‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 25 sur 257 · Î5AL · texte numérisé non relu

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13 AGAI (C. de) en Numidie (non reconnu ) Tan 3g4 , tenu par les donatistes, rassenibles de toutes les provinces d'Afriijue au nombre de trois cent dix évoques ; c'est-à-dire qu'ils s'y trouvèrent presque tous.

Priinien , qui avoit ele condamne et déposé au concile de Cabarsussepar les maximianistes, s'y fit rétablir et confirmer dans son siéi;e , et fit condamner ses adversaires sans qu'on les eût entendus. Cependant tous les efforts des donatistes ne purent pa^ étouffer le parti des maximianistes : au contraire le schisme de ces derniers ruina à la fui celui des donatistes. Au^ust. in Crcsc. l. l^. c. 7. p. 200. Till.

lîALR (C. GÉN. de) Basileense , l'an 143 1. Le pape Martin Y l'avoit indiqué à Pavie, ensuite transféré à Sienne , et de Sienne à Bàle. Le pape Eugène IV , son successeur , (Condolmère, vénitien), en confirma l'indication à i>âle , et il continuaau cardinal Julienle droit qui lui avoit ete donné d'y présider. Les deux principaux objets de ce concile furent i.*^ la réunion de Fécilise frrecque avec la romaine: 2.° la réïormation ijenérale de Fl-l^lisc , tant dans son chef que dans ses membres, suivant le projet qui en avoit ete fait au concile de Constance. L'ouverture s'en fit le 28 juillet, et la première session se tint le i4 décembre. On peut ju^er de lexactityde de ses décisions par le sajze réglen'.ent qu'on fit d'abord de diviser les evêquesqui arrivoient en quatre classes e{^aies. Ch.que classe étoit composée de cardinaux, darchevêques, d'éveques, d'abbés , de curés et de docteurs, tant .«ietuliers que réguliers , ou en théologie , ou en droit canon , de quelque nation ou province qu'ils fussent, et afin que le iiu!i;Lre de ceux qui ccmposoient

les classes fût ét^ai, on choisissoit tous les mois quatre personnes qui distribuoient e;;aiement ceux qui venoient de nouveau. Toutes ces classe;; avoient la liberté de conférer, ensemble eu séparément, sur les questions qu'il falloit examiner.

Llles s'assembloient dans le chapitre de l'église cathédrale; et la, il etoit libre à chacun de pro}»oser ce qu il vouloit sur la question qui avoit été examinée , et sur laquelle on devoit conclure, et dont on devoit faire ensuite le rapport au concile , après la session publique qui se tenoit dans l'église cathédrale et qui en jugeoit en dernier ressort, On dressoit la conclusion et on l'inséroit dans les actes. On vouloit, par un ordre aussi sage et aussi prudent, empêcher les brigues de la nation d'Italie qui a beaucoup plus d'éveques que les autres, et qui, par leur grand nombre, auroient pu retarder ou empcclier ia reforme de lEglise , qui etoit le principal objet du concile : il y avoit encore une liberté entière et dont on a pou dexeinples

L '^'^ Scisicn. Le i4 décembre , le cardinal Julien fit x\n discours, dans lequel il exhorta les pères à mener une vie pure et sainte , à avoir une charité sincère les uns pour les autres, et à travaillerpour les intercts de TEglise. On lut le décret du concile de Constance, touchant la célébration des conciles ; la bulle de convocation de iMartin V, par laquelle il nommoit le cardinal Julien pour président du concile de Eâle et la lettre du pape Eugène IV à ce même cardinal sur ce sujet. On exposa six mollis de (a convocatici du concile. 1.° Pour extirper ks hérésies; 2." réunir tout le peuple chrétien à l'Eglise catholique, 3," donner des iiistructions sur les ve-

