‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 123 sur 143 · TÉRÉBENTHINE · texte numérisé non relu

TÉRÉBENTHINE

ÀÂl

tprmillcnlos , lc« maladie» lymphallquos et en pirliculicr raiiasar(;uc , les cinpoisoiinoineris par l'acide cyi.iitiydri(pic el lopiiim , la salivation merciiriellc , la poulie, le rhuiTialisine , le diabète. MM. Trousseau et Pidouï ont de plus appelé rallenlion sur l'action que pourrait avoir ce moyen dans l'ojfection gratiuleuxe de IhirjUt.

Emploi externe. Il est de» praticiens qui emploient l'huile volatile de térébenthine pour rubéfier la face antérieure de la poitrine, dans la coqueluche : ils préfèrent ce moyen à l'emploi du vcsicaloirc et de la pommade stibiée. Le travail que cette huile détermine sur la peau ne cause que des cuissons supportables , qu'une rougeur érythémateuse passagère , et cependant les quintes de touxdiminucnl promplementdc fréquence et de force.

Cette huile offre encore un moyen commode et sûr de former des irritations cutanées , dont la force révulsive très grande est digne de tout l'intérêt des thérapeulistes. On peut tout simplement faire des frictions sur la peau avec cette substance ; mais son action a beaucoup plus d'étendue quand on en met sur un cataplasme de farine de graine de lin que l'on applique chaudement sur un point du corps. Ce topique est à peine en place depuis quelques secondes qu'il cause des picotemens , un sentiment de chaleur ; quatre à six minutes après son application , les picolemens sont devenus très forts , la chaleur est à peine supportable : il semble aux malades que la partie est couverte d eau bouillante. Lorsqu'on enlève le cataplasme , une \ive rougeur existe ; les picotemens et la chaleur continuent encore quelque temps.

Souvent on enveloppe tout le pied et une grande partie de la jambe d'un large cataplasme de lin , bien épais, bien chaud, arrosé avec un mélange à parties égales d'huile volatile de térébenthine et d'un alcoolat aromatique. Ces topiques révulsifs, dont l'action est vive et prompte , procurent une amélioration remarquable dans les oppressions dont la goutte parait être la cause, dans le» palpitations de cœur, dans les douleurs névralgiques qui ont leur siège autour de la tête, des épaules, etc.

La térébenthine a été prescrite aussi en vapeur par le rectum, contre le ténesme qui accompagne la dysenterie. Son huile volatile a été recommandée dans le traitement des brûlures par Kenlish, Coxe , Horlachcr, Goodall , et ces médecins assurent que, quel que soit le degré de la brûlure, la douleur se calme presque immédiatement, et la phlopose s'éteint pour ainsi dire sur le champ. Langenbcck et Richtor en ont beaucoup vanté remploi dans le cas de gangrène. On a eu aussi recours à son usage contre la gale, contre le phlhiriasis des vieillards et contre la teigne.

On peut pre.scrlro la térébenthine sous forme d'élecluaire, mêlée au miel en y ajoutant (pjeUiue [)o;i(lre inerte , ou sous forme de pilules, où bien en étruilsion artificielle. L'huile essentielle doit être donriée de préférence sous forme érniilsive. Pour l'usage externe , on emploie l'une et l'autre sous forme d'onguent, d'empIàtre, de liniment, et, en solution émulsive , soit pour pratiquer des fomentations , soit pour appliquer en injections ou en lavemens.

Quant aux doses, il y a une bien grande différence entre celles que prescrivaient les anciens et celles que domient les modernes , surtout les médecins anglais et américains ; car les premières étaient tout à fait minimes, tandis que les secondes sont quelquefois considérables , tant pour la térébenthine que pour son essence elle-même. Money et Gibney disent avoir observé que ce remède , à petites doses, occasionne diis accidens qu'on n'éprouve pas par les grandes doses. La dose de la térébenthine de Venise est de 5 décigr. à 1 gram., qu'on peut répéter plusieurs fois jusqu'à 30 gram. et même davantage par jour. On est arrivé souvent à des doses élevées dans le traitement du catarrhe urétral , mais il faut prendre garde de fatiguer certains estomacs : dans ce cas, il est souvent préférable d'administrer cette substance en lavement. L'huile e.'-scntiellc est administrée également de 1 à 15 gram., selon les circonstances. Chez les enfans de trois ans , on peut, d'après l'expérience de Gibney, la donner à la dose de 2 à 6 gram. par intervalles dans la journée. Le traitement contre le tœnia en exige de fortes doses, tant par la bouche qu'en lavemcMit.

La térébenthine entre dans la thériaqiie, le baume de Fioravenli, le baume d'Arcœus , le baume de Lncatel , le savon de Starkey , et la plupart des onguens et emplâtres adhésifs.

H. Produits accessoires des conifères. Ces produits, au nombre de quatre, sont la résine , la poix de Bourgogne, la poix noire et le goudron.

A. Résine (poix-résine). C'est une sorte de térébenthine solide qui coule des pins et ne diiïère de la précédente que par une moindre proportion d'huile essentie le. Lorsqu'elle est de bonne qualité, elle est légère, blanchâtre , d'une cassure nette, d une odeur marquée. On ne s'en sert en médecine que pour la confection de certains onguens, tels que le basiiicum , Valiluca , et de quelques emplâtres , entre autres le dinclnlon, Vcpispnsliiiuc , celui (ï André de la Croix, le sparadrap , etc. ; elle les rend stimulans , résolutifs , maluralifs et surtout agglulirialifs.

On en extrait aussi de l'huile essentielle

par la distillation ; et le résidu, qui porte

le nom de colophane ( V. ce mot ) , est assez

souvent em[)loyé pour prévenir l'hémorrha-

. gic sur les plaies à grande surface, ou avec

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