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peut-être pas de grands enons à cet égard. fTlais il faut l'entendre, quand il parle du refus fonde sur la crainte d'êlre vaincu. ■< Sans doute, en re- >> fusant (les conférences), ils decè- » lent la foihlesse de leur cause : mais '> s'ils sont convaincus de la justice » de la nôtre, ils doivent donc savoir » que nous sommes lirûlanfs d'amour » pour eux ; qu'on narrne à la rerite' que i> par la chanté, qui en est comme le che- » min et la porte par laquelle on y entre ; '> que si nous aivns la x-erité pour nous » nous Oivns conse'quemnienl la chanté » pour eux. Eh ! dès-lors, qu'a- » voient-ils à redouter? Lors même » qu'on a tort, a-t-on bien à craindre » de celui dont on sait qu'on est » aime r' » Belmas nous apprend ici un principe auquel nous ne pensions guère, et qu'aucun catholique n'a énoncé avant lui. En eflét jusque-là on avoit cru dans l'Eglise que la charité supposoit la vérité reconnue par la foi, et que cette dernière vertu précédoit toujours la première, sinon relaliNementau temps, du moins comme un des fondements sur lesquels lacharité estassise ".car, disoit-on , sans la foi, il n'y a ni espérance, ni charité thctienne, par défaut de motifs surnaturels. Aussi s:iintPaul nous assure-t-il que sans lu foi il est impossille de plaire à Dieu ( lîeb. II. r» ). Belmas en sait plus que cet apôtre qiioiqu'instruit par •Îesus-Clirist lui-même; il en sait plus quêtons les saints Pères réunis, que tous les conciles, que l'Eglise entière, mais non pas plus que les jansénistes, qui, rejetant dans la fange des choses mauvaises et vicieuses tout ce qui n'émane pas de l'amour céleste, n'admettent dans le fond qu'une seule vertu , lacharité Le reste du discoursannonceun homme exercé dans l'art de feindre et de séduire. L'orateur y niduit toutes les ressources de son génie , pour peindre la charité immense et éternelle dont les constitutionnels bî'!'iicî»t pour leurs frère:- &éuarc5
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Il interpelle ceux-ci de la manière la plus pathétique, et s'apcrcevaiit qu'il parle à dos hommes qui ne l'entendeut pas, il char;;c ceux qui sont présents de leur porter Texpreision des sentinientsdeson parti : « Dites- » leur, ah ! vous ne le direz pas >' aussi eneri^iqueaient que nous le >' sentons nous-mêmes; dites-leur » que, malf^re leur refus, nous les j' aimons encore, que Ifur ohsti- » nation à nous fuir ne fait qu'aug- » menler en nous l'ardeur que nous >' mettons à les poursuivre , parce » qu'il est de la nature de l'amour » de s'enflammer, de s'irriter par » les obstacles, (i) "
Après ce discours, qui dut remplir déjà en bonne partie les vues du concile, on lut les fameux procèsverbaux, etensuite Henri (irègoire fit part à l'assemblée d'une déclaration adressée à toutes les églises de la catholicité, parles dix-huitconstitutionnels chargés des conférences.
Dans cette pièce , dont le style et les niaximesfont connoître l'auteur, il est dit que, quoique la religion puisse exister sous tous les j^om-ernenicnls , file s'adapte spéciale inenl aux formes politiques «' qui consacrent les droits » despeuples, et qui, conformes aujc » droits de la nature, sont par la " mêmeplus conformesàl'Evangile.
Ijientot après , fournissant des armes aux adversaires de son parti , il ajoute , « la vertu et la vérité n'ont » jamais enfanté des troubles : tous » ceux qui, depuis l'origine des siè- » clés, ont agité la société, furent » le triste résultat du vice ou de l'er- » reur. >» Venant ensuite aux conférences, il cite une partie de celles qui eurent lieu depuis la conierence de Caïus avec le montanlste
(i) Ce prelflt , qui gouverne aclnelleiiient ledioiése de Cambrai, afaitjapaix avec le saint Siège, est rentré sincèrement dans l'unité catholique, et a donné à sa rétractation la publiciU; la plus édifiante et la p!u3 autlieatique.
PAR
Proclès jusqn àcellede Uossuet avec le ministre Claude. 11 dit que , dans tous les diocèses , les synodes , les conciles métropolitains , des conférences publiques furent proposées aux dissidrnls , et que le concile national crut devoir ajouter encore cette mesure à tant d'autres qu'on avoit tentées vainement pour la réunion ; et qu'il y tint même, malgré sa clôture , afin d'empêcher que les incommunicunls ny cchapussinl. « Com- » nient ont-ils répondu à nos invi- » tations .'' Nous le dirons avec dou- » leur , mais avec vérité; les uns par » le silence , d'autres par des sub- » terfuges évasifs, et d'autres par
» des outrages Quels sont donc
» ces hommes. . . à qui cent fois dans » toute la France nous en avons pro- » posé ( des conférences ), et qui ja- >' mais n'ont osé s'y montrer.'' Quoi ! » vous êtes les accusateurs ; vous » avez souillé l'Europe de libelles, » de calomnies contre nous; et nous » qui sommes les accusés, ('epuis » long-temps et de toute part nous "VOUS avons priés, conjurés, in- » terpellës de venir à la face des as- » semblées chrétiennes, discuter >' vos griefs , vos inculpations et les '> moyens de terminer ces déplora- » b!es divisions : nous avions d'au- » tant plus d'espérance de voir nos " vœux se réaliser, que la républl- "que, consolidée par la justice , VOUS » ôtoit l'espoir de cette contre-ré- » volution ajournée., autrefois par » les prophètes du mensonge. Peut- » on dire qu'on est dans le sentier » de la vérité , quand on évite de lui >■> rendre un hommage solennel ?
» Puisque vous nous croyez dans » l'erreur, n'éloit-ce pas, de votre » part , un devoir à remplir pour '> nous détromper , ainsi que les/- » deles qui nous sont dévoués.... ?
» Nous pourrions demander si notre " langue est pourvue de termes ca~ » pables de caractériser un tel pro- » cédé , et d'exprimer ce que tous Us » hommes droits sentent avec énergie.
3> A Bien ne plaise que nous afïcc- « tions un ton triomphateur que de » tels faits autorisent i et certes vous >» devez nous savoir gre de la n'ii- » cence... ^oire position est tellement y> açanta^euse, que nous noiis borne- >' rions à vous plaindre, s'il n'etoit » nécessaire de discuter les prétextes » dont vous tenteriez de colorer » votre conduite. »
En conséquence, le véhément écrivain ne veu! pas qiie \es dissidents trouvent une excuse valable au refus qu'ils avoient faib de venir disserter solennellement avec eux, dans l'attente certaine de la prochaine publication du concordat passé entre le saint Siéf^e et le premier consul.
Les conférences, proposées inutilement depuis dix ans, époque bien antérieure à cet événement, au lieu de présenter un caractère hostile et repoussant, dei,oiinteire, ati contraire, selon lui et les siens , letnomplte de lu charité , et mettre le sceau a la reunion la plus loyale etia plus franche.
Ainsi, pour répondre au zèle alïécté des constitutionnels pour la paix, il eût fallu que le clergé, jeté hors de France par les décrets , et menacé de la peine de mort , s'il niettoit seulement un pied sur le sol de sa patrie, y rentrât publiquement, et que ceux de ses membres qui s'y tenoient cachés pour secourir secrètement les fidèles , s'y montrassent au péril de leur vie , pour aller dans les temples, les conférences, les synodes et les conciliabules, mesurer leurs forces dans la dispute avec ceux qui n'éloient pas les moins implacables de leurs ennemis. Les constitutionnels portoient-ils donc la haine contre le clere;e fidèle , au point de vouloir qu'il fijt extermine ?
