‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 36 sur 257 · CAB · texte numérisé non relu

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de to'.ile sorte de violciices : il leur est pcrmisd'armefponr leurs églises et pour la patrie, se tenant seulement sur la défensive. Les fulcies entendront roffice divin, parlicnlièrement la messe, les dimanches et les fêtes , dans leurs paroisses ,et ne les quitteront point j)our aller aux églises de quelque religieux que ce soit.

Les juges se'cidiers prêteront mainforte aux juges ecclésiastiques, et contraindront les rebelles par saisies de biens et autres voies convenables à exécuter leui's jugements, se faire absoudre des excommunications, et satisfaire aux causes pour lesquelles ils les ont encourues : à quoi les juges séculiers seront contraints par censures ecclésiastiques; il est ordonné à tous les j^rélats et clercs d'observer toutes les sentences d'excuinniiînicaiion , de suspense ou d'interdit prononcées par

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le ]uge , et de les faire observer sou.9 peined'excommuiiication contre les personnes , et d'interdit contre If .^ communautés. Toin. AI. Conc. p.

BUDE(G.de)ran i3o9, le G maintenu par le cardinal Gentil, légat. On y publia une constitution en faveur de Charles ou Charobert, roi de Hongrie, et pour la suretde sa personne. /'. Presbouro liain. n. i5.

^ RURGOS en Espagne , ( G. de ; Ihtriicnsc, l'an 1080, tenujiar le car dinal Richard , légat. L'office ro main y fut substitué à l'office gothique. J). M.

BURGOS (G- de) Tau i23G, tenu par Gui, cardinal légat, venu en Espagne pour l'introduction d»

rit romain dans les offices divins, el pour réconcilier ensemble les rois de Navarre et de Castiile qui étoienî.

en guerre. Pot^i.

\j A Fî A \\ SU SSE dans la Bysacène , (G. de ) l'an SgS , ( non reconnu ) tenu par cent éveques maximianistes , contre Primien , évêque de Garthage. C'étoit une branche schismatique des donatistes , sectateurs de Maximien de Garthage.

Primien , étant mandé en ce concile ne voulut point s'y trouver, de même qu'il avoit fait pour celui de Garthage de la mem'e année. Ces c'vêques confirmèrent leur premier jugement par un second décret, dans lequel ils condamnèrent absolument Primien , en partie à cause qu'il avoit admis les claudianistes à sa communion, et lui ôterent l'épiscopat. ils écrivirent ensuite une lettre dont il nous reste une grande partie , dans un sermon où saint Augustin la fit lire devant le peuple, comme un monument avantageux à l'Eglise, et propre à faire

ouvrir les yeux aux donatistes: cl et ils mirent en sa place Waximien .

/'. Bagai en Num'die. Till.

CALCÉDOINE ( G. de) Chalce- (loncnsr. Quatrième concile général , tenu l'an 45 1 , contre les eutichien;^ et les nestoriens.

Entichés, prêtre et abbé d'un monastère près de Gonstanlinople ,, ne reconnoissoit qu'une seule nature en Jésu.s-Christ; et Euscbe, éveque de Dorylée, l'ayant oblig»' de rendre compte de sa doctrine dt^vant un concile de trente-trois évoques et de vingt-trois abbés, Entichés refusa de se rétracter , et Cui condamné et retranché de la société des fidèles. En cet état, il cru: devoir s'adresser au pape saint Léoi; : il implora sa protection, et lui envoya une profession de foi captieuse, protestant néanmoins qu'il suivroi' le jugement du pape. Ôaint Léon

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prévenu ainsi par Eutichès , écrivit à saintFlavion de Ccnstantinople, lui téruoij^nant la surprise où il etoil qu'on eût coudamné Eutichès. Mais saint Flavieu répondit au pape, qu'Eutichcs soutenolt qn'avantrirv carnation de Jésus-Christ il avolt deux natures, la divine et l'humalne, mais qu'après l'union , il n'y avolt qu'une nature , et exhorta le pape à confirmer , par son propre témoignage, la condamnation d'Eutichès. Saint Léon , ayant examiné à loisir cette affaire , fut convaincu qu'on avolt condamné Eutichès avec juste fondement ; il sentoit d'ailleurs quelles fâcheuses suites pouvolt avoir la protection que l'empereur accordoit à cet hérésiarque; car Théodose avolt déjà indiqué un concile à Eplièse. 11 envoya donc des députés à saint Flavien , à qui il donna des Instructions claires et solides , avec une leilrc qui est un des plus illustres monuments de l'antiquité, dans laquelle il développe avec netteté le doj^me de l'Ei^Hse.

