‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 39 sur 257 · GAR · texte numérisé non relu

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tcmc, donné par les hérétiques, est bon et valide , lorsque ces hérétiques y observent la même forme que l'Ëf^lise catholique, et qu'ils

née , compose de soixante-onze evê- 1 baptisent au nom des trois person-

ques des provinces d'Afrique et de j nés divines, conmie l'Evangile l'or-

]Sumidie.Onj"regla,entr'autrescho- donne. Cetoit le sentiment de saint

ses, que les prêtres et les diacres, or

donnes dans l'heresie, ou qui , ayant

sec^n l'ordination dans i'Eftlise tom-

beroient dans l'hérésie ne seroient

point admis dans leurs fonctions,

mais seulement à la communion. On

y confirma ce quiavoit etc ordon^^e

dans le concile précèdent touchant

le baptême des hérétiques.

Au reste, ioute l'Afriqi^e étoit dans cet usage du temps d'Agrippin, un des prédécesseurs de saint Cy- ]>rien. La Cappadoce, la Galatie , la Cilicie et p'usieurs provinces d'Asie rétoient aussi. Un concile d'Icône en Phrygie, tenu vers fan 280, et un de Synnades, dans la même province, avoient pareillement rejeté le baptême des hérétiques , en sorte que saint Cyprien avoit été entraîné dans ce sentiment par l'autorité de ses prédécesseurs et la pratique de son pays. D'ailleurs les raisons sur lesquelles il s'appuyoit

Etienne , qui soutenoit que la pratique de recevoir les hérétiques sans les rebaptiser, etoit une tradition a])ostolique. Ainsi l'Eglise, ayant suivi universellement cette pratique, a autorise le sentiment de ce saint pnpe. En elïet , saint Augustin, \ incent de Lerins, et Facundus ont tonjcurs supposé que saint Etienne et les autres, qui s'opposoient avec lui à saint Cyprien, soulenoient l'ancienne et véritable doctrine de l'Eglise , telle qu'ils la soutcnoient eux-mênicr. lill'.

CARTHAGE (C. de) même année, et le premier septembre. Il est qualifie de grand concile. 11 s'y trouva quatre-vingt-cinq évêques des provinces d'Afrique , de Numidie et de Mauritanie. On y lut lalellie de Jubaïen , qui avoit consulte saint Cyprien sur la question du baptême, et la réponse de saint Cyprien. On y lut aussi la lettre que

etoient plausibles, quoique fausses; j le même saint et le concile préce-

mais il n'y avoit eu personne qui en eiit fait assez voir la fausseté. Le principe de saint Cyprien etoit que tout baptême donne hors de l'Eglise catholique etoit nul ; et de là il soutenoit que le baptême conféré à celui qnipassoit de l'heresie à l'unité de If-glise , n'eloit pas une rebaptisation, puisque le premier n'avoit été «lu'un faux baptê»^ie. Mais son erreur venoit dece qu'il ne distinguoif pas la validité du sacrement , de reflet et de la grâce du sacrement:

ainsi de ce que la grâce du sacrement ne se donne et ne se rec^oit point hors de l'Eglise catholique, comme saint Augustin le dits! souvent, il en inferoit que le sacrement »ie s'y donnoit pas non plus. Le senûmentdes autres étoit que le bap

dentavoient envoyée au pape Etienne, et la réponse dece pape. Il ne paroît pas que cette réponse , quoiqu'accompagnee de menaces d'exconmninication, eût ebraidé saint Cyprien et l'eût fait changer d'opinion. Sur quoi saint Augustin , qui reconnoîf ton jours que le pape Etienne soutenoit la vérité et la doctrine de toute l'Eglise, excuse saint Cyprien de n'avoir pas déféré à l'autorité de saint Etienne , dan»: une matière si obscure et si difficle, parce (juil etoit disposé à se soumettre à la vérité, si elle lui avoit été déclarée par un concile universel, comme l'Eglise l'a fait depuis.

Après que ces pièces eurent été l'Ks , saint Cyprien fit un discours, rii, après avoir désapprouvé avec au •

tant tle ilouceur que de force ceux qui se faisoient ëvèques , en voulant obliger leurs collègues par une terreur tyrannique, à suivre absolument leur opinion, il proteste de nouveau qu'il laisse achat un la liberté de sa créance, sans juijer ni séparer personne de la communion sur ce sujet Y a-t-il rien de pins doux, s'écrie saint Au;;usLin, rien de plus humble, rien de plus vrai;' les évêques dirent ensuite leur avis :

saint Cyprien conclut par le sien, et tous les autres furent du même sentiment que lui.

