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le 18 décembre , le cardinal del Monte proposa quelques reniements pour le bon ordre pendant la tenue (lu concile , et régla qu'on exaniineroit les matières qui dévoient (?tre traitées dans les congrégations et dans les sessions , et la manière dont on feroit cet examen. Les légats firent trouver bon aux Pères que le pape nommât des officiers pour le concile.
Dans la seconde congrégation , le jf) décembre , l'archeveqiie d'Aix et Tevi^que d'Agde , prièrent les légats de ne rien traiter d'essentiel avant l'arrivée des ambassadeurs du roi de France.
Dans la troisième, 29 décembre , on accorda voix deliberative aux abbés et généraux <!'ordre, et on cliargea trois prélats de voir les procurations des évêques et marquer leurs places. Les légats ayar)t écrit au pape sur la manière d'opiner dans le concile , c'est-à dire , si on opineroit par nations comme on avoit fait au concile de Constance et de Kàle, ou .si chacun auroit son suffrage libre en décidant à la pluralité des voix , conmie on avoit fait au dernier concile de Latran ; le pape décida qu'il falloit suivre cette dernière manière d'opiner : ajoutantqu il falloit traiter des points de religion, en condamnant la mauvaise doctrine sans toucher aux personnes, et ne point traiter de la reformation, ni avant les dogmes, ni conjointement avec eux, parce que,disoit-il, ce n étoit pasla principale cause de la tenue du concile; que s'il s'elevoit quelque dispute sur ce qui concerne la cour de Rome, il faudroit écouter les prélats , non pour les satisfaire dans le concile, mais pour en informer le sovivorain pontife qui appliqueroit les remèdes convenables- Dans celle du 5 janvier i546 , on traita de la manière de proposer les questions : on décida sur l'avis du pape que ceux qui étoient chargés de
deliberative dan.sleconcile. On agita long-temps la question sur le titre qu'on donneroit au concile : car la formule, par laquelle le décret devoit commencer, et que le pape avoit envoyée aux légats, causa beaucoup de disputes. Elle etoit conçue ainsi :
Le saint el sucré concile de Trenlc, atuwénlquc el général, 1rs Ici^als du Siège aposlolique y présidunl. Or la plupart des Pères du concile etoient d'avis qu'il falloit ajouter , Représenlanl L'Eglise «n/iéT.sT//é'.- d'autres vouloient retrancher le nom de présidents, mais on s'en tint à la formule du pape.
On régla qu'on ctabliroit une congrégation pou r chaque matière qu'on (levoit traiter dans le concile , et qu'on nommeroit des personnes pour former les décrets, sur lesquels chacun diroit son avis dans les congrégations générales.
11* Sess. 7 janvier i54.C»- H s'y trouva trois légats , le cardinal de Trente, quatre archevêques, vingthuit chèques, trois abbes bénédictins, quatre généraux d'ordres, et environ vingt théologiens. On lut une bulle qui defendoit d'admettre le suffrage des procureurs des absents , et un décret qui exhortoit les fidèles qui etoient à Trente , à vivre dans la crainte de Dieu , à prier sans cesse , et à s'acquitter des devoirs de la religion. On recommanda aux evêques et aux moines de mener une vie irréprochable , de jeûner tous les vendredis , d'avoir une table frugale, etc. Le concile exhorta tous ceux qui etoient versés dans, les saintes lettresde s'appliquer chacun, avec une sérieuse attention, à la recherche des moyens, par lesquels la sainte intention qu'on avoit eue en assemblant le concile, pût être remplie. On recommanda a tous les membres de l'assemblée , conformément aux statuts du concile de Tolède, lorsqu'ils ticndroientleurs séances, de ne pas s'emporter par des bruits indiscrets, ni par des conprocuration n'auroient point voix testations opiniâtres, mais que cha-
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can tachât d'adoucir ce qu'il auroit à dire par des termes si affables et si honnêtes , que ceux qui les entendroient n'en fussent pas offenses.
On tint ensuite plusieurs congrc;;ations.
Dans la première, on renouvela la dispute sur le titre des décrets, plusieurs voulant qu'on y ajoutât :
Repré^cnlanl l' Eglise iinn-er.-:clle. On convint d'attendre que le concile fût nombreux pour employer ce titre à la tête des décrets les plus importants, et on convint qu'on ajouteroit aux mots de «nn/ cl sacre concile ccii\ ^L œcuménique et universel. On projiosa les trois chefs qui faisoient l'objet du concile ; savoir : l'extirpation des hérésies, la reforniation de la discipline, et l'union entre les princes chrétiens.