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rîtes de la foi. 4'' Apaiser les j;ucrres entre les princes chrétiens. 5/' Kéformer l'Eglise dans son chef et dans ses membres. 6." Retahlir, autant qu'il seroit possible , l'ancienne discipline de l'Eglise. On renouvela les décrets du concile de Constance contre ceux qui troubleroient le concile par des intrigues secrètes ou par une violence ouverte , et contre ceux qui se retireroient sans avoir fait part de leurs raisons. Enfin le concile fit un décret portant que le saint concile de lîàle ctoit légitimement assemblé , et que tous les prélats dévoient s'y rendre

]Jans lintervalle de la première à la deuxicme session , comme on fut informe que le pape Eugène avoit dessein de dissoudre le concile , on travailla aux moyensde l'empêcher.

Lesévêques de France s'assemblèrent à Bourges et exposèrent au roi Charles ^ 11, que comme le concile etoit légitimement convoqué à Bâle, ils le supplioient d'envoyer ses ambassadeurs au pape, afin de l'engager à continuer ce concile, et à permettre aux prélats de son royaume de s'y rendre : ce qui leur fut accordé.

Il*" Scss. le i5 février i4.32. On y confirma les deux célèbres décrets du concile de Constance de la quatrième et cinquième session , et on fit deux décrets. Par le premier , il est déclaré que le synode assemble au nom du Saint-Esprit, qui compose le concile général et représente VEglise militante, a son pouvoir nnmcùiatement de Jésus-Christ, et que toute personne, de quelque état etdignité ([u'elle soit, même le pape, est obligée de lui obéir, dans ce qui regarde la foi , l'extirpation du schisme et la réforme gesierale de l'Eglise dans son chef et dans ses nîembres. Dans le deuxicme, le concile déclare que tous ceux , de quelque dignité et condition qu'ils soient, même le pape , refusant d'obéir aux -wnionnances et aux décrets de ce

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rout mis en pénitence et punis. Ce décret fut fait à l'occasion de la nouvelle qu'on eut que le pape Eugène avoit donné un décret pour la dissohition du concile, sous prétexte que l'union des Grecs avec les Latins ne permettoit pas de précipiter le concile. Ce fut encore à ce sujet que le cardinal Julien écrivit deux lettres au pape Eugène pour l'engager à ne point dissoudre le concile. Elles sont d'un style vraiment apostolique , plein de force et d'une liberté chrétienne qui y régne partout, i." Il réfute solidement le prétexte du pape, qui alléguoit que le concile de Ijàle n'etoit point légitime : il lui représente qu'on ne peut douter de l'autorité du concile de Bâle , qu'on ne conteste en même temps celle du concile de Constance , parce que l'un de ces deux conciles dépend de l'autre, que personne ne doute de l'autorité de ce dernier; qu'autrement la déposition de Jean XX III ne seroit pas canonique , et les élections suivantes des papes ne seroient pas légitimes, et par conséquent la sienne propre. 2.* Il prouve qu'il n'a pas le pouvoir de dissoudre le concile , parce que le concile de Constance a décidé que le pape étoit obligé d'obéir aux décrets d'un concile général dans les choses qui regardent la loi , l'extinction d'un schisme et la reformalion de l'Eglise dans son chef et dans ses membres; que par conséquent le concile étant supérieur au pape dans ces trois cas, Eugène est oblige de s'y soumettre dans ces mêmes cas.

Les Pères du concile , secondant les vues du cardinal Julien, firent une réponse synodale aux légats du pape, dans laquelle ils posent les mêmes principes, et ils les appuient par de solides raisons, i." Sur ce que personne ne peut contester l'autorité de l'Eglise , et que tout ce qu'elle reçoit, no doiveêtrercçn par tous les fidèles ; qu'elle jouit seul-:-

