‹ Dictionnaire des conciles suivi d'une collection des canons les plus remarquablesChapitre 95 sur 257 · C. IS . de France mis en ordre par · texte numérisé non relu

C. IS . de France mis en ordre par

les h'équesrébnis à Pans.

PARIS ( autre conciliabule national de) tenu par les constitutionnels en 1801.

11 avoit éteconvoquédèsle2mars de l'année précédente, par quatre prélats du parti, quiformoient dans la capitale une sorte d'agence générale de leur clergé, sous le nom d'é- ■yi.'ques rivnis.

A les entendre dans leur lettre d'indiclion, le synode national de lygy « composé d'hommes quipor- » toient les honorables cicatrices de » la persécution, » avoit présenté à l'univers catholique une des assemblées les plus mmo/-a/;/(.s dont il soit fait mention dans les fastes de l'Eglise. On y avoit vu briller avec éclat, la pieté, le patriotisme, les talents , de profondes lumières. Traduits en diverses langues, ses canons et ses décrets faisoient au loin ladiniration de tous lcscs[!rits éclaires.

l'AK

Presque dans toute l'étendue delà republique, le zèle ranime; d'ui.e manière efficace avoit pris un nouvel essor. L'instruction etoit devenue et plus fréquente et plus /«/«/nrasf, des synodes, tenus avec une nnposante régularité, avoient,par des statuts sagement rédigés , remédie à des maux urgents., et préparé les esprits à se plier sous les règles salutaires d'une discipline homogène.

Dix-huit ou vingt sujet élevés depuis à la plénitude du sacerdoce, consoloient l'episcopat constitutionnel, et rcparoientdejà plusieurs des nombreuses pertes, qu'il avoit essuyées ( par la mort, l'apostasie , le mariage , et l'abandon des fonctions épiscopales de plusieurs). Enfin, fécond en grandes œuvres , et après avoir rempli toute la mesure du possible, le concilede 1797 n'avoit échoué que contre son olj'tt spécial, l'extinction du schisme des dissidents. Mais on peut se consoler du non-succès en ceci :

« L'Europe catholique est témoin de » nos invitations fraternelles; et l'his- » toire racontera aux siècles à venir » quelle fut notre conduite , et » quelle fut celle de nos adversaires. » D'ailleurs, on le sait assez, « le » clergé dissident, plus occupé , dans » l'ancien régime , de dignités et de » biens temporels, que d'instruire » les fîdeles , abandonna , dans le » cours de la révolution, le trou- » peau qu'il avoit laissé croupir »> dans l'ignorance. »

ÎNOus demanderions volontiers ici aux réunis Saurine, Grégoire, Desbois^ et JP^andelaincourl , compositeurs et débitants de cette charmante circulaire, ce que c'est que ce schisme des dissidents qu'ils n'ont pu éteindre ; et comment il est possible de devenir schismatique , eu professant, au péril de sa fortune , de sa liberté et de sa vie, la foi de l'Eglise dans tout son entier, et en demeurant notoirement dans sa communion , de l'aveu même de son chef et de toi:s ses premiers jiairlcursl' A coup sûr

PAR

si en af^îssaalaiusi les dissidtnis sont lombes dans le schisme , il faut attribuer ce schisme déplorable au souverain pontife , à tous ses collègues dansTepiscopat, à l'Eglise universelle elle-même, qui n'ont point fait difficulté de communiquer avec eux, et qui partout les ont accueillis, proclames comme de fienéreux confesseurs de la foi et de l'unité catholique. ISous demandons encore à ces evêques réunis^ si la génération élevée sous leur conduite et sous la tonduite de leurs collègues et de leurs cooperateurs, a montré , en matière de religion, une instruction beaucoup plus développée et plus lumineuic, que la génération formée précédemment par ce clergé qu'ils se plaisent à traiter tantôt de dissident tantôt d'incommiinicanl ? Si celui-ci, à l'tgard duquel ils affectent de garder toujours un profond silence, quand ils parlent de persécution, a quitté la France sans y être réellement forcé, et sansy avoir laissé Acs ouvriers cvangeliques, pour porter secrètement aux fidèles répandus dans les villes, les bourgs , les villages, jusque dans les hameaux les plus retirés, l'encouragement, les consolations, la paix-, en un mot, tous les secours qui sont dans les mains de la religion r" S'il faut mettre au rang des fables inventées à plaisir, les décrets qui le déportoient dans des contrées étrangères, l'exiloient sur des plages meurtrières, ou le condamnoient à une mort cruelle? Est-il donc faux qu'un grand nombre de ses membres aient péri sous la hache des assassins, dans de sombres cachots, sur des echafauds dressés partout, dans des régions inhabitables,sur des vaisseaux où ils étoien t entassés à fond de cale ? Qu'ils nous disent eux, si, dans les circonstances difTiciles où ils se sont momentanémenttrouves, leurs evêques et leurs pr(*lFes ont fait éclater autant de patience, de résignation, de courage, <ic Jfvoûmenl et de zèle pour vo-

1er au secours de leurs adhérents, que les missionnaires catholiques en ont déployé envers les fidèles ? Des faits nombreux et trop récents pour s'être échappes déjà de la mémoire de ceux qui les ont vus, et I es registres qui constatent /'o/7o.</a.s;«; du sacerdoce arrachée à une multitude de ces enfants infortunés de la ronslilulion ciiHe du c/<T^'('',par la crainte des vexations, des cachots et de la mort, crient assez haut contre eux.

