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CARTHAGE ( C. de) compté pour le second de saintCypricn'f E.
Afrique), l’an 2.12, au mois de mai. On y examina la cause de ceux <^ui éloient tombes dans la persécution. O11 traita avec indulgence ceux qui, après leur chute, étant demeurés dans l’Église, avaient continué de pleurer leur péché, et imploré la miséricorde divine; au lieu que, dans le concile précédent, il avoit été résolu de ne leur «lonncr la paix que quand ils seroient en danger de mort ; cl on ordonna dans celui-ci de la leur donner au plutôt , mais ce fut à cause de l’approche de la persécution CARTHAGE ( C. de ) a53, le troisième de saint Cyprien , composé de soixante-six évêques. On y lut la lettre de l’évêque Fidus, qui les avertissoit qu’un autre évêque, nommé Thérape, avoit accordé la paix à Victor, qui avoit été ordonné prêtre long-temps auparavant sans qu’il eût fait une pénitence deine et entière, et cela, sans que e peuple l’eût demande , ni même qu’il en eût rien su , et sans qu’il y eûtétccontraintni par la maladie, iri par aucune nécessité. Le concile fut indigné de cette action, et en fit une vive réprimande à Thérape.
Cependant ou ne voulut pas priver Victor de la commu nion que son évê que lui avoit accordée trop le’gère-
ment. Le même Fidus proposa, que l'on ne devoit baptiser les enfants qu’ils n'eussent huit jours, parce qu'autrefois on attendoit ce terme, pour leur donner la circoncision:
mais aucun evêque ne fut de son sentiment El ils décidèrent tous que Dieu n’a point d'egard aux âges ni aux personnes , que la circoncision n’est qu’une image du mystère de Jésus-Christ , et qu’on ne doi t exclure personne de la grâce de Dieu.
Saint Cyprien , qui écrivit cette décision à Vevêque Fidus, en son nom et au nom de 6es collègues , en rend raison par ces paroles : « Si les plus • grands pécheurs , venant à la foi , » reçoivent la remission des péchés » et le baptême, combien doit-on » moins le refuser à un enfant qui » vient de naître , et qui n’a point » péché , si ce n’est en tant qu il est » né d'Adam selon la chair , et que » par sa première naissance , il a ” contracté la contagion de l’an- » cienne mort ; il doit avoir l’accès » d’autant plus facile à la rémission » des pèches , que ce ne sont point » ses propres pèches qui lui sont » remis , mais ceux d'autrui. » Cette définition a été fort célé-
bré. Elle est citée par saint Jérôme, dans ses trois dialogues contre les pélagiens ; et par saint Augustin , dans son sermon deux cent quatrevingt-quatorze, pour prouver que la creance du péché originel a toujours etc la foi de l'Eglise. Ce même concile parle des prières et du sacrifice pour les morts , comme de pratiques anciennes Cypr. Ep. 55. p.
CARTHAGF. ( quatrième C.
de ) l’an a 54 , tenu par saint Cypricn , à la tête de trente-six évêques. On y déclara que l’on ne pouvait reconnoître pour évêques Ba- 6Üide et Martial , l’un l’avoit été de Lépn et l'autre d’Astorga , parce qu'ils étaient tous deux libellatiques et coupables de divers crimes. En conséquence, ils avoient été déposés,
et on avoit élu Sabin à la place de Basilide , et Félix en celle ne Martial. On décida que la surprise qu’ils avoient faite au pape Etienne , pour être admis à sa communion , n’avoit fait qu’augmenter leur crime, et on confirma l’élection de Sabin et de Félix. Fl.
CARTHAGE ( cinquième C.
de ) ( non reconnu ) l’an a54- Cire, tenu par saint Cyprien, sur la question du baptême des hérétiques, et composé de soixante-onze evêques- On y décida qu’il n’y a point d'autre baptême que celui qui se donne dans l’Eglisecatholique; que ceuxquiont été souillés de l’eau profane des hérétiques, doivent être baptisés quand ils viennent à l’Eglise, et qu’il ne suffit pas de leur imposer les mains , afin qu’ils reçoivent le Saint-Esprit. C’etoit d’ailleurs le sentiment de saint Cyprien , qui soutenoitque le baptême des hérétiques étoit nul. Il expo soit qu’il avoit trouvé cette doctrine établie en Afrique et dans plusieurs provinces de l’Asie. Et comme ce saint évêque étoit frappé des raisons fortes en apparence, que l’on apportoit contre le baptême donné par les hérétiques il crut soutenir le sentiment qui lui paroissoit le plus véritable. Ce fut le sujet de la dispute entre lui et le pape saint Etienne , qui soutenoit l’opinion contraire; car saint Cyprien lui ayant donné avis de ce concile, saint Etienne lui écrivit une lettre, par laquelle il rejetoit la décision du concile d’Afrique, et déclarait qu’il ne communiquerait plus avec Cyprien et les autres évêques du même sentiment , s’ils ne quittoient leur opinion.
