‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 59 sur 257 · DUE · texte numérisé non relu

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de Conrad son parent, duc d'Austrasie, qui avoit épousé sa proche parente. J) M.

DOUZl près de Mouzon ( C de) Duziaccnse ^ l'an 871, 5 août. lîincmar de Eaon y fut dépose , n'ayant ])as voulu repondre aux plaintes «pie le roi Charles-le-Clauve avoit iaitescontre lui. Ce prince laccusois d'avoir manqué aux serments qu'iî lui avoit prêtes; d'avoir excite des révoltes contre lui; de s'être empare , par voie de fait , des biens (ju'il pretendoit appartenir a son église ; de l'avoir calomnie aupre.'; «II! pape ; de lui avoir désobéi jus- «pi'a lui résister à nuain armée, îîincmar de Reims présenta aussi sa requête au concile, remplie de griefs et de plaintes centre lliucmar dii Laoji, son neveu. 8a déposition fut souscrite par vingt-un evêqnes présents, par les députes de hui!

evé-ques absents, et par huit autres ecclésiastiques. T. J 111. C.p. (»3'".

DOUZi (G. de) l'an 874, Ï6 juin, assemblé par l'ordre «lu roi Charles. On y écrivit u-ne grande lettre aux evt^'ques d'Aquitaine contre deux abus fréquents en ce lentps-là, les mariages incestueux et l'usurj-.atiou des biens de l'Jlglise On y déposa le pr«'''tre Ilumbert,ei on y mit en pénitence la religieuse qu'il avoit séduite. Girg. AH. Ef.

3l. i/i/err. 7.

DUBLIN en Irlande (C. «le ) DuFilinensc l'an ii86,àla nii-caruiie, jiar Jean, archevêque «!e Dublin, contre l'ivrognerieet l'incontiaenc*' des clercs. L'archevêque y pronon<;a une sentence coîitre les clercs du comte de ^ ixford , qui etoient convaincus d'avfur épousé publiquement des concubines , et il les suspendit des fonctions ecclésiastiques et de la ]ouissance«leleurs bénéfices.

On y reprit le cierge d'Irlande surlc même vice de l'ivrognerie , et on convainquit les supérieurs de négligence à cet t>gard, pour empêcher ces desordres. Cnmù. II. (îtst.

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HiLVlRE en Espagne ( C. d') on d'illiboris, dans la province lieliquc, et qui ne subsiste plus, a deux ou trois lieuesde Grenaile, Klilnritunum^ vers l'an 3oo , selon l'opinion la plus vraisendjlaltle. 11 lut couipose de dix-neuf c\êqnes, diiul on trouve les noms à la tête du eon( ile. Le célèbre Osius de Cordoue tint le second ran;^. \ iiij,'t-six prêtres y prirent séance avec les evêques : les diacres ctaut debout et le peuple présent, qui assista à la publication des décrets. On attribue a ce concile quatre-vingt-onze canons pénitentiaux,qui commencent par l'idolâtrie , comme le plus i^rand de tous les crimes. Ces canons sont tous bien dignes de l'antiquité, très-importants pour la discipline, et n'ont rien que d'utile et de saint. Ils ont été expliques par Mendoza, évcque espagnol, et par M. de l'Aubcspine, évêque d'Orléans , dans la collection du père Eabbe. Quelques-uns les regardent comme un recueil de différents canons tires de plusieurs auteurs et de plusieurs conciles, plutôt que comme l'ouvrage du seul concile d'Elvire. Ce concile est tresfameux par les divers jugements qu'on a faits de la sévérité de sa discipline , et sur le temps où il a cté tenu. C. T. I.p. 969.

ENHAM en Angleterre ( C. d') Einshamense , l'an looq. On y fitvingttrois canons pour la reformation des mœurs et de la discipline. 1). M.

EPAONE (C. d') Epaonense, qu'on croit être Yène au diocèse de Belley, i'anSiy. Saint Avit de Vienne y convoqua vingt -cinq cvêques , ious du royaume de Bourgogne, sous Sigîsmond. ilavoit converti ce prince à la foi catholique. Les plus illustres de ces évêquesetoient, saint Viventiolde Lyon, saint Apollinaire t!e Valence, saint Grégoire de Lan-

gres et saint Pragmace dAulun.

Saint Avit se plaignit, dans la lettre de convocation, de la cessation des conciles, et témoigna que le pape lui en avoit faildes reproches. Nouâ avons quarante canons de ce concile, dont plusieurs parlent des fonds de l'Eglise, dont la jouissaiu:e eloit accordée aux clercs, pour en percevoir les revenus, les distinguant soigneusement des biens propres.

T. ij . /;. p. 1557.

ÉPIÎESE (premier C d') Eplicsiriim^Wix igG, tenu SOUS Polycrate, eveque de cette ville , pour célébrer la pàque le i4.<le la lune, quelque jour de la semaine qu'il tombât. / .

Rome. Eusrh. J'. IJisi. i!^.

EPHÈSE (C. d') l'an 4.01 , composé de soixante-dix evcques d'Asie et de Lydie, à la tête desquels etoit saint Chrysostôme , pour l'élection d'un eveque à Ephese. On choisit, par ses avis , Ileraclide , son diacre. Six évêques simoniaques y furent déposés après qu'on eut entendu les témoins et reçu la confession de ces évêques, et on mit à leur place des personnes dignesdelarcnq^lir. Saint Chrysostôme signala, dans ce concile, sa vigueur épiscopale. Cependant ses ennemis ne laissèrent pas d'y trouverdes crimes. Pa/Iad. Via/.

ÉPHÈSE(C. d' ) IIP Concile GÉNÉRAL, l'an /^3i, contre l'hcresie de iSestorius. Pour être au lait de ce concile, il est nécessaire de prendre les choses de plus haut que le temps de sa tenue, ahn de faire connoître le caractère de jNeslorius et la nature de son hérésie.

Dès que iS'estorius fut élevé sur le siège de Constaniinople , il parut avoir un grand zèle contre les hérétiques , mais un zèle que les plus sages trouvèrent indiscret d troj) violent : car, dès le premier sennoii

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qu'il fil lo jour (le son ordination , il dit ces paroles, en s'adressant à l'empereur Théodose-le-Jeune , en présence de tout le peuple : -< Faites, » grand prince, que la toi orthodoxe » rcj^ne seule dans toute la terre , et »> moi je vousferai réf^neravec Dieu » dans le ciel : aidez-moi à extermi- » ner les hérétiques, et j'extermine- » rai les Perses avec vous. » Les plus sages, dit Socrate , jugèrent, en l'entendant parler de la sorte , qu'il avoit beaucoup de présomption et de vanité. Kn eflet , il donna bientùtdes marques de cette chaleur indiscrète : il fit abattre une église oà les ariens tenoient leurs as.semblées , et il persécuta tous les autres hérétiques sous divers prete.xtes. La manière avec laquelle il déclara la {guerre aux quartodecimans occasiona des séditions du côté de Sardes , daiis lesquelles un grand nombre de personnes perdirent la vie.

Le même Socrate remarque que Nestorius se rendit fort odieux par cette conduite si opposée à l'esprit et à la coutume de l'Eglise, qui aune mieux souffrir la violence que la faire , en sorte que , lors même qu'elle a étéobligée d'implorer le secours des princes catholiques pour arrêter l'insolence des hérétiques, elle a eu soin en même temps d'empêcher qu'ils ne se portassent aux dernières rigneurs , et qu'ils n'employassent , pour la vérité , des voies dont ses défenseurs auroient pli rou-

Mais on sera moins étonné de tous leseiforts que faisoit Nestorius pour éteindre toutes ces hérésies, quandonsauraquil n'avoit pour but que de faire recevoir plus facilement la sienne : c'est la reflexion de ^ inccul de Lerins. Or voici quel etoit le nouveau dogme qu'il cuerchoit à établir: il pretendoit que, par les deux naturesen Jesus-Christ il falloit entendre que Jésus-Christ n étoit véritablement qu'un pur homme , uni au Verbe et rempli de

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la vertu divine beaucoup plus que tous les saints : d'où il s'ensuivoit que le Verbe s'étoit bien uni à l'homme, mais qu'il ne s'etoit point fait homme; qu'il n'etoit point ne' de la ^ ierge et n'etoit point mort , et que la Vierge n'etoit point mère de Di'.m , mais mère de l'homme, ou , comme il l'appeloit, mère de Christ, voulantquecemot de Christ maniuàtnonun homme-Dieu, mais un homme uni à Dieu. Il vouloit neanmoinsqu'a cause de cette union, onpùt donner à Jesus-Christlaqualite de Dieu , l'adorer même, lui attribuer les autres titres avantageux quefEcritureet latradition luidonnent, mais il vouloit que ce fût en un sens impropre , comme quand l'Ecriture appelle Moïse le Dieu de Pharaon. 11 consentoit même quelquefois qu'on donnât à la Vierge la qualité de mère de Dieu, pourvu qu'on dît que c'étoit en un sens impropre , et seulement parce que Jésus-Christ etoit le temple de Dieu.

Pour repondre aux objections qu'on lui faisoit . il distinguolt le Verbe , du Fils de Dieu ; voulant bien que Jesus-Christ fût fils de Dieu et Emman\iel, mais non qu'il fût le Ver^ be : il vouloit qu'il eut re(;u la divinité en la manière qu'il la lui vouloit bien accorder par un progrès de grâce et par le mérite de sa vertu.

Ainsi le fond de son errenretoit que le Fils de Dieu s'etoit uni au fis (le l'homme, mais ne s'etoit pas fait fils de l'homme.

