‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 37 sur 257 · CAT · texte numérisé non relu

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étoient arrivés ; d'avoir refusé de se venir justifier de plusieurs autres crimes dont on l'accusoit, quoiqu'il eût déjà été cile par trois fois : ils ajoutèrent que Dioscore s'elant condamné lui-même en violant les canons en tant de manières, le pape Léon avec saint Pierre le dépouilloient par eux et par le concile, de l'episcopat , et le privoient de toutes les dignités ecclésiastiques.

Ensuite ils prièrent le concile d'ordonner ce qui étoit conforme aux canons : et après que tous les évêques eurent condamné Dioscore de vive voix , ils le firent par écrit et signèrent sa déposition. Toutes les signatures se montent à trois cents.

C'est ainsi, dit M. de Tillemont,que le coupable fut dépouillé de l'habit et de la dignité de pasteur, dont il avoit démenti l'un, et deshonoré l'autre. On dressa un acte pour signifier à Dioscore la sentence rendue contre lui, et le concile écrivit une lettre à Marcien, contenant les raisons pour lesquelles on avoît été obligé de le déposer. INlais comme Dioscore etoitaussi audacieux après sa déposition qu'auparavant , et qu'il faisoit courir le bruit qu'il seroit rétabli dans sa dignité, le concile fit afficher un acte adressé aux fidèles de Conslantinople, et de Calcédoine , par lequel il declaroit que la déposition de Dioscore étoit une chose entièrement irrévocable; et, peu après, Dioscoi-e fut relégué à Gangres dans la Paphlagonie , où il mourut trois ans après. Cotic. Tom.

IJ . p. l^.\'b it seq.

Y^^ Session , 17 octolire. Les officiers de l'empereur s'y trouvèrent ; et comme ils virent que les évêques persisioient dans l'opposition qu'iîs avoieiit témoignée de ne faire aucune nouvelle décision de foi , ils^ se coni entèrent de demander , si l'on jugeoit la lettre de saint Léon conforme aux symboles de î\ic*e et de Constaniinopie. Le légat Pascasin dc'cl-ra. à la prière des évêques,

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quelle eloit la fol du concile : il dit que le concile suivoit la définition de celui de ISicee, celle du concile àp Constantinople, sous le grand Thèodose, avec l'exposition donnée par saint Cyrille ; les écrits du pape Léon contre Thérésie de îsestnrius et d'Eutichès. Et les éveques reconnurent que la foi du pape Léon s'accordoit avec celle des Pères de iSicée , de Constantinople et d'Ephèse. Ils dirent qu'ils l'approuvoient tous comme étant du même esprit , et ils s'écrièrent : nous croyons tous ainsi.

2.° Les évêques demandèrent d'une commune voix l'absolution de Juvénal , de Thalassius , d'Eusèbe , de Basile , et d'Eustatlie. Ils assurèrent qu'ils suivoient la même foi que le concile , et on les regarda comme ayant moins agi de leur gré, que forcés par la violence de Dioscore ; ainsi on les fit entrer. On crut qu'il suffisoit d'avoir déposé Dioscore , et qu'il ne falloit pas aller plus loin, de peur d'un nouveau schisme.

3.° On lut la requête des abbés schismatiques, qui demandoient le rétablissement de Dioscore ; mais tous les évêques s'écrièrent : anathème à Dioscore. 4-° On lut le quatrième et cinquième canon du concile d'Antioclie, contre le prêtre ou diacre qui se sépare de la communion de. son évêqne. 5.° On régla le diiîérend entre Photius de Tyr, et Eustathe de ]]erythe : il fut juge que le premier auroil tout le pouvoir d'ordonner danstoiites les villes de la première Phénicie , et que 1 évêque Eustathe n'auroit rien en vertu de la pragmatique impériale au-dessus des autres evêques de la province.