Pourquoi donc tombera tout propos sur le clergé insermenté , quand on sait, à ne pas en douter, qu'on ne le peut sans s'exposer à des contre-coups assommants , à des répliques accablantes?

Le premier synode national avoit levé hâtivement sa session sur des bruits très-alarmants, comme le témoigne l'évêque de la Seine : il n'avoit pu, en conséquence, terminer des objets d'une haute importance, sur lesqijels on eût désire qu'il statuât. Le nouveau synode devoit y suppléer, et porter ses regards en particulier sur « le n'iablisscmenl de » la pénitence canonique» ( si vivement désiré dans le dernier siècle par les jansénistes, et tenté déjà dans l'église de Sens), « la pratique descon- » seils évangeliques, l'éducation des » enfants, celle des clercs, l'établisse- )• ment des séminaires, les étudesec- » clésiastiqucsà ranimer, les moyens " de pourvoir aux frais du culte et » à la subsistance des fosleurs, l'a- » mour de la répuliticjue ( expirante ) » à fortifier, l'examen des fêtes reli- » gieuses à établir ou à supprimer , » l'uniformité de livres symboli- » ques , ascétiques et liturgiques , » l'uniformité <le statuts synodaux , )' l'ori^anisation diocésaine à complé- » ter , l'usage et l'abus des dispenses '> et des reserves , le maintien de j> nos libertés , qui ont ele le bou- » levard de l'église gallicane contre » les usurpations uUramonlaines , >> les relation:^ a^rc le saml Sié/(e et les » autres eVjiscs du monde chrétien.

248 PAR

I' le rappel des sfcles au ccnire de l'un/le' ^ » et tant d'aulres questions impor- » tantes et délicates qu'il faudra r> aborderavec fo/;ro^f, discuter avec » profondeur , et décider avec cette '> sagesse propreà maintenir lesprin- » cipes inébranlables de la religion » catholique, en frondant les trreun 5) et les abus qu'on a voulu lui asso- " cicr. »

Le nouveau concile national devoit mettre en problème , si le concile de Trente est re(;u ou non en France; etl'onindiquoit pour fournir les renseignements ultérieurs à cet égard, lessruan/sM/i^nol et -4gier^ dont le premier avoit appelé de la bulle Vn'i^enilus au futur concile œcuménique , et le second décidoit tranchément que le concile de Trente n'étoit admis en France, ni quant à la discipline , ce qui est assez généralement vrai , excepté un grand nombre de points particuliers qu'on y a toujours suivis ; ni quant à la doctrine, ce qui est entièrement faux. Les réunis vouloient qu'on discutàtencore dans le synodede 1801, les erreurs qui s'étoient élevées depuis le concile dont nous venons de parler. Entreprise contraire aux droits de l'Eglise , qui a prononcé déjà sur ])lusieurs de ces erreurs.

"Quoi! s'écrie l'éveque constitu- » tionnel de la Seine, qui s'opposoit j> à la tenue du synode ; l'on ose pro- 3' poser aux Pères qui composeroient j> ce concile , de délibérer sur l'ac- » ceptation du concile de Trente , '> de prononcer sur toutes les er- 5> reurs qui se sont élevées depuis ce » même concile. Quelle impruden- » ce î Que prétendent donc ces fai- » seurs de projets? \ eulent-ils aug- " menter les troubles et les dissen- » sions r \eulent-ils réveiller des >' querelles que le gouvernement (il falloit dire que l'Eglise appuyée du gouvernement) s'est efforcé d'as- >' soupir; rallumer un fctimal éteint » et capable de tout embraser? Veu- »> Icnt-ils accroître sans mesure les

PAR

)> mïux de l'église gallicane déjà » trop afiligée, et la précipiter dans n une ruine entière qui deviendroit » presque inévitable ? » Le synode devoit s'occuper encore de la pacification ; « Aviser aux moyens d'ac- " celerer la tenue d'un concile œcu- '■ ménique ; examiner dans quelle »parliedeIaliturgieilconvientd'in- » troduire l'usage de la langue vul- » gaire ; indiquer la meilleure ma- » niere d'étudier l'Ecriture sainte, » et les exercices les plus convenables » pour en répandre le goûtet lacon- » noissance parmi les fidèles ; enfin , » régler, d'après nos libertés, quels « sont les rapports de discipline qu'il '> convient d'entretenir avec le saint Siège. » Cette dernière question paroissoit assez inutile.

