‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 14 sur 143 · Py élite par divers corps étrangers · texte numérisé non relu

Py élite par divers corps étrangers

La présence dans le rein, de vers (les strongles) , d'acéphalocystes , de productions cancéreuses ou tuberculeuses , la rétention de l'urine dans le rein , par quelque cause que ce soit, peuvent encore déterminer une phlegmasie de la muqueuse qui revêt les calices et le bassinet.

Les symptômes sont ceux du premier état de la pyélitc cab uleuse , moins peut-être l'intensité des douleurs.

c. l'yél'des indépendantes de corps élranfjers ou pyéiiies simples. Elles dépendent, soit d'une lésion traumatiquc , soit de l'action des cantharides , «-oit de l'extension d'une phlegmasie blcnnorrhagifjue. Cette dernière demande (juebpies détails; elle s'observe surtout dans les cas dechaudepisse-cordée-.quelquefois cependant elle a lieu dans l'état chronique, s[)écialement à la suite d'un refroidissement. Les malades « ressentent alors des douleurs de reins et urinent très fréquemment ; l'urine est peu colorée et chargée de mucus. Les douleurs ou les tiraillemens des reins se manifestent ordinairement après des symptômes d'une irritation vive de la vessie , quelquefois seulement à la suite d'une station prolongée. Alors émissions d'urine fréquentes, accompagnées de douleurs, de spasmes, surtout après l'expulsion des dernières gouttes , avec chaleur et pesanteur au périnée , et quehfuefois suivie de pollutions nocturnes et diurnes. » (Rayer, ouv. cité, t. i,p. 493.) Cette forme exige un traitement spécial par le copahu , après, toutefois, avoir abattu l'acuité de la phlegmasie à l'aide des émoiliens. Si le malade ne peut supporter le copahu , on se bornera à l'usage des boissons mncilagineuses.

d. Pyélite gangreneuse. Tantôt elle est la suite d'une pyélite simple ou calculeuse, tantôt d'une att'eclion générale grave , d'une fièvre purulente, d'une maladie charbonneuse, etc. Dans ces cas, la muqueuse du bassinet est transformée en un putrilage brunâtre, et la cavité renferme un liquide trouble et exhalant une odeur infecte; souvent la partie adjacente du tissu du rein participe à cette destruction. Dans ces cas, les urines rendues par le malade présentent l'odeur particulière à la gangrène, à moins, ce qui arrive quelquefois, qu'il y ait un obstacle au cours des liquides sécrétés par le rein frappé de sphacèle. A ce phénomène il faut joindre ceux de toute gangrène interne , la cessation des douleurs, la petitesse et la concentration du pouls , la prostration , les sueurs froides, etc. La pyélite gangreneuse qui se montre dans les affections gangré-

REINS

neu?es n'a pas été précédée de douleurs ; elle marche avec les autres phénomènes graves de la maladie générale.

€. Quant aux pyclltes pscuilo-mim- Iraneuses (jui >e montrent (luehjuefois après ropératiun de la taille et dans ctrlaines refrnlions d'urine ()ar des fongiis de la vessie, elles sont fort graves. L'intérieur des ravités enflaunnees Cbt couvert de faubscs membranes, molles, pulpeuses, infiltrées de sang. Il y a dès le dcbut des phénomènes putrides et le malade ne larde pas à su(u:oinb( r.

f. Au lieu de pus, du sang pcuts'epanclier dans les bassinets. Nous en reparlerons à propos de riicmorrha^ic des reins. C'est a cette moililication de la phlegmasie des bassinets que M. Rayer a donné le nojn de jiyiiitc hcniorrhdfjujui'.

2" Jn/lammation du bassinet et du rem. J'yclo- ncplirilc (Rayer). Cette allection consiste dans la reunion de la pyelite avec la néphrite. Cette variété , notée par M. J^ayer (t. in, |). 'J40), devrait être mentiormée ici pour mémoire , mais elle ne mérite pas une description à part.

