TEST
perle (le snbsl.inoc , telles (jne celles qui rcsiiltenl (le rarnpiilalioii d'un niouïbre : ou l'enîploie eu poudre, pour eel objet , et on eu saupoudre les liourdounet? et les plumas seaux de char(>ie qu'où applique sur la plaie. {Di<t. de se. ineil., t. vi , p. 71.)
/>. Poix de Boxirqogne. Ce produit, (jui est appelé aussi poix blanche , poix jniuie , poix f/fdsse , etc., n'est autre (]ue de la résine niollc , ou nalipot , fondue dans l'eau et liltiée pour la délivrer de ses irupurelés ; elle est jauiiAtre , inallérable, prasse au loueber, adliésixe , se raruollissanl à la chaleur, etc. l'our sou usape en Ibcrapculicjue , on {'étend on écusson sur de la peau, et on l'applique, loro dolciiti , dans les alTections rbuiuadsmales chroniques , vapues ; cotnine dé-rivaiif, dans les l)ronehiles, le rhume ehr()ni(pio,etc., ou la |)lare entre les épaules. Elle adhère forlenieul jxMidaul huit jours et plus (piOn la laisse à demeure ; mais il faut avoir soin de raser le lieu avant de l'y appliciucr, sans (juoi elle arracherait 1rs poils en l'ùtant , luêrne a laide de l'huile tiède , ainsi qu'on y est obliué parfois, l.c.rsipu* ce topitpie est Irésiarpe, ce qui est le plus ordiiKure, il pêne les momemens du corps. ( Mérat et Delens, Dici. de ilur., t. vi , \). HT!).)
C. Pair noire. C'est un ])r()(liiit de In combustioïi , dans un four (lisposé pour cet objet , des débris résineux proxeuaiit de la coufeeliou de la térébenthine et du palipoi, des copeaux de sapin , etc. Celte substance est toni(jue . stimulante et rubéilante ; on l'a proposée à l'intérieur, à petites doses, sous forme pilulairc , dans les cas d'hémcrrhoides très douloureuses ou Huant trop abondamment. Mais siMi principal usaue est (h; ser\ir etj pharmacie à la confection de l'onpuent ba».ilicum et de l'onpuent de la mère. IJIc entrait dans la composition emplasticpie connue sous le non» de rcdoUr , que l'on emploi ait contre li leiprie faveuse.
Ù. CmtdrniK Ce produit a (h'jh été traité nous les ra|iport chuniipies et thérapeutique dans c«' Dictionnaire. {V. t. iv, p. if).').)
TKSTICJ'LK (inalaflirs du}, i" liclmtion du testicule ci Vanneau ou derrière IdnndU. «' I>e (lefaiil (les testicules (l.iiis le >(roliuu, <!it riiclierainl, pnit (ilre place pai lui les maladies , et retrirde. coiniue une (ii-pi)- ii'ii procliaine a divers acrifleiis » {.\<>>o(jr(!j)h. (l>iiur(j.,\. iv, |>. 4(*>;. Il est doue csscnlit'l de pie.^cnlcr (piclipjcs cou sidéraiiuiis pratiques sur «c sujet.
« Le ieslieule est qiiebpjelois retrmi soit dans \o veiiire, soit d.'.ti< b» c.uial it) guinal,s()ità raiiueau '■tis pubien Dans le l)reuiier cas , il est impo-sd)lc de recoiiuailre sa présence ; et, coiuiue aiu'uu occideiil ne se ininifeslc , la c!iirurgie doit
ICL'LE.
rester iuarlive. Daws le second et dans le lioisièiuc cas, ou doit, par des bains éiuoiliens, par des applieaiious relâchantes , par des exercices modérés, cherclicr à favoriser rallongement des liens qui retiennent loigane. i.orstju'il est descendu assez pour que le doigt puisse <itre interposé entre lui et l'anneau , il convient d'exercer de d.uices pressions de bas en haut sur la saillie tpi'd forme, ou même de placer entre cette saillie et la paroi du ventre, la pelote d'un brayer destinée surtout à empêcher la sortie des viscères (pii tendent à s'échapper de l'abdomen.
Si le testicule, retenu au-dessus de l'anneau, ne s'y en^a.'cait qu'en s'étranglant, il faudrait chercher à oi)litércr cette ouvei ture , ou du moins à provocjuer son resserrement, au moyen de bains froids, de manière à retenir l'organe au-dessus d'elle. Lors(pi'eii[in l'organe séminal est comi)riiue douloureusement et étrangle par l'anneau , de manière à ce que des accidens graves se manift steiit , il petit devenir nécessaire de diviser les [)arties qui le reeouvreiii ,de peiieici r ju-(pi'à lui, d'inciser le relxiid de rouverline trop étroite et (le le dégager » (IJegin , Aouv. clém, de cltir. , '2' èdit., t. 1 , p. 055).
2" y',V/K'5 ds tesiicui'es. On peut obs( rvt r sur les leslicules toutes les espèces de plaies {y. Plaiks). II est rare cependant (pièces organes S(iient atteints parles corps vulnerans. Ils ont été quehpiefois piqués dans la ponction d'inte hydrocèle. Oiioi(pie ce soit là un accident (pi'il faille avoir soin d'eviler dans celte opération, il ne fau;liait pas cepciulaut en exagérer les dangers. «< Un malade ainsi atteint, dit IM. A'«'lpc:ui , et dans le leslicule duquel le bout de la canule é'ait resté au point (jue riiijcction seule l'en détacha, ne ressentit guère que les sym[)!(')ines qui aceomj)agiu'nt comuun.ement ropèration de riiydroeèle par injeelion >» {Méd. opér. , U' edil. , t. IV, p. 'J.7Cy. Totiîefois, A ccMé de ce fait et de (juebjues autres analogues, o:i pouir.iit en citer plusieurs dont les réshll.ils sont loin d'avoir été aiis^i heureux- !M. N elpeaii eu uu-niioinu' un chez lerpjel \\ Hirviut «lu ahres qui exigea une large incision , et (jui , pendant plusiciu's semaines, donna des craintes sérieuses pour 1.» [tcrle de l'oigane.
TtS'I
Quoi qu'il en soit , que le testirule soit coulus , (lécliiié ou divisé, il n'est pas toujours facile do dire d'une manière précise quelle est Tétenduc de la plaie ou la gravité des désordres, à moins cependant que le scrotum n'ait été largement divisé et que l'organe n'ait été mis à nu. Toujours est-il que , lorsque la blessure a une certaine étendue , et surtout qu'elle a été produite par un instrument contondant , une inflammation plus ou moins intense se développe, les parties se tuméfient, et souvent même une partie de la substance du testicule est poussée à travers la plaie de la membrane albuginée , et vient, sous forme de lilamens jaunâtres, se mêler à la suppuration. C'est là une particularité dont les jeunes praticiens doivent être prévenus ; car il faut bien se garder de tirailler et d'extraire ces filamens, ce qui conduirait à détruire la substance propre du testicule et, suivant l'heureuse expression de J.-L. Petit , à dévider cet organe comme un peloton de (il.
a Dans le traitement de ces plaies, l'objet important est de prévenir l'engorgement inflammatoire, et de le combattre lorsqu'il est survenu. Les saignées du bras, les boissons rafraîchissantes et adoucissantes , une diète sévère et les topiques émolliens et anodins se présentent naturellement pour remplir cet objet. A l'égard de la plaie elle-même : si elle est faite par un instrument piquant, on se contente de la couvrir d'un pliunasseau enduit de cérat , on enveloppe le scrotum dun cataplasme êmollient et d'un suspensoir. Si la plaie est faite par un instrument tranchant, on en rapproche les bords, et on les maintient en contact avec des bandelettes agglutinatives peu serrées; si le scrotum, déchiré dans plusieurs sens et présentant plusieurs lambeaux, laissait le testicule à nu, exposé au contact des corps extérieurs, comme on l'a vu j)lusieurs fois dans les plaies contuses , il faudrait rapprocher les lambeaux et les tenir réunis par un ou plusieurs points de sulure très lâches, panser ensuite avec un plutnasseau enduit de cérat ou d'un digestif simple, «t couvrir les bourses d'un cataplasme êmollient. On emploie d'ailleurs les moyens généraux propres à combattre l'engorgement inflammatoire du testicule , qui ne man-
TOVIK VII.
