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ce qu’ils usurpoientleursdroits avec ■une ambition insupportable. 11 ne leur reste plus, «lisoient-ils , que de nous ôter la crosse et l’anneau , et de nous sou mettre à leur ordination:
ils possèdent les églises , les terres , les châteaux, les dîmes, les oblations des vivants et desmorts. Suger.
Fii Luil.p 3n.
LATRAN ( C. de ) X« concile GÉNÉRAL, l'an n3g, le 18 avril, convoqué par le pape Innocent. Environ mille évêques s’y trouvèrent.
Le principal objet de ce concile fut la réunion de l’Eglise après le schisme qui etoit arrivé. On y fit trente canons, qui sont presque les mêmes que ceux du concile de ,l\cims en i i3i , répétés mot pour mot, mais divisés autrement. On y défendit de nouveau les tournois : on menaça d’anathème les chanoines qui cxcluroientderelecliondel'évêquc les hommes religieux: on condamna les nouveaux manichéens qui semoient encore leurs erreurs, et celles d'Arnaud de Bresse, ancien disciple d’Abailard:ildeclamoit contre le pape, les évêques , les clercs et les moines, ne flattant que les laïques. On déposa les evêques qui avoient été ordonnés par les schismatiques : le pape les appela par leu r nom , et il leu r arracha leur crosse, leur anneau et leur pallium, après leur avoir reproché leur faute. On défendit aux laïquesde posséder lesdîmes ecclésiastiques, soit qu’ils les eussent reçues des évêques ou des rois; et on déclara que, s’ils ne les rendoient à l’Eglise, ils encourroient le crime de sacrilège, et la peine de la damnanation éternelle. T. X. C.p . 099.
LATRAN ( C. de) l'an 11(17.
Alexandre 111 y excommunia l’empereur Frédéric, et il absout ses sujets du serment de fidélité à l'imitation de Grégoire VU , qui est le premier exemple de celte nature.
U. il.
LATRAN ( C. de) X!« concile GÉNÉRAL, l’an 1179, les 5, i4 et
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19 mars, sous le pape Alexandre 111 , qui y présida, accompagné des cardinaux, des préfets, des sénateurs et des consuls de Rome. 11 fut composé de trois cent deux évêques de tous les pays catholiques, avec Nectaire abné , qui y assistoit pour les Grecs. Le pape Alexandre 111 voulut faire tenir ceconcile pour remédier aux abus qui s’etoient introduits pendant le long schisme qui venoit de finir. 11 y eut trois sessions. O11 y fit vingt-sept canons. Le 1er porte
3 ne, pour prévenir les schismes, si, ans l’élection du pape , les cardinaux ne sont point assez d’accord pour le faire avec unanimité, on reconnoitra pour pape celui qui aura deux tiers de voix , et celui ni, n’ayant que le tiers ou moins des eux tiers, osera prendre le nom de pape, sera privéde toutordre sacré, et excommunié , en sorte qu’on ne lui accordera que le viatique à l’extrémité de la vie.
2.“ On condamna plusieurs abus que les appellations fréquentes avoient introduits. On défendit de rien exiger pour la prise de possession des evêques, des abbés et eu rés; pour les sépultures , les mariages et les autres sacrements. Les évêques firent de grandes plaintes contre les nouveaux ordres militaires des templiers et des hospitaliers. On défendit aux religieux, de quelque institut qu’ils fussent , de recevoir aucun novice pour de l’argent , d'avoir aucun pécule, sous peine d’exconununication. On renouvela les réglements pour la continence des clercs : on défendit la pluralité des bénéfices. Afin de pourvoir à l’instruction des pauvres clercs, il y aura 'en chaque eglise cathédrale un maître à qui on assignera un bénéfice suffisant, et qui enseignera gral uitcmrnt : on ne refusera point la permission d’enseigner à celui qui en seracapahlc. Tom. X. donc. p. i5oy.
