‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 27 sur 257 · S6 BAL · texte numérisé non relu

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plein droit changer et annuler ses décrets ; qu'à la verilé il concourt le premier, mais que son autorite n'a <]c vigueur (jue par le consentement <1e tous les autres membres du concile, et que la force des définitions ne vient point du souverain pontife, mais qu'elle dépend du consentenu;nl de tous, du sien et de celui des autres : et comme le reconnoît le pape saint Léon dans sa lettre aux Pères du concile de Chalcedoine; c'est la remarque du cardinal Cusa. Z. 3. de Conrord. CalJiol . c. [^..

XYlir Scis. 26. juin. L'empereur n'y assista pas, ayant quitte la ville de Bâle. On renouvela les décrets de la quatrième et cinquième session du concile de Constance.

Jean, patriarche d'Antioche, y présenta un écrit au concile, tendant à établir l'autorité des conciles généraux et leur supériorité sur les papes ; on le trouve dans le premier appendix des conciles, toni. Xli, 9 1 1 , à la fin des actes de celui deBâIe.

XiX^ Sess. 7. septembre. Les ambassadeurs grecs, que l'empereur Jean Paléologue avoit envoyés, s'y trouvèrent. On traita avec eux de plusieurs affaires qui les conccrnoicnt. On y proposa divers moyens pour tenir un concile avec les deux églises : on décida d'envoyer des légats à Constantinople , afin d'engager les Grecs à accepter la ville de îîâle. On fit un décret pour exhorter les ordinaires à envoyer des personnes habiles, annoncer la parole de Dieu dans les lieux où il y auroit des juifs etdes infidèles; et que, pour cet effet, il y auroit dans les universités deux professeurs de langues hébraïque, arabe, grecque et chaldéenne.

XX^ Sess. 23 janvier i435. Elle fut tenue dans la vue de la réforme de l'Kglise dans son chef et dans ses membres. On fit un décret conire l'inconlinencedu clergé, c'est-à-dire contre les concubinaires publics, Iciquels seront privés pour trois

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mois des fruils de leurs bénéfices., et s'ils refusent d'obéir, ils seront déclarés incapables de jouir d'aucun bénéfice; que s'ils retombent après avoir été rétablis et avoir donné des marques d'amendement, ils seront déclarés incapablesdesdignifés ecclésiastiques, sans espérance de retour.

Le nulme décret fut touchant les excommuniés : on ne doit CTiter comme tel, dit le concile, même dans l'administration des sacrements, qui que ce soit, sous prétexte de quelques sentences ou censures ecclésiastiques, lorsqu'elles ne sont portées qu'en général ; et à moins que cette censure ou sentence ne soit portée nommément et en particulier contre une persoiHie certaine, prononcée par le juge compétent, et notifiée en particulier.

XXF Sess. g juin. On fit le décret contre les annales, dont l'origine ne monte pas plus haut que Clément V. Le concile ordonna qu'en ce qui concerne, ea cour Romaine , la confirmation des élections, provision collation et présentation que dévoient faire les laïques : investiture des églises cathédrales , métropolilaines, dignités et bénéfices ecclésiastiques , on n'exigera aucune rétribution à raison des bulles, du sceau, des annates communes , sous prétexte de quel(jue coutume ou privilège que ce soit ; en un mot, le concile défendit absolument les annates, sous les jieines portées contre les simoniaques, et il ajouta même cette clause : si, ce qu'à Dieu ne plaise, le pontife romain, qui doit <lonner l'exeuiple aux autres d'exécuter et d'observer les statuts des conciles généraux, scandalisoit l'Eglise en faisant quelque chose contre la présente ordonnance, il faudrolt le déférer au concile général.

On doit observer que ce décret a été faitdansuntemps que le concile étoit général, de l'aveu de ceux qui lui sont le plus opposés. Le pape Eugètie ut faire, à ce sujet, des re-

