Que ce même concile a ele évidemment au-dessus du pape
puisqu'il en a déposé deux, et que tout autre concile gênerai en peut user de même : d'où il conclut que c'est une opinion évidemment fausse de prétendre, qu'il n'y a que le pape qui ait le droit de décider dans un concile ; que le concile n'a que celui de conseiller : que le pape peut ne pas suivre l'avis ou la délibération du concile , au lieu qu'il faut s'en tenir au sentiment du pape quand même il seroit opposé à celui du concile; et pour montrer la fausseté de cette opinion , il soutient que l'Eglise universelle , et par conséquent le concile qui la représente , à reçu de Jésus- Christ , tt non du pape , le privilège de ne point errer dans la foi ; prix ilége que le pape n a point , puisqu'il peut errer. Gersor.
Opcr, l'om. II. p. ^5o
^i CON
VII« Sess. Le 2 mai. On cita Jean XXI II, à comparoître en personne avec SCS adhérents dans l'espace de neuf jours , pour se justifier de Taccusation d'hcrésie, de schisme, de simonie et de phisieurs autres crimes énormes , sinon qu'on procederoitcontrelui.il est bon d'observer que Jean XXill, en s'enfuyant de Constance , se retira à Schaflbuse; delà à Lauffembourg ; de là à Fribonrg dans le T>risgaw ; de là à Erisach ; de là à Neuvcmbouri;; , et de là retourna à lîrisach. On traita encore dans cette session de i'allaire de Jérôme de Praj^ue,
Wlh Sess. Le 4 niai. On y procéda a la condamnation des erreurs f-c Wiclef , contenues en quarante-cinq articles ou propositions, qui avoient déjà été censurées par les universités de Paris et de Prague.
Une grande partie sont les mêmes que celles de Jean IIus , rapportées à la première session. On condamna tous les articles aussi-bien que tous les livres de Wiclef en général et en particulier : mais le concile ne crut pas qu'il fût nécessaire de qualifier chacun des articles en particulier; ce fut dans l'intervalle de la huitième et la neuvième session que .Jean XXlll fut arrêté prisonnier à Fribourg , par les mesures que prit le duc d'Autriche , de concert avec ! empereur, avec qui il avoit fait sa paix.
IX'= Sess. Le i3 mai. On rejeta ia proposition de Jean XXIII, par laquelle il nommoit trois cardinaux pour comparoître au concile , et répondre aux accusations proposées contre lui. On nomma deux cardinaux et cinq prélats pour appeler le pape par trois fois à la porte de l'e^lise ; et comme il ne comparut point , on dressa l'acte de cette citation. Après cette session , on s'assembla pour entendre les déposiiions des témoins contre lui. Il yen eut dis qui comparurent parmi lesquels
CON
il y eut des évêques , des abbés et des docteurs.
Xe Scsn. Le i{ mai. Les commissaires firent le rapport de la deposition des témoins. Aprèsde nouvelles citations à .fean XXlll , et les trois proclamations faites , et faute d'avoir comparu, le c(;i:ci!c le dcc'ara atteint et convaincu d'avoir scandalisé toute l'Eglise par ses mauvaises mœurs , (1 avoir exercé publiquement la simonie, en vendant les bénéfices; et comme tel , le suspendit de toutes les fondions de pape et de toute administration tant spirituelle que temporelle ; avec défense à tout chrétien , de quelque qualité et condition qu'il .soit, de lui obéir désormais directement ou indirectement , sous peine d'être puni comme fauteur du schisme. Les accusations cunicncicnt soixante et dix chefs, tous bien prouves; mais on n'en lut que cinquante en plein concile. On lut seulement les chefs qui regardoient la simonie du pape , sa vie mondaine , ses vexations , ses faux serments : on supprima ceux que la bienséance ne permetloit pas de rapporter. On lui envoya notifier ce qui s'étoit passé dans le concile : il repondit qu'il n'avcit rien à opposer à ce qu'on lui reprcchoit, qu'il reconnnissoit le concile comme saint et infaillible, et il livra en même temps le sceau , l'anneau du pêcheur et le livre des suppliques, qu'on lui demanda , et il fit prier le concile d'avoir égard à sa subsistance et à son honneur. Ce fut après cette session que Jean XXIII fut conduit à Ratolcelf, ville de Souabe, à deux lieues de Constance.