Cependant le pape Etienne irrité refusa de parler aux députés du concile; et saint Cyprien écrivit, sur cette aiîaire , à Firmilien, évêque de Césaree en Cappadoce. Ce dernier croyoit, comme il le dit en deux endroits de sa réponse à saint Cyprien, que le [lape avoil entièrement rompu la pai:: avec l'Afrique; sur quoi il ne craint pas de dire que le pape Ktieiîiie , en séparant ions les autres de lui , se séparoit lui-même de tous les autres, et de l'unit*^ de la communion ecclésiastique, se rendant ainsi véritablement schismalique. Maisquelquecbaleur qu'il fasse paroître , il lenioii;ne néanmoins, «omnie saint Cyprien , qu'il ne vouioit point rompre la paix, ni avec le pape ni avec ses autres adversaires, puisqu'il reconnoît qu'ils etoient comme lui dans l'unité de l'Eglise catholique.

Cette contestation dura jusque sous le pontificat de saint Sixle , qui succéda à saint Etienne ; et il paroît que les évêques d'Afrique abandonnèrent peu à peu leur sentiment, puisque saint Jérôme dit que les mêmes évêques qui avoient ordonné de reiwptiser, firent un décret contraire.

Pour ce quiregarde saint Cyprien, l'Eglise romaine atoujours témoigné tant de vénération pour lui , et particulièrement en honorant sa mémoire dans le saeré canon de la mes- £<>, qu'on ne peut douter qu'il ne

soit mort uni avec elle, non-seulement parla disposition de son cœur, mais même par la c(>mmunion < \i(rieure. On sait qu'il soullrit le ir tyre sous \ alerien , l'an 258 , et l'on peut dire que la persécution qui ('loil comnu'ucee plusieurs mois avant la mort du pape tain l Etienne , en 287, avoit porte les catholiques a se reunir.

Ce saint évêque , dit saint Augustin, qui présidoit à une si grande église, etquietoitsi recommandable,soit pour l'esprit, soit pour l'éloquence, soit pour la vertu , soufîrit que d'autres combattissent son sentiment, sans se séparer de leur commu n ion . Com.bien de gens l'auroien t suivi s'il s'etoit sépare. Il faut donc adorer, en cette célèbre dispute, la grandeurde lachariléqui a sanctifié saint Cyprien, lorsqu'il employoit tout ce qu'il avoit d'esprit et d'autorité pour soutenir une erreur. Les donatistes ont depuis suivi ses seniin-.ents et ses raisons : mais parce qu'ils n'ont passu!visacharité,qu'iis ont rompu limite, qu'ils ont soutenu leur opinion contre j'autorité d'un concile œcuménique , ils sont traités, avec raison, de tout le monde comme hérétiques. Facundus |remarque que cette même Eglise, qui a condamné les donatistes, quoique ceux-ci se vantassent de suivre saint Cyprien , regarde comme ses Pères , tant Agrippin , que les évêques qui avoient soutenu la reitération du ba: tême , avant la définition de l'Eglise, et en demeurant dans sacouimunion ; qu'elle honore leur foi et leur doctrine , et qu'elle révère surtout saint Cyprien dont la gloire éclate dans ioute la terre

Saint Augustin dit que la question du baptême fut enfin terminée par un concile entier de toute la terre , mais il ne le nomme point : ce nn'on peu len tendre du grand conci'e d'Arles , ou du concile de iSicee. Ees plus habiles sont partagés là-dessus. Ile^i vrai que la décision du concile d'Ar-

CAl\

les est pré( ise; mais ce'n'ëtoit pas un eoiuile toi que saint Augustin le qualifie : aiiisi on peut l'entendre fin concile de ÎSicce : car, quoique la question n'y soit pas décidée d'une manière aussi précise que saint Augustin semble supposer, néanmoins <omme ce concile admet, dans le fmitième canon , le baptême et l'ordination donnés par les novatiens, liors de l'EsIi^^i il paroît (ju'il a détruit par là tous les principes de l'erreur desaint Cypricn. Till. Au^.

Je Bapl. l. I. c. 7. 18. p. 34- 2. c. S. Cyp. Conc. p. Sgy. Bar. 258. 4-2-

.îiig. Bapl. I. 3. c. 3. p. 4-5. I. «. l>.