Telle étoit en raccourci , la vaste matière sur laquelle le clergé constitutionnel assemble en concile national , devoit porter des canons et des décrets admirables. Les réunis en avoient conclu une haute idée, et pour préparer les travaux qu'exigeoient tant de choses à discuter, ils avoient invoqué les lumières et les talents de savants de toutes les classes. << On ne verra pas , disoient-ils, » l'Europe rétrograder vers les

» fausses décrétales L'antique

» discipline commence à se relever >' sur les débris de ce co(Je apocryphe: » et l'époque n'est pas éloignée où » la constilulwn cuilc du clergé , qui fut » le sxijet de tant de clameurs , de ca- » lûinnies et de récoltes^ paroîtra, mal- » ure quelques imperfections^ un des ef- » forts les \>\\iS généreux ^OVlT restaurer » les formes antiques du gouverne- » ment ecclésiastique. »

Au reste , les réunis pensent qu'il « seroit superflu, injurieux même » de recommander qu'on choisisse » des députes qui réunissent la piété, » les vertus et le patriotisme : le » clergé de France , ajoutent-ils, ne » reconnoît plus que des pasteurs de >> celle trempe, depu'ia qu'il a été pu- » rifié par la défection des deux

PAR

clas3cs Jo prêtres (réguliers et sécu liera ) « ordonnes dans l'ancien rc'pme : » les tins entachés d'inc'uismc , les » autres d'apostasie. « Ces prélats ont sans donte raison de ne pas accuser r/V')cùv.smé; les prêtres de leur création ; mais pourquoi les séparer de la crasse honteuse des ecclésiastiques de IV/nWr/i régime, quand on parle d'apostasie ? Pardonnons-leur cependant celte bévue, eftét tout naturel de la prédilection qu'ils conservent pour les prêtres auxquels ils ont imposé les mains. Du moins ils ne devroient pas se fâcher si rudement contre les apostats tirés de F ancien régime; car il y a grande apparence que sans eux, ni les m//jM ni leurs trix-n'iérends collègues, n'eussent pas été faits évêques des rivières , des montagnes et des rochers dont ils portent les titres , et que malgré le généreux effort pour rcslaurcr lesformes antiques, qui a produit la conslilulion ciiile du clergé , ou n'eût pas vu , en France , de pasteurs de celte trempe.

Nous ne parlerons pas de l'instruction envoyée par les n'unis aux conciles métropolitains, où nous avons puisé déjà quelque chose de ce que nous venons de dire. 11 nous suffira d'observer que ces assemblées dévoient se tenir dans le courant de l'été de l'année 1800, et préparer les voies ainsi que les travaux du synode qui devoit avoir lieu , en 1801 , à Paris. Mais nous ne pouvons passer de même sous silence la circulaire adressée par les réunis aux évêques des églises étrangères.

Ils leur apprennent que l'épiscopat est un; que toutes les églises doivent s'intéresser mutuellement à ce qui les concerne ; que c'est surtout dans les temps de desastres que doit se manifester cette tendresse mutuelle; que depuis dix ans l'église gallicane a vu peser sur elle tous les maux que pouvoient accumuler la persécution la plus féroce , et la dil'iston la plus déplorable ; (jne le droit

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et le devoir (Jonnent à chaque pasteur Finiliulive pour accourir au soulagement de notre ei^/ise ; qu'une occasion se présente pour donner a l'église gallicane des preuves elTectives de charité , le concile national indiqué pour la première aiuiee du dix-neuvième siècle , où l'on doit Censurer de nouicau toutes les erreurs contre le doi^me et la morale qui , depuis le concile de Trente , ont tenté de flétrir la virginité de la foi , etc. Les réunis vantent le courage que leur clergé a déployé dans la persécution, lisse plaignent que leur foi et leurs mœurs ont été calomniées auprès deseglises étrangères; qu'on yproscrivoitleurs apologies ; qu'on y crioit h l'hérésie , sans pouvoir articuler un seul dogme auquel ils eussent donné atteinte: au schisme, quoiqu'ils ne cessassent de proclamer leur attachement inviolable au premier des pontifes; à l'excommunication , quoiqu'il n'y en eûtaucune, etquesi elle eût existe , il eût fallu, pour être valide, qu'elle fût prononcée par l'autorité' compétente , que les inculpés eussent été entendus, etc. Car ils ne reconnoissent pas les excommunications à /«/r dont une frappe Icsschismaliques et les hérétiques.

•< ÎSos adversaires, disent- ils en- '> core , livrés entr'eux rt l'anarc/iie , » et dont quelques-uns iustifient, » par leur acte de soumis.vion aux » lois ce que nous avons fait neuf » ans plutôt. »

Les réunis se permettent ici une contre-vérité manifeste. Les prêtres dont ils parlent nyo'ivni promis/delitéà la constitution (\m etablissoit le consulat à la tête de la république, et dans laquelle il n'etoit pas question de la constitution cii'ile du {lerj^é. L'acte que ces prêtres avoient signé , ne faisoit aucune mention des lois, et il y avoit une déclaration insérée dans le journal officiel , par laquelle le gouvernement assuroit que la promesse de fidélité i\on\.'T\ s 3if;it, n'c'toil nuire chcsu qu'un acti purement civil, elquil n^n-r

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tendoit i^êncr en rien les OjiiniuninTig'wuscs «îles consciences.

« Nos adversairescricntàrinlni- » sion , et prétendent que le fil de la » succession c'piscopale est rompu...