Le faux concile d'Ephèse s'etant ensuite tenu , saint Léon , aflHj^é de ce brigandage , écrivit à l'empereur Théodose xme lettre remplie d'un courage vraiment épiscopal, dans laquelle il traite tout ce qui s'étoit fait dans cette assemblée, d'Impiété et de sacrilège, et d'un violement ouvert de la foi et des canons de l'Eglise; el II le supplie, au nom de toutes les églises d'Occident, de faire convoquer un concile général en Italie. 11 écrivit pareillement à Pulchérie pour la conjurer d'employer tous ses soins et toute son autorité , afin d'empêcher que la guerre que l'on déclaroit a la foi de l'Eglise n'eûtde plus funestes suites.

11 en fit de même à l'égard du clergé et du peuple de Consîantlnople, et les exhorta à persévérer constamment dans la foi de l'incarnation.

Ep. 4.0. Léo. T. I. p. 58o. c. 2.

Ce saint pape répandit partout les écrits qu'il faisoit à cette occasion :

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il envoya on France sa célèbre lettre à saint Flavien. Elle y fut reçue avec une joie el une estime extraordinaire; et elle y fut embrassée comme un symbole de foi sur l'incarnation. Tous ceux qui, jusqu'alors , ne s'etoient pas Instruits a fond du mystère de riucarnatlon, y trouvèrent une lumière qii'Ils n'avoipnt pas eue, pour prêcher avec assurance des vérités qu'ils ne connoissoient auparavant que confusément. On la lisoit publiquement dansleségllses; on en rèpanditquantité de copies, et plusieurs personnes rapprirent même par cœur. 7/7/.

lians le même temps que Dieu animoit le cœur de saint Léon , pour entreprendre la défense de l'Eglise, il toucholt aussi celui de Pulchérie, et lui inspiroit la même ardeur : mais DIoscore , irrité du courage avec lequel saint Léon s'opposolt à ses desseins , se sépara de sa communion, et engagea par ses menaces dix evêques , qui etolent alors avec lui à îsicee , à signer cet acte schismatique. Saint Léon redoubla son zèle : il profita du voyage que fit à Exome l'empereur Yalentinieu iil , avec l'impératrice Placidie , sa mère, et sa femme Eudoxie , pour leur représenter le danger où se Irouvoit la foi , et pour les conjurer d'engager Théodose à réparer , par son auiorlie , tout ce qui s'étoit fait contre l'ordre à Ephese , et à casser tout ce qui y avoit été ordonné, c'est-à-dire que l'on assemblât en Italie un concile de toute la terre- L'empereur et les impératrices , sensibles aux larmes et aux prières de saint Léon, écrivirent à Théodose. Ce prince, parla réponse qu'il fit, prétendit justifier le conciliabule d EpVicse, souicnant qu'il éloil inutile d'examiner de nouveau une affaire déiàjugi'e. .Mais , dans la niênii' année , Dieu retira du monde ce prince, qui mourut d'une chute de cheval.

\ r>Iarcien , devenu empereur par

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h; moyen de Pulcheric, qui le choisit pour son époux , tous les obstacles que saint Léon avoit trouvés à la tenue d'un concile furent levés , etunedes premières suitesdelamort précipitée de Théodose, fut la punition de l'eunuque Chrisaphe , qui s'étoit rendu le maître de ce foible prince. Avec lui périt son avarice , dit Marcelin , et toute la confiance d'Eutiches et de Dioscore. Marcien , qui avoit reçu l'empire de la main de Dieu, et voulant reconnoître celle grâce en prince vraiment chrétien , juj^ea qu'il ne pouvoit établir son autorité sur un fondement plus solide que sur l'amour de la religion , et le zèle pour la foi véritable. Des ce moment, son plus grand désir fut de reunir tous ses sujets en une même foi. L'impératrice Pulcliérie , remplie de pieté, seconda les intentions de Marcien, et écrivit à saint Léon pour l'assurer que sa disposition étoit de faire régner la paix dans lEglise catholique, d'en bannir toutes les erreurs, et ])our cela d'assembler Tin concile. On peut voir dans le concile de Constantinople , de l'an 4.48, cequi se passa jusqu'à la tenue du concile de Calcédoine , et comment ton les choses se disposèrent pour procurer la paix de l'Eglise.