(.ypr. Kp. '/5. p. 200 ,"/ 2o4.- 2. Hier. m Lucif.c. 8. /'. l4(>- Aiig. BupL I. l. . . 18. P' 38. a. l>. lue. t 10. c. 3- p-

"'^C/VRTIIAGE (C.de) (non reconnu) , l'an 3i I. Cccilien ayant cie élu eveque de cette ville , soixanledix éveques de Numidie, à la tête dc.'^quels étoitTigise, s'assemblèrent à Carthage , y déposèrent Cccilien et formèrent le scîiisme des donatistes. De ce nombre etoient les Iradileurs du concile de Cyrlhe ; et ces mêmes évêques , à ([ui on avoit pardonné, dans ce dernier concile, le crime d'avoir livré les Ecritures, ne rougirent pas de condamner Ceciîien sous le prétexte du même crime, .sans l'avoir entendu , sans oser même l'en accuser, mais parce qu'ils pretendoicrit que ses ordinateurs en ètoieiit coupables : et après qu'ils se Airent sépares de la communion de l'Eglise, en se séparant de la communion de Cecilien , ils ordonnèrent JNiajorin.

Saiiit Augustin appelle le jugement de ces evêqucs une précipitation inexcusable, une borrible témérité , et l'cllet de la passion qui les aveugloit. Ce fut en effet par l'ordination de ]Ma]orin qu'on vit toute l'Afrique divisée en deux partis , et que dans plusieurs églises il y avoit deux évêques ordonnés , l'un par Maiorin, l'autre par Cecilien ou

ceux de sa communion. C'est l'origine du schisme des donatistes ; car 1 )onat , des Cases noires , étant venu de Numidie , divisa le peuple chrétien contre Cicilien.

CAFxTHAGE (C. de) (non reconnu) ran33o Cire, par les donatistes , au nombre de deux cent soixante-dix évêques. Us y examinèrent pendant deux mois la question du baptême; et sans s'arrêter à ce qui avoit été défini jusqu'alors sur cette question , ils conclurent que si les traditeurs, quoique coupables d'un crime énorme, ne vouloient point être baptisés, oncommuniqueroit avec eux conmie avec des innocents, pro t'nlcgris. M. de Tillemont croit que ce concile ne se tint pas flans le commencement du schisme des donatistes, mais lorsque la douceu r de Constantin et l'éclat des qualités naturelles de Douât leur eurent donné moyen de s'affermir et de s'accroître.

CARTilAGE (C. de) Fan 348 ou 349. Ce concile se tint après qu'un grand nombre de donatistes se furent réum's à l'Eglise catholique. Gratus, cvêque de Carthage, l'assembla de toutes les provinces de l'Afrique. C'est le plus ancien dont nous ayons les canons.

Le nom delà plupart des évêques, ni leur nombre n'est pas exprimé.

Gratus , après avoir remercie Dieu d'avoir terminé le schisme qui divisoit l'église d'Afrique, dit qu'il seroit bon d'examiner quelques articles selon les préceptes de Dieu et finstruction des Ecritures divines, afni d'empêcher le reuàchemcnt de la discipline, et afin aussi qu'on n'ordonnât rien de trop dur pour le temps de la réunion.

On y fit treize canons. Le premier est pour ne point rebaptiser ceux qui Ton tété dans la foi de la Trinité 2.*^ On défendit de profaner la dignité des martyrs, en honorant comme tels ceux qui s'éloient précipités ou tués par folie. 3," On rc^-

nouvela la défense déjà faite aux clercs, en plusieurs conciles, d'habiter avec des femmes. On y déclara que pour juger un diacre , il faut trois éveques; six pour un prêtre ; douze pour un eveque. Conc. Tom.

IL p. 718

CAllTHAGE (C. de) Tan 890.

Il fut tenu par saint Geneflilius , qui en ctoit évêque. On y fil d'abord une profession de foi callioli(iue. Les e'vêques , dont on ne sait pas le nombre, déclarèrent tenir lu nilc de la Trinité selon la fol qu'ils avoieiit reçue des apôtres. On confirma l'ordonnance d'un concile précèdent, touchant la continence imposée aux trois premiers degrés du cler;;e ; 1 évêque , le prêtre et le diacre , comme étant d'institution apostolique. On y renouvela ce qui a voit été réglé, que les prêtres ne feroient point le chrême , ne consacreroient point les vierges, et ne réconcilieroient personne solennellement.

Parmi les cnnons de ce concile , on vt)it que l'evêque eloit le ministre ordinaire de la pénitence , et le prêtre seulement en son absence et en cas de nécessité. Enfin on confirma les treize canons du concile de 3^9 ■ Conc. T. II. p. lo^g.