D'abord , Nestorius ne produisit son dogme que d'une manière obscure et pleine d'ambiguites, pour ne pas se déclarer ouvertement contre la doctrine reflue communément dans l'Eglise; mais il se Hattoit qu'étant evêque de Constantinople il auroit assez de crédit pour obliger tout le monde à suivre ses sentiments par la crainte des mauvais ofiices qu'il ponvoit rendre à ceux qui s y opposeroient. Son orgueil etoit extrême. Vincent de Lerins dit qu'il

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M' vantoit d'être le premier et le seul qui entendît l'Ecriture; que tous ceux qui avoient été avant lui, docteurs, evctjues, martyrs^ avoient tous été des ignorants.

Après qu'il eut insinué son hérésie d'une manière couverte, dans les sermons qu'il faisoil fréquemment , il crut pouvoir la mettre au jour ouvertement. Le prclreAnasta.'^e , son s) ncelle , homme fort hardi, prêchant un jour dans l'Eglise , profera ces paroles : « Que » personne n'appelle Marie mère de » Dieu : elle etoit une fenmie, et il » est impossible que Dieu naisse » d'une femme. » Le trouble universel qu'excita cette parole n'épouvanta point Nestorius : il soutint dans ses sermons la doctrine d'Anastase, et declaraouvcrlcment, que d'appeler la Vierge niere de Dieu , ce seroit justifier la folie des

f>aïens , qui donnoient des mères à eurs dieux.

Quelques ecclésiastiques et moines de Constantinople, ayant désiré savoir de lui-même si ce que l'on disoit de sa doctrine etoit véritable , savoir, que la^ ierge n'avoit enfanté qu'un homme consubstantiel à elle, puisque ces paroles n'etoient pas d'un orthodoxe , il les fit arrêter, les fit battre outraj^eusement et mener en prison. En vain plusieurs autres du cleri^e de Constantinople s'opposèrent hautement à Nestorius, celui-ci , violent et cruel, s'en vengea sur quelques fidèles qui avoient témoigne qu'ils n'avoient plus d'evêque , et il les fit déchirer à coups de fouet , de la manière la plus barbare.

Malgré son audace et sa fureui, dans le temps qu'il soutenoit que le Verbe n'etoit pas ne de r^larie, mais qu'il habitoit et etoit uni inséparablement avec le Fils de iMarie , un simple laïque ( on croit que c'ctolt Eusebe de Dorilee ) eut le courage d'clever sa voix et dit tout liaut :

« Que le même Verbe , né du Père

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» avant tous les siècles, etoit nC » une seconde fois de la Vierge selon » la chair. » Ce qui fit un grand bruit parmi le peuple ; et les plus instruits lui doinierent de grands éloges; mais JSeslorius ne leur repondit que par des injures. Cependant son hérésie n'(!n fit pas moins de progrès par les homélies qu'il répandoit partout : car elles pénétrèrent jusque dans les déserts habites par les saints moines , et elles jetèrent, dans les âmes, des doutes dangereux sur les mystères- Ce fut à cette occasion que saint Cyrille , patriarche d'Alexandrie , craignant que l'erreur ne prît racine, ècrivits."». lettre aux solitaires, et dans laquelle il dit, entr'autres choses : « J'ad- » mire comment on peut mettre en " question si la sainte Vierge doit » être appelée mère de Dieu : car si » ÎSotre-Seigneur Jésus-Christ est » Dieu , comment la sainte Vierge » n'est-elle pas mère de Dieu? C'est » la foi que les apôtres nous ont en- » seignee ; » quoiqu'ils n'aient pas » employé ce mot. Vous direz peut- » être : La Vierge est-elle donc mère » de la Divinité r Nous repondons, «qu'étant mère de l'homme, uni » personnellement avec le Verbe, » elle doit être appelée mère de Dieu » quoiqu'elle ne soit point mère de » la Divinité. »

Nestorius, croyant détourner l'orage qui s'elevoit contre lui, fit tenir un prétendu concile contre ses adversaires où il déposa divers ecclésiastiques comme sectateurs des impiétés des manichéens. H y ajouta l'exil et toute sorte de mauvais traitements ; car il n'y avoit rien à quoi n" le portât son orgueil , la confiance qu'il avoit dans ses richesses , l'audace que lui donnoit la puissance de ses malheureux partisans et la protection de l'enipereur • ainsi ses violences firent un terrible ellet sur les personnes foibics. Nestorius fut néanmoins fort irrité de la lettre de saint Cyrille aux solitaires; mais ce

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saint ëvPque , qui s'etoit , pour ainsi dire , consacré à la défense de la Coi calholiquc , etoit rrsoin de soutenir la vérité jusqu'à la fin : ainsi il écrivit à Tempereur Theodose et à ses sœurs, une lettre dans laquelle .

après avoir réfute les l;eresie$qui s'étoicnt élevées jusqu'alors sur l'inrarnation , il expose et prouve la foi de l'Ei^lise contre ceux dont le seniiment alloit a diviser Jesus-Cbrist en deux, c'est-a-dire contre iSestorius , quoiqu'il ne le nomme pas.

Cependant, pour arrêter !r- progrès de l'erreur , il assembla à Alexandrie un concile des évc'ques d Egypte, leur comnninîqua les lettres qu'il avo't écrites à Nestorius , et celles qu'il en avoit re<;ues , et on délibéra qu'il écriroit lui-même en leur nom au pape Celestin ; c'est le sujet de la lettre célèbre que nous avons encore , et qui fut fort approuvée dn pape. / . ÂLF.X.iNDniF., an 43o. De son cAté , le pape fit tenir un concile à Rome où il présida. r.TxoyiE.

L'abbé ïkisiie et les moines que Nestorius avoit maltraites, écrivirent aussi à l'empereur une lettre , dans laquelle ils représentent les violences que Nestorius avoit faites et faisoit tous les jours aux catholiques , appuyé de l'autorité séculière, et le conjurèrent d'assend)ler unconcilectTumenique. Jeand'Antioclie écrivit même à TSestorius , pour lui persuader d'abandonner son erreur, et , quoique ses raisons soient très- solides, iSestorius ne fut pas moins abeurîé dans son sentiment.

Saint Cyrille, ayant rec^u les lettres que le pape Celestin lui écrivit :iu nom du concile de Pvome , assembla de nouveau lesévêques de sa province , et ce concile écrivit à Nestorius une lettre qui devoit lui servir de troisicnïe monition de corriger ses erreurs : on y ajouta les (louzcî célèbres annthèmes de saint Cyrille.

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Nestorius alors, pour ôtcr de l'esprit de^ l'empereur les fâcheuses impressions qu'on auroitpu lui donner de sa foi , crut devoir aus.<;l demander à Theodose un concile oecuménique , se flattant d"v pouvoir brouiller les esprits par le crédit qu'il avoit à la cour et par l'appui des Orientaux , ou du moins faire évanouir les poursuites du pape et de saint Cyrille contre lui.

L'empereur, sollicité parles deux partis , crut qu'il etoit nécessaire de convoquer un concile général pour apaiser tous les troubles dont il croyoit saint Cyrille auteur. En conséquence , il fit écrire une lettre circidaire de convocation pour tous les métropolitains, leur déclarant qu'il avoit choisi la ville d'Ephèse pour le concile, et leur ordonnant de s'y rendre à la Pentecôte prochaine avec ceux de leurs sulïraga'its, mais en petit nombre. Ce prince fit écrire jusqu'en Afrique pour ce concile , afin que cette province si considérable par son étendue et par le nombre des evêques, et devenue si illustre par la pureté de sa discipline et par les lumières et le zèle de saint Augustin, prit part à l'intérêt commun de toute l'Eglise.

!l adressa sa lettre à ce saint docteur, et il leprioil instamment de se trouver au concile ; mais lorsque la lettre arriva à Carthage , le saint evêque etoit parvenu à la fin de ses travaux , et il s'etoit aile reposer en Dieu dés le 28 aoijt.

Le pape Celestin , ne jugeant pas à propos de venir auconciley envoya trois légats. Arcade et Projectus , evêques , et Philippe , prêtre ; ils sont qualifies légats et députés de l'Eglise romaine, et envoyés par Celestin , tenant la place du siège apostolique et celle des evêques d'Occident.

Nestorius arriva des premiers au concile infli(;ué au 7 juui 4^3i, avec une suite nombreuse, et accompagné du comte Iréuée, son ami et •^cu

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protecteur : celui-ci l'avoit voulu suivre sans aucun ordre de Tenipereur. Saint Cyrille arriva auîii , ainsi que Juvenal de Jérusalem , il avoit amené les evêques d'Egypte au nombre de cinquante.

Memnon d'Eplièse avoit assemble plus de quarante evêques de sa juridiction. Le nombre des evêques montoit à deux cents ou un peu plu.*, tous célèbres par leur science, et eniinents i)3r leurs vertus. Candidien , comte des domestiques, qui commandoit les troupes dans Ephese, fut envoyé au concile par l'ordre de Theodose pour y maintenir la tranquillité, et afin que chacun eût la liberté de proposer ce qu'il jugeroit à propos ; néanmoins il parut toujours favoriser les intérêts de Nestorius.

Le jour auquel le concile devoit s'ouvrir arriva ; mais Jean d'Antioche et les autres evOques syriens ou d'Orient n'etoient pas encore venus , et il etolt arrivé des évêques de plus loin : on les attendit encore quinze jours, quoiqu'on >ît bien à quel dessein ils dilleroient de se rendre :

on rem it ainsi l'ouverture du concile au 22 juin.

Pendant ce temps-là, saint Cyrille examina la question de l'Incarnation et fit des extraits des livres de ISestorius , et Memnon d'Ephèse adoptoit en tout les sentiments du saint evêque d'Alexandrie. Les partisans de INestorius, de leur côte , se plaignoientdes diverses violences qu'on leur avoit faites, par le moyen des clercs et des matelots égyptiens. Il est vrai de dire que tout le peuple d'Ephese étoit alléctionne pour le concile, et fort oppose à INestorius ; et que l'aversion qu'on avoit pour son hérésie et pour son orgueil , rendoit le parti de saint Cyrille le plus fort et le plus nombreux.

