MahiU. Analec. Tom. I. p
TRENTE ( C. de ) Tridailinum ,
dernier Concile général. Voici ce qui donna lieu à la tenue de ce concile. Les progrès rapides de Thcresie de Luther, de Zuiugle et de Calvin , et le relâchement de la discipline , ayant fait sentir à tout le monde la nécessite d'un concile, l'empereur Charles-Qnint le sollicita lui-même pendant long-temps, et le pape Paid llî donna une bulle pour la convocation d'un concile général à Mantoue, le 23 mal 1537. Il y exposa qu'ayant toujours désiré de purger l'Eglise des nouvelles hérésies, et d'y rétablir l'ancienne discipline, il n'avoit pas trouve d'autre moyen que d'assembler un concile gênerai , et il fit en même temps imjtifier sa bulle à tous les princes. La réponse des princes protestants fut en substance, qu'ils ne vouîoient point d'un concile où le pape et les cveques assisteroient comme juges.
Luther s'emporta même en cette occasion avec une audace extren<.e contre l'aTitorité du pape. D'un autre cAieleducde Mantoue n'ayant pas voulu accorder sa ville pour la tenue du concile, le pape prorogea jusqu'en novembre l'ouverture du concile sans designer le lieu. Ensuite, par une autre bulle, il le prorogea jusqu'en mai i538, et désigna la ville de Vjcence. 11 nomma quelques cardinaux et quelques prélats pour travailler à la reforme : en conséquence ils firent un long mémoire, où ils exposoient les abus à reformer, i."^ Ceux qui regardoient l'Eglise en général; 2." ceux qui ëtoient particuliers a l'église de Rome. Le pape Paul 111 proposa lui-même la reforme en plein confisloire, mais les sentiments étant partagés, on la renvoya au jugement du concile.
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Aucun éveque ne s'étant rendu à Vicence , le pape prorogea le concile jusqii'à Pâques loog , et sur un nouveau partage d'avis en consistoire , le pape suspendit le concile convoqué jusqu'au temps qu'il lui {ilairoit de le tenir.
Enfin au bout de trois ans , et en i54-2, après bien des ccntestaticns entre le pispe, l'empereur, et les princes catholiques sur le lieu CiU concile , car ceux-ci vouîoient qu'il se tînt en Allemagne, comme a Rati.sbonne ou à Cologne , et le pape Paul llî exigeoit qu'il se tînt en Italie: la ville de Trente proposée par le pape fut acceptée par Us princes catholiques. En conséquence , le pape indiqua par une bulle le concile à Trente , pour le i5 mars de l'année suivante i54-3, et nomma pour ses légats les cardiiiaux del Monte, eveque de Palestine, Marcel Corvin , prêtre, et Polus, diacre : mais les contestations f|ui surveiioient tous les jours firent (litlérer encore plus de deux ans Fouverture du concile , qui ne se lit qu'au i3decend>re i54-5-
V^ Session hes trois légats accompagnei de quatre archevêques , et de vingt-deux evêques, s'etant rendus à Trciite, tinrent la première session. L'evêque de Ritonte fit un discours ; et après les prières accoutumées , le cardinal del Monte prononça la bidle de l'indiction du concile, et exposa les mofifsquil'avoient fait convoquer ; savoir, l'extirpation des hérésies, le rétablissement de la discipline ecclésiastique, et la refoimation des mœurs; et il exhorta les Pères à éviter toute dispute, à n'avoir en vue que la gloire de Dieu, dont les yeux etoient ouverts sur eux , de même que ceux des anges et de toute l'Eglise. Il indiqua ensuite la session prochaine au 7 janvier lO^-f».
Dans l'intervalle de la première session à la seconde, on tint plusieurs congrégations. Dans la première ,