‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 149 sur 257 · o via · texte numérisé non relu

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l'an 8|4 , en decembro. Ehroin , archichapelain du roi Cliark's le Clianvc, et évêque de Poiliers, y présida en présence de Venilon de Sens , et on y fit douze canons. Dans la préface , on exhorte le roi à conserver la paix avec ses frères. Ces canons portent entr'aulres choses, que le roi veuille bien envoyer des commissaires par les provinces, afin <!o reprimer ceux qui coumicttent des crimes et qui méprisent la discipline de l'Eglise : que les moines vai.;abonds et les clercs déserteurs soient châtiés suivant lescanons,que ceux qui épousent des relii^ieuses soient excommunies s'ils ne font pénitence publique. T.J II. f ./'.i8o5.

VEKNOjN sur Seine ( C de ) , Fcrncnse, l'an 754, ii juillet. 11 fut convoqué par l'ordre du roi Pépin , qui y assembla tous les évcques des Gaules pour le rétablissement de la di.«cipline. On y proposa de remédier aux plus grands abus, en attendant un temps plus favorable pour faire refleurir la discijiline et abolir les relâchements qui s'etoient introduits. On y fit vingt-cinq canons , et on y ordonna deux conciles tous les ans. Le premier le i" mars, et le II.*'' le i« octobre. Tom.

ï I. Conc.p. 16G4.

^ VERONE (C. de), Fcroncnsc, l'an 1184, premier août, jusqu'au 4 novembre. Le papr l^uce , ou Liuius m y fit une constitution contre les hérétiques, en présence de l'empereur Frédéric , où l'on voit le concours de deux puissances pour l'extirpation des hérésies. 1/E glise y emploie les peines spirituelles ; et l'empereur, les seigneurs et les niagislrats, les temporelles : mais on vculoit reprimer la fureur des cathares, patarins et autres hérétiques du temps ; car les cruautés inouies qu'ils exerçoient contre les ecclésiastiques , exigeoient la même sévérité dont les empereurs romains avoient autrefois usé contre les circoncel-

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On voit dans ce concile, comme l'origine de l'inquisition contre les hérétiques, en ce que l*on ordonne aux cvêqucs de s'informer, par euxmêmes ou par commissaires , des personnes suspectes d'heresie ^ suivant le bruit commun et les dénonciations particulières. Onydisting\ie les degrés de suspects , de couvain eus , de pénitents et de relaps , suivant lesquels les peines sont diPi'erentes; et après que l'Egli.se a employé contre les coupables les peines spirituelles, elles les abandoime au bras séculier , pour exercer encore contre eux les peines temporelles , ayant reconnu que plusieurs chrétiens , et particulièrement ces nouveaux hérétiques , n'etoient plus sensibles aux peines spirituelles.

Tom. X. Conc. p. lySy.

VEZELAl ( C. de ), J'izeliacensr, l'an ï i4(i , 3i niarsB Le roi ]^ouis le Jeune s'y croisa avec la reine Aliénor , et grand nombre de seigneurs.

Saint Uernard y prêcha la croisade, et fit, en celte occasion, plusieurs miracles. D. M.

^ VIENNE en Autriche ( C. de) l'an 1199, en décembre. Pierre de Capoue, légat, étant sur les terres de l'empire, en présencedeplusieurs evêques , publia linterdit sur toutes les terres de l'obéissance du roi, avec ordre à tous les prélats de l'observer, sous peine de suspense. 1). SI.

VIENNE ( C. de ) l'an 1267, par Gui, cardinal légat. On y publia une constitution de dix-neuf articles , assez semblable à celle du synode tenu à Cologne l'année précédente.

On y ordonne aux clercs qui entretiennent publiquement des concubines de les quitter dans un mois , à peine d'être privés dès-lors de leurs bénéfices. On défend la pluialilédes bénéfices sans dispense , etc. T. X I.

