DIO
dressèrent un mémoire des erreurs dont ils soutenoient que Pelage étoit coupable, lire en partie des ouvrages de Pelage même, partie de ceux de G<'leste. Cette allairc fut portée devant le concile que saint Augustin appelle de Palestine, et qui n'est autre que celui de Diospolis, ville conini'dans l'Ecriture sous le nom de Lydde.
11 s'y trouva quatorze evêques, et Pelage comparut devant le concile Héros et Lazare ne s'y trouvèrent pas , et il n'y avoit personne pour découvrir le mauvais sens des livres de Pelage : il étoit même au contraire appuyé de Jean de Jérusalem. On lut le mémoire de Héros et de Lazare, dans lequel ils avolent insère une grande partie des propositions de Pelage, et, entr'autres celles-ci :
Les enfants , morts sans être baptisés, ont la vie éternelle, quoiqu'ils n'entrent point dans le royaume (les cieux: la grâce n'est pas nécessaire pour chaque bonne action particulière : le libre arbitre suffit avec la loi et ia doctrine : la grâce est donnée selon nos mérites, et elle dépend de la volonté de Thomme.
Pelage avoua qu'une partie de ces propositions étoient de lui , mais non dans le sens que ses accusateurs les prenoient, prétendant les r»von entendues d'une manière qui n'éloit pas contraire à la véritable foi ; et il se débarrassa des objections qu'on lui fit, ou en évitant d'en parler, ou affectant d'embrouiller les autres par une multitude de paroles confuses et par des sophismes capables d'éblouir. C'est ce qu'on peut voir dans saint Augustin, qu!
a rapporté les paroles des évêques et de Pelage, suivant les actes originaux du concile qu'on lui avoit envoyés. Enfin, comme il ne se trouva personne qui pût soutenir les accusations faites contre Pelage , et que ces évêques grecs ne pou voient pas examiner ces livres qui élolcnt latins, ils jugèrent des sentiments de Pelage sur ce qu'il leur en disoit.