V« Session, le 22 octobre. Quoique les évêques eussent témoigné, dans les séances précédentes , une répugnance entière à faire aucune nou- '>. elle définition sur la foi , ils résolurent néanmoins d'en faire une , et

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ils tâchèrent de suivre exactement ce qui avoit déjà été décidé par les conciles et par les Pères. On régla que la définition de foi, sur la matière en question , seroit examinée , et on nonmia des commissaires qui s'assemblèrent dans l'oratoire de sainte Euphémie au nombre de vingt-deux. Cet examen ayant été fait, et la définition dressée, plusieurs évêques trouvèrent qu'elle etoit imparfaite : ( elle contenoit .

que Jésus-Christ etoit de deux natures, et non en deux natures,) comme l'avoit mis saint Léon, parce que , quoique cette définition ne contînt rien que de véritable , elle ne disoit rien que les eutichiens ne pussent recevoir aussi-bien que les caiholiques ; mais après beaucoup de difficultés et de discussions, on convint de suivre entièrement la lettre de saint Léon , et le décret contenant la définition de foi fut réformé, afin qu'elle fût agréée de tout îc monde. Ce décret n'est point un symbole court et abrégé, mais un discours assez étendu : les symboles de jSicée et de Constantinople y sont insérés, et établis pour règle de foi. On y joignit , contre jSesiorius.

les deux lettres de saint Cyrille , et on y ajouta celle de saint LeonàElavien, contre les erreurs de iScstorius et d'Eutichès. Le concile y fit de lui-même un abrégé de la foi de l'incarnation. En voici les articles les plus essentiels :

« Nous déclarons tout d'une voix.

» que l'on doit confesser un seul et '* même Jésus-Christ jNotre-Sei- >» gneur,le même parfait dans la di- » vinité, et parfaitdans l'humanité , » vraiment Dieu, et vraiment hom- » me; le même composé dune ànie » raisonnable et d'un corps , ton- » substantiel au Père selon la diyi- » nité,etconsubstautielànous selon » l'humanité. En tout sendilable à » nous hormis le pèche; engendré w du Père avant les siècles, selon la » divinité ; et dans les derniers

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» temps, ne <le la Vierge iVîarif , >» mère (le Dion , selon l'humanitë , » pouriîous et pour noire saint :

» vn seul et même Jesus-Christ, >) Fils imique , Seigneur ca deux » natures , sans conCusîn?! , sans » changement, sans tlivisbn , sans '> séparation, sans que Tunion ôte la » (îiirérence des naiurcs : an c©n- » traire, la propriéle de chacune est » conservée , et concourt en une » seule personne , et en une seule » hypostasc, en sorte qu'il n'est pas » divisé 013 sépare en deux per- » sonnes : mais que c'est xni seul et " même Fils unique, Dieu, Verbe, » Notre Seigneur Jésus-Christ. »

Les évêques s'écrièrent : c'est la foi des Percs. Ce décret fut reçu de fons les évêques au nombre de trois cent cinquante-six. Le concile défend à qui que ce soit d'enseigner ou penser autrement , sous peine aux évêques et aux clercs d'être déposés , et aux moines et aux laïques d'être anathématisés.

Vie Scs-'^ion, le 25 oclobre. L'empereur Marcien y assisfa en personne : il y fit un discours en latin, et qui fut expliqué en grec , dans lequel il marquoit l'intention qu'il avoit eue en convoquant le concile , déclarant qu'il n'avoit voulu y assister que pour confirmer la foi , et non pour exercer sa puissance. On lut la défniition de foi , publiée à la session précédente, et lempereur ayant dei::andé si tout le concile etoit d'accord sur cette confession, ils s'étrièrent : nous croyons tous ainsi; et tous souscrivirent le décret.

Ensuite on fit trois rpglemcnls.

i.° Que personne ne bâtiroit nn monastère sans le consentement de l'évêque de la ville, et que les moines , tant de la ville que de la campagne, seroient soumis à 1 evêque, et vivroienten repos, ne.s'appliquant qu'au jeûne etàla prière. 2.°Qu'aucun clerc ne prendroit des terres à ferme, ni d'aucune înien<iance,si ce ce n'est des terres de l'église, et

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commis à ce par févêque , à peine d'être dépouillé de sa dignité. 3.^ Que les clercs qui servoient àmn?

église, ne pourroient être destines ;i l'église d'une autre ville, mais s»

contenleroient de celle à laquelle ils avoient élé destinés, excepte ceux qui, étant chassés cw. leur pays, ont passé dans ùu autre église par nécessité.

Ensuite l'empereur déclara qu'il vouloit que la ville de Calcédoine , oii le saint concile avoit été assemblé, eût les privilèges de métropole .