XP Sess. Jérôme de Prague comparut devant !e concile , fut arrête et Hiis eu prison.
XIP Sess. Le 'jg mai. On lut ia sentence de déposition de Jean XXÎII , et tout le concile l'approuva unanimement.
Xiil^ Sess. On fit un décret sur la communion sous les deux espèces.
Ceclécrtl; orieensiihst.Tiîco : qa'enrore que Jtsus-Christ ait institue îe sarremcnt de rcacliaristie après !e souper , sous les deux espèces du paiu et du vin, cependant !a eouiunie approuvée de T'ii^lise a tenu et tient que ce sacrement ne doit pas se célébrer après le souper, ni être reçu par les iidèles qui ne sont pas à jeun , excepte le casde maladie et de quelqu'autre nécessité, admis et accorde selon le droit et par TE- };;lise.
2.° Que quoique dans la primitive Ej^lise ce sacrement ait été rcrii par les fidèles sous les deux espèces , néanmoins , dans la suite , il n'a ete reçu sous Tune et sous l'autre espèce , que par les pretresccieljranls, et sous la seule espèce du pain pour les laïques, parce qu'on doit croire fermement, et sans aucun doute, que tout le corps et tout le sanji; de Jésus-Clirist, est vraiment contenu, sous l'especedu pain. C'est pourquoi cette coutume, inhodiùte par l'ilftiise , doit être regardée comme une loi qu'il n'est pas permis de rejeter ou de changer à son gre sans l'autorité de l'Ei^lise : et dire que l'onservation de cette coutuine est sacrilège ou illicite , c'est tomber daiis l'erreur; et ceux qui assurent opiniâtrement le contraire , doivent être chasses comme hérétiques , et grièvement punis , jusqu'à les livrer au bras séculier , s'il etoit nécessaire.
X 1\ ' Sess. On y lut piusieurs décrets, dont le premier defendoit à qui que ce fût de procéder à l'élection d'un nouveau pape , sans la delibéralion du concile. On reçut l'abdication de Grégoire Xll qu'il lit faire en son nom par Charles de Malatesta On somma Pierre de Liino de faire la m«1me chose , ce qu'û refu.sa opiui.-i ire ment , et persista dans son rehii jusc^u'a sa mort en i434-
X^"' Sess. On termina l'affaire de Jean Hus que l'on lit coniu.i-
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roîtrc Le promoteur du concile demanda que les articles, prêches et enseij^nes par Jean îius dans le royaun>e de iiohêmc et ailleurs, étant hérétiques, séditieux , captieux , offensant lesoreilles pieusi'^; , fussent condamnes par le concile, et que les livres , dont ces articii. -< étoient tirés, fussent brûles. On biL cinquante-huit arliile.-; tires des ecrit^ de ■Y> iclef, et on les condanina. On lut quelques-uns de ceux de Jean Uns; il ne voulut jamais reconnoître qu'il étoit coupable ; et !e concile , après avoir condamne tous ces articles, le condamna luimême à être dégradé, et abandonne au jugement séculier. En conséquence on procéda à sa dégradation et on le livra au bras séculier, qui :e fit brûler. Le coiicile déclar;».
ensuite hérétique , scandaleuse et séditieuse la proposition de Jean Petit; savoir , qu'un tyran peut être tue licitement et d'une manière méritoire par chacun de ses vassaux et sujets, même clandestinement, par embiiclies secrètes, par flatteries ou caresses , nonobstant toute promesse , serment, confédération faite avec lui , sans attendre la sentence ou l'ordre d'aucun.
XV ie 5('vv. On nomma des députés pour accompaguerl'empereur qui voulut aller en Provence conférer avec le roi d'Arragon, attaché à Pierre de Lune, et l'engager à renoncer au ponlificat. Apres celte session , on examina de nouveau l'allaire de Jérôme de Prague.