Marcien et Pulchérie firent reporter solennellement à Constantinople le corps de saint Flavien :

ils rappelèrent d'exil les éveques quiavoient été bannis- Entichés fut relégué hors de Constantinople. La liberté dont alloit jouir l'Eglise fut répandue dans la Syrie et dans tout l'Orient. On souscrivit à la lettre de saint Léon, et à la condamnation de ISestorius et d'Eutiches dans toutes les provinces de l'empire. On commença à prêcher partout , et en liberté, les vérités apostoliques, et l'erreur ne trouva plus àe lieux où elle osât paraître . C'est ainsi que le Seigneur s'éfant rp'vpillé . et avant

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commandé aux vents et à la mer de s'apaiser, les églises, qui avoient été agitées par un orage si furieux , recouvrèrent le cahne et la paix.

Cependant le pape saint Léon envoya pour légats à Constantinople Lucenre et liasile , afin d'examiner avec Anatole do Constantinople la cause des éveques qui avoient consenti à toutes les violences de Dioscore, pour ne pas pécher à leur égard ou par trop d'indulgence, ou par un excès de rigueur : de discer ner ceux qui témoignoient avoir regret de leur foiblesse, et qui anathematisoient Eutichès avec ses dogmes et ses sectateurs, afin de leur accorder la communion.

Marcien, étant donc sollicité par saint Léon et les éveques de tenir un concile œcuménique , comme le véritable remède aux niatix de l'Eglise, l'indiqua d'abord à iSicée, par une lettre qu'il adressa à Aiwtole de Constantinople, et à tous les métropolitaiiis, leur ordonnant de s'y rendre avec les evêques de leur province , et les ecclésiastiques les plus habiles de leurs églises, déclaranl que toutes les brigues et les factions seroient bannies de cette assemblée :

il promcltoit d'y assister en personne.

• Comme la coutume et l'état des affaires de fempire ne permettoient pas à saint Léon de se trouver au concile, il voulut néanmoins y présider par ses légats, et il députa à cet eflét Pascasin et Jkmiface pour y assister avec les légats qu'il avoit auparavant envoyés en Orient, li voulut qu'ils présidassent au concile, et notamment Pascasin. 11 leur donna des instructions pleines de sagesse pour qu'ils travaillassent a reiablir la paix dans tout l'Orient.

11 leur ordonna d'admettre à la re-conciliaLion ceux des éveques qui avoier.t souscrit à l'erreur et qui témoignoient du regret de leur; fautes, mais de déposer ceux r*-

CAL soulieiulroient rhéresie. C Tom.

jy. p. 8io, d. c.

Dans le temps que les evêques s"as.senibloipiitàiNicee,rillyrie avant été agitée de divers troubles , qui ne fiernietloient pas à Marcien de s'eloi;j;ner de Constantinople , il transfera le concile à Calcédoine qui n'en «'toit séparée que par le iiosphore , et il écrivit aux éveques pour les prier de se rendre en cette ville. Ils s'y rendirent en ellet vers la fin de septembre, et en très- grand nombre , car on en compte d'ordinaire jusqu'à six cent trente, tous de l'empire d'Orient, bors les légats du pape. On y admit aussi trois prélats célèbres, savoir , i." iVlaxime d'Antioche, qui avoit été ordonné par Anatole, et à qui saint Léon avoit accordé sa communion ; 2.° Eusebe de Dorylée , que le faux concile d'I^pbèse avoit déposé; 3.° Tbéodoret, qui avoit été rappelé d'exil par l'empereur, et rétabli dans sa dignité par saint Léon , prélat , dit M. de Tillemont, le plus illustre, le plus savant, et peut-être le plus saint qui fût alors dans l'Lglise.

L'empereur envoya "a .«a place les pcincipaux officiers de l'enijjire; le Patrice i\natole: Pallade, préfet du prétoire d'Orient; Tatien, préfet de Constantinople; \iiicomale, maître des offices; Sporace , comte ài'i domesliiiues ou capitaine <les gardes.