Etoit-ce aussi quand la paix étoit conclue, quoique non encore publiée, qu'il convenoit d'anncnrer un acte de guerre, et de se mettre sur le champ de bataille, comme le rcmarquoit de Torcy , en ouvrant des discussions et des disputes plus propres
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à aigrir les cœurs qu'à les concilier, à prolonger les querelles qu'à y mettre fin , à scandaliser les simples qu'à les édifier et les instruire '? Ces conférences dévoient être le triomphe de la <72a/-//é.Parquel miracle donc les constitutionnels , jusque là si ardents dans leur parti, si exagérés dans leurs principes, si opiniâtres dans leur lutte contre l'autorité de l'Eglise, si acharnés contre leurs adversaires , aussi éloignes des règles de la bonne foi qu'ennemis irréconciliables de l'ordre et de la vérité, eussent- ils déposé tout-à-coup l'aigreur, la duplicité, les préventions, l'entêtement et la haine, pour remplir leurs cœurs des sentiments de modération, de droiture et de sincérité dont les expressions emanoient de leurs bouches ou decouluient de leur plume avec emphase ! 11 est vrai que , dans ses lettres d'invitation, le concile de 1801 a voit promis qu'on verroitcette étonnante merveille se réaliser de la l»ari des siens , mais le clergé fidèle pouvoit-il croire avec beaucoup de confiance à son infaillibilité Pli avoit eu le temps d'étudier ses adversaires et d'apprendre à les apprécier.
Le concile lui-même venoit de lui offrir un neiuveau motifde défiance, en prcsenlant le spectacle d'une marche tortueuse , hypocrite , exaspérée, pleine d'astuce, djgne, en un mot, de servir de modèle aux novateurs à venir, et de continuer la chaîne de ceux des siècles précédents.
Mais pourquoi exigeoit-on que les discussions se fissent publiquement et du ne manièresolennehe;' Les constitutionnels l'avoient dit cent fois, et leurs dix-huit preux chevaliers le répèlent formellement dans l'écrit que nous analysons. Ils vouloient avoir le peuple pour ]uge de leur différend avec l'Eglise et ses défenseurs.
Comédie étrange , où les pontifes et les prêtres eussent joué tous les rôles , attendant avec résignation l'applaudissement ou l'improbation de
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cenx qu'ils floivcrit cux-r.iêmcs juger ctcoiuluire ! Kst-cclà (a niarcho ordonnée par Jcsiis-Clirist pour la propagation de son Evanizile ? A-l-i!
soumis les décisions du corps des premiers pasteurs a la revision des simples fidèles ?A-t-il établi ceux-ci iup;esde la doctrine, et leur a-t-il promis , sous ce rapport , une assistance particulière r Mais telle fut constamment la méthode des hérésiarques et des fabricateurs de nouveautés : dans tous les temps ils érigèrent en maîtres, en ju^es, en dogmatistes, ceux qui, d'a|)res Tinbtitulion même de Jésus-Christ, ne doivent qu'écouter et que croire. Le principe sur lequel Luther fonda sa désastreuse reforme , avoit été inventé par le premier novateur, et il servit de base à tous ceux qui le suivirent de près ou de loin : il n'est pas étonnant que les constitutionnels aient eu recours au même moyen de séduction ; mais il étoit du devoir du cleri;é fidèle d'éviter ce picftc et de ne pas donner au monde catholique ce scandale. D'ailleurs, la querelle avoit été jugée déjà par une autorité supérieure et irréfragable : quel autre parti pouvoit rester aux opposants, que celui d'une soumission humble, franche et entière ?
Jtiaisles constitutionnelsnereconnoissoient pas ce jugement. Ecoutons-les dans leur dàlaraliun à toutes les églises de la catholicité que nous examinons. « Peut-être répé- » tcrez-vous encore... que nous >' sommes jugés par l'Eglise ; que » l'Eglise a parle, quoiiiu'on vous » défie de produire un jugement de » l'Eglise, à moins que vous n'ap- " peliezainsides brefs, vrais ou sup- •" posés, colportés dans l'ombre au » lieu d'être notifiés, proclamés et » acceptés ; mais alors il faut changer " la définition de l'Eglise, telle que » la présentent tous les catéchismes, »> pour la remplacer par celic-ci :
» / Et;lise, c'est le pape.... Direz vous « que les autres églises n'unt pas ré-
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» clame ? Nous vous demanderons » si elles ont eu seidement connols- '> sance de ces brefs , qui ne leur >' eloie'nt pas adresses ? A-t-on invo- » que leur jugement ? Ont-elles pu » émettre un vœu que la politique >' auroit comprime ou puni, lorsque " laguerrearnioit les gouvernements » contre nous :' Où est la sentence » portée parles églises ? »
Quoiqu'on ait discuté cent et cent fois ce qui regarde les brefs de Pie Vl pour la condamnation delà constitution aille du cleri(é , et le jugement de l'Eglise universelle qui s'en est ensuivi , puisque dans l'analyse que nous donnons des deux conciliabules nationaux des constitutionnels, nous sonnnes forces de rajjporter souvent leurs déclamations sur ces points intéressants, on nous permettra d'insérer ici quelques observations.
Pent-on direqu'iisétoienl nipposés ces brefs , que le corps épiscopa! de France avoit rc(;us et publiés comme venant réellement du chef de l'Eglise ? dont les faiseurs de la constitution du cierge a voient reconnu l'authenticité, et qu'ils s'éloient efforcés de combattre (i)?dont le pouvoir exécutif avoit exige la revocation comme une des conditions de la paix à traiter avec Pie yi (2) ? Ne se ressouvient-on plus de ces orgies scandaleuses et impies qui eurent lieu à Pari.s , à l'occasion de ces mêmes brefs ? Le fait n'acquit-il pas d'ailleurs une notoriété si grande , qu'il fût d'abord très-fa-
(i) Durand de Maillaiie, l'un d'cntr'eux , rapporte des textes lires de plusieurs de ces brefs, dans son hist. apologct. du comité' ecclc'siast. de l'as. iiat. où il en parle ainsi , pag. 2g3 : « Enfin, nos » adversaires ne se sont pas contentes de » dc'crier jusqu'à nos intentions dans leurs » c'crits, ils so-it parvenus, en sacrifiant » leurs propres droits et les nctrcs, à se » procurerdes brefs de Rome, où le pape » s'exprime, etc. »
(2) Voyez ci-dtssub.
PAR ci!e rlc découvrir la vcrite h cet égard ?dc plus , si lesconstitutionncls avoicnt eu quelque motif apparent de douter de l'authenticité de ces jugements apostoliques, n'etoit-il pas de leur devoir de faire de jjromptes recherches ? Leur étoit-il si difficile d'écrire à Rome, ainsi que plusieurs le firent avec succès ;' ]Se pouvoient-ils même pas y députer quelques-uns d'entr'eux , afm de s'assurer davantage ?Mais il est plus commode de nier ou de révoquer en doute un fait, qui accable ;, que d'en détruire , ou même que d'en éluder les conséquences , après l'avoir admis.
Mais ces brefs n'avoient pas été notifiés , proclanu's et acceplés. Les évê— ques de France les avoient reçus officiellement ; ils les avoient acceptés avec respect, y joignant leurs suffrages par voie de jugement ; et ils les avoient publics comme les circonstances orageuses l'cxigeoient pour écarter tout doute légitime et fondé. Or , suivant les principes de Moyse lui-même et de plusieurs autres constitutionnels , les évêques sont les représentants nés de leurs églises ; les jugementsqu'ils portent, sont lesjugements de leurs églises; donc celui qu'ils portèrent sur l'authenticité des brefs de Pie VI , fut le jugement de l'église de France- C'est donc contre le jugement de l'église gallicane entière que s'élèvent, eu France même, ces nouveaux venus, quand ils s'eirorcent de contester raulhenlicité des brefs dont nous parlons. Ils nous répondront, peut-être, quesuri3i ou i35 prélats, si on y comprend les évêques des po.ssessions du pap.e réunies à la France ,4 refusèrent de s'y soumettre. ISous l'avouons ; mais y at-ii dans ce petit nombre de quoi établir une difficulté, faire hésiter la balance , détruire l'unilé morale ?
l-t ces quatre prélats encore, toi:t en refusant d'adhérer aux brefs de Pie VI , en mcconnurent-ils l'au-
thentîcitc ? La révoquèrent-ils seulement en doute .''
