permettre :

cet obstacle étant levé , il dit qu’il ~ ne pouvoit y aller , si les officiers de l'empereur n’y venoient. A la seconde citation fl fit la même réponse , ajoutant qu’il falioit que Thalassius, Juvenal et les autres, { qu’Eusébe accusoit de même que lui , y vinssent.

a.û On lut les requêtes des ecclésiastiques et des laïques d’Alexandrie contre Dioscore ; il y étoit accusé de crimes horribles ; et enlr’autres , d’avoir commis des homicides , brûlé et abattudes maisons ; d’avoir toujours mene une vie infâme ; d'avoir acheté du blé pour le revendre bien cher ; et que des femmes déshonnêtes frequentoient son évêché.

3.° Le concile lui fit faire une troisième citation ; mais on ne put jamais tirer de lui d’autre réponse , sinon qu’il n’avoit rien à ajouter à celles qu’il avoit déjà faites. Les députés ayant fait leur rapport aucontile , les légats représentèrent en pen de mots les crimes dont Dioscore avoit été convaincu ; d’avoir tté cause de tous les maux qui

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étoient arrivés ; d’avoir refusé de se venir justifier de plusieurs autres crimes dont on l’accusoit, quoiqu'il eût déjà ete cite par trois fois : ils ajouteront que Dioscore s'ctantcondamne lui-même en violant les ca nons eu tant de manières , le pape Leon avec saint Pierre le depouilloient par eux et par le concile, de l'épiscopat , et le privoient de toutes les dignités ecclesiastiques.

Ensuite ils prièrent le concile d’ordonner ce qui eloit conforme aux canons : et après que tous les evêques eurent condamné Dioscore de vive voix , ils le firent par ccribct signèrent sa déposition. Toutes les signatures sc moulent à trois rents.

C'est ainsi, dit M. de Til!emont,que le coupable fut dépouillé de l'habit et de la dignité de pasteur, dont il avoit démenti l'un , et deshonoré l’autre. On dressa un acte pour signifier à Dioscore la sentence rendue contre lui, et le concile écrivit une lettre à Marcien , contenant les raisons pour lesquelles on avoit été obligé de le déposer. Mais comme Dioscore étoit aussi audacieux après sa déposition qu’auparavant , et qu’il faisoit courir le bruit qu’il serait rétabli dans sa dignité, le concile fit afficher un acte adressé aux fideles de Constantinople, et de Calcédoine , par lequel il declaroit que la déposition de Dioscore etoit une chose entièrement irrévocable; et, peu après, Dioscore fut relégué à Gangres dans la Paphlagonie , où il mourut trois ans après. Cotte. Tom.

If. p. 4-8 elseq.

IVe Suxion, 17 octobre. Les officiers de l’empereur s'y trouvèrent ; et comme ils virent que les évêques t persistoient dajis l’opposition qu’ils avoient témoignée de ne faire, aucune nouvelle decision de foi , ils se contentèrent de demander , si l'on jugeoit la lettre de saint Leon conforme aux symboles de ÏSicée et de Constantinople. Le légat Pascasin déclara, à la prière des évêques,

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quelle étoit la foi du concile : il dit

3ue le concile suivoit la définition e celui de Nicee , celle du concile de Constantinople, sous le grand Théodose , avec l’exposition donnée

Er saint Cyrille ; les écrits du pape ;on contre l'herésie de Nestorius et d’Eutichès. Et les évêques reconnurent que la foi du pape Léon s’accordoit avec celle des Pères de ISicée , de Constantinople et d’Ephèse. Ilsdirentqu’ilsl’approuvoient tous comme étant du même esprit , et ils s’écrièrent : nouscroyons tous ainsi.

a.° Les évêques demandèrent d’une commune voix l’absolution de Juvénal , de Thalassius , d’Eusèbe, de Basile , et d’Eustathe. Ils assurèrent qu’ils suivoient la même foi que le concile , et on les regarda comme ayant moins agi de leur gré , que forces par la violence de Dioscore ; ainsi on les fitenlrer. On crut qu’il suffisoit d’avoir déposé Dioscore , et qu’il ne falloit pas aller plus loin, de peur d'un nouveau schisme.