îl s'y trouva aussi plusieurs personnes illustres qui avoient pa.ssé par les premières dignités de l'empire. Saint J.éon, dans sa lettre au concile, i'avoit prié de le regarder comme y présidant en la personne de ses légats, et il manda nommément à Pascasin d'y présider en son nom, iugcant sans doute qu'il filloit à la tele du concile un bomme ferme et incapable de fléchir, ou ce qnîestplus vraisemblable parcs que tous ceux qui eussent pu prétendre y présider, s'enétoîent rendus in- Hi-:nes ou incapables parle peu d'a-

v;AL 5;

mon rqu ils a voient fait paroître pour la foi au faux concile d'Ephèse : tels étoient I)io.score d'Alexandrie, Maxime d'Antiocbe, Juvenal de Jérusalem , Tbalassius de Césarée et tous les principaux evêques de l'Orient. Et à l'égard d'Anatole de Constantinople, comme il avoit été ordonné par Dioscore,on pouvoit craindre qu'il ne le favorisât. D'ailleurs IMarcien et Pulcberie, parla haute idée qu'ils avoient de saint Léon , vonloient que tout s'y fît par son autorité. TilL Theod. l. 1. p.

Les officiers de l'empereur dévoient proposer les matières, formerles avis et les conclure, après que les evêques auroient donné leurs suffrages; ce qui fut ainsi réglé.

E« Session. Toutes cboses ainsi réglées, le concile s'assembla le 8 octobre dans l'église de sainte Euphémie. Les officiers de l'empereur prirent .séance au milieu ; à leur gauche , ou , selon notre manière de parler, du côté de l'épître , etoient les légats du pape Anatole , de Constantinople, les evêques d'Antiocbe, de Cesarce en Cappadoce et les autres des diocèses de r()rient, du Pont, de l'Asie et de la Thrace. A la gaucbeetoient Dioscure. Juvénal , Tbalassius de Cesaree , et les autres éveques de l'Egypte, de !a Palestine, de l'Illyrie , qui avoient été , la plupart, du faux concile d'Epliese.

Lorsqu'on eut pris séance , les légats du pape .s'etant levés, demandèrent qu'on fit sortir J )ioscore , ou qu'ils sorliroienteux-memes. Lesoffiriersleur demandèrent de quoi on l'accusoit. Ils repondirent que c'étoità cause de la conduite qu il avoit tenue à Ephese. Les officiers ordonnèrent à Dioscorrde quitter son rang , et de s'asseoir au milieu en qualité d'accu.sé. Sur la demande (l'Eiisébe de Dorylée, on lut la requête qu'il avoit présentée à l'cni- Dcrcur contre Dîoscore.

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Par rplte requête, Eusthe demandoil justice des maux qiic DioscorcavoîL faits à lui elàsainlFIavien : il lui reprochoit d'avoir favorise en tout Eutichès; d'avoir employé la violence la plus marquée et les moyens les plus iniques pour procurer l'absolution d' Eutichès. Il deniandoit en même teiups qu'on lût au concile les actes du faux concile d'Kphose, par lesquels il espe'roit montrer rinjustirede Dioscore, (]ui avoit dépose saint Flavicn et lui. ()n lut les acres , en commençant par la lettre de Tliéodose; et comme il y étoit parlé de Théodorcl d'ime manière injurieuse, les officiers, suivant l'ordre de l'empereur , le firent entrer , pour tenir sa place au concile ; mais les Egyptiens poussèrent de grands cris, disant que c'etoit renverser la foi, et ils denianderentqu'il demeurât en qualité d'accusateur.

La lecture des actes fut quelquefois interrompue, tantôt par les lins, tantôt par les autres, mais les Orientaux firenlde grandes plaintes des violences qu'ils avoient souffertesde la part de Dioscore. Celuici prétendit qiie le concil? d'Eplièse avoit approuvé tout ce qu'il avoit fait, sur quoi les Orientaux s'écrièrent : On nous a forcés , en nous a frappés , on nous a menacés d'exil ; des soldats nous ont repoussés avec leurs épées : nous avons souscrit unpapier blanc , on nous a retenus jusqu'au soir enfermés dans l'église. Et sur ce que les masi.slrats, après avoir éclaircl totilc l'allaire du brigandage d'Ephèse, dirent :

pourquoiavez-vous souscrit k la déposition de Flavien ? ils s'ecricrent :

nous avons tous failli.