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<pie jamais d'accompagner ces i)laies; par la sni:e on se conduit comme dans le traitement des plaies qui guérissent par suppuration. Si la substance intérieure du testicule se présente dans la plaie, on doit , comme nous l'avons dit plus haut, se donner de garde de l'eidever en la prenant pour la matière de la suppuration. Lors(pje le testicule a été fortement contus et froissé, l'engorgement inflammatoire qui s'en empare est quehpjefois si considérable , (ju'il entraîne la perte de l'organe dont la substance est détruite, l)ar la suppuration, ou s'échappe sous la forme de pus brun mêlé de filets qui ne jîOnt autre chose que les vaisseaux séminiféres. Pour prévenir cet accident , J.-L. Petit conseille de faire des scarifications plus ou moins profondes sur la membrane albuginée. Mais on conçoit que ces scarifications ne peuvent être pratiquées que lorsque le testicule a été mis à découvert par l'instrument même qui a fait la blessure , ou par les incisions que l'on a été obligé de pratiquer pour donner issue à du sang extravasé dans les enveloppes de cet organe. » (Boyer , Malad. chir. , t. x, p. 19ij.}
Lorsque la guérison des plaies du testicule est obtenue à la suite de la suppuration des parties, cet organe reste adhérent à la cicatrice , et son volume est plus ou moins diminué suivant qu'il est sorti une quantité plus ou moins grande de sa substance et que la suppuration s'est plus ou moins prolongée.
Ajoutons que les blessures du testicule peuvent amener des désordres tellement graves dans cet organe , qu'il soit nécessaire d'en faire l'extirpation. «Mais, dit avec raison M. Bégin, avant de pratiquer cette opération le chirurgien doit bien s'assurer qu'elle est indispensable , et ces cas sont rares. » ( loco cit., p. 555). C'est là un précepte qu'il ne faut point perdre de vue. Chez quelques malades que nous avons observés, et chez lesquels le testicule blessé paraissait complètement désorganisé , la guérison s'est opérée au bout d'un certain temps, et l'organe a pu reprendre ses fonctions.
4° Inflammation. Généralement désignée sous le nom d'orcliite, l inflammation des testicules a reçu quelques autres
-;::() TESTICULE
«iL'iioininalions fuivc'iiU la cause q»ii Ta le \xxi« volume du Journal de médecine
de Sedillot , p. 54. Dans certains cas, on
■|)rt)duile et ro[)ini()n (jiie professent certains auteurs sur la naiiire el le sieire ])rL'(is de la maladie, ('/est ainsi qu'on Ta îippelee didym'ite ^ èpididymUc ^ ei\(jorgimint i))/hufim(itoirc des tesiiculcs^ cliaudc/iii'se touibce davs les honr.<cs , hernie Inmiorale, fcslicule vénérien , orifiite blennorriiafjif/ne.
l/orcliite , quelle que soit d'ailleurs la rau'Je qui la [)ro(luit , peut être aiguc ou chrohif/uc.
^/. Orcinle aiguë. A l'exemple de M.
A. lîcrard el de (piehpies autres auteurs , liou'< rein.'irons (\.\n> la mr-me description Tii.n.uninaliuu du te-lieuie (jui est due à l'aetion des eau-e» i:en''i"a!es des nialnlies: telles qiM' eoiiiiisioii , iiiinrcs-iou du fri>Hl, v'c. 'nrf{tie.''in}pU')^ et celle qui suit la sui)pr< s«;inn l)Mi-qi:e de la bicuuoi-i liagie {pnh'tchlcnn'ri hiujiqi e)\v„vU)\\\v^{\{}w\ s'aeiompagiiei't <Pun ^'rand iio!id»re de .vyuqi'.ômis analogues, presen'eiiî les mômes lesiotis pailif'ht^'iipir^ , et reelameni •|)niir niusi di;e le mè ne traitement, ^o^ls nurons soin , cependanl, de sigtnler les jtai ticularites «pu ;q)par!ioniient pins spé cialemeut ^oit a lune ï-oit a laiitic de ces niala'lies.
Caus'S. «Tes cuises qui pvo'luisent l'orcliife simple . sont : les contusicuis du le-ticule, les elforts réitères et vitdenis, comme eeux auxquels on se livre en sou- ]('vant (le ] e^.ui» f.u-deaiix; l'impression ndii'c du froid >ur le scrolinn ; Pirriiation <lu sinus poiiilaiis par la p»)inle d'iuie l)oi\i:ie ou p.ir I nriiw , dans le cas de re- Iréei-sement de l'urètre; l'irritation de l'ureli-e , du col de la vessie par une snnrle «t deme»U'e , ou l'extr.u'iiou «l'on calcul \oliiiiinenx; la relenliou prolongée du ypernw ; rmierrupliou liiusipie de rejailli,iiiou; l'émission trop reitt'ree de la Jiquenrseminale; le*^ puru'aîifs diasti(]ues ; la preï-sion d'un brayei- s»ir h; cordcui hpi rmaii(iue. l/oielnie aiguë peut être «•[ id.niiipie. M. JWxpies ( .Irr/t. (jénér. tir mcd., l. MX , p. OjîS; parle d'une epi- «lémie do ce gcnn- (pi'il a observée en 1 S2r> ; la nialaflie était pt ecedee pendant trois à «piatie jours d engoigcment des parotides. ];i|e [)Mit être la terminaison do (ièvre^ calarrliales , ain^i (pie le doc;ei;r Hourges 11. a i.i]qioiié p1u«ieur.<5 «b^ci vation? 'lans
l'a vue alterner avec des inflammations de la parotide, l'hydarthrose, principalement celle du genou. Enfin , M. Aubert a rapporté [Dict. des se. méd..^ t. 50, p. 24) l'observation d'un engorgement inflammatoire d'un testicule qui a disparu rapidement après que le malade eut rendu une masse considérable de tœnia. » (A.
Hérard, Thèse de concours, 1854, p. 45.)
Ces diverses causes sont loin d'exercer la même influence sur le déveloi^pement de la maladie qui nous occupe , il en est quelques-unes qui méritent de nous arrêter un instant.
'JOus les auteurs admettent une connexion entre les irritations de^ testicules et celles de l'urètre. Il paraîtrait même que celte coiuiexion esl [)lus inlune pour certaines parties du canal excréteur de l'urine. Voici ce (]ue dit A. Cooper à ce snj-'t : « Ea cause la i)lus freiiueiite de rirdlammaiion du testicule est l'irritation du ciuial de l'urètre ; car ces parties , naluiellement unies sous le rapport des fonctions dans l'étal de sanlé, sont égalenunl unies, par d'étroites sympaibies, dans l'elat palhologirpie : mais le testicule a des relations sympalITupies plus marquées avec certaines portions de ce canal (pTavec les autres. Ea portion proslati(pie de l'urètre esl celle qui a les coimexioiis les plus intimes avec le testicule; après elle , vient la portion membraneuse. Ea portion antérieure ou spongieuse exerce inie influence sympat bique beaucoup moindre; et (|uand rinllammalion et l'irritation existent dans les six premiers pouces de l'urètre, ii partir du gland, le testicule s'eiiflanune rarement. (]elte inllammalion, au cmitraire, suit fréqueimnent l'irritation des trois derniers pouces de ce canal.» (A. Cooper, oKuvr. chir.^ Irad. fram;.
|)ar !\ni. Clia>isaignae el Ricbelot, p. 429.)