» Aux preuves irréfragables de la 5> /('giliinilé de nos titres, de Ia pureté de >) notre foi ; à nos invitations multi- » pliées pour conférer sur les points »> contestes.. .. on a répondu par des ^■injures et des imjwslures.... Revé- » rendissimes éveques , la solidarité » de Tepiscopat vous impose le devoir » d'intervenir d'une manière posi- )' tivedansnos débats... Ln juge- » ment prononcé sans nous enten- » dre eut été criminel , d'une part; » et de l'autre, frappé de nullité:

» Konie païenne même eût censuré " une telle précipitation... Nous ne » vous ferons pas l'injure de pen- " ser qu'il y ait moins à attendre de » prélats chrétiens que d'un gou- » vernement païen. Ainsi la pru- » dence aura suspendu votre juge- >» ment. »>

Les décrets qui établissoient la secte constitutionnelle, etoient assez connus. Les erreurs et les principes schismatiques sur lesquels ces décrets étoient fondés, avoient été déjà condamnés par l'Eglise. Les réunis et leurs collègues élevés à l'episcopat en conséquence des mêmes décrets, en avoient juré le maintien; leur cause étoit donc suffisamment entendue. Elle n'etoit pas moins connue la cause des évêques créés postérieurement à l'abolition de la consliliiiion cii-ile du cleri^é. Ils avoient été promus en sxiite de règlements arbitraires et opposés à la discipline reloue ; institues contre les règles établies partout, etc., sans compter que plusieurs envahissoient des diocèses dont les légitimes titulaires vivoient encore. Ainsi les prélats étrangers ne manquèrent pas à la prudence; quand ils prononcèrent Avec le pape, d'une manière expresse ou tacite, le même jugement que lui.

Kous écrivons au thefdcrj'.i'Ji.sr,

PAR

" ajoutent les n'unis, pour lui an- » noncer le concile national qui doit » s'ouvrir le jour de la saint » Pierre de la présente année ; » et pour le prier de nous envoyer » des délègues qui s'assureront » par eux-mêmes de la pureté de no- " Ire foi , de la eanonirité de nos fonc- » lions^ de notre amour pourlapaix.

» Vous aussi , RR. EE. , nous vous » en conjurons, venez-y comme té- » moins et comme juges : nos écrits, » nos sentiments, notre conduite, » sont les éléments sur la connois- » sance desquels doit s'asseoir une » décision sage et motivée. » Us insistent sur cette invitation au concile , afin qu'on y envoie des députés, qui agissent en leur propre nom, et comme dépositaires du vœu collectif des autres diocèses. Mais il faut que ces députés se chargent eux-mêmes de la dépense, parce que le clergé français se trouve dans l'impossibilité absolue d'y concourir. Ils se rejouissent déjà dans l'espérance de voir au milieu d eux , dans leur concile, des prélats députes par les églises étrangères. Ils disent quune seule déeision a été portée sur les affaires ecclésiastiques de France , la décision des facultés de théologie et de droit-canon de l'université de Frièourg-en-Brisgaw^ qui a prononcé en leur faveur. Us réclament de même l'avis de toiites les universités catholiques, le jugement des églises dispersées. Ils avouent que les prélats des pays situés hors de France connoisseiit l'état de la question sur laquelle ils appellent leur examen;, ensuite ils récusent lesévêquesfran- (^ais leurs antagonistes, et le premier des pontifes lui-même , comme parties intéres.sees avec eux, dans cette affaire majeure. Enfin les réunis assurent les evêqucs de la catholicité, que la circulaire qu'ils leur adressent est enre^is/réedans les archives des l hisloire. Nous ne nous arrêterons pas à une antre circulaire adres.«ée aux melr(;!;( litaiîis , drins laquelle les

PAPx

rtunii (ou jours extasiés sur \e conriluibule de 1797, envoient à l'admiration des siècles recuites son plan de pacification, qu'ils élèvent a côte drs travaux célèbres qu entreprit Pc-^lise d'Afrique pour apaiser les troubles qui la désoluicnt du temps des donatistes.

Mais cequ'ils trouvent de plus étonnant dans les opérations de ce grand synode , c'est son merveilleux décret sur le mariage, où il sut rendre si pleinement à la puissance temporelle la disposition entière de ce qui la concernoit , tout en consenant inaolahlement a l'' Eglise les droits qui lui appartiennent dans r administration des sacrements. Etonnement que ne partageront pas sans doute ceux qui savent que Luther, de Dominis et une foule d'autres ennemis de l'Eglise avoient prélude au concile , et enseigné avant lui les mêmes erreurs.

On voit aussi , dans cette lettre , que les réunis prévoient avec complaisance, sur quelques données qu'ils ont reçues, que le synode décidera sur la réception du concile de Trente, et qu'il prononcera sur toutes les erreurs qui se sont élevées depuis ce concile. Deux points qu'ils ont grandement à cœur ; il seroit aisé de dire pourquoi.

