‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 106 sur 257 · T. 11. 6'./7. (199. T'il. Fi · texte numérisé non relu

T. 11. 6'./7. (199. T'il. Fi

PISE ( C. de ) lùMiniim , Tan 1 134.; convoque de tous lesevcques d'Occident, par le pape liniocentll. Saint Bernard y assista à toutes les deliLerationb et à tous les jutiements, et il fut respecte de tout le monde. On y excommunia de nouveau Pierre de Léon , anlipajie sous le nom d'vViiaclet 11 , et ses fau'eurs, sansesjierance de rétablissement. Tout. A. C.

p. ggo.

PI SE (célèbre Conc. de ) 1 an 1409, conmiencc le 2S mars, jusqu'an 7 août. 1^'objet de ce concile fut de parvenir a l'extinction du srbisme. Les cardinaux des deux obédiences, savoir, de J]enoitXili, et de (ire^oire XII, s'etant adresses au roi de France , Cbarles \ 1 , pour l'exliorter à concourir avec eux de tout son pouvoir a cet important dessein, il fut conclu unanimement que, dans le cas présent, les cardinaux etolent en droit d'assembler un concile qui jugeât les deux concurrents à la papauté, et fit l'élection d'un pape ; que les deux collèges des cardinaux, étant réunis, pouvoient faire cette convocation , du consentement de la plus ;^rande partie des princes et des prélats.

Benoît ayant ele conseillé par plusieurs eveques d'envoyer de sa part des nonces a Pise où le concile avoit ele indique avec plein pouvoir d'exécuter tout ce qui ^eroit nécessaire pour la paix, comme s'il y etoit en personne, il nomma en conséquence, sept lei^atsde diverses nations , pour aller à Pise. A l'e^^ard de Gre|;oire, il refusa constamment de s'y rendre sous différents prétextes , maigre .les

sommations qui lui furent faites de la i^art des cardinaux.

iJou vertu le du concile se fit le 25 mars de l'an 14^9 , et l'assemblée fut une des plus aui;ustcs et plus nombreuses qu'on eût jamais vues dans l'J'^i^lise. Il s'y trouva vin^t-dcux cardinaux : les quatre patriarches d'Alexandrie, d'Antioclie, de Jei usalem et de Grade. On y vit douze archevêques présents, et quatorze par procureurs; quatre-vingts eveques et les procureurs de cent deux autres; quatre-vingt-sept abbes, entre lesquels eloient ceux de Citeaux, de Clairveaux, de Grammont, de Camaldoli et ^ allombreuse, les procureurs de deux cents au très abbes, quarante-un prieurs; les généraux des jacobins , des cordeliers , des carmes , des augustins ; le grand maître de l\hod<'S accompagne de seize commandeurs, avec le prieur gênerai des chevaliers du Saint-Sepulcre; le procureur gênerai des chevaliers leutoniques , au nom du grand maître et de tout l'ordre; les députes des universités de Paris, de Toulouse, d'Orléans, d Angers, de Montpellier, de Boulogne, de Florence , de Cracovie , de Vienne , de Prague, de Cologne, d'Oxford, de Cambridge et de quelques autres; ceux des chapitres de plus de cent églises métropolitaines et cathédrales; plus de trois cents docteurs en tbeoUigie et en droit canon ; enfin les andjassadeursdes rois de France, d'Angleterre , de Portugal, de Bohême, de Sicile, de Pologne et de Chypre, ceux des ducs de Bourgogne, de Brabant, de Lorraine, de Bavière , de Pomeranie , du marquis de Brandebourg , du landgrave de Thuringe,et de presque tous les princes d'Allemagne.

\"^ Se.isiun. Elle se passa à régler les rangs que chacun devoity tenir : ce qui fut exécuté , et chacun fut placé selon sa qualité.