On a vu quebjuefois l'orcbiie se développer pendant le cours ou immédiatement aprè-. la disparition d'une arlbrite. Alais il n'est pas toujours facile de bien se rendre C()mi)le des rapj)orts (jui existent entre ces deux alfectioiis. Nous |)Ourrions (Il dire autant de la métastase des oreillons.
Onanl à la rétention prolongée du spcr-
me, que la plupart des auteurs mentionnent dans l'éiiologio do rorchitc, voici quelle est l'opinion de MM. CulleritT et Ratier : « Ci'est plutôt rationncîllement , disent-ils, que d'après l'expérience qu'on admet l'orchite occasionnée par la rétention de la li(jueur séminale. Encore même la physiologie et la pathologie montrentelles que les liqueurs sécrétées s'accumulent non pas dans les organes sécréteurs, mais bien dans les réservoirs, qui leur sont annexés et qui s'endamment quelquefois alors. » {Dict. de mêd. et de chirur. prat., t. xn, p. 267.)
Ajoutons, avant de passer outre, qu'on voit quelquefois survenir l'orchite sans qu'il soit possible de déterminer la cause qui la produit. Les deux ciiirurgiens que nous venons de citer, disent avoir observé chez le même sujet trois orchites successives affectant le testicule droit, puis le gauche , puis revenant au premier, sans que, pour les deux dernières au moins, il ait été possible de trouver une cause tant soit peu vraisemblable. On comprend, du reste, qu'il en est ici comme dans toutes les autres affections morbides; il n'est pas toujours possible de se rendre compte de l'origine du mal.
« Quant à l'orchite blennorrhagique , elle reconnaît pour cause la suppression brusque d'un écoulement de l'urètre.
C'est rarement pendant la période d'acuité de cet écoulement que l'orchite se développe. On voit dans le Mémoire de M. Gaussail {archives génér. demédec.^ t. XXVII, p. 191) que, dans la grande majorité des cas, c'est quand la blennorrhagie date de quatre, cinq ou six semaines, que le déplacement s'opère. Toutes les causes qui produisent l'orchite simple, peuvent déterminer l'orchite blennorrhagique ; on doit y ajouter l'emploi de certains médicamens qui arrêtent brusquement l'écoulement urètral , l'acte de la génération, etc. » (A. Bérard, loco cit.^ p. 44.)
On a tenté différentes explications au sujet du mode de transmission de l'inflammation de l'urètre au testicule.
Trois opinions principales ont été émises. L'orchi;c blennorrhagifjue , a-ton dit, peut être le résultat d'une métastase, d'une sympathie , ou simplement d'une extension de l'inflammation urétralc au
TESTICULE. Wi
testicule par voie de contiimité de tissu. Diipuylren admet, comme possibles, ces trois modes de transport : « L'orchite rnétastatique, dit-il, ne nous semble pas pouvoir être mise en doute ; elle est la plus fréquente de toutes, et caractérisée par la disparition subite de l'irritation urétrale, et son transport sur le testicule ou ses enveloppes. La cessation brusque de Pè-
le signe distinguera des
coulement blennorrhagique est pathognomonique qui la suivantes.
» D'autres fois il survient une inflammation au testicule pendant le cours d'une blennorrhagie, et cependant l'écoulement n'en est que peu ou point modifié. Cette inllammation ne peut être, dans ce cas, que sympaihi(|ue ou par continuité de tissu , et voici à quels signes nous en reconnaîtrons le caractère.
)> L'inflammation sympathique a lieu le plus souvent dans la tunique vaginale, et elle s'accompagne alors d'une énorme distension des bourses. Lorsqu'elle a lieu dans le testicule lui-même , la tumeur n'est jamais aussi considérable , attendu que la tunique albuginée, par le fait seul de sa structure , ne saurait se prêter à une dilatation aussi grande qu'il faudrait qu'elle fût pour environner une tumeur du volume de celles qu'on observe quelquefois. La raison anatomique et les faits se réunissent ici pour nous faire concevoir que, dans le cas d'énorme distension des bourses, la tumeur est formée par la tunique vaginale et non par le testicule. Or, si l'inflammation a lieu dans l'une des enveloppes de ce dernier, il est évident qu'elle ne peut plus être le résultat d'une extension par continuité de tissu. L'inflammation sympathique du testicule nous semble donc une chose , sinon prouvée, du moins très probable.
» L'inflammation transmise au testicule par continuité de tissu, quoique plus rare que la précédente , ne nous semble pas non plus devoir être rejetée. En eft'et, nous avons remarqué une inflammation vraiment testiculaire dans laquelle la tumeur très dure, très douloureuse, mobile au milieu des bourses et toujours peu considérable, présentait sur un de ses points une saillie formée par Tépididyme engorgé. Ce dernier phénomène nous a paru
TESTICULE
un caractère propre à l'orchile blennorrhagique survenue par continuité de tissu, car nous ne l'avons jainai!> rencontré dans celles occasionnées par nne violenie extérieure, non plus que dans les cas où la phleginasie s'était transportée brnsqiienient de Turèlre au testicule. » (l)iipiiytren, Leçons orales ^ 2« édition, t. iv, p. 221.)
Quoi qu'il en soit, Torchite melastalique n'est pas admise par tous les observateurs. « On se forait une idée très fausse de la manière rlonl arrive rengorgeinent inflammatoire des testicules, disent MM.
Cullerier et llatier, si l'on s'en rapportait à ce (jue disent les auteurs ^ur la métastase de la blennorrliai^'ie et sur le transport de la matière vers Torgane sécréteur d<; la semence. On imaginait autrefois (et l'exprrssion po[)ulaire de chaudcp-sse tombée dans les bourses est encore là pour l'alte^îter), on croyait, disons-nous, que, ri'coulement étant sup[)rime tout d'un coup, la matière virulente, dont la sécrétion était tarie, se jetait sur le testicule et en produisait rengorgein«'nt. l'ar suite de cette théorie, on cherchait à rappeler Pecoulement ; dans la pensée (pie des (]u'd aurait repris son cours , l'organe malade reviendrait à son volume naturel. Dans ces derniers temps, cette théorie a ete rejetee ; et l'on pense (pie cet accident est dû à la propagation de la phlegmasie. » (Cullerier et liatier, opcr. cit. , t. iv, p. 4:>7.) Ajoutons que c'est là roi)inion la plus généralement adoptée de nos jours.
C'est celle que M. Velpeau professe depuis plu>ieurs années. Nous trouvons «liins le Mémoire de M. Gaussait (pie nous avons mentionné plus haut, que ce médecin s'est assure «lue certains iiial.ides intelligens et attentifs avaient senti la douleur partir profondement de la vessie, giigner le canal inguinal et de la descendre dans les bourxs; en même temps qu'il a reconnu (pie rcngorgemeut du caii;d défèrent s'etend.iit clans le m«'iiie sens depuis lanneau du grand ()bli(pie jus(pi"a l'epididyme.
Avant d'exposer la symptomatologie de Torchite aiguë, nous avons a examiner une (jiieslion qui a elé vivement controverse(Ml,ins ces dernières annefs; nous voulons parler de létal matériel et ana-
tomique de la tumeur formée par l'engorgement inllammatoire du testicule.
En 1855, ]M. Uoclioiix publia, dans les Jrchii'i'S yi'néraU's de médecine (mai), un travail sur l'orchite blennorrhagique, dans lecpiel il est dit (]ue, " à part la portion ordinairement assez petite de la tumeur (jiii appartient à l'epididyme, le reste est forme par un épanchement périlesticuiaire, provenant lui-même de l'in- (lammalion de la tunique vaginale. »
En 4834, I\I. Marc Moreau crut pouvoir conclure de plusieurs faits d'analomie [lathologique : « que la maladie connue sous le nom de chaudepisse tombée dans les bourses, de testicule vénérien , d'orchite blennorrhagique, n'est autre chose qu'une iiiflammation aiguë du canal défèrent, de re[)iilidynie et de la lunicpie vaginale, que ce n'est cpie dans des cas très rares que cette phlogose se communicpie à la substance du testicule. » {Journal hebdom.^ 1854, t. H, p. 218.)