Nous avons insinue que Royer s'opposoit à la tenue du concile de 1801. En effet, les re'unis lui reprochoient, peut-être un peu par jalousie, ainsi qu'il s'en plaint luimême , d'avoir été transféré , on ne savoil trop comment, du siège de l'Ain sur celui de la Seine ; de n'avoir pas pourvu ceux du Loiret, d'Eure-et-Loire. et de r\oinic où cependant sa juridiction de métropolitain n'étoit pas reconnue ; de s'être laissé abandonner par plusieurs églises de Paris, dans l'une desquelles il s'etoit fait de /wnteuses et (Irtrissuntes n'Iraetulions ; de ne plus reconnoître de reunis depuis qu'il doit monte sur, son nouveau siège ; enfin de n'avoir pas tenu son synode dîocesain , ni le concile de sa pro-

FAu 2,,i

vince, demandes dans la lettre d'indiclion du concile national pour 1801. Autant de griefs criants sur lesquels on Icmenaçoit de poursuivre, disoit-il, sa déposition dans cette dernière assemblée. Mais indépendamment de ces motifs personnels , auxquels ce prélat ne se montroit pas insensible , il en alléguoit d'autres assez raisonnables. INous avons marqué ce qu'il pensoit à l'égard des discussions proposées sur le fait de la réception du concile de Trente et touchant les erreurs postérieures à ce concile; il prétendoit encore que l'église de France etoit trop agitée pourpouvoir se pacifier elle-même; que le gouvernement, qui annon-cfixi des vues de conciliation , ne verroit pas d'un œil indifférent une assemblée de cette nature ; et que le synode de 1797 ayant appelé la médiation du pape, ilfalloit lui laisser et au premier consul, l'initiative dans cette affaire , puisqu'il paroi.ssoit certain qu'ils etoient entres en négociation ensemble pour ce sujel.

Royer déduisit assez bien ses raisons dans deux lettres qui! adressa , la première à tous ses collègues, la seconde aux metropolitains.il ('il dans celle-ci ces choses rcniarqiialiles :

« Ne croyez pas, révérends col- » lègues, que nous poussions les " choses trop loin ; nous connoissons » l'intention des n'unis ; ils ont trahi » eux-mêmes leur secret. Ces mes- » sieurs s'imaginent que le gou- » vernement n'a pas le droit de » changer ce qu'a fait l'assemblée » constituante en décrétant la eon- » slilulion civile du cAriff.- ils prétendent » qu'il faudroit pour cela, une a.s- » semblée générale de la nation ; et " c'est en conséquence de cette pré- » tenlion qu'ils veulent , à quelque » prix que ce soit, convoquer et » tenir un concile national, afin » d'opposer au gouvernement une » autorite rivale , une puissance ca- »> pable de contrebalancer la sienne, >' et de paralyser tous ses efforts par

i52 PAR

» une rcsislance forte et bien com- M binée. »

JjCS A7/n/> rc'poniîirent avec vivacité à Tévêque delà Seine, qui enfin eeda lui-même , et à leur inviialion tout s'ébranla dans fei^lise ronstitutionni lie : les arcliiprêlres , où il y en avoit, tinrent leurs <nnférences;les évoques, leurs synodes; les mélropolit ins, leurs conciles provinciaux ; et le conciliabule indiqué pour 1801 , s'assembla.

11 s'ouvrit solennellement le 2g juin ,dans l'éî^lise métropolitaine de Paris. H V avoit eu dc]à quelquis séances préliminaires dès le 28 juin.

On avoit décidé , dans celle du 28 , après une Ionique discussion, que le concile émettroit la profession de foi <Ie Pie W ,dans le sens quelle a toujours t'Ict t.lendnc par l' éi^lise i^nllicane . Comme si cette église particulière et si orthodoxe avoit entendu la profession de foi dont il s'agit , dans un autre sens que l'Eglise universelle l'a constamment elle-même entendue. Mais il étoit permis sans doute aux constitutionnels d'inventer des restrictions et de nouvelles rubriques , quand il s'agissoit d'énoncer uueprofession de foi.

On vit siégerdansle concile, neuf métropolitains , trente-trois évêques des départements, huit ecclésiastiques fondes de pouvoirs , cinquantetrois prêtres que la détresse avoit admis , et deux italiens envoyés par quelques brouillons du Piémont et du pays de Gênes : en tout cent .six Pères. Claude I ecnz, évêque de Lille-et-Vilaine et métropolitain du IN'ord-Ouest , y présida , assisté de Dominique Lacombe , évêque de la Gironde et métropolitain du Sud- Ouest , et U'^nri Grégoire ^ évêque de Loir-et-Cher. 6Vo«d'c Déhertier , évêque de l'Aveyron , en fut nomme promoteur, et on lui associa Paul- Félix Joseph Baillez , curé, dit-on , de Saint-Etienne-du-Mont à Paris, et J'ranrois de Torr/ , qu'on qualifie de Supérieur du séminaire de Reims. ,'

PAR

(I y eut cinq congrégations qui J

avoient pour objets respectifs , la \

jiaix et les libertés de l'église galii cane ; la foi, les mœurs et l'enseignement ecclésiastique ; la discipline intérieure, c'est-à-dire, tomme on l'exp'iquc, les sacrements et la liturgie; l'ori^anisalion de l'églis*' gallicane, enfin le code ecclésiastique.

