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Deux prêtres se dislinguèren?
aussi dans cette lutte entre les évoques et les ecclésiastiques du second ordre ; Àuj^ustin-Kliennc Frappirr, cure, dit-on, de Donzy, et François de Torcy , dont nous avons déjà parle.
Leurs discours, assez peu étendus, ne sont pas basés sur des preuves bien solides; ils défendoienten eflet une très-mauvaise cause. Mais, comme nous l'avons observé, ils etoient forts en nombre, et ils avoient entre les mains de quoi faire trembler tout l'episcopat constitutionnel.
Voyons comment le dernier mania cette arme si puissante, dans sa motion qiii fut souvent interrompue.
«Enfin, ô révérends éveques ^ » s'écrie de Torcy, est-ce parmi vous '> quecette question peut être agitée, » mise même en doute ? D'où vous » viennent vos titres ? qui peut en » prouver la légitimité ? Sans doute » vous ne voulez pas donner lieu de " dire que vous n ries rvequc^ guen ver— » .'// d'une loi purriiunt civile .''Non, il y » « eu un jugement sur une loi cicilr, m\ » jugement juridique^ un jugement » prononee pur les minnlrcs de C Eglise. » Et qui l'a prononcé ce jugement?
» /(' corps des paslcurs du second ordre. » Le premier ordre, aveuglé par » l'attachement de ses intérêts teni- » porels, osoit les confondre dans » cette cause avec ceux de la reli- » gion. (C'est un constitutionnel jan- » sénisle qui parle. ) A son défaut, » le second l'a suppléé.. . C'est lui qui, » en se soumettant à la constitution » du clergé, a déclaré qu'elle n'a- » voit rien de contraire , ni à la foi, » niàla vraiedisripline.ni auxdroits » réels de l'Eglise : c'est lui qui lui a
» donné la sanction ecclésiastique
». Voilà, révérends évoques, \isource » de voire droit mconlesluhle aux sièges » que vous occupez: etaujourd'hui que >> vous y avez été placés par le ju^e- " mrril des prclres, on leurdisputeroit » parmi vous le droit de juger avec " vous; ce memcdroil dord T e xcrcice seul » apii vousdonncrle litre d chèques légitimes
PAR
Terrasses par la force irrésistible ■ic cet ar'^umcnt ad /iominem,\çscy cques, chancelant déjà sur leurs sièges, et menaces , de plus , d'un triste abandon de la part des prêtres, ne son{;èrentplusàcontester à ceuxci leurs bons ou mauTais droits. On retira le décret qui nommoit une commission à cet e^nrd, et l'on décida seulement que << le présent con- '> cile décrétera les éléments des fu- » turs conciles. » Ainsi les ecclésiastiques du second ordre eurent gain de cause parle fait.
Un rcj;lementpour leconcile succède à CCS grands débats, en occasione d'autres moins intéressants, et on envoie en députation auprès des consuls, les évequps du Rhône, du Puy-de-Dôme, deLoire-et-Cher,de Lille-et-Vilaine, auxquels un membre demande qu'on adjoigne celui de la Manche , comme très-capable de révélera Bonaparte, jusqu'où peut aller la férocité des ennemis qui le menacent, et le mettre en état d'eu juger « en voyant cett e tête vénérable '> qui devroit mieux que celle dcCo- » ligny, désarmer les assassins, et sur » laquelle la barbarie a juré d'en- " foncerune mitre de fer rouge. »
Dans la séance du a juillet , on déclare qu'on admettra vingt étrangers aux séances du concile. Grégoire y fait part de plusieurs lettres arrivées de Gênes et du Piémont , où l'on voit la grande considération que les eccli'sia':liques éliarif^ers portent au clergé de T Ei^hse de France. licite les noms des huit ecclésiastiques et des deux avocats qui avoient envoyé, à ce qu'il paroît, Dégola, et avec lui leurs vœuxetdifTerentes sommes pour les besoins du concile.