Eusebe se plaignit de ce qu'étant accusateur d' Eutichès, on ii'avoit point voulu qu'il entrât au concile.

Ensuite on lut les actes du concile de Constantinople , qui étoient insérés dans ceux du faux concile d'Ephèse. On lut la seconde lettre de

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saint Cyrille h ÎSestorms,et celle ([u'il avoit écrite aux Orientaux, et tous les évoques s'écrièrent, que c'etoit la leur foi et leur doctrine. Et comme saint Flavien avoit approuvé ces deux lettres dans son concile de Constantinople , les légats etMaxiine d'Antioche, Eustathc de Bérytlie dirent qu'ils trou voient la croyance de Flavien conforme aux règles de la foi et aux lettres de saint Cyrille. Les Orientaux déclarèrent d'une commune voix que le martyr Flavien avoit fort bien expliqué la foidel'Eglise. Enmêine Jnmps les évoques de Palestine passèrent du côte droit au côté gauche, oùetoient les Orientaux, témoignant qu'ils abandonnoient le parti des Egyptiens , et à la fin Dioscore ne se trouva avoir pour lui qu'environ douze évoques

C'est ainsi que l'innocence de saint Flavien fut reconnue : ce qui einportoit la condamnation du faiix concile d'Ephèse. Aussi tous les évêques,qui avoient eu part à ce qui s'y étoit fait, ne cherchèrent point à se défendre : mais quoique tout le mondese déclarât poursalnt Flavien , Dioscore ne rabattit rien de sa fierté, et parla avec une hauteur surprenante, disant qu'il n'éfoit attaché ni à Eutichès, ni à personne, mais à la loi catholique et apostolique ; qu'il ne regardoit pas les hommes, mais Dieu seul.

2." On lut l'endroit du faux concile d'Ephèse, où Eustalhe de Bérythe avoit dit qu'il ne faut point croire deux natures en Jcous- Christ, mais une seule nature incarnée. Tout le concile s'écria que ces jiaroles n'étoient dignes que d'EuticliCset de Dioscore. 3." On lut la confession d'Eutichès, approuvée par Dioscore et son concile; qu'ilyavoitdeux natures avant l'union , et une seule après l'union.

Aussitôt tous les Pères prononcèrent anatheme à ces paroles : et lorsqu'on eut lu la sentence quil avoit pro-

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«lOiude contre Flavien ,ou un prononça auathème à lui-mcme , ei ions demandèrent qne Jjioscore, Ju vénal Je Jérusalem, Thalassiusde Cesarée, Ensebe d'Ancyre, Eiistp.the deBervthe, Dasi[e de Seleucie, (jui présidoient au bri^^andage d E- 1 Lèse , fussent déposes de la dignité cpiscopale.

On ne lut ce iour-là quela première séance du faux concile d Ephese , et on remit au lendemain à examiner ce qui regardoit le dojinie.

IF Srs.-iion , le lo octobre. Les officiers et les évêques se rendirent dans Tci^lise. Il paro'it queDioscore, Juvénal/riialassius, Eusebe et Basile ne s"y trouvèrent point. On croit qu'ils en avoient eu ordre : en efiet, on voit , par la réponse à Dioscore , qu'on lui avoit donné des gardes.

Les officiers de l'empereur , après avoir exposé ce qui s'etoit fait dans la première séance , prièrent les évêques de vouloir décider ce qui regardoit la foi , afin de faire connoitre la vérité a ceux qui s'en etoient écartes; mais ils répondirent que les Pères avoient laissé des expositions de foi qu il fn^it suivre; que s'il y avoit quelque chose à eclaircir sur l'herésic d'EuticbcsJe pape saint Léon l'avoit fait .suft:samment dans la lettre à laquelle ils avcient tous souscrit , et ils penà- .sterent.à dire qu'il ne f lloit point faire de nouvelles décisions sur le doi;nie.

Cependant on examina la doctrine, on lut les syn.boles de ^vicee et de Consiantinople. On lut la lettre de saint Léon à Flavien , où la doctrine sur l'incarnation etoit développée avec beaucoup de solidité. En voici les principaux traits.