Henri Grégoire prêcha le discours d'ouverture. Apres avoir lu cette pièce , qu i n'est pas frappée au coin de l'éloquence ni à celui du bon goût, on se demande quels en sont la nature, le plan et le but ;etron se voit forcé de la reléguer parmi les raps.idies plus philosophiques que chrétiennes, dignes d'une imagination exaltée bien plutôt que de la bouche d'un évêque. On y remarque surtout l'opposition de l'auteur à l'autorité des papes, son penchant pour le jansénisme, son dévoûment à la souveraineté du peuple en faveur de laquelle il invoque, un texte du X'S * concile de Tolède, où il est autant question de cette souveraineté prétendue, qu'il y est question de l'Alroran. H parle « avec » attendrissement de la caducité des >» frênes el du courage des fondateurs de » la liberté. » Il dit que la religion a apporté du ciel /'p^a/.'/fv que « les em- » ' pereu rs païens s'acharnèrent d'au- » tant plus à la persécuter , que ses " principesde//^f/-//pou voient ebran- » 1er le colosse de leur puissance .... >' observation trop peu développée » par les historiens. » Revenant encore à la charge contre les papes , j

il cite avec éloges les auteurs récents ■ qui ont partagé ses sentiments à ■

cet égard; entr'autres Eustache ])égola,ce prêtre deCjênes, qui vint au concile de la part de huit ecclésiastiques et de deux avocats, et qui y fut reçu avec admiration , comme de'puiédes é>(lises d' Italie ; Solari, évêque de ÎSoli , très-afl'eclionnéà l'église constitutionnelle , et qui avoit eu déjà le courage de dénoncer au gouvernement de Ligurie . la buUe^.

PAR

Auclonm fiJti; « bulle, ajoiile J'ora- » teiir du concile , repoussee à ISa- » pies, à Venise, àMilan,àFlorcnce, » en Autriche. " Pourquoi n'ajoute-t-il pas en France; puisque lui, Grégoire, et encore quelques restes du parti iansénien n'en veulent pas:' Heureusement que le cardinal Gerdil a démontré le contraire de l'assertion de notre prédicateur synodal, en prouvant qu'un grand nombre de prélats avoient adhéré positivement à cette bulle, par des lettres; et que les autres y avoient donné tacitement leur consentement, en ne réclamant pas. Mais l'évêque de Loir-et-Cher se moque de ce consentement tacite ; il ne reconnoît même que le concile œcuménique comme tribunal suprême de l Ljilise.

Enfin, il vient caresser à sa manière, les dissidenls qui , suivant ce qu il en assure, ont célébré le saint sacrifice sur les cadavres des patriotes, jetc la discorde dans les familles, divise les époux, les frères, les enfants , les amis, etc. ; et qui auroient dû penser, d'après un Père illustre , « qu'il » falloittout supporter, plutôt que » de rompre la concorde dans l'K- » glise de Dieu, etc. » Telle est en abréi:;é l'analyse de ce discours , que l'on peut regarder comme une préface digne du concile auquel on le fit servir de prélude-

Malgré le décret par lequel les Pères s'etoient déclares constitués en roncile national , après aiuir vérifié leurs litres et leurs pouioirs respeelifs, les éléments qui dévoient former celle assemblée n'etoient pas encore reconnus le 2g juin ;ce ne fut que le lendemain qu'on procéda à la vérification des pouvoirs dechaque depulé.

Desbois, évcque de la Somme, qui prévoyoit que cette opération Cutraîneroit des difficultés, eût désiré qu'on la renvoyât après qu'on se fût occupé « de la pacification tant » avec le chef de l'Eglise qu'avec les » dissidents. »Mais la discussion s'eng.'igea et devint des plus vi^cs.

l.a Icllre dinditiion n'avoît pas servi partout de règle. Ellefixoità trois le nombre des députés du second ordre que chaque métropole devoit envoyer au roncile. Cinq s'y etoicnt conformes: les au 1res avoient nommé jusqu'à dix prêtres , sous prétexte qu'ils reprcsentoient les églises diocésaines de l'arrondissement métropolitain. 11 se présentoit encore d'autres ecclésiastiques autorisés seulement, ou par des conférences , ou par des pa.steurs isolés et inconnus, ou enfin par des membres du concile sansaucun caractère à cet effet.

EfTrayés d'une si étrange irrégularité; craignant la prépondérante que pouvoit exercercette multitude de prêtres dans les délibérations; instruits des reproches faits assez; légitimement au concile de 1797; espérant aussi que le gouvernenu-nt s'entendroitavec eux dans la grande affaire de la pacification : enfin , jaloux de reconquérir à l'épiscopat des droits que la constilulum enile du eler^é ]u\ avoit enlevés , et de venger l'église constitutionnelle de l'accusation de presbytérianisme en matière de gouvernement , accusatio"n dont elle avoit peine à se défendre d'après ses lois constitutives , plusieurs éveques, et peut-être tous eus.sent bien désiré d'enviroimer leur nouveau synode do considération, lui donner un air imposant, et le rapprocher le plus qu'il seroit [(ossible des formes usitées dans la composition des conciles. Ils s'aperrevoientd'ailleurs, qu'admettre indistinctement tous ces prêtres, c'eloit détruire l'égalité des églises , violer leurs droits respectifs, favoriser l'insubordination, et pher sous une cabale qui avoit ose fouler aux pici^.s la lettre d'indîction , approu- \ce de fait par tous les évêques. En eonsequencede cesmotifs, plusieurs prélats prirent la résolution d? soutenir avec vigueur les droits de 1 épiscopal contre les prctenlioua exa-

2^^ l'élit

P'rees des ecclésiastiques du second

ordre.

