‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 114 sur 257 · Till · texte numérisé non relu

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ROME ( C. de ) l'an %i , sous le pape Jules, à !a tête de cinquante évêques, et tenu pour juger la cause de saint Athanase et des autres qui étoient venus se plaindre des eusé- Liens. M. de Tillemont croit qu'il faut mettre de ce nombre Osius de Cordoue,et\'incent de Capoue. En effet , beaucoup d'évêques étoient venus à Rome demander justice au concile des violences de ces hérétiques. Le pape Jules avoit sommé ces derniers, par une lettre, de justifier les accusations qu'ils avoient formées contre saint Athanase , et de répondre à celles que Marcel d'Ancyre avoit formées contr'eux. Mais le.s eusébiens ne jugèrent pas à propos de se rendre au concile : ce qui les rendit suspects. Les évêques eurent beaucoup d'égard à la lettre du concile d'Alexandrie, tenu deux ans auparavant : c'étoient les évêques

ROM d'Egypte, au nombre de cent, qui l'avoient écrite pour la justification de saint Athanase. Elle fut jugée d'un grand poids, étant jointe aux témoignages que divers autres évêques rendoient a l'innocence du saint Arsène , eSanl encore vivant, laisoit voir la fausseted'unedes principales accusations. Lanullilé de l'information de la Maréote eloit manifeste par la pièce même, et saint Athanase fit voir, par les lettres d'Iskiras , quelle etoit la cabale que l'on avoit formée contre lui. Rien plus, les évêques reprcsenlèrent les violences inouïes des eusébiens, exercées à l'occasion de l'intrusion de Grégoire.

On trouva toute cette procédure du concile de Tyrinjusteet irreguliere :

on déclara saint Athanase innocent, eton le confirma dansla communion de l'Eglise, comme evêquc légitime.

On examina la cause de Marcel d'Ancyre, et la profession de foiqu'il avoit faite, dans sa lettre au pape : le concile en fut satisfait, et le déclara mal condamné et mal déposé. Le pape Jules écrivit aux Orientaux une très-belle lettre fort étendue , dans laquelle il les exhorte à changer de conduite. Alhan. Àpotog. p. y^/J- Tom. J'IlLC.p./^.ç^'i.

ROME ( C. de) l'an 34q , contre Phol in. Ce fut dans ce concile qu'Ursace et Valens retractèrent, en présence du pape Jules, ce qu'ils avoient dit contre saint Athanase, et lui écrivirent deslettres de communion.

ROME (C. de) l'an SSa, sous le pape Libère, pour saint Athanase, accusé par les Orientaux, et soutenu par un plus grand nombre d'Egyptiens. Le pape y lut la lettre que les Orieniaux lui avoient écrite contre ce saint , et celîe d'environ soixante et quinze évêques d'Egypte en sa faveur. Le concile jugea qui! étoit contre la loi de consentir aux Orientaux. Tcm. AI. Conc. p. 74-5.

ROME (C. de) l'an 368 ou 369, assemblé par le pape L^amase , et composé de beaucoup d'évêques. Ce

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îpe t'y apjiliiiua surtout à relever 1 pas pijre une seule : 3.° parce que la Euxqiiieloientlombes(lansrarianis- divinité nVût etequ'uiie partie d'un me, et à faire connottre quelséloient tout, et qu'ainsi il auroit fallu reconlesauteursetleschefsdecetteherésie- noître deux Fils et deux Christs. On confirma la foi de îvicee : on de- C'est sur ces pensées de l'esprit clara nul tout ce qui s'etoit fait de humain et ces inconvénients imagicontraircàRimini. Ursaceet Valens naires, lesquels ne se rencontroient y furentexcom munies avecceux qui ! pas moins dans leur opinion , qu'ils

suivoient leurs sentiments.

On n'y parla point d'Auxcnce, qui avoitusu rpe le siej^e de jMilan sur saint Denis. Ce concile écrivit une lettre à tous les prclais d'E;;ypte ; et ceuxci , ayant à leur têle saint Athanasc, écrivirent à Damase pour le remercier d'avoir sauvé l'unité de l'Eglise catholique en condanmantL rsaceet \aleiis; mais ils témoignèrent être surpris de cequ'on n'avoit pas encore déposé etchassé de l'ei^lise Auxence- Le même concile écrivit aux évoques d'Afrique pour les conjurer de conserver l'unité episcopale, et de ne se point laisser aller à ceux qui soutenoic-nt le concile de Rimini, au préjudice de celui de INicee, sous prétexte dutermedeconsubstantiel.

Sozom. J I. c. 23. Btir. 36^. § 36.

ROME (C. de) l'an 372, sous le même pape. Quatre-vingt-treir.e evêques y excommunièrent Auxence de Milan , et ils y traitèrent de la consubslantialité du Saint-Esjjrit.

Tom. IL Cf. 892.