Antérieurement, I\E Gaussail s'était attaché à prouver (jue le testicule est l'organe i»rincipalement alIVcte dans la maladie qui nous occu[)e.
IM. Ricord, de son côté, pense que la liimelactioii des bourses dc[>end de la tuméfaction de ré[)ididyme ; il en est lellenieiit convaincu (pie, suivant lui, la dénomination d'orchite , de testicule blennorrhagique, est vicieuse, et (pi'il faut lui Mif)>tituer celle (Vtpididymile blennorrliafjique. {Traite pratique des malad.
rénér.^ p. 741).)
\ oici ce (pi'écrivait ^\. A'elpeau en 1857, et telle est encore ropmion qu il professe aujourd'hui. Comme c'est celle (|ui nous parait reunir le plus de partisans, nous allons l'exposer avec (piebjues détails.
<« Depuis (juatre ans, dit ce chirurgien, j'ai cherche, sur lOU sujets alFectes d'orchile aigiK', soit à la Pilie, soit à la (Charité, .^oil en \ille, à préciser lelat matériel ou anatomiiiue de la tumeur. Il eu est rt'siiiie pour moi la ccuiviction (pie, dans l'orchite uretrale eu particulier, le gonllemeiit porte presque exclusivement sur l'é- |ii(lidym(! d abord, (lu'ensuile il gagne les tuni(pies du scrotum et le testicule; enlin, (pie de la sérosité dans la tunirpie vaginale concourt également à la produire
TESTICULE
dans nn grand nombre de cas. Je puis i lie n'en est pas grave ; donc ajouter, d'après ce fait, cprune liy- presqu
elle
«e dissipe
diocèlc plus ou moins considérable ao compagne environ la moiliô des orchiles aiguës, mais «iiTen adinnant (pie, dans celte maladie, l'iiydroccle est à peu près tout, et Tengorgement des tissus presque rien, M. Rochoux s'est très certainement trompé. L'épididyme et le testicule forment bien, en général, le tiers ou la moitié et quelquefois les deux tiers de la tumeur; les tuniques épaissies (bj scrotum entrent ensuite pour une partie, sans compter qu'assez souvent il n'existe pas de séropité autour du testicule, ou qu'il n'en existe qu'une très faible quantité. Quand rbydrocèle existe réellement, elle constitue parfois, quoique rarement, jusqu'à la moitié ou les deux tiers de la masse; ordinairement, c'est depuis un sixième jusqu'à un quart de la tumeur qu'elle forme. Souvent elle se réduit à une couche épaisse d'une ligne ou deux de li(|uide autour de la glande séminale; mais j'ai démontré ailleurs {Presse médicale, mars et avril 1857) que cela n'empêchait pas la maladie de mériter le nom ({"orchite et non celui de vaginalite que M. Rochoux propose de lui donner.
» Ce qui a trompé et ce qui trompera encore sur ce point, c'est que dans l'orchite aiguë le testicule et l'épididyme offrent un volume et une consistance proportionnels tout autre que dans l'éiat normal. Comme boursouflé, raréfié par la maladie, d'un lissu naturellement mollasse ou spongieux , renfermé dans une coque fibreuse, épaisse , le premier de ces organes, alors comme encadré sur le devant du second , donne si facilement l'idée d'une collection de liquide, qu'il est presque impossible de ne pas s'y laisser l)rendre quelquefois. L'épanouissement, la durelé insolites de l'épididyme, qui représente là un œuf un peu aplati sur sa face antérieure , fait que le testicule se montre sous l'aspect d'une bosselure fluctuante qu'on prend pour la tunique vaginale distendue par un liquide Ce
genre d'hydrocèle se montre tantôt dès le début, tantôt vers le déclin de l'orchite; mais c'est le plus souvent à |)artir du tioisième ou du quatrième jour (ju'on peut en constater l'existence. Le pronos-
e toujours en même temps que la maladie du leslicule, et assez souvent on la voit disparaître avant l'engorgement de l'épididyme. Quelquefois cependant elle persiste, et peut se transformer en hydrocèle cbroni(pie. » [Dict. de mcd./l" edit., t. XV, p. 440-447.)
yînalomie palfiologique. Lorsqu'on examine avec quebpje soin cette partie de l'histoire de l'orchite , il est facile de se convaincre qu'elle est encore à faire tout entière. Voici , du reste , comment s'expriment sur ce sujet MVL Cullerier et Ratier , dont les opinions doivent cire d'un très grand poids en pareille matière.
« L'état pathologique , disent-ils , apprend peu de chose sur les lésions que le testicule présente dans l'inflammation aiguë ou chronique , et surtout dans le premier cas, où la mort n'est peut-être jamais survenue directement. Pour notre part, nous n'avons pas eu , dans une longue pratique , une seule occasion de constater les lésions que l'inflammation, soit aiguë , soit chronique, développe dans les testicules ; nous n'avons même rien trouvé de satisfaisant dans les auteurs que nous avons consultés à ce sujet. Lorsque, après une opération , on est à même d'examiner l'organe afi"ecié , on n'y trouve plus que les lésions propres au sarcocèle , dont il est alors impossible de distinguer celles qui appartiennent expressément à l'inflammation tant aiguë que chronique. On en est donc réduit sur ce point aux conjectures que font naître l'exploration de l'organe à travers les enveloppes qui le contiennent , et la comparaison des divers degrés de la maladie et de son évaluation successive ; quoiqu'on ait prétendu que le testicule ne s'enflamme pas , et que c'est à l'épanchement de la tunique vaginale qu'est dû l'accroissement de volume , l'observation montre: 1'' que l'inflammation (dans l'orchite blennorrhagique) se propage le long de l'urètre jusqu'aux canaux éjaculateurs, et qu'ensuite l'épididyme devient douloureux et se gonfle ; 2** que , dans les cas les plus simples, l'épididyme est seul alTecté ; et que , dans des cas plus graves , on peut suivre l'extension de la phlegmasio jusqu'au corps même des testicules. Qu'il se fasse en niéme temps épan-
*o4 TESTICULK.
clicment séro-piirulcnt dans la tuni(iiie i vive douleur qui se manifeste , le testicule
vaginale , c'est ce qui arrive quelquefois ; qu'il y ait aussi (ijilegmon du lisï«u cellulaire auibiaut, c'est ce qui est plus fré- «picnt encore. Quant à la suppuration du testicule : quoicprclle soit rare , elle a Jicanmoins clé constatée plusieurs f()is ; et l'on a vu distinctement s'échapper avec le pus la substance même de l'organe , qui est sortie jus(prà la destruction totale |)ar les plaies restées fistulcuses. Ouoi (pi'il en soit , ce point intéressant d'anatomie patli()logi(]oe reste tout entier à cclaircir, et Ton doit y appeler l'aitentiou des [traticicns et <les observateurs. » [Upcr. cit. y t. MI , p. '271. )
\i/m/itôinfs de VorchAtc aiguc. Quelle que soit la cause qui a donne lieu à la maladie , voici en général les caractères qu'elle présente : Douleur, tuméfaction, chaleur dans les bourses ; quehpiefois le i-crotum con>^crve en partie sa couleur normale , mais le plus ordinairement \\ devient [)lus ou moins rouge. La tumeur est |)esant(^ , de forme ovoïde , un peu aplatie lateraleu'cnl , plus dure en arriére à la région occupée par l'epididyme , très douloureuse à la moindre pression. L'engorgement se prolonge souvent le long du cordon testieulaire jusqu'à l'anneau inguinal, (pii, en le comprimant , fait éprouver au m.ilade de vives douleiu's (|iii peuvent même déterminer des acridcn»^ syn)patlii- (|n( s : tels que des hoquets , des vomis<emens , et même des convnUions. « Tend Mit (pie les symi»tômes locaux sont dans b'ur état de violence , il se (le\ elo|>iie une fièvre d'irritation très vive : la langue se recouvre d'une couche épaisse , la peau est chaude et le ventre resserre ; et quand le sang est tiré dn bras , il fournit un caillot à bords relevés et recouverts d une couenne. )» (A. Cooper, loco cit., p. -428.)