On est surtout édifié de la lecture de la lettre par laquelle le vénérable et savant Michel Gai//A/Vr témoigne la douleur qu'il ressent de ne pouvoir venir au concile, et prie qu'on l'y tienne présent en esprit, et dans la personne du vénérable Ber^uncini ton ami et son fidèle collègue dr.ns
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iamourde la saine doctrine. Ilditqu'on n'ignore pas ses sentiment!: à cet égard et relativement à la discipline de l'Eglise , qu'il applaudit d'avance à toutes les décisions et a tous les décrets de l'asbemblee, persuadé que le Saint-Esprit y résidera , en dirigera tous les pas , tous les desseins, toutes les délibérations. 11 paie son tribut de dédain pour l'épiscopatorthodoxe. Il relevé aux yeux des anges et des hommes le grand et sublime spectacle que donnera le concile, pardes qualités rares, par une science profonde de la religion, par une conduite sage, mesurée , pleine de délicatesse et de prudence , etc. 11 défie eloquemment l'impiété , l'aveugle philosophie, la malignité , et l'envie aux regards enflam.-nés , aux lèvres livides : « elles seront contraintes du )> moins, de se tenir un moment à » une distance respectueuse de l'il- '> lustre carrière où vous entrez, » jusqu'à ce que vous l'ayez glorieu- )> sèment terminée. »
On voit , dans la correspondance de Grégoire en Italie, que les canons et décrets du premier concile national y ont été traduits en langue vulgaire, et imprimés au nombre de 3ooo exemplaires ; et on lui promet de faire la même chose à l'égard du second concile national.
En discutant l'utilité des congrégations dans les conciles, le 3 juillet, de Torcy tombe sur le l"^' synode national qui , « dit-il , n'a pas tou- » jours offert ce spectacle de digni- » té, de gravité , de décence , qui » convient à une assemblée ecclé- »»iastiquc.)>Le leudemain Clément, C'ocque de Seine-et-Oise , qui ne pouvoit pas assister à toutes les séances , mais qui ne s'occupoit pap moins des objets qu'il désiroitqu'on traitât dans le concile , y envoie un écrit intitulé: recherches historiques et dc^'maliques contre les erreurs principales opposées à la foi catholique , depuis le concile de Trente et les deux siècles suivants. On émet aussi , dans la même X7
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séance , une déclaration des sentiments du concile national envers tes autoritrs spirituelle et temporelle. Les pères s'y « plaignent que dans ces derniers 3) temps, on s'est eflorcé d'établir, j> sur la soumission duc à la piiissaiite 3> publique , des principes subversifs 3> de l'ordre social , et aussi con- 3> traires à la bonne foi qu'au pré- » repte cvangelique. » Après avoir reconnu , article 6, que toutfjouvernement a droit d'exiger à^.?, ministres du culte , la garantie de leur fidélité ,ils ajoutent que« prétendre ï> qu'ils ne peuvent la donner sans y » avoir été autorises par le pape, c\sl une 3> erreur opposée à la parole de Dieu , àl" w tradition des Pères, ei aux exemples î> des saints ; dangereuse pour la » tranquillité publique , et préjuî» diciable aux vrais intérêts du saint j» Siège apostolique lui-même ; et 3> que , agir en consequerce de cette •3> erreur, cest une révolte. » Art. Q. « // J> est contre les principes de la morale de » rétracter un serment civique. » 11 failoit Lien condamner une bonne fois le clergé insermenté, et prendre dos mesures pour qu'on n'entendît plus parler de honteuses et flétrissantes rétractations de la part des prctres constitutionnels.
On reçoit, le 6, une lettre, dans Laquelle plutieurs prêtres àits, environs de Thouars et de Loudun se plaignent qu'on ne tient plus dans leurs départements ni dans celui de la Vendée et autres qui l'avoisinent, h cause de l'anarchie à laquelle ces centrées sont en proie. Ils disent mie depuis sept ans qu'ils font tête à l orage, l'orgueilleux pharisien fait tous ses eiïorts pour stériliser leurs travaux cvangéliques , ne cessant de les présenter comme dis rameaux séparés de tout principe de vie , « quoique du tronc j> apostolique découle jusqu'à noi's " ( assurément sans qu'il s'en doute) »> le suc nourricier , qui seul peut » produire de bons fruits. » Ils conurent les pontifes du Très-Haut de si l'en faire , nue leur session soit l'c-
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poquc du rétablissement de la paix religieuse. « Montrez encore à l'uni- » vers chrétien, ajoutent-ils, qu'au- » cun sacrifice ne coûtera à des prê- » tresf/V(;rf«sfî"ionttraYerséetsubi '» tour-à-tour les orages et tous les " genres de persécution, pour rame- '> ner la paix à l'église de France. » Le président est chargé d'écrire à ces ecclésiastiques , pour les consoler et ranimer leur courage.