CARTHAGE (C. de) (non reconnu ) l'an 393. 11 fut tenu par quarante-trois evêques, contre Primien , évêque de cette ville. On lui envoya des dejmlés pour le prier de venir à leur assemblée ; mais il les maltraita et les rejeta avec injure.

Les évêques , de peur de trop précipiter, le condamnèrent de telle sorte , qu'ils lui laissoient néanmoins la liberté de se justifier devant un concile plus considérable , qui devoit se tenir quelque temps après , et ce fut au concile de Cabarsusse. 77//.

CARTHAGE (C. de ) l'an 897 , sous l'evêque Aurèle , qui y présida à la tête de quarante-quatre ou quarante- huit évêques. Saint Augustin fut de ce nombre. Nous avons cinquante canons , qui portent le nom

de ce concile, et dont la discipline est très-sainte. On y ordonna que le concile gênerai d'Alrique s'assembleroit tous les ans , et que toutes les provinces , qui ont des premiers sièges , y enverroienl trois députes de leur concile partie ulier On y défendit les translations d un siégea \\n autre. On y décida que , selon l'ancienne coutume, trois evêques suffiroient pour l'ordination d'un évêque. On trouve , à la fin des canons de ce concile, un catalogue des saintes Ecritures, entièrement conforme à celui que nous avons aujourd'hui.

CARTHAGE ( C. de) l'an 898, composé , selon quelques-uns , de deux cent quatorze evêques. Saint Augustin s'y trouva. On y fit cent quatre canons tres-celebres dans l'antiquité, et dont la plupart regardent l'ordination et les devoirs des evêques et des clercs. Les translations y sont défendues, si ce n'est pour l'uiillté réelle de l'Eglise, et elles doivent être faites par l'autorité d'un concile pour les evêques, et par l'autorité de l'evêque pour les prêtres et les autres clercs. Tom.

IL C.p. 1198.

CARTHAGE (C. de) l'an 899.

Deux evêques y furent députes pour obtenir, des empereurs, une loi qui défendît d'enlever des églises , ceux qui s'y refugioient , prévenus de quelque crime.

CARTHAGE (C. de ) l'an 4oo ou 4oi , le 8 juin. Le célèbre saint Aurele yprésida à la tête de soixantedeux evêques. Jl y proposa de députer à Kome et a 5lilan , et y demander l'approbation, pour mettre, dans le cierge, les enfants des doaatistes , convertis en âge de raison.

La disette des clercs, en Afrique, venoit en partie de l'oppression des donatistes et de leur multitude, et du grand soin des evêques pour choisir les clercs. On y ht quinze canons, parmi lesquels il est dit que les évêques ne doivent point demeu-

rer alllenrs que rlans letir éj^llse cathédrale. Laloidela coiiiiiiencey fut confirmcc pour les évêques , les prêtres et les diacres. Tom. II. C. p. iG4.2. Et p. 12 15.

CARTHAGE (C. de) l'an .4o3 , le 2Z.août, de toutes les provinces d'Afrique. U }' fut décidé qu'on inviteroil les donalisies a se trouver avec les catholiques, pour examiner les raisons qui les separoient de ccmmunion. On convint donc que chaque évêque , dans sa ville , iroit trouver lui-même l'evcque donatiste , ou se feroit acconipai^ner de l'évtque voisin , et qu'il seroit aussi assiste des magistrats, ou des anciens de chaque lieu. Le concile dressa la formule de l'acte de convocation, qui portoit que les donalistes choisiroient ceux à qui ils voudroient confi-er la défense de leur cause; que les catholiques en choisiroient de leur cûlé, pour examiner les uns et les autres la question qui lesseparoit de commiinion ; que si les donalistes acceptoient ce parti, la vérité paroîtrnit, et que s'ils le refusoient, il seroit manifeste qu'ils se defioient de leur cause FI.

Dion. Kni^. n. 90.

CARTHAGE (C de) l'an ^ol, le 2G juin , tenu pour implorer le secours de rempercurcontre les doïiali.stes. On y décida, suivant l'avis de saint Aui;ustin, de députer à ce

f)rince pour demander que les vioences des donatistes fussent réprimées ; que la loi de Theoùose , portant amende de dix 11 v. d'or contre les héreiiques en gênerai , fut appliquée en particulier aux donalistes qui pretendoient n'être pas hérétiques , et que tous ne fassent pas sujets à cette peine , mais seulement ceux qui seroient dénoncés par les catholiques , à cause de leurs violences. Jug. Ep. l85. al. i5o. ad.