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monlraiices au concile, et dit, qu'il consentiroit qu'on abolît les annales si le concile vouloit pourvoir aux nécessites du saint siéi^e. Le cartlinal Julien repondit aux U-^^ats que les anciens papes avoient fait de ^raiides œuvres de cliarile sans recevoir aucun revenu, pareil à celui des anîiates, et que le concile pourvoiroit aux besoins du saint siège, si le pape vouloit de son côte observer ses décrets; que celui contre les annales, n'avolt d'autre but que de bannir la simonie. Le troisième décret fut celui de pacifias jwsscssonlms. Il porte que ceux qui ont ele durant trois ans paisibles possesseurs d'un bénéfice, après y être entres par un titre légitime, ne pourront point êlre inquiètes dans leur possession. C'est la prescription légitime en matière Aas bénéfices; et qui, du concile de Bàle, a passé dans la pragmatique et le concordat, et qui a fait la règle du triennal possesseur Mais la possessioii; pour avoir cet efïet, doit, i . ", êlre fondée sur un titre colore, c'està-dire donne par celui qui a puissance et sans vice apparent; 2.° être paisible sans qu'il y ait eu d'interruption judiciaire par contestation en cause, à moins que le coiilendant n'ait été empêcbé d'agir par force majeure. Le quatrième décret fut sur l'office divin. Le concile veut qu'il soit célèbre à des beures convenables, et (iont on sera averti par le son de la cloclic ; chante gravement, décemment, faisant une pause, surtout au milieu de chaque verset, etc. On fit plusieurs décrets sur la même m.aliere, et particulièrement sur la modestie avec laquelle les ecclésiastiques doivent célébrer le service divin

XXIP i5'é'5.T. i5 octobre. On condamna un livre composé par un religieux augustin, qui avoit avancé quelques propositions dans lesquelles il altribuoit à la nature humaine, en Jésus-Christ, ce qui ne convient qu'à la divine.

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XXlir Ses,. 25 mars i436. On fit plusieurs règlements touchant l'électionetla profession de fol du souverain pontife. Le concile, pour exécuter les articles de celui de Constance, au sujet des cardinaux , en réduisit le nombre à vingt-quatre afin que TLglise ne soulïril point de lésion par leur trop grand noujbre :

il régla la manieredes élections, voulant qu'elles fussent libres. 11 cassa et déclara nulles toutes les grâces expectatives, mandats et reserves des bénéfices que les papes appliquoienl à leur profit. C'eloit une manière de [iOur\oir aux bénéfices par avance : et ce sont lentes ces grâces anticipées que le concile deJîàlevoulut proscrire. Toutes ces lois furent faites en forme canonique, et publiées en pleine session.

XXIV'^ Sess. j4 avril. Les deux légats pressèrent IcsPercsdu concile, de la part d'Eugène, de choisir au plutôt un lieu pour le concile, et dirent qu'en cas qu'ils s'accordassent avec lui pour le choix de ce lieu, ils promettoient de contribuer de sa part soixante mille ecus pour défrayer l'empereur dcsGrecs et toute sa suite, lisse plaignirent anièrenienl du décret touchant les élections et les annales, mais les Ptres répondirent qu'ils eloient laits dans Tordre.

Dans l'intervalle de la vingt-quatrième à la vingt-clnquiemc session, on tint une congrégation à laquelle assistèrent jusqu'à trois cents cinquante-sept prélats, dit Panorme en son histoire de ce concile , et où il se trouva, par le scrutin, que bien plus des deux tiers des sulîragesvouloient que le concile se tînt à lîàle, pourvu que cela plût aux (îrecs, sinon qu'on tâcheroit de leur falr agréer la ville d'Avignon, ou en tout cas qu'on se reduiroità la Savoie, qui etoit un des lieux que les Grecs avoient eux-mêmes proposé. En conséquence, le concile envoya deux députés au pape Eugène pour le prier avec instance de concourir à

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l'aceomplissiemcnt de ce grand ouvraj^e, quièloil la réunion des Grecs par laquelle on me<.lrolt la dernière main au concile œcum(Mii(}ue. Les députés étant arrives à Rome, conjurèrent le pape de venir en personne au lieu du concile, afin de travailler de concert à l'expédition des induli;ences, et à l'imposition des décimes, pour subvenir aux frais nécessaires; mais Eu;;ène refusa de donner des bulles surces demandes.

D'un autre côté, les légatsdu pape travailloient à diviser les Pères du concile, et à porter la plus grande

fartie d'enlr eux à demander que on tînt le concile pour la réunion des Grecs à Florence, à Modene, ou en quelque autre ville d'Italie, et non en aucun des lieux que l'on avoit proposés, et où le pape n'etoit pas assez puissant pour y dominer; mais toutes leurs intrigues furent inutiles, et ils n'en gagnèrent qu'un petit nombre : plus des deux tiers persistèrent dans ce qui avoit été arrêté.

