‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 105 sur 143 · TABAC · texte numérisé non relu

TABAC

considérable. On peut, d'ailleurs, seconder lelîet du vomitif en lilillant le gosier avec les barbes d'une plume. S'il y a déjà quelque temps que le poison a été pris, et qu'il y ait Heu de soupçonner qu'il se trouve dans le tube intestinal, on fera prendre un émétocatbarlique composé de la même quantité de tartre stibié que ci-dessus et de 50 à 43 gram. de sulfate de soude : en même temps, on administrera des lavemens purgatifs.

Si, à l'aide de ces moyens, on parvient à faire rejeter la substance vénéneuse, et si le malade offre des symptômes d'une congestion cérébrale, on n'hésitera pas à pratiquer une saignée qui sera faite de préférence à la veine jugulaire, et qu'on renouvellera suivant le tempérament de l'individu et l'avantage qui en aura été obtenu. On aura également recours à ce dernier moyen si les évacuans n'avaient rien produit, et qu'il y eût congestion cérébrale. On ferait ensuite usage des boissons acidulées et principalement de l'eau très légèrement vinaigrée , que l'on donnerait à petites doses : cette pratique est surtout utile lorsqu'elle est mise en œuvre immédiatement après l'expulsion du poison ; mais si l'empoisonnement datait déjà de vingt à trente heures, elle serait peu eflicace.

On devrait ensuite recourir à la médication anti-phlogistique , s'il survenait des symptômes d'inflammation.

Si l'application du poison avait été faite à l'extérieur, le même traitement devrait être employé : à l'administration des évacuans près. On devrait, en outre, pratiquer une ligature au-dessus de la partie empoisonnée et cautériser la plaie, afln de s'opposer à l'absorption du poison et à son transport dans le torrent de la circulation : on pourrait également recourir à l'emploi des ventouses sur cette même surface pour arriver au résultat désiré. (Orfila , Traité des poisons , 3« édit., t. ir, p. 200.)

On a employé le tabac comme un remède à la fois vomitif et purgatif ; et lorsqu'on a voulu agir seulement sur les gros intestins, pour y produire une révulsion énergique , comme dans l'apoplexie , la paralysie , les maladies soporeuses, etc., c'est en lavemens qu'on en a prescrit l'administration : mais, dans tous ces cas, le praticien ne doit pas avoir seulement en vue l'action irritante sur laquelle il compte, il doit encore savoir se mettre en garde contre la faculté narcotique de l'agent qu'il emploie.

On s'est servi de même du tabac dans les catarrhes chroniques , dans certaines affections asthéniques des poumons. Le docteur Fowler a regardé le tabac comme un moyen précieux dans le traitement de l'hydropisie. il l'a prescrit en infusion et sous diverses autres formes. Les premiers phénomènes que l'on observe pendant l'emploi de ce remède sont des nausées et des vertiges : ordinaire -

se produit

ment l'évacuation urinaire , qui sous son influence, n'a lieu qu'après que ces phénomènes ont paru, et cette évacuation est d'autant plus abondante qu'ils sont eux-mêmes plus prononcés. Fowler, désirant empêcher les nausées et les vertiges après les premières prises du remède , commençait par en donner d'abord de faibles doses qu'il augmentait peu à peu jusqu'à ce que les effets qui viennent d'être signalés se manifestassent; il éloignait les prises ou les diminuait aussitôt qu'il apercevaitdu trouble dans les idées des sujets.

Dans les asphyxies, on a souvent eu recours aux lavemens de décoction ou de fumée de tabac. Mais M. Giacomini a fait judicieusement observer que ce moyen ne peut convenir que dans un certain nombre d'entre elles, par exetuple dans l'asphyxie des personnes pléthoriques, celle des nouveau nés, celle des ivrognes par le vin, l'alcool ou l'opium , celle qui est déterminée par une compression cérébrale sous l'influence d'une force mécanique externe, enfln dans celles qui sont dues à de fortes pertes de sang, à une grande soustraction du calorique (engourdissement par le froid ) ou au manque d'oxygène (chez les noyés par exemple).