Cependant, rsestorius découvroil de plus en plus son hérésie , car plucieurs evêques s'entrctenant avec lui , et lui prouvant par les Ecritures

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que Jcsus-Christ étoit Dieu et qu'il etoitné de la sainte Vierge selon la chair, il profera ces paroles impies :

Je nesaurois dire qu'un enfant de deux ou trois mois soit Dieu : il dit même qTi'il ne jfouvoit se résoudre à adorer un enfant nourri de lait, ni a donner le nom de Dieu à celui qui s'etoit enfui en Egypte. Ce qui excita l'indignation des evêques.

Le retardement de Jean d'Antioche et des evêques d'Orient quil'accompagnoicnt, inquieloit dc)a les esprits. Les evêques crurentqu'il ne vouloit pas se trouver au concile , parce qu'il craignoit devoir déposer Nestorius dont il etoit ami , et qui avoit ete tiré de son Eglise. On peut croire en eflét que Jean d'Antioche vouloit ruiner cette aflaire par ses longueurs, et qu'il diiîeroitde venir pour lasser la patience des evêques, se disposant, quand il seroit arrivé, à chercher de nouveaux moyens pour empêcher qu'on ne ]ugeât ÎSestorius. D'un autre côte . il paroît que, quand Jean d'Antioche fut arrivé, il soutint qu'il n'avoit pu venir plutôt qu'il n'avoit fait, (ju il protesta à l'empereur qu'il avoitfait le chemin d'Antioche a Ephese en quarante journées , sans avoir pris aucun temps pour se reposer-, cependant, on regarda ses excuses comme de vains prétextes. D'ailleurs qu^'lques troubles quepûtoccasioner son retardement , a considérer la disposition où etoient les choses , dit M. de Tillemont, il y en eût encore eu de plus grands s'il fût arrive avant la condamnation de INestorius, car il eût fait un terrible bruitsurles anathématismes que saint Cyrille n'eut garde de desavouer; et ÎSestorins subsistant encore dans son autorité, son parti eût ete considérable. Je ne sais, poursuit-il, si on ne peut point dire , que saint Cyrille prévoyant ce mal , et la brouillerie qui fût encore arrivée sur le droit de présider au concile , aima mieux se hâter et essuycrtout cequien nourroitarrivf r.

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mie (le s'exposer à un hasard si fa~ «lieux pour lui et pour l'Eglise. On doit ajouter à cela , que divers évoques etoient tombes malades , et que tous disoient qu'il ne falloit pas attendre Jean, qu'assurément il ne vouioit pas se trouver au concile.

Toutes ces raisons firent juger à saint Cyrille et aux autres evcques, qu'on avoîl assez attendu les Orientaux , et qu'il falloit commencer le concile ; ce qui fut exécuté le 22 juin , maigre lesopposilions de jSestorius, qui etoit soutenu du comte Candidien ; maigre la protestation qu'il fit faire au concile lorsqu'il fut cilé la veille pour venir s'y justifier, et celle de soixante-huit évoques qui demandoient qu'on attendit Jean d'Antioche.

Le concile s'assembla dans la grande église d'Ephèse , du nom de la sainte mère de Dieu. Tout s'y passa selon les règles. Saint Cyrille y présida , comme occupant le second siège de l'Eglise, et comme tenant la place du pape ; le concile même l'appelle le chef de tous les évoques assemblés à Eplièse. A près lui etoient Jnvenal de Jérusalem, Flavien de Philippes, Firme de Cesaree, Memnon d'Ephèse , Acace de Melytene , Théodote d'Ancyre , et les autres , selon leur rang et leur dignité, au nombre de cent quatre-vingt-dixhuit , la plupart de la Grèce , de 1 Asie mincxire, de la Palestine , et de l'Egypte , selon les souscriptions que nous en avons. Les livres des saints Evangiles etoient places au milieu de l'assemblée. Socr. l. 7. c.

29. p. 370. f. d. l. 7. e. 3i. p. 872. c. J inc. Ler. Commonit. c. 16. p. 33().

Pelai-. Do^m.toin. W. l.l.C]. § 4--/^- 36. et c. g. p. 43. Conc T. Il], p.

II24-. o- ^'- f' i2./>.377. T.JII.Conc.

p- 588. Crr. Ep. p. q36. Conc. Ep.

p. 7-48. Tiii. Conc. T. m. p. 547.^

Première séance. Dès que les évoques furent assemblés, Candidien vint les prier d'attendre, pour tenir îe concile, queles Orientaux fussent

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arrivés ; mais ils ne crurent pas devoir déférer à ses instances. D'abord on lut la lettre par laquelle l'empereur avoit convoque le concile.

On rapporta la ^epon^e qn'avoit faite îsestorius à la citation du concile; savoir, qu'il ^ieIldroit s'il le jugeoit nécessaire. Cependant, pour se conformer aux chinons, et avant de faire le rapport des pièces qui concernoient cette aflaire , on députa trois éveques à ISesforius pour seconde monition de venir au concile , et justifier sa doctrine; mais les évoques députés trouvèrent sa maison environnée de soldats armés de massues , et ne purent jamais obtenir de lui parler : ISestorius leur avoit fait dire que, quand tous les évoques seroient assemblés, il se rendroit alors au concile. On lui fit une troisième citation , et les éveques , après avoir attendu fort longtemps , furent traites avec beaucoup de mépris par les soldats, qui leur déclarèrent qu'ils etoient là par l'ordre de ISestorius, pour ne laisser entrer personne de la part du concile. Sur cela, les Pères, ne songeant plus qu'à défendre la foi et à suivre les canons, firent lire : i.° Le symbole de ÎSicée comme la règle de la foi. 2. "La seconde lettre de saintCyrille à ISestorius, à laqtielle tous le.s Pères donnèrent de grands éloges.

3." La réponse que ISestorius avoit faite à cette lettre, et le concile trouva qu'elle ne .s'accordoil point avec la foi de Nicée. 4-° On hit vingt articles tirés du livre de ISestorius , contenantun recueilde ses sermons, et les Pères y trouvèrent des blasphèmes horibles (te sont leurs expressions ) et ils s'écrièrent tous :

Nous anatliématisons rhérétique Nestorius, et quiconque ne l'anathématise pas, qu'il soit anathènie.

5.° La dernière lettre de saint Cyrille à ISestorius , terminée par les douze anathémalismes , sur lesquels il n'est point marque , dit M. de 1 iliomoat , que l'on ait dit b niC-lndre

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cîiusc, li." 0» livoduif/il divers pas- .sa/^cs «1rs l'cres pour faire voir quelle avoit elé leur tloetriue sur rincarnation. Après quoi tous les Perrs s'ecrierent : Ces paroles sont les nôtres : voilà ce que nous disons tous. 7.° On recrut les dépositions des évêques qui avoienl entendu de la propre Louche de INestorius sa doctrine impie.

Ensuite on pronon(;a la senlence contre Nestorius. ISolre Seij^neur Jésus-Christ, que ÎSeslorius a blasphémé, a déclaré, par ce saint concile , qu'il est prive de toute dii;nile épiscopale et retranché de toute assemblée ecclésiastique. Cette sentence fut sit'iieedecent quatre-vingt dix-huit eveques, selon M. de Tillemont, et par plus de deux cents, selon M. de Fleury. Elle fut aussitôt sisniliee à INcstorius , et afficbée dans les places publiques; ce qui causa une t;rande joie dans la ville d'Eplicse. On en informa par lettres le clergé de Conslantinople , en lui recommandant de conserver tous les biens de l'Eglise pour en rendre compte au futur évoque.

Cependant , JNcstorius ayant appris celte nouvelle, protesta contre tout ce qui avoit ete fait au concile , et Candidien, de concert avec lui, envo} a à l'empereur une relation de ce qui s etoit passe , fort desavantageuse au concile , disant que saint Cyrille , Memnon et les autres n'avoient pas voulu attendre les Orientaux ; qu'on avoit aij,i dans ce concile d'une manière tumultueuse et avec des marques visibles de haine et de passion. Nestorius lui en envoya une jïareille.

Les Pères du concile, pour détruire les niauvaises impressions, qu'on auroit pu donner à l'empereur de leiir conduite, jugeront à propos d'envoyer à l'empereiir les actes du concile; mais les partisans de Nestorius à Constantinople le servirent si efficacement , qu'ils empêchèrent que tout ce qui venoit de j

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la pari du concile n'arrivai )us(]u'à l'empereur; et d'un autre côte, Candidien employa la violence contre les evcques , mit des gardes partout , pour empêcher qu'on ne leur portât les choses dont ils avoient besoin, ni <]u ils envoya.ssent personne:» la cour , et les tint enfermés à Kpbèse comme dans une y>rison.

Au milieu de ces divers mouvements, Jeand'Anlioche arriva enfin a Eph( se le 2(» )uin,siiivi de vingtsept evêqucs et escorte de soldats.

Pique de ce que le concile n'avoit point attendu son arrivée , il donna les marques les plus violentes et les plus irregulieres de son ressentiment, il connnença par se rendre inaccessible aux députes que le concile lui envoya jiour lui faire part de ce qui s'etoil passé louchant ISeslorius. 11 fit rejiousser ces eveques de l'entrée de sa maison par des soldats, dont ils eurent a essuyer les insultes avec une patience incroyable, et jusqu'à courir risque de leur vie. Mais f>endant qu'il les faisoit ainsi attendre, il tint un pi étendu concile avec INestorius et ses Orientaux. C'està-dire, (comme remarque iM. de Tiileniont ,) que (juarante evOqius entreprirentd'en juger deuxcents ; le tout sans accusateur, sans citation, sans examen, sans aucune fornialiie. Ils y déposèrent saint Cyrille et. ftJeiîinonconimeauleursdu iKjublc et ils séparèrent de la communion ions les autres evêques, c'est-à-dire qu'ils iireiendoient que « es eveqties ne pouYoient ]4tis coinniuniquer avec eux dans la célébration des my.stères.