LATRAN (C. de) XIIe concile général l’an iai5, depuis
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le ii’ jusqu’au 3o novembre. Il fut convoque par le pape Innocent III , qui, dans sa bulle de convocation, rend compte des motifs qui l'ont porté à assembler ce concile ; savoir, les maux de l'Eglise , la dépravation des moeursdoutil fait une vive peinture. 11 s’v trouva quatre cept douze évêques, huit cents abbés et prieurs, des ambassadeurs des empereurs , des rois , et de presquetous les princes catholiques : on vit aussi deux patriarches latins ; savoir , Gervais de Constantinople, et Raoul de Jérusalem, et le patriarche des Maronites :
celui-ci s instruisit de la foi et des cérémonies de l’Eglise, et les fit observer par sa nation. Ce concile se tint dans la basilique de Constantin :
le pape l’ouvrit par un sermon , où il prit pour texte ces paroles de l’Evangile : Desiderio desidtravi hoc Pascha manducare vebiscum.
il ne nous reste d’authentique de ce concile, que ses décrets compris en soixante-dix chapitres ou canons, après lesquels est l'ordonnance particulière ae la croisade. Ce premier chapitre est l’exposition de la foi catholique, faite principalement par rapport aux albigeois et aux vaudois.
C’est pourquoi il y est dit, qu’il n’y a qu’un seul Dieu, qui dès le commencementafaitderien l’une et l’autre créature, spirituelle etcorporelle , et les démons mêmes, qu’il avoit crées bons, et qui se sont faits mauvais : ce qui tend à exclure les deux principes des manichéens Pou r au toriscr l’ancienT estamen t , il est dit que c’est ce même Dieu , qui a donne aux hommes la doctrine salutaire, par Moïse et les autres prophètes, et qui ensuite, a fait naître son Fils du sein de la Vierge, afin qu’il nous montrât plus clairement le chemin de la vie. Ce concile ajoute; iln’yaqu’une Eglise universelle, hors de laquelle personne n’est sauvé: il n’y a qu'un sacrifice, qui est celui de la messe. Jésus-Christ y est lui-même le prêtre et la victime ;
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son corps et son sang sont véritablement contenus au sacrement <le l’autel ; le pain étant changé en la substance de son corps , et le vin en celle de son sang, par sa puissance divine, etee sacrement ne peut être fait que par le prêtre J ordonné légitimement, en vertu du pou voir de l’Eglise accordé par Jésus-Christ à ses apôtres et à ses successeurs. Le terme de transsubstantiation , consacré dans ce canon , a toujours été depuis employé par les théologiens catholiques, poursignificr le changement que Dieu opéré au sacrement de l’eucharistie : comme le mot de consubstantiel fut consacré au concile de Nicée pour exprimer le mystère de la Trinité. Lanfranc et Simon s’etoient déjà servis du premier contre Berenger.
Si, après le baptême, dit le concile, quelqu un tombe dans le peebé , il peut être relevé par une vraie pénitence. Le même concile condamna le traité de l'abbé Joachim contre Pierre Lombard, sur la Trinité, et le pape refu ta son opinion en ces termes : Pour nous, avec l’approbation du concile, nous croyons et confessons qu’il y a une chose souveraine, qui est Père, Fils, et Saint- Esprit, sans qu’il y ait de quaternité en Dieu , parce que chacune des trois personnes est cette chose, c'est-àdire la substance, l’essence, ou la nature divine, qui seule est le principe de tout.
Le IIP canon prononce anathème contre toutes les hérésies contraires à l’exposition de foi précédente , quelque nom qu'elles portent. Le même dit , que si le seigneur temporel, admonesté, négligé de purger sa terre d’héretiques, il sera excommunié par le métropolitain et ses comprovinciaux ; et s'il ne satisfait dans l’an, on en avertira le pape, afin qu’il déclare ses vassaux absous du serment de fidelité, et qu’il eipose sa terre à la conquête des catholiques : ou doit remarauer ici, qu’à
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ce concile assistaient les ambassa- ] «leurs de plusieurs souverains, qui consentaient au nom de leurs maîtres à ce decret , où l'Eglise semble entreprendre sur l'autorité séculière.
Le concile accorde auxcatholiques, qui se croiseront pour exterminer les hérétiques , la même indulgence «ju'àceux quivontàlaTerre-Sainte:
il excommunie les fauteurs d’hérétiques , ordonne de les éviter , depuis qu’ils auront été notés par l’Eglise souspeine d'excommunication.
