‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 50 sur 257 · COI · texte numérisé non relu

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tio:!>, mais encore dans les autres allaires de l'Kglise: cependant on n'en doit pas conclure qiu' les évêques prétendissent défendre d'app('l(!r à i\ome. Ce même canon donne h l'église de Conslantinop'e la prérogative d'hoinieur ou le premier rang après celle de l'xome, par cette seule raison que Conslantînonle doit la nouvelle lÀome : aussi ce canon a-l-il beaucoup soiillertde dinicultes <le la part de îxome ; et les suites en ont été fort importantes; car au li(;ii d'une simple digmlé pour le siège de Consianliiio[)le , ce fut bientôt une juridiction fort (•tendue.

hc sixième canon , qui ne se trouve point dans le recueil de J)cnis-le-Petit, regarde la discipline de l'Eglise, et veut que toutes sortes de personnes soient admises à accuser les évêques et les autres £cclésiastiques des torts qu'elh^s prétendront en avoir reçus; mais que poui ce qui regarde les matières ecclcsiasliques,oii ne doit point recevoir pour accusateurs ni les hérétiques, !H les schisinatiques, ni les personnes excommuniées ou déposées , ou accusées de quelque crime, avant que de s'être justifuîes.

Le septième règle la manière dont les hérétiques doivent être reçus dans l'Eglise; c'est-à-dire (]ue les uns seront seulement obligés de doimer une requête et d'anathématiscr toutes sortes d'hérésies , après quoi ils seront signés pour recevoir le Saint-Esprit, et oints du sainS chrême an front, aux yeux, au nez , à la bouche et aux oreilles , et que les autres seront reçus comnu; païens , catéchisés , exorci.séset baptisés. Le concile avoit en vue divers hérétiques. Au premierrang étoient les ariens , les macédoniens , les î>ovatiens, les quartodécimans et les apoliinarisles. Dansleset'ondétoicnt les eunomiens , les moiûanistes , les sabelliens et antres ; mais ces hérétiques, (|ue le concile orfJonne de

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baptiser , ou n'avoient point du tout reçu le baptême , ou ils ne l'avoient point rec^u dans la forme de l'Eglise.

Pour ce qui regarde la foi, le concile condamne les ariens et les ?unoluiens , qui combattoient la divinité du Verbe , les macédoniens qui refusoient de reconnoître celle du Saint-Esprit, et les apoUinaristes, qui ruinoient la vérité de l'Incarnation. Les uns et les autres l'avoient déjà été par divers conciles particuliers.

Le concile décida i.°que le Saint- Esprit est consubstantiel avi Père et axi Fils. 2.° Il confirma le concile de ÎSicée, et anathematisapar écrittoutes les nouvelles hérésies. 3." Après avoir approuvé ce que les autres conciles avoient fait de bien , il fit une profession de foi plus étendue , dans laquelle on croit, avec juste fondement , que le symbole , que l'église latine et la grecque chantent à la messe , étoit contenu : il comprend celui de ISicée tout entier, avec quelques additions ; les unes touchant le mystère de l'Incarnation, à cause des apoUinaristes; et les autres sur le Saint-Esprit , h cause des macédoniens. Ainsi après ces mots du symbole de Nicée : // 5 l'si incarné , celui de Cor.stantinople mit ceux-ci : par le Saint-Esprit et de lii^ 7'ier^c Marie. Le symbole de jNicée disoit seulement : il a souffert , est res.«uscité le troisième jour , est monté aux cieux et viendra juger les vivants et les morts : le symbole de Constantinoplc dit : il a été crucifié pour nous sous Pouce-Pilate ; ii a souffert et a cte enseveli ; il est ressuscité le troisième jour, suivant les écritures; il est monté aux cieux; il est assis à la droite du Père , et il viendra encore avec gloire juger les.

vivants et les morts : son royaume n'aura point de fin.