IKAf.vv. 26 mars. Après les prières accoutumées, le cardinal de Milao

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fit un sermon pour exhorter le concilf à Iravriiiler serieuseniont à Tunion : il prit son texte du livre <les 3as,es:Aù/es!is cinncs, fdtilsrarl: dircrnite {ju'id fiicere dcliiatis. ^ ous voila tous , ô enfauts (risrafl : voyez ce que vous avez à faire. Fn.'-uite Tare hcvêque de Pisc lui le décret de drci^oire X.

sur la proces-sioii du Sain t-Kspril, auquel les (irecs avoient eonsenti dans le 11' concile ^encrai de Lyon, en Î274 ; cl un canon d'un ciicile de l'olede , touchant la modestie et la discrétion requise dans ces sortes dassemblées. On nonnua les officiers é\i concile ; savoir : six notaires, quatre procureurs, deux avocats; f t on leur fit prêter serment. On lut ks lettres des cardinaux des deux collèges, pour la convocation du concile. On lit appeler aux portes de iesli^e, Pierre de Lune et Ange Corrario, soi-disant papes, pour savoir s'ils etoient présents, et personne ue comparut en leur iiom.

1[P Sess. 3omars. On cita de nouveau Jcs deux concurrents, et pers;;:;ue n'ajaiiî coujparu , ils furent (jpc'ares conluniaces dans la cause de la foi et du schisme, par une fcnleiice qui fut affichée aux porles de Teglise.

1\ *■ Sess. 7 avril- On donna audience aux envoyés de l\o!)ert , roi des ivomains: et , par les questions qu'ils proposerer.t, on \\i qn ils avoient pour Kut de traverser les desseins du concile: et ils se retirèrent sans attendre qu'on repondit à leurs difficultés.

^ e Sess. 2^ avril. On accusa de nouveau les deux contendants , de contumace , et le promoteur du concile fit proposer , contre eux , trentesept articles , qui contenoienl toute l'histoire du schisme ,etqui faisoient voir combien leur cause ctoit mauvaise :. on iionuua des connnissaires pour faire informer de la veritede ces faits, quoiqu'ils fussent tous notoires.

\le Sess. 3o avril. L'évêque de Salisbury fit voir, dans un discours ,

qu'avant d'aller plus loin , il falloit que la soustraction fût générale, et il d( clara que lui et ses confrères avoient pouvoir suffisant de poursuivre l'allairede l'union, etde consentir a tout ce qui seroit ordonne parle concile.

^îh iSV.v.s. \l^, mai. Le docteur Pierre d'Anchavano, professeur en funivcrsitè de Jîoulogne, réfuta toutes les propositions des envoyés de Pxobert, roi des i\omains.

^lih^V^v. Les éveques de Salisbury et d Evreux représentèrent qu on ne pouvoit faire l'union des deux collèges, tant que les cardinaux de Benoit lui obciroient , pendant que les autres ne reronnoissoicntpas Grégoire, et qu'il falloit que la soustraction fût générale. Ln conséquence le concile déclara l'union des deux collèges légitime, et le concile dûment convoque: et on prononc^aune sentence quiportoit : que cli;!cun avoit pu et dû se soustraire a l'obeùicnce de Grégoire et de lîenoit, depuis qu'on voyoit que, par leurs artifices, ilseludoientla voiede la ccsîion connue ils l'avoient promis avec serment.

IX« Scis. 11 mai. On lut le décret de la session précédente , par lequel on se retiroit de l'obédience des deux contendants.

X^ Sess. 2 2 mai. On lit appeler les deux contendants à la porte de l'église, pour entendre les dépositions i\e» témoins. On lut ensuite une parlie des trente-sept articles de ces dépositions, et on marqua sur chacun par combien de témoins il étoil prouvé.

XI « Sess. 23 mai. On continua la même lecture , et on demanda que le concile déclarât que tout ce quieloit contenu dans ce rapport etoit vrai, public et notoire : ce qui fut remis à la session suivante.

Xll' Sess. 25 mai. On prononça le décret du concile, louchant la notoriété des faits avanjes contre Benoît i et Grégoire.

