TRIOMPHERA
Telles sont les vues delà majorité des Pères du conciliabule. Cepentlant quelques-uns énoncent d'au très pensées. Ils estiment que les conférences ne seront point acceptées ; qu'elles seront en elles-mêmes inutiles et hors d'à-propos dans les circonstances présentes, puisque les deux puissances s'occupent de concert de la pacification. L'un d'entr'eux va jusqu'à dire , que les annoncer , n c'est annoncer un acte de '> guerre ; c'est se mettre sur le :» champ de bataille. Est-ce par là " qu'on doit commencer lorsqu'il » s'agit de la paix ? » Belle pensée ! sentiment merveilleusement pacifique, mais seulement en apparence.
3..e même Père et d'autres, qui semblent, pour divers motifs, s'oj>poser à l'avis qui prévaut , demandent qu'on se contente d'écrire aux fidèles, pour leur faire connoître toutes les démarches spécieuses qu'on a faites jusqu ici pour parvenir à la reunion, et faire retomber sur les inconimunicanls le non-succes et tous les torts.
Les conférences résolues, ou sur ie point de l'être plus définitivement ■( car on les décrète plus d'une fois), on présente successivement trois projets de lettres d'invitation pour lesd/ssidents. Celle de Gro.idiàier, députe de ^f^oljias, évêque de la Côted'Or, et promoteur de ce diocèse
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conslitutionncl,/w/-/e r?//.! /lommes. dk un père: elle est en eHétécrited'un stjhî quel(]uefois assez amer, et plus propre à attiser le feu de la division, qu'a poser les bases d'un rapprochement çue/euru/ue. Maison remarque qu'elle est trop longue; qu'on n'y a pas répondu à beaucoup d'objections essentielles, par exemple, aux principaux motifs qu'opposeront les adversaires , pour s'excuser de se présenter aux conférences, et à ce qu'ils allèguent que les constitutionnels tronquent les textes qu'ils citent à l'appui de leur parti. On en lit une autre : c'est celle qu'a publiée le synode de l'arrondissement du Nord- Ouest. Il est aisé d'y reconnoître le style emmiellé et les principes de Claude Lecoz. On observe qu'elle parle aux femmes , parce qu'elle est pleine de sentiments doucereux et d'expressions amicales , dont le but est très-approprie à l'intention qui fait établir les conférences. Le concile décrète, le i3, qu'il sera fait aux << dissidents, une invitation charita- » ble et amicale, de se rendre au >> concile , basée sur la lettre du sy- » node de Ptcnnes.» Une troisième lettre composée dans la même vue, par le / . Raillet , dit cure de Saint- Etienne-du-Mont de Paris , est lue le 21 et renvoyée à l'auteur, qui la produit de nouveau, le 25, mais avec les changements désirés. On l'adopte ainsi que le projet de décret qui l'accompagne. Celle-ci conduit directement aux fins voulues. On y peint sous de fortes couleurslcs maux déplorables qui résultent des divisions. On annonce qu'on en est vivement touche ; qu'on en a cherche constamment le remède; qu'on le veut encore avec plus d'ardeur que jamais, et au prix des plus grands sacrifiCf's. Point d'obstacle ne peut entraver une reunion franche , solide, amicale : la foi est sauvée dans les deux partis (i); on n'est en dispute
{i) Pourquoi donc ce décret et cette
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que sur des points de disripUne n'j^lementaire; discipline que l'Eglise fait volontiers plier, lorsque des circonslances impérieuses le demandent.
On allègue l'exemple généreux des évêques d'Afrique , le résultat heureux de leurs conférences tenues à Cartilage , en 4i i ^ avec les donatistes. On presse alfectueusement les dissidents à venir à celles qu'on médite; on leur tend les mains; on les serre déjà dans les bras de la tendresse; on les conjure de la manière la plus engageante et la plus amicale de ne pas rejeter un moyen si certain de conciliation. Cette lettre , basée sur celle de Lecoz, en a le ton emmiellé, en contient tout l'artifice, en renferme tous les moyens de séduction. Il semble que toute la dispute soit venue de ce qu'on ne s'est pas entendu; que les torts ou t été égaux des deux cotés ; qu'on a de part et d'autre les mêmes motifs de se réunir; qu'un refus à cet égard, dans quelque parti qu'il eût lieu, seroit î^ricvement coiipable aux yeux de Dieu , aux yeux de la religion , de l'Eglise, de la patrie. Cette pièce, nous le répétons , convenoit parfaitement au but que se proposoit le concile , et ne pouvoîî manquer, sinon d'amener aux conférences les prêtres fidèles, ( ce qu'on craignoit peut-être, qu'on desiroit peu, et qu'on n'attendoit point ) du moins de faire une forte impression sur les partisans des con.stitutionnels et sur d'autres chrétiens simples, bons et incapables de se défier des ruses de l'hypocrisie et du déguisement que les hérétiques savent manier avec beaucoup d'adresse et de subtilité.