5" Inflammation du ti^su cellulaire en d'hors du rein. Peri-nèphrile de 1\1. Rayer. (/^. ^" Abcès et Fistulls du

RKIN. )

B. CONGE.STFONS SANGUINES. Ou pCUt

en faire deux catégories : la sim[>le hypèrémie , congestion pro[irement dite , et Vapoplexie rénale.

i" Ilypérèmîe rénale. Causes. On la rencaulre ordinairement dans les phlegmasies de quelques unes des parties con- Ptitunnles du rein, daiis les [)hlebites, par ex< mjtle ; elle fonde le premier degré de l'albuminurie (maladie de Hright), s'observe quelquefois dans certaines hématuries, etc. Mais la congestion sans phlegmasie se montre principalement dans les troubles apportes a la circulation par les malaches du cœur; on la trouve (jucbjuefois aussi chez des sujets morts de (Hlferentes phlegmasies viscérales , aiguës ou même chonique-;; dans l\«sphyxie ; après l'inge^fion de certains poisons, dans les cas dcpdeme qui survient parfois che/ Ics enfans convalescms de fièsre-^ eriq> lives, et enfin dans certaines alfections

générales, graves, ty[)boïdes ou charbonneuses, etc.

Anatomie pathologique. Dans Thypérémie « cet organe ( le rein) est remarquable par la graride quantité de sang qui le gorge, et (ju'on voit eu ruisseler lorsqu'on l'incise. Celte liy[)érémie peut exister dans les deux reins ou dans un seul. Elle peut être, dans un seul rein, générale ou partielle, bornée à l'une de ses deux substances ou étendue à toutes deux. Dans ce dernier cas, les deux substances cessent d'être aussi distinctes l'une de l'autre. Portée à un très haut degré, l'hyperemie |)put donner à ces organes une teinte brune semblable à la conlenr du chocolat. » (Andral, Précis danat. path.y t. H, p. 018.) La congestion sanguine n'atteint pas toujours un degré aussi élevé; quelquefois on trouve seulement le bout des mamelons e.olore en ro'.ige ; cela s'observe, par exemple, chez les phthisi(iuef. ( Rayer, t. m , p. 444. ) Ailleurs on a observé des poi.ctuaiions ou des stries sur les Fubslanres tubuleuses ou cortidles comparativement pviles. Billard a rencontré à la surface extérieure du rein chez les nouveati-nés de petites ecchymoses et des rougeurs pointi liées dans l'épaisseur de la substance mamelonnée. [Traité des mulad. des enfans nouveau nés ., p. 440. Paris, 18.18.) 11 ne faut pas confondre ces diverses variétés de riiyperémie avec les lividités cadavériques.

Symptômes. A part (juelquefois un peu de pesanteur vers les reins, il est rare <jue les bypeivmics d(Uinent lieu à des phénomènes fonctionnels ; rurine contient quehjuefois de ralbuininc ou des globules sanguins.

Quant au traitement, \\ est subordonné aux conditions au milieu desquelles se développe riiypéremie. (A^. plus bas II i':-

MOURlIAOIt: ULNALE }

20 Apoplexie rénale. Elle est fort rare et consiste dans des foyers sanguins cjui se sont creuses au sein des substances du rein. Tantôt ce sont de simples infiltrations analogties aux ecchymoses ; ailleurs repanchement est plus considérable, et il est contenu dans une véritable poche apoplecti(|uc. Dans le petit nond)re do cas d'apoplexie rénale r)h^erves i)ar les auteurs et réunis par 31. Rayer (t. m, p. 428

REINS

et suiv.), cette lésion nnalomiqne iPa pas (loiuié lien à des synipiùmcs spéciaux. Il y a (|uelqii('!'ois liémaliirie ; mais cet accident est loin (ravoir lien dans tons les cas.

C. IlÉMORRnAfriES RÉNALES {hcmorra-phorrhagies^ Pioi-ry). On appelle ainsi réconlement de sang qui se fait, hors des vaisseaux du rein , soit que ce sang soit conservé à Tintérieur ou à Pextcrieur de Torgane , soit qu'il en soit ex|)ulsé et rendu avec les urines. (/^. IIévtaturie.)