L'évêque delà Manche saisit cette occasion pour dégager la parole qu'il a donnée avant son départ , à son clergé et à ses adhérents. En conséquence, il rappelle à l'assemblée que, depuis le retour à Y ancienne discipline, tous les évêques ont écrit individuellement au souverain pontife , pour lui faire part de leur élection àl'épiscopat , et lui demander sa communion ; que le synode de 1797 a envoyé deux lettres à Pie VI ; que depuis l'élévation de Pie VII, plusieurs de ses collègues lui ont aussi écrit , et que toutes ces missives sont rcsiécs sans réponse.
Il dit encore que lui , François hechcrel, avoit ouvert, dans le synode précité, l'avis de députer à Home; mesure qui fut alors appuyée , combattue et jugée définitivement impossible ; mais que les circonstances étant devenues plus favorables, il croit devoir revenir à la même proposition. Il demande donc que, « s'il reste encore quelque incerti- » tude sur les dispositions du pape » en faveur de l'église de France.... , » le concile ( lui ) envoie deux dé- » putes, pour lui porter la lettre » que le concile doit lui adresser ; » et en même temps , pour rendre » compte à sa Sainteté de tout ce u que nous avons fait {)endant et » depuis la persécution pour la » conservation de la foi en France , pour » le rétablissement de la discipline » ecciésidstique ; pour la morale ; et » de toutes nos démarches auprès df » nos frères dissidents, pour rétablir L:' » paix dans l'église de France; en ut.
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» mot , de nos travaux dans nos " synodes et nos ronciles. » Un père appuie cette demande , qu'i!
dit Otre le vœu de tous les synodes- «< Depuis long-temps on ne cesse de » faire entendre aux fidèles , que » nous sommes en dissidence riiec le » pape. Il est temps enfin de les faire expliquer, et de savoir s'il a résolu de » sacrifier réalise de Franer — On dit » que cette démarche pourroit ex- » poser le concile à être avili : nullc- >» ment. » Un autre père s'oppose à cet avis sur ce que le gouvernement s'occupant de nèi^ociations sur ia pacification , il importe d'en conjioître préalablement les résultats , lesquels pourroient bien n'être pas aussi favorables qu'on a lieu de l'espérer : « ce qui porleroit un préjudice » notable à la religion. Le pape d ad- " leurs semble prouver par son si- >■ lence qu'il est peu disposé en no- » tre faveur. » enfin, apresdesdebats pour et contre la proposition de l'evêque de la Manche , le concile l'ajourne , ordonnant en même temps «}u'une copie de la déclaration de ses sentiments emers les puissances spirituelles el temporelles , arrêtée le 4 et pidiliée le i) , seroit mise sous les yeux du premier consul , comme une prcme des principes qui dirigent le concile.
Grcj^oirc , dans un rapport sur les con^réf;ations , présente au com Ile, parmi les objets digues de ses méditations et de ses travaux , Vor^^ueil de r homme qui le porte sans cesse il présumer de ses propres forces , il se faire le centre de ses actions et lu cessation des troubles occasionés par le schisme des dissidents. " Que les impics frémissent de votre » réunion, dit-il encore; que les » hommes méticuleux, dans l'atti- >» tude de la crainte , attendent , » pour se décider , des événements » étrangers à la certitude de nos priiici- >' pes ; que les dissidents se traînent dans >• la fun^e. des calomnies el des injures ano- » nymcs; n écoutant que la roix de lacon- » scunce envotre anwur jwur lu relJgion ; li
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» irépidite chrétienne et l'espérance » que Dieu les bénira. » Après ce sermon et un décret sur les ccn^ré- ^aiions, on arrête que les evêques ne pourront officier ou prêcher dans les enlises de Paris sans l'agrément de f ordinaire. Il paroît qu'on prend cette mesure pour r*lentir le zèle précoce de l'évêque lîarthe, qui avoit fait afficher des conférences qu'il se proposoit de faire dans féglise de Saint- Sulpîce , sur les matières contestées ; on craint de déplaire au gouvernement , de compromettre le concile , de hasarder trop, si le conférencier n'est pas préparé,etde distraircies fidclesde l'assistance aux séances publiques, etc.
Le 8 , de Torcy annonce la pénurie du diocèse de Soissons , où cependant quinze prêtres ont pu se réunir et former un presbytère , qui députera au concile.