VIENNE en Dauphiné ( C. de ) l'an 8g2 , tenu par l'ordre du pape Formose, où présidèrent ses deux légats Pascal et Jean. On y fit «luatre

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CXI cinq canons ronlro les usurpations des biens de TP^ftllse, les ineur- Ires, les mutilations et autres outrages faits aux clercs. Plusieurs cvêques y souscrivirent. Tom. lA.

VIENNE ( C. de ) l'an 1060 , en janvier, par Etienne, Ic^at. il ne reste que trois canons sous le nom de ce concile , qui regardent principalement la simonie t:t l'incontinence des clercs.

VIENNE (C. de) Tan 1112, iG septembre, par Guii archevêque de Vienne et légat. Les evêquesy jugèrent que l'investiture, reçue d'une main laïque, etoit une beresie. Ils condamnèrent le privilège extorque par le roi Henri : ils l'anathematisèrent et le séparèrent du sein de l'Eglise, jusqu'à une pleinesatisfaction.

C'estcequen'avoit point fait le pajie au concile de Latran de la même année 11 12; mais il confirma celuici par une lettre du 20 octobre.

Au fond , Yves de Chartres ne croyoit point l'investiture permise, mais il ne la croyoit point aussi une hérésie , comme on le voit dans une lettre à Joceran , archevêque de Lyon , écrite cette même année. Joceran lui repond que l'Investiture, en soi, n'est point iine hérésie ; mais que Iheresie consiste à soutenir qu'elle est permise. Godefroi de Vendôme soutient que llnvestlture est une htresie suivant la tradition des pères, et que celui qui l'autorise est un hérétique. On le croit le premier auteur qui se soit servi de l'allégorie des deux cpees. Tcm. X. C. /J.784..

VIENNE ( C. de ) l'an 11 24., par le légat Pierre de Léon , qui fut depuis antipape, sous le nom d'Anaclet , mais on ne sait rien de ce qui s'y passa.

VIENNE en Dauphiné ( Concile GÉNÉRAL de ) l'an i3ii et i3i2,sous le papeClément V, qui y présida : c'est le XV.* concile gênerai. Il fut assemblé pour l'extinction

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de l'ordre des templiers et !r rétablissement de 1.1 discIpHno. Le roi Philippe le Bel avoit cette aUTnire fort à cœur, et il assista à cc<ci!cilr, accompagne de son frère Charles de Valois , et de ses trois fds, Louis roi de Navarre, Philippe et Charles.

Depuis long-temps cet ordre etcMt décrie à cause de sa mauvaise foi, de son Indocilité et de l'abus qu'il h\\soit de ses privilèges. Dans la bulio de convocation du concile, le pa[!0 dit qu'il a appris avec douleur , que cet ordre etoit tombé dans l'apostasie, et dans des crimes abominables :

Il y est dit encore , que Philippe le Piel , roi de France , lui a donne des instructions sur ce sujet : qu'il ne l'a fait que par zèle pour la foi sans aucun motif d'intérêt, puisqu'il ne prétend rien s'approprier des biens de cet ordre. Nous en avons interrogé, dit le même pape, jusqu'à soixante et douze , en présence de plusieurs cardinaux , et ils ont confessé que dans la réception des frères, celui qui est reçu renonce à Jé.sus-Christ, crache sur une croix qu'on lui présente , et qu'il fait d'autres actions que l'honnêteté ne permet pas de dire.

En France , les templiers avolent été arrêtes dans tout le royaume par l'ordre de Philippe le Bel , et la plupart avolent déposé les mêmes faits, c'est-à-dire , des Impiétés sacrilèges et des impuretés horribles.

11 est vrai de dire aussi , que pour leur faire confesser ces crimes , on les appliquoll à la question , et qu'on les y tourmentolt cruellement : on doit ajouter encore, qu'il y a une variété étonnante dans la manière dont les historiens racontent les circonstances de ce triste et célèbre événement.