Cependant , Jean d'Antioche , ayauL terminé son conciliabule , j.ermit à la fin qu'on fit entrer les députes du concile d'Epbèse, mais a peine ceux-f i lui eurent-ils exposé le sujet de leur commission , qu'ils se virent accables d'injures et de coups de la part des evêqucs et ni?

comte Iréuio qui entoiir(>iei\t Jean d'Antioche. Après avoir été ainsi

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rnaitraites, ils allèrent porter leurs plaintes au concile , des mauvais îraitements qu'ils avoient essuyés.

Les Pères, surpris d'une conduite si étrange , sépareront Jean d' Antioche de leur communion jusqu'à ce qu'il fût venu se justifier , et regardèrent avec mépris la sentence ir.forme de son conciliabule. Mais ÎSestoriuset les Orientaux, n'écoutant que leur ressentiment , écrivirent plusieurs lettres à la cour pour justifier leur conduite , et l'empereur , prévenu par Candidien , écrivit une lettre aux Pères du concile, par laquelle il desapprouvoit la déposition de ISestorius, et declaroit que, jusqu'à ce que le point de doctrine fut décidé , il ne souffriroit point qu'aucun evêque sortît dEphese- Les Pères firent une réponse à la lettre de l'empereur, dans laquelle ils justifioient leur conduite , et se plaifjnoieut des faux rapports de Candidien.

Les Orientaux , fiers de la lettre de l'empereur , tentèrent d'ordonner un nouvel eveque à Ephese ; mais dès qu'on sut leur dessein , on se hâta de fermer la porte de l'Eglise , et ils furent obli;;és de se retirer avec confusion. Cependant , quoique les partisans de TSestorius fissent leurs efforts pour empêcher que l'empereur ne fût instruit de la vérité, un mendiant fori^a toutes les barrières et porta à Constantinople, dans une canne creuse qui lui servoit de bâton , une lettre écrite d'Ephèse , et adressée aux éveques et aux moines qui étoient à Constantinople. Dès qu'elle fut répandue, tousles moines quittèrent leurs monastères , et allèrent comme en procession trouver l'empereur.

L'abbé saint Dalmace , qui depuis quarante-huit ans n'etoit pas sorti de son monastère, ttoit à la tele.

La lettre fut présentée à l'empereur : sur quoi ce saint abbé lui rapporta tout ce qui s'etoit pa.ssé à Ephèse , et lui représenta comment on avoit surpris sa religion. Theo-

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dose témoigna approuver tout ce qu'avoit fait le concile , et remercia Dieu de lui avoit fait connoître la vérité. En conséquence, le concile envoya quelques evêques à l'empereur, et les Orientaux, de leurcoté, engagèrent le comte Irenée à aller trouver l'empereur , et le chargèrent de plusieurs lettres.

Cependant , saint Dalmace et les ecclésiastiques de Constantinople écrivirent une lettre aux Pères du concile , qui fut pour eux une sorte de consolation dans la persécution qu'Us essuyoicnt. Dans cette lettre, le clergé de cette ville temoignoit aux Pères du concile la joie qu'ils avoient de la déposition de TSestorius, et ils les prioient de travailler au rétablissement de leur église.

Mais les aflàiies du concile furent encore quelques temps traversées par l'arrivée du comte Irénee à Constantinople. Comme il etoil entièrement livré au parti de Jean d'Antioche et de ISestorius, l'exposé qu'il fit à l'empereur , remit ce prince dans ses premières préventions contre le concile , ou plutnl le laissa indécis en faveur de qui il se declareroit. Ainsi, sansdistinguer les deux partis, il confirma la déposition de Nestorius, faite par les Pères du concile, et celle de saint Cyrille et de Memnon , faite par les Orientaux, et cassa tout ce qui avoit été fait par les deux partis : il envoya a Ephese le comte Jean pour régler les choses comme il JTigeroit à propos Sur ces entrefaites, les légats du saint Siège arrivèrent à Ephese. 7.

lîl. C. p. 491. là. p. 753. /•'/. Tili Tom. IJI. C. p. 709. 753.

IF et 1I1« Si'iwccs. 10 juillet. Dès leur arrivée, les Pères s'assemblèrent , et les légats prirent séance avec eux et les trois députés d'Occident : on lut la lettredu pape saint Celestin au concile. Elle portoit , qu'il envoyoit ses légats pour faire exécuter ce qu'il avoit ordonné l'année précédente dans le concile «le

,36 EPil

Knme ; à quoi les Pères donriérenl (le ;;ran(ls applaudissements. Celte lettre porloil créance pour les trois «Icputes d'Occident; ils rendirent compte aux lëj^ats de ce qui s'etolt passé, et ils trouvèrent (jue tout avolt été fait selon l'ordre des canons ; et les légats déclarèrent qu'ils condamnoient Nestorius , et le deposoient au nom du pape , dont l'autorité emportùit celle de tout l'Occident, puisque, dirent-ils, les evêques d'Orient et d'Occident ont assisté au concile wr eux, ou par leurs députés.

1V« ^Vancf. iG juillet. Le concile reçut la requête de .saint Cyrille et de Memnon, par laquelle ilsdemandoient justice de la sentence rendue contre eux par Jean d'Antioclie et les Orientaux , il les lit citer : mais les évcques qu'on y envoya furent insultés et repousses par des soldats , et ne purent parvenir jusqu'à lui. A la seconde citation , Jean leur fit dire qu'il n'avoit point de réponse à faire à des gens déposes et excommuniés.

\' Sf'ance. 17 juillet. On délibéra de faire une troisième citation à Jean d'Antioche ; et les députes rapportèrent, que l'archidiacre de INestorius etoit venu à eux , et avoit voulu leur donner un papier, mais qu'ils n'avoient pas jui;e à propos de le recevoir. Sur quoi il leur dit; vous n'avez pas reçu mon papier, je n'écoute point ce que dit le concile : iiousattendons une décision de l'empereur. Sur le rapport de ces députés , le concile prononça , contre Jean d'Antioche et ses complices, au nombre de trente-trois, parmi lesquels on comprit Theodoret , une sentence qui les relranchoit de la communion ecclésiastique : ajoutant , que s'ils ne reconnoissoient leur faute, ils s'atlireroient la dernière condamnation.

On doit rapporter h cette séance du 17 juillet, les canons contre les Orientaux et Nestoiius : ce sont

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ceux qui noi:s restent du concile d'Ephese, du moinsselon lîaronius.

Au reste , ils ne contiennent rien qui regarde la discipline publiquede 1 Eglise.

Le concile informa l'empereur de ce qui venoit de se passer : il se plaignit beaucoup de ce que trente evêques avoient osé se soulever contre i)lus de deux cents, et avoient prétendu former un second concile.

i>e concile manda aussi au pape ce qu'il avoit fait contre les pelagiens ; car ilsetoient venus à Constanliiiople en 429 -, Pt y avoient été appuyés par le crédit de INestorius ; mais Tliéodose les fit chas.^er de la ville. Le concile confirma ce qui s'étoit passé lors de leur condamnation sous le pape Zozyme en 4 18. //. 77//. Baron. 4-3 1. § g2.

\l' St'arur. 22 juillet. Saint Cyrille y présida comme vicaire du pajte.

Le concile condamna un symbole de Théodore de Mopsueste , sans nommer cet évêque , et défendit à toute personne de composer ni de faire signer à ceux qui rentreroient dans l'Eglise aucune autre profession de foi que celle de INicée , sous peine de déposition pour les ecclésiastiques, et d'anathème jiour les laïques.

Sur quoi M. de Tlllemont remarque , qu'Eutyches dans le brigandaj^e d'Ephèse , et les evêques d'Egypte , dans celui de Calci'doine , abusèrent de cette ordonnance, que l'onnedoit pas prendreàla rigueur ; et (ju'ils s'en servirent pour se couvrir sous la généralité des tenues du concile de INicée, et pour rejeter ce qui avoit été a)Oulé parle concile de Constantinople ; qu'on objecta cette même ordonnance à saint Cyrille même, sur ce qu'il avnit reçu d'autres professions de foi de quelques evêques soupçonnés de nesiorianisme; mais il répondit quo ce décret du concile d'Ephese, quelque saintqu'ilfùt, u'empêchoitpoint(jue i ijuaud des personnes étoient soui"-

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çonnees de ne pas bien entendre le symbole de ISicee, elles ne dussent déclarer leurs sentiments par des paroles plus expresses : d'où il est aise de conclure , poursuit le même auteur , que quand l'Ej^lise a à combattre des hérésies, que le symbole de INicee ne condamne pas formellement, elle a droit d'y ajouter ce (ju'elle juge être nécessaire pour l'éclaircissement de la vérité ; et c'est ce que le concile de Constantinople avoit deja fait, et ce que d autres ont encore fait depuis.

VI 1<^ et dernière 5(«nff. 3l juillet.