Mais ce n'est pas ce genre d'authenticité que nous contestons aux brefs dont il s'agit, montrez-nous qu'il ont été re(;us , enregistres et publiés ensuite dans le royaume par la puissance publique.
Estrce bien sérieusement, ou par ironie qu'on chicane ainsi r 11 est vrai que les formalités dont on nous parle ici , sont néces^aiies pour faire d'une décision dogmatique du saint Siège ou de l'Eglise, une loi de l'état , d'après laquelle les tribunaux civils et criminels puissent et doivent juger, en cas de recours légitime ; nous en convenons sans peine, et la raison en est palpable ; mais en est-il de même, et peut-il en être ainsi ,pour que ces décisions obligent la conscience de tous les fidèles, de quelque condition et de quelque rang qu'ils soient "^ Où nous montrera-t-on la preuve qu'avant de se mettre à prêcher, Jesus-Christ en eût demandé la permission au Sanliedrin , au gouverneur romain, au tétrarque de Galilée ?
Lorsqu'il envoya ses apôtres dans tout l'univers, pour y prêcher, baptiser, etc., leur ordonna-t-il de se présenter d'abord aux autorites locales , pour en obtenir préalablement le consentement FQuoique les livres du nouveau Testament n'aient jamais ete enregistres , ni au sénat de Rome , par ordre de jSéron, ni dans aucune autre cour souveraine, en ont-ils eu moins d'autorité depuis le commencement de l'Eglise jusqu'à nous ? En embrassant le christianisme , les princes séculiers ont-ils acquis le droit singulier de fermer ta bouche au chef de l'Eglise, et à l'Eglise elle-même ? Eh ! si la voix de l'Eglise devoit nécessairement se reposer sur les registres des puissances temporelles , avant que de pouvoir arriver légitimement aux oreilles des fidèles, où en scroit la religion I dans les pays dont les souverains se-
37a PAR
roient enx-mi?meslps autours on les fauteurs (5es schismes et des hérésies?
F-t dans ce casie Fils de Dieu qui sans doute lis^jit dans les siècles à venir, oût-it pourvu suffisamment à la conservation de son E};lise ? On trouve dansles lettres sacrées , beaucoup de textes qui démontrent que Jesus- Christa institué un ministère pour ensei{;norla doctrine chrétienne, administrer les sacrements, établir des lois spirituelles, gouverner dans l'ordre du salut ; y en trouve-t-on un seul qui soumette ce ministère auguste à finspection des princes de la terre ,ou même seulement qui les y associe, surtout avec une autorite égale ou prépondérante ? Tient-elle un autre langage que l'Ecriture , la tradition qui remonte depuis les apôtres jusqu'à nous?et n'enseignet-elle pas à tous les siècles l'indépendance et la souveraineté de la puissance delEglise dans l'enseignement de la foi, le maintien des règles, des mœurs , l'administration des sacrements, la législation spirituelle et le gouvernement des âmes dans l'ordre du salut ? « Craignez le jour » du jugement , écrivoit le célèbre » Osius à l'empereur Constance :
» ne vous ingérez point dans les af- » faires ecclésiastiques ; ne preten- » dez point nous donner des ordres «en ces matières, apprenez-les » plutôt de nous. Dieu vous a don- *> né l'empire, et noiis a confié l'E- » glise : comme celui qui entreprend » sur votre puissance, contrevient » à l'ordre de Dieu , ainsi craignez " de vous charger d'un grand crime, »si vous tirez à vous ce qui nous » regarde (i) » Combien d'autres réclamations non moins énergiques l'histoire ne nous a-t-elle pas conservées ? A Dieu ne plaise que nous contestions aux puissances temporelles leur glorieux titre d'éveques extérieurs, c'est-à-dire , de protec-
(i) Fieiiiy, lijst.,
PAR
tours de l'Eglise, ni leurs juste* parts dans les matières mixtes. Mais un protecleur a-t-il droit d'eloulTer la voixdeceluiqu'il protège, quand il en dépend lui-même ,etqu'il n'est chargé que de l'appuyer i' Au surplus, la première huWe dof^nuilitjur ,qi\i fut reçue en France avec les formalités qu on reclame, est la bulle d'iimocent X contre les cinq propositions et le livre fameux de Jan.sénius, evêque d'Ypres. Elle i)orte la date du3i mai i653. Avanlcette époque feglise gallicane ne reconnoissoit-elic pas l'autorité de beaucoup d'autres bulles dogmatiques, notamment des bulles de Pie V , de Grégoire Xlli, et d'Urbain Yllî contre le baïanisme , etc. , lesquelles, à coup sûr, n'avoient pas été revêtues des formalités qu'on ose si impérieusement exiger ? Ces formalités ne sont donc pas nécessaires pour obliger les fidèles de tous les rangs et de toutes les classes, à écouter avec soumission la voix du chef de l'Eglise et de l'Eglise elle-même , quand il s'agit du ministère que Jésus-Christ a lui-même confié aux premiers pasteurs. Ainsi les brefs de Pie VI , qui avoicnt pour but de défendre la foi orthodoxe , l'unité catholique, les droits de l'Eglise et ceux du premier siège contre les atteintes qu'y avoient portées rassemblée nationale dans .sa prétendue constitution du clergé , pouvoicnt fort bien se passer de l'attache de cette assemblée ; et il est ridicule d'exiger une formalité dont la simple pensée eût été une folie , et la proposition une extravagance inconcevable.
Oa demande si les églises étrangères onl m seuLincnl connolssance de ces brefs :' Nous avons déjà dit d'avance qu'oui ; et nous avons montré un de nos garants. C'est Pie ^ I luimême, qui assure, dans sou bref du 19 mars 1792, qu'il les a fait imprimer à Rome , et envoyés , nonl^seuleuient en France, à l'adresse ; de.s métropolitains mais encore
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ûans toutes les parties du monde catholique ; et qu il en fera de inrme de celui où il émet cette assertion.
Les églises étranj^ères ont donc eu , non une connoissance quelconque , mais une connoissance authentique, des brefs dont il s'agit. Pie Ml nous en fournira une nouvelle preuve.
A-l-on irnoqiié le jugemcnl dt cis églises F Ont- elles pu émcltre un rau :'
Quand le chef de l'Eglis^e envoie à tous les évêques de la chrétienté catholique une décision dogmatique qu'il a portée contre une erreur opposée à la foi ou aux bonnes mœurs , les evêques , qui succèdent aux apôtres, qui sont les juges ordinaires en ces matières, chargés de Dieu de répandre la doctrine chrétienne et de veiller à ce qu'elle soit conservée pure , ne sont-ils pas censés requis par-là même de s'unir au souverain pontife et de juger avec lui , afin d'appuyer par leur suffrage positif ou tacite la vérité définie , la condamnation prononcée , ou de réclamer, s'ils croient la sentence du pape injuste ou contraire à la foi catholique ? S'il en etoit autrement, il faudroit donc , ou admettre l'infaillibilité dans lepape seul, ce qui feroitmalau cœur aux constitutionnels et à beauconp d'autres encore ; ou dire qu'il n'y a pas toujours dans l'Eglise un tribunal infaillible prêt à repousser l'erreur, dès qu'elle se montre, à défendre la foi, au premier cri de guerre qui vient retentir contr'elle aux oreilles des fidèles ; et ceci contrediroit directement la promesse que Jésus-Christ a faite d'être /o«v /f.ï fours a\cc l'Eglise jusqu'à la fin des siècles , et d'empêcher que les portes de l'enfer ne prévalent jamais contr'elle. Si on noMSobjectoit que les pronu^sses du Sauveur regardent les premiers pasteurs uniquement quand ils sont assemblés en concile œcuménique, noiis répondrions qu'une prétention de cette nature, énoncée dans le conciliabule Je i8oi , met l'Eglise dans un péril
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éminent , et qu'elle a âù jusqu'ici faire de fréquents naufrages, puisqu'en rapprochant les conciles œcumeniques, et en supputant le temps de leur durée, à peine le Sauveur se seroit-il trouvé avec son épouse pendant l'e.^pace d'un siècle. Mais la foi nous montre dans l'Eglise un tribunal infaillible toujours subsistant : ce qui faisoit dire au célèbre evcque de IMeaux : Quociimque modo fat ut Ecclcsia consen/ial , trapracta plane res est : nequc enini jien polesl unçuam,ul Eicicsia Spinlu rerilalis instructa , non repugnel errori (i). II ne peut donc se faire que ni des vues politiques , ni le tumulte de la guerre , ni aucun genre de persécution ferment la bouche à ce tribunal infaillible, puisqu'il ne peut jamais arriver que /«^orto de l'enfer priaient contre l'Eglise.