3.° On lut la requête des abbés schismatiques, qui demandoient le rétablissement de Dioscore ; mais tous les évêques s’écrièrent : anathème à Dioscore. 4 °Onlut le quatrième et cinquième canon du concile d’Antioche, contre le prêtre ou diacre qui se sépare de la communion de son évêque. 5.° On régla le différend entre Pbotius deTyr, et Eustalhe de Bérythe : il fut jtigé que le premier auroit tout le pouvoird’ ordonner dans toutes les villes de la première Phénicie , et que l’évêque Eustathe n’auroit rien en vertu de la pragmatique impériale au-dessus des autres évêques de la province.

V« Session, le 32 octobre. Quoique les évêques eussent témoigné , dans les séances precedentes , une répugnance entière à faire aucune nouvelle définition sur la foi , ils résolurent néanmoins d’en faire une , et

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ils tâchèrent de suivre exactement ce qui avoit déjà été décidé par les conciles et par les Peres. On régla que la définition de foi , sur la matière en question , seroit examinée .

et on nomma des commissaires qui s’assemblèrent dans l’oratoire de sainte F.uphemie au nombre de vingt-deux. Cet examen ayant été fait , et la définition dreSsee , plusieurs évêques trouvèrent qu’elle étoit imparfaite : ( elle contenoit , que Jésus-Christ ctoit de deux natures, et non en deux natures,) ccfmme l’avoit mis saint Léon, parce que , quoique cette définition ne contînt rien que de véritable , elle ne disoit rien que les eutichiens ne pussent recevoir aussi-bien que les catholiques ; mais après beaucoup de difficultés et de discussions, on convint de suivre entièrement la lettre de saint Léon , et le décret contenant la defmitionde foi fut réformé, afin quelle fût agréée de tout le monde. Ce décret n’est point un symbole court et abrégé, mais un discours assez étendu : les symboles de Nicée et de Constantinople y sont insérés, et établis pour règle de foi. On y joignit , contre Nestorius, les deux lettres de saint Cyrille , et on y ajouta celle de saint LeonàFIavien , contre les erreurs de Nestorius et d’Eutichès. Le concile y fit de lui-même un abrège de la foi de l’incarnation. En voici les articles les plus essentiels :

« Nousdéclaronstoutd'une voix, » que l'on doit confesser un seul et » même Jésus-Christ Notre-Sci- » gneur,le même parfait dans la di- » vinité, et parfaitdans l’humanité , >> vraiment Dieu, et vraiment hom- » me ; le même composé d’une âme >* raisonnable et <l’un corps , con- » substantiel au Pè c selon la divi- >• nité, et consubstantiel à nous selon » l’humanité. En tout semblable à » nous hormis le péché; engendré “ du Pcrc avant les siècles , selon la » divinité ; et dans les derniers

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• temps, ne de la Viorne Marie , » mère de Dieu, selon l'humanité, » pour nous et pour notre salut :

» un seul et meme Jesus-Christ , » Fils unique , Seigneur en deux a natures , sans confusion , sans » changement, sans division , sans » séparation, sans que l'union ôte la » différence des natures : au cen- » traire, la propriété de chacune est » conservée , et concourt en une » seule personne, et en une seule » livpostase, en sorte qu’il n'est pas » divisé ou séparé en deux peru sonnes ; mais que c'est un seul et » môme Fils unique, Dieu, Verbe, ■ Notre Seigneur Jesus-Christ. »

Les evêques s’écrièrent : c'est la foi des Peres. Ce decret fut reçu de tous les évêques au nombre de trois cent cinquante-six. Le concile défend à qui que ce soit d'enseigner on penser autrement , sous peine aux évêques et aux clercs d'être déposés , et aux moines et aux laïques d’être anathématises.

VIe Session, le a5 octobre. L’empereur Marcien y assista en personne : il y fit un discours en latin, et qui fut expliqué en grec , dans lequel il marquoit l’intention qu'il avoit eue en convoquant le concile, déclarant qu’il n'avoit voulu y assister que pour confirmer la foi, et non our exercer sa puissance. On lut la e finition de foi , publiée à la session précédente, et l’empereur ayant demandé si tout le concile étoit d'accord sur cette confession , ils s’écrièrent : nous croyons tous ainsi ; et tous souscrivirent le décret.

Ensuite on fit trois réglements.

i.° Que personne n» bâtirait un monastère sans le, consentement de l'évêque de la ville, et que les moines, tant de la ville que de 1? campagne, seraient soumis à 1 évêque, et vivroienten repos, nes’appliquant qu'au jeûne etàla prière. a.°Qu’aucun clerc ne prendrait des terres à ferme, ni d’aucune intendance, si ce ce n’est des terres de l’église, et

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commis à ce par l’évêque , à peine d'être dépouillé de sa dignité. 3.° Que les clercs qui servoient à une église, ne pourraient être destines à l’eglise d’une autre ville, mais se contenteraient de celle à laquelle ils avoient été destines, excepte ceux qui , étant chassés de leur pays, ont passé dans un autre église par nécessité.