Causes. Les causes de l'hémorrhagie rénale ayant été exposées avec soin au mot Hématurie , nous n'y reviendrons pas.

Nous ferons seulement observer que, relativement aux conditions qui la produisent, cette maladie peut être rangée en trois sections bien distinctes : 1° les hémorrhagies rénales sympfomatiques des lésions des reins ; 2» les hémorrhagies rénales symptomatiques d'affections générales ; 5° les hémorrhagies rénales essentielles. Cette division judicieuse que nous devons à M. Rayer sera suivie dans cet article , emprunté encore en grande partie à l'ouvrage du praticien distingué que nous venons de citer.

Jnatomie pathologique. «. Le sang peut s'épancher à l'extérieur de la capsule des reins, à leur surface, dans leurs substances ou dans l'intérieur du bassinet et des calices ; il peut s'accumuler dans ces conduits ou être rejeté au dehors avec Turine. » (Rayer, t. m, p. 527.)

1° Les cas dans lesquels le sang s'épanche à V extérieur sont assez rares; ils s'observent surtout à la suite de lésions traumatiques : coups, chutes, blessures par instrumens piquans , etc. Dans des cas de péri-néphrite intense^ on a vu du sang mêlé avec le pus. Dans certains cas, les collections sanguines sont très abondantes et forment tumeur dans la région des lombes ou des flancs ; quelquefois le péritoine est fortement soulevé et la portion correspondante du gros intestin refoulée; ailleurs la poche sanguine rompt le péritoine et s'épanche dans l'abdomen. Ces hémorrhagies résultent de plaies ou de contusions violentes qui ont déchiré le tissu du rein.

2° D'autres fois , le sang s'épanche entre la surface extérieure du rein et sa membrane propre ; cet accident a lieu

dans certains cas de congestions sanguines très intenses. Ces éi)aM(h(;Mi('ns s<niL d'ordinaire très peu considérables.

3" Le sang peut, comme nous Pavons dit à propos des congestions et de l'apoplexie, sortir de ses vaisseaux et former dans la substance du rein des taches, des pétéchies, des ecchymoses et même des foyers apoplectiques. Ces taches, ces ecchymoses, se montrent surfout dans les alîeclions générales dites fièvres graves , fièvres de résorption, etc.

4° Du sang peut s'épancher dans la cavité des calices ou du bassinet et être ou non rejeté avec les urines. Quand le sang s'accumule dans ces cavités, c'est qu'il y a été retenu par un corps étranger, un calcul, une acéphalocysle , ou même seulement, dans certains cas, par des caillots sanguins qui bouchaient les uretères. La distension que produit cette accumulation ])eut être assez considérable et se former d'ordinaire avec assez de lenteur. Quelquefois ce sang est mélangé à de la sérosité ; ailleurs, coagulé en caillots plus ou moins consistans ; ailleurs , il est réduit en bouillie noirâtre et mélangé à des détritus de matières diverses. Dans ces cas, la substance rénale peut être réduite à une poche membraneuse ou être notablement altérée et enflammée. Le bassinet et une partie de l'uretère peuvent également avoir subi diverses aliéralions. Quand le sang est rendu par les urines, on en trouve en très petite quantité dans les cavités naturelles du rein ; mais en exprimant cet organe, il est quelquefois possible d'en faire suinter à la face interne de la muqueuse des calices et du bassinet. Ces hémorrhagies s'observent dans les trois catégories de causes que nous avons établies.

Symptômes. Le seul que nous ayons à noter ici , c'est la présence du sang dans l'urine ; il en a déjà été question ;au mot Hématurie, on y reviendra encore à l'article Urines , dont les urines sanglantes forment un chapitre important. IN'ous nous bornei'ons donc à dire que la présence du sang dans l'urine se reconnaît à la coagulation par la chaleur et l'acide nitrique des parties albumineuses et fibrincnses, mais surtout par l'examen microscopique.

Du reste, tout le sang est rendu presque

*8 REINS

pur et en caillots; d'anlres fois il est en très faible proportion et demaiide un examen très attentif pour pouvoir être découvert.