Le symbole de ISicée disoit simplement : nous croyons aussi au Saint-Esprit , et ne parloit point de

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l'Eglise. Celui de Constantinoplc dit : nous croyons aussi au Saint- Esprit, Seigneur et vivifiant, qui procède du Pcre , qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils , qui a parlé par les prophètes. Nous croyons en une seule Eglise, sainte, catholique et apostolique : nous confessons un bapt{-me pour la rémission des pèches : nous attendons la résurrection des morts , et la vie du siècle futur. Amen.

Tout le commencement du symbole du concile de Constantinoplc est le même que celui de ISicée :

c'est ce symbole de Constantinoplc que l'on dit à la messe.

Ce concile fit ces additions pour expliquer davantage les articles attaques par les hérétiques et exclure les faux sens qu'Apollinaire, ^ alentin et Macédonc lui donnoient.

Parce moyen, dit M. de Tillemont , ce symbole si sage , si salutaire et si digne de la grâce de Dieu qui le produisoit, fut suffisant pour nous instruire parfaitement de la véritable foi touchant le Père, le Fils et le Saint-Esprit, et le mystère de l'Incarnation. Le concile dit seulement que le Saint-Esprit procède du Père; les l.<atins y ont depuis ajouté , f/ </« F/A .• addition qui fut dans la suite une occasion aux Grecs de se plaindre des Latins. Cette addition Filiomic commença en Espagne l'an 4-47- Les églises de France ont fait ensuite la même cliose, et celle de Rome les a imitées après le pape Paul III.

De tous les actes de ce concile il ne nous reste que le symbole et le canons avec la lettre qui les adress <à Théodose. Ce concile est reconnu pour le 2.^ concile œcuménique par le consentement que l'Occident a donné depuis à ce qui avoit été décidé touchant la foi. Theod. />. /^. c 7. p/ 8. p. Jlï. c Sozom. I. J . c. 8. p. 7l4-- o. Chror. Prosp. taeund. l. I . c. S. p. 2if». <i.

CONSTANTINOPLE (C de)

Tan 382, îc-im pour apaiser les ^11visions (VAntioche , dont Flavien ,> voit c'td nomme e'veque au concile <!e Cor.slantiuople précc'cîent, <Ui vivant (le Feveque Paulin. La plupart (les e'véquesqui avoicnt com- ; ose le dernier concile se trouvèrent .1 celui-ci. On ne sait rien de bien positif de ce qui se passa ;»cecf)ncile, sinon qu'on y confirma rdcclion de Fîavien : ils écrivirent une lettre aux Occidentaux pour s'excuser d'aller au concile de Pvome qui se tenoit dans le mt;me temps, car saint Ambroise et les e'vequi's dîlalie .s'(jtoient plaints que les Orientaux s'e'toient assenddés peur fuir le concile de Rome, ils ajoutent à cela un(!

déclaration expresse de leur foi, tant sur la Trinité que sur IMncarnation.

Ils disent ensuite que les canons de Nicée voulant que les ordinations de chaque province se fassent par le.s prélats de la province même, c'ctoit selon les règles quelNectaire avoitetéelu éveque de Constantiiiople , dans le concile œcuménique de ce nom , et qu'ils avoicnt Teq.u l'élection de Flavicn pour le siéi;e d'Anliocbe faite par tout le diocèse d'Orient , et reconnu salut Cyrille pour légitime évêque de Jérusalem. Theod. l F. c. Q- p. 7l4-

CONSTANTINOPLE (C. de ) l'an 383, Thcodose y assembla, de tous c(')tés les évêques de toutes les sectes pour les réunir toutes; elles furent toutes condamnées par l'empereur, excepté la catholique. 1!

faut croire que ce prince consulta les évêques catholiques qui étoient à ce concile. Socrate dit , qu'ayant lu leurs diverses confessions de foi, il rejeta toutes celles qui divisoient la Trinité , et n'approuva que celle du consubstautiel. Pag. FI. Soc. V. c 10. Sozom. J^II. c. 12.