Ensuite l’empereur déclara qu’il vouloit que la ville de Calcédoine , où le saint concile avoit été assemble, eût les privilèges de métropole , mais pour le nom seulement , sauf la dignité de la métropole de Nicomedie. Après quoi les évêques ayant fait les acclamations, ils supplièrent l'empereur de leur permettre de se retirer. ,Ce qui fait voirqu’ils regardoient des-lors le concile pour fini , parce que la question de la foi y avoit été réglée, et qu'ils en etoient convenus. Voilà pourquoi les anciens, dit M. de Fleury, faisoient grande différence entre les six premières sessions et les suivantes, où il n’étoit point question de la foi.

C'est après cette sixième session que les aneiens exemplaires placent les vingt-sept canons faits par le concile de Calcédoine, et qui sont reçus par toute l'Eglise. Les voici, du moins presque tous.

Le premier canon confirme tous ceux qui avoient été faits jusqu’alors par les saints Pères en différents conciles : ce qu’on explique du code des canons de l’Eglise'universelle , ou plutôt de l’Eglise grecque , donné au public par , Justel, et qui contenoit cent soixante-dix canons , tirés des conciles de Nicée. d’Ancyre, de Neocesaree , de Gangres , d'Antioche , de Laodicée et de Constantinople. Jusl. Tom. /, p. ag. l‘ro~ leg.

Le II* punit de la déposition ceux qui ordonnent ou qui sont ordonnés par simonie , et ceux même qui se rendent médiateurs de ce mauvais commerce. I>e 111* defend aux ec-

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désiastiques et aux simples moines de prendre la recette ou l’intendance des biens des laïques; il leur permet néanmoins de prendre soin des affaires des orphelins , des veuves et autres affliges , lorsque l’évêque les en chargera. Le IV' recommande l'honneur dû aux véritables moines, ordonne qu’ils seront soumis à leur évêque, et ne quitteront point le repos de leurs monastères, si leur évêque ne l’ordonne pour de grands besoins. Le Ve renouvelle la defense faite aux évêques et aux ccclésiastiquesdepasserd’une ville auneautre. Le VI' de n’ordonner aucun clerc sans l’attacher à un titre, et défendre à ceux qui n’en ont point , de faire aucune fonction. Le Vil* défend , sous peine d’anathème , à ceux qui sont engagés dans l’état ecclésiastique, de quitter leur état pour s’engager dans la milice ou dansdescharges séculières. Le VIII* soumet à l’évêque tous les ecclésiastiques des hôpitaux.

Le IXe ordonne que les ecclésiastiques qui auront des diilérends entr’eux,necherchent point d’autre juge que leurévêque, ou celuiqu’ils auront choiside son consentement ; que les différends qu’ils auront avec un évêque, seront jugés par le concile provincial, et que ceux d’un métropolitain, avec un évêque et même avecun ecclésiastique, seront jugés par l’évêque du departement ou par l’évêque de Constantinople ; les canons ne permettant point de terminer les affaires des évêques autrement que dans les conciles.

Le X* défend absolument la pluralité des bénéfices, en défendant d’immatriculer aucun ecclesiastique en deux églises en même temps.

Et si quelqu’un à l’avenir retombe dans cette faute, il sera même déposé.

Le XI* veut qu’on donne des lettres de paix aux pauvres et aux autres que l’on connoît peu , pourvu qu’ils soient catholiques , et de

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réserver les lettres de recommandation pour ceux dont on connoît la pieté et la probité.

Le Xll* regarde l’érection des nouvelles métropoles.

Le XIIIe défend de laisser faire aucune fonction aux ecclesiastiques etrangers que l’on ne connoît point, s’ils n’ont des lettres de recommandation de leur évêque.

Le XI Ve porte, qu’étant permis en quelques endroits aux lecteurs et aux chantres de se marier, il leur est défendu d’epouser des femmes païennes , juives ou herctiques , si elles ne promettent de se convertir.

Le XV* defend d’ordonner, par l’imposition des mains, une diaconisse qu’elle n’ait quarante ans, et après 1 avoir beaucoup éprouvée , et anathématise avec leurs mariscelles qui viennent à se marier.