CARTHAGE (C. de) l’an a56, sur le même sujet. Les évêques de Numidie, au nombre de dix-huit, ayant écrit à saint Cyprien pour savoir si on devoit rebaptiser les hérétiques , comme ils le pratiquoient eux-mêmes, le concile, que tendit
alors saint Cyprien, kor répondit qu’il falloit suivre la pratique qu’ils observoient déjà. Cn.Ep.70. p-174- CARTHAGE (C. de) même année , compose de snixante-onzc évêques des provinces d’Afrique et de Numidie.Ony régla, entr’au très choses, que les prêtres et les diacres, ordonnés dans l'hércsie, ou qui, ayant reçu l’ordination dans l’Eglise tombcroient dans l'here»*e ne seroient point admis dans T'curs fonctions, mais seulement à la communion. Un y confirma ce quiavoit etc ordonne dans le concile precedent touchant le baptême des hérétiques.
Au reste, tonte 1 Afrique étoit dans cet usage A «empsd’Agrippin, un des prédécesseurs de saint Cyprien. La Canpadoce, la Galalie , la Cilicie et p'usieurs provinces d'Asie Y étoient aussi. Un concile d’Icone en Phrygie, tenu vers l’an a3o, et un de Synnades, dans la même province, avoient pareillement rejeté le baptême des hérétiques , en sorte que saint Cyprien avoit été entraîné dans ce sentiment par l’autorité de ses prédécesseurs et la pratique de son pays. D’ailleurs les raisons sur lesquelles il s’appuyoit etoient plausibles, quoique fausses; mais il n’y avoit eu personne qui en eût fait assez voir la fausseté. Le principe de saint Cyprien etoit que tout baptême donne hors de l’Eglise catholique étoit nul ; et de là il soutenoit que le baptême conféré à celui qui passoit de l'hérésie à l’unité de J Eglise , n’etoit pas une rebaptisation, puisque le premier n’avoit été qu'un faux haptène. Mais son .erreur venoit dece qu’il ne distinguoit pas la validité du sacrement , de l’effet et de la grâce du sacrement ; ainsi de ce que la grâce du sacrement ne se donne et ne se reçoit point hors de l’Eglise catholique, comme saint Augustin leditsi souvent , il en inferoit que le sacrement ne s’y donnoit pas non plus. Le sentiment des autres étoit que le bap
tême, donné par les hérétiques, est bon et valide , lorsque ces hérétiques y observent la même forme que l’Église catholique, et qu'ils baptisent au nom des trois personnes divines , comme l’Evangile •’ ordonne. C'étoit le sentiment de saint Etienne , qui soutenoit que la pratique de recevoir les hereliques sans les rebaptiser, etoit une tradition apostolique. Ainsi l'Eglise , ayant suiv i u n i versellement cett e pratique, a autorise le sentiment de “.e saint pape. En effet , saint Augustin , Vincent de Lérins, et Facundus ont toujours suppose que saint Etienne et les autres, quis’opposoient avec lui à saint Cyprien, sou- Icnoient l’ancienne et véritable doctrine de l'Eglise, telle qu’ils la soutenoient eux-mêmes. Tilt.