La seconde fut sur l'examen des matières : après plusieurs contestations, les Pères conclurent qu'il f;illoit traiter ensemble les matières de la foi , et celles de la reformation.
Dans la troisième, on fit la lecture des lettres que le concile avoit fait écrire aux princes. On divisa lesévèquesdu concile en trois classes, pour s'assembler dans le lo;^is de chacun des léi;ats avant de porter leurs délibérations à la congréj^ation générale, afin qu'elles y fussent rerues avec moins d'altercation , et on fit le choix des Pères qui dévoient composer ces trois classes : on fit un décret pour ia publication du concile de Constantinople à la session prochaine.
IIP Sess. 4 février. On lut un décret qui exhortoit les Pères i\ mettre leur force et leur confiance dans le Sei;^npur, et dans sa vertu toutepuissante; et qui orJonnoit que le concile commençât par sa profession de foi. On examina le canon des livres de l'Ecriture sainte : on convint de l'approuver ; on nomma six commissaires pour examiner les endroits qui s'y trouvoient altères. On dif-puta long-temps sur l'autorité
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du texte original et des versions, et particulièrement de la ^ ulgate, et on conclut d'après l'avis d'André Vega, espagnol et de l'ordre de saint Fran(;ois, que la ^ ulgale devoit être déclarée authentique, c'est-à-dire, qu'elle ne contenoit rien de contraire à la foi ni aux bonnes mœurs, quoiqu'il y ail (juelques expressions qui ne soient pas conformes au texte original , parce qu'elle etoit respectée dans l'Eglise depuis plus de mille ans ; que les anciens conciles s'en etoient servis comme exempte de toute erreur dans la foi et dans les mœurs. On lut le symbole de jNicee , et on indiqua la jession suivante.
On tint jilusieurs congrégations sur la tradition, c'est-a-dire , la doctrine de Jesus-Christ et des apôtres, qui n'est pas marquée dans les livres canoniques et qui est venue jusqu'à nous par succession, et qu'on trouve dans les ouvrages des Pères.
On examina l'article des sens et des interprétations de la même Ecriture.
IV^ 5( w. 8 avril. On lut deux décrets, le premier sur les livres de l'Ecriture sainte. Il porte que le saint concile reçoit tous les livres de l'ancien et du nouveau Testament, aussi-bien que les traditions qui regardent la foi et les mœurs , comme dictés de la bouche même de Jesus- Christ, ou par le Saint-Esprit, et conservés dans l'Eglise catholique par une succession continue, et qu'il s'yattache avec unegal respect. Ensuite le décret rapporte lecatalogue des I^ivres saints tel qu'il est dans la Nulgate, et le concile frappe d'anatheme ceux qui ne les reçoivent pas pour canoniques.
Le second décret déclare authentique la version vulgate comme approuvée dans l'Eglise depuis de longs siècles; ordonne qu'elle soit imprimée avec tout le soin possible; défend d'employer les paroles de l'Eeriture aux usages profanes; veut que ceux qui en font des applicalioRi>
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ridlculps, ou qui s'en servent à des superstitions, soient punis comme profanateurs de la parole de Dieu.
Congrégation, i .° On y traita des abus touchant les lecteurs en théologie et les predicatcurs;de l'exemption des réguliers ; sttt la résidence des évêques , fit si elle étoit de droit divin ou seulement de droit ecclésiastique : 2 °()n examina le dogme, d'abord celui du pèche orginel que l'on divisa en cinq articles : i.° de la nature de ce pechè ; 2.° de la manière qu'il se transmet dans les descendants ; 3." des maux qu'il a causes au fleure humain ; 4 " de son remède; 5.'^ quelle est l'efficacité de ce remède. 3.° On examina la question de la conception de la sainte Vierge, mais le concile en parla dans la session suivante.
V 5c5î. 17 juin. i.° On lut le décret de la foi , louchant le peclie orii^inel ; il contient V canons avec anatlipme. / . les canons. Ensuite le concile déclara que, dans ce décret , son intention n'est pas de comprendre la bienheureuse et immaculée Vierge Marie iMere de Dieu ; et qu'on doit observer à ce sujet les constitutions du pape Sixte I\ .