XMÎt^ Ses.':. L'empereur prit congé du concile et ordonna do prier pour le succès de son voyage.
XMll' Sess. On y fit plusieurs décrets, et enlr'autres on ordonna d'avoir pour les vraies bulles du concile, la même foi et la même soumission qu'on a pour celles du Siège apostoliqtiC.
XIX* Sess. On fit faire ii Jérrtme de Prague une retractaîifin des articles de V\ iclef et de Jean Uus.
XX^ Scss. (}ii y traita .lu differnifl entre révêqxie «le Trente et le duc l'redéric (r.\iilii(,]ic , que celui-ci avoil «îcpouiilo de son evccbé el de ses biens. Le concile accorda à l'cvequc une nionition portant la peine d'exconiuiunicalion contre ceux qui rclicndroient les biens de ccl evc<jue. Après cette session on lint une asycuiblee pour la refornialion de TEf^lise et réprimer la simonie.
Pendant ce temps- !à , Pierre de Lune (dit ]]enoit Xill ) qui ne vouloit point rtconncltre le concile de Consiance , s'etoit retire au cliàieau de Paniscole , sur le bord de la nier, et refusoit opiniâlremenL de donner sa démission du ponlif;cat.
On luienvoyadire,pour la troisième fois , que s'd ne ccdoit , on procederoit par toutes les voies qu'on jugeroit les plus propres à faire fniir le schisme. Tous ceux qui jusqu'alors lui a\ oient été allaches, ainsi que Ferdinand roi d'Arragon,las de saresistance, crurent devoir se soustraire à son obédience.
On tint plusieurs congrégaiions sur différentes affaires , et particulièrement sur celle de Jean Petit, touchant les neuf propositions dont le roi de France , Charles \T , soUicitoit la condamnation.
On en tint une sur l'affaire de Jérôme de Prague , que l'on soupconnoit de n'avoir pas fait une rétractation sincère. On le fit comparoître dans une congrégation générale : il y desavoua hardiment sa rétractation , parla de Jean IIus comme d'un saint, et dit qu'il adliéroit à sa doctrine , ainsi qu à celle de Wiclef.
XXle 5r,w. Le 3 ornai i^^iG. Jérôme de Prague , après avoir parlé avec beaucoup de hardiesse , fut exhorté par les Pères à se rétracter, et ayant persévéré dans son opiniâtreté , il fut, par sentence du concile , déclaré hérétique, relaps, excommunié et anathématisé : cn-
suite on h; l'vra au bras séculier, qui lui fit subir le sort de Jean [lus.
XXIi«.S/.v.v. Le i.')0( tobre.'JCmie pour unir les Arragonois au concile.
Mais connue ils ne vouloient pas recoimoîlre le concile avant que de l'avoir convoque eux-mciues, on ne fit les cérémonies (irdiitaires qu'après que l'union el la convocaliou furent faites. On ordonna l'exécution du trailé de TSarhoi.ne du mois de décembre i^iS, fait entre les rois et seigneurs de robedience di; Benoît XIII et rcmpercur Sigismond , pour et au nom du concile.
XXlir Sexs. Le 5 novembre. On nomma àcs com.mlssaires pour Informer contre Eenoit XI!I sur ce qu'il entretenoit le schisme. Ou dressa les articles des accusations formées contre lui.
XXlVe Sess. On cita Benoît à comparoître au concile dans deux mois et dix jours
XX\'e Sess. On reçut dans le concile les envoyés du comte de Foix.
XXYP 5«i. On reçut les ambassadeurs du roi de Navarre , avec les mêmes formalités que les autres
XXVlIe Stss. Le 20 février i^'?.
L'empereur , qui etoit de retour, y assista. On y déclara contumace Frédéric , duc d'Autriche, qui s'étoit emparé des biens de l'evi'que de Trente, et l'avoit retenu en prison.