'< Direz-vous que les autres églises n'ont pas réclamé ? » Oui , nous le dirons, et même quelque chose de plus. « Où est la sentence portée » par les églises ? » La voici : mai.s il faut que nous revenions encore aux brefs dont nous nous étions proposé de ne plus parler.
Parmi les i3i évêques qui occupoient les sièges de France à l'époque de l'émission des brefs de Pie VI , 127 de ces prélats adhérèrent, d'une manière très- positive , à ce jugement ; plus de i35 évêques étrangers s'unirent à eux par une adhésion également expresse; en tout 2G6 au moins ; nombre assurément très-considérable. Ajoute?:
le silence de tous les autres , silence approbatif de sa nature, puisqu'ils etoicnt instruits officiellement, et obligés de juger en vertn de leur dignité : mais silence qui devint encore plus énergique par l'accueil qu'ils firent, ainsi que les pré-
(1) jSous avons rapporte ce texie tia- (hiil en fnnçais, page z^Sde ce dicfior-
r.iire.
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cëdents , aux ecclcslasliques français persécutés pour avcir refusé le serment prescrit , ks recevant comme des confesseurs de la foi et de l'u- Iiité catholique On n'en'.eiulll nulle part aucune réclanialion du côté des premiers pasteurs. \oilà la scnleuce que nous allej^uons ; elle est suffisante sans doute , puisqu'elle émane du ccrps entier de FEi^lise enseignante. Confirmons tout ceci par un fait assez important pour trouver place ici.
11 seroit inutile de nous arrêter à prouver que Pie Vil niarchoitsur les traces deson prédécesseur, regardant comme defnitif le jugement porté par Pie YI sur 1 objet dont il s'agit ; l'allocution du 24. mai 1802, insérée dans le journal officiel du 19 prairial an 10, et celle du 26 juin i8o5, publiée aux prônes des paroisses des diocèses dont les évêques n'étoient pas constitutionnels en font foi. Dans la première , Pie TU disoit aux cardinaux assemblés : « Vous trouverez parmi 3> les nouveaux évêques de France j> ( institués ensuite du concordat » de 1801 ) , des hommes qui , après » avoir occupé dans ces derniers 3> temps des sièges archiépiscopaux » ou épisccpaux, sans, avoir eu i> de nous rinstilulwn , ISETOIEIS 1
« PJS DJNSL'UMTÉ DE U É- >. G LISE ET DU SAIPi T SIEGE >. APOSTOLIQUE, ^'e soyez pas » troublés, W. FF. ; leur insti- » tution aux places de pasteurs lé- » gitimes des nouveaux diocèses j» qui leur ont été confiés & éiéprc- » cédée par leur réconciliation aicc le saint » Siège. Dans les actes que nous vous » proposons de lire , vous trouverez »> qu'ils ont acquitté celte iitle né- J. cessaire EPsUÈBS EEGLfSE. ^> Dans la seconde allocution , pie VU disoit aux mêmes cardinaux: Une » cho.=e que nous avions surtout à »> cœurdeconnoître (pendant notre »» séjour en France, en 1 804. ) , c'etoit » le retour sincem de quclaucs é^cques
» h [unité catholique lesquels, avant » de recevoir de uous l'institutitiu » canonique, aïoiint eu Laoin d'un " li'inoif^naf^e comcnuLlc de leur réconci- » liai/ou ,v[ qui , après l'avoir obte- » nue, s'eli/ienl conduits de manière » anousdonner de ^ives inquiétudes » surlasinceritede leurssentiments.
>' Eux-mêmes les ont fait cesser après " l'intervalle de quelques jours; car » soit de vive voix, soit par des écrits » q ue nous avons apportes avec nous, » ils ont déclaré qu'ils adhéroicnl et se » sounu'tloicnt fermement et de cœur au » juf^t nient du saint Siéfçe sur les ujjuircs » icilésiastiques de France. » La formule de cette adhésion ètoit ainsi conçue : « Je déclare devant Dieu " que je professe adhésion et sou- » mission aux jugements émanés du » saintSiége et de l'Eglise catholique, » apostolique et romaine sur les af- " faires ecclésiastiques de France. Je » prie votre Sainteté dem'accorder >' sa bénédiction apostolique. » Afia des'assurer davantage de la sincérité de leur retour, le saint Père fit encore à ces évêques constitutionnels, les questions suivantes : « Quels sont vos sentiments sur la constitution r/V/'/f du clergé? La regardezvous comme tombée en désuétude par l'abandon que l'état en a fait ; ou bien comme proscrite par une loi de F Eglise ? Croyez-vous que le jugement de Pie / /sur les alTalres ecclésiastiques de France , et notamment sur la constitution ei\ile du clergé, soit un jugement régulier du saint Siège , et re^'elu du consentement de ta majorité des éiéques de la chrétienté?
SI vou s r ignorez , je puis ,ùus le prouter en TOUS montrant l'accession des é^-équcs, etc., etc. Les réponses à ces questions, et à plusieurs autres que nous ne rapporterons pas , ayanteté satisfaisantes, le pape termina ainsi, " Je vous donne ma bénédiction. F,t si » de nomellei plaintes parviennent à » Rome contre vous, je donnerai » à tout ce que vous a^ez fait en ma » présence , h tout ce que dit avez
PAR
>• (lit et à fout, ce que j'ai dit , toute »> la pTil)licite requise , pour preser- ») verT Kf^lise du scandale. Kt , je vous j> le repèle avec douleur, vous me »> forceriez de prendre les moyens » nécessaires pour vous niinr dt 1 1- ■n piscopat par un procès canonique. »
Il existe donc le iu;:,ement de l'Eglise qu'on ^^)fc le clergé calliolique ête produire. 11 condamne la conslitnlion cliite du clrr^c, comme puisée en partie dans riièresie, cl hérétique ellemême dans plusieurs articles; comme sacrilège, scliismalique, etc. , en d'autres. 11 condamne le serment de lamaintenir,etordonne,sousdetrèsgrièves peines, aux ecclésiastiques qui l'ont prêté, de le retracter. 11 proscrit les élections, les consécrations, etc. , qui onteu lieu en conséquence de celteconstifutioTi prétendue civile et d'après les formes qu'elle prescrivoit. Il déclare que les intrus n'ont aucune juridictioncanonique.
Il oi donne aux fidèles d'éviter toute commtjnication relii;ieuse avec eux et avec Tes ecclésiastiques refractaires à rK^lise. (Voyez ce que nous en avons rapporté plus haut, pai^e 272 et suivantes. ) Cependant ce juj^ement authentiqua , péremptoire et infaillihle,les constitutionnels le l)rarèrent hardiment, et il y en a qui le jiiéprisentcncore aujourd'hui ! Puisse cet expose aussi vrai qu'il est simple, leur faire enfin ouvrir lesyeux !