Jionif. c. 7.

CARTHAGE (C. de) l'an Z^oy.

On y décida d'écrire au pape Jnnorcni , sur la paix entre î'Ei;!Ise rc-

maine et celle d'Alexandrie, divisée au sujet de saint Chry.sostôme. On y fit quelques canons.

CARTHAGE (C. de) 408 , le 16 juio. On y députa l'evêquc Fortunatien à l'empereur, contre les paVen.s et les hérétiques.

CARJHAGE (C. de) l'an 4io, le i4 juin , tenu en conséquence de la demande faite à Hoî^.orius, que cet empereur révoquât aux donati.'fos la liberté qu'il leur avoit accordée auparavant.

CARTHAGE (célèbre conférence de) l'an 4-iii tenue dans la vue de reunir les donatis^ùes à l'Eglise, et de les convaincre de" la nécessite qu'il y avoit d'être dans l'Eglise catholique, d.Tus laquelle seule on peut rendre à Dieu le culte qui lui est dû , et opérer son salut.

Ces hérétiques s'etoient si fort multipliés en Afrique , qu'ils sembloient y avoir opprimé les catholiques, depuis qu'ils etoient venus à bout d'obtenir une loi qui leurdonnort toute liberté , et ils exerçoient partout des violences digne.: des plus grands persécuteurs. Les évêques catholiques ayant enfm obtenu de lenipcreur Honorius d'en venir à une conférence publique avec les donatistes , le comte Marcellin , envoyé en Afrique par l'ordre de ce [irince, l'indiqua au premier juin.

H ordonna qu'il n'y auroit que sept evêques de chaque parti , choisispar tous les autres, qui paricroicnt dans la conférence ; qu'il y en auroit sept autres de qui les disputants pourroient prendre des avis , s'ils en avoieiit besoin ; qu'aucun évêque n'entreroit dans. la conférence hors ceux qui avoient ete nommés poury disputer , et qui se montoient à trente-six ; que tous les evêques de chaque parti prometiroientde tenir ce qu'auroientfait les nommés ; que tou* ce qui se diroit seroit écrit en notes par des greffiers publics.

î»iais les donatistes refusèrent d'obéir à Tédit de Marcellbi , et de-

74 i^AiV.

iiiantîèrent à être tous présents a la (onfe ronce. Les catholiques , de Jeurcôte, ailn^ssèrenA une lettre à Marcellin , pai laquelle ils promettoient crexecuier tous ses ordres.

Ils y témoignèrent que le dessein qu'ils avolent, en tenant cette conférence, étoit de montrer que TEglise répandue dans loule la terre, ne j jut périr , quoique poches que co"^ imettenl ceux qui la composent ; que l'ailaire de Cecilien étoit terminée, puisqu'il avoit été déclaré innocent, et ses accusateurs reconnus pour calomniateurs.

C'est dans cette lettre qu'ils firent cette déclaration si célèbre , et qr.i Jes a couverts Hc gloire par la générosité vrainiont chrétienne qu'ils témoignèrent à leurs propres ennemis : savoir , que si les donalistes pouvolent prouver que l'Ej^lise esi réduite à leur communion , ils se soumettroicnt absolument à eux :

qu'ils quilteroient leurs propres sièges 5 et renonceroient à tous les droits de leur dignité; que si les catholiques montroient , au contraire , que les donatisies avoient tort, ils leur conserveroient l'honneur de l'épiscopat; que dans les lieux même où il se trouveroit un c'vêque catholique et un donatiste, ils seroient alternativement assis dans la chaire épiscopale, l'autre demeurant un peu plus bas aujtres de lui, ou bien que l'un auroil une église, et l'autre une autre; et cela jusqu'à ce que l'un des deux étant mort, l'autre demeureroit seul évoque.

Ensuite i's nommèrent les évêques pour la conférence , savoir :

Aurèle de Carthage Alype de ïagaste , saint Augustin, Vincent de Capoue, Fortunat de Cyrihe, Fortunatien de Sicque et Posside de Calarae. Ils en nommèrent sept autres pour le conseil, et quatre furent commis pour la siirete dos actes.

Les donatistes ayant ete obligés de nommer oea députés , ils lo firent

dans le même ordre que les catholiques.

Dans la detixième se'ance, après plusieurs discussions , on accorda un délai aux donatistes pour avoir copie des actes de la première conférence ; on eut égard a leur demande.