XXYIlI«5f55. Sur ce que ce due n'avoit point comparu, on le déclara rebelle, parjure, comme tel privé de tout honneur et dignité, inhabile a en posséder aucune, ni lui ni ses descendants jusqu'à la seconde génération, et livre à la justice de l'empereur.
XXîX*.**(o;.f. 8 mars. On fit appeler par trois fois, aux portes de l'église, Benoit XllI. On en pHt acio, et on lut la procédure laite contre lui.
XXX'= Sess. On entendit le rapport des députés qu'on avoit envoyés à Benoît , et la répense qu'il
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îcur avoit faite, qui faisoit connoîire son obstination invincible.
XXX î" Sess. 3o mars. On lui.
■juaire décrets, qui defendoient les libcHes diffamatoires.
X.XXir Scss. I" avril. On cita oiKore une fois lîenoît aux portes «is ri-^n|ise, et ensuite, on le déclara rontuiîîacc , sous le nom de Pierre de Lune.
XXXIII' 5m. 13 mai. On entendit le rapoort des commissaires contre lienoit.
XXXIV^'Nfix.Siiiln. On continua le procès de Benoît. On lut les accusations formées et déposées contre lui, et les preuves de ces accus;!iions.
XKXVe Sess. 18 juin. L'empereur y assista. Les ambassadeurs (le Jean de Caslille et de Léon y expo.serent les raisons qui les avoientengagf's à venirà Constance.
\al!eoieti, dominicain, y fit un discours sur la reformation de YE- ;;lise , dans lequel il exposa avec une liberté snrprenante les desordres du clergé , et principalement la simonie.
XXXVI<^ Scss. 22 juillet. On cita encore Pierre de Lune, pour entendre prononcer contre lui sa sentence définitive.
XXX VI l^ Srss. 26 juillet. On y prononça la sentence de déposition contre Benoît . Elle déclare que Pierre de Lune , dit Benoît Xlil , a été et estuii parjure ; qu'il a scandalisé l'Ej^'ise urJverseiie ; qu'il est fauteur du .scliisme et de la division qui regneut depuis si Ions-temps; un homme iiidigne de tout titre , et exclus pour toujours de tout droit à la papauté ; et comme tel le < oncile le det^rade , le dépose et le prive de toutes ses dignités et oîtlces ; lui défend de se regarder «icisormais comme pape ; défend à tous les chrétiens , de quelque ordre <j;'^'ils soient, de lui obéir, sur peine d'<1tre traites comme fauteurs de S4;iîjsiuc ot d'hérésie, etc. Gettesen-
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tence fut approuvée de tout le concile, et affichée dans la ville de Constance.
XX\VIU'5m. 28 juillet On lut le décret du concile , qui cassoit toutes les sf^ntences et censures de Benoît Xlil contre les ambassadeurs, parents ou alliés du roi de Castiile.
XX XIX* Sfss. g octobre. On entama l'ouvrage de la réformation , qu'on ne vouloit entreprendre à fond (ju'après rdeclion d'un pape.
On fit plusieurs décrets. Le premier fut sur la nécessité de tenir fréquemment des conciles pour prévenir le schisme et les hérésies.
Le concile ordonna q-u'il se tiendroit un autre concile général cinq ans après celui-ci. Un troisième sept ans après, et à l'avenir, un de dix en dix ans , dans les lieux que le pape indiqueroit , à la fui de chaque concile , du consentement et avec l'approbation du concile même ; qu'en cas de guerre ou de contagion, le pape, du consentenu-nt des cardinaux , pourroit substituer un autre lieu , et avancer le terme de la tenue du concile, mais non le prolonger. Le second décret regarde les temps de schisme, et ordonne que , dans le cas où il y aura deux contendants , !e concile se tienne l'année suivante, et que les deux contendants seroient suspens de toute administration , âcs que le concile seroit commence. Le troisième concerne la profession de foi que devoit faire le pape , élu eu jircsence des électeurs ; dans cette profession, les huit premiers conciles généraux ; savoir, le premier, de Nicee ; le deuxième ,de Constantiiiople ; le troisième , d'Ephèse ; le quatrième , de Calcéd!)iue; le cinq et le sixième , de Constantinople : le septième, de Nicée , et le huitième , de Constantinople, outre les conciles généraux de Latran , de Lyon et de Vienne. Le quatrième décret defond la translation des évêques .-;*
une grande nécessité , et ordonne que le pape nVn fasse jamais aucune que du conseil des cardinaux , et à !a pluralité des voix.