CARTHAGE (C. de) même année, et le premier septembre. Il est qualifié de grand concile. 11 s’y trouva quatre-vingt-cinq évêques des provinces d'Afrique , de Numidie et de Mauritanie. On y lut la lettre de Jubaïen, qui avoit consulte saint Cyprien sur la question du baptême, et la réponse de saint Cyprien. On y lut aussi la lettre que le même saint et le concile precedentavoient envoyée au pape Etienne, et larépouse dece pape. Il ne paroît pas que celte réponse , quoiqu 'accompagnée de menaces d'excommunication, eût ébranlé saint Cyprien et l’eût fait changer d'opinion. Sur quoi saint Augustin , qui reconnoît tou joursque le pape Etienne soutenoit la vérité et la doctrine de toute l'Eglise, excuse saint Cyprien de n'avoir pas déféré à l’autorité de saint Etienne, dans une matière si obscure et si difficile, parce qu’il etoit disposé à se soumettre à la vérité, si elle lui avoit ele déclarée par un concile universel, comme l’Eglise l'a fait depuis.
Après que ces pièces eurent été lues , saint Cyprien fit un discours , où, après avoirdésapprouveavecau-
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tant de douceur que de force ceux qui sc faîsoient évêques, en voulant obliger leurs collègues par une terreur tyrannique, a suivre absolument leur opinion, il proteste de nouveau qu'il laisse àcbacunla liberté de sa créance, sans juger ni séparer personne de la communion sur ce sujet Y a-t-il rien de plus doux, s’écrie saint Augustin, rien de plus humble , rien de plus vrai les evêques dirent ensuite leur avis :
saint Cypricn conclut par le sien, et tous les autres furent du même sentiment que lui.
Cependant le pape Etienne irrite refusa de parler aux depulesdu concile, et saint Cypricn écrivit, sur cette allaire, à Eirmilien, evêque de Cesaree en Cappadore. Ce dernier rroyoit, connue il le dit en deux endroits de sa réponse à saint Cypricn,que le pape avoit entièrement rompu la paix avec l'Afrique'; sur quoi il ne craint pas de dire que le pape Etienne , en séparant tous les autres de lui , se séparoit lui-même de tous les autres, et de l’unité de la communion ecclesiastique , se rendant ainsi véritablement schismatique. Mais quelque chaleur qu’il fasse paroitre , il témoigné néanmoins, comme saint Cvprien , qu’il ne vouloil point rompre la paix , ni avec le pape ni avec ses autres adversaires, puisqu’il reconnoît qu’ils ctoicnt comme lui dans funitc de l’Eglise catholique.
Cette contestation dura jusque sous le pontificat de saint Sixte , qui succéda à saint Etienne ; et il paroît que les evêques d’Afrique abandonnèrent peu a peu leursentiment, puisque saint Jerome dit que les mêmes evêques qui avoient ordonne de rebaptiser, firent un decret contraire.
Pour ce qui regarde saint Cvprien, l’Eglise romaine a toujours témoigné tant de vénération pour lui , et particulièrement en honorant sa mémoire dans le sacré canon de la messe, qu’ou ne peut douter qu’il ne
soit mort uni avec elie , non-seulement par la disposition de son cœur, mais même par la communion extérieure. On sait qu’il souffrit le martyre sous Valcrien, l’an a58 , et I on peut dire que la persécution qui etoit commencée plusieurs mois avant la mort du pape saint Etienne , en 2.Ç7, avoit porte les catholiques à se réunir.
Ce saint évêque , dit saint Augustin , qui presidoit à une si grande eglise, et qui etoit si recommandable,soit pour l'esprit, soit pour l’eloquenre, soit pour la vertu , souffrit que d'autres combattissent son sentiment, sans se separerde leur communion . Combien de gens lauroient suivi s’il s’etoit séparé. Il faut donc adorer, en rette célébré dispute, la gr tideurde lachaiitc qui a sanctifié saint Cypricn , lorsqu’il employoit tout ce qu'il avoit d’esprit et d autorité pour soutenir une erreur. Les douatistes ont depuis suivi ses sentiments et ses raisons : mais parce qu’ils n’ont pas suivi sarharité, qu'ils ont rompu l’unité, qu’ils ont soutenu leur opinion contre , l’autorité d’un concile oecuménique, ils sont traités, avec raison, de tout le momie comme hérétiques. Facundus .remarque que cette même Eglise , qu i a condamne les douatistes, quoique ceux-ci se vantassent de suivre saint Cypricn , regarde comme ses Pères, tant Agrippin , que les evêques qui avoient soutenu la réitération du baptême, avant la définition de l’Eglise , et en demeurant dans sa communion ; qu’elle honore leur foi et leur doctrine , et qu’elle révère surtout saint Cyprieu dont la gloire éclaté dans toute la terre
Saint Augustin dit que la question du baptême fut enfin terminée par un concile entier de toute la terre, mais il ne le nomme point ; ce ou’on peut entendre du grand conci c d’Arles , ou du concile de iSicee. Les plus habiles sont partagés la-dessus. Il est vrai que la décision du concile d’Ar-
les est précisé; mais ce'n’c'toit pas un concile tel que saint Augustin le qualifie: ainsi on peut l’entendre du concile de Nicce : car, quoique la question n’y soit pas décidée d’une manière aussi précise que saint Augustin semble supposer, néanmoins comme ce concile admet, dans le huitième canon *le baptême et 1 ordination donnés par les nova liens, hors de l’Eglise, il paroît qu’il a détruit par là tous les principes de l’erreur desaint Cypricn. Till. Aug.