Dans un rappiort sur la paix , h congrégation chargée spécialement de cet objet , dit que le décret du concile de 1797 sur la pacificatiori ne peut convenir aux circonslanres , que, pour établir une base .«^olif^e a cet egani, il faudroit connoître d'une manière plus certaine les mesures qui seront prises entre le sain!
Sie^c et ic gouvernement; qu'eue ?
cru qu'il suftiroit, dan.s le motnent , d'adresser aux fidèles une lettre, où seroit détaille tout ce que le cierge de France a fait jusqu'ici, tout cf qu'il fait encore , et tout ce qu'il e.>l prêta faire dans l'avenir, pour h.
paix , ])ourvu qu'il ne se trouve rien I en cela qui ne soit compatible uiic la justice cl /a /m/c'. Elle propose d'in viter les incommunicants à venir discuter la vérité dans le concile, el aviser, de concert avec lui, aux moyens derainener l'union entre dts frères qui se fout gloire de profcs^ei' la religion catholique, apostoliqu;t't romaine. Kidin , elle propose à l'adoption de l'assemblée, mais com me 111; ex( client modèle, la lettre
o vrci-vousà vuslravaux .avecltm- etrite parti' synode duNonl-l lucst
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aux incommunlcants de son ressort.
Ij'cvêque de Loir-et-Cher pense qtîe ces conférences seront tresutilcs. «Par là, on pousserai l les in- » communicants jusque dans leurs d*r- >» niers retranchements. Ils accepteront, » ou ils n'accepteront pas ; s'ils ac- » ceptent, il sera facile, de 1rs eomiun- »> cre; s'ils n'acceptent pns , ils feront »>connoîlre, par ce refus, toute la » faiblesse de leur cause. » Ce bon père avoit f.ans doute oublié que , deux jours auparavant, il s'elïorroit d'armer tout le concile contre Vorgueil de l'homme qui le f:orte sans cesse à pre'sumer de ses propres forces ; tant il est vrai que chez les meilleurs jansénistes , comme dans les autres pécheurs , il y a souvent de la contradiction entre les principes et les démarches. Cependant on décide que les conférences auront lieu ; qu'on écrira aux dissidents pour les y inviter , et on en renvoie le mode à la congré{;ation de la paix.
Dans la séance du lo , on arrête la rédaction de la lettre au pape , et l'envoi en est confié à une commission. Cette production de Dcrlodot, e'vêque de la Mayenne , avoit été revue plusieurs foispar l'assemblée.
Après avoir annoncé \tuT seconde réunion en concile national , et protesté de leur attachement ini>iolable au sn'int Siège, centre de l'unité catholique , attachement qu'ils démontrent , et par l'annonce présente, et par le choix qu'ils ont fait du jour de la «aint Pierre pour ouvrir leur session, les pères demandent au souverain pontife , s'il abandonnera régli.se gallicane aux dissensions qui la déchirent.^ Ils l'avertissent qu'il n'y a qu'un moyen pour venir effi- «arcment à son secours, l'oubli des intérêts de la terre pour ne s'occuperque des intéretsde Jésus-Christ.