Ceux-ci, arcouhime's à voler avec les evê{|iies dans les conseds diocésains , et à voir les simples prêtres y exerter une prépondérance établie par la conslitulion tiàlc du iler^^é , vouioient forcer l'entrée du concile , et y avoir voix deliberalive en tout.

Peu constants dans le clioix des moyens pour appuyer leurs prétentions , ils se présentèrent successivement comme représentants des diocèses , comme députés d'un ordre qui fait partie delà hierarcliie ecclesiasti»,ue , comme successeurs des soixante-douze disciples , comme simples prêtres, etc. , alléguant l'antiquité, les conciles de Jérusalem, de Constance etde Bàle, les exemples des abhes , des généraux d'ordre, des universités , des chapitres , l'autorité de quelques auteurs surtout parmi les modernes : car aussitôt qu'ils se voyoient débusqués d'un poste dont ils s'eloient saisis sans trop savoir s'ils pou croient s'y maintenir, ils se liâloient àe i'C retrancher, avec la même incon^ide^ation, dans un autre. Mais ils etoient forts en nombre ; et ils avoient encore d'autres armes avec lesquelles ils pouvoient jeter efficacement l'efïroi dans le cœur des evêques.

Cependant il falloit mettre de l'ordre dans une discussion si importante. Pour y parvenir , " le >' concile décrète que la verifka- » tion des pouvoirs commencera '> par ceux des représentants des » evêques , ensuite des députes » des métropolitains, et qu'elle se- » ra terminée par celle des églises => veuves. »

La vérification des titres des députés de la première classe exdla seulement de Iée;ers débats , le principe étant généralement reconnu.

Mais quand on en fut aux envoyés des métropoles , la discussion devint très-vive et très-longue : elle o. cupe ■?^!^ pirrc^ dans le î'"'' vflhîir.e

des ar/wdu concile. Nous n'en dirons que fort peu de choses.

Le rapporteur se montra favorable aux prêtres, vu la difficulté de faire les élections dans beaucoup d'endroits. Quelquesévêques se rangèrent de son avis par amour de la concorde. Celui de la Somme, un des n'unis, po.sa brièvement des principes exclusifs. Mais l'évêque du Jura, s'attacha , dans un discours qui fut long ,et souvent assez vif, à détruire les moyens employés par les ecclesiastiquesdu second ordre pourfaire valoir ce qu'ils appeloient leurs droits.

Il leur apprend que le représentant d'une egli.se particulière c'est l'évêque , et qu'il ne peut pas plus y avoir deux représentants d'une même église dans un concile que deux evêques sur un même siège :

qu'un concile est la représentation des églises d'une province, d'une nation ou de toute la catholicité , selon qu'il est métropolitain , national ou œcuménique : qu'il y a donc loin de là à une assemblée du clergé, ou la représentation des ordres qui composent la hiérarchie doit avoir lieu : que les soixante-douze discijilcs n'etoicnt j)as prêtres, qtiand ils furent envoyés, et que leur mission etoit bornée pour le temps , pour les lieux, pour les per.>onnes et pour les choses, bien différente en cela de celle des prêtres : que de seize à dix-huit cents conciles dont on a les actes, on ne voit les signatures de quelques prêtres que dans vin^l-cmq seulement; encore ces ecclésiastiques signataires etoient-ils , « ou >' des légats du saint Siège , ou » fondés de pouvoir de la part des » evêques; ou députes des egli.ses » veuves , ou appelés pour concou- » rir au jugement de leurs pairs » dans des causes personnelles , ou » enfin des hommes d'iine doctrine » rare, qui avoient rendu de grands » services, et à qui on permeltoit >' de délibérer et de signer, parce » qu'ils avoient eié specialeniCJiî

PAR

« convoques. » Il résout les objections tirées des conciles de Jérusalem , où les anciens étoient probablenient, dit-il , tous èvêques, et de ceux de Constance et de Kâle , dans lesquels on votoit par nation, etc. 11 apostrophe les prêtres de divers arrondissements métropolitains , et tous les autres en gênerai. Il leur dit qu'ils n'ont lien de commun avec les abbés, les généraux d'ordre, etc. ; que l'antiquité, qu'ils réclamentavec tant de confiance, ne leur est pas favorable, et qu'ils ne peuvent s'appuyer que sur celle qui ne remonte pas au-delà de 1797, faisant allusion 2iu concile nationiil , composé de deux tiers de prêtres sur un tiers d'evêques, synode taxé de presbytérien , et qui ne fut un concile , selon lui , que parce qu'il 5'y trouva plus d'evêques qu'on n'avoit osé l'espérer, et qu'ils se réunirent souvent seuls dans des assemblées où pbisieurs points importants furent décides.