1 mais pour le nom seulement , sauf la dignité de la métropole de îsicomédie. Après quoi les évêques ayant fait les acclamations, ils supplièrent l'empereur de leur permettre de se retirer. Ce qui fait voir qu'ils regardoient dès-lors le concile pour fini , parce que la que.sticn de la foi y avoit été régiée, et quils en étoient convenus. ^ oilà pourquoi les anciens, dit M. de Fleury, faisoienl grande dilTérence entre les six premières sessions et les suivantes, où il n'eloit point question de la foi.

C'est après cette sixième session que (es anciens exemplaires placent les vingt-sept canons faits par le concile de Calcédoine, et qui sont reçus par toute l'Eglise. Les voici, du moins presque tous.

Le premier canon confirme tous ceux qui avoient été faits jusqu'alors par les saints Feres en dliierents conciles : ce qu'on explique du code des canons de fEgli.'-e universelle , ou plutôt de fE'glise grecque , donné au public par Justel,etqu!

contencit cent soixante-dix canons , tirés des conciles de jNicée, d'Ancyre, de ÎSéocesarée, de Gangres, d'Anticche , de Laodicée et de Constantinople. Jus/. Tom. /, p. zg. Fro~

Lell« punit de la déposition ceu.x qui ordonnent ou qui sont ordonnés par simonie , et ceux même qiij se rendentmédiateursde ce mauvais commerce. Le 111* défend aux ec-

CAL ickslasli(iucs et aux simples moines Je prendre !a recette ou l'intendance dos biens des laïques; il leur permet iH-ainnoins de prendre soin des affaires <!cs orphelins, des veuves et autres nfili^es , lorsque l'cvcque les en chargera. Le IV^rccoaintanderiiouneur du aux véritables moines, ordonne qu'ils seront soumis à leur cvêque, et ne quitteront point le repos de leurs monastères, si leur cveque ne l'ordonne poTir de j^rands besoins. LeV*= renouvelle ia défense faite aux évoques et aux ecclésiastiques dépasser d'une ville à une autre.

Le Vi« de n'ordonner aucun clerc sans l'attacher à un titre, et défendre à ceux qui n'en ont point, <'e >'V.ire aucune fonction. Le Vii« defeiid , sous peine d'anathème , à !;eux qui sont engagés dans letat eccU'siastique , de quitter leur état f'Our s'engager dans la milice ou dans des charges sccuiiercs. Le Vill<soumet à l'évcquc tous les ecclésiastiques des hôpitaux.

Le 1X« ordonne que les ecclésiasticjues qui auront des diiïércnds eut r'eux, ne cherchent point d'antre juge que leurévêque, ou celui qu'ils auront choisi de son consentement ; que les diiïércnds qu'ils auront avec un evêque, seront jugés par le concile provincial, et que ceux d'un métropolitain, avec un evcque et m'jn;e avecvin ecclésiastique, seront lugés par' l'évêque du departemesil ou par l'évêque de Ccnslantinople; ics canons ne permettant point de terminer les afiaires des evcqacs autrement que dans les coJîcilcs.

Le X<^ défend absolument la pluralité des bénéfices, en défendant d'immatriculer aucun crclesiastifjue en deux églises en même temps.

î'Ltsi quelqu'un à l'avenir relondie dans cette faute, il sera mèiiîCfiCposé.

Le XI' veut qu'on donne des lettres de paix aux pauvres et aux autres que l'on connoit peu , pour- ■vu qu'ils soient catholiques, et de

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réserver les lettres de recommandation pour ceux dont on connoît la piété et la probité.

Le Xll' regarde l'érection des nouvelles métropoles.

Le XIIl'= défend de laisser faire aucune fonction aux ecclésiastique.étrangers que l'on ne connoît point, s'ils n'ont des lettres de recommandation de leur évoque.

LeXIVe porte, qu'étant permis en quelques endroits aux lecteurs cî.

aux chantres de se marier, il leur ei t défendu d'épouser des femmes païennes, juives ou hérétiques , si elles ne promettent de se convertir.

Le XV^ défend d'ordonner, par finiposition des mains, une diacor;is.se qu'elle n'ait quarante ans, c:

après l'avoir beaucoup éprouvée , c anathématise avec leurs maris cellequi viennent à se marier.

LeX\'l« ordonne que les vierges qui, après s'être elles-mêmes consacrées à Dieu , s'engageronl dans le mariage , seront séparées ds; la communion aiitant de temps que l'évêque le jugera à propos.

Le X^ lî"^ adjuge pour toujours aux évêques les paroisses de la campagne , dont ils auront joui pendant trente ans.