de liapt. I. I. c. 7. 10. p. 34. 2. C. S. Cyp . Conc. p. 097. Bar. 258. 42- Aug. Bapl. I. 3. c. 3. p. 45. I. a. b. Cypr. Ep. y5. p. 200 et 2o{. 2. Hier, in Lucif.c. 8. p. 1 4b- Aug. Bapl. I. I. c. 18. ». 38. a. 6. Fac. I 10. c. 3. p-
CARTHAGE (C. de) (non reconnu) , l’an 3ii. Cécilien ayant été élu évêque de cette ville , soixantedix évêques de Numidie,à la tête desquels étoitTigise, s’assemblèrent à Carthage, y déposèrent Cécilien et formèrent le schisme des donatistes. De ce nombre étoient les traditenrs du concile de Cyrlhe ; et ces mêmes évêques , à qui on avoit pardonné, dans ce dernier concile, le crime d’avoir livré les Ecritures, ne rougirent pas de condamner Cécilien sous le prétexte du même crime, sans l’avoir entendu , sans oser même l'en accuser, mais pareequ’ils prétendoient que scs ordinateurs en etoient coupables : et après qu’ils se furent séparés de la communion de l’Eglise, en se séparant de la communion de Cécilien , ils ordonnèrent Majorin.
Saint Augustin appelle lejugement de ces évêques une précipitation inexcusable , une horrible témérité , et reflet de la passion qui les avcuçloit. Ce fut en effet par l’ordination de Majorin qu’on vit toute l’Afrique divisée en deux partis , et que dans plusieurs églises il y avoit deux evêques ordonnes, l’un par Majorin, l’autre parCecilien ou
ceux de sa communion. C’est l’origine du schisme des donatistes ; car I lonat , des Cases noires , étant venu de Numidie , divisa le peuple chrétien contre Cicilien.
CARTHAGE (C. de) (non reconnu) l’an33o Cire, par les donatistes, au nombre de deux cent soixante-dix évêques- Ils y examinèrent pendant deux mois la question du baptême ; et sans s'arrêter à ce qui avoit été defini jusqu’alors sur cette question , ils conclurent que si les traditeurs, quoique coupables d’un crime énorme, ne vouloicnt point être baptisés, on communiqueroit avec eux comme avec des innocents, pro integris. M. de Tillemont croit que ce concile ne se tint pas dans le commencement du schisme des donatistes, mais lorsque la douceur de Constantin etl’éclatdes qualités naturelles de Donat leur eurent donné moyen de s’affermir et de
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CARTHAGE (C. de) l’an 348 ou 349. Ce concile se tint après qu’1111 grand nombre de donatistes se furent réunis à l’Eglise catholique. (ïralus , evêque ae Carthage , l'assembla de touies les provinces de l’Afrique. C’est le plus ancien dont nous ayons les canons.
Le nom delà plupart des évêques, ni leur nombre 11 est pas exprimé.
Gratus , après avoir remercié Dieu d’avoir terminé le schisme qui divisoit l’église d’Afrique, dit qu’il seroit bon d'examiner quelques articles selon les préceptes de Dieu et l’instruction des Ecritures divines, afin d’empêcher le relâchement de la discipline, et afin aussi qu'on n’ordonnât rien de trop dur pour le temps de la réunion.
On y fit treize canons. Le premier est pour ne point rebaptiser ceux qui l’on tété dans la foi de la Trinité 2.0 On défendit de profaner la dignité des martyrs , en honorant comme tels ceux qui s’etoient précipités ou tués par folie. 3.” On re-