On a conseillé encore le tabac à l'extérieur dans les cas de douleurs locales, de gale, de teigne, de bubons, d'engorgemens glanduleux, de tétanos, d'ischurie , de rétention d'urine, de resserrement de l'urètre, de colique métallique , et à l'intérieur contre la paralysie, la constipation opiniâtre, l'épilepsie, l'hystérie, la manie, les fièvres intermittentes, les vers intestinaux, etc.

Enfin nous terminerons ce qu ia trait aux applications thérapeutiques de cette substance en disant avec M. Londe qu'après avoir observé l'anéantissement , la subite et profonde prostration qui suivent l'emploi du tabac fumé ou chiqué chez un individu qui n'en a point l'habitude il y a lieu d'être surpris qu'on n'ait jamais pensé à employer l'une ou l'autre de ces pratiques, préférablement à la saignée, dans les cas où il s'agit de paralyser sur-le-champ les forces musculaires d'un sujet, dans la réduction de certaines luxations par exemple. Ce moyen , dans ce cas, atteindrait, certes, mieux et plus rapidement que tout autre le but qu'on se propose. {Dict. de méd. et de chir. prat., t. xv, p. 244.)

« On administre le tabac en médecine, disent MM. Mérat et Delens, le plus souvent à l'extérieur. On en prépare des infusions, des décoctions, etc., dont on fait des lotions, des fomentations; la dose de ce végétal, dans ce cas, ne doit pas dépasser 8 grammes pour 1 litre d'eau : il en est de même pour les lavemens. En décoction, à l'intérieur, on ne doit jamais aller au delà de 2 grammes en plusieurs prises dans les vingt-quatre heures, et souvent il faut en donner moins. On emploie le tabac en poudre à celle de 5 ou 10

renticramnips an plus ; on mélange aussi celle poudre dans (le la i:raisse pour en faire des cspéees de ijoniniailcs. Si les feuilles sont fr.iiol\enieiil set liées, il faut se tenir dans les mêmes proportions; si elles sont vieilles, et surtout irtnailli'cs pour servir connue tabac à priser, à fumer ou à chiquer, il faut diminuer celte dose. Dans tous les cas , il faut surveiller l'elTet du tabac administré; voir s'il n'est [)as absorbé en trop grande (pianliié, s'il ne produit pas de nausées, de ^omissemens, d'assoupissement, etc., et, dans ce cas, en diminuer les doses ou même en suspendre l'adminislralion. On doit toujours se rappeler (pic le tabac est un végétal d'une force considérable, et dont les efl'i'ls peuvent être très dangereux. La plante fraiclie est moins acti\e (pic celle (jui a subi la fermentation nécessaire pour entrer dans le commerce. » {Dict. de tfiér., t IV, p. G19.)

L'habiiude de prendre du tabac fournit , dans les mal.idies, un signe (pii n'est pas ù négliger. Lorsque les alTeclions sont graves , les sujets cessent d'en sentir le besoin, même lorsqu'ils pourraient en prendre. Lorscpie la maladie s'amende et (jue laguérisondoit avoir lieu, la nécessité d'en faire usage se fait sentir de nouveau ; et ce retour aux anciennes habiludes est un signe du plus heureux au- J,'ure. {iJirt. des se. rncd., t. Liv, p. 'JC4.)

TŒNLA. (F. Vi:rs.) TAU-:. (V. Albigo.) TAILÏJ], opération sanglante qu'on praticpie sur la vessie iiriiiaire dans le but d'exlrnire les calculs renfermes dans son intérieur. On l'appelle aussi litholomie (de nOÔ; , pierre, etTiyvo), couper, scier), et plus ex'AcXtmvui cystotoihie i de v.jgti;, vessie, etc.) ; mais le nom de taille a généralement prévalu en France.

« Ainsi restreinte , la liiholomie embrasse encore les travaux de \\n'^\. siècles et les opérations les pins importantes de la cliirurj,Me. C'est chez les Kgyptiens , y\\\[ virent naître tous les arts et n'en perfectionnèrent auciHi , (pi'ont ete teiilcs, si l'on en croit l'rosper Alpin, les premiers essais de l'extracUon de la pierre. \U cru rent en imitant la nature, qui se débarrasse quebpiefoi"^ spontanément de^ calculs, qu'on pourrait les attirer au dehors <)\i f.icililer leur sortie en dilatant .seulement les canaux par lesquels l'urine est rendue. De là une première méthode , la dilatation , qui , tant('it seule, tant,M comhinee avec d'autres , s'est perpi-luee jusqu'à nos jours, et (pii procure quehpielois aujourdiini l'expulsion de

TAILLE

petits calculs chez les hommes et smtout chez les femmes.