Mais les dix-huit conférenciers continuent par rori;ane de Grégoire. « H fut un temps où vous nous »' défiiez de citer un seul prêtre , un » seul évêque étranger avec lequel »' nous fussions en communion :
» vous n'osez reproduire cet argu- >> ment, depuis qu'une foule deprê- » très savants et pieux des contrées " étrangères ;depuisque desévêques " catholiques de divers pays , et spé- " cialement huit évêques d'Italie, » nous onldonnedes gages touchants » de leur attachement. »
Ceux qui faisoient un pareil défi aux conslilulionnels, quoique fondés
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dans le principe, ncpcnsoienl guère aux innovations de Joseph II, en Ai lema^ne, ni à celles de son frère Leopold , dans une partie de l'Italie llseroit étonnant (ju'Henri Grégoire qui a remué les deux hémibj)hercb avec un zèle incroyable, [lour faire des adeptes à son parti, n'eût pas réussi à conquérir des adhérents au moins parmi les élevés du séminaire général deLouvainetde l'universilc de Pavie, dont les professeurs étoienf constitutionnels, si nousosonsle dire ainsi, et enseignoient les dogmes avant même l'existence de la constitution civile du c/e,-f^e. Le jansénisme enrichi des erreurs de Richer avoit fait de grands progrès dans les contrées que nous venons de designer : il y a donc lieu d'être surpris que l'évêquede Loir-et-Cher ne puisse nous citer qu'un si petit nombre d'evêques atlacht's à son église. Mais quoique les pelagienscomptassentdans leur parti dix-huit prélats en Italie , et les jansénistes autant en France, l'Eglise regarda-t-elle jamais l'opposilion de ces évêques comme devant être de quelque poids contre les jugements qu'elle avoit portés contre ces deux erreurs .''
" Çluo sera-ce dans quelques an-
» nées, lorsque les évêques d'au-
» très régions , rentrés dans leurs droits » usurpés, ne seront plus contraints )> d'ctouller leursvoix à l'aspect des » cachots ouverts parles suppôts de » l'infiuisilion; de cette institution » monstrueuse dont l' existence eil Une rci • )> lomnie contre la relif^ion , et un féau >> pour I humanité .'' n
Vingt-huit ansse sont écoulés de puis la lenue du synode de 1801 , et la publication de cette sortie virulente ; lesévêquesdesautrescontrces ont-ils reconquisleursdroils usurpés:' Ont-ils proclamé les principes de la conslilulion proscrite ? Se sont-ils reunis en grand nombre aux restes expirants des partisans de cette même constitution? Ici les constitution uels s'associent auxsophistes modcr-
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nés, pour déclamer contre l'inquisition , qui n'étoit point même en Efnagne , un tribunal aussi terrible qu l'Js veulent l'insinuer; mais elle gênoît cependant, elle entravoit la propagation des mauvaises doctrines ; et voilà pourquoi sa seule existence étoît une calomnie contre la religion, un fléau pour rhumanilé.
Après de violents reproches adressés sans fondement aux dissidcnis sur les calomnies auprès des églises étrangères, sur les écrits anonymes dont ils remplissoient la France , et les variations étonnantes dans leurs
{)rîncipes et leur conduite, les dixluit réiérenda tivcnc'rahlcs s'écrièrent:
» Quanta nous, constants dans notre » manière de penser , d'enseigner et " d'agir , oi'ec la j^râce diànc , NOUS .. LA PORTERONS danscenomrl » ordre des choses qui doit incessam- » ment modifier la composition du '> clergé, sans jamais modifier les princi- » pes que nous aivns défenaus. ( Engagement déplorable , que plusieurs n'ont que trop tenu jusqu'ici , pour leur malheur et le scandale des fidèles! ) « V inflexible Tt'rité et la tendre » charité ( dont cette diatribe est , sans doute un monument incontestable) : Toila nos fluides : pourriez-vous tenir le même langaj^e ? »
Plus loin ils accusent le clergé <//.$sident de n'avoir jamais voulu désavouer cette horrible J'endée; d avoir su^j^éré le massacre de tant de prêtres assermentés, parmilesquelsllscitent l'éyùqvie Judrien, calomnie atroce, et d'avoir célébré les saints mystères au milieu des cadavres des patriotes égorgés. Cependant ces brochures anonymes, pleines d'injures et de calomnies atroces, que repandoient ies incommunicants , on conseille avec ironie aux adhérents des constitutionnels de les conserver précieusement. Enfin , ayant épuisé leurs arsenaux et toutesleurs munitions, ne sachant plus quelle machinede guerre employer encore pour accabler d'un seul coup leurs adversaires , ils
PAR s'avisent de leur en lancer une qu'ils estiment devoir être des plus terribles et des plus meurtrières, liss'écrient donc ayec une énergie vraiment républicaine : în MASSUE DE LA f E RU L'est suspendue sur vos têtes comme .sur les nôtres.
Tenons-nous soigneusement sous cette douce massue , laquelle aussibien ne pèse d'unemanièree/Trayante que sur ceux qui nous menacent de ses coups ou de sa chute. Mais sortons de la déclaration aux églises de la catholicité, 011 nous ne trouvons plus rien qui soit digne de remarque, excepté les noms et les qualités des signataires.
Ils étoient, au rang des combattants , les éveques Grégoire , Dcberthier, Moyse , Bécherel , Constant.
Lacombe, Demandre, Dufraisse, Desbois, Royer, Wandelaincourt , Relmas, Blampoix; et les prêtres, Grosdidier , Dégola , Lancelot , Clausse , Dequesne et Robert ; auxquels s'adjoignirent, dans le premier ordre , Maudru, T illa, Franien , Lemercier, 3Ionin, Berdolet , Le fessier , et dans le second ordre, Larald, Durat- Lasalte , Grappin, P'get , Létrard , Lchrel, Schcker, Burglin, André, Lcforl, Boissierr , Lagirardière ,A niichamp ,Das- «f«,Bergancini,CoA^'/^avec trois laïques dont nous passons les nomssous silence, pour retourner encore aux opérations du conciliabule dei8oi.
• Le i5 juillet, on s'occupa de l'affaire de l'évêque de la Drôme, et de la question si l'on admettroit le député nommé par \e presbytère de cette église constitutionnelle. L'évêque dont il est question avoit abandonné ses fonctions depuis l'époque où un orage s'ctoit élevé aussi sur le clergé de ce parti , et il n'avoit pas voulu les reprendre ensuite , quelques instances que ses prêtres lui en eussent faites à diverses fois par des lettres. Appelé, comme voisin le plus proche , pour remettre l'ordre dans ce diocèse livré à l'anarchie, et pour y administrer le sacrement de confir-
PAR
mallon , l'évêque de l'Isère , n'ayant pas ose entrer dans Valence , a cause des dissidents, qui, sans doute, y ètoient fort accrédités, s'étoit rendu à Saint-Didier, et j; avoit créé un presl)fière pour administrer l'église constitutionnelle de la Drônie. H s'agissoit donc de décider dans le concile, si l'évêque de la Drome étoit bien réellement déchu de l'épiscopat , par suite de sonabandon et d'après les lois ecclésiastiques ; et si le presbytère formé en son absence par 1 évêque le plus voisin , étoit légitime et avoit pu nommer un député au concile. Il semble que le synode de 1797 avoit décidé celte double question.Cepcndant les pères opinèrent diversement; en quoi il nous paroît qu'ils prouvèrent qu'ils n'étoienl encore, en 1801, ni bien stables ni parfaitement d'accord louchant leur discipline. Ce choc d'opinions diverses dut aussi inspirer quelques scrupules sur leur légitimité, à plusietirsévêques, qui éloient montés sur des sièges dont la vacance n'etoit pas plus authentiquement constatée que la vacance du siège de la Drôme. Du moins le concile eut l'adresse d'éluder toute difficulté, en admettant corimc député du clergé du d/arcse de f alrnce, l'ecclésiastique qui lui étoit présenté seulement par le presbytère de celte église.
On fit encore dans la même séance une proposition tendant à engager Ions les evêquos constilutionncis à offrir leurs démissions, et à se montrer prêts à tous les sacrifices possibles , dans la vue du rétablissement lie lapaix. Proposition qui fut ajournée , comme n'ayant pas de base déterminée.