Le XVllî= dépose et excommunie les ecclésiastiques et les moines, qui font des ligues contre leurs évê- (|ues ou leurs confrères. La persécution d'iba.*, par ses clercs, peut avoir donné lieu à ce canon.

LeXiX' se plaint qu'oii ne lenoit pas deux fois l'année des conciles provinciaux, comme les Pères de Nicee l'avoienl ordonné.

Le XX« veut que , si un évêque rec^cit un clerc d'un autre évêque, lui et le clerc soient séparés de la communisn , jusciu'à ce que le clerc soit retourné à son évêque.

Le XXI' defcud de recevoir personne à accuser xni ecclésiastique, qu'on n'ait examiné quelle réputation il a.

Le XXII' défend aux ccclésias-

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tiques, sui peine de (kposllion , d'emporter les biens des evcqncs qui etoient morts, afin qu'ils puissent Cire conserves pour l'cf^lise ou pour ses parenls.

Le XXIll'^ veut que le défenseur de l'ef^lise de Conslaniinople cliassc de la ville les dcrcs et les moines ctrani;ers , qui y venoienlsansy êlre envoyés par leur evêque, el qui n'y causoient que du I rouble.

LeXXVl'ordoiuie que, dansions les diocèses, ii y aura un économe pris du tiercé, cpai t^ouvcrnera les biens de l'éi^liie suivant Tordre de lévêque.

Le XXYlî' anatliématise ceux qui sont coupables de rapt et d'enlèvement, et ceux qui y contribuent, cl ceux qui y cnnsenlent ; cl si c'est un clerc , ils le déposent.

Vlîe \IIÎe et IXe Srss/nnx , le 26 octobre. Dans la septiènic, on approuva les conventions que Maxime d'Antiocbe et Ju vénal de Jérusalem avoient faites sur le diflérend qu'ils avoient eu pourleurssiéses. Dans la huitième, on rétablit Tbéodoret dans son église , a])res qu'on lui eut fait dire anathènie à ÎSestorius, et qu'il eut souscrit à la lettre de saint Léon. A la neuvième, on examina l'affaire d'Ibas, évêque d'Edesse, qui se plaignoit d'avoir été persécute par Entichés , et d'avoir été dépose, quoiqu'absent, aux faux concile n Ephese.

Xe Session , le 27 octobre. Ibas fut déclaré orthodoxe , et jugé digne de rentrer dans son église.

XP Session, le 2g octobre. On déclara que Bassien , éveque d'Ephèse avoit été intrus sur ce siège , y éiant entré par violence, et Etienne

f)ar conjuration et artifice , il faloit élire un autre évêque

X.U ^ Session , le 3o octobre. On jugea que Eassien et Etienne seroient ôtésdu siège d'Ephèse ; qu'ils garderoienl néanmoins la dignité d'eyêque , et recevroient de la même église, pour leur entretien, deux

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cents sous d'or par an , qui font environ iGoo liv. de notre monnoie , et que l'on ordonneroit un autre évê<|uc selon les canons.

X 1 Ile Session , le nicme jour. On y décida que lévêque de ISicomédie , auroit l'autorilé de métropolitain dans les églises de Jiitbynie, et que levêque de JSicée en auroit seulement riiouneur , el seroit soumis a celle de ISicomédie.

XlVe^Vis/wz, le ?>\ octobre. On prononça sur le différend entre Sabinien , évêque de Perra en Syrie , et Anastase, évêque de cette même ville, mais qui avoit été déposé, et ensuite remis sur son siège , et on ordonna qu'Anastase se tiendroit en repos jusqu'à ce que cette contestation lût examinée par Maxime d'Antiocbe dans un concile

X^ e Session , le même jour. Les légats et les magistrats n'assistèrent pointa cette action. Le reste du concile fit ini canon , compté pour le vingt-huitième, et qui îit depuis tant de bruit. 11 donne le second rang à l'égiise de Conslaniinople , ou pluiôl,il attribue nettement à cette ville, autant qu'à P\ome,àla réserve de la prcséance. Il est conçu en ces termes. « Les Pères ont rai- » son d'accorder au siège de l'an- » ciennellome ses privilèges, parce » qu'elle doit la ville régnante.

» Ainsi les cent cinquante evêqucs » ont jugé que la nouvelle Kome , » qui est honorée de l'empire et du » sénat, doit avoir les mêmes avan- » tages dans l'ordre ecclésiastique, ') et être la seconde après elle. »

Les Grecs ont joint à ce vingthuitième canon les vingt-sept autres faits par le même concile. Les éditions ordinaires, mais non les anciennes, les placent à la suite de cette quinzième session.