Le XVI* ordonne que les vierges qui, après s’être elles-mêmes consacrées à Dieu , s’engageront dans le mariage , seront separees de la communion autant de temps que l’évêque le jugera à propos.

Le XVII* adjuge pour toujours aux évêques les paroisses de la campagne , dont ils auront joui pendant trente ans.

Le X VIII* dépose et excommunie les ecclésiastiques et les moines, qui font des ligues contre leurs évêques ou leurs confrères. La persécution d’ibas, par ses clercs, peut avoir donné lieu à ce canon.

Le XIX* se plaint qu’on ne tenoit pas deux fois l’anucc des conciles provinciaux, comme les Pères de îxicec l’avoient ordonné.

Le XX* veut t^ne , si un évêque reçoit un clerc d'un autre évêque, lui et le clerc soient séparés de la communion , jusqu’à ce que le clerc soit retourné à son evêque.

Le XXI* defend de recevoir personne à accuser un ecclesiastique, qu’on n'ait examiné quelle réputation il a.

Le XXII* défend aux ccclc’sias-

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tiques, sur peine de déposition, d'emporter les biens des eveques qui étoient morts, afin qu'ils puissent être conserves pour l'eglise ou pour ses parents.

Ix-XXIl veut que le défenseur de l'eglise de Constantinople chasse de la ville les clercs et les moines étrangers , qui y venoient sans y être envoyés par leur évêque, et qui n’y causoient que du trouble.

Le XXVI* ordonne qqje, dans tous les diocèses , il y aura un économe ris du clergé, qui gouvernera les iens de l’église suivant l’ordre de l’evêque.

Le XXVII* anathématisc ceux qui sont coupables de rapt et d'entevement ,et ceux qui y contribuent, et ceux qui y consentent ; et si c'est un clerc , ils le déposent.

Vile Ville et IXe Sessions , le 26 octobre- Dans la septième, on approuva les conventions que Maxime d’Antiocheet Juvénal de Jérusalem avoient faites sur le différend qu’ils avoient eu pourleurssiéges. Dans la huitième, on rétablit Théodore!

dans son église , après qu’on lui eut fait dire anathème à ISestorius, et qu’il ent souscrit à la lettre de saint Léon. A la neuvième, on examina l’affaire d’ibas, évêque n’Edesse, qui se plaignoit d’avoir été persécute par Kutichès , et d’avoir été déposé, qnoiqu'absent, aux faux concile d’Ephèse.

Xe Session, le 27 octobre. Ibas fut déclaré orthodoxe , et jugé digne de rentrer dans son église.

XI* Session , le 29 octobre. On déclara que Rassicu , evêque d’Ephèse avoit été intrus sur ce siège, y étant entré par violence , et Etienne par conjuration et artiûce, il fal— toit dire un autre évêque

XII' Session, le 3o octobre. On jugea que Bassien et Etienne seroient ôtés du siège d’ Epbèse ; qu’ils garderoient néanmoins la dignité d'évêque, et recevroientdelamême église, pour leur eutretien, deux

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cents sous d’or par an , qui font environ ifioo liv. de notre monnoie , et que l’on ordonneront un autre évêque selon les canons.

XII le Session, le même jour. On y dérida que l’évêque de ÎSicomédie , auroit l'autorité de métropolitain dans les églises de Rithyuie, et que l'évêque de Nicée en auroit seulement l'honneur , et scroit soumis à celle de Nicomédie.

XIV t Session, le 3 1 octobre. On prononça sur le différend entre Sabinien , évêque de Perra en Syrie , et Anastase , évêque de cette même ville, mais («ni avoit etc déposé, et ensuite remis sur son siégé, et on ordonna (ju’Anastase se tiendroit en repos jusqu’à ce que cette contestation fût examinée par Maxime d’Antioche dans un concile

XVc Session , le même jour. Les légats et les magistrats 11’assislèrent pointa cette action. Le reste du concile fit un canon, compté pour le vingt- huitième, et qui fit depuis tant de bruit. Il donne le second rang à l'eglise de Constantinople , ou plutôt , il attribue nettement à cette ville, autant qu’à Rome, à la réserve de la préséance. Il est conçu en ces termes. « Les Pères ont rai- » son d’accorder au siège de l'an- » cienne Rome ses privilèges , parce » qu’elle etoit la ville régnante.