Ils présentent l'exemple d'un concile d'Alexandrie, qui dit que, pour terminer le schisme dans la ville d Antioche , il faut établir une paix véritable, une paix fondée aur la pureté
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de la fut , sur le règne de la vérité. « No5 "troubles plus désastreux... n'en » sont que plus dij^nes de votre zèle » apostolique. Ah ! si la vérité que >• nous avons cherché tant de fois à >' vous faire connoître , n'eût pas » été interceptée ou défigurée; s'il eût » eledoiuieaux irai f amis de la religion » et du saint Siège, de vous faire , de » vive voix, la peinture déchirante '> des maux que le choc des opinions a » fait naître , et que la plume se re- » fuse à tracer ! Des parado.us in- » connush nos p('res.,érigésendogmes ; » la morale de l'Evanj^ile altérée et » pliée au gré des passiuwi ; Insoumission >• aux puissances et le zèle désintéressé » pour le salut des âmes , transformés » en crimes ; le ciel promis pour ré- » compense à la calomnie, au pillage , » a r«.<.sa«//ja/,- les fonctions auf^ustes » de 1 épiscopat emahies , au mépris » des plus saintes règles, par des » hommes qui se donnent faslueu- » sèment le titre nouveau de com- » missaires apostoliques; de préten- » dues bulles, contraires à l'honneur » du chef de l'Eîilise, multipliées et '> répandues avec une profusion scan- >' daleuse ; ... les détracteurs de notre » ministère renouvelant solennellement » l'erreurdc larebaplisation , blasphémant » contre la présence réelle de Jésus- » Christ sous les espèces consacrées ;> par nos mains , et forçant les » époux , dont nous avons sanctifie >' l'alliance, à recevoir d'eux une » seconde fois la bénédiction nup- » tiale.... Tels sont les maux que » nous aurions mis sous les vçux de » votre .«ainleté. »
]1 se presenteroit ici une fouie de questions à faire aux KK. evêques et aux V V. pre'res du concile. On leur demanderoit volontiers, par exemple, qui sont ceux qui ont in~ ten épié ou d figuré h vérité ? De quel côte coupable a pris naissance ce déplorable choc des opinions .<* Quels sont les paradoxes inouïs dont on a fait des dogmes religieux ? Quelle soumission et quel zèle légitimes on
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a transformes en crimes? Quel mal ont fait des missionnaires, en remplissant avec 1» permission du souverain pontife des fonctions instituées parTEf^lise? Nous ne parlerons plus des brefs de Pie VI que nous avons assez fait connoître , ainsi que l'adhésion qu'y ont donnée les premiers pasteurs de la chrétienté catholique. Mais quoi ! Parce que des missionnaires prudents ont baptise sous condition des enfants présentes auparavant à des constitutionnels tellement pris de vin , qu'ils etoient incapables d'aucune action morale , ou si affreusement impies , qu'ils se moquoient de la relii;ion , de ses dogmes , de ses mystères , spécialement du baptême , dont quelquefois même ils altéroient la formule , ne donnant par là que trop lieu de présumer que , dans l'observation du rit extérieur, ils n'agissoient que par dérision ; il a fallu que le grave concile de 1801 lesdénonçât au pontife suprême, comme renomrlant solennellemcnl F erreur des rebaptisants; et que le concile admirable de 1797 condamnât de nouveau cette même erreur ! Parce que des fidèles, ayant entendu des prêtres du parti avouer entr'eux qu'ils ne consacroient pas à la messe , ou aposlasier et dire publiquement que , jusque là , ils n'avoient été que des charlatans trompeurs, en concluoient qu'on devoit se défier d'eux à l'autel et partout ; le concile crie au blasphème ! Nous demandons aux mânes de Dorlodot et aux autres pères soit révérends soit rénérahles du conciliabule, la permission de ne pas pousser plus loin nos questions et nos observations , les priant de vouloir bien reconnoître de bonne foi que la calomnie qui a frappé le clerç^c constitutionnel , et qui l'a profondément avili , c'est la (onduite même qu'ont tenue, duri'.nt nos crises, un grand nombre de r<\s membres coupables de déporleiiiciils très-Frandaleux.
Av. rcsle, ce n'est pas pour eux-
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mêmes que les pères du concile réclament auprès du pape Xassistanct deshomme<i : celle du Très-Haut leur suffit. De longues épreuves leur ont appris à supporter les affronts, les dangers , les besoins. Ils se font gloire de ce que les cachots, réservés au crime , ont été leur demeure ; les tourments et l'indigence, leurhonorable partage ; comme aussi d'avoir eu pour amis , pour soutiens , Dieu , leur conseience et les hommes de bonne foi , qui ont senti que le royaume du vrai chrétien n'est pas de ce monde.
Ils regardent la persécution comme unedigne récompensede leur énergie à confesser, à défendre la foi de leurs pères , c'est-à-dire apparemment la foi de ceux qui avoient bâti et voté la constitulion cii'ile du clerj^é. « Qui » pourra calculerle nombrede ceux » qu'un glaive a^^UKf' au nom deJésus- » Christ , au nom de son Eglise , au rwni » de Home, à égorgés avec tous les » raffinements d'une barbarie jus- » qu'alors inconnue ? » Grande question ! espérons que les archives de r histoire , dans lesquelles on a enregistré Aq]?l tant de choses, nous donneront tin jour un aperçu de ce calcul immense.