^ CONSTANTINOPLE (C de) l'an 394, le 29 septembre, tenu pour la dédicace derEp,lise des apôtres, bâtie par Ruffin, préfet du prétoire, alors toul-puissant, et

que Tou croit avoir fait assembler les cvêqucs pour cette cérémonie.

On y traita d abord du dillerend de liagade et d'Agape, qui se dispuloient Tévêchc de lîostres , métropole de l'Arabie. Nectaire de Ccmslantinople présidoit en présence de Tiioopliile d'Alexandrie , et de Fîavien d'Antioche. On y décida que le nombre de trois évêques, qui est suffisant pour l'ordination, ne suffit point pour la déposition.

CONSTANTINOPLE (C. de) l'an 4-o3, tenu par quarante évc^qucs en faveur de saint Jean Cliryssostôme, injustement déposé au concile du Chêne, pour avoir refusé d'y comparoîlre : l'emperenr l'exila, mais son exi! :ie dura qu'un ]our, et il revint comme en triomphe à Conslantinople.

CONSTANTINOPLE (faux C.

de) 4o3. vSaint Jean Chrysostê)me y fut déposé une secon-le fois. Ou prétendit y faire valoir conirecc saint !e qualrièuic canon du concile d'Aniioche, qui dit, que si un évêque déposé par un concile ose s'ingérer dans le ministère, il n'aura plus d'espérance d'être rétabli dans un autre concile. Les ennemis de saint Chrysostôme prétendoient qu'il étoit dans le cas de ce canon ; mais ses amis soutenoient que ces canons avoient été faits par les ariens , contre saint Athanase. Malgré cette raison, la cabale formée X)ar les évêques, qui avoicnt été .séduits par la libéralité de la cour, et la haine de l'impératrice Eudoxie contre ce saint , l'emportèrent sur .son innocence. 11 fut chassé de Constantinople par-ua ordre de l'empereur Arcade, et envoyé à Cucu/.e eu A^rménie. Ce prince, il est vrai , dit à Acace de Bérée et à Antiociius de Ptolémaïde , qu'ils prissent garde de lui avoir donné nn mauvais avis ; mais ilsdirent hardiment : nous prenons sur notre tête la déposition de Jean : tous ceux qui étoient attachés à saint Chvvs<"stomc souffrirent

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une craelle persécution. Arsa ce fut | seule natare en Je'sus-Chrîst , et élu en sa place. FI. îlisl. Eccl. Pal/ad. qu'on ne peut point dire qu'il y en p. 17. Socr. J'I. c. 18. Sozom. ^///. ait deux ; car il soutint oplniâtre'-

ment cette erreur dans le concile

CONSTÂNTINOPLE (G. de ) l'an 426, pour y ordonner l'évêque Sisianius.

CONSÏAINTINOPLE (G. de) l'an 4.4-8, le 8 novembre, tenu par saint riavien , évêque de Constantinople , pour la condamnation d'Eutychts. Euscbe de Dorylee y

dont il est ici question , sans la vouloir corriger.

Pour la rendre moins odieuse , il disoit que Jésus-Christ étoit de deux natures avant l'union , mais qu'après l'union ces deux natures n'en faisoient qu'une. Cette erreur entraînoit d'étranges conséquences;

présenta une rcquCle contre cet hé- I car Eutyches , en ôtant à Jésus.

resiarque , dont il est tres-importan I de faire connoîtrc ici la personne et les erreurs.

Eutyches étoit abbé d'un monastère considérable , hors la ville de Conslantinople, et faisoit grande profession d'humilité; il etoit déjà fort avancé en âi;e lorsqu'il coni- Fiienra à passer pour hérétique.