Dans la troisième, ils voulurent examiner les pièces des catholiques sur la demande de la conforoncp , et Marcellin ayant décidé que les donatistes étoient les véritables demandeurs , ils convinrent eux-mêmoN qu'ils ne prétendoient point agir contre les églises de toute la terre.

Il s'ensuivoit de cet aveu , que Cecilien n'etoit demeuré dans la communion de l'Eglise , que parce qu'il avoit été reconnu pour innocent.

Cependant les donatistes cherchoient toute sorte de prétextes pour éviter qu'on ne vînt au fond de l'affaire , et ils ne vouloient pas qu'on éclaircit l'origine du schisme; mais Marcellin fit lire la relation d'Anulin, par laquoile il adressoit à Constantin les plaintes des donatistes contre Cecilien. ).cs donatistes, se voyant ainsi pressés, présentèrent un mémoire pour montrer par l'Ecriture, que les mauvais pasteurs sont des tachesetdes souillures de l'Eglise, et qu'il ne doit point y aiVoir de méchants entre ses enfants, au moins qui soient connus. Apres qu'il eut été élu , les catholiques y répondirent par la bouche de saint Augustin. 11 y établit puissamment cette vérité, que l'Eglise souffre en ce monde les méchant.s, soit cachés, soit découverts, et que les bons, qui sont mêles avec eux , ne participent pas à leurs pèches : et il prouva , par l'autorité de saint Cyprien , que c'etoit dans l'Esglise que lediable avoitsemé la zizanie; ce que les donatistes contestoient ; car le but des catholiques etoit de montrer que les fautes , soit de Céciî.ien,soit dequelqu'autre que ce fût, ne pouvnicnf fniro an

CAiV

ciiii préjudice à la comniuuioii caiholique.

Cegraïul (îocieur exposa que les passages de rEcritnre, rapportés de part et d'autre, étant d'une éi;a!e autorité, dévoient être conciliés par quelque distinction , puisque la parole de Dieu ne peut se contredire :

il représenta qu'il falîoit distinguer les deux états de l'Eglise; celui de la vie présente , où elle est mêlée de bons et de méchants , et celui de la vie future où elle sera sans aucun mélange de mal. 11 montra aussi comment on estobligc en cette vie de se séparer des méchants en ne communiquant point à leurs péchés , mais non en se séparant d'eux extérieurement.

(}uand les donatistes se trouvoient trop pressés par les raisonnements de ce saint docteur, ils disoient, sans détour, qu'il ne leur etoit pas permis d'exercer aucun acte extérieur de religion avec ceux qui n'étoient pas justes et saints ; et voilà pourquoi ils regardoient comme nuls tous les sacrements qui n'étoient pas confères par des ministres irréprochables , et qu'ils vouloient rebaptiser les catholiques.

Saint Augustin fit voir que cette erreur tendoit à renverser tout le culte extérieur de la religion, puis- ■ u'on pourroit faire des difficultés sans fin sur la sainteté des ministres.

Après qu'on eut examiné la question de droit , c'est-à-dire qu'on eut établi la vérité de l'Eglise, indépendante de quelque honnne que (e fîit, on discuta la question de fait, c'est-à-dire la première cause • le la séparation des donatistes d'avec Jes catholiques. Les premiers prétendirent qu'ils avoient eu raison *ie se séparer de Céciiien , ordonné ovôque de Carthage par des tradileurs : mais les preuves qu'ils en •'lonnoient n' avoient aucun poids, et saint Augustin réfuta encore celte « rrenr . et débrouilla toutes les chi-

CAIl 75

lancs qu ils faisoienl coup surcoup il fit remarquer que Mensurius, prédécesseur de Cécih'en , et accuse d'avoir livré les saintes Ecritures , n'avoit été condamne par aucun jugement public ; que le concile de Carthage, contre Céciiien, éloit sans date : que Céciiien y avoit ei(î condamné étant absent , et par des évoques qui s'étoient eux-mêmes pardonné le crime dont ils le condamnoient. Et, pour le prouver , il fit lire le concile de C} rîhe de l'an 3o5.