!\ei;inus,eveque de Constantiadans file de Chypre, présenta mie re- <]uêle au concile , en son nom et au nom de deux autres evêques , pour se plaindre que le clerf^e d'Antioche cntreprenoil contre la liberté dont ilsetoient en possession, et qu'il prétendoit s'attribuer le droit des ordinations contre les canons et la coutume établie. Le concile, par sa sentence , conserva les evêques de Chypre dans la libre possession de ■aire par eux-mêmes les ordinations des evêques , suivant les canons et la coutume, si l'evêque d'Antioche n'est point fonde en coutume ; mais comme ce dernier n'etoil point présent au concile , il ne put défendre sou droit , qui etolt néanmoins fonde, ditM.de Fleury; car cette possession n'avoit ete interrompue qu'à l'occasion des ariens, comme il paroît par une lettre du pape saint ' niiocent , à Alexandre d'Alexandrie , vingt ans auparavant.

Peu après cette séance, Theodose envoya le comte JeanaKphèse, et d "S que celui-ci fut arrive, il lut ..ux Pères du concile la lettre de ) empereur , qui ordonnoit la déposition de saint Cyrille , de Memnon « t de Nestorius; et comme les évêjjiies prolestèrent qu'ils ne conseniioieut point à celle des deux premiers, il les fit arrêter tous trois, it il donna en garde Nestorius au iomie Candidicn son ami ; saint

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Cyrille et ?>Iemnon furent gardes fort étroitement. Bien plus , il tinf les evêques enfermes à Ephese comme dans une prison, et leur fit .souffrir beaucoup d'incommodités, leur ôtant tout commerce avec qui que ce fût. Cependant l'empereur se flattant de pouvoir reunir les evêques , voulut obliijer les orthodoxes a communiquer avec les Orientaux; mais ils protestèrent encore qu'ils ne consentiroient jamais à cette reunion, si les Orientaux, ne cessoicnt ce qu'ils avoient fait contre saint Cyrille et Memnon , et s'ils n'anathematisoient par écrit Nestorius et ses dogmes.

Enfin les Orientaux, étant un peu revenus à eux-mêmes, crurent devoir se prêter à la paix de l'Eglise, et après avoir eu beaucoup de peine à s'accorder, ils doiuierent une profession de foi sur l'incarnation et sur la sainte Vierge. On la trouva fort catholique , et on s'en servit dans la suite pour pacifier les esj)rits. D'un autre cote, les Pères du concile écrivirent a l'empereuren faveur de saint Cyrille etde Memnon, et l'instruisirent de la vérité des choses : ils lui représentèrent avec quelle injustice on opprimoit une assemblée telle que le concile; et pour détruire les impressions que pouvoit avoir faites dans l'esprit de Theodose la relation infidèle du comte Jean, ils écrivirent une lettre semblable aux oriliodoxes de Constantiiiople- Ceux-ci ne balancèrent point a se déclarer hautement pour tant d'évêqucs ainsi persécutes, et ils adressèrentà l'empereur, au nonri de iout le clergé, une requête pleine de force et de générosité.

Ils y disent que. comme la religi.TU chrétienne oblige les sujets à obéir à leurs princes, elle veut aussi que. lorsqu'on ne peutleurobeirsans blesser son âme , on leur parle avec la liberté et le courage d'un enfanc de Dieu. Ils lui représentent , qu'en condamnant saint Cyrille et Mcm-

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non , sous un faux prcftextc de paix , oïl met la division dans toute l'Kglise , et qu'en déposant ISebtorius d'une part, et tous les cvêijues caiholiiiues de l'autre , en la persoiuie de saint Cyrille, on laisse les ariens vi lescunoniiciis maîtres de tout : ils protestent qu'ils sont résolus <!e s'exposer à toutes sortes de maux , jusqu'au marty re, avec ceux qui ont la même foi qu'eux.

L'empereur, touche de la requête <lu cierge de Constantiuoplc, permit :'.ux Pères du concile de lui envoyer huit députes, avec les instructions convenables. Les Orientaux en envoyèrent autant de leur côté. Les uns et les autres se rendirent, par l'ordre de l'empereur, a Calcédoine, qui etoit vis-à-vis de Constantinople, mais de l'autre côté du Bosphore : ce fut là que les affaires du concile d'Kphese se terminèrent enfin à l'avantage de l'Eglise. L'empereur s'y étant rendu , donna audience pendant cinq jours difïérents aux deux partis, et demanda que chacun fît une exposition de sa créance. On ignore le détail de ce qui se passa dans ces audiences. On tait seulement que les Orientaux se plaignirent beaucoup des anathématismes de saintCYrille,etquc les catholiques ne voulurent jamais entrer en conférence avec eux.

On a droit de supposer que l'empereur,étant mieux instruit, rendit iustice à la vérité, puisqu'étant de retour à Constantinople , il ordonna,

f»ar une lettre aux députés cathoiques de venir dans celte ville pour y ordonner un nouvel evêque à la place de Ncitorius , à qui il avoit fait déjà ordonner de sortir d'Ephèse et de se renfermer dans son monastère près d'Antioche : ce qui jeta les Orientaux dans la consternation.

Enfin il ordonna , par une lettre , que tous les évêques, même saint Cyrille et Memnon , s'en retourncroient chacun dans leurs églises.

On voit, par cette lettre, qui est

EPîî

comme laconclusion duconcile, que quoique ce prince fût encore dans quelque doute, et qu'il ne voulût point]uger ni pour hs uns ni pour les autres, il preferoit néanmoins ceux du concile, comme ayant plus de leur cote les marques do la communion catholique. Ainsi finit le célèbre concile d'Epliese, que fiiglise a toujours reçu comme un concile œcuménique , nonobstant l'opposition que les Oriontaux y firent pendant quelque temps. FI Innoc. Ep. i8. n. 2. Toni. III. Conc.

p. 777 c/,780. Tili. id. p. 74.0.

EPÎIÈSE (Conciliabule ou brigandage d' ) Lalrocinium Ephesiniim , l'an 449. L'hérésiarque Eutychès, couvoit depuis long-temp.<; dans son cœur le dessein de se venger de saint Flavien, par qui il avoit ete déposé dans le concile de Constantinople de l'année précédente : il avoit déjà mis en usage les mensonges et les cabales pour surprendre Théodose et obtenir de lui un concile , dans la vue de perdre saint Flavien , s'il eût pu, et de triompher de ses adversaires. 1!

etoit singulièrement protégé par l'eunuque Chrysaphius , officier de l'empereur. Cet homme , dont le nom est célèbre dans les mciuiments de l'Eglise , par les maux qu'il lui a faits , se voyant l'arbitre de la souveraine puissance par l'ascendant qu'il avoit pris sur son maître, dont il gouvcrnoit l'esprit, s'etoit persuade que rien ne lui pou voit résister, et qu'il viendroità bout de faire cesser dans un concile la sentence de déposition prononcée contre Eutychès.

il commença donc par engager Dioscore, eveque d'Alexandrie, à prendre la défense d'Eutyches et à attaquer saint Flavien , à quoi Dioscore n'ctoit que trop porté ; car il l'àvoit pris en aversion , à cause que saint Flavien protégeoit les parents de saint Cyrille , que Dioscore persécutoit. Ensuite se joignant à Eutychès pour solliciter Théodose. et.

EPlî Teii^aser à convoquer un ccncile iccumrnique, il oblint ce qu'il Jtsiroit. En conséquence, l'empereur fit écrire à Dioscore de se rendre à Mphese au premier août, avec dix métropolitains et autant d'evcqncs d'Ef^ypte , avec défense qu'il ne s'y trouvât pas d'autres evcques : il avoit marqué , par sa lettre, que îc iujet du concile eloit pour terminer une question de foi émue entre l'eveque Flavicn et Eutychcs , et clia^ser de l'Eglise ceux qui favorisoient Terreur de ISeslorius. H écrivit dans les mêmes termes aux autres évê(iues , fixant toujours le lueme nombre de métropolitains «t d'evèques , et il fit voir par celte lettre combien il etoit prévenu contre les Orientaux , et particulièrement contre 'i liéodorct qui , par son esprit et par sa science , s'etoit rendu redoutable aux ennemis de la vraie foi : car il lui fit défendre de sortir de son diocèse .

Il ordonna a l'abbé Barsumas, fauteur d'Kutycbès, qui etoit venu a la cour ])our cabaler contre les évoques d'Orient, de se rendre au concile, et d'y décider toutes choses avec les évequcs. 11 esivoya pour ses officiers, Elpide et Eulof^e , avec pouvoir de prendre toutes les troupes nécessaires pour faire exécuter ce qu'ils iu;;croient à propos. Ils avoient ordre d'empêcher qu'il ne se fit aucun trouble, de faire décider l'airaire de h foi avant toute accusation personnelle, et que les eveques,qui avoient etejuges d'Kuiycbes fussent présents au concile, mais non conmie juges. Enfin, comme pour laisser un libre cours aux violences que devoit exercer Bioscore, qu'il traitoit de saint et Je très-orthodoxe, et rendre l'oppression des évêques plusconipltie, il lui donna la primauté dan-; touies ics affaires qui legardoieist le con- •c'de.

Eutychcs , poTir facîiitei; son ah.-jo- -lilion , obtint de l'enipereur de faire

tenir :;nc niseniblee avr.nt l'ouvcrtiire du cor.ciie, dans laquelle it pretendoil faire voir qu'on cvoit falsifie les actes de sa condamnation, et qu'on avoit ôté de ses réponses des expressions qui faisoient voir ia pureté de sa foi ; mais les .^ctes furent reconnus pour sincères, et on ne put y trouver aucune fausseté.

Cependant le pape sairt Léon , en conséquence de la leltre de l'empereur, envoya ses le;^at.s au concile, savoir , Jules , éveque de Pouzzole, et le diacre Hilaire ; le troisième mourut en chemin. Ce fut dans ce même temps qu'il écrivit à saint Flavien sa célèbre lettre sur l'Incarnation, où toute la question sur cette matière est traitée a\'ec beaucoup de solidité : il y ruina les deux erreurs opposées de I^estorius et d'Eutychès , et il fit en sorte que cette lettre fut tirée de la doctrine de l'évangile et des apôtres.