Saint Léon l'appelle un vieillard également imprudent et ignorant. En cfTct, il n'avoil aucune érudition ni aucun talent. Wais son ignorance étoil accompagnée d'orgueil ; car ce qui le fit tomber dans l'erreur, fut que , dans les obscurilés du mystère de rincarnalion , il aima mieux suivre son propre esprit que de s'en tenir à la doctrine de l'Eglise. S étant mis dans l'esprit de combattre l'hérésie de Nestorius , qui vouloit , selon ses propres expressions , que le Fils de- la Vierge ne fût qu'homme , et non pas Dieu , il soutenoit qu'il étoit Dieu , et tellement qu'il n'etoit pas véritablement homme, et n'avoit que l'apparence et non la vérité du corps humain.

Nestorius ne vouloit pas que le Verbe se fût fait homme en unissant la nature humaine à sa nature divine , et Entyrhès vouloit qu'il se fût fait homme , en ne faisant de la nature divine et de la nature humaine qu'unesubstance et une nature.

Le principal point de son hérésie, et qui aé té embrassé par toutes les branches sorties de ce malheureux tronc, etcit qu'il croyoît qu'il n'y a qu'une

Cîirist la vérité de la nature humaine , lui otoit la qxialité de médiateur ; il detruisoit la vérité des souffrances , de la mort et de la résurrection du Sauveur , puisque toutes ces choses apparticnuent à la nature humaine , et non à l'apparence du corps passible et mortel ni à la divinité mCme , puisqu'il s'ensuivroit de là que c'etoit la divinité même qui avoit soulTert la croi': et la inort , et qu'en un mot , Jesus-Christ étoit un homme faux ou phantastique , et un Dieu paisible.

11 parut qu'Eu'ycl'ès s'engagea peu à peu dans celte erreur, par son aversion pour ceux qu'il s'imaginoit être nestoriens ; tels que Diodore de Tharse et Théodore de Mopsueste. Il répandit ensuite le venin de .sou hérésie, non par dci écrits, mais par desdiscours, dont il eniretenoitcegraiîd nombre de mcines qu'il gouvernoit, sous prétexte de leur donner des instructions aîns»

qu'à des séculiers. 11 fut assez n>alheureux pour réussir dans ce dessein et faire tomber beaucoup de personnes simples etpeu instruites dan,*-la foi. Cette hérésie avoit déjà fait âcA progrès dès l'année précédente , puisqi'C Théodoret la conibaltoit alors par ses discours et par ses écrits. Eu^èbe de Dorylee fut celui dont le zèle se signala le plus en cette occasion; et on doit le regarder comme la principale cause de la piemière co»"^mnation d'Eutychès. IN'élanÊ

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encore que laïque, îls'etoitdejàe'leve contre l'impiété de Nestorius.

Après avoir essayé en vain de faire revenir Eutycnès de son erreur , il avertit saint Flavien de ce qui sepassoit; et profitant de l'occasion dn concile que tint saint Flavien , touchant quelque diflérend survenu entre le métropolitain de la Lydie et deux de ses suflra^ants , il présenta une requête au concile, par laquelle il accusoit Eutychès d'hérésie, et demanda parles considérations les plus pressantes qu'on ne négligeât point cette affaire, et qu'on fit comparoître Eutychès; ce qui fut aussitôt ordonné.

Dans la seconde séance du i8 novembre , où il se trouva dix-huit évêques, on lut, sur la demande d'Eusebc , la seconde lettre de saint Cyrille à Neslorius , confirmée par le concile d'Ephèse , et celle par laquelle il s'étoit réuni avec les Orientaux. Après cette lecture , Eusèbe déclara que ces lettres contenoient sa foi , que c'etoit par elles qu'il combattoitceuxquiatlaquoient la doctrine de l'Eglise. Saint Flavien déclara qu'il recevoit ces deux lettres, et exposant plus particulièrement sa foi sur le mystère de l'Incarnation , il dit que Jésus-Christ est Dieu parfait et homme parfait, consubstantiel à son Père selon sa divinité, et à sa mère , selon son humanité : que des deux natures unies en une seule hypostase et en yne seule personne , il résulte après l'Incarnation un seul Jésus-Christ.

