‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 100 sur 143 · U ANCRE · texte numérisé non relu

U ANCRE

Symptômes d<' cette période qui se dé'

veloppent à la peau et dans le tissu

cellulaire sous-cutujié.

Une forme de syi hilides éta])lie par quehpies auteurs est celle dite ulcéreuse. C'est à celte forme (jue se rattachent les rh'igades , variété d'ulcères syphilitiques (jui se produisent à la [)aume des mains, à la plante des pieds , à l'anus , au pourtour des orteils et des doigts et entre ces appendices. « Les ulcères (pie l'on voit quehiuefois vers la base des ongles, qui détruisent la matrice de ceux-ci ou vicient son organisation , de manière à lui faire former dis tronçons d'ongle , des ongles difformes , sont toujours le résultat de véritables j)usliiles plates , d'cethyMia sypliililiipie. Celles-ci donnent lieu aussi à ce que Ton a appelé paronchia ,lourniolCy ouylade syi'.hilitifjuc. «> (HaumèSj/oro cit.) Ce n'est [las seulement aux doigts cpie la forme pustuleuse , dans les rhagades , précède l'ulcération , ce mode de production est la règle ; et cette règle , d'après I\L Uauinès, dont nous partageons l'avis , ne soullVirait dexeepliou (pu» j)our les rliagades nasales , dites aussi fissures. M. Jourdan {Traité complet des maladie< ccncriennes ) ne veut pas qu'il y ait de liaison entre les symptômes de la syphilis primitive et les , rhagades (pi'il attribue a la malpriqirelé , et qu'il ne donne en ji arlagc (pi'aux basses classes de la société. Il y n la , sans le moindre doute , un défaut (l'obserNatiou.

On dirait, dans certains cas , «pie Vc\nderme est la seule [»ar!ie qui soulIVe. Ou le voit, surtout à la paume des mains, s'épaissir , puis se soulever , se df'lacher , et laisser à nu le corps papillaue. C>e t^ymptôme prend le nom {\e pelade.

(juel.iuefois 1rs onirles s'altèrent dans leur euuleur, leur ep;iis>.pur et leur eoutc\iure , san>i (jue , comme dans Tonglade

SYPl

syphilitique proprement dite , la matrice uiigiilaire «oit «in'jicléc.

L'alopécie doit être comptée au nombre des effets consécutifs de l'infection syphiliti(pie. " Le traitement mcrcuricl , que les hydrargirophohes ont voulu accuser de la production de cet accident, en est certainement innocent. » L'expérience la plus positive a parlé là-dessus » (Baumes). Le plus souvent l'alopécie est partielle. Quelquefois , non seulement les cheveux , mais encore les poils tombent ; cela est rare. Il y a ordinairement une éruption furfuracéc , une légère desquainmation de Tépiderme sur la racine des cheveux ou poils qui se détruisent; mais cette altération épidermique peut manquer.

On a désigné sous le nom de gourme de véritables furoncles chroniques , dont nous allons emprunter la description à M. Jourdan. « Cette tumeur, d'abord indolente , ou à peu près , est molle , quoi(|u'eIle ne conserve pas l'impression du doigt; mais bientôt elle devient douloureuse: le tissu cellulaire qui la sépare de la peau , et cette dernière elle-même, se confondent avec elle ; les tégumens rougissent , prennent une teinte violacée, puis brune, et enfin s'ulcèrent. L'ulcéralion fait des progrès avec plus ou moins de rapidité , surtout quand , ce qui arrive parfois , une portion de la peau amincie se trouve frappée de gangrène. Dans tous les cas , dès qu'elle est établie, on aperçoit une masse blanche , plus ou moins considérable , de tissu cellulaire moriihé , qui s'isole peu à peu , et qui , se détachant lout-à-fait avec le temps , laisse à découvert un ulcère profond et inégal que borde une peau mince, frangée et flottante.» Les bords minces de l'ulcère se détruisent par l'elfet du travail ulcératlf, et font plate à des bords plus favorables à la cicaliisalion, qui a lieu par la formation de bourgeons charnus. On voit quelquefois ces furoncles sypliilitiques se succéder pendant des années entières , et parcourir tout le corps - quehjuefois ils se réunis sent, et forment ainsi un vaste ulcère, qui peut offrir jusqu'à 22 pouces de circonférence , comme l'a observé Delpech dans un cas ; et si le furoncle se développe au-dessus d'un os superliciel , on peut croire à une périoslose. Le nom de gom-

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me a été appliqué à un antre genre d'affection que celui qui vient d'être étudié.

{f^oy. les articles Périostose et Syphi- LiDEs de ce Dictionnaire.)

M Ikll range au nombre des résultats consécutifs des maladies vénériennes une altération de la peau et du tissu cellulaire sous-jacent d'où proviennent des nodO' sites et des tnhercules. Celte affection se manifeste, dit-il , en général , tout d'un coup sur diverses parties; quebiuefois néanmoins elle demeure bornée à l'une des extrémités ou au scrotum. La peau conserve sa couleur naturelle , mais devient fertne et s'épaissit beaucoup. Le malade éprouve d'abord peu de gêne et il ressent même rarement de grandes douleurs, tant que raltér.ition cutanée n'est pas parvenue à un degré considérable. Mais quand la partie se gonfle outre mesure, ce qui arrive parfois , il en résulte des tourmens extrêmes. Le membre ou le scrotum devient d'abord d'un volume énorme et il crève ensuite à mesure que le gonflement augmente ; de là des ulcères qui rendent une matière ténue et acre, sont toujours sordides et guérissent rarement.» (Jourdan, loco cit.)