On voit dans cette lettre ce que l'Eglise croit et enseigne sur ce mystère. Saint Léon y prouve , par les divines J'Lcrilures, que Jesus- Christ n'a pas seulement la forme d'un homme , mais un corps véritable, tire de sa mère , et que l'opération du Saint-Esprit n'a pas empêché (jue la chair du Fils ne fût de même nature que celle de la mère ; et qu'ainsi l'une et l'autre nature demeurant en son entier , a ete unie avec une même personne, afm que le même médiateur pûi mourir, demeurant d'ailleurs immortel el iînpassible, et le Verbe et la chair gardant les opérations qui hur sont propres. Il prouve également par l'Ecriture la vérité des <!ei!X natures : Eutychcs , ajoutc-t-iL niant que notre nature est dans le Fils de îiieu , doit craindre ce qiic dit .saint vïean : Totit esprit qui confesse que Jésus-Christ est veini d.Ti.'S ia chair, est de Dieu ; et tout esprit qui divise Jesus-Cîirist iTesi.

pas de S/ieu , et c'est l'antecluisu Car qu'est-ce que diviser JésusH

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Christ ? si ce n'est en séparer la nature humaine.

Le concile s'ouvrit au jour indique : il s'y trouva environ cent trente évcques, dont le plus fameux ctoit Dioscore d'Alexandrie. Les historiens , qui nous ont tracé son caractère, remarquent que cet evcque n'étoit nullementcapable d'instruire, mais que c'etoit un homme superbe, impérieux et cruel à l'égard de tout le monde , et surtout envers les parents et les amis de son prédécesseur. On voit , par les requêtes présentées au concile de Calcédoine , de quelles violences il etoil accusé, combien sa vie particulière étoit déréglée, et que depuis longtemps il avoit fait voir que , sous l'apparence d'un évêque etd'un pasteur, il avoit la méchanceté et la cruauté des loups.

Après lui, on compte Domnus d'Antiocbe , Juvénal de Jérusalem, Thalassius de Césaree en Cappadoce, Eustathe de lieryte, Basile d'Ancyre et Basile de Seleucie. Saint Flavien de Constantinople s'étoit aussi rendu à Ephèse avec plusieurs de ses ecclésiastiques. Le moine Eutychès et Barsumas ne manquèrent pas de s y rendre , chacun accompagné de ses moines.

Le concile se tint le 8 aoûL Dioscore y prit la première place , assis sur un troue elévé, en vertu du pouvoir de l'empereur, et saint Fia vien, qui etoitdejà regardécommeparlie, et non comme juge, ne fut place qu'au cinquième raug.Lnepartiede ceux qui avoient ;;ssisté au concile de Constantinople etolent au nombre de quarante-deux, mais réduits à demeurer dans le silence, parce que l'empereur avoit ordonné qu'ils n'auroientpoint de voixdans leconcile , non plus que saint Flavien ; ce qui etoit une violence ouverte et contraire aux canons, ajoute M. de Tillemont.

Dès qu'on futa.ssis, Dioscore fit lire les lettres de l'empereur pour

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la convocation du concile. Ensuite leslégats du pape saint Léon présentèrent la lettre qu'il écrivoit au concile, mais on ne la lut pas. Après quoi, l'évoque Thalassius proposa qu'on examinât la foi ; à quoi Dioscore repondit , que la foi des Pères ne devoit pas être mise en question; qu'il a'agissoit de voir si on l'avoit suivie dans le jugement rendu contre Eutyches. Elpide donna ordre qu'on le fît entrer. Eutyches étant entré, présenta sa requête, dans laquelle il se plaignoit d'être persécuté pour ne vouloir point avoir d'autres sentimeiits que ceux du symbole de iSicee, qu'il y avoit inséré tout entier, protestant qu'il ne pouvoit en ôter ni ajouter quoique ce fût : il y rapporloit, à sa manière , le jugement, rendu contre lui, et l'appel qu'il en avoit interjeté , et il demandoit , scr Ion la rigueur des canons, la punition de ceux quil'avoient persécuté.

Alors saint Flavien prit la parole, et représenta qu'il falloit faire entrer Eusèbe de Dorylee, qui etoit l'accusateur d'Eutyches- Mais Elpide, d'un ton d'autorité, dit que la fonction de l'accusateur etoit finie, et que c'etoit aujuge maintenant à répondre de son jugement. Dioscore ajouta à cela, que l'empereur avoit d»;fendu qu'Eusebc entrât au concile-

On voit, dans le concile de Calcédoine qui se tint deux ans après qu'Eusebe accusa Dioscore de la voir empêché de se trouver au con cile, et de n'avoir point voulu permettre à saint Flavien de defendr la justice de sa cause.

Les légats ayant insisté qu'on lût la lettre du pape au concile , et celle qu'il avoit écrite à saint Flavien sur l'Incarnation , Eutyches déclara qu'ils lui etoient suspects. Dioscore promit de la faire lire , mais elle ne fut jamais lue, et on en sent bien la raison : il y auroit trouve la condamnation des erreurs d'Eutyciiès.

Il se contenta donc de faire lire les

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3cles (lu concile de Constantinoplc, »^t on ne trouva rien à condamner dans ce que saint Flavicn avoit dit pour l'exposition de la foi : mais quand on lut , que Basile de Scleucie avoit dit qu'il faut adorer Jesus- Clirist en deux natures, aus.sitùt les c'vequ es d'Egypte et les moines qui suivoient lîarsumas s'ecrierent : Déchirez en deux celui qui dit deux natures; c'est un second Nestorius. On s'éleva de même contre Séleucus d'Amasie, qui s'etoit servi de la même expression à Constantinople, et contre Julien (le Cos, qui avoit ditqu'ilconfessoil deux natures. Et quand on lut à l'endroit où Eusèbe pressoit Eutychesde confesserdcuxnatures, on entendit un grand nomVjre de voix s'ccrier, qu'il falloit brider Eusebe tout vif , puisqu'il decliiroit Jesus- Clirist,ct tous s'ecrierent : Quiconque admet deux natures en Jésus- Christ qu'il soit analhemc. Cependant, au concile de Calcédoine , les Orientaux protestèrent qu'ils n'avoirnt point eu de part à ces cris.

Dioscore et les au très après lui dedarèrent qu'ils ne crojoient qu'une nalnre avec Eutyches. Après cela , ilnsile de Seleucie, par crainte de 1 )io.score, se retracta de ce qu'il avoit dit de deux natures dans le concile de Constantinople. Seleucus d'Aniasie eut la même fuiblesse. Alors Eutycliès voulut inférer de ces rclra< tations, que les actes du concile «!e Constantinople avoient été falsifies; mais saintElavien prouva qu'on ne pouvoit les accuser de faux , et il témoigna en même temps que l'iniustice avec laqu'îlle on le traitoit, l'empêchoit d'en dire davantage, et qu'il mettoit sa confiance en Dieu sur tout ce qni pouvoit arriver.

Après cela , Dioscore demanda les avis des evêques sur la croyance d' Eutyches. Juvènal de Jèrusalcni , opinant le premier, dit qu'il ctoit Iiarfailementorlhodoxe; etcomme la rr.iinle avoit soumis tout le monde à Diuicore , les autres évêques n'o>è-

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rent point contredire cejugementjCt s'ecrierent qu'i' étoit juste.

Donnius d'Antioche consentit qu'Eutychès fût rétabli dans la dignité de prêtre et dans la charge d'abbé , et aucun évêque ne fit difficulté de dire la même chose.

Quelques-uns mêmesoulinrent qu'il avoit été condamné contre les luis, et ouvrirent par-là à ])ioscore le chemin à la condamnation de saint Flavien. Les moines d'Eutychès y contribuèrent plus que tous les autres, en présentantau concile une requête contre leur propre èvê<iiie, sur ce qu'il avoit dépose leur abbé.

Ensuite Dioscore proposa de lire ce qui avoit été fait sur la foi dans le concile d'Ephese : il avoit ses vues en faisant cette proposition. On lut la sixième séance de ce concile, et la défense qu'il avoit faite, sur peine de déposition et danalheme , d'employer aucun autre symbole que celnî de Nicée : ce que le concile n'avoit fait que pour arrêter la témérité des particuliers qui voudroient faire de nouveaux symboles, et il n'avoit pas prétendu que quand on voudroit eclaircir des points do foi qui ne sont pas exprimes nettement dans le concile, qu'il fût défendu de prendre d'autres termes qui continssent clairement ces vérités. Dioscore se servit néanmoins de ce décret; et.

sous pretexteque saintFlavien avoit exprimé la doctrine de l'Eglise en des termes plus précis que ceux du symbole , il demanda si celui qui avoit recherché quelque chose audelà du symbole delSicée, n'etoit pas sujet à la punition ordonnée par le concile d'Ephese : comme si ce concile avoitdefendu en termes exprès , de rien discuter, de rien recbercher hors des ternies de ce symbole : aussitôt les évêques qui luiétoient livrés, s'écrièrent qu'ils anathématisoient quiconque diroit ou rechercheroit quelque chose hors du symbole de TSicée. Sur cela on fit entrer les notaires qui lurent tout

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haut une sentence de déposition , au nom de Dinscore contre saint Flavien et Eusebe de Dorylée.