Après cette exacte profession de foi que tous les évêques approuvèrent par leurs avis , et qui le fut encore authentiquement dans la suite par le concile de Calcédoine , il ajouta : quiconque admet une croyance contraire, nous le séparons des miristres de l'autel , et du corps sacré de l'Eglise. Tous les évêques fonfirmèrent la doctrine de saint Flavien , et opinèrent de même.

Cependatit Eutychès, qui avoit été

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cite auccnciIe,répondit aux députés qu'il ne pouvoit venir nu concile , parceque, des le commencement de sa retraite , il avoit forméla résolution de ne ]amaissorlir de son monastère; qu'Eusebeetoitson ennemi; et, parlant de sa croyance, il dit que, quand même ou lui montreroit, dans les Pères, que Jésus-(]hrist est de deux natures unies hyposlatiquement , il ne le recevroit point.

Les députés ayant fait leur rapport, dans la troisième séance, de la réponse d'Eutychès , le concile jugea à propos de le faire citer une seconde fois : et, dans cet intervalle, on vérifia , dans le concile , qu'Eutychès envoyoit signer dans les monastères un tome ou écrit dont on ignoroit l'auteur, et qu'il travailloit à faire déclarer les moines pour lui.

Les députes du concile étant allés trouver Eutychès pour le sommer une seconde Ibis de comparoître au concile, il persista à dire qu'il ne pouvoit pas violer la résolution qu'il avoit prise, et voulut même exposer ce qu'il croyoit. Marnas , un des députés, lui ayant demandé par quelle nature le Verbe avoit voidu relever la nature humaine , il éluda la question en demandant qu'on lui montrât les deux natures dans l'Ecriture sainte, et qu'il ne conseniiroit jamais à ce terme. Les députés ayant rapporté la réponse d'Eutychès au concile, il fut dit qu'on le citeroit pour la troisième et dernière fois. Eutychès n'attendit pas la troisième citation : il envoya ati concile l'abbé Abraham pour parler de sa part ; mais on lui dit que c'etoit à Eutychès à venir se justifier lui-même. Dans le même temps, la troisième citation lui ayant été faite , il dit qu'il viendroit au concile le lundi suivant 22 novembre.

Les Pères , à la prière de Flavien qui étoit plein de charité poiir lui , accordèrent ce délai; mais Eutychès en prof îa pour recourir a la puis-

CON >a!ice <^c Ciiiysape , dont ii éioit le parrain ; et sous prf'iexle qr.c sa vie etoit en (langer s'il se présentoit au concile, il en obtint une nombresiso escortetle soldats et ^'officiers du Prétoire, pour l'accompai^ner au concile. L'empereur Tli?odose lui donna même le patrice FIorenliuspoTir assister au*ju;;ement du concile , à quoi saint Flavien s'opposa , représentant combien il etoit etrant;e de voir un officier de la cour assister à une afïairede cette nature , mais ce fut inutilement.

Le jour de la séance, 22 novembre, !es evêques s'etant assembles au nombre d'environ trente , on demanda si Eutychès étoil venu; et, comme on l'alloit chercher, il arriva avec un .^rand éclat, accomp3j;né d'un grand nombre de moines et de soldats. L^n officier présenta au concile une lettre de l'empereur, .sur le choix qu'il avoit fait de l'iorentius , pour assister à ce qui se passeroit dans l'assemblée. Cette letJre lue, on fit des acclamations à -'empereur , et î lorentius arriva peu après. Le concile fit d'abord bre les actes des séances précédentes.

On demanda à Eut^ches s'il croyoiî i union des deux natures, et il dit qu'il la croyoit selon son idée des deux natures avant l'union. Kusebe 'ui demanda s'il croyoit qu'il y eût deux natures après l'incarnation , et que Jésus-Christ fût consubsiantiel aux homnies selon la chair.