Tous les phénomènes que nous venons de mentionner se develoj)[)ent ordinairement avec une très grande rapiflité. On a vu le scrotum prendre en (|uel(pies jours , et nu^me en quehpies heures , nn accroissement 1res consi'lerable. « dette rapidité se conçoit mieux , disent M. Cnllerier et P«a;ier , dans le cas où h phlegmasic dé- |>etir| d'une violence extérieure , que dans «•.'lui ou elle est metastati(pie. i:n rlFet , dans le premier cas , on voit , après la
double et même triple de son volume.
Dans le second , h peine le malade est-il averti de l'accident qui le menace par un peu de pesanteur douloureuse dans le testicule , que déjà le gonflement , la chaleur , et même la rongeur, s'y sont développes à un degré (pii présente peu d'analogues dans réconomie. » ( Oper. cit. , t. \ii , p. SGS.)
Souvent rinllammation , après avoir totalement quitté l'un des testicules , s'empare de l'autre et y parcourt toutes les périodes. Il est peu de praticiens qui n'aient observé plusieurs faits de ce genre.
La plupart des auteurs ont noté que le tesiicnle gauche est plus souvent all'ecté (]ue le droit. M. llicord croit pouvoir expli(liierce fait de la manière suivante : «De tout temps , dit-il, on a reconnu que le testicule gauche était plus souvent malade que le tesiicnle droit; cette proposition, (pi'on avait voulu détruire par un relevé d'une vingtaine d'observations , reste encore absolument vraie, mais il fallait savoir à (juoi était due la prérogative du testicule droit d'échapper plus souvent au mal. Voici ce «pie j'ai pu constater dans mon service à IhApital des Vénériens :
tous les individus (|ni |)ortent le scrotiun à gauche de la couture du pantalon , et ce sont les j)lu- nombreux, ont l'èpididymite à gauche ; cl vice l'cr.wf. Dans un dernier relevé, relatif au siège de 1 épididymite , nous n'avons trouve (pTune seule exception , et encore et;iit-ce sur un individu dont la cotit lire (lu pantalon n'arrivait pas au pcrinie. (liiez un malade (|ui avait eu une épididymite double , et (|ui entrait à l'hôpital avec la maladie h ganclie , qnoi(pie portant le scrottnn à droite, elle avait dei)ute par ce dernier c(Mé. En somme , il peut y avoir quelques exceptions ; mais la cause princii)ale (jiii détermine le côté (jui va devenir malade est bien celle que nous venons d'indiquer. » (inrnrit., p. 7.')U.)
niaffnostic. « Le diagnostic de l'orchite aiguë, dit !\L A. llerard, est en général facile à établir. Le gonflement œdémateux di scrotum provo'pié par un bain de vapeur a pu en imposer, au dire de M. ('janssail, pour une inllammalion des deux testicules -, mais alors les douleurs
TESTICUI.K.
sont beaucoup moins vives , les cordons tesliculaires coiiscrvent leur volume lia bituel : s'il y a un écoulenient urétral, il nVst pas suppriuie. Une méprise plus facile à commettre a été signalée par A.
Cooper : on pourrait prendre une orcliite pour une hernie congéniale étranglée. Dans un cas de ce geine, S. Cooper reconnut la nature du mal aux signes suivans : absence de tumeur dans l'anneau , souplesse de l'abdomen , douleur bornée à un côté du ventre et n'augmentant pas par la pression. Mais, on le conçoit, si lorchite est très intense, si le cordon enflammé forme une tumeur qui se prolonge à travers le canal inguinal, si des vomissemens sympathiques surviennent, avec douleur de tout le ventre , etc., le cas deviendrait beaucoup plus embarrassant.
A. Cooper conseille , avant toute opéralion, de s'assurer de la nature du mal par Tusage d'un minoratif et de lavemens purgatifs. Si Terreur conduisait le chirurgien à pratiquer l'opération, il n'en résulterait rien de fâcheux; loin de là, ledébridement serait avantageux pour faire cesser l'étranglement du cordon.
« La méprise inverse peut être commise avec des conséquences bien plus graves ; une hernie inguinale peut être étranglée dans le scrotum par le passage de l'intestin à travers la tunique vaginale, ainsi que M. Dupuytren l'a fait connaître et que M. P. Bérard en a observé dernièrement un exemple très curieux à l'hôpital Saint- Antoine. Comme dans ce cas la tumeur est bornée au scrotum , et que l'anneau est traversé par une anse intestinale qui est libre à son intérieur, on ne pourra que soupçonner l'étranglement. Dans le doute il faudra se comporter comme si on avait affaire à une hernie étranglée , le danger d'inciser inutilement la tunique vaginale ne pouvant être comparé à celui qui résulterait d'un étranglement abandonné à luimême. On conçoit que les deux maladies puissent exister à la fois; alors l'une des deux pourrait être méconnue : mais ici encore l'opération de la hernie étranglée devrait être pratiquée.
» Quant au diagnostic ditîcrentiel de l'orchite simple et de rorchile blennorrhagique, la circonstance d'un écoulement de l'urètre préexistant et brusquement
supprimé ne peut laisser aucun doue sur Il nature d(; l.i luineur; mais si le uj.ilade cherche à cacher l'origine de son idlVction le chirurgien pourrait encore écliurer son jugement en ayant égard au sens suivant letpjel l'engorgement se serait étendu , l'orchite blennorrhagique procédant du cordon au testicule, l'oichite simplo ayant une marche inverse. « (A. liérard ^ loco cit , p. 51.)
On a dit <\ue l'orchite caractérise la blennorrhagie syphilitique; c'est là une erreur que la plupart des auteurs modernes se sont attachés à combattre. « Nous avons bien des fois constaté, disent MM. Cullerier et Ratier, que des urétrites évidemment indépendantes de toute cause contagieuse, présentaient cet acciflent ; tandis qu'il ne se montrait pas dans de» gonorrhées positivement virulentes : et de même que rien ne distingue d'une manière certaine ces deux espèces d'écoulement, de même il est impossible de distinguer sous ce rapport les diverses espèces d'orchite ; et le succès môme du traitement mercuriel ne suffit pas logiquement pour établir le diagnostic, jj [Oper. cit.^ t. XII, p. 270.)
Terminaisons. L'inflammation du testicule peut se terminer par résolution , par suppuration, par induration, par métastase et par gangrène.
La première de ces terminaisons est la phis heureuse et la plus fréquente. On la reconnaît à la diminution progressive des symptômes inflammatoires , soit locaux , soit généraux, que nous avons mentionnés plus haut.
« On doit craindre la suppuration lorsque le malade éprouve des douleurs pulsatives. Dais ces cas, en plusieurs endroits à la fois, la peau s'é'.ève, s'amincit, s'ouvre ; le pus se vide au dehors, et les vaisseaux sérniniféres apparaissent aux bords de loiiverture sous fornie de flocons grisâtres M ( Chelius, Traité de cltir., trad. de M. Pigné , t. i, p. 63). « La sup- I)uration, dit M. A Bérard, est excessivement rare dans les cas d'orchite hlennor- )hagi(iue, elle succède plutôt à la traumatique ; et encore cela doit- il être peu fréquent si l'on en juge pnr le petit nombre d'observations de suppuration rapportées p;»r les auteurs, et surtout si l'on se rap-
TESTICULE
pt'lle que ce que Ton a décrit comme un abcès n'était le plus souvent qu'un tubercnle ramolli. Celle pénurie d'observations m'engage à en faire connaître une qui m'est propre : j'ai présenté à la Société analomiqiie le testicule, l'epididynic et le canal delcrent du côté droit d'un individu <pii avait succombé rapidement à une péricardite, deux mois après que je lui avais |>r.ili(iuc l'opération de la taille. Dans les quinze derniers jours de sa vie, ce malade ;ivaii olFcrt les «ympl(^mes d'une orcliite aiguë occupant surtout l'épididyine et le canal dcfcrcnt. Ces parties étaient considérablement tuméfiées et distendues par du pus bien lié (pii avait parcouru leur cavité jusque dans l'excavation pelvienne.