« Quelle que soit la cause qui ait donné lieu à une hemorrliagie rénale , il n'est pas toujours possible de se rendre compte des difTorences qu'on o])serve dans la quar.tité de sang rendue dans un même jour ou dans plusieurs jours successifs. Toutefois, en examinant comparativement , pendant un certain temps, toutes les émissions d'urine qui avaient lieu dans les vingt -(juatre heures chez des individus atteints de pyélite calculeuse, ou de cancer du rein , j'ai remarqué plusieurs fois (pic l'urine rendue plusieurs heures après le repas était ordinairement plus chargée de sang.» (Rayer, ouv. cil, p. 555.)

f^ariétcs. 1» Ilémorrhagies rénales symptonuitiqucs des lésions des rci7is.

Elle a surtout lieu dans les cas de lésions traumalifiues; cependant, on l'observe quel(|U(f()is dans la pyelite simple (pii prend alors le nom de i)yelite hemorrhagicpie^ dans les néphrites rhumatismales ou goutteuses, plus souvent dans la néphrite calculeuse : de toules les productions accidentelles qui peuvent se former dans les reins, le cancer est celle qui détermine le

plus souvent Themorrhagie.

2" I/émorrhagics rénales symptomatiques d'affections générales. Souvent on a observé des hématuries chez des sujets atteints de la diathese hemorrhagicpie , cela s'est vu spécialement dans le purpura hcmorrhngica ( A^. PuRPunA } , et (lueI(|nefois d.iiis le scorbut. J.es pis^emens de sang ne sont pas rares dans le cours des fièvres eriipiives. telles (|ue la variole ou la scarlatine mali.'ne ; la fièvre jaune, le lyphim dt-torminenr (jnehiuefois les mêmes accidens; on sait (jue les cantharidrs peuvent produire ces exhalations sanguines , les auteurs en ont rapporté plusieur- exemples. .l.-P. l'rank a vu une lieniattniij après l'administration d'une forte dose de baume du Pérou.

5" néwoirlifigics rénales essentielles.

Elles sont assez rares en Lurojie. Llles peuvent élre continues et survenir sans cause antécédente ai»preriable ; (jnelquefois elles se montrent âpre, unp emolion morale vive, un violent accès de colère ,

par exemple. Dans ce cas, Pécoiilement de sang est plus ou moins considérable , il peut être porté au point de déterminer la mort. Tantôt, et le plus souvent, il n'y a pas de douleur dans la région des reins; tantôt, au contraire, cette douleur existe et consiste dans une sorte de pesanteur incommode. On a vu des hcmaluries périodiques dépendantes du rein ; Chopart en cite un exemple très curieux ; Lebœuf a cité un exemple d'un jeune berger dont le père et les quinze frères avaient tous les mois nn écoulement de sang par la verge. On a vu aussi une hématurie supjiléer les règles, ou des hémorrhoïdes. [/hématurie i)eut-clle être critique? Quelques auteurs le pensent, et citent même (juel- (pies faits qui tendraient à le faire croire, mais ils ne sont [)as assez nombreux pour que cette forme puisse être admise. Une variété d'hématurie essentielle plus importante est celle qui est endémique dans les régions tropicales , et qui jusqu'à présent n'avait été indiquée que par (pielques observateurs. (C.hai)()tin , Topographie médicale de V Ile-de-France , \\\-A° ; Paris isP2. — Salesse , Di^^sertation sur l'hémalurie , thèse ; Paris , 1854.) ^I. Rayer en a publié une histoire très complète dans VE.rpérience, t. i, p. 577-oi)5.)

L hématurie essentielle endémique se montre surtout à l'Ile-de-France , à Pile Hourbon et au Brésil, et présente trois formes principales : 4" l'hématurie simple; '2° l hématurie avec gravelle d'acide uri- (pje ; 5» riiématurie avec urine chyleuse ou avec urine albumineuse et graisseuse.