toucile iïcnerai cl de toutautre, sc-|du piivlléjjc de î'iufailiibiiiîé

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qu ainsi ello seule jieiit faire des lois qui ohlijïent uinverscUenieiit tous les fidèles. i." Sur ce que les conciles f;eneraux sont d'une autorité égaie à celle de rEf;lise, parce qu'ils représentent r Eglise catholique qui tient sa puissance ininiediatement de Jésus-Christ , comme Ta décide expressément le concile de Constance : donc les conciles généraux sont infaillibles, puisqu'ils sont l'Eglise mên\e. 3." Sur ce que le pape , quoi<iue chef ministériel de l'Eglise, n'est pas cependant au-dessusde tout le corps mystique, parce que ce corps mystique , même sans compter le pape, ne peut pas errer dans les choses de foi, au lieu que le pape, quoique chef de ce corps , peut errer ; ce que l'expérience fait voir.

D'ailleurs ce même corps a dépose des papes, convaincus d'erreur dans la foi , et au contraire le pape n'a jamais condamné ou excomniunie le re.ste du corps de l'Eglise. Malgré la solidité de ces raisons , Eugène, voulant toujours que le concile fût dissous, ce même concile crut devoir opposer son au torité à la sienne. Latù. C. Tcni. XII. p. Iç]^.

\\Y Scss. le 2g avril, qui perte, entr' antres choses, que le présent concile, légitimement assemblé, gouverné par le Saint-Esprit, et ayant toute l'autorité d'un concile général , avertit, prie, conjure etsomme le pape Eugène de révoquer absolument le décret qu'il avoit doimé pour dissoudre le présent concile, et de s'y trouver en personne dans trois mois , si sa santé le lui permettoit , ou d'y envoyer des personnes qui eussent un plein pouvoir d'agir en son nom; et en cas qu'il négligeât de le faire, le concile protesie qu'il pourvoira aux nécessites de l'Eglise, selon que le Saint-Esprit lui dictera, et qu'il procédera par les voies de droit. Ihid. p. 4-85.

IV' Scss. le 20 juin. On donna un .«.anf- conduit aux Bohémiens qui scrcient envoyés au concile, pour

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.s'y rendre en tel nombre qu'ils voîî - <lroient, pourvu qu'ils fussent audessous de deux cents, et le concile leur accorda une entière sûreté. On leur écrivit une lettre pour les féliciter de la resolution qu'ils avoient prise dans la ville d'Egra , de dépwterau concile : ce qui faisoit espérer une prochaine reunion. Comme le pape Eugène éloit alors malade , le concile fit un décret , que si le saint siège venoit à vaquer, les cardinaux n'eliroicnt pas le jiape ailleurs que dans le concile même ; que le pape ne pourroit créer de nouveaux cardinaux pendant la tenue du concile, parce que leur grand nombre eloit a charge à l'Eglise , et que s'il en creoit , la création seroit déclarée nulle. 2." Q\iQ personne n'etoit dispensé de venir au concile sous prétexte de serment ou de promesse faite au pape; le concile déclare nuls ces engagements .

\ " Sess. legaoût. On établit trois juges pour examiner les causes qui reganioient la foi, avant que le concile donnât un jugement définitif; et trois autres evêques pour connoître detouteslescausesquiétoient dévolues au concile , excepté celles de la foi. Dans l'intervalle de la cinquième à la sixième, on tint deux congrégations : on entendit les quatre légats du pape Eugène. L'évêque de Tarente y éleva fort haut l'autorité du pape ; et prétendit que c'étoit à lui seul qu'il appartenoit de disposer du temps , du lieu et de la célébration des conciles; que le pape ne peut quitter l'Italie , et qu'il offroit tel endroit soumis à l'état ecclésiastique qu'on voudroit. A quoi les Pères repondirent , que de vouloir dissoudre \n\ concile légitimement assemble, c'étoit vouloir renouveler un schisme dans l'Eglise; que ceux qui se conduisoient ainsi, contrisloient leSaint-Espritetlechassoient de leur propre cœur, et qu'ils ronipoient le seul lien capable de le retenir, c'est-à-dire, la charité.