Cependant, malgré cette persécution atroce, exercée au nom de Jésus-Christ , au nom de l'Eglise , au nom de Rome, « les autels détruits » sont relevés ; les temples déserts » sont repeuplés ; Dieu méconnu » est adoré; son culte avili est en » honneur; ses fêtes abandonnées » entrepris leur ancienne; solenni- » té.... Tout a cédé à la force qui '> nousvenoit d'en-haut : nos frère* » seul s y ont résisté , et la discorde , » plus que jamais , ravage le sanc- " tuaire. Que n'avons-nous pas fait » pour en éiouffer jusqu'aux moin- » dres étincelles? Que de tentatives » auprès du saint Siège , duquel on » en faisoit dépendre la durée ! Eh ! » Quel a élé le fruit de ces respec- » tables démarches FD'une part, un » silence accablant, etqui nous 5CiK>
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y* h\c inexplicabîfi d aprîîs les lois de 3» la charité ; tle Pautre part, ces tla » meurs forci-nf'es : Romf ri)us rvn- }> damne. Mais seroit-il possible que, » dans une affaire où elle a un iiite- » ret si direct, Rome, pour pronon- ■» cer , se mît non-seulement h lu » place deïéj^lise uiiucrsille, mais violât j> encore les refiles éternelles de la » justice, en condamnant quelqu'un î> sans l'enteiidre? Non, T. S. P., j> nous ne pouvons pas le croire. »
On exalte ensuite la conduite qu'on a tenue envers les frères séparés , les sacrifices qu'on a offerts , et qu'on offre encore. On espère que tandis qu'un gouvernement juste , sage , qui a déjà remédié à tant de maux , s'occupe encore avec le pape à terminer les dissensions, •une entreprise si sainte ne rencontrera pas des obstacles dans Rome seule et parmi les prêtres du Très- Haut. On se promet, au contraire , '< que votrcSainteté se hâtera de se- 5> couder nos efforts ; qu'elle rendra j> justice à la vérité de nos principes , à >• la droiture de nos intentions ; et que la 5> pacification de l'église de France "» perpétuera votre nom dans le sou- '> venir et dans les bénédictions des ^> générations futures. »
Si donc Pie VII veut rétablir ,a paix dans l'église de France , il faut qu'il réunrsse ses efforts à ceux des constitutionnels ; qu'il s'entende avec eux ; qu'il consacre leurs ])rintipos; qu'il admette de la droiture dans leurs intentions; qu'il reconnoisse qu'ils ont très-bien agi , en faisant le serment condamné ; qu'ils sont demeurés dans l'unité, en jurant le maintien d'un décret qui en coHpoit tous les nœuds; dans la foi , t'n professant une doctrine qui y porloit notoirement atteinte. En vérité ces pères accoutumés aux affronts, aux danj^ers , aux besoins , sont Lien fiers, bien hardis et trop exigeants auprès du chef de l'Eglise.
Le dimanche 12 juillet, jour de séance publique, le président, qui
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vouloit prcludcr à la Ifciiirc ac k Icltro au pape par Tin coup de théâtre , demande s'il p/aît au concile de manifester son allachcnient au saint Sié^e, centre de [unité calhcliquc!' A l'instant les pères très-dévoues se lèvent , et répondent : // nousplait. Sur quoi le révérend Lecoz observe à l'assemblée des fidèles, « que ce vœu émis » par le concile , étant l'expression » des sentiments de tous les évê- » ques , curés et prêtres qui ont été » constamment .soumis aux lois de » l'état , est la réfutation la moins équi- » eoque de Y imputation calomnieuse dont » on fait le prétexte du schisme qui » nous désole. » Ensuite Dorlodotllt sa lettre au souverain pontife, et s'écrie d'une voix forte, «que l'impos- "ture confondue par cet acte authen- » tique, ne doit plus trouver accès » dans les chrétiens de bonne foi. »
Le i3, après quelques observations, peut-être un peu scrupuleusement constittitionnelles, touchant la suscription de la lettre au pape, les pères ne voulant point indisposer les esprits, conviennent que l'on écrira ces mois; summo Pontijiei , en tête de Texemplaire latin, et ceux-ci, A notre saint pire le pape , Pie fil, au commencement de l'exemplaire français. Ailleurs, où l'on ne montre pas la même crainte , on se sert volontiers de ces dénominations, premier des pontifes , premier vicaire de Jésus- Christ. Nous avons vu le conciliabule de 1797 reconnoitrc solennellement l'évêque de Rome comme « chef visible et ministériel» de l'Eglise. Cette expression ministériel, xt- {letée , en 1786, par le synode de Pistoie , et employée peut-être pour la première fois par Edmond Rlcher, en iGii, dans le dessein d'enlever au pontife romain la puissance législative . et de le réduire à la simple condition d'exécuteur des lois et des canons de l'Eglise, exécuteur encore que Richer regardoit comme accidentel , non nécessaire , et avec leijucl i! prélendoit que l'Eglise pou-