"Dans les cas où l'abcès a son siège dans le testicule , la résistance que la tunique albuginée apporte à récoulement d-u pus favorise l'exicnsion de la maladie à l'intérieur de la glande ; en sorte que la plus grande partie ou la totalité de la substance peut é!rf» désorganisée. A. Co()i>er a noté que pendant la période de siij)puralion il se développe une liydrocèle dont le li(|ui(lc a une couleur sanguinolente. Ouand l'abccs es! ouvert , il y a une exid)erance des granulations qui sont semblables aux fongosités du cerveau. » (A. Berard, lococit., p. ^9.)
La terminaison par induration n'est pas rare ; c'est là une variété de l'engorgement clnonif|ue dont nous parlerons |)lus tard. Dapres ^L Cbelius, celle terminaison est « assez fréquente lorsque l'inflammation n'est pas convenablement traitée, snrt(»ut lorsqu'on a alFaire à dos personnes alhclées de scrofules , rie i buinali«.mes, etc. Souvent le testicule indure augmente consi(leral)l< ment de volume. 'J antôt l'epidi- «îyme seul , tantôt le testicule entier , quf Npiefois au>.««i le cordon spermatique , d.ins une étendue plus ou moins grande , est afTecté d'induration» ( Cbélius, /oco cit., p. r)5). On a vu quelipiefois le testicule perdre peu à peu de son volume, et !inir par éprouver une atrophie plus ou moins grande. Cette atrophie serait, d'après y\. A. Hérard et quelques autres chinngiens, plus freipiente à la suite de l'orrliiie par contusion qu'après lorchile blrnnorrhngique.
Dans quebpies cas on a vu rinflammation abandonner brusquement le scrotum, et une métastase s'opérer sur un autre organe, l'œil, la |)arotide, une articulation.
La terminaison par gangrène est sans contredit la plus rare de toutes. !\I. Chélius pense même qu'elle ne peut être déterminée que par un très mauvais traitement. «« On a eu l'occasion de l'observer dans les cas où on avait employé un traitement ré[)ercussif violent pendant la période la plus aiguë de l'orcbite. Alors la désorganisation atteint plutôt les enveloppes des testicules que les organes sécréteurs euxmêmes. Cependant on trouve dans les Mêm. dcchir. d\iniaud[\. [, p. 465), l'observation d'une gangrène des testicules; elle a ete recueillie sur un soldat vigoureux de trente à trente-cinq ans qui avait ete saisi d'un froid violent <( dans le temps qu'il avait une chaudepisse tombée dans les bourses. »» Le progrès fut si rapide que, six heures après, M. Germain, chirurgien en chef, fut obligé d'emporter les deux testicules et le scrolijm. Le malade mourut. » (A. Herard, lococil., p. 5(K)
On a observe quehiuefois après la disl^arilion de l'inllaunnation du testicule une quantité plus ou moins considérable de 11 juide dans la tunique vaginale. Le plus ordinairement cette espèce d'hydrocèle disparaît spontanément ; mais il arrive au>si (pi'elle persiste cl qu'elle réclame l'opération.
Pronostic. « L'ordiite aiguë, dit M. A. liérard, n'< st pas une maladie danL:eieu>e; elle ne compromet pas re\i>lence du malade, à moins «lii'elle ne complique (pielqiie alb e'.ion orgaiiioue picrxi^iaule : elle e-t fachens" ecpeudaiil par la facilité avec la(|iielle el'e passe à l'état clironiipie. L'on bile blennorrhngique e>.t plus gra\e que rinflammation simple, non seulement parce (pie sa eau-e est elle-même une malad e qui n'e«-l pas sans danger; mais encore parce qne les testicules auront la [)Iiis grande tendanre à devenir le sij'go d'une alfection semblable si les malades contractent une nouvelle blennorrhajjic. »» {l <)r-i cit., p. o2.)
Ti ailcmcnt. Considérée d'une manière générale, l.i llierapeulii|ue de l'influmnatmn du lesiicnlea ete exposée comme il suit par ."MM. Cullericr et Hatier.
Ti<:s'j
«. Quelle que soit la cause de rorchite , disent ces deux cliirurgieiis, le traitement anti-phlogisliqne est à coup snr celui <i'ji coniple le plus de succès incontestables , tantà l'état ai;^u ([u'à Tefat chronique. Pratiquée au début de rinllammaliou , la saignée générale, (pfil est parfois besoin de renouveler, amène un dégorgement rai)ide de la partie malade. Elle est surtout infiniment préférable aux sangsues, dont les piqûres sur une peau molle et doublée d'un tissu cellulaire lâche produisent des phlegmons et souvent des érysipcles œdémateux de toutes les parties sexuelles. Ce n'est pas cependant que les sangsues ne soient un moyen utile, et même qu'on ne doive leur donner la préférence dans quelques cas : lels que la faiblesse générale, l'ancienneté de la maladie, etc. »> Ace moyen ils joignent les cataplasmes émoiliens et narcotiques, les bains, les boissons tempérantes , les laxatifs doux , le régime sévère , surtout le repos du lit, et le soin d'éviter tout tiraillement du cordon en soutenant les bourses avec un suspensoir bien fait.
«( Après que , par la saignée, on a mis la tumeur en voie de résohition , il est d'us.igc de ciiercher à la favoriser par des onctions mercurielles et hydriodatées , ammoniacales ou autres. Ces médicamens peuvent être avantageux ; mais il faut les employer avec modération, sous peine de voir la peau devenir le siège d'une phlegmasie erylhémateuse ou vésiculeuse, qui oblige de les suspendre et qui retarde la guérison. Dans ces derniers temps , on a vanté les merveilles des frictions mercurielles, qui guérissaient en vingt jours les orchites aiguës; ce ipii cesse d'être surpren.uit pour ceux (lui savent que c'est là le terme de celle aiïection lorsqu'il ne s'y est joint aucune cause étrangère propre à exas[)erer l'inflammation , comme la marche, l'équitation ou l'emploi de médications locales intemjjesùves.
>» Les frictions résolutives (merciirielles ou hydriodatées, car il n'y a pas de raison bien positive de préférer les unes aux autres) sont plus applicables au traitement de l'orchite chronirpie , dans laquelle cependant les anii-plilogistifpu's bien diriges sont encore très efiicaces ; alors les ajiplicaiions de sang.-ues multipliées ont
ICULK 4»r
amené des guérisons inespérérs. C'est dans ces phlegmasies opiniâtres du testicule , que le traitement mercuriel par les frictions a produit des succès qui peuvent, selon nous , ne s'expliquer autrement que \)i\v la spécificité. Dans l'orchite chronique, un emplâtre résolutif ou sim[)le , celui de Vigo ou de diachylon, est utilement ap[)liqué sur les bourses. Il est (pjeUjuefois bon alors d'engager les malades à faire un peu d'exercice.
)» Nous ne sommes pas d'avis que le traitement spécifique soit nécessaire dans le c.'is d'orchite , tant aiguë que chronique. Nous n'avons pas vu, en effet, que les malades qui en avaient été atteints à la suite de blennorrhagie aient été plus souvent que d'autres atteints de syphilis constitutionnelle , ni (|ue le traitement spécifique ait été une garantie positive contre l'infeclion générale. Aussi pensons-nous que l'affection est toute locale , et doit être principalement attaquée comme telle. » (CullericT et Ralier, oper. cit. , t. xi[ , p. 272.)