Quoi qu'il en soit, le pape donna encore une autre bulle pour ordonner à tous les évêques d'informer contre les templiers qui se trouvolent dans chaque province , et nomma des commissaires pour pro=

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cédercoiilre tout l'ordré. Le grandmaître , Jacques de INIolis , d'antres l'appellent JMolay, fut elle à Paris devantles commissaires, qui etoieiit, l'archevêque de ÎSarbonne , lesèvêquesde Bayeux, de Mende, de Limoges, trois archidiacres de diflérents diocèses : on lui lut ce qu'il avoit confessé devant les cardinaux qui l'avoient inlerrofté : il fit doux fois le sif^ne de la croix ; témoignant l'horreur qu'il avoit des crimes qu'on lui împutoit, ajoutant que s'il eût été en liberté il auroit parlé autrement.

On en hrûla cinquante-neuf dans les champs à Paris , près l'abbaye saint Antoine, dont aucun n'avoua les crimes dont on les accusoit : tous soutinrent jusqu'à la fin qu'on les faisoit mourir injustement, ce qui frappa extrêmement le peuple. A Senlis, après un concile tenu par l'archevêque de Reims , on en brûla neuf, qui pareillement désavouèrent à la mort ce qu'ils avoieut confessé auparavant , et dirent que c'etoit la rif;ueur des tourments qui leur avoit fait confesser des crimes qu'ils n'avoient pas commis.

A ce concile se trouvèrent trois centsévêques sans compter les abbés et les prieurs. Dans la première session, le i3 octobre, le pape fitun sermon dans lequel il exposa les trois causes de la convocation du concile. 11 se passa ensuite un an jusqu'à la seconde session : on l'employa en conférences sur l'afFaire des templiers; et tous les evêques furent d'avis qu'on devoit écouter ce que les accusés avoient à dire pour leur défense.

Le 22 mars de l'année suivante ï3i2 , le pape , en présence de plusieurs prélats avec les cardinaux , abolit par sentence provisoire l'ordre des templiers , réservant à sa disposition et à celle de l'Eglise leurs biens et leurs personnes.

Dans la seconde session qui se tint le 3 avril i3i2 , en présence du

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roi Philippe le Bel , de son frère et de ses trois fils, le pape publia ta suppression de l'ordre des templiers qui avoit subsisté cent quatre-vingtquatre ans. On donna leurs biens aux hospitaliers de l'ordre de saint Jean de Jérusalem , appelés aujourd'hui chevaliers de Malte , à l'exception des biens situés dans les royau mes de Castille, d'Arraj^on , de Portugal et de Majorque : car ils furent destinés à la défense du pays contre les Musulmans. A l'égard de la personne des templiers, il fut réglé que ceux qu'on jugeroit innocents seroient entretenus sur les biens de l'ordre :

queceuxqui auroient confessé leurs crimes seroient traités avec indulgence , et les impénitents rigoureusement punis : que ceux qui auroient souffert la question sans avouer, seroient réservés et séparés des autres pour être jugés selon les canons.

Le grand-maître, les commandeurs de INormandie et d'Aquitaine qui avoient d'abord été condamnes par trois cardinaux légats, à une prison perpétuelle , parce qu'ils avoient confessé les crimes dont on les avoit charges , ayant ensuite rétracté leur confession et soutenu qu'ils étoient innocents, furent remis entre les mains du prévôt ; et Philippe le Bel , sans appeler aucun clerc , et de l'avis de quelquesuns qui étoient auprès delui,lesfit brûler dans une petite île où est à présent la place Dauphine. Us persistèrent jusqu'à la fin à soutenir leur innocence avec une fermeté qui leur attira la compassion des assistants.