Ensuite Dioscore demanda aux e'vêques leur sentiment, mais il les avertit en même tenii)sque Tempereur seroit informe di' tout. I/evêque s.^int Flavien dit alors qn'il recusoit Dioscore, et déclara qu'il appeloit de lui ausiet;ea)»ostoli(]i!e ; le légat Ililaire dit qu il s'opposoit à cette sentence. Dans le inenie temps, plusieurs évcques s'allèrent jeter aux genoux de Dioscore . le pria.it de prendre garde h ce qu'il faisoit, que Flavien n'avoit rien fait qui méritât la déposition. Mais comme Dioscore vouloit coiisommer son plan d'iniquité , se trouvant importuné de cette foule de gens qui l'en touroient, en lui faisant toute sorte d'instance , il s'écria : Où sont les comtes, comme pour les appeler à son secours; aussitôt on vit entrer le proconsul Proclus portant des chaînes, et une foule de soldats armés de bàlonb et dépées, et suivis d'un grand nombre de moines.

Dioscore alors se mit à crier : Si quelqu'un ne veut pas souscrire à la sertence , c'est à moi qu'il a afTairc. La plupart des évoques furent tellement intimidés, que chacun d'eux témoigna consentir à la déposition de Fiavien et d'Eusèbe. Mais Dios- <"ore ne se contentant pas de ce consentement, et voulant une signature en forme , présenta la sentence de déposition aux évêqucs, et voulut les obliger à la signer à l'heure même. Une grande partie signèrent par timidité , et au nombre de cent trente ; mais on usa des dernières violences pour tirer cette signature d'un grand nombre , impits sufcriptioniùus capl'u-aa nianus dcàrntnl, disent les historiens. On alla ]usqu'à les frapper et à répandre leur sang : on leur fit sou.ffrir toute sorte de maux ; on les tint enfermés jusqu'au soir.

11 est vrai , dit Tiî. de Tillen^ojit,

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que ces violences n'excusoicnt p.is absolument des évêques qui trahissoient la Aérité de la foi et l'innocence de leurs confrères, et qu'ilr s'exposoient aux reproches d'une trop grande foildesse : aussi voit-on dans le concile de Calcédoine les railleriesque Dioscore et lescAeques d'Egypte leur en firent, à l'imitation des démons, qui reprochent avec insulte à leurs esclaves les crimes où ils les ont fait tondjer.

Mais les Ie;;ats signalèrent leur fermeté, et ils refusèrent constant ment de se prêter à l'injustice.

Dioscore ne se coutenta pas d'avoir déposé saint Flavien sans aucune forme régulière. Plusieurs auteurs disent qu'il le maltraita , qu'il lui donna des coups de pied dans l'estomac , et qu'il lui marcha sur le ventre. On prétend que lîarsumas exhorta les autres à le fouler aux pieds, et qu'il lui porta des coups mortels. Qaoi qu'il en soit, le traitement dut être des plus violents, puisque ce saint évêque mourut de ses blessures trois jours après, à deux journées d'Ephese et dans le temps qu'on le conduisoit en exil.

On joignit à la condamnation de Flavien celle d'Eusèbe de Doryîèe.

Ce fut après cette séance , que le légat Hilaire craignant de nouvelles violences de la part de Dioscore , s'échappa secrètement d'Ephèseet s'enfuit à Rome.

Dans les séances suivantes , on déposa Théodoret , évêque de Tyr , sur les prétextes qu'il avoit écrit contre les anathématismes de saint Cyrille ; Domnusd' Antioche , parce qu'il les blàmoit; îbas d'Edesse, sur de fausses accusations , et sur la lettre à Maris dont on lui faisoit un grand crime. Après ces diverses dépositions , Dioscore partit , et les evêques se retirèrent de la ville d'Ephese.

C'est ainsi que se termin« celte assemblée où Ton vit l'injustice et la violence portées à leur cc.T-b-Ie.

ERF

Des intérêts particuliers , qu'on convroît du prétexte de la religion, y firent recevoir à toute l'Eglise, par l'impiété de quelques-uns, de profondes plaies en sa foi et en sa discipline. Tout s'y fit sans aucune vue de religion. On ne songea qu'a ■satisfaire la passion de ceux qui vouloient condamner des personnes qu'ils n'aimoient pas. Celui ([ui y tenoit la première place y fit paroîlre, non l'équité de son iui;;enient, mais son emportement et sa fureur : car, agissant, non en pasteur, mais en cruel tyran de l'Eglise, on le vit employer les mains sanguinaires des soldats pour fiire violence à ceux qu'il devoit honorer comme ses frères, et non les contraindre de souscrire à des erreurs impies. Parla il fut, sinon l'auteur, du moins ie principal appui d'une nouvelle impieté qui produisit une infinité de maux ; car lliéresie d'Eutycliesqu'il fit entrer en Egypte , y prit de telles racines , que les saints qui y sont venus depuis, ne l'ont encore pu arracher depuis près de treize siècles :

enfin on peut dire que le malheureux succès de ce concile causa un trouble général dans tout l'Orient. FI. T'ai. Uid. FI. L'nd. Tdl.

Conc. Cu/c.p. ii5. flseq. Till.

EPIIÈSK ( C. d' ) (non reconnu) 4.70. ThimoiheeElure,evêque d'Alexandrie, y rétablit Paul, et déposa Acace de Constantiiiople.

ERFORDen Allemagne (C. d') Erpford'icnse ^ l'an 982. premier ]uin, compo.sé de dix eveques. On y fit cinq canons , parmi lesquels on ordonna de célébrer lesfètesdes douze apôtres , et de jeûner les vigiles ipii avoient été cjbservées jusqu alors.

On défendit de s'imposer nn jeune sans la permission de l'évèque, parce que c'etoit unesnperstition pourdeviner. T. IX. C. p. Soi.

KRFORI)(C.d')lanio73.io iiiars, ( non reconnu. ) On y partagea les dîmes de Tliuringe entre !e roi Henri et Sigefroi,archevèquede

ESP liZ

Mayence , dont les principales sont aux abbayes de Fulde et d'Herfeld.

Pcif^. ii3o.

ERFORD(C.d' ) l'an 107^, octobre. Sigefroi , archevêque de Mayence, y voulut soumettre les ecclésiastiques aux décrets du concile de Rome de la même année , contre la simonie et l'incontinence des clercs ; il les pressa de ne plus user de remise et de renoncer, surle-ch^mp , au mariage , ou au service des autels. Les clercs alléguèrent plusieurs prétextes pourcluder sesinstances: quelques-uns crioient en tumulte, qu'avant que farchevêque pronom;àt cette sentence, il falloit plutôt farracher de sa chaire, et le mettre à mort, pour donner à la postérité un exemple fameux. L'archevêque leur fit dire de s'apaiser, et promit d'envoyer à Rome pour fléchir le pape ; mais ayant,!? lendemain, recommencé ses plaintes touchant les décimes de Tliuringe , les Thuringiens indignés crieront aux armes, et l'archevêque auroit été tué, si ses vassaux n'eussent apaisé les plus furieux. Tom. X. C. p- 323.

ESPAGNE (deux C d' ) Ilispanira , l'an 4-47 , contre les priscillianistes ; l'un en Galice, et l'autre de quatre provinces, en un lieu qui n'est point nominé. D- M.

^ ESPAGNE ( C. d' ) lï/spani/m^, l'an 4-^4, aii sujet de Silvain, évêque de Calahorrie, qui ordonnoit des évêques à finsu d'Ascagne,evêque de Tarragone , son métropolitain :celui-ci,àlatêtedesa province, en écrivit au pape pour savoir commentil falloit traiter Silvain. D. 31.

ESPAGNE au monastère de Eeire (G. d' ) Leirense, l'an 1068.

Le roi Sancbe Ramirez y fit tenir cf' concile par le cardinal Hugues- le- Rlanc, légat. On y confirma les privilèges du monastère, et on y traita, à ce qu'on croit, do l'introduction du rit romain , au lien du gothique ou mosarabique : ce qui ne put encore être exécuté. D. M.

ii4 î'^'^ï^

ET\MPES ( G. (Y ) Slamprnsr , l'an lOQi- Ivî» lier , arc.hevcfiiKî de Sens, y voulut déposer IvesdeCliartres, pour y rétablir (jeofTroi, disant qulves s'étoit fait, ordonner à Home: ce qui, selon lui, ('loil au préjudice de rauloritc royale; mais Ives appela au pape, et arrêta ainsi la procédure du concile. L-o. Epi2-

ETAMPES ( G. d' ) l'an i i3o , convoqué par le roi Louis-le-Gros, à l'occasion du scliisnie causé par le pape Anaclet (Pierre de Léon). Ce prince y voulut faire examiner Ic- (piel des deux prétendus papes, c'està-dire, d'Innocent 11 , ou d'vVnaclet, avoit été élu canoniquement. Saint Bernard fut appelé à ce concile par le roi et par les principaux eveques : îl vint en tremblant, connoissant l'importance de cette affaire. Apres le jeûne et les prières, le roi, les évêques et les seigneurs convinrent tous , d'un commun accord , de s'en

FER

rapporter à l'abbé r.crnard,et de s'en tenir àson avis. Saint Bernard, ayant accepté la commission après avoir témoigné beaucoupde crainte et d'humilité , examina, avec une scrupuleuse attention, la forme de l'élection, le mérite des électeurs, la vie et la réputation de celui qui avoit été élu le premier : c'étoit Grégoire, cardinal de Saint-Ange, nommé Innocent il, et il déclara que c'etoit celui-là qui devoit être reconnu pape, et toute l'assemblée y applaudit. Saint iicrnard se donna de grands soins et entreprit de longs voyages pour faire reconnoître Innocent II , et il y réussit. Sug. vU.