» On ne sait pas quelles idées le père de la médecine avait de la lithotomie lorsqu'il engagea ses disciples, sous la foi du serment, à ne la pratiquer jamais. La croyait-il dangereuse, indigne des soins d'un art conservateur.^ Ou pensait -il qu'elle ne devait être pratiquée que par ceux à qui riiahitude avait donné une grande dextérité dans celte opération?

Exclue par ce serment du domaine de l'art, la lithotomie resta en des mains étrangères jusqu'au temps de Celse. Elle reprit alors sa place entre les moyens de guérir ; et si elle ne fut pas toujours pratiquée par des médecins, du moins elle ne fut étrangère ni à la médecine ni à ses |)rogrès. n (l)upuytren, J)i' la lilhotomic, ihèse de concours, 1812.)

" Quoique resireinle, la cystolomie ne doit pas être ahandonnee ; et si l'on se persuade malheureusement que la lilhof ripsic peut siiflire , on négligera la cysiotomie : on sera force de faire abus de la litliolripsie, et l'on sera cruellement dé(Mi ; car la mortalité sera i)liis grande , et les accidens consécutifs surtout seront, dans cette dernière opération , plus fâcheux même qu'après la taille. » (Amussat, De la cy st. poxtcro' pubienne, p. :>1 , 4852.)

« On doit reléguer dans l'histoire de l'art les procédés relatifs à l'opération de la taille connus sous les noms de petit appareil ou de méthode de (lelse, de grand appareil ou taille de ^larianus Sanclus, et enfui de taille latérale, inventée par l'ouhert et liiomas. Ces procèdes ont sans doute servi d'origine à plusieurs des combinaisons (|ui font actiieMement jiartie du domaine de l'art ; mais ils ne sont pas tombés dans une désuétude complète. Si cepeiidanl un calcul , arrêter dans la portion prnslali(|ue ou musculeuse. de l'urètre, faisait saillie au lurinée, en avant de l'anus, on pourrait le fixer avec les doigts porter dans le rct tiiin, le pousser vers la peau, inciser les parties molles sur lui, et l'extraire avec lacuretle ou à laide de pinces. I\lais, dans ces cas, fort rares et entièrement exceptionnels, ce serait moins la cystolomie (jiie l'iirelrotomie (pie l'on prati(pierail. Danslclal actuel delà chirurgie, trois méthodes seulement , auxquelles se

TAILLE

rattachent , il est vrai, de nombreux procédés , se rapportent à l'o[)ération de la taille. Elles doivent, d'après la région que Ton attaque en les prati(juant, porter les noms de mélliode liypogastrique, de méthode périnéale et de méthode recto-vésicale chez l'homme et vagino - vésicale chez la femme. » (l^égin, Nouveaux élém. de chirurgie, t. i, p. 642, 1838.)

§ L MÉTHODE IIYPOGASTRIQUE. CcttC

méthode consiste à ouvrir la vessie du côté de l'iiypogastre, ou par-cîerrière le pubis , sans blesser le péritoine, et à extraire par là le corps étranger. Franco parait avoir elé le premier à jeter les fonclemens de cette méthode , qui est si en vogue aujourd'hui en France. « Je reciteray , dit-il , ce qu'une fois m'est advenu voulant retirer une pierre à un enfant de deux ans ou environ, auquel ayant trouvé la pierre de la grosseur d'un œuf de poulie ou peu près , je fey tout ce que je peu pour la mener bas; et voyant que je ne pouvoy rien avanrer par tous mes efforts, avec ce que le patient restoit merveilleusement tormenté, et aussi les parens desirans qu'il mourust plustost que de vieure en tel travail , joint aussi que je ne vouloy pas qu'il me fust reproché de ne l'avoir seu tirer (qui estoit à mon grand folle), je delibéray avec l'imporlunité du père, mère et amis,de copper ledit enfant par-dessus l'os pubis , d'autant que la pierre ne voulut descendre bas , et fut coppé sur le pénis, un peu à costé et sur la pierre , car je levay icellc avec mes doigts, (|ui estoyent au fondement, et d'autre costé en la tenant subielte avec les mains d'un serviteur qui comprimoit le petit ventre au-dessus de la pierre , dont elle fut retirée hors par ce moyen , et puis après le patient fut guery ( nonobstant qu'il en fut bien malade) et la playe consolidée : combien que je ne conseille à homme d'ainsi faire. » ( Franco, Traité très ample des hernies, chap. 55, p. 159. Lyon, 1361.)