Ce caractère des urines cbyleuses estpathognomonique et ne s'observe que dans cetle forme d'hemalurie. 11 faut bien distinguer les uiines cbyleuses des urines purulentes. Examinée au microscope , la première olfre des globules de pus ; la seconde présente des globules qui ont l'ap- |)arence des globules sanguins : ou bien (die ne conlicnt pas de globules ;uiine albumino graisseuse ). L'urine purulente, abandonnée à elle-même, olTre un sédiment caraclérisli(|iie , au-dessus durpiel elle devient jibis transparente; l'uruie chyleuse, au contraire, reste opaque dans toute la longueur de la colonne du Tupiide , et au b(jut de (pjehjues jours elle otTre un crémor de malicrcs grasses.

HEINS.

Cos hf^matnrics parnis<;ent (Irvcloppc-cs S|)erialt'ment sons rinllneiice de h température ; ainsi , M. Uenoult les a rencontrées dans la Haute-Egypte, lors de l'expédition de Hona[)arie. {Journal général de médecine et de chirurgie , t. xvir , p. S66.) A rile-de-Fraiice , ce sont surtout les enfans qui sont attaqués de ce pissement de sang endémique. Dans les premiers temps riiémorrhagie est abondante, les urines sont à peine rosées , et les petits malades n'interrompent même pas leurs jeux. Lorsque riiémorrhagie est plus considérable , des caillots peuvent se former dans Turetère ou dans la vessie et donner lieu aux accidens (jui accompagnent la rétention de Turine et la difficulté de son émission. Ces hémorrhagies en se répétant épuisent les enfans , les rendent pâ-

les , languissans , mais il est rare que le dépérissement soit porlé jusqu'à la cachexie et qu'il y ait des infiltrations ou des collections séreuses. Dans certains cas qui constituent la seconde forme ^ les dépôts urineux renferment des cristaux d'acide urique. La présence de ces graviers peut donner lieu à des coliques néphrétiques et apporter un obstacle momentané au passage de Turine , soit de l'uretère dans la vessie , soit de celle-ci dans !e canal de Turètre. Dans la troisième forme ce sont les urines chyleuses proprement dites. Les malades rendent dan^ une même journée deux sortes d'urine : la première est seulement sanguinolente , la seconde , qui paraît en général formée quelques heures après la digestion , est d'un rouge pâle, et, abandonnée à elle-même, elle se sépare en deux parties, dont l'une inférieure parait sanguinolente, t.nidis que l'autre est louche et d'un blanc laiteux ou complètement opaque. Cette dernière parlie contient des matières grasses, que l'on peut reprendre par l'élher, de l'albumine et du nitrate d'urée. Cette urine oifre par l'analyse chimique la plus frappanie analogie avec le chyle rosé recueilli dans le réservoir de Peciiuet , chez un cheval. Ce caractère de l'urine est pathogiioinonique ; on a bien observé en Europe le passage d'urines sanguinolentes en urines albumineuses, dans la maladie de liright, par exemple ; mais jamais elles ne sont devenues chyleuses. Du reste, cet étal est

généralement compatible avec une bonne santé.

Cette affpction s'améliore par le passage dans des climats plus tempérés , mais elle ne giJérit pas toujours. C'est ainsi que !\T. Bayer a i)U observer quelques exemples à Paris, sur des sujets venus de l'Ile-de- France et de l'île Bourbon. (Rayer, ouv. cit., p. 57^-423.)

Le pronostic des hémorrhagies rénales ne saurait être donné d'une manière absolue. Quand l'écoulement sanguin est symptomatique , sa gravité est en rapport avec la maladie principale, et la quantité de sang qui s'écoule ; dans les hémorrhagies essentielles la question doit être envisagée seulement sous ce dernier point de vue. L'hématurie endémique ne paraît pas devoir déterminer d'accidens mortels.