XL* Scss. 3o octobre. On y proposa un décret contenant dix-huit articles de reforniation qui avoient été miirement examinés. 11 y est dit que le pape futur, à l'élection duquel on doit procéder incessanuneut, reformera l'Eglise dans son chef et dans ses membres, aussi-bien que la cour de Rome de concert avec le concile ou avec les députés des nations.
Les principaux de ces articles sont les annates , les reserves du Siège apostolique , la collation des bénéfices et les grâces expectatives ; ies causes qu'on doit porter oii qu'on ne doit pas porter en cour de Rome , les commandes , les cas auxquels on peut déposer un pape, l'extirpation de la simonie , les dispenses , les indulgences.
L'article des annates fut agité avec beaucoup de chaleur par les cardinaux et les nations ; mais les nations conclurent qu'il falloit entièrement les supprimer , pour le passé , le présent et l'avenir; sur cette raison principalement, qu'elles ne s'etoient introduites que par l'oblation volontaire et gratuite que faisoient , au saint Siège, quelques-uns de ceux dont l'élection etoit confirmée , et qu'ensuite on en avoit fait une obligation, sous prétexte de coutume.
En effet, on ne trouve mention des annates que depuis le pape Clément V, qui imposa , pour trois ans , les annates en Angleterre , mais le parlement s'y opposa ; et alors , on ne les demandoit que comme un secours, et non comme un droit. Ce fut lîoniface IX qui, le premier, regarda ce droit comme attaché à la dignité des souverains pontifes.
Charles YI, roi de France , résolut de supprimer ce droit , des que le concile àc Constance fut assemblé.
A l'égard de la taxe des bénéfices ,
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qui avoit été faite , on décida qu'elle etoit une exaction simoniaque, et quand même on auroit pu les exiger, il etoit à propos de les supprimer à cause des scandales et des plaintei qu'elles causent tous les jours./.
(/ans M- JJu/iin la riponse de la niiiion française contre Us annaks. Tom.XII.
hibl. p. aS.
XLle Sess. Le concile ordonna , pour cette fois seulement, que six prelals seroient choisis dans l'espace dedix]ours, pour procéder, avec les cardinaux, à l'élection d'un souverain pontife. En conséquence, h's électeurs entrèrent le premier novembre dans le conclave, qui fut gardé par deux princes avec le grand maître de Rhodes; et trois jours après , le cardinal Colonne fut élu pape, et prit le nom de Martin V.
Apres son couronnement, les nations lui ayant demande de travailler à la reformation qu'il avoit promise après son élection, il renouvela sa promesse.
XLll' Scss. Le nouveau pape y présida, et l'empereur y fut présent.
Les nations présentèrent un mémoire au pape pour 1 aûaire de la rèfôrmatlon ; mais iV?artin, importune de leurs instances, donna un Erojet de reformation sur les dixuit articles proposes dans la quarantième session.
Entre la quarante-deux et la quarante-troisième session, le pape donna une bulle pour confirmer le concile de Constance. Dans l'édition de Haguenau, en i5oo, cette bulle est regardée comme celle du concile même , avec ces mots : Sacro approbante concilio; au lieu que dans les autres éditions , il semble que ce soit le pape qui approuve le concile, parce qu'il y a à la tête : Lettre de Martin V, qui approuve la condamnation des erreurs de ^\ Iclef et de Jean Hus, prononcée par le concile de Constance. Quoi qu'il en soit, le premier article de cette bulle est remarquable, en ce que
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Martin V veut que celui niii sera suspect dans la foi , jure qu'il reçoit fouslesooncilessenéranx,et en particulier le concile de Constance, représentant l'Ef^lise universelle, et que tout ce que ce dernier concile a approuvé et condaivnié soit approuve et condamne par tons les lidtles :
•"e qui prouve que ce pape a rej,ardé ce concile comme œcuménique et universel ; car, comme il veut que toutes les décisions de ce même concile soient approuvées de tout le monde , il approuve l'ionc la supériorité du concile sur les papes , puisque cette supériorité fut décidée dans la cinquième session. Fahr.