Il est remarquable que ce mode opératoire, (|ui a été dicte par le hasard et que l'auteur rejette formellement comme dangereux malgré le résultat favorable qu'il lui a donné , soit précisément celui qui , dans l'état actuel de l'art , rivalise avec la lilhotripsie. En effet , pour que la

lithotripsie ne soit pas api)licablc, il faut que la pierre soit très voMjmineuse ou que la voie urctrale ne permette pas de faire agir les iustrumens broyeurs ; or, dans ce cas, c'est la taille hypogastrifpje qui convient : si la taille périnéale pouvait être pratiquée avec autant de chances, la lithotripsie serait également praticable et aurait la préférence. En d'autres termes, U faut que la pierre soit très volumineuse ou que la prostate et l'urètre soient malade.*» pour exclure la lilhotrip>ie ; et dans cette occurrence il est clair (jue la taille périnéale serait peu avantageuse : car ou la pierre ne sortirait pas par cette voie , ou la lésion du col vésical et des tissus préalablement malades entraînerait des accidens mortels; tandis que, la taille hypogastrique , ou elle ne présente rien de pareil, ou ses inconvéniens sont beaucoup moindres.

Après Franco, c'est Roussct qui a décrit la taille hypogaslrique ; il la vanta beaucoup sans l'avoir pourtant jamais pratiquée, à ce qu'on croit ( Départit cœsareOy lo91). « Tolel dit qu'on l'essaya à rilôtel- Dieu ; mais sans donner les raisons pour lesquelles on l'abandonna , si ce n'est qu'on la trouva peu convenable. Enfin , vers l'an 1719, Douglas la pratiqua pour la première fois en Angleterre , et depuis lors plusieurs autres chirurgiens ont suivi son exemple. ^> (Sam. Cooper, Dictionn.

de chir.y t. ii, p. 57.)

« Morand tenta de l'introduire en France ; mais en dépit de quelques essais qu'il en fit, cette méthode ne put y faire fortune : elle serait même tombée dans un oubli complet sans les travaux de frère Côme , et si plus tard M. Souberbielle , Dupuytren, Éverard Home et Scarpa ne l'euesent mise en usage. Dans ces derniers temps elle est redevenue l'objet des prédilections de quelques jeunes praticiens , tels que MM. Amussat et Baudens. »

(Bégin , loco cit.)

« La méthode de tailler au-dessus des pubis est fondée sur la possibilité d'arriver à la vessie par-dessous ces os sans pénétrer dans le péritoine, et sans donner lieu à un épanchement d'urine dans cette membrane ; et cette possibilité est ellemême fondée sur les rapports de la vessie avec la paroi antérieure de l'abdomen. On