XX\^ Sfss. 7 mai i+Sj- Le concile fit un décret portant que ce seroit à Bâle ou à Avignon qu'on tiendroit le concile œcuménique pour y traiter de la réunion des Grecs avec les Latins, et oii taxa toute sorte d'ecclésiastiques à la dixièm partie de leur revenu, pour contribuera la dépense qu'on étoîcoMii;c de faire, llestvrai de direque la ville de Bâle paroissoit trop éloignée aux Grecs; mais, d'un autre côte, les Pères du concile, à qui le pape Eugène étoit fort suspect , craignoient que, sous prétexte de translation, le pape n'entreprît encore une fois de dissoudre le concile, et qu'il ne le transférât dans un lieu où l'onn'auroit pas la liberté de travailler à la reformation. Et comme l'Italie étoit plus à la bienséance des Grecs, et la \rllede Ferrare plus counncnle pour le pape, les Pères de Bâle olîroient seulement de transférer le concile à Avignon ou dans quelque ville de Savoie, parce qu'ils savoient qu'ils ,

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auroicnt la protection de la France qui en est fort proche, et qui leur etoit favorabl-e : telle fut la cause de tous les débats entre le pape et le concile. Dans celte session, le concile se trouva-{)artagé entre deux avis:

le plus grand nombre vouloit qu'on tînt le concile à Avigtion : les autres, en moindre, se joignant aux légats, firent un décret sous le nom du concile, pour le transférer à Florence. Eugène confirma aussitôt ce décret par une bulle qui transferoit le concile à Ferrare; et pour empêcher que le concile se continuât à Bâle, il iit équiper des galères à Venise pour s'opposer à celles que le concile devoit envoyer pour aller prendre les Grecs. Les ambassadeurs des Grecs, s'etant embarqués sur ces galères avec trois légats que le pape envoyoit en Orient, arrivèrent a Constantinople avant ceux que le concile envoya; et les galères du concile étant arrivées peu après, l'empereur des Grecs refusa de s'y embarquer. Les Pères de Bâle , informés de la conduite d'Eijgène, résolurent de s'y opposer de tout leur pouvoir. Cependant le cardinal Julien se retira du concile : on n'avoit pas voulu suivre son avis; c'etoit d'envoypr des légats au-devant des Grecs, qui etoient arrivés à ^ enise pour tâcher de les amener à Bâle avec les légats. On regarde communément le concile de Bâle, comme vraiement œcuménique, jusqu'à la vingt-sixième session. En eflét depuis la quatorzième, le 7 novembre i.{33, dans laquelle le pape Eugène s'etoit réuni au concile, en révoquant sa bulle de dissolution, jusqu'à la vingt-cinquième inclusivement, le 7 mai i^-^j, ce qui fait un espace de trois ans, lesPcresdu concile de Bâle continuèrent leurs s» s^sions, et firent des décrets sur les matières les plus importantes.

XXM" Siss. 3l juillet. On y fit un décret dans lequel les Pères après avoir ri présenté tout ce qu'ils avoient

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fait pendant six ans pour réformer l'Ei^lise en son chef et en ses membres , et que cependant Eugène ne cherclioit qu'a traverser leur dessein, sommoient le pape de comparoître au concile dans soixante jours, ou en personne, ou par procureur. IMais Eugène , bien loin de déférer à Tassi(;nation du concile, donna une bulle pour la translation ou dissolution du concile de Uàle, défendant, sous de grosses peines, de faire aucun acte synodal dans cette ville, sinon pendant trente jours, qui serolent employés à traiter avec les ambassadeurs de Ijoht^me qui s'y trouvoient alors, et il indiqua en même temps un concile à Ferrare.

11 y invita toute la chrétienté ; mais sa convocation fut mal reçue en France : le roi Charles TIl défendit aux évêques d'aller à Ferrare.

XXVIl" Scss. 27 septembre. On déclara mdle une promotion de deux cardinaux que le papevenoit de faire sans le consentement du concile.

XXVllI» Se-is. premier octobre.

Les soixante jours , donnés au pape pour comparoître au concile , étant expirés , sans que persoinie eut paru pour lui, on le déclara contumace, cl il fut ordonné qu'on procéderoit contre lui.

XX1X« Sess. 12 octobre. On réfuta la bulle du pape pour la translation du concile à Ferrare, par des rai.sons tres-forles. On exposa que la ville d'Avignon ctoit fort commode pour recevoir les Grecs, parce qu'elle éloit près de la mer , et qu'elle avoit été agréée par les Grecs et par Eugène, que lui-même avoit approuve qu'on équipât des galères a Avignon pour y attendre les Grecs , et que , cependant , sans consulter le concile, ils avoient envoyé d'autres galères à Constantî- «ople pour prévenir celle du concile, et que cette division ne pouvoit que scandaliser les Grecs et r;i Humer le schisme. Ce fut après

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