» Ainsi les cent cinquante evêques » ont jugé que la nouvelle Rome , » qui est honorée de l’empire et du » sénat , doit avoir les mêmes avau- » tages dans l’ordre ecclésiastique, » et être la seconde après elle. »

Les Grecs ont joint a ce vingthuitième canon les vingt-sept autres faits par le même concile. Les éditions ordinaires , mais non les anciennes, les placent à la suite de cette quinzième session.

Les légats, Lucentius à la tête, avertis de ce qui s’étoit passé, ayant demandé que le concile s’assemblât, s’opposèrent à ce vingt- huitième canon : ils alléguèrent qu’il etoit

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contraire au concile de Nicce, dont ils lurent le sixième canon, qui porte que l'Eglise romaine a tou- (Ours eu la primauté. Les légats demandèrent acte de leur opposition , et qu’elle fût reçue dans les actes; mais, malgré leurs protestations, les officiers prononcèrent leur avis, selon lequel ils estiment , qu’apres avoir accordéà l'archevêque del ancienne Rome, selon les canons, la primauté et la prérogative d’honneur, celui de Constantinople doit avoir les infimes avantages, et qu’il a droit d’ordonner lés métropolitains dans les diocèses d'Asie , du Pont et de Tlirace. Les évêques ayant répondu que cet avis étoit juste, et qu’ils disoient tous de même, les officiers conclurent pour l'exécution du canon , en disant que le concile avoit confirmé tout cequ'iis avoieut

Ï imposé. Ainsi ce canon passa avec c consentement même des principaux évêques d’Asie , et fut signé par environ cent quatre-vingt-quar tre évêques. Ce fut la dernière action du concile de Calcédoine.

On doit observcrque l’évêque de Constantinople étoit dans une pleine possession de précéder tous les évêques de l’Orient: qu’il s’etoit acquis une grande autorité dans les départements de l’Asie , du Pont et de la Tlirace, et ilétendoit cette autorité jusque dans celui de l’Orient; que la préséance lui étoit assurée par le deuxième canon du concile. Ainsi il etoit de l’intérêt d’Auatolius, de peurque le reste ne passât pourune usurpation, de faire confirmer sa juridiction par une assemblée aussi illustre qu’étoit celle de Calcédoine.

Il avoit pour lui l’inclination du sénat , des officiers de l’empire et de l'empereur , qui ctoient bien aises qu'on elevât l’église de Constantinople. C. Chute. Et'ag. h. II.

Cette dernière séance , qui fut le

Premier novembre, étant finie, empereur et l’impératrice , après avoir rendu toute sorte d’honneurs

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et des marquesd'amitiéaux prélats , leur permirent de se retirer. A insise termina le concile de Calcédoine , quiaété non-seulement le plus nombreux , mais aussi le plus paisible , et peut-être le plus regulierde tous les conciles œcuméniques. Et quoiqu’il n’ait pas été d’abord reçu si paisiblement çn Orient qu’en Occident, surtout en Egypte et en Pa lestine, maigre les soins de l'empereur, l’Eglise a toujours témoigné un respect extraordinaire pour ce concile, ctun grand zele à en maintenir les décrets. L’empereur Marr cicn publia des lois à ce sujet, et saint Léon donna une approbation solennelle à ces mêmes décrets , pour assurer toute l’Eglise qu’il s'iimssoit de sentiment avec les evêques de ce concile. 11 est vrai que le profond respect qu’on a pour ce concile ne regarde que la cause de la foi, et la condamnation des hérétiques, et l'extinction de l’héresie. C’est à ce seul point que saint 1-eon réduit son approbation. Car, pour le reste, il déclare qu’il ne consentira jamais à ce qui peut être contraire au concile de Nicée.

En effet, dès qu'il eut appris, par ses légats , ce qui s’étoil passe à Calcédoine au sujet du vingt-huitieme canon, il ne voulut jamais autoriser la prétention d’Anatolius de Constantinople. Il écrivit à l’empereur et à l’impératrice, pour leur représenter qu'Anatolius ne devoit pas se prévaloir du consentement qu’il avoit ex torque de ses confrères, lequel ne pouvoit servir de rien contre les canons de N icce , dont l’autorite devoit être eternelle ; que la ville de Constantinople avoit ses avantages, mais qu’ils n’etoient que temporeds; qu’elle ne pouvoit devenir siège apostolique ; qu'Alexandrie ne devoit pas perdre son second rang pour le crime particulier de Dioscore, ni Antioche le troisième, et qu’il 11e consentiroit jamais à une telle entreprise; qu’il s'opposeroit

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