XLUie vS'^w. On publia quelques décrets par lesquels on restreignît les exemptions et les dispenses; on condamna la simonie; on renouvela les canons touchant la modestie des ecclésiastiques dans leurs liabits, maison ne toucha point aux autres objets de la reforme , c'est-à-dire , que des dix-huit articles contenus dans le décret fait à la quarantième session, et qui enga^eoient le pape futur à réformer l'Kt^lise , il n'y en eut que sis ré;;lés dans cette quarante-troisième session, et le pape i'iuda la reforme des cardinaux et delà cour de Rome, qui avoit été ordonnée par lecon^ile. Lab. C Toin.
XI ï. p. 2533.
XLW Sens. Le pape y fit lire une bnlle, par laquelle, pour satisfaire au décret de latrente-neuvièmesession , il nonunoit, avec le consentement des Pères , la ville de Pavie pour la tenue du prochain concile.
X LV« et dernière Six.^. Le 22 avril \l^\^è). Le pape lut un discours après !.' ne messe solennelle; et un cardinal, par ordre du pape et du* concile, dit aux assistants : Messieurs, allez -ipuix. Ce concile dura trois ans et demi.
„ CONSTANïîNOPLSi (Conciliabule de ) i'an 33G , convo(|ué par »es eutebiens ( c'etolt ia principale
brauche tics, ariens ) , dans la vue de faire recevoir Arins (fune manière éclatante dans Constantinople : ils firent convoquer cette assemblée des diverses provinces du Pont, de Cappadoce, d'Asie , de Phry^ie , de I>itliynie, de Thrace et d'autres parties de fJLurope.
Saint Alexandre, évêciue de Constantinople, voyant que les eusebiens y domiuoient , s'etfort^a de les faire séparer, mais il ne le put. On y traita l'alîaire de jMarcel d'Ancyre , qui avoil toujours été fort attache a saint Athanase. On l'accusa de sabellianisnie : c'étoit le reproche ordinaire que les ariens îaisoient aux catholiques : on le déposa et on l'excommunia. Les eusebiens y dressèrent une profession de foi, dans laquelle, par des explications captieuses , ils declaroient en quel sens ils approuvoient le mot de consabstantiel. Mais leur principal but, dans ce concile, etoit le rétablissement d'Arius. Car saint Alexandre, n'ayant pu empêcher l'empereur de faire venir Arius à ce concile, avoit déclaré qu'il ne le recevroit point dans son église. Cependant , voyant que les eusebiens cloient les maîtres , et que l'impie Arius etoit sur le point de réussir dans son dessein , il .s'enferma dans son ei;i!se , se prosterna au pied de l autel , couché le visage contre terre , ci.
étendant ses mains vers Dieu , li hn demanda , avec larmes, de venir au secours de ses'scrviteurs par quelijsje signe eciatant. Le prêtre Macanxqui etoit avec lui, et de la bouche duquel saint Athanase l'a})prit, entendit qu'il disoit à Dieu : « S'il » faut , Seigneur , qu'A ri us soit de- » main reçu dans l'Eghse, oeuvrez » votie serviteur des liens de ce » corps , et ne perdez pas le juste » avec l'injuste; mais si vous avez » encore pitié de votre Lglise, et « je sais, Seigneur, que vous eu au- » rez pitié; ne pern;ettez pas que* » votre îiéritage tombe dans l'^^vs-
loc CON
» lîssemcnf et (kns le ir.épris : ûtcz « Arilis (lu monde, de pciir quv.