PAU voit faire divorce pour un temps sans grand inconvénient : ce mot ministériel explique le sens dans lequel les constitutionnels entendent ceux de premier des pasteurs , premier vicaire, tic- ^ qu'ils attribuent au pape. Jls veulent bien que le successeur de saint Pierre ait de droit divin la présidence et ensuite Texécution , mais presque rien de plus. Nous convenons volontiers que le chef de l'Eglise doit la gouverner selon les canons et les lois établies, veiller à ce qu'on les suive partout , et donner lui-même l'exemple à cet égard , le gouvernement du corps mystique du Sauveur étant unt monarchie tempérée par l'aristocratie ; mais il faut admettre aussi qu'il a le droit d'interpréter CCS mêmes lois , d'en dispenser avec sagesse; que dans tout ce qui concerne le gouvernement de l'Eglise, il a la prééminence , la principale autorité, et que les causes majeures doivent être portées à son tribunal.
L'histoire nous apprend encore que beaucoup de lois ecclésiastiques en usage partout , sont émanées des papes, et que leur refuser entièrement le pouvoir d'en porter dans toute l'Eglise, c'est contredire les siècles , déroger à la primauté. Mais cecidemanderoit des explications et des détails dans lesijuels il n'est pas de notre plan d'entrer.
Après l'affaire de la souscription de la lettre au pape, le concile reporte de nouveau son attention sur les conférences avec les dissidents.
Cet objet tient beauronp au cœur des pères : ils y reviendront encore dans plusieurs séances. iNon pas qu'ils soient tous très-persuades que ces conférences seront acceptées, ni qu'elles présenteront un mojcn assuré de reunir les esprits et le faire cesser lesdivisions : la manière dont plusieurs orateurs s'expriment à cet égard , démontre assez qu'ils ne comptentguèresurces succès, même qu'ils nelesontpas très-sincèrement en vue ; mais ils aiment les dcniar-
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ches éclatantes ; ils veulent , à quelque prix que ce soit, en imposer aux fidèles , reconquérir leur estime , et déverser tous le blâme sur les incommunicants, lis adresseront à ces derniers des lettres d'invitation pleines d'une douceur apparente , de démonstrations extérieures de zele pour la paix , de charité pour leurs adversaires, de devoûment à tous les genres de sacrifices , d'amour pour la vérité , de douleur à la vue des troubles qui agitent l'église gallicane. Ils exalteront les conférences comme une voie qui conduiroit d'une manière infaillible au terme des disputes, qui concilieroit tous les cœurs , feroit jaillir la vérité , éclater le bon droit. Ils promettront d'y apporter de la candeur , le désir sincère de connoître leurs torts, s'ils enont ; la disposition d'abjurer leurs erreurs, s'ils ont heurté contre quelques dogmes catholiques ; de s'y comporter en amis affectueux , exempts de préventions , éloignés de toute aigreur, de tout esprit de contention et de chicane. Ils conjureront les dissidents, par les intérêts les plus chers de la gloire de Dieu , du salut des âmes , de la cessation des scandales , et ils leur représenteront que ni le souverain pontife, ni les premiers pasteurs n'ont droit de les empêcher de se présenter à ces conférences ; qu'il y va même de leur gloire, de la gloire du saint Siège, et qu'ils compromottroient eux , leur cause, leurs adhérents, s'ils s'y refusoient. Cependant au milieu de ces apparences admirables, on remarquera dans ces lettres d'invitation , de l'astuce , de la malignité, et mille autres traits caj)abi('s de trahir nu du nioiiisdedecelerlesapntres d'une république aussi perfide qu'elle est iliegiliine. Mais ces traits encore seront pallies , masqués et présentes comme inséparables du zèle, et graves par une main plus amie de la vérifc que plein.e de hardiesse et de fiî'l. ()nimDrimcra ces lettres mei-