Le traitement varie suivant la cause qui a donné lieu à l'hémorrhagie ; ainsi , dans l'hématurie traumati(iue on aura recours aux émissions sanguines générales , et si l'urine était toujours chargée de sang, que le sujet fût très affaibli , il faudrait avoir recours à rapi)lication de glace sur le flanc, à l'usage des boissons glacées astringentes, etc. ; mais il ne faut pas oublier que l'action du froid peut amener la coagulation du sang dans les calices ou les uretères , et , par suite , de nouveaux accidens ; il faut donc se guider dans l'emploi de ces moyens d'après le degré d'affaiblissement des malades et le mode d'excrétion de l'urine. Les autres sortes d'hémorrhagies rénales symptomatiques demandent des moyens appropriés à la cause du mal , soit des anti-phlogistiques , soit des toniques, suivant les cas. Les hématuries essentielles réclament spécialement les anti-phlogistiques et un régime rafraîchissant.

« Les observations et les expériences faites <à l'ile-de-France et en Europe sur le traitement de l'hématurie endémique peuvent être ainsi résumées :

» Abandonnée à elle-même ( méthode expeciante), celte hémorrhagie habiluelle, compliquée ou non de gravelle , guérit spontanément sans émigration , au bout de plu-ieurs mois ou de [)lusieurs années, lorsqu'elle n'est pas assez abondante pour détériorer la con-liuilion.

REINS

» De continufi qnVllc était dans le principe , celti," liL'inatiirie devient (piehinefois pcriodi(pie, forme sons laquelle plu>i(Mn-s médecins du [)ays conseillent de la respecter.

» A rile -de-France ou sur le continent la saignée combinée avec ladministralion des Ixiissons acidulées, avec l'emploi du ratanliia et à l'aide du repos , a suspendu pour quelfiue temps l'iiemorrhagie. »

(Ilayer , t. m , p. .i-io )

(huuid les pertes de sang successives ont épuisé la constitution , il faut avoir recours aux prepiiratioiis ferrugineuses douces, à une bonne nourriture, à un exercice modéré. Dans le cas de complication avec des graviers dacide uruiue , les alcalins sont très utiles. On einjjloie avec «ivantage la teinture de canlharides contre les urines cliyleuses, et comme le fait judicieusement observer M. l\ayer, la théorie n'eût certes pas indicpié un [)areil remède, à priori.

Lorsque tous ces moyens ont échoué, on conseille l'émigration , afin de soustraire Tenfanl aux causes qui ont fait développer la maladie , mais il n'est pas rare de voir de nouveau les accidens reparaître au retour.

D. Am;mii;. L'anémie n'est que la conséquence d'une maladie. On l'observe dans certains cas de i)hlegmasie chroni- (pie, de distension du rein par de l'urine ou de la sérosité, de compression du rein par des tumeurs, ci la suite de grandes liemonliagies, dans des cas d'hydroijisie, etc. (/^. Maladil de Uiugut.)

« Dans l'anémie, le rein est remarqual)le par son extrême pâleur; on en exprime à peine (luehpu's gouttes de sang.

Tout un rein peut ainsi être frappé danenue. D'autres fois la substance tubuleiise présente sa coloration normale, et la .substance corticale est seule privée de sang. D'autres fois, une disposition invers»' a heu. ICnlin, il est des cas où dans la substance d'un rein l'on trouve (pielques points seulement dont la décoloration com[iIète tranche avec la teinte plus ou moins rouge du reste de l'organe.... Au lieu d'iiiie tt'inie d'iui blanc mat, on trouve (pielqiiefois i].\\\< les reins, et ave»une (pielcMiiijue de-» di-po-itions pre» edente>», une couleur d'tui j.unie fauve, soii uni-

forme, ?oit mêlée à des points tantôt ronges, tantôt blancs. L'anémie des reins, soit partielle, soit générale , est acconq)agnée jiarfoisd'un état de mollesse et de llaccidite de leur sid)stance. Dans d'autres cas, au contraire, en même temps que les reins sont complètement décolorés, ils présentent une fermeté insolite, une induration telle qu'on serait tenté de croire que leur tissu passe à Tetat cartilagineux. » ( Andi\\\, J'rècis d'anul. p'ithol., t. i[,p.619.)