Affligéd'avoîrentendu prononcer le mot de démission , le zélé constitutionnel Dégola , s'éleva de toutes ses forces, dès le lendemain 16, coniic la motion émise la veille sur cet objet. Dans son mémoire qu'on rc- '.rouve tout entier dans le recueil des actes du comité, i] pose en principe
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qu'il ne faut pas abandonner «au gré » des passions humaines une cause » qui , étant juste en elle-même » exige de ceux qui la connoissent, » tons les efforts nécessaires et utiles » pour la défendre.... Ou la cause » des pasteurs actuels de l'église gal- »licane, continue-t-il, est juste, '• ou elle ne l'est pas ? Dans ce der- » nier cas, il faudroit sans doute don- » ner sa démission ; sauf cependant » à répondre en face à tout l'uni- » vers catholique de l'obstination » qu'on a eue jusqu'ici à se débiter » pour pasteurs légitimes , à en exer- )' cer d'une manière si tranchante » les fonctions , à se moquer de l'u- » nité ecclésiastique, à en imposer » aux fidèles, à tromper les âmes.
» Quelle justificationsurdes griefs si » accablants et si multipliés ? Dira-t- » on que ce n'est qu'à cette époque » qu'on vient de s'apercevoir d'a- » voir couru dans des voies dètour-
» nés ? Je vous épargnerai. RR.
» EE. et W. PP, là-dessus des ré- » flexions bien plus humiliantes :
» l'intime persuasion dans laquelle » je vous connois tous de la justice » de la belle cause que vous soutenez, » m'en impose le devoir. Mais sur » quel titre s'appuicra-t-on pour " l'abandonner tout-à-coup... i'Des " niOtifs de charité envers les dissi- » dentsP Eux qui ne respirent que la " division, le trouble, le schi.sme,se- » ront-ils sensibles aux douces émo- " lions de la charité , dans une me- " sure qui , suivant leurs principes , " ne peu t-être que le résultat de leurs " emportementscontre vous, fheu- " reuse issue de leurs cabales, la vic- » toire la plus complète des maximes " ullramontaines qu'ils chérissent " d'une manière si révoltante. •• ?
"Voyez si la justice peut souffrir " qu'on se livre à l'animosité d'un " ennemi irréconciliable. Qu'on ou- " vre une issue honorable, leur éga- » rcmenl renforceroil la calomnie "qui, d'une courte durée par sa. » nature, deviendroit, par celte de";
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» ninrclif , uno véritc de fait, vl » <r 11 no évidence mat lic'malique, ii » Irsfaitscn sontcapables. Monînia- » i;ination est ébranlée à la désolante » persf>cctive d'un tableau dont je » ne fais que tracer les linéaments
» élémentaires Te dis()is(|irune
» démission de votre part seroit, «lu » coté des dissi'i/tnls, la victoirelaplus » complète des maximes ultramonj> taines. L'eflroiilerie qu'ils ont déj> ployee iusqTi'ici , au grand scanj) dale dcsé^lisesitaliennes»(Quelle cloit donc celte cfTronterie si scandaleuse ? 11 y a apparence que la voici ) , •< singulièrement le mépris j> qu'ils ont fondé sur les assemblées » de 1682, les efforts multipliés pour }> anéantir à jamais ces débris préj» cieux de la liberté ecclésiastique , » tout cela deviendroit,d'aprcs votre >' démission, le codeunique, général, 3> essentiel de l'église gallicane; et ce, î) par vos mains sacrées, qu'il y » imprimeroitun sceau inévitable....
»> Seroit-il juste de projeter une dé- » marche quiporteroitsurdes injus- »* tices aussi criantes, et qui, en » dernière analyse , ne seroit aux ^» yeux de l'Eglise qu'un inexte (ap- '» paremment un comble ) monsj> trueux de foiblesses et de crimes.
» Mais.... en supposant... que cette » démarche funeste en elle-même, » est un titre bien juste pour s'y pre- «ter.... on ne pourroit exécuter j> aujourd'hui le projet sans le con- « sentement de vos diocésains; con- " sentement bien nécessaire après le » droit qu'ils ont acquis sur votre 3> ministère, et d'après la confiance j> dont vous vous êtes honorés par
» ceux qui vous suivent Mais la
» charité, on nous répète toujours
3> la charité Quelle charité que
» d'abandonnerles pasteurs à la féro- » cité de leurs ennemis qui, en rai- » sonde l'afToiblissement des démis- »> sîonnaires , tomberoient avec un » redoublement de fureur sur ce » clergé fidèle , pour l'écraser entiè- » rement ? Q<ielle charité pour ce
PAR
» troupeau , (pil se verroil ijtiilter » par des pasteurs qui se disoiont » légitimes :' Quelle charité de voir » pénétrer dans le bercail des pas- » teurs qui , vu leur caractère tres- " prononcé, ne feroienl que ravager >' l'Eglise, troubler la paix, inquiéter » les consciences ; et provoquant les '> aniniadversionsdu gouvernement, » le contraindre à de nouvelles me- » sures bien affligeantes pour la re- » ligion. »
C'éloit bien de tout son cœur que ce bon génois en vouloit au clergé catholique de France. On voit qu'il fait tous ses efforts pour le dénigrer, et pour détourner les pères de penser seulement au projet qu'on leur avoit insinué la veille.
Aussi, disent les ac/cs , t. II, page 91, « tout le concile applaudit aux » sentiments exprimés par le venéra- » ble Dégola. »
Les constitutionnels ne cessent de réclamer, dans leurs conciliabules et ailleurs , les propositions de l'assemblée du clergé de France de i(»82 , et les libertés de l'église gallicane ; quel appui y trouvent-ils donc à leur parti .'' Quand il seroit vrai ( ce que nous n'examinons pas ici , parce que nous n'en avons que faire ) , que le pape décidant comme chef de l'Eglise, en matière de dogme et sur les règles des mœurs, ne seroit pas infaillible , et que même il seroit inférieur au concile œcuménique assemblé, que s'ensuivroit-il en faveur de la constkut'inn cnulc du clcrf^é cl de ses partisans .''Le jugement solennel qu'il a prononcé à cet cgard étant revêtu de l'accession , c'est-à-dire , du consentement de la majorité des évêques, n'est-il pas infaillible ? Les constitutionnels , par leur appel de 1797, au futur concile œcuménique , prétendroient-ils avoir annulé ce jugement déjà porte, eu avoir mis un obstacle invincible à ce qu'il eut lieu dans la suite ? Et dans ces libertés de l'église gallicane , y ren-^ contre-t-on quelques articles qui
PAU autorisent les princes temporels à soustraire leurs sujets à la jnridiction qiîc le pape a de droit divin sur toutes les églises particulières et sur les fidèles ? à soumettre l'autorité des èvêques à la délibération prépondérante des ecclésiastiques du second ordre ? à faire des règle ments, qui changent , bouleversent , anéantissent la discipline générale? à créer, étendre, resserrer, abolir sans le concours de la puissance ecclésiastique , les sièges episcopaux ; à donner, par conséquent, élargir , restreindre, enlever la juridiction des premiers pasteurs ? Car il faudroitque tous ces pouvoirs fussentattribuès, ou reconnusappartenir aux souverains temporels par les libertés de l'église de France, pour que les constitutionnels pussent puiser dans ces libertés, des armes offensives et défensives en faveur de leur parti. Or, des libertés de ce genre n'existent nulle part dans l'Eglise ; et il ne falloit rien moins , pour essayer de les y introduire, qu'une assemblée où dominoient les sophistes, les protestants et les partisans du richérisme , dont les efforts réunis produisirent et décrétèrent la fons/ilulion civi/e du clt'rf(e.
Dira-t-on que Pie VI a porté atteinte à nos libertés, en prenant Xinitiat'ne et en jugeant de son propre nuvnrnunl et de sa science cerlmne :' Il ne faut que lire les brefs du lo mars et du i3 avril 1791 , pour se convaincre de l'imposture de ces assertions. Pie \l donna lui-même le premier de ces brefs, comme une réponse à un grand nombre d'évcques de France , qui lui avoienl ecritsousiadatedu 10 octobre 1790.