F.nfui, il parle d'anarchie , dinlriftues , d'acariâtres ; d'où il est aise do conclure que la subordination et l'accord ne régnoient pas très-admirablement dans le clergé constitutionnel.

Paul-Benoît lîarthe, évêque du Gers , entre plus avant dans la question. Son discours , qui occupe iGo pages dans le l'''^ volume des actes du concile, est mcinsénergique que celui de Moysc,evêque du Jura; mais il nous paroît plus fort en preuves et plus abondant en détails.

11 commence par piquer l'amourpropre des Pères du concile. •< Ob- » servez encore, leur dit-il, que » dans les conjonctures présentes, » votre décision va faire connoître » vos principes sur la nature de Yor- » f(ani.sa/wn de l'Fglise de Jesus- " Christ. Elle va distinguer où con- " foudre les signes de démarcation " dca différents degrés de la hierar- » chie sacrée : elle va, on vous jus- »> lifier d'un des reproches d'hérésie •> que vous ont fait les cUssidents , ou »• en afigraver les imputa (ions et dé-

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" monUerpeut-ctre leinli'rjitiniité:

i> elle va donner à juger de vos '> moyens et de votre capacité dans •» l'administration d'une des respec- » tables églisesdel'universchretien, » et faire connoîlie à coup sûr si » vous êtes dignes par vos lumières " d'occuper vos sièges, aulant que » vous l'êtes par vos vertus. Quoi !

>' votre première détermination » porteroit-elleiemoindrecaraclère » d'inconsideration? Vos premiers » pas dans la carrière auguste que » vous allez parcourir, déceleroient- » ils des vues d'un esprit de parti ? »

Il distingue les divers objets sur lesquels un député peut prononcer par un suffrage définitif ou consultatif. Ces objets peuvent être , ou des questions (le foi , ou des règlements de discipline, ou des jugements persoiuiels d'é\êques ou de prêtres, ou enfui des opérations financières.

Venant ensuite aux questions concernant la foi et les mœurs, il prouve , par la difîcrence de la mission dits apôtres, de celles des soixante-douze disciples ; par le caractère (ï in fii///iù/7ite actii'e dont le Fils de Dieu revêtit les seuls apôtres , et dans leurs personnes, le corps des pasteurs qui leur succèdent; par les actesdes conciles, l'autorité exclusive qu'y ont toujours exercée les évêqucs pour les décisions doctrinales, leurs paroles adressées quelquefois aux prêtres : srnodus episcoporum est, non rlcncorum : superfluos foriis miltile (ï) ; par les dénominations qu'ils donnoient eux-mêmes aux conciles; par les saints Pères ; la tradition de YEglise romaine, énoncée par les souverains pontifes; enfin, par l'autoriié des écrivains ecclésiastiques, «les théologiens et des canonisles, que les prêtres ne sont pas les juges ordinaires de la foi , et qu'ils n'ont pas

(i) Ainsi jiarlèrent les (*v^ques d'Egvplcdaiisle concile de Calcédoine ronlic iespirlfes qui enfroient daii.s l'assciublec. Ap. L'ard. t. 3. col, 655.

droit, en vertu de leur ordre, ni du rnug qu'ils tiennent dans la hiérarchie sacrée , de prononcer d'une niAinero authentique, c'est-à-dire, par des suffrages définitifs sur celte matière , ni incme de iu};er dans les causes personnelles des evêques.

Le citvyen Bartheçcar c'est ainsi qu'on le caractérise, lui en particulier,dans lesot/fidu synode), réfute en passant l'abbé de la Chambre, qui prctendoit, en 174^7, que les paroles par lesquelles le Sauveur communiqua Vinfailltliililé act'ue, concernoient aussi tous les preîres. 11 accable l'avocat Maultrot qui , dans plusieurs ouvrages , a eleve bien audessus de leurs justes bornes les droits des ecclésiastiques du second ordre. 11 ditque « les jugements » des facultés de théologie sont des » jugements doctrinaux, mais non » pas des jugements coërcitiis ; des » jugements prononcés avec quelque " autorité , mais non point avec une » autorité qui soit une participation '> de Viiifai7/i//i/ite fic/iiP accordée par » Jésus-Christ au collège des apo- » très et au corps des évoques, leurs » successeurs. » H fait remonter ce peu de pou voir àsa véritable source, aux concessions apostoliques, cestà-dire des papes. Ensuite s'elevant contre \?l folle prétention des prêtres, il s'écrie : « Proscrivez à jamais ce '> système d'indépendance et d'anar- »chie; sans quoi aucune église de » la chrétienté ne voudra vous re- '> connoître comme des dépositaires » de la doctrine ...; ou plutôt dans » toutes les églises, votre décret sera » proscrit comme renouvelant une » hérésie d'autant plus funeste, » qu'elle sape toute autorité de l'E- » glisedansses fondements, et donne " unlibre accèsà toutes sortes d'er- " reurs dans son sein. » Enfin, on voit encore 36 pages consacrées dans le discours de cet évcque , à réfuter les objections tirées de toute sorte de .sources en opposition à la thèse qu'il defendoit a.^sc/Jjien.

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