Chaque évêque visitera au moins une fois l’an, par lui-même ou par une autre personne capable , la partie de sou diocèse où l’on dira qu’il y a des hérétiques. Le concile marque le rang et les prérogatives de chaque patriarche dans cet ordre :
Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem : il veut qu’on tienne tous les ans des conciles provinciaux : il règle la manière dont le supérieur doit procéder pour la punition des crimes. Ce canon est célèbre, etadepuis servi defondement à toute la procédure criminelle , même des tribunaux séculiers.
11 est défendu aux clercs de juger à mort , ùi d'assister à aucune exécution sanglante; et aux princes de faire aucune constitution, touchant les droits spirituels de l'Eglise : à l'égard de l'excommunication , il est détendu de la prononcer contre qui que ce soit sans l’avoir averti auparavant en presence de témoins, sous peine d’être privé de l’entrée de l'église pendant un mois. Les evêques choisiront pour la prédication des hommes capables, qui visiteront à leur place les paroisses de leur diocèse, quand ils ne le pourront pas par cux-mêrnes, aussi-bien que pour entendre les confessions et administrer la pénitence.
Dans les églises cathédrales et collégiales , le chapitre choisira un maître pour enseigner gratis , la grammaire et les autres sciences,
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selon qu’il en sera capable. Al'égard des métropolitaines, elles auront un théologien pour enseigner aux prêtres l’Ecriture sainte, et principalement ce qui regarde la conduite des âmes , et on assignera à chacun do ces membres, le revenu d'une prébende.
Ensuite viennent les canons sur les élections et les sacrements de pénitence et d’eucharistie Apres le célébré canon omnis utriusque stxis, sur la confession et communion pascale , le concile ajoute , à l'occasion de ces mots , à sen propre prêtre , que si quelqu’un veut se confesser à un prêtre étranger, qu’il en obtienne auparavant la permission de son propre prêtre , puisqu'autrement l’autre ne peut m le lier , ni l’absoudre ; c est le premier canon connu , qui ordonne généralement la confession sacramentelle. Les, albigeois qui pretendoient recevoir la remission des péchés sans confession ni satisfaction , peuvent avoir donné lieu à ce décret, où, parle propre prêtre, on doit entendre le curé , comme au concile de Paris , de l'an rais , sauf néanmoins le droit de l'évêque diocésain ; et le prêtre étranger est le curé d'une autre paroisse , ou tout autre prêtre. V. les canons. ' , ,
Ceux pour la réforme des monastères et divers abus. En conséquence,
Le concile ordonne ; i.* que les abbés ou prieurs tiennent des chapitres généraux tous les trois ans, et que l’on y traite de la reforme et de l’observance régulière. a.° Que les chanoines réguliers feront de même.
3.° On n’établira pas de nouveaux ordres religieux, de peur que la trop grande diversité n'apporte de la confusion dans l’Eglise. Un abbé ne pourra gouverner plusieurs monastères, ni un moine avoir des places en plusieurs maisons. On ne montrera point , hors de leurs châsses , les anciennes reliques, ni on ne les
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exposera point en vente : on ne rendra aucune vénération aux nouvelles qu'on pou rroil trouver qu'elles n’aient été approuvées par l'autorité du pape.
L'indulgence , pour la dédicace d’une eglise, ne sera que d'un an, et de quarante jours pour l'anniversaire , ainsi que pour les autres causes. Les autres decrets sont sur la simonie. Le concile defend les taxes pour le sacre des évêques, les bénédictions d’abbés, les ordinations des clercs; il veutquelessarrements soient administres gratuitement.
Défense aux religieuses de prendre des filles pour de l'argent, sous prétexte de pauvreté. Cellesqui auront commis cette faute serontenfermees dans d’autres monastères d’une observance plus étroite pour y faire penitenre perpétuelle , comme pour un des plus grands crimes. Demêrne pour les hommes.
Le canon premier réduit la parente au quatrième degré pour être un obstacle au mariage, on la romptoit auparavant jusqu'au septième.
La plupart des decrets de ce concile ont servi de fondement à la discipline qui s'est observee depuis , et sont fort célébrés chez lescanonistes.