Dans le second, il dit expressément que ces niemes prélats avoient eu recours à lui connue au maître et au • père connnun, et qu il a recoinni" dans les mandements des éveques , la conduite des chapitres et de la majeure partie des pasteurs du second ordre , que ïexpos'iium des prinli'pcs des évoques de rassemblée na-
tionde èloit la doctrine de l'église de France. Kt où trouve-t-on dans les brefs de ce pontife conire la cvn^litution cniUdu clerj^é ^ ces mots , mo/a proprio , nr ex crrlû sc/en/iiî ? D'ailleurs, quand Pie VI efit pris Yiniliaii\e , et qu'il fût venu au secours de la religion en France , sans y être invite' par les premiers pasteurs de cette église particulière, eût-il excédé les droits et même les devoirs de son siège ? Jésus-Christ n'a-t-il pas dit à saint Pierre, et dans la personne de cet apôtre , à ses sucesseurs : Tu aliqunndo conirrsiis , confirma fraires /nos P Les faits de ce genre sont-ils inouïs dans l'histoire de l'Eglise , et fut-il repris par quelques-uns de ses collègues dans l'episcopat, le cardinal de Noaille, quand il énonça, dans une assemblée de ses comprovinciaux, qu'il importoit as.sez peu que la condamnation de l'erreur émanât d'abord du premier siège, ou des premiers pasteurs de la contréedaiislaquellecetle nirme erreur s'etoit élevée, des lorsqu'elle rèunissoit le consentement des èvêques '' D'ailleurs les clauses du propre moufcnienl ci <\e \:\ science cer/aine , qui se trouvent dans le bref Cum uliiis portant condamnation du livre de?
Mu.vimesdes .w/n/s ,, empêchèrent-elles l'cglise de France de recevoir ce brefet de donner une adhésion positive, formelle et solennelle au jugement qui y etoit prononcé par liuiocent XII. ^ Mais notre plan ne nous permet pas de pousser les constitutionnels jif^quc dans leurs derniers re- Iranehrmcnts. Retournons donc à leur con( iliabule.
Le 17, il ouvrit ses portes à l'ambassadeur des princes de la Vélcravie. Tahoun'erXwl en sa présence, au nom de la congrègatiimde Xor^anisa/ionde l' enlise -(ii/liciine ,\ii\ rapport sur le régime mttropolilain.
L'auteur fait remonter cette dignité jusqu'aux apôtres. Il l'établit d'aboril sur le respect et la confiance que leur conservèrent les èvêques
z8o PAR
envoyés par eux dans les villes dcpendantes des métropoles civiles où prêthoienl les apôtres. Kespict et confiance qui passèrent à leurs successeurs, fondèrent une coutume, établirent d'un côte des droits, de i'autre des devoirs. Droils et devoirs qui ne tardèrent pas à recevoir de nouveaux titres, que l'on trouve dans les canons apostoliques, dans les rcf^lenients de plusieurs conciles jjarticulicrs et œcuméniques. La juridiction des métropolitains lU' fui pas constamment la même. L'auteur s'attache à en montrer les attributions d'après les variations qu'elle éprouva eu dificrents temps. Il eu assigne la décadence , et la place à l'époque des concordats. Du reste , il reconnoît l'utiiité des métropoles ecclésiastiques : ce sont des centres particuliers qui unissent les églises lessortissantes , et facilitent à cellesci la communication avec le saint Siège, contre universel de l'unilé callioiique.
Ce rapport n'est pas dépourvu d'une certaine érudition , mais on y trouve aussi des conjectures peutêtre un peu hasardées , et des traits -satyriques avec des décisions qui paroissent inspirées par l'esprit du parti auquel l'auteur etoit attaché.
C'est ce qui nous engage à ne pas entrer dans un plus grand détail sur cette pièce. INous observerons en passant que, lors de la discussion, qui eut lieu le 28 juillet, un des pères s'etant permis d'avancer qu'il Ji'etoit plus du tout question de ce qui avoit ete pratique dans les différents âges de l'Eglise ; mais qu'il 6 agissoit seulement d'organiser celle de France : et qu'on étoit arrivé à «ne époque , à un degré de connoissance, soit dans l'ordre civil, soit dans l'ordre religieux où la nature de toute espèce de gouvernement étoit parfaitement connue ; enfin qu'il n'existoit plus de métropoles en France, puisqu'on ne voyoit plus entre les diiTércnts sièges qui y
PAR
éloient subordonnes, les nicincî rapports qu'autrefois : phisiciirs pères s'élevèrent avec force contre ces assertions. Kn eilel , sans le rt'^iijif mi'lrcpolilain tout l'édifice de leur (•gli.'^e s'ecrouloil ; et si on ne consuîtoit pas l'antiriuite , pour en fixer les ba.ses,on se donnoit ouvertement pour des novateurs, qui ne respectoient plus rien.
Du autre rapport , faille 17 juillet par le promoteur, vint jeter l'auiertume dans lecœur des pères du concile, lls'agissoitdel'elatdes diocèses.
Quoique depuis le synode de 1797, on eût sacré vingt-quatre évêques , pour remplir autant de sièges devenus vacants de dilïerentes manières (i); vingt-cinq églises constitutionnelles se trouvoient encore dépourvues de premiers pasteurs.
L'éveque du Mont-lîlanc s'étoit rétracté ; celui de la Haute-Vienne avoit abjuré ; ceux du Loiret (2) et delà Loire-lnferieure avoient apostasie; les évêquesdu Gard,derOise et de la Charente avoient contracté des mariages ; d'autres avoient abandonneleurs fonctions; plusieurs etoient morts ; quelques-uns , quoique sur leurs sièges , ne paroissoient
(i)Si ceci paroi Icontrijdire ce que nous avons dit plus liaut, page 246, il faut attribuer celte variation aux réunis. Dans leur lettre d'indiction du concile de 1801, ils parlent de 18 h 20 sujets élevés à IVpiscopat. Dans lu compte qu'ils rendent de leurs travaux au même synode, ils portent ce nombre à 24 , et ils indiquent leurs sièges constitutionnels, mais en remplaçant les noms des rivières et des montagnes assignées à ces sièges par la constitution, et y substituant les noms des villes départementales. Innovation honorifique que se permet presque toujours le conciliabule de i8oi.
(2) Louis de Jarentc, cvèque d'Ot- Icans, l'un des quatre prélats français qui s'etoient soumis à la conslitutioii civile du cierge. Les trois autres n'édifièrent pas non plus la France.
PAR
point au concile , et sembloîent se soucier peu de ce qui s'y ferolt, n'ayant donne aucune excuse de leur absence. Pour comble de malheur on n'avoit point encore pu remplir tant de vides, ou parce que les diocèses étoient entièrement au pouvoir des dissidents, tels que celui de l'Oise, ou parce que les sujets, nomméssuccessivement à ces sicf^es, avoient cru devoir refuser.
On raconte sérieusement que Tardifcaitx , l'un de ces derniers, ayant écrit au pape pour lui demander des bulles, n'avoit re(;u de Rome aucune réponse.
Cependant , afin de donner quelque soulagement à la douleur qu'inspiroit aux Percs du concile le spectacle assez lugubre que presentoil l'état où se trouvoit leur église, on reporta leurs yeux sur les protestants, dontonleur fit espérerla réunion prochaine. Plusieurs évêques parlèrent dans ce sens. Le métropolitain de l'Est, évêque du Douhs, raconta que, se trouvant sur les frontières de la Suisse en 1800, il y eut un entretien avec un ministre reformé , qui lui apprit que dans une de leurs assemblées , il awit été dit que le moment n c'Ioit pas éloi^^nc ou les deux communions se réuniraient ; que lui , Demandre , avoit répondu que la chose etoit facile ; et que si les protestants COnnoissoicnt tes sentiments des Français sur la cour de Rome , ce serait l/ientàl fuit : }> mais qu'un jour nous leur ten- » drionslamain pour les embrasser.