Le décret qui suit cette lettre , est accommode, on ne peut pas plus , aux mêmes vues. 11 porte en sub-
denonciation au pape , contre le renouvellement solcncel de l'erreur de la rebaptisation ? Pourquoi les plaintes coiitrc ces p.iradoxes inouïs traniformcs eu dogiues uouveaus ?
stancc, que les conférences étant un moyen efficace de rendre la paix à l'église de France , par la discussion franche et solennelle des principales difficultés qui la divisent, le concile national y invite les reverendi.ssimec évêques et les vénérables prêtres infoniinunieanls^ qui résident en France, que ces conférences se tiendront, des le i^r septembre prochain , dans fegîise métropolitaine de Paris, sous la surveillance des autorites constituées; qu'il sera choisi de part et d'autre dix-huit ecclésiastiques, evêques ou prêtres , dont sept seront spécialement charges de la discussion , sept autres destines à leur servir de conseil, à les remplacer au besoin , et les quatre derniers occupes à surveiller les secrétaires; que ceux-ci, ainsi que le président , seront nommes par les trente-six membres ; que le président maintiendra l'ordre, aura le droit d'arrêter les discussions trop longues ou trop vives, de rappeler les orateurs à la question, de rétablir le vrai point de la difficulté ou de la réponse, que tout ce qui sera dit et fait dans le cours de la discu.ssion, sera exactement noté; que les procèsverbaux, signes du président et des secrétaires , seront rendus public; par la voie de l'impression; que si celle forme de conférence, ou le lieu indiqué, ne convenoit pas à nos /reTf.f, ils sont invités à se concerter avec îe concile à ce sujet ; que la lettre ci-dessus et le présent décret seront adresses aux Ri\. évêques incommunicants, résidents en France , et aux W. ecclésiastiques qui se disent vicaires-généraux ou administrateurs de diocèses. Enfin le XIII.'' article est ainsi conçu ; « le présent décret, » avec la lettre au clergé incommuni- » cant , sera envoyé incessamment » dans tous les diocèses , pour être » transmis aux paroisses, et le con- » cile enjoint aux pasteurs d'en faire » lecture au prune des messes pa-»
» roissiales , le dimanche qui eu sui-
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» vra la réception. » Cette mesure etolt bien nécessaire axi parti, dont les rangs s'éclaircissoient de plus en plus , par le retour à l'unité d'un ^rand nombre de ses membres.
Au bas du décret on lit la si{;nature de Cl. Lecoz, président, et des secrétaires du concile, qui éloient (jlansse, Grappin , Coii^uurnlx, de Bully, Lélard et Moullund. Les deux premiers avoient déjà rempli cet office dans le synode de 1797-
Afmdeneplusrevenira cet objet, qui occupe si souventleconciliabvde de 1801 , nous dirons ici que le 5 aoiit , on proclama les dix-huit preux champions , qui dévoient défendre , dans les conférences indiquées , la cause du clergé constitutionnel , contre les attaques du clergé opposant. Ces vigoureux athlètes eloient , parmi les prélats , jMCombe, Lrcoz, Gre'f^oirc, Desbois de Roche fort , Constant, Moyse , Molinier, Saurine, Dcberlhier , Perricr et Barthe; et parmi les prêtres, Grosdidier, Biil/c/, l'italien Dci^ola , de Toicy, Verncrey, Orange elSennnt.
Le jour designé pour vuider la querelle ,les guerriers constitutionnels se rendirent sur le champ de bataille, au nombre de dix-huit. Ils n'étoient pas tous les mêmes qu'on avoit proclamés dans la séance du 5 août. On y vit les évêques Grégoire, Moyse, Constant , Deberthier, Des- Lois de Kochefort, J'andelaincouii ^ Lacombe , Blampoix^ Demandre, J)afraissc, Maudru et Bechercl; les prêtres, Grosdidier, Degola, Lnncclot, Claiisse, Dequesne, lioberl. On célébra les saints mystères ; on prit place , et l'on attendit jusque vers 11 heures, au milieu d'un grand concours de curieux, si personne ne seprcsenleroit de la part du clergé fidèle, poursoutenir l'attaque. L'attente ayant été vaine, sur la proposition de Grégoire , on rédigea une affiche , où l'on annonçoit qu'on s'assembieroit encore le soir et les deux jours suivants; et que si les opposants ne
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comparoissoicnt pas, pendant cet intervalle, on clorroit le dernier procès -verbal , qui seroit lu publiquement et s«ivi d'un discours.