Au reste , ils sont tous au nom du pape , mais en quelques-uns on a ajouté la clause, avec l'approbation du saint concilt. Cette clause , qu’on trouve pour la première fois au 111' concile de Latran , sert à déclarer que les decrets n’auroient pas leur pleine autorité sans le consentement et l'approbation du concile , représentant f Eglise universelle.
Aprèslescanons est ledécret pour la croisade : le jour du rendez-vous y est fixé. Enfin on defeud les tournois pendant trois ans.
Dans ce concile, et en traitant l'affaire des albigeois , on refusa à R aimond , comte de Toulouse , qui vint au concile, accompagne de son fils et du comte de Eoix , la restitution de leurs terres dont ils avoient
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été dépouillés par les croises ; sur celte raison, dit le pape dans sa sentence , que la foi et la paix n'avoient jamais pu être gardées dans le pays par le comte Raimond ; et qu'ainsi il le declaroit exclus pour toujours de ses terres, etc. On laissa à la comtesse sa femme, à cause de sa vertu, la jouissance des terres de sa dot ; et au comte de Montfort tous les pays conquis par les croises , sauf le droit des églises et des personnes catholiques. Tom. XI. C.p. l3l. JJ. il.
LATRAN fV«C. de) l’an i5ia, convoque par le pape Jules 11. L’ouverture s’en fit le 3 mai. Le pape y présida , assisté de quinze cardinaux. Le concile etoit composé de près de quatre-vingts archevêques ou évêques , tous italiens, et six abbés ou generaux d’ordre.
\iterbe, general des augustins, y fit un long discours sur ie triste état de la chrétienté. « Peut-on » voir, dit-il, sans verserdes larmes » de sang , les desordres et la cor- » ruption du siecle pervers où nous » vivons, le dereglement mons- » trueux qui rè^ne dans les mœurs,
» l’ignorance, I ambition, l’impu- » dicite, le libertinage, l’impiété,
■> triompher dans le lieu saiut , d'où » ces vices honteux devroient être » à jamais bannis ? etc. » Loti. Colite Conc. gen. ’lom. xiy,P.t>.
1" Session. Le lo mai. On lut l’onzième canon du concile deTolède sur la modestie, le silence et l’union qui doivent regner dans ces sortes d assemblées, et on nomma les officiers du concile.
IIe S tu. 17 mai. On lut la bulle d’approbation du concile. Cajetan , general des dominicains , y parla contre le concile de Pise.
111e Sess. Elle ne se tint que le 3 décembre, à causedes maladies contagieuses qui avoient fait retirer de Rome la plupartdesprelats. Le pape y renouvela la bulle qui annuloit tout ce qui s’étoit fait à Pise et à
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Miian, et qui mettoit le royaume de ï'rance en interdit. L’cvcque de <iurck déclara, de la part de l’empereur, qu’il approuvoit le concile, et qu’il renonçoit à tout te qui s’etoit passe à Pise.
1V« Sets. Le io décembre. On y lut les lettres-patentes du roi Louis XI , adressées au pape Pie 11 , qui abrogeoient la pragmatique- sanction. L’avocat du concile fit un discours contre cette pragmatique , et en demanda la révocation. On décerna un monitoire contre les défenseurs de la pragmatique , tels ue les prélats, princes et parlent ents u royaume de France, pour comparoitre au concile dans soixante jours, et alléguer les raisons qu'ils prétendoient avoir pour en empêcher l’abrogation.
V« Ses*. 16 février i3 13. Le pape n’y assista pas à cause qu’il etoittembe malade : le cardinal Saint-George, évêque d’Ostie , y prit sa place. On décerna une nouvelle monition rontre la France, pourrépondre sur le même sujet; mais le pape Jules mourut six jours aprescette session.
VIe Sess. 37 avril. Le pape Leon X , successeur de Jules, y présida.
On y produisit le monitoire porte par Jules contre les partisans de la pragmatique, et on demanda une citation contre la contumace des Françaisencettecause ;mais le pape ne voulut pas y consentir , dans la vue de gagner les Français par adresse et par douceur. En effet , Louis Xll envoya des ambassadeurs au concile, avec pouvoirde déclarer en son nom qu’il renonçoit au concile de Pise, et adbcioit à celui de Latran , à condition que 1rs cardinaux dégradés scroient rétablis, et que ce qui avoit ete fait contre son royaume seroit annule.