Symptômes qui se produisent dans les muqueuses.

Affections sy phililiq^ics consécutives de la muqueuse df} la bouche. Nous retrouvons dans ce point diverses formes qui correspondent à celles qui ont été établies pour les syphilides. La forme ulcéreuse présente ici , d'après IM Baumes , quatre variétés. « La première de ces variétés correspond aux ulcérations simples superficiel'es , comme suite de brûlure peu intense ; la seconde correspond à la division des chancres simples , la troisième à celle des chancres indurés, et la quatrième à celle de chancres phagédéniques.

» La troisième variété (chancre induré) affecte d'abord et presque unicpiemerit les amygdales. C'est un ulcère semblable au chancre primitif, qui, sans gonflement préalable des amygdales , les creuse , comme ferait un emporte-pièce, présente un fond jaunâtre et un pourtour d'un rouge foncé, s'étend dans tous les sens, ronge quelquefois la totalité de l'amygdale et envahit les parties environnantes, atteint

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parfois l'orifice de la trompe (VEiislaclip , et cause la surdité ouraltération de l'ouïe du côté aflecte , bieu plus souvent (pie ne

le font les ulcérations précédentes La

quatrième variété est un ulcère inarclKwit en partie coniuie un tilcèriî [iliagedenique dès le début , avec ou sans gaiigrène superficielle. C'est ce genre d'ulcère surtout qui est précédé et s'acconipngne de douleurs parfois très grandes , de reactions fébriles, de gêne, dimpo-^ibilité de la déglutition , d'altération de la voix, d'altération aussi de Touïe. L'infiainmation et le progrès pliagédéni(pie sont (piebjuefois tellement giands, que le tissu osseux lui-même est airecié au palais , dprrieVe le pbarynx , à la partie postérieure dps fosses natales» ( Haumès , (oco cit.). Une des formes de la sy[>liilis consécutive dans la niutpieuse buccale est la végctaiive , mais eile est rare.

i\I. I^aumès dit avoir vu quelquefois au grand angle de Toeil particulièrement, de petites végétations; rarement, mais quel- (jucfois, il s'en develo[>pe dans le conduit auditif, que l'on voit aussi et moins rarement être le siège soit d'un écoulement I)urulent , soit d'ulcères qu'il est permis de rapporter à la sypbilis.

.ifficlions sijf/lnlitiqucs consécutives (Je la mu f/ lieuse du 7iez. Il arrive souvent que les malades éprouvent une infiammation véritablement blciuiorrhngique de la muqueuse natale, -c D'autres fois des ulcérations ne tardent [)as à se montrer dans les narines, en dedans des ailes du nez ; ou bien ces ulcérations se forment plus haut , plus profondément à la surface des cornets, de manière qu'il est difficile de les aperce\oir. Ces ulcères peuvent avoir la marelle pbagedenique ; divers os entrant daii^ la conformation du nez , peuvent s'afTtcter à la suite ou en même lem;)s >. J'.aumcs;. notons aussi ces ulcères profoiifls avec peu de stq)[)iM'ation , ou même sans suppuiation auciuie, mai« caractérisés par une odeur borriblement fétide (et (pii constituent rozène. i>L îîaumès insiste avec raisotj sur ce fait que geiK'ralement les graves symptômes (]r la sypbilis constitutionnelle sont liés par des symptômes moindres, queppiefoi^ inaperçus, à la sypliilis prinntivr : «je n'ai jamais vu, dit il , par exemple, la

dartre rongeante sypbiliti«pie s'établir sur les ailes du nez par des tubercules , sans qu'il eût existé antérieurement , depuis plus ou moins long-temps , un coryza cbroniipie plus ou moins rebelle qui s'était certainement développé sous TmAuence de la même diaibèse sy|)biliti(jue. »

.iffecîions S!/phiHtiques oousccutii'es (le la muqueuse du reclnm. Cesaireciions sont : i° un écoulement véritablement bémorrbagi(pie ; M. lîaumès en a o!)scrvé plusieurs cas : la muqueuse était rouge, épaissie , comme granulée dans quelques points, sans ulcération ; 2° des ulcères, qui se sont formés sans engorgement, sans induration, ou ont succédé à des tubercules. C)n les constate , quand ils sont superficiels, en commandant au malade de pousser comme pour aller à la selle; quand ils siègent plus ba\it, le doigt sert à les reconnaiire : on peut aussi faire usage du sju'cidum ani. Ces ulcères donnent lieu à un suintement.

.■fffertions syphilitiqw'S co?i<èculives de la mu'/ueu^e des organes génitaux.

Nous ne mentionnerons ici que les végétations, IcMpielles pp!ivent se présenter à la boucbe, sur la muqueuse oculaire, dans le conduit auditif, à l'anus, mais dont le |)répuee et le gland sont le siège de prédilection. On les a appelées , selon leur l'orme , poireaux , verrues , choux-fleurs, fies ou morisqucs , crêtes de coq , condj/tômcs, f/roseilles ou cassis., cerises ou merises, mûres ou frambroises., fraises.

Quelijucs-unes de ces dénominations sont pre<;que entièrement oubliées. Les plus répandues sont celles de cboux-deurs etdc poireaux, par la raison qu'elles désignent les formes les plus fréquenîes des végétations. (>ette dernière désignation est celle dont les médecins se servent fie préférence aujourd'bui. Il est remarquable que les vegeiatioiis peuvent se développer pendant la période des symptômes primitif-. Les condylômes s'observent 'jurtout à l'anus, et coïncident ordinairement avec les rhagades.

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