Xllî.' Srst. Le doctour Pierre Plaoul, un df s dcpiités de l'université de Paris , fit voir , dans un discours, que Pierre de Lune eioit un scliismalique o]jslinp, même liereliqiie et de( lui du pontificat : ajoutant tpic cVloil l'avis (lesuniversi'es de Paris , d'Âni;ers, d'Oricans , de Toulouse.

Ensiîile l'cvcque de JNovarre lut un écrit (|ui ptirioit que tous les docteurs du concile, assembles au nomlire de cent trois , pensoicnt connue l'université de Paris; que celle de Florence et de Boulogne eloient du même avis.

XIV' Siss. Elle servit de préparation à la quinzième, c'est-à-dire, qu'on déclara que le concile représentant l'Ei^iise Tiniverselle, c.'etoit à lui qu'appartenoil la connoissance de cette allaire, comme n'ayant point à cet ei^ard de supérieur sur la terre. On dressa l'acte de la soustraction £,eiiérale d'obéissance aux deîix conîendants.

XV« Srs.s. 5 juin. On prononi^a la sentence définitive, en présence de l'assemblée et du peuple qu'on avoit laisse entrer. Cette sentence porte que le saint concile universel, repré- .senlant tonte l'Eglise à laquelle il Tippartienl de connoîlre et de décider de celte cause , après avoir examine tout ce qui s'etoit fait touchant l'union de l'Ei-discdecIare que Pierre de Lune, dit îlenoitXIil , cl An^c Corrario , appelé (Irè^^oire X 1 i ,sonf tons deux notoirement srliisniatiqucs, fauteurs du schisme, hérétiques et coupables de parjure ; qu'ils scandalisent toute l'Ei^lise par leur obstiî^alion; qii'ils sont déchus de toute • 'iii^in'lé, séparés de l'Eglise ips-o far/o: d'.'fend à Ions les fdeles , sens peine d'excommunication, de les reconnoître, ou de les favoriser: casse cl nnimle tout ce qu'ils onl fait contre ceux (pii onl procuré l'union et les dernières promotions des cardinaux qu'ils ont faites l'un à l'autre.

X\ i« Sess. On lut un écrit , par lequel les cardinaux promcltoient

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quesiquelqu'un d'eux étoit élu pape»

ii conlinueroit le présent concile jus" (pi'à ce que l'Eglise iùi reformée <ians son chef et dans ses membres:

et que si on eiisoit un absent , on lui feroit faire la même promesse avant son élection. Ensuite leconcileralifia la sentence prononcée contre les deux concurrents.

XVIP' Sr.f.i. On convint que les cardinaux créés par les prétendus pafies, sépares l'un de l'autre, procederoient pour cette fois à l'élection , sous l'autorité du concile , sans prétendre déroger au droit des cardinaux pour l'élection d'un pape.

XVllP S«. On fit une procession solennelle pour demander à Dieu les grâces nécessaires pour l'élection d'un pape : en conséquence, les cardinaux, an nondire de vingtquatre , étant entrés au conclave qui avoit été prépare dans l'archevêché, et dont la garde fiitconfée au grandmaîlre de l\hodes, y demeurèrent enfermés dix jours , après lesquels ils élurent inianiniement Pierre de Candie, de l'ordre des frères mineurs, cardinal de Wilan, âgé de soixante-dix ans, et qui prit le nom d'Alexandre V.

Des qu'il fut élu , Jean Gerson , chancelier de l'université de Paris, pronon(;a un discours en présence du nouveau pape et de tout le concile, dans lequel il prit pour texte ces paroles desActesdesapôtres :Dor>!ini>,si inirmpnrr hocrcslil"rs rcgniimlsrar/P Seigneur, sera-ce en ce temps que vous rétablirez le royaume d'israi'l ? 11 prouva la validité du concile de Pise et son autorité , par l'exemple du concile (le iSicée, qui fut assemblé par l'ordre de Constantin .seul, cl par le V.*" concile oecuménique, contre Théodore, disciple de iScsIorius, assemblé par les Pères eux-mêmes. 11 exhorta le pape à ne se dispen.^er d'aucun de ses devoirs , et à couper , sans différer , la racine du schisme par la vive poursuite des deux concurrents : il s'éleva contre

le relâchement du dérive', et surtout des moines mendiants : il parla des abus dans la collation des benclices :

eni'in it exliorla le pape et les Pores du concile à travailler sérieusement à la relormalion de lili^Iise.

