II
Des différentes sortes de conciles.
Les conciles reçoivent divers noms selon la qualité et le nombre des membres qui les composent. Un concile est appelé général lorsque tous les prélats de la chrétienté y assistent : on lui donne aussi le nom d'œcuménique du mot grec qui signifie la
terre habitable. Les savants ne conviennent pas du nombre des conciles généraux ; les uns n’en comptent que dix-sepl , d’autres- en comptent jusqu'à vingt.
Par concile particulier dn entend l’assemblée de plusieurs évêques convoqués par l’un d’entr’eux, et qui ail le pouvoir de le faire. On donne aussi le nom de plénier plenariiun aux conciles particuliers, auxquels ont assisté les évêques de toute une nation, ou seulement de toute une province, sur laquelle ils ont force de loi. On en a un exemple daus le code de l’église d’Afrique , où le concile de cette église est appelé universel. Le IV.' concile de Tolède s’appelle plénier, quoiqu’il ne s'y soit trouvé que des prélats espagnols et quelques évêques des Gaules.
Gomme il y a trois sortes de personnes qui peuvent convoquer les évêques, savoir, le patriarche, le primat et le métropolitain , on peut distinguer trois sortes de conciles particuliers. Les patriarchaux , les primatiaux et les provinciaux.
Le concile provincial n’est autre chose que rassemblée des évêques d’une province avec leur métropolitain. La plupart des conciles étoient des conciles provinciaux. Bien plus le concile provincial , dans les premiers siècles de l'Eglise, étoit le tribunal ordinaire où se jugeoient toutes les affaires de l’Eglise, que l’on estiinoit trop importantes pour être décidées par un seul évêque.
Les conciles nationaux sont les assemblées des évêques de toute une nation. Ils ont cela de propre que n’y ayant ordinairement aucun évêque de la nation qui ait juridiction sur tous les prélats de la même nation , ils ne peuvent être convoqués par aucun évêque en particulier, et on n’en peut faire la convocation que par ordre du prince.
PRELIMINAIRE. xm
Quoique les synodes diocésains ne soient pas jà proprement parler des conciles , cependant c’est assez l’usage de les mettre au rang des conciles , parce que souvent ils ont décidé des controverses concernant la foi et les mœurs , et qu'ils ont fait des réglements de discipline.
Cette distinction de conciles est fort ancienne. Saint Augustin 1 nous apprend , dans le second livre contre les donatistes , qu’il y a trois sortes de conciles. lpsa concilia quee per singulas regiones, vel prooincias fiant, plenariorum conciliorum auctoritaii , quiz fiunt ex unioerso orbe christiano , sine uliis ambagibus cedunt. Voilà les conciles que nous appelons généraux ou œcuméniques , ex unioerso orbe christiano, parce qu’ils sont composés de tout le monde chrétien. a 0 Les conciles nationaux, composés de tout un grand département, comme de toutes les Gaules, de toute l’Afrique, de toute l’Egypte , etc. , per singulas regiones. 3.° Les conciles provinciaux qui sont assemblés dans chaque province vel provincias , ou, comme s’expriment les canons grecs , Ka9’ ««ç-S Jirapx>«*. Le même Père 3 dit avec beaucoup de raison, que l’autorité des conciles n’est pas seulement très-respectée dans l’Eglise , mais aussi très-utile , quorum est in Ecclesiâ saluberrima auctoritas