2 "On examina les points qui concernoient les œuvres, et l'on en distingua de trois sortes ; les unes qui précèdent la foi et toute grâce ; les autres qu'on fait après avoir rei^u la première grâce, et les troisièmes lorsqu'on est iustifié. 3." Ou ne statua rien sur l'article de la résidence de droit divin ; car le pape avoit mandé à ses légats de ne pas soufïrirqu'on agitât davantage cette question , mais qu'il s'agissoit seulement de reformer les abus; etconime (a non-residence en étoit un , il fallait seulement penser aux peines que le concile pouvoit imposer pour Grréter cet abus. 4- ° On fit quelques changements aux décrets concernant la foi ; et entre autres dans le premier chapitre où il étoit dit.
a 1 occasion du libre arbitre, qu'il]
n'eloit pas éteint dans I homme, mais blessé ; on mit à la plp.re de ce dernier mot : mais diminue de ^rce et penché, rinlnn: lu et altcmialum rt inclinalum. Dans le cinquième où il est dit , qu'encore que Dieu touche le cœur de l'homme par la lumière du Saint-Esprit, l'honmie n'est pas neaimioins tout-à-fait sans rien faire en recevant cette inspiration , pui^qull ta juut njcler^ on avoit nus auparavant : puisqu'il n'est pas en sa puissance de ne la pas recevoir.
Dans ce même temps, les trois ambassadeurs du roi de France arrivèrent au concile, savoir: Durfe, Lignieres, et Pierre Danez. Ce dernier fit un grand discours et fort savant .
où il ex[)Osa qu'il etoit chargé lui et ses collègues, <le prier le concile de ne passoullrir qu'on donnât quelque atteinte aux privilèges dti royaume de France , et que l'Eglise gallicane, dont le roi est le tuteur, fût confirmée dans ses droits et immunités.
Con<(n''(alion. i.'^Ony examina la matière de la iustificalion; 2." la doctrine de Lutl-.ersur le libre arbitre, la prédestination , le mérite des bonnes œu\Tes, etc., et on arrêta que l'on feroit deux décrets , dont l'un etabliroit la doctrine deTF-gUse sous le titre de décrets, et l'autre contiendrolt lesanathemes sous le titre de canons : on revint à b matière de la reformation , et h la question de la résidence des éveques. La plupart des théologien;» , et surtout les dominicains , soutinrent que l'on devoit décider que la résidence est de droit divin : les Espagnols demandèrent la mêm.e chose.
\i'^ iS>5s-. i3 janvier iS/f-j. On y publia deux décrets : le premier sur la justification : il comprend seir.e chapitres et trente-trois canons contre les hérétiques. Ce décret renferme une lumière admirable, et on n'avoit rien de plus beau dans les conciles des siècles les plus éclairés. Les Pères y exposent d'abord de
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quelle manière 1rs pécheurs parviennent à la iuslilication.
Les pécheurs , dit le coutlie , sont disposes à être instifies , lorsqu'ex- (ileset aides par la sràce , et qi.-'aioutant foi à la parole sainte qu'ils entendent, ils se portent librement vers Dieu , croyant que tout ce qu'il a révèle et promis est véritable , et surtout que Tini pie est justifie par la ^ràce que Dieu lui donne par la rédemption de Jesus-Christ:et lorsque se reconnoissant pécheurs, qu'étant frappés utilement de la crainte delà justice de Dieu, et ayant recours a la divine miséricorde , ils conçoivent l'espérance, et ont confiance que Dieu leur sera propice à cause de Jesus-Christ , et commencent àl'aimercomme source de toute justice , et que pour cela ils se tournent contre leurs pèches, parla haine qu'ils en conçoivent, et par la detestation , c'est-à-dire , par la pénitence qu'il faut en faire avant le baptême : enfin lorsqu'ils se proposent de recevoir le bitptême, de commencer une vie nouvelle , d'observer les commandements de Dieu.
Le concile explique ensuite la nature et leseffets de la justification, en disant qu'elle ne consistepas seulement dans la rémission des pèches, mais aussi dans la sanctification et le renouvellement intérieur de J'àme. Celte justification , disent les Pères, si on en recherche lescauses, a pour cause finale la gloire de Dieu et de Jésus-Christ, et la vie éternelle : pour cause efficiente Dieu même en tant que miséricordieux, qui lave et qui sanctifie s'aluiteinent parle sceau et l'onction du Saint- Esprit, promis par les Ecritures, qui est le e;aï;e de notre heritai^e : pour cause méritoire , elle a INotre- Seigneur Jésus-Christ, son trèscher et unique Fils, qui, par ramonr extrême dont il nous a aimés , nous a mérité la justification , et a satisfait pour nous à Dieu son Père par sa très-sainte passion sur la croix ,