Les légats, Lucentius à la têle, avertis de ce qui s'étoit passé , ayant demandé que le concile s'assemblât, s'opposèrent à ce vii'gt-huitième canon : ils alléguèrent qu'il étoit

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contraire au concile de Nicee , dont ils lurent le sixième canon, qui porte que l'Eglise romaine a toujours eu la primauté. Les lei^ats demandèrent acte de leur opposition , et qu'elle fût reçue dans les actes; mais, maigre leurs protestations, les officiers prononcèrent leur avis, selon lequel ils estiment, qu'après avoir accorde à l'arclievcque del ancienne Rome , selon les canons , la primauté et la prérogative d'Iionneur, celui de Constantinople doit avoir les mêmes avantages , et qu'il a droit d'ordonner les métropolitains dans les diocèses d'Asie , du Pont et de Thrace. Les évêques ayant répondu que cet avis étoit juste, et qu'ils disoient tous de même, les officiers conclurent pour l'exécu i ion du canon , en disant que le concile avoit confirmé tout ce qu'ils avoicut

f)roposé. Ainsi ce canon passa avec e consentement même des principaux évêques d'Asie , et fut signé par environ cent quatre-vingt-quatre évêques. Ce fut la dernière action du concile de Calcédoine.

On doit observerque l'évêque de Constantinople étoit dans une pleine possession de précéder tous les évêques de l'Orient: qu'il s'etoit acquis une grande autorité dans les départements de l'Asie, du Pont et de la Thrace, et iletendoit cette autorité jusque dans celui de l'Orient; que la préséance lui étoit assurée par le deuxième canon du concile. Ainsi iletoitde l'intérêt d'Anatolius, de peur que le reste ne passât pourune usurpation, de faire confirmer sa juridiction par une assemblée aussi illustre qu'etoit celle de Calcédoine.

11 avoit pour lui l'inclination du sénat , des officiers de l'empire et de l'empereur , nui étoient bien aises qu'on élevât l'église de Constantinople. C. Chnlc. fci'rt-. h. II.

Cette dernière séance , qui fut le premier novembre , étant finie , 1 empereur et l'impératrice, après avoir rendu toute sorte d'honneurs

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et des marqiipsd'amitic aux prélats , leur permirent dp se retirer. Ainsi se termina le concile de Calcédoine, qui a été noii-seulemcntleplus nombreux , mais aussi le plus paisible , et peut-être le plus regidierde tous les conciles œcuméniques. Kt quoiqu'il n'ait pas été d'abord reçu si paisiblement en Orient qu'en (>ccident, surtout en Egypte et en Palestine, malgré les soins de l'empereur, l'Eglise a touiours témoigné un respect extraordinaire pour ce concile, etun grand zèle àen maintenir les décrets, f/empereur Marcien publia des lois à ce sujet, et saint Léon donna une approbation solennelle à ces mêmes décrets , pour assurer toute l'Eglise qu'il s'unissoit de sentiment avec les évêques de ce concile. Il est vrai que le profond respect qu'on a pour ce concile ne regarde que la cause de la foi , et la condamnation des hérétiques, et l'extinction de l'hérésie. C'est à ce seul point que saint Léon réduit son approbation. Car, pour le reste, il déclare qu'il ne consentira jamais à ce qui peut être contraire au concile de iNicée.

En effet , dès qu'il eut appris , par ses légats , ce qui s'étoit pa.sse a Calcédoine au sujet du vingt-huitième canon , il ne voulut jamais autoriser la prétention d'Anatolius de Constantinople. Il écrivit à l'empereur et à fimpératrice, pour leur représenter qu'Anatoliiis ne devoit pas se prévaloir du consentement qu'il avoitextorquéde ses confrères, lequel ne pouvoit servir de rien contre les canons de Nicée, dont l'autorité devoit être éternelle ; que la ville de Constantinople avoit .ses avantages, mais qu'ils n'etoient que temporels; qu'elle ne pouvoit devenir siège apostolique ; qu'Alexandrie ne devoit pas perdre son second rang pour le crime [larticulier de Dioscore , ni Antioche le troisième , et qu'il ne consentiroit jamais à une telle entreprise, qu'il s'opposeroit

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