Vil* Sa». 17 juin. On lut les lettres des deux cardinaux du concile de Pise, bernardin de Carvajal et de Saint-Severin , par lesquelles ils renonçoient au schisme , condam-
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noient tous les actes du concile de Pise , approu voient ceux du concile de Lati an , promet loient d’obéir au pape Leon , et reconnoissoient que le pape Jules les avoit justement retranches du nombre des cardinaux.
VHP Se u. 17 décembre. Le pape y présida . Les ambassadeu rs de Lou is Xll y présentèrent l’acte par lequel le roi leur maitre adlicroit au présent concile de Latran, et revoquoit le concile de Pise, qu’il traitoit de conciliabule. On lut cet acte qui portoit , enlr'autres choses , que , quoique le roi eût cru avoir de bonnes raisons pour indiquer et soutenir le concile de Pise , neanmoins ayant su que le pape Leon X ne l’approuvoit pas, et ce pape lui ayant écrit de renoncer à ce concile et d’adhcrer à l’autre assemble à ltome, comme seul légitimé ; et attendu que le pape Jules étant mort, tout sujet de naine etoit cessé, et que i’emperenr et les cardinaux avoienl renoncé audit concile de Pise , il promettoit , en son nom , de ne plus soutenir ledit concile, et de faire cesser dans un mois rassemblée qui se tenoit sous ce nom à Lyon.
2.“ Sur la requête présentée par un des procureurs du concile contre le parlement de Provence, le pape décréta un monitoire contre les membres de ce parlement, pour les obliger à comparoitre en personne clans trois mois au concile. On se plaignoit, dans cette, requête, que ce parlement ne vouloit pas permettre qu’on observât les lettres de grâce et de justice accordées par Sa Sainteté, à moins qu’on n’eût auparavant permission du même parlement; et de ce qu’il s'attribuoit, sur les clercs et sur les bénéfices, une autorité qui ne lui convrnoit pas :
ce que la requête appelle lever la tête contre le saint Siège, en imitant l’orgueil de Satan. Cepc ndant le parlement, en agissant ainsi, n'avoit d’autre vue que de maintenir les libertés de l’eglisc de France , et de
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défendre son droit d'annexe , en vertu duquel toutes les bulles , blrefs , rescrits et mandats apostoliques pour la collation des bénéfices , jubiles, indulgences, dispenses de voeux , d’âge , enfin toutes les expéditions de la cour de Rome et de la légation d'Avignon , ne pouvoient être mises à exécution sans sa permission et son entérinement , ce u'on appeloit annexe. En effet , ce mit etoit aussi ancien que la monarchie française , et avoitété solidement établi en Provence : c’est ce qu’on voit par le recueil des pièces sur ce meme droit , par M. de Maussac', conseiller axi parlement d’Aix, imprime à Aix en 1737. En fcflet, après la bataille de Marignan, le pape Léon X s’etant déclare pour la France , et le parlement de Provence ayant donné satisfaction publique au pape, et demandé l'absolution des censures , le pape, de son cêté, confirma ce droit d’annexe, et consentit que le parlement en jouit à I avenir comme auparavant.
3.° On lut undécret contre quelques philosophes qui pretendoient que l'arne raisonnable etoil mortelle, et qu’il n’y en avoit qu’une seule dans tous les hommes, contre ce que dit Jésus-Christ dans l’Evangile, qu’on ne peut tuer l’àme, et que celui qui hait son âme en ce 'monde, la conserve pour la vie éternelle ; et contre ce qui a été décidé par le pape Clément V, dans le concilede 'Vienne : que l’âme est vraiment, par ellemême et essentiellement, la forme du corps humain; qu’elle est immortelle et multipliée suivant le nombre dès corps dans lesquels elle est infuse. Màllh.'X, a3. Jean. XII . a5.
4° On ordonna que tous ceux qui sont dans les ordres sacrés après le temps qu’ils ont employé à la grammaire et à la dialectique, ne laissent pas passer leurs cinq ans d’etude en philosophie sans s'appliquer à la théologie et au droit canon.