Lu(/m\ p.3i7 ■

^ EXGESTEPx ( G. d' ) E.ionimse, l'an 1287, le 16 avril. Pierre Ou îvil, qui en étoitéveque, y fit des constitutions en cinquante-cinq articles, sur tous les sacrements et sur dilicrentes matières.

r ERRARE(G. de) l'an i.pS, le 8 janvier. Ge fut le pape Eugène IV qui convoqua ce concile, pour l'opposer à celui de Bàle, ou plutôt il le transféra à Ferrare. Il écrivit , a cet eflét, aux universités de France, d'Espagne, d'Allemagne et de Pologne, d'Italie, d'Angleterre et d'Ecosse, pour les engager à y envoyer leur principaux membres.

Le cardinal Julien Gésarini , qui avoit jusqu'alors présidé à îîàle , en îit l'ouverture le 8 janvier. 11 s'y trouva cinq archevêques, dix-huit évêques , dix abbés , et quelques généraux d'ordre.

pe Sess. Le 10 janvier. On y déclara que le pape ayant transféré le concile de Bàle à Ferrare, cette translation étoit canonique, et qu'ainsi le concile général de Ferrare éloit légitime:nentasscmblé. Mais il fautobserver que, depuis l'arrivée

des Grecs, aucun prélat ni docteur ne passa de Bàle à Ferrare, et que les ambassadeurs, tant de l'empereur que des rois et des autres princes, qui y étoient auparavant, y restèrent tous, et que le roi Gharles VII défendit qu'aucun de ses sujets n'allât à Ferrare, sous prétexte d'assister au concile qui s'y tenoit de la part d'Eugène. En un mot, la France , l'Espagne et les autres états , adhéroient au concile de Bàle, tant le nom seul de concile œcuménique imprimoit alors de respect : ce sont les paroles de M. Bossuet.Z)^/. de la

Declar. l. F] . c. 12.

IP Sess. Le pape Eugène y présida à la tête d'environ soixante-douze évêques, et prononça un décret contre les Pères de Bàle. Sur ces entrefaites, les Grecs, ayant à leur tête l'empereur Jean Manuel Paléologue et le patriarche de Gou^

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stantinople, arrivèrent à Ferrare. ' Marc, archevêque d'Flphèse, devoit porter la parole en leur nom. Ils etoient au nombre de vingt-un prélats et autres gens éclaires du second ordre , qu on leur ayoit associes, et qui faisoient environ sept cents personnes.

Avant de tenir la première séance avec les Grecs, on convint des articles qu'on devoit examiner dans le concile, i." Touchant la procession du Saint-Esprit. 2." L'addition luliuque , faite au symbole. 3." Le purgatoire et l'état des âmes avant le jugement. 4." L'usage des azymes dans les saints mystères. 5.° L'autorité du saint Siège et la primauté du pape. Et, comme l'empereur avoit demandé que les princes et les prélats latins assistassent au concile, le pape les invita, par des lettres circulaires, à se rendre à Ferrare pour concourir à la réunion de l'Orient avec l'Occident.

Dans la première séance , tenue avec les Grecs, on y déclara que le concile œcuménique etoit ouvert à Ferrare , et on donna quatre mois , pour s'y rendre, à tous ceux qu'on invitoit; mais toutes ces invitations, ni cette qualification d'œcumenique qu'Eugène faisoit donner à son concile, n'attirèrent pas plus de personnes qu'il y en avoit. Ce qui surprit beaucoup les Grecs, qui ignoroient sans doute que les rois et les autres princes faisoient alors tous leursefîortspour accorder les Pères du concile de lîàle avec le pape Eugène, et quainsiils ne croyoient pas devoir envoyer personne à Ferrare.

\"^ Session avec les Grecs. On examina, de concert avec eux, la question , si le sentiment de l'Eglise latine, sur la procession du Saint-Esprit , etoit orthodoxe, et si l'on avoit eu raison d'ajouter qu'il procedoit du Fils.

Il' Sess. L'évêque de Rhodes fit un discours sur les avantages de la paix; et il occupa toute la session . ;

FER

III' et IVe Sess. André' de Colosse, parlant pour les Latins, dit qu'il prioit les Grecs, que s'il échappoit quelque expression un peu dure, de l'attribuer plutôt au sujet de la dispute qu'aux personnes qui disputoient. La 1\* se passa en discours vagues entre Marc d'Ephèse et André de Rhodes.

Ve Sess. On exposa quelle etoit I a foi des trois cent dix-huit Pères qui composoicnt le concile de Nicèe , et on lut leur symbole et lesdefinitions du concile de Calcédoine , le IV' général. Les Latins produisirent un manuscrit, qu'ils assurèrent être fortancien, du 11" Concile deiVicée, le Vll^général, où ils pretendoieut qu'on trouveroit que le Saint-Eîprit prorédoit du Fils.

vie Sess. André de Pvhodes fit voir, par un long discours , que ce que les Grecs prètendoient être une addition, n'étoit ni une addition, ni un changement, mais une simple explication de ce qui est contenu dans le principe duquel on le tire par une conséquence nécessaire : ce qu'il prouva par le témoignage des Pères grecs , et entr'autres de saint Chrysostôme, qui dit que le Fils possède tout ce qu'a le Père excepté la paternité , conformément à ces parolesdu Fils de Dieu : Tout ce que moiî Père a, est à moi. Jean. 16.

\ ll"^ Sess. Le même évoque continua à parler seul sur la même matière , et répondit aux autorités alléguées par Marc d'Ephese. 11 fit voir que , lorsque les conciles défendent fie présenter à ceux qui viennent au christianisme une foi diiïerente de celle qui est exprimée dans le symbole, ils ne défendent pas d'enseigner plus clairementlamême toi qui y est renfermée, et que le IP concile générai , appelé de Constantinople , avoit ajouté au svmbole de ÎSicée beaucoup de paroles : et cela pour exprimer, contre de nouveaux hérétiques, des veritésde foi qui n'eloient pas marquées si distinctement.

i4G FËR

VllI* et IXe Sfss. Beîsarionde Nicee parla pour les (irecs, et insista toujours, sur ce raisonnement, qu'il n etoit point (lefeniUi d'expliquer la foi , mais qu'il éloit défendu d insérer des explicationsdans le symbole, et que le ili' concile général d'Eplièse l'avoit défendu

X= Sf^ss. Le cardinal Julien fit des ohservalions très-solides sur la défense portée par le concile d'Ephèse, cl dit qu'il en falloit venir àun point plus essentiel , c'est-à-dire , au sentiment des Latins sur la procession du Saint-Esprit ; car si ce dogme est vrai , dit-i! , on a donc pu le mettre dans le symbole pour expliquer un mystère que l'on a voulu combattre.

L év(^que de Foriî vint à l'appui de ce raisonnement, et soutint que nonseulement il n'y avoit aucune loi qui défendît d'ajouter quelque explication au symbole , mais même qu'il ne pouvoit y en avoir qui fit cette défense à l'Eglise ; que cette défense ne rei^ardoit que des particuliers qui voudroient faire ces additions sans autorité.

XI* Sess. Le même évcque observa que ce qui avoit donne lieu aux Pères du concile d'Ephese de faire cette défense, éloit le faux symbole des nestoriens que le concile avoit condamné; que ce concile nedefendoitpasseulementd'ajouterà aucun symbole , mais aussi de faire une iiouvelL' exposition de foi; et qu'ainsi , si l'on etendoit cette défense à l'Ki-dise ou au concile, il s'ensuivroit de là que l'Eglise ne pourroit faire une nouvelle exposition de foi.

Jcl. Patrie. Tom. XHL C. p. l555.

XU'XIHeXIVtelXV' 5^«. On contesta, dans ces quatre sessions, ivu- le même sujet. Les Latins persistèrent à demander qu'on examinât le fond de la nuestion ; et qu'après qu'on l'auroit éclaircie , s'il étoit évident que le Saint-Esprit nrocedoit de la personne du fils , l'addition demeureroit au symbole ; que si on ne pouvoit dire qu'il en

Kr.o

'procédât, on rcjetteroit cette addition. Mais les Grecs s'opiniâtrèrcr.t à demander qu'on commençât à retrancher du symbole rad(îiti(^ii Filio(]ue, avant d'examiner le foi d de la question : et ainsi les parties ne purent convenir de rien.

XVIc et dernière Sess. Le pape proposa à l'empereur de transférer le concile à Florence, parce que la dépense nécessaire pour le conllnuer à Ferrare éloit onéreuse au pape, et que les Grecs commençoient à s'ennuyer en celte ville , ainsi dès que ces derniers y eurent consenti , on publia celte translation .

Labb. C. Tom. XIII, p. 34-'' seo.

FIMES diocèse de Reims ( C de ) jépud Sanclam Macram , l'an 887, le a avril. Ilincmar, archevêque de Reims , y présida , et on y reconnoît son style dans les huit articles qui nous en restent ; ce sont plutôt de longues exhortations que des canons. On présenta , dans ce concile, un décret d'élection du clergé et du peuple en faveur d'un clerc nommé Odacre , à l'évêché de Beau vais, et que la cour protégeoit ; mais il fut jugé indigne par le concile , et on députa au roi des évêques , avec une lettre contenant 1rs causes du refus, et qui demandoit la liberté des élections. La cour s'en ofTcnsa ; mais Hincmar reçut une lettre du roi Louis 111 , dit le Germanique, par laquelle ce prince paroissoit disposé à suivre ses conseils ; mais il le prioit que, de son consentement, il pût donner cet évêché à Odacre , son serviteur. On doit observer que la liberté des élections avoit été rétablie sous Louis-le-Debonnaire- Tom. IX. C.

p. 337. Tom. VIII. C. Gén.p. 1866.

FINCHAL en Angleterre ( C de) Finchahnse , l'an 799. Cire. Echembal d'Yorck y présida , et on ; V ordonna le rétablissement de l'an- ; cienne discipline, principalement 5 sur l'observation de lapâmie. D. M. f

FLORENCE (C. de) /^/^/3//- j

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