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Yî* Scss. 6 septembre. Comme le pape Eugène n'avoit ni révoqué la bulle tle la dissolution du concile, ni comparu en personne ni par procureur, les promoteurs du concile demandèrent qu'il fut déclaré contumace, après qu'il eiàl été cité par trois fois à la porte de l'Eglise.

Yir Sess. le 6 novembre. On renouvela le décret qui avoit été fait dans la quatrième session touchant l'élection d'un pape , en cas que le saint sie^e vint à vaquer, etqui porte qu'alors ilneseroit point permis aux cardinaux de procéder à l'élection d'un nouveau pape , sans le consentement du concile.

VHP AV.«. le i8 décembre. On convint qu'on devait procéder juridiquement contre le pape pour le déclarer contumace et employer contre lui les peines canoniques, maison lui accorda un délai de deux mois pour révoquer, sans autre délai, sa bulle dcdissoiution; qu'autrement il sera procède contre lui, sans autre nouvelle citation. On lit un décret par lequel les Pères déclarent que, comme l'Eglise sainte et catholique est une , et cet article étant de foi, il ne peut y avoir qu'un concile général, représentant l'Eglife catholique ; et qu'ainsi tant que le concile continuera à Bàle , on n'en peut assembler d'autre ailleurs : que toute autre assemblée seroit une cabale et un schisme, et que quiconqtie s'y rendroit encourroit l'excommunication //«o/«t7t), et la perte des bénéfices.

I.es députés des Bohémiens étant arrivés à Kâle, ils présentèrent quatre articles au concile, le i6 janvier 14^33, par lescpiels ils demandèrent, 1.° d'avoir la liberté d'administrer à tous les fidèles le sacrement de leucharistie , sous les deux espèces du pain et du vin , comme une pratique utile. 2.° Que tous les péchés mortels, et principalement les péchés publics, soient réprimés, corriges et punis selon la loi de Dieu , p.ir

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ceux à qui il appartient. 3." Quel?, parole de Dieu soit prechée fidèlement et librement par les prélats et les diacres qui y seront propres. 4--»

t)u'il ne soit pas permis au dérivé, dans la loi de i^ràce, d'exercer aucune autorité sur les biens temporels.

Ensuite ils déclarèrent que tous leurs dillérends avec les catholiques, se reduisoient à ces quatre points ; et que si on leur permettoit de les observer, ils etoient prêts de s'unira l'Eglise, et d'obéir à tous les superieurslégitimes. Ces quatrearticles, furent examines dans une congrégation , et le concile décida d'envoyer des députes en lîohcme.

IX^^Vss-. 22 janvier. Le concile, voulant reconnoître le zèle et l'affection que l'empereur Sigismond leur avoit marquée par ses lettrespatentes, par lesquelles il avoit appris à tous ses sujets qu'il niettoit sous sa protection le concile de Bâle, et qu'il ne souHriroit pas qu'on blessât en aucune manière son autorité , ni sa liberté; déclara que tout ce que le pape feroit contre l'empereur Sigismond, seroit nul et de nul ellet-

H^ Scss. iQ février. Les promoteurs du concile demandèrent qu Eugène fût déclaré coutumace , attendu son obstination à ne point révoquer sa bulle pour la dissolution du concile. On prit quelque 1 temps pour délibérer là-dessus ; on employa de nouvelles tentatives auprès d'Eugène , et l'empereur Sigismond joignit ses prières a celles du cardinal Julien : les autres princes , et particulièrement le roi de France, donnèrent des marques de la protection qu'ils accordoient au concile.

Xl*^ Scss. 27 avril. On régla que si le pape négligcoit d'assembler un concile tons les dix ans, .selon qu'il est porté dans le décret de la neuvième session du concile de Constance, le droit de c<!i;vocjU)^r Iccon- , ciie scrcit dévolu aux prdsls, sans

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