Nous tromperions-nuus .'' celte réponse nous paroît très-judicieuse et très vraie. En elfet, les constitutionnels admeltoient déjà le principe fondamental de la reforme , puisqu'ils substituoient leur jugement particulier au jugement pcremptoire de l'Eglise universelle ; ils étoient d'accord sur la suprématie de la puissance civile en matière de religion ;' puisqu'ils avoient juré le maintien de hconstitulion cii-ile du clergé, qui n'étoit qu'une application
PAR ^Si
pratique de celte suprématie, et du dogme (jul la soutient; et quant à ce qui regarde le respect et l'obéissance dus au pontife assis sur la chaire de saint Pierre, les prolestants ne le regardant plus depuis long-temps comme l'antechrist, le pas qui les eût placés sous les enseignes des constitutionnels , ne pouvoit se faire à cet égard avec beaucoup de peine.
Ouelques confrrnres amicu/es sur le reste eussent rais aisément le concert dans les deux communions, moyennant que des deux côtes l'on eut fait quelques sacrifices peu coûteux sur la croyance. Il est étonnant que les partisans de la constitution civile du clerf^é n'eussent pas vu plus tut la facilité d'opérer cette réunion, et qu'ils n'y eussent travaillé dès le moment de leur existence ; une jonction de cette nature eût fortifié merveilleusement leur parti , et l'eût rendu redoutable ; ils eussent eu à manier contre leurs adversaires d'autres arn:cs que des irmtations charitables et même que la terri- \)\emnssucde la venté. Maisles hommes les plus adroits ne sont pas toujours à l'abri des oublis les plus funestes à leurs intérêts.
Après ces réflexions consolantes sur la réunion espérée des protestants avec les constilutionnels, on s'éleva, dans le concile, contre les prêtres qui attendoient oisivement lerésultatdesévenements, etcontre ceux qui avoient renoncé à leurs fonctions. On demanda contre tous un décret ; mais celle proposition fut renvoyée, ainsique le rapport du promoteur sur l'état des diocèses à la congrégation de la discipline tcclésiastique.
Dans un rapport sur les fêtes , que Grégoire fit , le 18 juillet , au nom de la congrégation de la discipline /n/(>/(7//-c, cet evêque commence par dénigrer les dissidents de Paris, auxqu'jls il donne le nom d'acéphales, c'est-à-dire, sans chef, llleurreprol chc qu'on les avoit vus tour à tour
28a PAR
supprimer les fêtes par crainte, et rnsuite les retahlir. Conduite qui ofFroit un};ran(l contraste avec celle qu'»voient tenue dans le rnrme temps les évêqnes catholiques. C'est ainsi qu'il appelle les éveques de son parti ; et il dit qu'à l'ej^ard des iêtes , ciux-ci ne furent point ébranles par la crainte d'être jcti's au-delà des mers , dans les marais nieu rtriers de la Guyane . Jl lance en passant un regard de dédain sur la fête du sacré cœur, dont il attribue l'invention récente à un prolestant ; dont on a démontré , dit-il , l'inconvenance, et qu'il resarde comme un moyen de rappeler des contestations déplorables.
il est vrai que cette institution pieuse et touchante déplut toujours aux jansénistes. Aussi Grégoire et ceux de sa congrégation opinent-ils qu'on doit la supprimer, et quanta l'office et quant à la solennité. Nous passons le reste du rapport , dans lequel on rencontre quelques bonnes observations ; et le projet de décret, qui demeurera dans les archii-es de F histoire, et qui n'offre d'ailleurs rien de bien curieux.
Le 20 , Dcgola toucha le cœur des Pères par un acte modeste de générosité. Aft!ii;é de voir la triste pénurie dans laquelle etoient réduits « ces dignes disciples de la » vérité cruciliee , » il fit parvenir au président une lettre anonyme, qui conlenoit une billet de 5oo francs dans la vue de leur procurer au moins un léger soulagement. C'étoit tout ce que lui permettoit l'etai actuel de sa fortune , qui avoit souffert des suites affreuses de la révolution. Comme le concile témoignoit son regret de ne pas connoître le nom du prêtre généreux , auteur de cet acte de bienfaisance , Grégoire l'indiqua , cl la lettre fut déposée dans les archives par ordonnance du concile.
Le 21 , l'évêque de l'Eure lut un projet de lettre synvdique aux églises des pap réunis à la république française.
PAR
Il prouve, par l'histoire , que les révolutions civiles ont étendu et resserré les limites des égli.scs nationales ; et par le concile de Calcédoine , que les églises des pays réunis à la France doivent faire partie de l'église constitutionnelle.
Après te beau raisonnement, il exhorte le clergé de ces églises à venir siéger dans le concile. Nous " croyons... qu'ayant le droit de » délibérer en commun avec nous, » les lois qui doivent émaner de » l'Eglise de France, auroient , par » votre concours , par votre con- » sentement, par votre présence au " coiicile, un poids et une autorité » plus imposante et plus obligatoire » pour vos diocèses. Nous sommes » convaincus que si vous refusiez de » vous y trouver, ce seroit, de » votre part , renoncer au droit ho- » norable attaché à vos églises ; ce >' seroit négliger les rapports néces- » saires qui vous unissent à votre •> église nationale , et par consé- » quent à l' Eglise unii-ersrllc. n 11 prêche l'oubli des querelles et des divisions politiques. Il répond aux prétextes qu'on pourroit alléguer , que les constitutionnels ont altéré le dépôt sacré de la foi , tandis que , depuis dix ans , ils ont tout souffert pour elle ; qu'ils se sont séparés de l'Eglise romaine , pendant qu'ils n'ont cessé d'honorer et de plaindre Pie VI , de manifester leurs sentiments envers Pie VII , de reconnoitre la primauté d'honneur et de juridiction , comme les églises des pays réunis. « Mais nous osons dé- *> clarcrà l'Europe chrétienne, que » nous n'avons par auciuie faute » provoqué ces jugements, tes biefs, » qui ne sont revêtu.s d'aucune mar- » que d'authenticité ; ces prelen- » dus brefs qu'on a répandus avec » profusion dans toute la France ; » ces brefs éçuiicqucs , ou qui ne sont » pas l'ouvrage du .saint Père , ou » qui ont été surpris à sa religion ; " ces brefs dangereux qui ont désolé
>> l'eglisp (le France, qui notis ont » profondement afJJini's ,q\. qui ont » causé tant de scandale parmi les Ji- '» d'elcs. Ne craignez donc pas de » vous réunir à ceux qui sont restés » oèsenateurs zélés des lois canoni- » ques , etc. » Le 2 du mois d'août , on proclama solennellement cette lettre et le décret qui la suivoit , lesquels avoient été adoptés définitivement la veille.
L'cvêque del'Aube posa,daDstin rapport qu'il fit le 28 , sur le schisme et l'excommunication , des principes avec lesquels les scliismatiques peuvent aisément se défendre de ce nom odieux ; et les hérétiques déjouer l'analhème dont ils sont frappés. 11 suffit aux premiersde protester qu'ils ne veulent point se séparer ; car on ne peut être scfiismaliqiie nial/^ré soi , et on petit rii/ect mourirdans la charité et la samlelé , hors delà communion du pape même (i). Les seconds n'ont qu à dire que la censure lancée contr'eux, est ou uneexconmiunication /«/«' senlenliœ, inconnue à la vénérable antiquité, contraire aux libertés de F église {^allicaRc , et qui n'a pas lieu en France , OU que du moins elle n'a pas été prononcée au nom et du consentement de toute l'Efflise ; puisque leurs nombreux adhérents, qui étoicnt incontestablement du corps de l'Eglise avant
(i) Le premier principe de Blampoix est captieux. Le scliisme est sans douie une séparation volontaire ; mais on tombe dans ce crinne, quand on pose le mur de séparation, quoiqu'on assure qu'on ne prétende point se séparer. Ainsi les pclagiens et les manichéens ne laissi-rent pas d'être schismaliques , malgré leurs protestations d'union avec l'Eglise et leur obstination à s'y tenir caches. Rlampoix allègue en preuve de son necond principe l'exemple de saint Cjprien et Firniilien ; mais il falloit prou>er que ces illustres personnages avoient été fiappés d'excommunication par le pape saint Etienne, fait que ne soutiennent que ceux qui ont intérêt de l'admettre , et que nient beaucoup de savants critiques.