» s'il entre dans votre Kf^liic, il ne » semble que riiérésie y entre avec » lui, et que rimpielè ne pns.'-e de- » sormais pour la niele. » H paroil que Dieu exaura. les vœux ardents de son serviteur ; car, p<'ndant que les eusebiens menoîcnt , connue en triomphe , Arius dans les mes de Constantinople pour le faire entrer solennellement dans lEglise, cet hérésiarque , se sentant presse d'un besoin naturel, fut obli£;é un quitter son cortcfic , et d'aller dans un lien où il mourut subitement, après avoir perdu une grande quantité de sang. Tout le monde attribua cette mort aux prières de saint Alexandre, ainsi qu'a celles de saint Jacques de INisibe , qui eloit alors à Constantinople et qui engagea les fidèles de faire, pendant sept jours, des jeûnes et des prières pour détourner le malheur qu'il craignoit.
CONSTAKTINOPLE ( faux C.
de ) l'an 3 Go , par les acacieus, pour renverser tout ce qui s'etoit fait au concile de Seleucie : il y eut environ cinquante evêques, a la tête des- Suels etoit Acace de Cèsarée et Euoxe d'Antioche. Ils y firent venir les evêques de Rithynie. On y confirma la formule de Pximini : on la fit signer par tromperie aux semiariens , et à tous les autres de l'assemblée, en leur promettant de condamner le dogme des anemeens : ce qu'on ne fit pas. Le concile déposa Aëce du diaconat , et le chassa de l'Eglise, à cause de ses écrits impies. Cette condamnation , au fond , etoit pour obéir à l'ordre de l'empereur, et tâcher d'oter l'impression qu'on avoit donnée à Constance, qu ils suivoient la doctrine de cet athée.
Ainsi il se trouva condamné , nonseulement par la souscription des orthodoxes, mais de ceuxmêmes qui étoient dans ses sentiments. Ou pro- ,nonça aussi une sentence d'exconi-
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municaticn contre dix evêques qui refusèreiit de signer cette condamnation. Ac» e fut d'abord banni dans la Cilicîe, ensuite sur les confus de la Pisidi«! où il publia son hérésie plus iuipudc minent que jamais Ensuite les mêmes evêques du concile déposeront plusieurs autres evêques senii-ariens, qui furent bannis, entr'autres JMaccdonede Constantinople, comme coupable duii grand nombre de meurtres. On {irelend que ce fut alors qu'il je déclara contre la divinité du Saint-Iisprit. 11 ne faut pas s'imaginer, dit M. de Tilicmont, que tous les crimes qu'on alléguoit contre ces prélats fussent bien prouves. Leurs actions furent examinées sans observer aucune loi.
Car ces evêques, pour satisfaire leur passion contre les senii-ariens,etoient en même temps les accusateurs et les juges.
Les acaciens, ayant chassé et dépose tous ces evêques , partagèrent entr'eux leurs églises connue il leur plut, lîien plus, ils envoyèrent par tout l'empire la formule de Pvimini, avec un ordre de l'empereur, que tous ceux qui. refuseroient de la signer , seroient envoyés en exi| ; Acace et Eudoxe d'Antioche, n'ayant point de plus grand désir que d'abolir , s'ils l'eu.ssent pu , la foi de Nicee. Cette exaction fut la source d'une iniinitede maux : elle remplit l'empire de trouble, et exposa les églises à une persécution égale à celle des empereurs païens. « La sou- " serip lion , dit l'au teur ci-dessus, fu t » une des dispositions nécessaires » pour entrer et se conserver dans » l'cj i<copat. Ceux qui avoient paru » in\incil.les ius(|u' alors cédèrent à )> celte tempête : si leur esprit ne tom- » l)a pas> daiis i'beresie, leur main y » consentit : peu s'exemptèrent de » ce malheur, n'y ayant eu que leur '> vertu qui les fit résister genéreu- » sèment. Dieu les conserva, afin » qu'il restât encore quelque sert mence et quelque racine pour
CON
»» l'aire refleurir Israël et lui donner >' une nouvelle vie par les influences •^ (lu Saint-Esprit. >•
Saint Hilaire de Poitiers, qui étoit poiirlurs à Constanlinople,fut de ce nombre. Voyant que la fuieloit en péril, parce que les évequcs ocridcntaux avoient été trompés par îa formule qu'on leur avoit fait recevoir à Riaiini, demanda audience il l'empereur parun rcrit, où il fait voir Talnis de tant de formules de foi , et il s'oflrit d'en prouver l'ab- ,'urdité en présence du concile; niais les ariens ( ou acaciens ) refufèrentson défi, et le firent renvoyer à Poitiers comme un homme qui troubloit l'Orient.