TAILLE

sait que le péritoine fournit aux viscères renfermés dans le ventre une envelo[)|)e qui embrasse les uns de toutes |)arl;>, et qui se borne à couvrir les autres sur quelques-unes de leurs faces seulement ; la vessie est dans ce dernier cas. Le i)eritoine, après avoir recouvert la partie anterieine de rabdomen , abandonne cette paroi lorstpi'il est descendu au niveau de ]a vessie et se jette sur la face postérieure de cet organe. De celte manière sa partie antérieure , dépouillée de tout rajjporl avec le péritoine , touebe iiiimedialement à la paroi antérieure de Tabdomen et à celle du bassin , aux(|uelles elle est liée par un tissu cellulaire séreux dont la llexibilile sup[>lée à cette membrane et permet à la vessie de s'élever, de s'abaisser, de s'elarijir ou de se rétrécir suivant les (luanlilés d'urine qu'elle contient. Ju*^([uc-Ià ro|)érati()n n'offre aucune difliculte. En elîel, en sup[)osant que la vessie dépassât toujours les pubis, on n'aurait besoin pour arriver jusqu'à elle (jue de traverser la peau et l'épaisseur des parois (le Tabdomen ; et soit qu'on intéressât ces parties sur la ligne blanelie exactement , (pi'on séparât les muscles droits et pyramidaux d'un côté de ceux du côté opposé, ou (ju'on les diNis.U suivant leur longueur, il est facile de voir que, dans aucun cas, cette partie de l'opération ne saurait oll'i ir ni di(Ti(ultes ni dangers : ils tiennent à d'autres causes. La vessie, située derrière les pubis, tantôt est entièrement cacbce par eux , tantôt les dépasse en s'elevanl d'une <|iianliié [)!us ou moins considérable vers 1 ombilic. Deux circonstances induent principalement sur cette variation : son rlat de vacuité et son état de plénitude ; et lor-quelles s"unis-ent a (piebpu-s autres causes constitutionnelles , elles font ebanger t'ilemcnt les rapports (jue nous venons d'indiquer (pj'il devient très didicile de les connaître d'avance. La ves.sie est entièrement eacbée par les pid)is die/ les individus (jui l'ont \i(le, très inilable; cbez ceux cbez lescjuels elle se débarrasse souvent de l'urine, et par petites (|uanliles ; cbez ceux «pu l'ont irritée et en (]U( lque sorte racornie par la présence d'un ralcul ancien , cbez ceux encore dont le basxin Ires ample permet à cet organe d'acquci ir eu larycur les Uiuieiibious qu'il

prend en hauteur chez les autres. Elle dépasse ordinairement les pubis cbez ceux (jui l'ont actuellement pleine d'urine, chez les enfans, chez les individus dont le bassin naturellement étroit ne saurait la contenir sans gène , chez ceux (pii ne se débarrassent de leur urine que de loin en loin , et en grande quantité cha(pie fois ; chez ceux , en un mot, dans lesquels elle a acquis, par (pielque cause que ce soit , une grande capacité. l>orsqu'une partie de la vessie déi)asse le pubis , cette portion représente la i)elite extrémité d'un ovoïde dont le diamètre vertical, dirigé delà symphyse à l'ombilic, varie depuis (piel<iues lignes jusiju'à (luelques pouces, et dont la base, proportionnée à la largeur de la vessie , n'a p.is besoin d'être mesurée. C'est dans cette étendue de surface que la section de la vessie au-dessus des pubis doit être praliiiuée : ici ne se trouve aucun N aisseau, aucun canal dont on doive redouter l'ouverture; et si le danger d'intéresser le péritoine n'existait pas, il n'y a i)as de «loiite que ce fût la l'opération (ju'il faudrait préférer comme méthode générale. » (l)u()uytren, ouvr.cité.)

rrcnner pruccdc ( Franco ). Nous venons de voir en cpjoi consistait le procédé de Franco. <f Franco a incisé sur la |)ierre même , cpi'il avait soulevée avec deux doigts introduits dans le fondement ; en (juoi il a ete imité par iionnet,et depuis l)at lleister dans un cas où, n'ayant pu tirer un gros fragment de pierre par l'appareil latéral , il se détermina le lendemain à ou\rir la vessie au dessus du pubis. Les suites de cette opération furent d'abord heureuses ; mais le malade , épuisé par la lièvre et par les douleurs, mourut au bout de (juatre semaines. Si la pierre (pi'on se propose de retirer était excessivement grosse , cette méthode serait pres(|ue la .seule <pie l'on pût suivre. Le malade couché sur le côte droit de son lit et suflisamment assujetti, le cliirurgien ferait lever la pierre par un aide pour avoir la liberté de ses deux mains; puis, tendant les légumens avec les doigts de la main gauche, il inciserait la j)j'au, la partie inférieure de la ligne blanche , et enfin la vessie, dont il pourrait, pour plus de connnodite, agrandir la plaie avec un bistouri boulonne, porte de haut en bas à travers la première ouvcr-

TA

Inre qj^il y aurait faite, et il procéderait à rextraction de la pierre et au pansement de la plaie. » (Sabalier, Médecine opèr.y t. IV, p. 255, édit. de 1824.)