Le pape Clément V avoit mandé à tous les évêques d'apporter au concile de Vienne des mémoires de tout ce qu'il convenoit d'y repicr pour le bien de l'Eglise. Nous avons deux de ces mémoires; l'un de Guillaume Durand, évêque de Mende, et l'autre d'un prélat dont on ignore le nom , mais qui est un ouvrage digne d'un grand évêque. Ce der-

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nier propose divers moyens pour 1 le réi.aLlisement de la discipline , et le retranchementde plusieurs abus :

entr'autres, la quantité des excommunications sur des sujets légers ; les voyages fréquents des ecclésiastiques à Rome ; la quantité de bénéfices que la cour de Rome donnoit aux ecclésiastiques au préjudice du droit des préiats qui sont sur les lieux , la pluralité des bénéfices , la vie déréglée des bénéficiers , la su-

[lerfluite de leur table, et le luxe de eurs habits.

La mémoire de l'évêquede Mende n'est pas moins remarquable : il désire qu'on rappelle l'antiquité , et dit,(|ue de parler contre les anciens canons , c'est blasphémer contre le Saint-Esprit qui les a inspirés; il veut qu'on réduise les dispenses à de justes bornes ; il recommande la tenue des conciles provinciaux, etc.

11 propose d'assigner la dixième partie des bénéfices aux pauvres écoliers qui étudient dans les universités, afin de multiplier le nombre des hommes savants capables de servir l'Eglise : il désire qu'on réforme aussi les universités afin que les écoliers s'appliquent sérieusement à l'étude , que l'on donne aux curés un livre facile à entendre où l'on mette les canons pénitentiaux avec une instruction solide louchant le sacrement de pénitence et les autres sacrements : il demande une sérieuse reforme dans la cour de Rome , dans les évcques , dans tout le clergé , etc.

En ce mr-me concile , on parla beaucoup des exemptions. Les évêques demandoient qu'elles fussent abolies; et que tous les ecclésiastiques, tant séculiers que réguliers leur fussent soumis. Cette demande excita une longue contestation.

2.° On termina le célèbre différend de Philippe-Ie-Cel avec le pape Bonifacc VIII. Le concile déclara «^ue le pape Boniface , dont Phiîip|)e-le-Bel avoit toujours pour-

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suivi la condamnation comme d'ua hérétique, avoit toujoursété catholique et qu'il n'avoit rien fait qui le rendît coupable d'hérésie : mais pour contenter le roi, le pape fit un dée ret portant qu'on ne pourroit j amais reprocher au roi , ni à ses Successeurs, ce qu'il avoit fait contre Boniface.

Le concile condamna quelques erreurs attribuées à Jean d'Olivi, frère-mineur. On décida que le Fils de Dieu avoit pris les parties de notre nature unies ensemble, savoir, le corps passible et l'àme raisonnable , qui est essentiellement la forme du corps. Quiconque osera soutenir , que l'âme raisonnable n'est pas essentiellement la forme du corps humain , doit être tenu pour hérétique.

Dans la troisième et dernière session , le 6 mai , on publia une constitution que le pape avoit faite pour réunir les frères-mineurs dont les divisions duroient depuis longtemps, et qui ne les termina point.

On fit plusieurs règlements touchant les mendiants. On régla en détail la vie que doivent mener les moines noirs et les chanoines réguliers : on condamna les femmes appelées béguines : on fit un règlement célèbre sur les hôpitaux , cnir'autres , on ordonna que le gouvernement n'en seroit confié qu'à des hommes prudents, capables et de bonne réputation. 2." Le pape, loujoursau nom du concile , fit deux constitutions touchant les privilèges des religieux et autres exempts; l'une pour les défendre des vexations des prélats , l'autre pour retrancher les abus : par cette dernière, il est défendu aux religieux sous peine d'excommunication ipso fado: de donner Textrèmeonction, l'eucharistie (et le viatique) et la bénédiction nuptiale, sar\s la permission expresse du curé, et de détourner les fidèles de la fréquentation de leur paroisse.

Le pape confirma rétablissement a8

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