« La nature divine et la nature hu- » piaine, dit ce grand pape, deiacu- » rant cliacune. en son entier, ont » été unies en une seule personne , » afin que le même médiateur piil » mourir, étant d'ailleurs immorte!

>' et in-passible... Une nature n'est

" poiiitalurfe pnr 1 autre. Lemf ji;e " qui est vrai iileu est vrai hom- » me... Le Verbe et la chair gardent » 'es opérations qui leur sont pro- » près. L'Ecriture prouve égale - » ment la vérité des <i"i!x natures.

» Il est Dieu , puisqu ii v<.i dit : au " commencement etoit le Verbe, et i) le VerbeeiuitDieu : il eslbomme, » puisqu'il est dit le Verbe a été fait » chair, et il a habité parmi nous.

» Comme homme , il est tenté par ') le dcmon ; comme Dieu il est servi » par les anges... Comme homme, il » pleure Lazare mort; comme Dieu » il le ressuscite. Comme homme, il » est attaclié à la croix ; comme » Dieu il fait trembler en mourant » toute la nature : c'est à cause de » l'unité de personne , que nous di- » sons que le Fils de l'homme est » descendu du ciel, et que le Fils de » Dieu a été crucifié et enseveli, » qiioiqu'il ne l'ait été que dans la » nature humaine. « Tous les évoques approuvèrent la doctrine de ce saint pape, et ils s'écrièrent : c'est la foi de nos pères : nous croyons tous ainsi : anathème à qui ne le croit pas. On lut les passages des Pères , cités par saint Léon.

2.° Les é\cqucs d'illyrie et de Palestine demandèrent avec instance qu'on pardonnât aux chefs du faux concile d'Ephèse , et nommcmriîi à Dioscore. Les Orientaux ne dirent rien sur les autres, mais pour Dioscore , ils demandèrent son exil , le traitant même d'heretique.

IIP Session, i3 octobre. Les magistrats n'y assistèrent point; s.^.ns doxile, dit îil. de Tillcmcnt, afin qu'on n'eût aucun prétexte de dire que les évêques n'eloient pas libres dans le jugement qu'ils alloient rendre sur Dioscore ; et îl paroît que l'empereur le jugea à propos, s'agi.ssant de crimes canoniques qui nedemandoient point la présence des officiers ni des laïques. On ne voit point non plus que les évêque d'Egypte, ni aucun des c'nefs an

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faux concile d'Ephcsc y aient as-

iislé.

i.o Les légats repre'seutèrent que îe pape les ayant envoyés présider en suiinom,cVloit à eux à examiner ce qui se renconlreroit. On hit la requête d'Eusehe , adressée au eoncile. 11 demandoit que Dioscore, ayant été convaincu de plusieurs crimes , par la lecture du faux concile d'Epiièse , le concile anatliemaiisât ses dogmes impies ; qu'il le punît comme il le meriloit ; qu'il conlirmàt la véritable doctrine, et cassât tout ce qui avoit été fait dans cette assemblée : il demanda que Dioscore fût appelé pour être présent et pour lui repondre; ce qui fut fait : mais il refusa de venîrsous de faux prelextes : savoir, qu'il éioit prc't d'aller au concile, si les olïiciers de l'empereur, qui le gardoient , le vouloient permettre :

cet obstacle étant levé, il dit qu'il ne pouvoit y aller, si les officiers de l'empereur n'y venoient. A la seconde citation il fit la même réponse, ajoutant qu'il falloit que Thalassius , Juvenal et les autres, qu'Euscbe accusoit de même que lui , y vinssent.

2." On lut les requêtes des eci lésiastiqu es et des la'iques d'Alexandrie contre Dioscore : il y eloil accuse de crimes horribles ; et entr'autres , d'avoir commis des homicides , brûlé et abattu des maisons ; d'avoir toujours mené une vie infâme ; d'avoir acheie du blé pour le revendre bien cher ; et que des femmes deslionnêtcs fréquentoient son évêché.

3." Le concile lui fit faire une troisième citation ; mais on ne put jamais tirer de lui d'autre réponse, sinon qi-.'il n'avoit rien a ajouter à celles qu'il avoit déjà faites. Les députés ayant fait leur rapport au concile , les kgats représentèrent en peu de mots les crimes dont Dioscore avoit été convaincu; d'avoir oîé cause de tous les inrux cni

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