Après diverses chicanes des donatistes sur ce dernier concile, osi lut le concile de Rome de l'an 3i3, qui avoit absous Céciiien , et la lettre de Constantin à Euniale sur ie jugement contradictoire que ce prince avoit rendu en faveur de Céciiien. Il parut en cette occasion, dit M. de Tillemont, que Dieu fit parler les donatistes comnie maigre eux , puisque les pièces (ju'ils produisirent ne servirent qu'à faire voir de ydus en plus l'innocence de Céciiien. Car i." en voulant montrer que Constantin, après avoir absous Céciiien , l'avoit condamné dans un jugement postérieur, ils furent assez aveuglés pour produire une requête, qu'ils avoient autrefoi'?

adresséeàce prince, par laquelle II paroissnit qu'il les avoit condamnés eux-mêmes, et qui! avoit maintenu l'innocence de Céciiien. 2. "Ils produisirent encore une lettre de Constantin, par laquelle il reconnoissoit que la cause de Félix d'Aptonge avoit été examinée et jugée en sa faveur, et où il ordonnoil qu'on lui envoyât Ingentius, qui avouoit avoir fait une fausseté pour rendre Félix coupable, afin de conlondre les ennemis de Céciiien.

Or rien ne pou voit être plus avantageux à la cause des catholiques , et en même temps plus capable de confondre les donatistes, que de faire voir que ce même Fclix d'Aplong<', qui avoit ordonné Ce-

cilion , ctoîl innocent ; car on n'acrusoit proprement Cecilien que «î'avoir elc ordonne' par un lion, nie qu'on pretendoit avoir livré les Ecrilnres. Mais pour achever de constater l'innocence de Félix, les catholiques produisirent la relation que le proconsul Klien, qui avoil jugé l'allaire de Félix , en avoit envoYce à Constantin , et les actes mêmes de ce)u;^ement, à quoi les donatistes ne purent rien objecter.

Enfin les catholifiues ayant parfaitement éclaire i tout ce qu'ils avoient eu à soutenir, le comte Marcellin donna tine sentence, dont il nous reste deux cent qnatre-vin^t-un articles : elle porloit que les donatistes avoient été réfutes par les catholiques par toute sorte de preuves; que Cecilien avoit été justifié, et que, quand même les crimesdont on l'avoit chargé auroient ele prouvés, ils n'auroient pu porter aucun préjudice à l'Eilise universelle ; qu'ainsi tous les donatistes qui ne voudroient pas se réunir à l'Et^lise seroient soumis à toutes les peines portées par les lois. Tout le monde fut ravi de joie de ce que Dieu avoit fait reconnoître la vérité, et découvert l'erreur et le mensonge

Il paroît , par les actes de cette conférence, que saint Augustin en fut l'âme, et que la grandeur de son génie y parut dans tout son jour.

On voit , dans tout ce qu'il dit , une force, une douceur, une clarté et «ne solidité particulières, qui lui donnent la prééminence sur tous les évêques d'Afrique. C'est toujours lui qui parle quand il s'agit de quelque point important , et d'établir la foi de l'Eglise, surtout, dans ce qui nous reste de la troisième conférence.

Ce fut en vain que les donatistes appelèrent de la sentence de Marcellin. L'empereur Honorius autorisa les actes de la conférence de Carthage par une loi du 3o août 4t4- On peut dire aussi que cette

conférence fut le coup mortel du schisme des donatistes; car, depuis ce leMq)s-là, ils vinrent en foule se réunir a l'Eglise avec leurs peuples.

6V<//. ?). § 2b I. Till. Conc Tom. II.

CAKTHAGE (C. de) l'an 412, tenu contre Celestius, disciple de Pelage. Comme cet hérétique semoit les principes de son hérésie dans la ville de Carthage, il fut dénoncé aux évêques parla fidélité généreuse de quelques catholiques, qui avoient été scandalisés de ses dogmes. Aurèle, évêque de celte ville, assembla ceux de ses confrères qui eloient dans la ville. On fit comparoîtrc Celestius dans le concile. On y lut la requête contenant les points sur lesquels il étoit accusé, et entr'autres , de tenir que le péché d'Adam n'avoit nui qu'à lui seul, et non point aux autres hommes , et que les enfants, en naissant, sont dans le même état où Adam étoit avant sa chute. Celestius ne desavoua pas ses erreurs ; car quoiqu'il convînt que les enfants avoient besoin de recevoir la rédemption par le baptême , il ne voulut point reconnoître que le péché d'Adam passât dans eux, ni confesser clairement qu'ils reçussent la rémission d'aucun pèche. Les Pères du concile ayant déclaré que tous ces chefs étoient hérétiques et contraires à la vérité , ils ordonnèrent à Celestius de les condamner, mais il ne voulut jamais :

ainsi il reçut la sentence qu'il niérîtoit,et fut excommunié. ^«^. pec.

or. c. 3. p. 344- /• '^- Id. Ep. 8q. p.

CARTHAGE (C. de) l'an 4i6, tenu contre Pelage et Celestius. Il etoit composé de soixante-huit évêques , dont les noms sont marqués.