Ainsi donc le procédé de Franco n'est pas à rejeter, il peut encore servir dans quelques cas. Il est cependant une question , celle de savoir si Franco a incisé le col de la vessie du côté du périnée avant d'attaquer cet organe par-dessus le pubis; Morand la décide négativement. Dans tons les cas , on ne doit accepter ce procédé que dans ce dernier sens et comme procédé exceptionnel.

Deuxième procédé (Rousset). «Pour rendre la taille hypogastrique applicable à tous les cas, en même temps pour faciliter rincision de la vessie et éloigner le péritoine de l'endroit où cette incision doit être faite , Rousset et tous ceux qui l'ont suivi ont recommandé d'injecter dans la vessie une assez grande quantité d'eau tiède ou d'eau de guimauve pour la distendre et lui faire faire au-dessus du pubis une saillie qui puisse servir de guide à l'opérateur. Voici comment se pratiquait cette opération : le malade étant situé sur le bord droit de son lit , ou d'une table garnie d'un matelas, et suffisamment assujetti par des aides , on introduisait une a'galie dans la vessie et on y poussait lentement de l'eau tiède ou de l'eau de guimauve avec une seringue : la quantité d'eau était subordonnée à la capacité de la vessie ; elle devait être de huit onces au moins , de seize au plus. Lorsque la vessie était suffisamment distendue et qu'elle faisait saillie au-dessus du pubis , le chirurgien retirait la sonde et il donnait la verge à tenir à un aide qui la comprimait entre ses doigts et qui l'abaissait entre les cuisses du malade pour empêcher la sortie de l'injection. Il tendait en travers les tégumens de l'hypogastre avec le pouce et le doigt indicateur de la main gauche pendant qu'avec un bistouri convexe tenu de la main droite, comme pour couper de dehors en dedans, il incisait longitudinalement, dans l'étendue de trois ou quatre pouces, la peau, le tissu cellulaire et la ligne blanche ; cela fait, il portait le doigt indicateur de la main gauche dans l'angle supérieur de la plaie, la paume delà main tournée en haut, et, Tap-

IIJ.IÎ. im$

puyant sur la parliiî supérieure de U ve-sie, il y plont^c.iit la pointe du bisloupî (ju'il tenait (îoiiune une plume; à écrire, et dont le traiiclianl était tourné vers le piibis. L'eau sortait aussitôt , et la vessie se serait alfaissée si le chirurgien n'»'ùt enfoncé promptement le doigt indicateur de la main gauche dans ce viscère; il courbait ce doigt de bas en haut [)our en soutenir les parois comme avec un crochet , pendant qu'il achevait de l'inciser de haut en bas et jusque sous le pubis avec un bistouri concave et boutonné. Enfin il retirait le bistouri , sans cesser de tenir la vessie suspendue , cherchait la pierre avec les doigts de la main droite ou une tenette et terminait l'opération. » (Boyer, Malad. chirur., t. iv, p. 4o8.)

Ce mode opératoire a été vivement critiqué, blâmé sévèrement comme dangereux par plusieurs auteurs , entre autres par Boyer et Sabatier, qui n'eu conseillent pas l'emploi. Cependant c'est , à peu de chose près, le procédé que M. Amussat a recommandé et décrit comme sien, et que plusieurs chirurgiens pratiquent de nos jours avec quelques variantes peu essentielles. C'est déjà faire pressentir que le procédé en question est digne de considération dans l'état actuel de l'art.

Troisième procédé ( frère Côme). « Il consiste à ouvrir la vessie au-dessus du pubis à l'aide d'une sonde à flèche portée dans ce viscère par une plaie faite à l'urètre au bas du périnée, tant pour la facilité de son introduction que pour pouvoir mettre à demeure dans la vessie , a[)rès l'opération, une canule droite au moyen de laquelle les urines s'écoulent tant que la plaie supérieure reste ouverte. » (Saba • tier, loco cit.)

« Le frère Côme n'ouvrait pas la vessie en deux endroits différens; il pratiquait l'opération de la manière suivante : il introduisait dans la vessie, à travers le canal de l'urètre , un conducteur qu'il confiait à un aide. Il faisait ensuite une incision d'un pouce de long au périnée , dans la même direction que pour l'opération latérale, et une autre incision à la partie membraneuse du canal de l'urètre , le long de la caimelure du conducteur jusqu'à la glande prostate. Il introduisaiC alors dans la vessie, le long de la sonde

Page 1