XIX* Si\s.s/cn. ï" juillet. Le pape y présida : il y fit un discours sur ces paroles de saint Jean : b'nl unum o<.ùlc et unu:> Vaslor. On y lut le décret de son élection ; et il fut couronne le dimanche suivant.

XX* ôV.M. On lut xle la part du pape un décret par lequel il approuvoit et rr,tiiloit toutes les dispenses de mariai^e, ou autres qui concernoient la penilencerie, accordées par Benoit et Cire^oire..

XXI* Sfis. 27 juillet. On publia «n décret delaj>arldu pape et du coneile , qui coidirmoit toutes les collations, pr()\isions, translations de di-nites, de bénéfices, et ordinations faites par les contendants, pourvu qu'elles eussent ele faites cauoniquement , et à Texception de celles qui avoient été faites au préjudice de l'union.

XX 11^ St'.ss. 7 août. On lut un décret qui ordonnoit aux métropolitains d'assend>ler des conciles provinciaux , et aux généraux d'ordre de tenir leurs chapitres, où il y auroit des présidents de la part du pape. Du reste , le pape ratifia tout ce qui avoit ete fait et réi;,le par les cardinaux, depuis le 3 mai 14.08, et particulièrement ce qui s'etoit passe à Pise. On rej;la les aflaires de l'Eglise comme on pouvoit les rei;ler prudemment pour reparer les maux que le schisme avojt causés. A l'égard de la reforme de l'Eglise rlans son chefet dans ses membres, le pape déclara qu'il la suspendoit jusqu'au prochain concile, qu'il indiqua en i4ï2 , ne pouvant la faire actuellement à cause du départ de plusieurs prélats : ensuite il conf,édia le concile avec indulgence plenière pour tous ceux qui y avoient assisté et qui y adheroient.

Ce qui établit invinciblement l'autorité du concile de Pise , c'est que non-seulement les l'I^lises de France, d'Anj;Ieterre , de Portugal, d'Allemagne, delîohême, de Hongrie, de Pologne et des royaumes Au i^ord, et de la \Ax\s grande partie de l'Italie, ont reconnu sa validité; mais que Kome même s'y est soumise, et l'a regarde comme tres-legitime,en reconnoissant Alexandre V, et son successeur Jean XXlil. 11 y a plus l'Eglise universelle, dansie concile gênerai de Constance, a approuvé celui de Pise, dont il etoit comme une suite et une continuation. En Frai-K e , on l'a toujours regardé comme trcs-Iegitinie, sur cette raison que, dans unschisme, commeon ne peut savoir avec certitude lequel entre plusieurs contendants est le vrai pape, l'Eglise a le pouvoir de s'assembler et d'élire un pape que tous les fidèles doivent reconnoîlre.

Ce concile, dit le célèbre lîossuet, tenoit son autorité de l'Eglise univer.>5elle qu'il reprcscntoit, et du Saint-Esprit qui, par sa vertu toutepuissante, reunissoitenun seul corps tant de membres cpars; et l'Eglise, réduite au triste état où ellesetrouvoit , etoit dans le cas de rab.solue nécessite ; ainsi il falloit qu'elle s'assemblât de quelque manière que ce fût.

On peut voir plus amplement cette matière dans l'histoire du concile de Pise, par M. l'Enfant, et dans le traite de Gerson, De aufenlnlilate popw ub Eccleiiù, ou dans l'analyse que M. Dupin a faite de cet ouvrage.

Collée t. Coiic. Tom. AI. p. 21G4.; Spieil.p. 261. Act. c. I. v. a :, Gerson. oper. loin. 11. Pari. I. p. l3i,' Jean, c. 10. v. iC; Boss. Def. de la déclar. du lier ^é de Ir. /. i\ c. lO.