/:,'. HvPKHTuopniK. Elle consiste dans une augmentation de volume de l'organe avec conservation intacte de sa texture normale. Cette hypertrophie simple peut être partielle ou générale et même occuper les deux reins; mais cela est rare. On la rencontre dans les cas suivans : 1" Lorsque l'un des deux reins man- (pie , e>t atrophié ou rendu inca|)al)le d'exercer ses fonctions , son congénère prend un volume plus considérable et foiiciioime de manière à com[)léler ia fonction interrompue du côte opposé. Ou a vu des reins hypertrophies offrir m poids et en volume le double de ce (pi'ils devaient être dans l'état normal. 2" L'hy- |)ertr()phie absolue et relative des reins est quebpiefois une affection congénitale dont la cau>^e nous échappe ; mais elle coïncide toujours avec un develo[t[>ement anormal et proportionnel des artères rénales.

(Uayer, t. m, p. 4;)9.} 5« M. Andral a vu un cas <,ù I iiy[)ei tro|)hic d'un des reins coïncidait avec rexistence de deux artères rer.ales (pii naissaient isolément d'un même côte de l'aorte. [Précis d'an, palh.^ t. IF, p. G21.) M. Lurolh, de Strasbourg, a rencontre un cas semblable, [livpcrloirc d'anal, et de physiol. , etc., t. ni.) 4'> Plusieurs auteurs, et notamment IMINl. Andral, l'ayer, etc., ont noté rhypertrophic du rein, surtout de la substance corticale, dans le diabète sucré. 5' L'état pathologicpie (pii nous occupe peut être la consé- (pjeiM'e d'états ujorbides accompagnés de l'exagération de la sécrétion ordinaire.

Lue augmentation dans la quantité de l'urine sécrétée parait être le seul phénomène constant (jui accompagne riiypertrophie.

/•'. Atrophie. « L'atrophie doit être distinguée en celle (pii , frappant la totalité de l'or-ane, en proiluil necessairenu nt la diminution de volume , et en celle

qui , ii'.'iyant lifii que i\m\^ imo paiiic di' la siihsliUKM', coiiK i(l(! (•;.^lUMIKMll avec la conservation, la (liiuiiuilioii ou l'augnicntatioii normale du rein.

» L'atrophie générale du rein ne présente d'autre caraclère anatomi(|ue (ju'une diminution de son volume ; cette atrophie peut exister dans les deux reins ou être bornée à un seul... Il est enfin des cas où non-b-euleinent un des reins se montre beaucoup plus petit que de coutume, mais où l'on ne trouve plus aucune trace de l'un de ces organe?»... Arrivons maintenant au cas où l'atrophie des reins, au lieu d'être générale, n'est que partielle et no porte que sur nne de leurs substances.

Les cônes de substance tubuleuse ne deviennent, à ma coiniaissance, le siège de cette atrophie que lorsipie les reins sont réduits à n'être plus constitués que par le bassinet, divisé en quelques culs-de-sac. La substance corticale, au contraire, s'atrophie assez fréquemment d'une manière isolée. Alors les cônes de pu])slance tubu- Iruse touchent par leur base l'enveloppe fibreuse du rein, ou bien elle n en est séparée que par nne couche très mince de l'autre substance ; entre ces cônes existent des enfoncemens qui sont le résultat de la disparition de la substance corticale. Dans ce cas, le rein de l'adulte semble rétrograder vers l'état dans lequel se trouve le rein chez le fœtus ; d'autres fois on peut admettre que, arrêté dans son développement, le rein n'est jamais sorti de cet état rudimentaire. » (Andral, ouv. cit., p. 624- 650.)

L'atrophie des reins peut être déterminée par l une des circonstances suivantes : 1" le petit volume de» artères rénales ; 2" la compression de dedans en deliors exercée par une accumulation de pus, de sérosité, de calculs, etc., contenus dans le bassinet ou les calices ; 5'^ une compression de dehors en dedans exercée par des tumeurs formées dans le voisinage...

" L'atrophie d'un des deux reins étant presque toujours accompagnée d'un développement supplémentaire du rein du côié opposé, ne donne lieu par elle-même à aucune altération de la sécrétion urinaire appréciable pendant la vie , ni à aucun symptôme particulier ; mais, lorsque les deux reins sont atrophiés dans une éten-

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