Dans l'après-midi, ve^s les 6 heures , personne ne s'étant présenté du côlé des dissidents, l'évêque Royer monta en chaire , et développa de son mieux les motifs qui avoient porté le concile à proposer les conférences. Suivant lui , c'etoit pour les pères du synode « un de- » voir d'éclairer les fidèles , pour les » tirer de 1 affreuse incertitude dans la- >" quelle les faux principes répandus par le » cierge' mcommunicani avoient plongé » un certain nombre d'entr'eux. Les >' écrits lumineux, pleins de force, et » lie charité, que le clergé ^owmwavoit » multipliés depuis dix ans , ou n'ë- » toient pas connus des fidèles , ou » avoient été perfidement ulli'n's , etc. IMêmes rassemblements et mêmes refus les deux jours suivants, c'està-dire les 2 et 3 septembre.
Dans la dernière séance, où le concours étoit , dit-on , immense, Bclmas, évêquede l'Aude , prononça le discours de clôture. L'orateur saisit avec adresse la circonstance , pour relever l'espérance qu'il suppose qu'avoit le concile de voir sa cause sortir triomphante du creuset échauffé par le feu delà dispute.
« Vous pensiez, dit-il, que la lu- » mière de la vérité jailliroit de la » discussion franche et loyale des » points contestés; qu'apercevant la » justice de votre caus' , ils {les dissidents) » en seroIent/ra/y'«, et qu'au moins ') alors ils nous aideroient h renver- » ser le mur de division que leurs » mains ont construit.. Nous étions bien » éloignes de penser, qu'en refusant » de se rendre au milieu de nous , » nos frères incommunicanls troir.pe- » roîent nos calculs et frustreroienl » nos espérances. Les proccs-vcrbaux '> dont vous allez entendre la lecture, )' constatent cette affligeante vérité.
>' iuitrant dès aujourd'hui dans 1^ » do!!KUi:sJ de l'hlstoiro , ils m-nrcht
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.» ront avec elle vers 1 avenir , pomr n y faire vivre le temps présent , on » portant à ne» travaux nne nouvelle n preuve de la constance de nos efforts » peur nous réunir à nos frères, et de leur » ûDinidtre refus. »
Les réflexions naissent en foule de CCS lignes. Belmas suppose dans les ecclésiastiques opposes a son parti, une ij;norance intolérable des dogmes et de la discipline de l'Eglise. 11 leur impute de s'être décides dans les affaires présentes sans examen et en aveugles. 11 pousse la présomption jusqu'à espérer qu'ils eussent été frappés de la justice de la cause des constitutionnels, si les conférences avoient eu lieu. Il leur attribue l'érection du mur de division qui sépare les con!endants. 11 loue les efforts constants des siens pour la réunion, et il rejette sur ses adversaires le blâme du schisme qui désole l'église de France. En vérité il semble entendre la nuit reprocher au jour ses ténèbres , et lui faire un procès de ce qu'il ne veut pas s'associer à elle pour éclairer le monde.
Cependant l'orateur des dix-huit rA-érciids et jcHïTO/y/M combattants, est aflligé de ce que les procès-verbaux, qui marcheront nirc / lusloire vers l atrnir, ne pourront transmettre à la postérité les excuses des inronmuinicants. k\uA postérité, ajoute-t-il, 5> ne croira pas que leur refus soit » fondé sur l'obligation de nous fuir, 5> et ladéfensedecommuniquer avec » des hommes qu'ils prétendent cire » dans l'erreur... ; sur laconviclion » qu'ont eue nos frères de la juslice j' de leur cause , et sur la volonté de '> nous ménager, en nous épargnant » la honted'unedefaitcpubliq^u^...; » sur Ka crainte qu'ont eue nos fre- >» res d'être eux-mêmes vaincTis. . . . ; "enfin.... sur l'espérante de voir » bientôt finir, d'une autre manière, » le schisme qui nous afilige. » Belmas renverse de son mieux ces fondements d'excuses , afin d'en éviter ia peine h la postérité qui ne fera