^ PISE et Ml LAN (conciliabule de) l'an i5ii. L'empereur Maximilien , et Louis Xll,roide France, ayant juste sujet de .se plaindre du pape Jules 11, qui .s'etoit déclaré ouvertement leur ennemi , engagèrent par

leurs anibsssadciirs les rardinaïixde Sainte- Croix , de INarboiine et de Cosence , à eoiivoquer un concile a Pise , désirant que ce fût un concile gênerai, et dans cette vue, ils Icqualifierent de ce nom.

Les niolifs, exposes dans la convocation qui fut affichée , etoient de reformer l'Ef^lise dans son clief et dans ses membres, et de punir des crimes notoires, qui depuis loni;temps scandalisoicnt l'E};lise universelle : que la nécessite détenir ces sortes d'assemblées pressoit : que le pape .Jules avoit, non-seulement neglij:,e d'en convoquer un, mais qu'il avoit même élude la proposition toutes les fois qu'on la lui avoit faite. Enfin on ciloitle pape àcomparoître, mais en termes respectueux.

]>ien plus, pour repondre aux plaintes de Jules II, ils publièrent une apologie de leur conduite , et ils établirent par principes la convocation du concile de Pise, i.^sur le précepte de rEi^lise,tire de la session trente-neuvième du co-ncile de Constance; sur le vœu du pape, qui avoit pronds de faire tenir un concile ; sur le serment des cardinaux, et pou r eviterun très-grand scandale; enfin ils exposèrent que les canons qui enseignent que le pape doit convoquer le concile, doivent s'entendre selon la règle ordinaire; mais qu'il y a des cas, où un concile peut ctre indique et assemblé sans le souverain pontife.

Le pape de son côté , pour parer le coup, voulut opposer concile à concile, et dans ce dessein, il donna une bulle, par laquelle il convoquoit un concile gênerai à Pvome , et cita lestrois cardinaux qui avoicnt indiqué le concile de Pise à comparoitre à Rome dans certain temps sous peine d'être prives de la dignité de cardinal : mais cela n'empêcbapas la tenue du concile de Pise.

L'ouverture s'en fit le premier novembre de la même année. Quatre cardinaux s'y trouvèrent avec

la procuration de trois autres absents : il s'y trouva aussi plusieurs evêques de France et plusieurs abbés, les procureurs du chancelier de leglise de Paris, pluf^ieurs docteurs de la même église, les députes des universités de J oulouse el de Poitiers, et les andjassadeurs du roi J^ouis XII.

P*" Session. Le cardinal de Somle- Croix y présida. On y décida que la convocation du concile de Pise pour la reforme de l'Eglise dans son chef et dans ses membres eioit juste et légitime; et que tout ce qui avoit ete ou seroit fait au préjudice etoit nul.

IP Sfss. On régla ce qui regardoit la police de l'assemblée : on y lut un canon du concile de Tolède , sur la conduite qui doit être observée dans les conciles. On nomma des juges pour entendre les causes qui concernoient la foi , le schisme et la reformation de l'Eglise : ce furent les evêqiies de ]Sodeve, de Luçon, de Rhodez , et d'Angoulême.

IIP Sess. On fit un décret portant que ce concile ne pourroit être séparé que ri.glise ne fut reformée dans son chef et dans ses mendjres; on y renouvela les décrets du concile de Constance sur l'autorile des CoîsciLES r.ElSERAUX. Maiscomme le pape fit alors une ligue entre Ferdinand et les ^ enitiens , et qu'il commença par atla(|uer 1 état de Florence , de la dépendance duquel étoit la ville de Pise , les Pères du concile crurent devoir le transférer à Milan , et ils s'y rendirent à cet eilcl ; et conme les Suisses firent alors une irruption dans le ]\ii!anez, la quatrième session ne se tintque \e C janvier i5 12.