Une des précautions les plus importantes, dans le traitement de l'orchite aiguë, consiste à faire garder au malade le repos absolu, à le placer dans le décubitus horizontal et à veiller, par les moyens appropriés, à ce que le testicule soit doucement soutenu et ramené vers l'anneau inguinal. C'est là un précepte que nous ne saurions trop recommander aux jeunes praticiens ; car l'expérience démontre (pie seul il a siiflî po!U' guérir , et (pic , sans lui , tous les autres peuvent rester inefTicaces.
Voici l'exposé des règles thérapeutiques formulées par M. Ricord , et qui s'appliquent d'une manière particulière à l'orchite blennorrhagique.
«Le Iraitement qui réussit le mieux, dil ce chirurgien , d'abord comme prophylacliipie , c'est l'usage du suspensoir , le traitement anli-phlogisliquede la blennorrhaide, et les anti blennorhagiques administrés de bonne heure : ensuite, comme traitement curatif de l'épididymite, le repos horizontal, en tenant le testicule élevé; la saignée générale et les applications de sangsues sur le trajet du cordon et au périnée . et , en même temps que les anti-phlogistiques , l'emploi de la compression.
TESTICULE
«» La conipicssion procure, dans les cas (VépkJidyrnite syinpUlii pie , des guérisons en qiiat;e, i'in<| et six jour». Bien appliipiee , elle s'opj)Ose au tlevtlopjjeineiil de l'hydrecèlc, et peut, à la rigueur, coinine Ta proposé I\I. le professeur \'elpeau, et eouuneje l'ai experiinenlé , pcrinellrc aux malades de continuer à se livrer à leurs occupai ions sans soiilFrir.
» La couipre>sion ( nielliode de M.
Fricke de Ilauibourfî, et que j'ai modifiée) se pratiipie à l'aide de bandelettes dcmplàirede f'iyo cudi mcrcurio spaïadrape.
Ces bandelettes doivent avoir de six à liiiit lignes de lar^'e. Le testicule malade étant alors saisi avec précaution, pour ne [)as exciter trop de douleur , est refoule vers la partie inférieure du scrotum , sans distendre le cordon et en Pi>^olant de celui du cùié opposé. On appliciue ensuite les bandelettes circubiirement , en commençant par un premier anneau placé sur Pinsertion du conlon , et d'abord a-sez serre pour empèclier l'organe de fuir. Cela étant fait, les tours de circulaires sont continués sur le testicule, de manière à exercer une pression assez forte , mais égale et cylindriijue, jusipi'à sa partie inférieure, et en évitant, autant tpi'on le pouna, défaire faire des plis à la peau. Arrive là , des bandelettes séparées sont appliciuces en s"imbri(piant et en se croisant, ;^.our exercer à leur tour la compression de bas en haut, et de façon à foruier une sorte de panier dont les anses sont maintenues par (juelques nouveaux tours de circulaires.
" Tour (jue ce pansement réussisse , il faut qu'à partir du moment où il e>t posé les f-oulfiances du malade diuiinuent pour cesser complètement. Dans les circonstances contraires , il faut de suites l'enlever; car s'il augmente les donleurs , c'est qu'd a été mal mi< ou (]u il ne convient pis. 'J'outt'fois il ne faut pas se laisser tromper par quebpu's soullVances (|oi peuvent tenir au pincement de la peau par le pretnu-r lour de bande, et «|ui ne >«(' font orduiaireui»'i:t sentir (pie le lendemain au plus tard. Il »iil!il alor-; d»' couper la bandelette qui serre trop , pour (jue le malade |iu;><e continuer a supjorter le pansement.
» Du reste la compression ne doit être reru)uvelee ijin- lorsque l'organe a diminue, cl quil fuit sous rai)i)ared.
)> Pour obtenir , par les moyens qui précèdent, une cure radicale et empêcher les récidives , il faut , en méuie temps (ju'on traite l'epididymite , chercher à réprimer l'écoulement au lieu de l'exciter; car, tant qu'il persiste, il reste comme cause de la maladie , cpi'il reproduit fré- (piemment. Les anti-blennorrhagiques directs et indirects seront donc administrés d'ajirès les règles déjà posées. » (Ricord, loco cit., p. 7. 3.)
Nous terminerons ce chapitre en mentionnant un nouveau mode de traitement récemment proposé par I\L le baron Michel. <« Faites incinérer un f.igot de sarmens de vigne de manière à obtenir deux bonnes poignées de cendres; faites-les bouillir dans tî litres d'eau pendant une demi-heure : ajoutez ô'iigram. de sel annnoniac etl verre de Niiiaigre. Trempez des llanelles dans ce mélange à chaud , et appliquez les sur la partie gonllée. Renouvelez ces flanelles chaudes de deux en deux heures , et dans peu de temps la résolution de Torchite est conq)lefe. » Nous engageons les praticiens à essayer ce nouveau mode de traitement de l'orcliite aiguë, auquel I\L le baron Miclud, médecin militaire très distingué, attribue une grande valeur.
/>'. Orchile chronique. Il est bien reconnu aujourd'hui (pie c'est à tort que les auteurs ont décrit sous le titre commua iVengorgcment chronitjue des testicules , plusieurs altérations de ces organes tout à fait distinctes entre (dles. Nous ferons avec soin toutes ces distinctions datjs le cours de cet article. Nous ne décrirons dans ce paragraplu" (pie l'inllammation ( hroni(p]e simple des testicules, celle (jui ne ddfere (h; liidlannualion aiguë de ces organes (pie par une marche moins rapide , des >vm[)!(*niies moins violens , et surtout une durée bcaucoiq) plus considérable.
« Cette alFection est ordinairement bornée à l'un des deux testicules. File est soineiit la suite de l'orcliite aiguë, soit simple, soit blennorrhagi(pie. De plus, les causes (|iii produisent rinllammation aigiK' des te-licules peu\ent , sans doute p.ir une action moins eiiergi(pie , mais souvent répétée, amener l'inllammation (lu oui. pie de CCS organes. Parmi elles, A. C.ooper regarde les retrecisseinens de l'urelre comme une des plus freipicnlcs.
TESTICULE
Saviard a vu cette maladie produite par un corps étranger , une épingle arrêtée depuis plusieurs aimées dans le testicule {Coll. acad. partie êtr., t. vu, p. 15). On pense encore (pie lorsipTelle survient primitivement , elle a pour cause prédisposante quelcpje alFection générale. »> (A. Béraid, loco cit., p. 57.)
Suivant A. Cooper , le mal commence par une induration avec gonflement de î'épididyme ; on l'a vu aussi débuter par le testicule. Quoi qu'il en soit, ces parties augmentent de volume sans éveiller aucune douleur , sans produire d'autre gène que celle qui résulte du tiraillement que l'augmentation de leur poids fait éprouver au cordon testiculaire. On sent par le toucher que I'épididyme et le testicule ne sont pas confondus dans la même masse.
« Ce dernier, dit A. Cooper , lorsqu'il est tuméfié et induré , conserve en général l'égalité naturelle de sa surface ; mais sa forme est plus arrondie qu'à l'ordinaire » {Loco cit. , p. 435). Ce n'est que quand les parties ont acquis un volume assez considérable que les malades ressentent une légère douleur. Parvenu à un certain degré , le gonflement cesse de faire des progrès ; il peut rester alors pendant fort longtemps dans un état stalionnaire.