Se voyant pressé de répondre , et ne trouvant plus de siibterfuge, il dit qu'il n'etoit pas venu pour disputer, mais pour rendre compte de sa foi , et il présenta en même temps un papier qu'il dit contenir sa croyance. On lui dit de le lire , il le refusa, t-t saiiit Flavien ne juRcapas à propo<) de recevoir ce papier , et dit à Euiychés qu'on n'avoit pas besoin de papier pour rendre compte de sa foi. Eutychès dit qu'il confessoït que Jesus-Glirist, incarné, etoit venu de la sainte VierL'e , et

s'ctoit rendu homme parfait pour noire salut.

Comme saint Flavien vouloil quelque chose de plus précis , il lui demanda s'il croyoit que Jésus- Christ fût consubstantieliî sa Mère et ànous selon son humanité , et qu'il fût de deux natures. Sur le premier point , il dit qu'il etoit prêt de l'avouer, puisqu'on jugeoit à propo<; qu'il le dît. Sur le second , et repondant à la question de Florentins, i! dit qu'il avoit été de deux natures avant l'union; mais qu'après l'union i! ne rcconnoissoit qu'une nature.

i]as!lc de Seleucie lui dit : Si vous ne dites deux natures après l'union, vous admettez un mélange et une confusion. On lui dit qu'il failoit qu'il analhcmatisât tout ce quiel(;i£ contraire à ce qu'on venoit de lire de saint Cyrille; mais il le refusa absolument, disant que s'il etoit assez malheureuï pfiur le faire, i!

anathematisoit ses Pères. Sur quoà le concile se leva ets'ecria qu'Eulyches même etoit anatheme. Les actes du concile le portent ainsi.

Les evêijues furent d'avis qu'ïl meritoit d'être déposé; mais, avant qu'on pronon(^àt sa sentence , on lui fit de nouvelles instances pour reconnoîtrc deu:^ natures en Jesus- Christ après l'incarnation. Florentins même l'exhorta à confesser les deux natures , ajoutant : celui qui ne dit point de deux natures et deux natures n'est pas orthodoxe.

Mais Eutychès ne répondit autre chose à toutes les instances qu'on lui fit, sinon qu'on lût les écrits de saint Athanase , marquant sans doute, dit M. de Tiiiemont, quelques ouvra;;es attribués à ce saint, que l'on prétend être d'Apollinaire.

Et , comme il ne se rendoit peint , tout le concile s'écria en disant, qu'il ne falioit plus penser à persu2dcr cet homme obstiné, et qu'on ny ga;,neroit rien. Alors le prêtre Astcre lut la sentence de déposition.

Elle portoit qu'Eulychcs , ftyanî

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• te pleiiicmont convaincu de Miivre fes erreurs de Yalentin et d'Apol- Jinràre, éloit entiertmeiit prive de îa dii^nité ecclésiastique, de la communion de l'Ef^lise et de la conduite de son monastère : et qneouicoiique ne se separeroit pas de sa conversation, seroit sépare lui-niênie de la communion de i'K^lise. Cetic sentence fnt si^'iee par les trente ou trente-deux evêques , et parvinj;ltrois abbes. On prétend qu'Eutyclics dit tout bas à Florenliu.-;, qu'il en appeloit au concile œcuménique , et qu'il lui donna, après le coiicile, une copie de la requête d'appel, qu'il disoit y avoir présentée. La condamnation d'Eutycaesfiitsi;;noe par les abbes de Constantinople et ies évoques d'Orient; mais les moines d'Egypte rejetèrent cette condamnation. Eutyches présenta une requête à l'empereur , etil vint à bout, par ses menson{,es et ses cabales, de surprendre ïheodose , et d'obtenir de lui un concile œcuménique. /.

Ephese ( brigandage d' ). Lco. Ep.

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