I\> 5m. A f^îILA?^ , le i janvier i5i2. L'assemblée fut beaucoup plus nombreuse. Les cardinaux de Saint-Severin et de Saint- Ange , se joignirent aux autres. Le procureur gênerai de l'ordre des prémontrés y fit un long discours

sur les desordres qui ravaj;eoient î'Eglise du Sei|;neur , et exhorta les Pères à les reparer, in colldhnill^ eccUsiti rcpaidlioncin. 2." On lut les décrets par lesquels on accordoit trente jours au pape pour se deleruiiner à reformer lui-même les abus qui s'etoient introduits, oud'asseudder un concile gênerai , ou de s'unir à eux dans celui qu'ils avoieut assemble.

.*5?i>. II février. On renouvela le décret du concile de Constance contre ceux qui mallrailoient les personnes qui venoient au concile.

\ l*; Sess. 24niars. Un docteur députe de l'universilé de Paris y fit un discours. On cita de nouveau dans les formes ordinaires , le pape Jules , et faute de comparoitre , on demanda qu'il fût déclare contumace. On publia divers décrets, et entr'autres sur la vie exemplaire que doivent mener les ecclésiastiques sur l'ordre qui devoil être observé dans le concile par rapport aux sessions et aux coui^réi;alious.

On confirma comme le;;;ilime lindiction du concile par les raisons énoncées dans rapoloi;îe dont on a parle , et sur ce que le pape Jules avec les cardinaux avoit juré solennellement d'assembler un concile dans l'espace de deux ans ; que comme ce pape n'avoit pas tenu son jerment,le droit etoit dévolu aux cardinauxpour assemblerleconcile : on cassa et annula la cou vocation de celui quiavoitetcfaitàrvome, par Jule il.

A 11* Sess. ig avril. Les promoteurs demandèrent que le pape Jules fût déclare avoir encouru, connue contumace, la suspense //wt; facto pour radininistration tlu souverain pontificat. En conséquence on l'appela par trois fois au bas de l'autel et a la porte , et on remit à la session suivante la décision de l'affaire.

VI1I« Sets. 21 avril. L'évéque de Masuelonne ( aujourd'hui Mont-

Sellier ) y chanta la messe. On fit un écret qui suspendoit le pape Jules.

Le concile , après être entré dan»

un srand détail de tout ce (pi'il avoit fait auprès du pape pour feniiager à lui accorder sa protection , exhorte les cardinaux , les eveques, les princf's, enfin lout le peuple chrétien ;i ne plus reconnoîlre le pape Jules, comme elant déclaré notoirement contumace , auteur du schisme , incorrigible et endurci , et comme tel ayant encouru les peines portées dans les saints décrets des conciles de Constance et de iiàle , et suspens de toute ailministralion ponliiicale , la([uelle etoit dévolue de plein droit au concile.

Ce fut la dernière action de ce concile ; car les Français ayant été obliges d'abandonner le ?*lilanez, les prélats furent oblii^es de quitter Milan et de se retirer h Lyon , où ils voulurent continuer le concile, maïs ce fut inuiilement.

Malgré ce mauvais succès , le roi Louis Xlî accepta le décret du concile qui su.spendoit le pape , et fit défense à ses sujets d'impefrer aucune provision en cour de ivome , ni d'avoir éirard aux bulles que le pape pourroit expédier; et ce , par des lettres-patentes données à Blois le i(j juin i5i2. Ce que le pape Jules ayant appris , il mit le royaume de France en interdit ; mais Louis XII protesta contre cette bulle du pape.

///. Ail. II. Cûiic. Pis. ]). io8. cl scqgj. cl. scq.

Jtdes II opposa à cette assemblée schisinatiquele V^coiuslede Latran, auquel Maximilien et Louis Xll adhérèrent eux-mêmes , après avoir renonce au conciliabule de Pise. Voy.

ci-dessus Latran (V'' concile de).

PISTES ( C. de ) Vi^ien^c , l'an 8r)2 , tenu par Charles le Chauve.

On y publia un de ses capilulaires contre les pillaa;es. Rotade de Soissons y appela au pape de l'excommunicalion qu'ilincmar, archevêque de Ueims , avoit prononcée contre lui. tlincmar fut obligé de suivre ce concile et de déférer

PAR

à l'appel de Rothade. /''. Soîssons.