A. Cooper décrit de la manière suivante les désordres pathologiques que fait découvrir la dissection d'un testicule affecté d'inflammation chronique. « Lorsque le testicule a été enlevé dans la période qui précède la suppuration , il est , ainsi que l'épididynie , d'un blanc jaunâtre et d'une dureté considérable. Si l'on fait une section sur un testicule atteint d'engorgement chronique , et si on l'agite dans l'eau, on voit s'échapper un fluide blanc, jaunâtre, des tubes séminifères qui sont extrêmement dilatés, et qui ensuite paraissent vides. Cependant le volume du testicule reste le même , à cause de la fibrine jaune ou lymphe coagulable dont le tissu cellulaire de cet organe est infiltré. La membrane réticulaire est remplie par le même produit de sécrétion que la substance tubuleu'je. On le trouve également dans I'épididyme , quelquefois même il distend les vésicules séminales et les vaisseaux deférens »(A. Cooper, l. c, p. 436).
« L'inflammation chronique du testi-
cule, dit M. A. Bérard , est sujette à de» exacerbations , pendant lesquelles la tumeur se gonfle considérablement et devient douloureuse. Si ces accidens se renouvellent fréquemment, la maladie peut se terminer par suppuration et allecler la marche de l'orchile aiguë ; ou bien le pus est sécrété en petite quantité, et séjourne dans une partie du testicule : alors, le gonflement, qui a diminué pendant que le malade gardait le repos , commence à reparaître dès qu'il se lève et reprend ses occupations. » {Loco cit. ^ p. 58.)
Traitement. Lorsqu'on a lieu de croire que l'engorgement est lié à une affection générale , c'est celle-ci qu'il faut d'abord combattre par les moyens appropriés.
Quant aux remèdes externes , ils seront pris dans la classe des fondans et des résolutifs. On joindra à ces topiques le repos au lit long-temps prolongé et les purgatifs à l'intérieur. Si l'alfection est entretenue par un rétrécissement de l'urètre , comme A. Cooper dit en avoir observé plusieurs exemples , on guérit l'une et l'autre maladie en rendant au canal excréteur des urines ses dimensions naturelles.
Engorgemens du testicule. Sous le titre vague de sarcocèle , les auteurs ont décrit une foule d'altérations du testicule essentiellement dilîérentes entre elles. A l'exemple de Dupuytren, de MM. Cruveilhier, A. Bérard, etde touslesbons observateurs, nous étudierons dans autant deparagraphes spéciaux chacune deces altérations; c'est pour les avoir confondues sous une même dénomination que l'on s'est engénéral si peu entendu sur leur véritable histoire.
J. Engorgement encêphaloïde du testicule. M. Cruveilhiera décrit cette aiïection sous le nom de sarcocèle aréolaire encêphaloïde {Anat. pat h.).
^natomie pathologique. M. A. Bérard en a donné une description exacte et détaillée , dont nous allons exposer les passages importans. « Si on incise un testicule affecté de dégénérescence encêphaloïde , dit ce chirurgien , à une période où le produit morbide a déjà perdu de sa consistance, on trouve la substance de cet organe remplacée par une matière pulpeuse, homogène , d'un blanc opaque , colorée cependant çà et là de i)oints rosés : cette couleur rose est quelquefois très foncée et
TESTICULE
l)a>sfi au l)riiii d>ins les pavtio> plus ramollira... On voit |HHi frcMiiuMiniieiit rciiccpltaloïde (lu testicule sali par la coloratiou niel.\ni(jne si freijuente dans le eancer de WvW. Hien (lu'honiogéne en apparence, la matière contenue dans le te-ticuie est eej)(.'n(lant composée de |)lusicurs eleincns : la pression en fait sorliret l'action d'un lil-'t d'eau en sépare un suc J>lanc, miscible à Teau , et (pie Taicool lalicriiiil; lars(jue ce suc cancéreux, celle matière encépliaîo'ide a été enl rainée par le lavage , il reste un ti>su cellulaire lloconneux, feutré cpii la renfermait dans ses inteistices , et (jui oITre souvent dans le teslicide l'apparence d'(nie trame areolaire. Indèpenflamment de ce li<su délicat «pji soutient la malicre enceplialoïde on observe assez fré(]uennnent des loges ou cloisons plus épaisses qui se delaclient de la tiHii(pie li!)ieuse , et établissent plusieurs compartimens dans la matière morbide... Les masses encepbaloïdes du lestieiile sont Ires vasculaires , et il siillit du .simple exa'nen sans |)reparalion aucune pour s'en assuier; mais les injections offrent un moyen dappi'ecier , avec plus (Pexactilude , la (lis[)osition des vaisseaux dans celle prodiiclion morbide...
"Après avoiretudie en elle-même la matière morbide (pii remplit le tesliculc dans le cas d'engorgement encépli iloïde, il convient de suivre les pbènomènes de son d(îVelop;)ement dans le testicule et l'épidulyme, et de signaler les moddicalions qu'éprouvent les parties eiiviroiniantes ou même les parties plus éloignées. La maladie débute ordinairement dans le testicule, jtius raiement d ins re[)idHlyme ; et loi'xprelle a marebe pend.nit un certain temp<, \i"< deux parties ont subi la degenerescenc' eerebriforme. Si, ce (pii est a-^sez rare, en a l'occasion de di-sequer le testicule d.uis b*< pu inieics périodes de cette aiftclion, on rtlrouse en tout ou en partie la sul)s!anci' du testicule (jui a eie refoulée pir l.i production morbide , m.iis on ne voit pas celle dernière s'entremêler aux conduits seminiferes ; U ou elle existe ceux-<i ont complètement disparu. A une époque plus avancée, il n'y a plus le moin <lre vcsiige de la subst.incc du testicule. C'est au moins le cas le plus commun, l'rndant (pie le leslicule grossit , il con-
serve ortîinairement , et cela pendant un temps assez long, sa surfaee lisse et unie , il s'arrondit un peu ; mais Tépididyine (jui lesurmonle venant à se gonfler au.-si, et n'en pouvant pas être facilement distingué , la tumeur prise en totalité a souvent une forme ovalaire à grosse extrémité inférieure. H arrive cependant plus l(jt ou plus tard (pie la tuniipie fibreuse du testicule cédant en un p.oint circonscrit, la production morbide s'écbappe par celte ouverture sous forme d'un cbampignoii fongueux : comme on voit la matière enceplialoïde déposée dans l'a'il , percer la coipie fibreuse de cet organe. Ce champignon traverse les deux feuillets de la tuni(iue xaginale (pTil a fait adhérer l'un à l'autre; et c'est lui qui viendra le premier s'ulcérer à l'extérieur , si le malade ne succombe pas auparavant. L'engorgement enceph.iloïde du testicule peut parvenir à des dimensions considérables : il atteint smcessivement bî volume d'un (iMif de jioule , d'un (cnf d'oie , des deux poings et davantage ; il peut peser '2 li- \res , -i livres, 7 livres... Lorsque la tumeur e.''! volumineuse , les artères du cordon sont devenues plus grosses; et cette ampliation ne porte jtas seulement sur l'arlere tesliculaire , elle s'observe sur les rameaux que re|)igastrique et l'hypogastrii]iie envoient dans celte [lartie. Les veines du cordon , aussi bien (jue celles du scrotum, sont sensiblement dilatées... A cela près des cbangemens survenus dans le volume des vaisseaux, le cordon auquel est suspendu un lesticiile afl'ecte de dégénérescence eiicephaloïde reste sain assez long temps ; jusqu'à ce qu'enfin chez certains sujets il éprouve à son loiir la Iransforinalion morbide qui a commence dans l'organe sec re leur du sperme : c'est alors (ju'on a vu le c(M(Iou acquérir un volume ;\ssez considérable , adhérer au pubis et y atta( lier forteiiient le testicule; mais ces cas sont les plus rares.
« l'eiidaiit (jne le testicule grossit et (pie les p.uiies envii(UiirHites s'alfeclent , la production morbide (ju'il renferme subit des cbangemens remar(piables ; elle se ramollit par phupies, elle se creuse de cavités , les unes anfiactueuses et renfermant du sang, les autres, mieux circonscrites, contenant des liquides de couleur