ROME (C. de) l'an Sy^, sous le même pape , tenu contre les apollinaristes , dont le chef etoit Apollinaire, évêque de Laodicée en Syrie Les apollinarisles pretendoient de même que les ariens, que Jésus- Christ avoit euseulement une chair humaine , et non point une aine , et que la divinité luientenoit lieu. Ensuite, distinf;uant l'ame qui nous fait vivre, de l'intelligence par laquelle nous raisonnons, ils n'accordoient à .Îcsus-Christ que cette ame animale, car ils n'osoient, disoientils , le reconnoîtrc homme parfait comme nous sommes , parce que i." il eût aussi été pécheur ; 2.° que doux choses parfaites n'en peuvent

fondoient leur nouveau dogme, sans se mettre en peine s ils abandonnoient la foi ancienne et la tradition que l'Eglise a reçue des apôtres, contre laquelle il ne faut point écouter nos raisonnements. Ils ne considéroient pas que l'homme ne peut prétendre , sans une étrange témérité, de décider par ses foiblcs lumières, ce qui est au-dessus de notre raison et de noire intelligence, car enfin , s'il étoit vrai que Jésus-Christ ne se fût pas uni à ce qu'il y a de plus considérable en nous, cette opinion nous ôtoit toute e.^pérance de salut, et elle rendoit la Divinité passible.

Mais les erreurs des apollinaristes allèrent encore plus loin dans la suite : car , comme ils ne vouloient pas reconnoîtrc deux substances et deux natures en Jcsus-Christ , l'une divine et Tau Ire humaine, iissoutinrent qu il avoit une seule nature mixte et composée de la divine et de l'humaine , et ils disoient que sa chair etoit consubstantielle à sa divinité ; qu'une partie du Verbe avoit été changée en chair et en os, en un mot, en un rorpset en une nature toute différente de la sienne; que ce n'avoit pas été un corps comme le nôtre; qu'il en avoit seidement la forme et l'apparence extérieure, mais qu'il éloit coeternel à la nature divine , formé de la substance même de la Sagesseeternelle.etdecelledu Verbe changée en un corps passible ; qu'ainsi c'étoit la divinité du Fils consnbstantiel au Père, qui avoit été circoncise et attachée à la croix, et non un corps terrestre comme le nôtre lis inféroicnt de là , que la substance de .son corps nétoit pas prisede Marie, mais avoit seulement

passe par elle comme parun canal, et ils lui refusolent le titre de mère de Dieu, disant que ce corps avoit ète avant Marie ; que Jesus-Clirist l'avoit toujours eu , et qu'il étoit celeste et in créé.

Outre ces erreurs , sur le mystère de l'incarnation, ils admettoientdiffcrents degrés dans la Trinilé, et disoient que le Saint- F.sprit etoit grand, le Fils plus grand, et le Père très-grand : ils tenoient encore l'opinion des millénaires , et admcttoient trois résurrections-

Toutes ces erreurs, plutôt que les personnes, furent condamnées dans ce concile. A l'égard de la personne d'Apollinaire, il ne le fut qu'après que lui et Vital eurent fait schisme , c'est-à-dire l'an 877 , et lorsqu'il donna à Vital le nom d'evêque des apoUinaristes dans Anlioche.

Cette secte y causa beaucoup de troubles et de divisions. Les questions embarrassées et obscures, que lui et ses sectateurs agitoieut sur l'incarnation, embrouilloient tellement les esprits , que beaucoup doutoient absolument de ce grand mystère :

d'autres se perdoient dans les difficultés où ils se jetoient, cherchant de nouveaux termes , dont l'unique fruit étoit des disputes sans fin, et peu s'en tenoient à la simple et ancienne doctrine de l'Eglise.

Saint Basile écrivit plusieurs lettres sur cette hérésie, contre laquelle il s'éleva fortement. Ce fut sur ces lettres que le pape Damase convoqua un concile à Rome, l'an 378, avec Pierre d'Alexandrie. Ils y condamnèrent les sentiments d'Apollinaire, et ils déclarèrent que Jésus-Christ étoit vrai homme aussi bien que vrai Dieu , et que quiconque diroitqu'H nianque quelque chose , soit à sa divinité , soit à son humanité , devoit Ctre jugé ennemi de l'Eglise; et on déposa Apollinaire.

Celte même héré&ic fut condamnée au concile d'Antioche de l'an 879, et Je concile œcunicnicue de Con-

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stantinople, assemblé quelques moii après, cCKifirma la sentence du concile de Ixome , contre Apollinaire et ses sectateurs. Apollinaire persista dans son erreur impie, et mourut dans un âge avancé, sous le règne de Theodose. Selon le témoignage des auteurs ecclésiastiques contemporains, il avoit reçu des talents extraordinaires de la nature , et de grands dons de la grâce. 11 avoit combattu , avec beaucoup décourage etdegloire, pour la vraie foi, contre ceux qu i en étoient les ennemis , car J ulienl'aposlat ayant défendu aux chrétiens fetude des auteurs païens , les deux ApoUinaires , père et fils, s'efforcèrent , dit Socrate , de suppléer au défaut de ces auteurs par les ouvrages qu'ils composèrent.

Le père mit en vers héroïques, les livres de INIoïse , et les histoires de l'ancien Testament ; et le fils des dialogues à l'imitation de Platon , où il renferma l'Evangile et les préceptes des apôtres. Mais, dit M. de Tillemont , parce qu'il mit sa confiance en sa propre sagesse, parce qu'il voulut résoudre des difficultés que la foiblesse humaine ne peut éclaircir, parce qu'il se laissa aller à la démangeaison d'une curiosité profane, parce qu'il voulut trouver des routes nouvelles dans la pureté et la simplicité de la foi, tous les avantages qu'il a\oit lui devinrent inutiles , et il mérita d'être regardé de toute l'Eglise, comme un schismatique et un hérétique. Sozom. JI. c.

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