Toni. f m. Conc. p. 755.

PLAISANCE ( C. de )en Lombardie,/Vuf(7(//rt//w^ l'an 1 095, i<^'' mars jusqu'au 7, tenu par Crbain II, Deux cents évcquess'y trouvoreut, avec près de quatre mille clercs et plus de troisceiit mille laïques. L'assemblée se tint en pleine campat;ne.

L impératrice Praxade ou Adélaïde vint s'y plaindre de son époux l'empereur Henri , et l'y accusa publiquement des infamies qu'il lui avoit fait soutlrirensa personne. Piiilippe, roide France, y obtint un uelai jusqu'à la Pentecôte- Les ambassadeurs de l'empereur de Constantinople y vinrentdemanderdu secours contre les infidèles : on y renouvela la condamnation de llieresie de Lerenger et l'on y établit clairement la foi de la présence réelle de Jesus-Cbrist dans l'eucliariitie. Les nicolaVtes , les prêtres ou clercs majeurs incontinents , les simonia(]uesy furent aussi comdamnes , de même que les ordinations faites par Guibert et par les autres excommunies; le jeune des quatre-temps , iixe aux mêmes jours que nous I observons aujourd'hui: ce qui doit être remarqué pour certaines dates des Chartres avant ce concile ou Ton fit encore d'autres rej;lements. 1).

M. 'foin. X. Conc. p. 5ûl.

PLAiSANCL ( G. de) l'an ii32, après Pâques, par le pape Innocent H , assi.ste de plusieurs evêques de Lombardie. On défendit de recevoir a pénitence ceux qui ne voudrcient pas renoncer au concubinage , à la haine, ou quelqu'autre péché mortel

P01SSV(Asse!nblée des cvêqnes de France a) fan i56i. Elle fut tenue a l'occasion du fameux colloque de ce nom , ci on y fit plusieurs reglementsde distij)lii'.e très-utiles; I osur la promotion desévèques , on ordonne d'afficher a la porte de l'église cathédrale des autres lieux le nom de celui qui axna eié nomme

PAR

T par le roi à unévêché, afin que chacun puisse déclarer s'il a des <léfauts qui le rendent incapable d'une si liautedignite; 2. "sur la re.^idence , on enjoint aux archevêques et evêques de ne point s abienter de leur diocèse plus de trois mois , sinon ils rendront compte à leurs métropolitains; on les exhorte à s'appliiiuer à la prédication, qu ils feront faire par des personnes d'une saine doctrine ; a faire la visite de leurs diocèses et à tenir tous les ans des synodes.

Les archevêques assendjleront le concile provincial tous les trois ans, suivant le décret du concile de lîàle.

On ne prononcera des excommunications que pour des causes graves.

Les théologaux feront exactement des lei^ons de théologie , auxquelles les chanoines assisteront, etc- Les curés ne pourront être mis en possession qu'ils n'aient ete approuvés et examines par l'evêque a\ec les anciens chanoines : ils seront ordonnes prêtres dans l'année, et re.-.idcront exactement : ils expliqueront TEvaiigile à leurs peuples et leur apprendrontà bien prier. On défend les messes privées pendant la messe solennelle.

Ou ordonne aux prêtres de se bien pr(^parer avant que d'approcher du saint autel , de prononcer distinctement Ifs paroles du sacrifice ; de s'acquitter de toutes les cérémonies a\ec décence tt gravite : on défend de toucher sur les orgues d'autres airs que des hymnes, et des cantiques spirituels : on enjoint de corriger et de reformer les livres de l'office ecclésiastique ; on abolit toutes les pratiques superstitieuses ; on ordonne d'avertir les peuples, que les images ne sont exposées dans les églises que pour rap- |)eier le souvenir de Jesus-Chrisl et des saints. On veut que celles qui ont quelque cho.'^e dindecent, ou qui représentent des histoires fabuleuses ou ridicules, soient entière-' Oient ôtees. Ces règlements sont ter-

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