Aurelius de Carthage etoit à la tête.

On y lut les lettres d'Héros et de Lazare, qui reprochoient à Pelage et à Celesliusdes erreurs dignes des anathemes de l'Eglise. On relut les actes de ce qui avoit clé fait contre

CAP

Cclcstius quatre ans axiparavaiit.

On rcsoliilque hiict Pelai;e seioifiit aiiallicinalises s'ilsn'abiuroiriil clalrcir.cnt leur mauvaise dcclrinc. Les Pères écrivirent au pape Innocent pour lui exposer celte allaire, afin qu'il joignît son autorité à leurs décrets. Dans cette lettre , ils marquent les principales erreurs de Pelage qu'ils refuient sommairement par les autorites dePEcrilure. Ils joignirent à leur lettre celle d'Iîeros et de Lazare , et les actes du com ile de l'an 4i2,qui avoit condamne Cvlestius, et ils coniurèrent le pape de ronsiderer combica l'iiéresie, dont on faisoit conpablesPelage etCelestius, étoit criminelle et fjernicieuse, et conclurent ainsi : Encoreque Pelage et Celestius désavouent cette doctrine, et les écrits produits contr'eux, sans qu'on puisse les convaincre de mensoui^e; toutefois il faut analliéniatiser en gênerai quiconque enseigne ([ue la nature Luinaine lui prut sullire pour éviter le peclié et faire les commandemenis de Dieu , se montrant emiemi de la grâce , marquée si evideuuiient par les prières des saints , et quiconque nie que, par le baptême de Jesns- Christ, les enfants soient délivres de la perdition , et obtiennent le salut éternel. Jui;. lLf>. zjH.n. i FI. CA1\THAGE'(C. de) l'an ^17 , composé de deux cent quatorze évoques. Saint Augustin l'appelle en plusieurs occasions , le concile d'Afrique, parce qn'il etoit assemble de plusieurs provinces. L'evêque Aurélius le convoqua , et vraisend)lablement après avoir reçu la lettre du pape Zozime, qui s'etoit laisse surprendre par les eqiiivoques de Pelage , ainsi que celle loucbant Celestius. Baronius nous les a conservées. On lit, dans ce concile, des décrets su r la foi , contre les pelagiens qui furent ensuite approuves et embrasses par toute l'Eglise. Saint Prc)sper rapporte un de ces décrets où les Pères de ce concile dccla-

roient , que la grâce que i)ieu nous accorde par Jesus-Cbrist ne nous aide pas seulement pour connoître la justice , mais encore poiir la pratiquer dans chaque action particulière, en sorte que sans elle, nous ne pouvons ni avoir , ni penser, nî dire ni faire quoi que ce soit de ce qui appartient à la sainte et vraie pieté.

A la tête de ces décrets , les dcr.\ cents quatorze Pères remirent une lettre au pape Zozime, dans laquelle ils declaroicnt qu'ils avoient résolu que la sentence rendue par le pape Innocent , contre Pelage , et Celestius, subsisleroit toujours jusqu'à ce que l'un et l'autre reconnût clairement la nécessité de la grâce telle qu'on vient de la rapporter, et qu'ainsi ils ne pouvoieiii, espérer de ret'.trer dans l'Eglise (|u'en abjurant leurs erreurs, llsinî rappelèrent lejugeuicnt peu avantageux qu'avoit fait lepape Innocent du concile de Diospolis. Ils lui représentèrent qu'il n'avoit pas du croire si facilement tout ce que lui avoit dit cet hérétique. Enfin ils exposoient au ptape tout ce qui s étoit passe en Afrique dans cette affaire. C'est tout ce que nous trouvons de ce célèbre concile, dont la lettre fut portée à Rome par Marcellin, sous-diacre de Carthage.

7/7/, Bar. 4.18. § 25. rmp. Cou/.

In^r. 1. i.r. 2. y^ug. pccc. uri^. c. 8.

CAPxTIIAGE (C. de) l'an SaS, composé de soixante eveques , ajant à leur tête lîoniface de Carthage , qui y rendit grâces à Dieu de la [laix rendue à l'église d'Afrique, et devoir le siège de Carthage rempli , après une si longue vacance. On y lut le symbole de INicee, et un grand nombre de canons, et l'on y ordonna , en gênerai, que les monastères .se roient libres et indépendants (les clercs, con.ime ils l'avoient tou- |ours ele. / . Conc. de Carthage dans celui d'Afriouc, de l'an 535.

Lom. IJ . C. p. iGjo.

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