Saint .lérûme marque , sur cette année , que des evêqiies , en grand nombre, s'oublièrent jusqu'à faire union avec les arieus , sous prétexte d'avoir la paix , et d'obéir à l'empereur.
Voilà , dit saint Grégoire de Nazian/Cj quelles furent les suites de l'absence de saint Athanase. Voilà quels furent les ravages que les ennemis de la vérité firent dans l'Eglise, après avoir banni ceux qui en etoient comme les gardiens. Sozom.
/^'. c. 24. Sci'. Sulp. p. 432. Grcg. or. ii. p. 3^9 .
CONSTANTmOPLE ( C. de )
second concile général , l'an 38 1.
Ce fut par l'ordre de l'empereur Tliéodose (jue ce concile fut convoqué. Les principaux sujets de cette convocation furent d'y faire confirmer la foi de Nicée, de donner un éveque à l'église de Constantinople, ( de travailler à la réunion des églises ) et faire des règlements pour le bien de l'Eglise. Les évèques y vinrent de toutes les provinces de l'Orient hors l'Egypte. On en compte cent cinquante, selon la plus commune opinion. Les souscriptions marquent les noms de cent quarantedeux. Les plus renommés de ces évêques ètoient saint Mélèce d'An- i tîoche, saint Grégoire de Nysse,|
CON ïoi
saint Pierre de Sébaste son frère , saint Ampbilnqne, saint Pelage de Laodicee , saint Euloge d'Edesse , saint Cyrille de Jérusalem , Ilellade de Césarée en Cappadoce , Diodorc de Tharse, Acace de ]>éree. 11 n'y a point eu de concile dans l'Eglise, dit M. de Tillemont , où l'on trouve un plus grand nombre de saints et de confesseurs ; mais il y en avoit aussi qui avoient des qualités bien difTereîites.
On ne voit point qu'il y ait eu ni lettres, ni députés envoyés de la part de Damase , ni des autres Occidentaux. 'J'héodose n'avoit assemblé ce concile que de l'Orient, parce que les erreurs que l'on y vouloit condamner n'avoient cours qu'en Orient. Saint Melèce présida d'abord à cette illustre assemblée ; mais ses incommodités l'obligèrent souvent de s en absenter.
On traita d'abord de ce qui regardoit l'église de Constantinople :
on déclara que Maxime , nommé le cynique , n'avoit été et n'étoit point évêquo; que son ordination et tout ce qu'il avoit fait en cette qualité etolt illégitime , et qu'il étoit xin usurpateur du siège de Constantinople. On élut à sa place saint Grégoire de ISazianze ; ou fit violence à sa modestie , on l'obligea , malgré ses gémissements et ses cris , d'accepter le siège de Constantinople, et on le plaça comme malgré lui sur le siège episcopal.
Sur ces entrefaites, Dieu retira à lui saint Melèce , au milieu de ce grand nombre d'éveques qu'il avoit rendus témoins de sa pieté. Après sa mort , ce fut saint Grégoire de Nazianze qui présida au concile. Ce grand évêque fit alors tous ses efforts pour qu'on laissât Paulin gouverner l'église d'Antioche : c étoit dans la vue d'apaiser le schisme qui dlvisoit cette église; mais tous ses soins furent inutiles. Les évêques d'Egypte et de Macédoine qui arrivèrent, s'opposèrent à ses bons des-
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